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Full text of "Tung pao. Toung pao"

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It  Iß. 


T'oung  pao 
'h 


POUR  SERVIE  A 

L'ÉTUDE  DE  L'HISTOIRE,  DES  LANGUES,  DE  LA  GÉOGRAPHIE  ET 
DE  L'ETHNOGRAPHIE  DE  L'ASIE  ORIENTALE 

(CHLINIC,  JAI»ON,  CORÄK,  tNDO-CHLNK,    A.S1E: 
CKJVTRA.LK  et  MALA-ISIE). 

RÉDIGÉES  PAR  MM. 

GUSTAVE   SCHLEGEL 

Professeur  de  Chinois  à  l'Universite  de  Leide 


ET 


HENRI  CORDIER 

Professeur  à  l'Ecole  spéciale  des  Langues  orientales  vivantes  et  à  l'Ecole  libre  des 
Sciences  politiques  à  Paris. 


Série  II.  Vol.  HI. 


e,-<-'«-^^^^?^^k.»--»o 


LIBRAIRIE  ET  IMPRIMERIE 

CI-DEVANT 

E.  J.  BRILL. 

LEIDE  —    1902. 


DS 

50] 
3 


Y. 


794699 


IMPKIMERIE  CI-DEVANT  E.  J.  BRILL,  LEIDE. 


SOMMAIRE. 
Articles  de  Fonds. 

Page» 

G.  Sciii-EOEr.,  On  the  invention  and   use  of  fire-arms  and  gunpowder  in 

China,  prior  to  the  arrival  of  Europeans i 

J.  Reauvais,  Kouang-si 12,  59,  145 

M.  DE  Marom-es,  Souvenirs  de  la  rôvolte  des  T'ai-P'ing 201 

Henri  Cordier,  Les  marchands  hanistes  de  Canton 28i 

Mélanges. 

Ancient  Chinese  Phonetics,  by  S.  H.  Schaank 106 

Abel-Réinusat,  bibliographe,  par  Henri  Cordier lOO 

Le  traité  Russo-Chinois  sur  la  Mandchourie 119 

Situation  do  l'Indo-Chine  (1897—1901).  Rapport  par  M.  Paul  Doumer  .     .  122 

Peinture  au  Japon 167 

Les  douanes  impériales  maritimes  chinoises,  par  Henri  Cordier 222 

Le  Laos  Siamois,  par  M.  Suzor 240 

Tariétés. 

Shichi   ko   Zôshikwan   no   uta,   Lied   der  Daishichi  Kötögakko  Zöshi-kwan, 

von  Dr.  Gramatzky 30 

Traité  Anglo-Japonais 32 

Une  histoire  de  l'art  japonais,  par  Thiébault-Sisson 33 

XHI*  Congrès  international  des  Orientalistes 35,  316 

Remèdes  tonkinois 132 

Un  train  impérial.  —  Consécration  des  chemins  de  fer  en  Chine.     .     .     .  134 

Chinese  pnctorial  art 177 

Le  roi  Tchoulalonkorn 179 

Congrès  international  des  Onentalistes  de  Hanoï 183 

La  coloration  dentaire  des  Annamites    .    ^ 184 

Docnments   officiels. 

Anglo-Chinese  Treaty 324 

Convention  entre  la  France  et  le  Siam 335 

Nécrologie. 

Professor  Carl  Arendt,  Pierre  Heude,  par  Henri  Cordier;  Cornelis  Petrus 

Tiele,  par  G.  Schlegel 37 

Eugène  Buis.sonnet,  Marquis  Saigo,  Robert  James  Forrest,  Mary  Summer, 

Léon  Feer,  par  Henri  Cordier 248 

Alexandre  Michie,  Jonathan  Lees,  James  H.  Hart,  Angelo  Zottoli,  Lieou 
K'ouen-yi,  par  Henri  Cordier 


IV  SOMMAIRE. 

Bulletin  critique. 

Pages 

Tlie  Religious  System  of  China,  by  J.  J.  M.  de  Groot  (G.  Schlegel).     .     .     41 

Publications  de  l'École  française  d'Extrême-Orient:  I.  Numismatique  Anna- 
mite, par  Désiré  Lacroix;  II.  Nouvelles  recherches  sur  les  Chams,  par 
Antoine  Cabaton;  III.  Phonétique  annamite,  par  L.  Cadière;  Atlas 
archéologique  de  l'Indo-Chine,  par  E.  Lunet  de  Lajonquière  (Henri 
Cordier) 187 

Relations  économiques  de  l'Angleterre  avec  l'Extrême-Orient,  par  M.  Edouard 
Clavery;  Les  Douanes  Impériales  chinoises,  par  Philippe  Delmas  (Henri 
Cordier):  Cl.  MadroUe,  Les  premiers  voyages  français  à  la  Chine.  La 
Compagnie  de  Chine  (Gabriel  Marcel);  Histoire  des  Relations  de  la 
Chine  avec  les  Puissances  Occidentales  1860 — 1900  L'Empereur  T'oung 
Tché  (1861—1875),  par  Henri  Cordier  {The  Spectator) 251 

Notes  on  Chinese  Literature:  with  Introductory  Remarks  on  the  Progressive 
Advancement  of  the  Art;  and  a  list  of  Translations  from  the  Chinese 
into  various  european  Languages,  by  A.  Wylie  (Henri  Cordier) .     ,     .  340 

Chronique. 

Allemagne  et  Autriche,  Asie  centrale.  Grande  Bretagne,  Chine,  Corée, 
Etats-Unis,  France,  Indo-Chine  Française,  Japon,  Pays-Bas  et  Colonies 
Néerlandaises,  Russie 49,  137,  192,  264,  347 

Bibliographie. 

Livres  nouveaux 54,  140,  198,  261,  342 

Publications  périodiques 344 

Notes  and  Queries. 

1.  Want  of  ear-laps  with  the  Japanese;  2.  Déplacement  du  Lob-Nor     .     .  143 
Index  alphabétique 359 


sous  LE  PATRONAGE  DU  GOUVERNEMENT  GÉNÉRAL  DE  L'INDO-CIIINE. 


'^M*^^" 


Une  Exposition  internationale  doit  s'ouvrir  à  Hanoï  eu  novembre 
prochain.  La  situation  géographique  de  l'Indo-Chine,  la  variété  des 
civilisations  qui  s'y  sont  établies,  les  croisements  de  races  et  de  langues, 
de  religions  et  d'arts  qui  s'y  sont  accomplis,  la  désignent  comme  un 
foyer  naturel  et  commun  pour  toutes  les  recherches  qui  intéressent 
l'Asie  orientale,  de  l'Inde  à  la  Malaisie  et  au  Japon.  Ces  considérations 
ont  naguère  encouragé  la  création  deV  Ecole  Française  d^  Extrême-Orient. 
Elles  nous  paraissent  devoir  faire  souhaiter  que  le  rendez-vous  donné  à 
Hanoï  s'étende  aux  hommes  d'étude  que  préoccupe  l'exploration  histori- 
que et  linguistique,  archéologique  et  religieuse  de  ces  vastes  régions. 

C'est  dans  cette  pensée  que,  sous  le  haut  patronage  du  Gouverne- 
ment général,  nous  croyons  devoir  prendre  l'initiative  d'un  Congrès 
international  d'orientalistes  qui  se  réunira  au  cours  de  l'Exposition. 

Tout  en  faisant  appel  aux  concours  habituels  qu'ont  obtenus  les 
Congrès  organisés  jusqu'ici,  nous  espérons  tout  particulièrement  que  les 
savants  et  les  corps  scientifiques  disséminés  dans  l'Extrême-Orient,  et 
privés  en  général  du  bénéfice  des  Congrès  européens,  mettront  volontiers 
à  profit  cette  occasion  de  rompre  un  isolement  regrettable  et  de  prendre 
enfin  contact  entre  eux.  La  philologie  d'Extrême-Orient  qui  souffre 
surtout  de  la  dispersion  excessive  des  efforts  individuels,  est  eu  droit 


d'attendre  les  plus  sérieux  avantages  d'une  réunion  qui  pourra  introduire 
plus  de  cohésion  dans  les  recherches.  Le  progrès  sera  considérable  si  les 
différents  pays  intéressés,  que  relient  tant  d'attaches,  s'organisent  eu  un 
groupe  scientifique,  si  l'Inde,  le  Siam,  l'Indo-Chine,  l'Archipel  Indien, 
la  Chine,  la  Corée,  le  Japon  rapprochent  et  coordonnent  leurs  travaux. 

Ïj  Ecole  Française  (î Extrême-Orient,  instituée  par  l'Etat  et  la  Colonie 
en  vue  d'étudier  les  antiquités,  l'histoire  et  la  philologie  de  l'Iudo-Chine 
et  des  pays  voisins,  est  chargée  de  l'organisation  de  ce  Congrès. 

Des  négociations  sont  engagées  dès  maintenant  en  vue  de  procurer 
aux  membres  du  Congrès  des  facilités  exceptionnelles  de  passage  et  de 
séjour.  Une  circulaire  ultérieure  indiquera  les  avantages  obtenus  en 
même  temps  que  la  date  exacte  (novembre-décembre)  du  Congrès. 

Au  cas  où  vous  auriez  des  observations  à  nous  soumettre  ou  des 
questions  à  nous  adresser,  nous  vous  prions  d'entrer  en  rapport  avec 
l'un  des  deux  secrétaires  du  Comité  d'initiative: 

M.  Henri  Cordier,  professeur  à  l'Ecole  des  langues  orientales  vivan- 
tes, rue  Nicolo,  54,  Paris  (16®). 

Et  M.  Louis  Pivot,  directeur  de  l'Ecole  française  d'Extrême-Orient, 
Saigon. 

COMITE  D'INITIATIVE: 

Président:  M.  E.  Senakt,  de  l'Institut. 

Secrétaire  général:  M.  Henri  Cokdier,  professeur  à  l'Ecole  des  langues 
orientales  vivantes. 

Membres:  MM.  Barbier  de  Meynard,  Barth,  Breal,  Dr.  E. -T.  H  amy, 
de  l'Institut  ;  MM,  Ed.  Ch  avannes  et  Sylvain  Levi,  professeurs  au  Collège 
de  France;  Bonbt,  Lorgeou,  Léon  de  Rosny,  Vinson  et  Vissière,  profes- 
seurs à  l'Ecole  des  langues  orientales  vivantes  ;  E.  Aymonier,  directeur 
de  l'Ecole  coloniale;  Ch.  Lkmire,  commissaire  général  adjoint  de  l'Indo- 
Chine,  à  l'Exposition  Universelle  de  Paris  ;  L.  Guimep,  directeur  du  Musée 
Guimet;  Maurice  Courant,  maître  de  conférences  à  l'Université  de  Lyon. 


ON  THE  INVENTION  AND  USE  OF  FIRE-ARMS 

AND  GUNPOWDER  IN  CHINA,  PRIOR  TO 

THE  ARRIVAL  OF  EUROPEANS. 


BY 


G.  SCHLEGEL. 


-*•• 


We  read  iu  the  History  of  the  expedition  sent  by  Kuhilai  Khan 
in  1293,  to  punish  the  King  of  Java,  that,  on  the  15th  of  the  third 
month,  the  army  was  divided  into  three  bodies  in  order  to  attack 
Kalang\  it  was  agreed  that  on  the  19th  they  should  meet  at  Daha  ') 
and  commence  the  battle  on  hearing  the  sound  of  the  p'au  *). 

Groeneveldt  dared  not  translate  this  character  p'au  by  "cannon", 
although  he  wonders  that  the  sound  this  p'au  produced  was  strong 
enough  to  be  audible  to  three  bodies  of  troops  (who  were  each  at 
a  great  distance  one  from  the  other).  So  he  thought  it  was  some 
kind  of  rocket.  (Notes,  p.  24,  note  2).  Bat,  by  this  explication,  the 


1)   Daha   was   situated   in  the   actual   reeidency   of  Kediri   in   East   Java  (Hageman, 
History  of  Java,  Vol.  II,  p.  97). 

Groeneveldt's  "Notes  on  the  Malayan  Archipelago",  p.  24.  This  is  a  common  Chinese 
phrase.  We  read  in  the  Eoa-iiien  ki  ^^  ^g  g^ ,  Chap.  Bl,  that  it  was  agreed  that 
the  hesieged  should  make  a  sally  with  all  their  troops  the  next  evening,  in  the  second 
watch,   as   soon    as   thev    heard    the   sound   of  a  gun    2^'^  ^   1^    ^   Hi  J^   ^  % 

1 


2  G.    SCHLEGEL. 

difficulty  is  not  removed;  for  it  is  not  the  question  if  the  Mongols 
at  that  time  had  fire-arms,  but  if  they  had  explosive  powder,  i.  e. 
gunpowder. 

Now,  notwithstanding  all  what  has  been  alleged  by  different 
european  authors  against  the  use  of  gunpowder  and  fire-arms  in 
China,  I  maintain  that  not  only  the  Mongols  in  1293  had  cannon, 
but  that  they  were  already  acquainted  with  them  in  1232. 

We  read  in  the  Pai  Pien  (published  in  1581)  that  on  the  walls 
of  the  city  of  Si-ngan  (in  Shen-si)  was  preserved  a  long  time  an 
iron  cannon,  called  "Heaven-shaking  Thunder".  It  had  the  form  of 
a  closed  roller,  on  the  top  of  which  was  a  hole  (vent)  scarcely  wide 
enough  to  admit  a  finger,  and  which  cannon  was  for  a  long  time 
not  employed  in  warfare.  It  was  an  engine  belonging  to  the  Kin 
Tatars  when  they  held  Pien  (modern  Khai-fung  fu  p^  ^  jjf^  in 
Honan).  In  the  Annals  it  is  described  as  an  iron  canister,  in  which 
powder  was  put  and  kindled  by  fire,  when  the  cannon  went  off,  and 
the  fire  burst  forth  of  it  with  a  crashiug  sound  as  of  thunder, 
which  was  audible  at  a  distance  of  more  than  a  hundred  miles 
(about  33  engl,  miles)  and  seared  more  than  half  a  Chinese  acre 
(about  one  twelfth  of  one  english  acre). 

When  the  fire  was  lighted  and  it  hit  the  iron  cuirasses,  they 
were  all  pierced  ^). 

The  Kin  Tatars  occupied  the  city  of  Khai-fung  in  A.D.  1232, 
where  they  were  besieged  by  the  Mongols;    and   in    the  History  of 


n  ('•««!  ^-È).  Ti  -  ?L .  -a  #  =fê .  ¥  'I'  ^  7  ffl  o  lit 

^X^nZ^^.   ÄÄ^ii  (read  5Ï),    ^  ^, 
?;fiS  H  #iW  0  ±  .;>C  S  ^  ^  Ifl  ^®  ,  Viae  ^H; 

apiid  Enoyolop.    ^^  $j^  ^^  j^  ,  Chap.  42,  Article   ^Q^    p'ao  or  guns. 


ON    CHINKSK    VIRK-ABMS.  3 

the  Suug-dynasty,  translated  by  de  Mailla,  Vol.  IX,  p.  160,  the 
passage  translated  by  us,  is  equally  given,  though  only  in  trans- 
cription. 

His  translation  runs:  "II  y  avait  alors  à  Cai-fong-fon  des  Ho- 
^'pao  ou  Pao  à  feu,  appelés  Tcîiin'tien-leî,  dans  lesquels  on  mettait 
"de  la  poudre,  qui  prenant  feu  éclatait  comme  un  coup  de  tonnerre 
"et  se  faisait  entendre  à  plus  de  cent  ly\  son  effet  s'étendait  à  un 
"demi  arpent  de  terre  tout  autour  du  lieu  où  il  éclatait,  et  il  n'y 
"avait  aucune  cuirasse  de  quelque  bon  fer  qu'elle  fût  qu'il  ne  brisât 
''\read  perçât)". 

Mailla  adds:  "Outre  cette  terrible  machine,  les  Kin  avaient  encore 
"une  espèce  de  javelot  qu'ils  appelaient  i'«-Ao-fstaw^  (^  ^  ^-É")» 
"c'est-à-dire  javelot  de  feu  qui  vole]  dès  que  la  poudre  qu'ils  y  met- 
"taient  prenait  feu,  il  était  poussé  à  plus  de  dix  pas  et  faisait  des 
"blessures  mortelles.  Ces  deux  machines  étaient  ce  que  les  Mongoua 
"craignaient  le  plus." 

The  Chinese  text  of  the  above  is  to  be  found  in  the  ;5i?:  Ä  ?ffi 
*  ^  (Wylie,  p.  22)  and  runs:  ï^^  X^^M^'S^. 

#o  A*:^tti5:o  «*'lißiH:r.^„ch»pt.  90, 

fol.  4  verso. 

The  late  W.  F.  Mayers  has  also  given  a  translation  of  these 
passages;  but,  as  it  seems,  only  after  an  excerpt  in  the  Wu~pi'cJii 
(  jiç  ^^  ^)  ^^  which  the  most  important  particulars  are  omitted, 
as  will  be  easily  seen  by  comparing  his  translation  with  mine  and 
that  of  father  De  Mailla  % 


4)    See   Journal   of  the  China  Branch  Koyal  Asiatic  Societv,  Shanghai  1871,  Art.  V, 
p.  91. 


G.    SCHLEGEL. 


I  lay  particularly  stress  upon  the  meauing  of  the  character  5^ 
^ ,  to  pierce,  to  penetrate,  the  cuirasses,  which  Mayers  translates 
by   "no   armour   could    withstand   their   shock"    and   De    Mailla    by 
"il  n'y  avait  aucune  cuirasse  ....   qu'il  ne  brisât."  Evidently  both 
authors   shrinked    from   accepting   the   fact   that  the  cannon  of  the 
Kin  Tatars  were  loaded  with  buUets.  ^^  only  means  to  pierce,  not 
to  shock  or  to  break.  Examples  taken  at  random  from  my  Dutch- 
Chinese   Dictionary;    ^  5^^^?   ^^®   arrow   pierced   his   head; 
H^  ^  jj^  ^  1   ^^®   arrow   went  through  his  cuirass;    ^  y\.  *^ 
•^i  it  penetrates  through  marrow  and  bones;  5^  ^1]  j[^,  it  pene- 
trates till  the  bottom;  ^^  J\j)  )^   cold  piercing  the  heart;   :^^, 
to  penetrate  into,  to  fathom  ;  ^  JÖ  ®  ^  Ü  ^  M  Itt  ^  '  ^^^^ 
an    equal   mood   and    quiet  spirit  one  is  able  to  penetrate  into  the 
affairs  of  the  world;  ^J  ^^,   to  pierce  with  nails:   ^  ^  ^  ^ 
5^/^,   the   rain    penetrated  through   the   interstices   of  the  tiles; 
^  3t  ^  ^  '    *^®    moon-light    penetrated   through   the   window; 
^  ^  -^  ^'  I  ^°^  ^^^  ^^1®  *®  ^o<^^  through  it;  ^  ^  -^p  ^X 
5^  Ä  ]^ ,  he  fired  a  bullet  through  his  head,  etc. 

If    the    missiles    of    these   engines   only   smashed   or  broke   the 
cuirasses,  the  historian  would  have  written  ^  or  ^,  and  not  5^. 

As  for  the  use  of  ^  or  ^^1  for  balistas,  we  remark  that  the 
proper  character  for  them  is  ||^  ^ ,  "hurling  Engine".  I  quote 
the  following  example  from  the  history  of  Li  Tsih  (A.D.  594  —  669; 
Mayers,  Chinese  Reader's  Manual  N°.  372):  ^  Ji[|  ^ij  #  ^  .  Ä 
^  S  ^  )9f  tÊ  tt  Ä  '  ^*  ^**'*  P^*  "P  balistas,  which  hurled  big 
stones,    and   all  what  was  hit  by  them  was  immediately  crushed  ^). 

The  imperial  dictionary  of  K'ang~hi  defines  the  expression  as 
S  4^  iSl  t^l  ^  5  0  W  ^  '  *ba*  wherewith  in  the  army  stones 
are  thrown  by  a  spring,  is  called  a  Balista  (p'ao). 


5)   Vide  jg*  g   1^  J^  •Ä,  History  of  Corea  in  the  Books  of  the  T'ang-dynasty. 


ON    CHINESE    FIRE-ARMS.  5 

This  character  was  also  written  $^  and  pronounced  p'ao.,  and 
is  defined  in  K'ang-hi  as  ^  ^  !^ ,  machine  for  throwing  stones. 
It  is  only  when  these  stones  were  thrown  out  of  a  tube,  that  the 
character  {^ ,  commonly  written  fl@, ,  "enveloped  stones",  replaced 
the  old  terra  :^  ^ ,  "hurling  engine".  The  character  ^^  is  ono- 
matopoic  and  interchanged  with  the  character  j)^,  to  crackle,  to 
sputter,  as  fire  "). 

We  have  no  need  to  remind  the  reader  that,  till  very  late,  in 
Europe,  stone  bullets  were  used  instead  of  iron  ones  for  loading 
cannon.  In  Leyden  these  stone  bullets,  shot  by  the  Spaniards  during 
the  siege  of  this  town  in  1574,  are  still  to  be  seen,  half  embedded, 
at  the  foot  of  the  gates  of  the  town. 

The  mortars  wherewith  these  stone  bullets  were  shot,  were  called 
in  French  Pierriers,  defined  in  Boiste  and  Nodier's  "Dictionnaire 
universel  de  la  langue  française"  as:  "Mortier  de  15  pouces  de 
"diamètre,  destiné  à  lancer  des  pierres;  petite  pièce  de  canon  de 
"2  à  3  livres  de  balle". 

It  is  evident  that  this  name  was  made  in  imitation  of  the  old 
french  perrieres  (for  pierrieres),  engines  for  hurling  large  stones; 
exactly  as,  in  Chinese,  the  name  of  the  balista  p'ao  was  later  applied 
to  the  gun-powder-canuons. 

Neither  Pauthier  nor  Yule  have  taken  note  of  the  above  mentioned 
important  passage  in  which  it  is  impossible  not  to  recognize  the  use 
of  regular  cannons,  lighted  by  a  vent  (^). 

In  the  §  ^  ^  ^ ,  a  book  not  noted  by  Wylie,  it  is  said, 
that  in  the  third  year  of  the  eponyme  Hien-ping  of  the  Sung-dynasty 


6)   The   characters  jfi^   and   y^^   are   pronounced   as   well  p'ao   as  p'ok;   with  the 
latter  pronunciation  they  mean  to  crackle,  to  sputter  as  fire. 


6  G.    SCHLEGEL. 

(A.D.  1000),  a  certain  T'ang-fuh  presented  (to  the  Emperor)  a  newly 
invented  "Fire-ball-gun"  '). 

Somewhat  later,  in  A.D.  1287,  Kubilai  Khan,  during  his  war 
with  JSfayan,  employed  in  a  nocturnal  expedition  10  soldiers,  armed 
with  guns  (  »/^  ^'Q,  ),  whose  sound  so  frightened  the  enemy  that  he 
fled  on  all  sides  ^). 

We  have  thus  no  reason  to  doubt  that  the  Mongols  employed 
fire-arms  in  their  expedition  to  Java,  and  the  Javanese  probably 
learnt  from  them  to  employ  them  also. 

Ma  Hoan,  who  accompanied,  in  A.D.  1413,  the  Eunuch  Ching 
Ho  to  Java,  says  distinctly  that  the  Javanese  fired  guns  (^  >/^ 
^)  at  their  weddings. 

This  is  still  done  to  the  present  day.  Raffles  (History  of  Java, 
Vol.  II,  p.  350)  says  of  the  Javanese  weddings:  "The  procession 
moves  on  to  the  sound  of  national  music  and  the  occasional  firing 
of  cannon". 

Mayers  concluded  from  the  statement  in  Ma  Hoan,  that  the 
Javanese  must  have  had  fire-arms  at  that  time  ^). 

Marsden  (History  of  Sumatra,  3d  Edit.,  p.  347)  equally  says 
that  fire-arms  were  known  in  Sumatra  before  the  arrival  of  the 
Portuguese. 

They  were  known  in  the  14th  century  in  the  state  of  Padja- 
djaran  in  West-Java. 

According  to  the  Javanese  history  translated  by  Raffles  and 
Hageman,  this  state  was  divided,  after  the  death  of  its  sovereign 
Chiang  Wanara  in  A.D.  1390,  into  several  principalities,  under 
about  six  different  chiefs. 

The  principal  regalia  came  into  the  hands  of  the  king  of  Ma- 


8)  See  Paiithier'a  Marc  Pol,  Vol.  I,  p.  239  in  the  note. 

9)  China  Review,  Vol.  Ill,  p.  178. 


ON    CHINKSK     MRK-ARMS.  7 

japdhit,  among  which  were  a  gua,  called  Nyahi  telômi  and  seteral 
others  of  smaller  calibre.  The  gun  setômi  is  now  in  the  possession 
of  the  Susuhiinan  '**). 

In  another  Javanese  poem,  the  Serat  Kanda  it  is  told  that,  in 
the  battle  with  an  army  of  Siyem  (Siam),  Kamhoja  and  Sokadana, 
two  large  guns  were  captured,  to  which  the  names  of  Guntur  gëni 
and  Jagur  were  given. 

The  booty  was  offered  to  Braioijaya^  king  of  Madjapahit  "). 

As  Brawijaya  became  king  of  Madjapahit  in  A.D.  1299,  and 
died  in  A.D.  1307  '*),  the  battle  must  have  taken  place  during  his 
reign,  let  us  say  in  1304. 

It  would  prove  at  all  events  that  the  Siamese  and  Cambodians 
made  use  of  cannon  in  their  war  with  Madjapahit,  as  early  as  the 
14th  century. 

It  must  be  mentioned,  however,  that  according  to  a  Javanese 
poem  containing  the  History  of  Baron  Sakendèr,  the  princess 
Tarurogo,  daughter  of  Retno  Sekar  Mandhopo^  who  had  been 
made  a  prisoner  at  the  fall  of  the  state  of  Padjadjaran,  was  later 
sold  for  three  pieces  of  artillery  to  a  Dutchman  called  Baron  Sukmul. 
These  pieces  bore  the  names  of  Guntur  gem  (agni),  the  fiery  thunder, 
Ki  Pamuk,  the  furious  combatant  and  Nyahi  Setomt  "). 

But  this  is  not  in  concordance  with  the  fact  that,  at  that  time, 
no  Dutch  were  established  at  Jacalra. 

The  first  mention  of  a  dutch  embassy  to  Mataram  (Java)  took 


10)  Raffles,    History    of  Java,  Vol.  I,  p.  106;   Hageman,  Gcschiedenis  van  Java,   Vol. 
J,  p.  21. 

11)  Dr.  J.  Brandes,  Pararaton,  or  the  Book  of  the  Kings  of  Tumapel  and  Madjapahit, 
p.   190  (Transactions  of  the  Batavian  Society  of  Arts  and  Sciences,  Vol.  XLIX,  Batavia  1896. 

12)  Ibid.,  p.  188  and  189.  .\ccording  to  another  tradition.  Brawijaya  died  in  A.U.  13(6. 
Ibid.,  p.  191. 

13)  Cohen  Stuart,  Gcschiedenis  van  Baron  Sakéndhèr,  Vol.  II,  p.  98. 


8  G.    SCHLEGEL. 

place  in  1573,  when  they  ofiFered  to  the  Sultan  of  Mataram  four 
pieces  of  artillery  ^*). 

According  to  Raffles  (1.  c.  p.  259),  the  large  gun,  called  Kiai 
Guntur  Agni,  was  cast  in  1566  in  Mataram  itself  '^). 

A  piece  of  this  name  is  to  be  seen  in  the  Kraton  of  Surakarta, 
on  the  Sitinggil.  But  this  is  no  direct  proof,  because  the  Javanese 
are  accustomed  to  give  such  fanciful  names  to  cannons  for  which 
they  have  a  superstitious  feeling  '**). 

The  old  Javanese  and  Malay  name  for  a  gun  (rifle)  is  Bedil,  a 
word  for  which  a  foreign  etymology  has  been  vainly  sought.  Bedil 
bnluh,  bamboo-rifle,  is  the  name  of  a  child's  popgun.  The  modern 
name  of  a  gun  is  sënâpang,  from  the  Dutch  snaphaan. 

According  to  the  Annals  of  the  Ming-dynasty,  the  natives  of 
Tonghing,  against  whom  the  emperor  Ching-tsu  had  sent  an  expe- 
dition in  A.D.  1407,  employed  tubes  filled  with  inflammable  material 
for  purposes  of  warfare  ").  But  according  to  Pauthier's  translation, 
it  were  the  Chinese  who  made  use  of  these  fire-arms,  which  they 
called  ]0  1^  É^  ?^  ^^  "guns  with  supernatural  springs"  '^). 

As  neither  Mayers  nor  Pauthier  give  the  Chinese  text  of  this 
important  passage,  I  copy  it  here  in  the  note.  It  is  found  in  the 
92d  Chapter  of  the  Books  of  the  Ming  dynasty,  fol.  7  recto,  of  the 
fourth  chapter  of  Military  Memoirs  (  ::^  ^  pîj  )?  Article  ^  :^  or 
Fire-arms,  and  of  which  I  give  a  new  translation,  so  that  the 
reader  may  judge  for  himself. 


14)  Ibid.,  p.  163;  Raffles,  History  of  Java,  Chronological  Table  of  Events,  Vol.  II, 
p.  260. 

16)  Cohen  Stuart,  op.  cit.,  Vol.  II,  p.  164. 

16)  Cohen  Stuart,  op.  cit.,  p.  165. 

17)  Mayers  in  Journal  of  the  North  China  Branch  uf  the  Royal  Asiatic  Society,  1871, 
Article  V,  p.  94. 

18)  Arrivant  aux  flings,  on  voit  que  Tching-tsou,  pour  conque'rir  le  Kiao-tchi  (la 
Coohinchine),  se  procura  des  p'âo  ou  "canons"  qui  furent  nommés  des  "p'âo  ou  canons 
retentissants  à  mouvements  surnaturels"  (Marc  Fol,  II,  p.  474,  footnote). 


ON    CHINKSE    KIUK-AR1I8.  9 

"What  were  anciently  called  P'ao  were  all  machines  for  hurling 
"stones.  In  the  beginning  of  the  Mongol- dynasty  (A.D.  12C0),  p'ao 
"(catapults)  of  the  Western  regions  were  procured.  In  the  siege  of 
"the  city  of  Ts'ai-chow  of  the  Kin  (Tatars),  fire  was  for  the  first 
"time  employed  (in  these  p'ao)  '"),  but  the  art  of  making  them  was 
"not  handed  down,  and  they  were  afterwards  seldom  used. 

"When  Ching-tsu  pacified  Kiao-chi  (A.D.  1407),  they  (the  Chi- 
"nese)  procured  (obtained)  the  art  of  the  guns  and  cannons  with 
"miraculous  machinery,  and  they  established  a  special  regiment  for 
"practising  with  them  ^°).  For  their  fabrication  native  and  wrought 
"red  copper  was  alternatively  employed.  Those  for  which  iron  was 
"employed,  the  malleable  iron  from  Kien  ^')  was  the  best,  and  the  iron 
"from  Si  ^*)  only  came  next.  They  were  of  diflFerent  size.  For  the 
"big  ones  carriages  were  employed;  for  the  next  in  size  and  the 
"smaller  ones,  rests,  pickets  and  ramrods  *')  were  used. 

"The  big  ones  were  of  use  for  the  defense  (of  a  place);  the  small 
"ones  were  useful  in  battle.  They  were  employed  according  to  the 
"requisites,  and  the  most  important  engines  of  an  army  in  march"  -^). 


19)  The  siege  of  this  town,  situated  in  the  province  of  Honan,  took  place  in  A. U.  1233. 

20)  This  makes  it  doubt fal  if  the  Chinese  learnt  the  art  from  the  Annamites,  and  it 
would  rather  seem  that  the  Chinese  employed  cannon  in  the  siege  of  the  capital.  Mayers, 
/.  c.  p.  94,  says:  "it  must  be  admitted  that  the  authority  on  which  the  statement  rests 
appears  inadequate". 

21)  Probably  from  the  province  of  Fuh-kien.  Gp.  $£  ^S.  kièn  Uin,  waterlily  seeds 
coming  from  Fuh-kien  (Douglas). 

22)  Either  western  iron,  or  iron  from  Kiang-si. 

23)  The  fork-like  rests  used  for  resting  the  old  muskets  upon,  are  now  called  in 
Chinese    *^  ^^  ^Ë    (See   my    Dutch-Chinese    Diet.    i.  v.    Mttsketvork)  ;    the    character 

"i?^   stands   for    "lH^ ,   old   sound  t'ok.   The  ramrod  of  a  musket  is  called  to  the  present 

^^y  ^i,  «ra  ^°  Chinese  (See  my  Dictionary  and  Doaglas'  Amoy  Mx^t^-llicMAèng  thok). 
Mayers'  translation  (p.  94)  "frames,  posts  or  staves"  is  not  correct,  and  leads  to  a  mis- 
understanding of  this  important  passage. 


10  G.    SCHLEGEL. 

If  the  Annamites  had  invented  fire-arms,  they  would  not  have 
borrowed  from  the  Chinese  the  words  sung  ^,  fire-arms;  sung  hiêp 
^  ^ ,  a  gun  ;  sung  ^oan  ^^  ^ ,  a  pistol  =  Chinese  ^  ^ ,  a 
short  gun,  a  pistol;  sung-tay  ^  ^^,  a  pistol,  =  Chinese  -^  ^, 
a  hand-gun,  pistol;  sûng-vân  ^^  ^  (read  P^  ),  a  pistol  =  Chinese 
P^  ,  numeral  for  guns  and  t^,  a  gun;  and  phdt  sung,  a  gun-shot 
=  Chinese  ^  ^ ,  Canton  fdt  ch'ung,  to  fire  a  gun. 

The  Cambodians  borrowed  the  Chinese  p'ao  (Khmer  phav,  Cam- 
bodian phau)  from  the  Chinese,  with  the  meaning  of  petards. 

In  Cambodian  the  cock  of  a  gun  is  called  kay,  which  is  curtailed 
Chinese  (Canton)  »/^  ^^  fo  kai  {faw  kaai)  fire-cock.  In  English  it 
is  also  called  cock,  which  is  also  used  verbally  in  "to  cock  a  gun". 

The  German  (Hahn)  and  Dutch  (haan)  also  mean  cock.  The 
French  call  it  "le  chien"  (the  dog);  the  Spaniards  call  it  pie  de 
goto  de  escopêta,  "cat-foot  of  a  musket",  a  very  cumbrous  circum- 
locution; the  trigger  of  a  gun  in  called  gatillo,  "a  kitten".  Have 
the  English,  Germans  and  Dutch  borrowed  the  word  from  the  Chinese, 
or  has  the  reverse  taken  place?  The  coincidence  is,  at  all  events, 
remarquable. 

The  above  quoted  texts  thus  justify  us  to  admit  that  the  Chinese, 
as  well  as  the  Javanese,  knew  and  employed  fire-arms,  cannon  and 
guns,  as  early  as  the  13th  and  15th  century,  long  before  Europeans 
came  to  these  countries. 

That,  for  a  long  time  afterwards,  the  Chinese  did  not  make 
use   of  fire-arms  is  due  to  the  conservative  spirit  of  the  people,  who 


m^^m.  mm-^z.  -kA-'^^.  -k^^m 
A^mn^,  HÄBijffl.  %^%^n. 


ON    CHINR8K    KIRK-ARMS.  H 

stuck   to   their  old    arms,   exactly  as  has  been  the  case  in  Earope. 
In  the  first  half  of  the  13th  century,  a  French  poet  looks  with 
disgust     to    the    supersession    of    the    feats    of    chivalry    by    mere 
mechanical  methods  of  war  in  the  following  lines: 

^^  Chevaliers  sont  esperdus. 

Cil  ont  auques  leur  tens  perdu; 

Arhalestier  et  mineor 

Et  perrîer  et  engigneor 

Seront  dorénavant  plus  chier"  *^). 

Have  not  even,  in  our  modern  armies,  cuirassiers  and  dragoons, 
donned  with  steel  cuirasses,  which  are  not  proof  against  the  modern 
bullets,  persisted  as  a  survival  of  the  time  when  fire-arms  were  un- 
known or  little  used? 

Besides,  the  secret  of  the  construction  and  the  use  of  these  fire- 
arms was  jealously  guarded  by  the  Chinese  government;  and  it  was 
only  after  Kia  Tsmg'a  reign  (1522—1566)  that  fire-arms  were  in- 
troduced into  the  army  ^^). 


25)  Yule's  Marco  Polo,  II,  p.   127.  First  Edition. 

26)  Mayers,  /.  c.  p.  96,  where  stands,  erroneously,  1422. 


KOUANG-SI 

TRADUCTION  DE  DOCUMENTS 

HISTOBIOUES,  GEOGRAPHIQUES  ET  ADMINISTRATIFS  SUR  LA  PROYIIE  DU  KOUANG-Sl. 

TIRÉS  DU  «KOUANG-SI  T'ONG-TCHEU  TSI-YAO» 

S  m  m.  M  ^  9 

(Compendium  des  renseignements  les  plus  utiles  sur  la  Province  du  Kouang-Si.) 

PAR 

J.  BEAUVAIS, 

Interprète  du  Consulat  de  France  à  Long-Tcheou. 


Préfecture  de  l^'^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 
Historique. 

La  Préfecture  de  l^'"  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou  {ißf  jj\  jjfj) 
appartient  au   cercle   du   fleuve  de  droite,  le  Yeou-Kiang-Tao  {'^ 

Sous  la  Dynastie  des  Ts'in  (^),  255  à  206  av.  J.C.,  le  terri- 
toire de  Lieou-Tcheou  faisait  partie  de  la  province,  ou  Kiun  (  ^  ) 
(ancienne  divisiou  territoriale)  de  Kouei-Lin  (^/|>fC)- 

«Sous  la  Dynastie  des  Han  (  *^  ),  206  av.  J.C.  à  220  après,  le 
territoire  actuel  de  la  Préfecture  faisait  partie  du  Kiun  de  Ts'ang- 
Vou  (^  j^). 

A  l'époque  des   Trois  Royaumes  (San  Kouo  ^  ^  ),  220  à  265, 


Kon\No^si.  13 

le  territoire  de  lu  Préfecture  fit  de  nouveau  partie  du  Kiun  de 
Kouei-Lin  (  ^$  ;|y(c  )• 

Sous  la  Dynastie  des  Tsin  (^),  265  à  420,  et  dei  Song  (;7Jç), 
420—479,  le  territoire  de  la  Préfecture  fut  détaché  du  Kiun  de 
Kouei-Lin  et  incorporé  au  Hien  {^)  de  Ï'an-Tchong  ()^  FJI  ), 
dépendance  de  Kouaug-Tcheou  (  J^  jj\)- 

Sous  les  7Vi  (^),  479  à  502,  sous  les  Léang  (^),  502  à 
557,  et  sous  les  Tch'en  (|^),  557  à  589,  le  territoire  de  Lieou- 
Tcheou-Fou  appartenait  au  Kiun  de  Ma-p'ing  {]^  ^). 

Sous  la  Dynastie  des  Souei  (  |î^  ),  581  à  619,  le  Kiun  de  Ma- 
P'ing  fut  supprimé. 

Sous  les  T'ançi  (  ^  ),  618  à  907,  le  territoire  de  Lieou-Tcheou- 
Fou,  formait  le  Kiun  de  Long-Tch'eng  (^^),  lequel  fut  com- 
posé du  Kiun  de  Cheu-Ngan  (^â^)  ^^  ^"  Hien  de  Ma-P'ing. 
Le  Kiun  de  Long-Tch'eng  ne  reçut  cette  dénomination  que  plus  tard. 
Il  porta  au  début  le  nom  de  Kouen-Tcheou  (  ^  jf|  ).  Il  était  rat- 
taché au  Tao  (^)  ou  cercle  de  Ling-Nan  (^  ^). 

A  Vépoque  des  Cinq  petites  Dynasties  (  3£  ^  ),  907  à  960, 
Lieou-Tcheou  appartint  d'abord  au  pays  de  Tch'ou  (^)  puis  aux 
Han  méridionaux,  Nan-Han  (^  )||),  918  à  971. 

Sous  la  Dynastie  des  Sang  (^j^),  960  à  1279,  Lieou-Tcheou 
appartenait  au  Kiun  de  Long-Tch'eng,  lequel  faisait  partie  intégrante 
de  la  marche  occidentale,  Si-Lou  (  ^  ^)  de  Kouang-Nan  (  ^  ^  ). 

Sous  la  Dynastie  des  Yuen  (tC),  1279  à  1368,  la  marche  ou 
Lou  (^)  de  Lieou-Tcheou  appartenait  au  cercle  ou  Tao  (5^) 
du  Kouang-Si  (  J§  H  ). 

Sous  la  Dynastie  des  Ming  (  i|^  ),  1368  à  1644,  la  Préfecture 
de  1®"^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou  appartenait  à  la  Trésorerie  ou 
Pou-Tcheng-Sseu  (  -ffj  i§i^  1^  )  du  Kouang-Si. 

Sous  la  dynastie  actuelle  des  Ts'ing  (]^),  1644  à  nos  jours, 
aucun  changement  n'a  été  apporté  à  cet  état  de  choses. 


14  J.    BBAUVAIS. 

La  Préfecture  de  1^^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou  comprend  une 
préfecture  de  2"^°  rang,  ou  Tcheou  {jj\),  et  sept  sous-préfectures 
ou  Hien  {^).  Ce  sont: 

La  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien  (  >||  ^  ^  ). 

La  Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien  (^f  §  |^). 

La  Sous-Préfecture  de  Lo-Tch'eng-Hien  (^^^)- 

La  Sous-Préfecture  de  Lieou-Tch'eng-Hien  (^p  IK  IB)- 

La  Sous-Préfecture  de  Houai-Yuen-Hien  (*^  jS./^)* 

La  Sous-Préfecture  de  Yong-Hien  (^È^). 

La  Préfecture  de  2°^^  rang  de  Siang-Tcheou  (  ^  j^  ). 

La  Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien  {^^^). 

Limites  du  territoire. 

La  préfecture  de  Lieou-Tcheou-Fou  se  trouve  à  370  Li  (  J^  ) 
au  S.O,  de  la  capitale  de  la  province  et  à  7860  Lis  de  la  capitale 
de  l'Empire.  Son  territoire  mesure  425  lis  de  l'E.  à  l'O.  et  830  lis 
du  N.  au  S. 

A  265  lis  dans  l'E.,  il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture 
de  Sieou-Jen-Hien  {jjßjp,  ^),  ou  Préfecture  de  P'^rang  de  P'ing- 
Lo-Fou  (^  1^  ij^)>  au  village  de  Ts'ai-Ts'ouen  (^^),  pré- 
fecture de  2°^®  rang  de  Siang-Tcheou. 

A  160  lis  à  l'O.,  il  confine  par  le  territoire  de  la  SousTPréfecture 
de  Lieou-Tch'eng-Hien,  au  village  de  Ta-Ts'ao-Ts'ouen  (  ]^  |^  ;^»|' ) 
de  la  Sous-Préfecture  de  Yi-Chan-Hien  (S  |i|  1^),  préfecture  de 
K'ing-Yuen-Fou  (^  jS  iff  )• 

A  270  Lis  au  S.,  il  confine  par  le  village  de  T'ang-Ts'ouen 
( ^  >hl* )  de  la  Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien  {^^^)  au 
territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien  (]^^)  de  la 
Préfecture  de  Sin-Tcheou-Fou  {^  j^  ff^)- 

A  560  lis  au  N.,  il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture 
de  Souei-Ning-Hien  (  ^  ^  ^  )  de  la  province  du  Hou-Nan  (  Jj^  ^  ) 


K0UANQ-8I.  15 

par  la  grotte  de  Ta-Ying-T'ong  (3^  ^  Al^),  de  la  Sous- Préfecture 
de  Houai-Yuen-Hieu  (1^  i§  ^). 

A  160  lis  au  S.-E.,  il  confine  par  la  montagne  de  Nieou- 
I^an  ('^^^  [il)  de  la  Préfecture  de  Siang-Tcheou  (||  ^)  au 
territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien  (  ^  ^  )ß  )  de 
la  Préfecture  de  Sin-Tcheou-Fou  (  '^  ^  jfj  ). 

A  560  lis  au  N.-E.,  il  confine  au  territoire  de  la  Sous- 
Préfecture  de  Youg-Ts'oug-Hien  (3^  ^  ^)  de  la  province  du 
Kouei-Tcheou  (  ^  ^  )  par  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de 
Houai-Yuen-Hieu  (»^  Sa  ^)- 

A  120  lis  au  S.-O.,  par  le  village  de  Nieou-Li-Ts'ouen  (^ 
^ij^)  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'iug-Hien  (  ,B|  ^  ^  ), 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ts'ien-Kiang-Hien 
(^  ni^S)  de  la  préfecture  de  Seu-Ngen-Fou  (^,  Jg  i^). 

A  130  lis  au  N.-E.,  il  confine  à  Kiai-P'ai-Pao  (|?.  j{$  ;g)  de 
la  Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien  (  ^^  ^  )^)i  à  la  préfecture 
de  Yong-Ning-Tcheou  (  ^  ^  j^H  )  de  la  Préfecture  de  Kouei-Lin-Fou 

Murailles  et  Fossés. 

L'ancienne  cité  de  Lieou-Tcheou  (  ^p  ^  )  se  trouvait  au  N. 
du  Long-Kiaag  (gJ/X)  —  le  fleuve  du  Dragon  — .  A  l'époque 
des  T'ang  (||),  618  à  907,  et  des  Qong  (^),  960  à  1279,  elle 
était  entourée  d'une  levée  de  terre. 

Au  début  de  la  période  Hien-Choen  (^  '^)i  ^ers  1265  (règne 
de  l'Empereur  Tou-Tsong-Houang-Ti  >K  ^  â  'i^*'  1264  à  1274) 
la  cité  fut  transportée  au  S.  du  Fleuve  dans  l'emplacement  occupé 
de  nos  jours  par  la  cité  de  Lieou-Tch'eng-Hien  (  ij^  ^  ^  )• 

Jusque  sous  les  Yuen  (  7^  )>  1279  à  1368,  la  cité  ne  posséda 
pas  d'enceinte  fortifiée. 

La    l®""®   année   de  la  période  Houg-Vou   ()^  |^),    ir68,   soua 


k 


16  J.    BE  AU  VAIS. 

l'Empereur  T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti  {~)st&'^  Ê,^)  ^ont  le 
nom  personnel  était  Yuen-Tchang  (7^^  J^)  et  qui  régna  de  1368 
à  1398,  la  ville  fut  transportée  à  l'emplacement  qu'elle  occupe  en- 
core. Durant  la  4™®  année  de  la  même  période  (1371),  la  ville  fut 
entourée  d'un  mur  de  terre.  Dans  la  12™®  année,  l'enceinte  fut 
élargie  et  transformée  en  muraille  de  briques.  Elle  mesure  3  lis  de 
l'E.  à  l'O.  et  2  lis  du  N.  au  S.  Elle  est  haute  de  2  tchang 
(5(C)  ^^  pieds  et  forme  un  circuit  de  748  tchang  ou  7480  pieds. 
Elle  est  percée  de  5  portes:  la  porte  de  l'Est,  Tong-Meun  (  ^  P^  ), 
la  porte  de  l'Ouest,  Si-Meun  (  ^  P^  ),  la  porte  de  Tchen-Nan-Meun 
(ÄÄP1)'  1^  PO^^®  ^^  Tsing-Nan-Meun  (i^^P^)  et  la 
porte  du  Nord,  Pei-Meun  (  :^[^  f^  ).  En  dehors  des  murailles,  la 
rivière  tourne  autour  de  la  ville  en  lui  faisant  comme  une  ceinture. 
Durant  la  24"^^  année  de  la  période  Kia-Tsing  (^ji^),  1545, 
sous  l'Empereur  Cheu-Tsong-Sou-Hoang-Ti  (  ift  ^  ^  M  ^  ) 
dont  le  nom  personnel  était  Heou-Ts'ong  (  j^  ^^|[  )  et  qui  régna 
de  1521  à  1566,  on  éleva  une  muraille  extérieure  allant  de  l'O. 
au  S.  en  enveloppant  la  partie  N.  de  la  cité.  Les  deux  extré- 
mités de  cette  muraille  extérieure  aboutissent  à  la  rivière.  Elle  est 
longue  de  590  tchang  ou  de  5900  pieds,  elle  est  haute  de  14  pieds 
et  percée  de  3  portes,  celle  du  N.  porte  le  nom  de  Kong-Chen 
(;^J^),  celle  de  l'E.  celui  de  Pin-Hi  (^flft)  et  celle  de  l'O. 
celui  de  Lieou-Tchao  {^  ^fj. 

Mandarins, 

Le  personnel  administratif  de  la  Préfecture  se  compose; 

1^  de  Un  préfet  de  P"^  rang,  pre  classe  Tcheu-Fou  (^  jfj). 

Les  appointements  dits  Ngo-Fong  (^f^)  sont  de  105  léangs 
(p^)  ou  taëls  d'argent.  Il  touche  en  outre.  1**  à  titre  de  Pieu- 
Fong-Chon-Yin  (^  'j^  ^  ^)  89  léangs  ou  taëls;  2"  à  titre  de 
Yang-Lion-Yin  (^  ^  ^)  mille  léangs;  3°  à  titre  de  Yeu-Kouei- 


KOUANO-SI.  17 

Yang-Lien-Yin  (  ^  Ü  #  |||  $|  )  500  taëls.  Il  a  droit  à  uu  per- 
sonnel de  60  individus,  intendants,  sbires,  etc.  pour  l'entretien  des- 
quels il  touche  annuellement  une  somme  de  366  taëls  d'argent. 

2°  Un  secrétaire  King- Li  (^  )^). 

Les  appointements  sont  de  40  taëls.  Il  touche  à  titre  de  Yang- 
Lien-Yin,  120  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  un  personnel  de  6  individus, 
intendants,  sbires  et  palefreniers  pour  l'entretien  desquels  il  touche 
par  an  une  somme  de  36  taëls  d'argent. 

3**  Uu  assistant  de  Préfet  de  l«""  rang  T'ong-P'an  (  ^  if  ij  ). 

Ses  appointements  dits  Ngo-Foug-Yia,  sont  de  60  taëls  d'argent. 
Il  touche  en  outre  1°  à  titre  de  Pien-Fong-Yin  36  taëls  d'argent, 
7  ts'ien  (@),  1  feun  (^),  5  li  (  J|),  soit  36  taëls,  715.  2°  à 
titre  de  Yang-Lien-Yin  500  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  un  personnel 
de  29  individus,  intendants,  sbires,  agents  de  police,  porteurs  de 
chaises,  de  parapluies  et  d'éventails,  etc.  pour  lesquels  il  touche  par 
an  une  somme  de  174  taëls  d'argent. 

4°  Un  directeur  des  Etudes  de  Préfecture  de  1®""  rang  Eiao- 
Cheou  i^^). 

Ses  appointements  sont  de  45  taëls  d'argent. 

5°  Un  Sous-Directeur  des  Etudes  Hiun-Tao  (^||  ^). 

Ses  appointements  sont  de  40  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  3  por- 
tiers ou  plantons,  pour  l'entretien  desquels  il  touche  annuelle- 
ment une  somme  de  18  taëls  d'argent,  et  à  8  pourvoyeurs,  pour 
les  jeunes,  pour  lesquels  il  touche  annuellement  une  somme  de 
24  taëls. 

La  Préfecture  est  sous  les  ordres  d'un  intendant  de  circuit,  dé- 
nommé Tao-T'ai,  avec  juridiction  militaire  du  Fleuve  de  droite, 
Yeou-Kiang-Ping-Pei-Tao  (  ;&  OC  ^  Ht  3!  )•  ^^  Tao-T'ai  a  sous 
ses  ordres  les  4  préfectures  de  Lieou-Tcheou-Fou  {^^  ^  /f^)»  ^^ 
K'ing-Yuen-Fou  (^  Jl  jfj),  de  Seu-Ngen-Fou  (^  ,®  /jÇ)  et  de 


X8  J.    BEAUVAIS. 

Sin-Tcheou-Fou  (^^^jjy*).  II  réside  dans  la  ville  de  Lieou- 
Tcheou-Fou.  II  touche  comme  appointements  105  taëls  d'argent  et 
à  titre  de  Yang-Lien  (  ^  ^  )  2400  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à 
25  portiers,  sbires,  plantons,  porteurs  de  chaises,  de  parasols  et 
d'éventails,  et  à  12  policiers,  en  tout  un  personnel  de  37  hommes 
pour  lesquels  il  touche  annuellement  une  somme  de  222  taëls. 

Depuis  la  4™^  année  de  la  période  Kouang-Siu  (^  ^^)i  -^^^ 
pereur  actuel  (depuis  1875),  la  circonscription  administrative  de 
Pai-Chai  (Po-Sê  ^  ^  )  a  été  détachée  de  ce  cercle  pour  être 
rattachée  à  celui  du  fleuve  de  gauche  Tso-Kiang  Tao  (  ^  ^H  ^  ) 
dont  le  titulaire  réside  à  Nan-Ning-Fou  (^  1^  j^)  (Tao-T'ai  du 
cercle  Nan-Seu-Tchen-Tao  (^  îf0  ^),  id  est  Nan-Niog-Fou,  Seu- 
Tch'eng-Fou  (îWîffiifï)'  Tchen-Ngan-Fou  (^^jfj). 

Écoles. 

Nombre  des  bacheliers  littéraires,  20. 

Nombre  des  bacheliers  militaires,  20. 

En  dehors  de  ce  nombre,  il  a  été  attribué  aux  personnes  inscrites 
sur  les  registres  de  la  Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien  (  ^||  ^ 
^  ),  mais  étrangères  à  cette  localité,  deux  diplômes  de  bachelier 
littéraire. 

Bacheliers  subventionnés  (Lin-Cheng  ^  ^)'.  leur  nombre  est 
fixé  à  34.  Chacun  d'eux  touche  par  an  une  quantité  de  riz,  fixée  à 
2cheu  Cg),  8  teou  (J^),  5  cheng  (ff^),  7  ho  {^),  7  cho  (  >V|  ), 
2  tch'ao  (^y?):  ce  qui  fait  un  total  de  97  cheu,  1  teou,  6  cheng, 
2  bo,  5  cho.  Les  années  qui  renferment  un  13™^  mois  intercalaire, 
cette  quantité  s'augmente  de  huit  cheu,  neuf  cheng,  six  ho,  huit  cho. 

Dans  la  Sous-Préfecture  de  Lo-Tch'eng-Hien  (  ^  îffi  ^  ),  cha- 
que année  on  prélève  sur  les  reliquats  budgétaires,  de  quoi  entre- 
tenir un  bachelier  du  grade  de  Kong-Cheng  (  ^  /g^  ). 

Les    terres    appartenant    aux    écoles    ont   une   superficie   de    35 


KOÜAKO-SI.  10 

meous  (  ^  ),  6  feuns  (  ^  )  qui  rapportent  un  fermage  de  4  taëls, 
4  ts'ien. 

Il    existe    un    collège,    dénommé    «Collège   du   Fleuve   Lieou», 
Lieou-Kiaug  Chou  Yuan  (#P  ^1  #  |^)- 

Distribution  des  troupes. 

1°  Bataillon  du  milieu,  Tchoug-Ying  (  Pp  ^  ),  des  troupes  placées 
sous  le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  province  T'i- 
piao  (fêl^). 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  un  effectif  de  867 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  do  726  sous-officiers  et  soldats, 
se  décomposant  en:  6  sergents,  Ouai-ouei-ts'ien-tsong  (^|>  ^ 
^  Ü).  et  caporaux,  Ouai-ouei-pa-tsong  (  :^[»  ^  fllU!  ), 
4  premiers  soldats,  Ngo-.ouai-ouai-ouei  (^  ^[»  ^[»  ^),  67  ca- 
valiers, 475  fantassins  et  174  hommes  affectés  au  service  des 
Yamens,  ce  sont  les  Cheou-ping  (-»j-  ^). 

De  ce  bataillon,  522  hommes,  résident  dans  la  cité  même 
de  Lieou-Tcheou-Fou,  dont  ils  composent  les  forces  de  défense; 
203  hommes  et  un  sergent  occupent  de  la  façon  suivante  deux 
postes  militaires  ou  Sin  (  ^  )• 

1°  Poste  de  Yong-Fou-Sin  (^  jjjg  ^).  C'est  la  garnison 
de  la  cité  de  Youg-Fou-Hieu  (  3<  jjïg  iß  )  à  240  lis  à  l'E.  du 
quartier  général  du  bataillon  (Lieoû-Tcheou-Fou).  Cette  garnison 
se  compose  d'un  adjudant,  Pa-tsong  (^^)  et  de  59  hommes. 
62  autres  soldats  sont  détachés  dans  chacun  des  autres  petita 
postes  ou  T'ang  (^)  qui  dépendent  de  ce  poste  principal. 

2="  Poste  de  Lou-Tchai-Sin  ( J|g  ^  ^)  à  105  lis  à  l'E. 
du  quartier  général  du  bataillon.  Ce  poste  comprend  un  sergent 
et  28  soldats.  54  autres  hommes  sont  détachés  dans  chacun  des 
T'ang  qui  dépendent  du  Sin  de  Lou-Tchai. 

Durant  la   12°^®   année   de  la  période  Kouaug-Siu  1886,  le 


20  J.    BR  AU  VA  1 8. 

bataillon   du    milieu    des  troupes  placées  sous  le  cominanderaeut 
du    Généi'al    en    chef,    stationné   à  Lieou-Tcheou-Fou,  suivit  le 
Général  en  chef  et  alla  résider  avec  lui  à  Long-Tcheou. 
2°  Bataillon  de  Gauche  Tso-Ying  (  ^  "^  ),  des  troupes  placées  sous 
le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  Province. 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  un  efiectif  de  866 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  de  726  hommes  et  sous-officiers, 
se  décomposant  en  5  sergents  Ouai-Ouei-Ts'ieu-Tsong  et  caporaux 
Ouai-Ouei-Pa-Tsong;  3  premiers  soldats  Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, 
69  cavaliers,  476  fantassins  et  173  Cheou-Ping. 

Sur  cet  effectif  total,  414  hommes  sont  laissés  dans  la  cité 
de  Lieou-Tcheou-Fou  dont  ils  forment  la  garnison  défensive. 

Le  lieutenant,  Ts'ien-Tsong  {~y  ^^),  commandant  la  Com- 
pagnie de  droite  Yeou-Chao  (yj^H''^)»  a  le  commandement 
de  8  T'ang,  placés  en  8  des  plus  importants  points  des  routes 
de  terre,  et  dans  lesquels  sont  placées  de  petites  garnisons, 
s'élevant  au  total  de  46  hommes. 

Enfin,  deux  sergents,  ouai-ouei  et  264  hommes  sont  répartis 
de  la  façon  suivante  dans  5  postes  ou  Sin. 

1°  Poste  de  Pai-cha-Sin  (Éî  ïJ'^  ^)  ^  75  lis  à  l'E.  du 
quartier  général  du  bataillon  (Lieou-Tcheou-Fou). 

La  garnison  se  compose  d'un  adjudant  Pa-Tsong  et  de  30 
hommes.  Elle  n'a  pas  à  garder  des  postes  de  2"^®  et  de  3°^® 
ordre,  T'ang  ou  K'ia  ( -fr  )• 

2°    Poste   de   Yen-Tong-Sin   {^'M  ^)»   ^    70   lis   au   S. 

du  quartier  général  du  bataillon.    La  garnison  se  compose  d'un 

'  sergent,   Ouai-Ouei   et   de   25    hommes.    De   ce  poste  dépendent 

également  les  25  hommes  de  garnison  du  poste  de  Hong-Lai-Sin 

3°  Poste  de  Ou-Tou-Sin  i^^'^)  à  70  lis  à  l'O.  du 
quartier  général  du  bataillon. 


KOL'ANO-81.  21 

La  garnison  se  compose  d'un  adjudant  Pa-Taong  et  de  18 
hommes.  A  ce  poste  se  rattachent  encore  54  hommes  dispersés 
dans  chacun  des  postes  secondaires  ou  T*ang,  qui  en  dépendent. 

4°  Poste  de  San-Tou-Sin  (  H  HS  ^^H.  )  à  70  lis  à  l'O.  du 
quartier  général  du  bataillon.  La  garnison  se  compose  d'un 
adjudant,  Pa-Tsong  et  de  44  hommes.  A  cette  garnison  se  rat- 
tachent celles  des  deux  postes,  Sin,  des  défilés  de  ïou-Pouo 
(  t5  tS  )  0^  Ta-Ying-Hiu  (  ^  -^  :^  ),  soit  28  hommes. 

5°  Poste  de  Ki-Kong-Chan-Sin  (||  ^  |i|  ^)  à  40  lis  au 
S.-O.  du  quartier  général  du  bataillon.  La  garnison  se  compose 
d'un  sergent,  Ouai-Ouei,  et  de  40  hommes.  Elle  n'a  pas  d'eflFectifs 
détachés  dans  des  postes  secondaires  T'ang  ou  Pao  (^)- 
3°  Le  Bataillon  de  gauche  Tso-Ying,  de  la  Brigade  de  Lieou-K'ing, 
Lieou-K'ing-Tchen-Piao  (  ^P  )^  ^  >^  ),  brigade  de  Lieou- 
Tcheou-Fou  et  de  K'ing- Yuan-Fou. 

Dans  le  courant  de  la  12"^^  année  de  la  période  Kouang-Siu 
(1886),  le  bataillon  de  gauche  Tso-Ying,  des  troupes  placées 
sous  le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  province, 
devint  le  bataillon  de  gauche  de  la  brigade  de  Lieou-K'ing. 

Ce  bataillon  comprend  actuellement  un  efiectif  de  271  ofiS- 
ciers,  sous-oflBciers  et  soldats. 

Sur  cet  effectif  total,  16  officiers  et  sous-officiers  résident 
dans  la  cité  de  Lieou-Tcheou-Fou  et  se  décomposent  de  la 
façon  suivante. 

Un  commandant  Yeou-Ki  (j^^);  un  capitaine  en  second 
Cheou-pei  (tJ'  ^  )'.  2  lieutenants  Ts'ien-Tsong  (-^  ^)i  quatre 
adjudants,  Pa-Tsong,  5  sergents  et  caporaux,  3  soldats  de  V^ 
classe,  Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,  15  cavaliers  de  combat,  96  fantassins 
de  combat  et  64  Cheou-Ping.  Le  reste  de  ce  bataillon  soit  5 
officiers  et  sous-offîoiers  et  75  soldats  est  réparti  en  garuisons 
dans  5  postes  ou  Sin  de  la  façon  suivante. 


22  J.    BEAÜVATS. 

1°  Poste  de  Lo-Yong-Sin  (^^#01).  un  sous-officier 
chef  de  poste;  12  fantassins  de  combat;  8  Cheou-Ping. 

2°  Postes  de  Lo-Keou-Siu  {^^^  ^  {^)  et  de  Kao-Ling-Sin 
(  1^  ^  J^).  Un  sous-officier  chef  de  poste,  9  fantassins  de 
combat  et  6  Cheou-Ping. 

3°  Poste  .de  Tchong-Tou-Sin  (4*  1®  ^)'  Un  sous-officier 
chef  de  poste,  6  fantassins  de  combat  et  4  Cheou-Ping. 

4°  Poste  de  Siaog-Tcheou-Sin  (  ^  fl^  ^  )•  Un  sous-officier 
chef  de  poste,  12  fantassins  de  combat  et  8  Cheou-Ping. 

5°  Poste  de  Ta-Yo-Siun  {^  ^  '^).   Un   sous-officier  chef 
de  poste,  6  fantassins  de  combat  et  4  Cheou-Ping. 
4°  Le   bataillon  de  droite  Yeou-Yïng  (  "^  ^  )  des  troupes  placées 
sous  le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  province. 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  un  effectif  de  866 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  de  726  sous-officiers  et  soldats, 
se  décomposant  eu  5  sergents  et  caporaux,  3  soldats  de  P^  classe, 
69  cavaliers,  476  fantassins  et  1 73  Cheou-Ping. 

Sur  cet  effectif  total,  390  hommes  sont  cantonnés  dans  la 
cité  de  Lieou-Tcheou-Fou,  dont  ils  assurent  la  défense. 

Un  adjudant,  commandant  les  postes  de  rivière,  Chouei-Sin 
(^  ^)  a  avec  lui  135  hommes  répartis  dans  ces  différents 
postes.  Enfin  un  sergent  et  200  hommes  tiennent  garnison 
dans  un  seul  poste  ou  Sin  de  la  façon  suivante. 

Poste  de  Lieou-Tch'eng-Sin  (  t||J  l^ß  ^  )•  H  défend  la  cité 
de  Lieou-Tch'eng-Hien  et  se  trouve  à  80  lis  au  N.-O.  du 
quartier  général  du  bataillon  (Lieou-Tcheou-Pou);  un  adjudant 
et  50  hommes  résident  dans  la  cité,  le  reste,  soit  149  hommes, 
est  réparti  dans  les  différents  T'ang  ou  Pao  qui  dépendent  de 
ce  Sin. 
5°  Bataillon  de  droite  Yeou-Ying,  de  la  brigade  de  Lieou-K'ing, 
Lieou-K'iug-Tchen-Piao. 


KOl'ANO-SI,  23 

Durant  la  12'"®  année  de  la  période  Kouang-Siu  1886,  le 
bataillon  de  droite,  Yeou-Yiog  des  troupes  placées  sous  le 
commandement  du  Général  en  chef  de  la  province,  devint  le 
bataillon  de  droite  de  la  brigade  de  Lieou-K'ing. 

Ce  bataillon  comprend  actuellement  un  effectif  de  211  offi- 
ciera, sous-officiers  et  soldats.  Sur  cet  effectif  total,  16  officiers 
et  sous-officiers  et  125  soldats  résident  en  garnison  dans  la 
cité  de  Lieou-Tcheou-Fou,  se  décomposant  de  la  façon  suivante: 
un  commandant  Yeou-Ki,  un  capitaine  en  second  Cheou-Pei, 
deux  lieutenants  Ts'ien-Tsong,  quatre  adjudants  Pa-tsong,  5 
sergent  et  caporaux,  trois  soldats  de  1"  classe  Ngo-Ouai-Ouai- 
Ouei,  12  cavaliers  de  combat,  69  hommes  d'infanterie  de  combat 
et  44  Cheou-Ping. 

5  sous-officiers  et  65  hommes  sont  répartis  de  la  façon  sui- 
vante dans  5  postes  ou  Sin. 

1°  Poste  de  Lieou-Tch'eng-Sin  (  ^p  |^  ^  ).  Un  sous-officier 
chef  de  poste,  12  soldats  de  combat,  8  Cheou-Ping. 

2°  Poste  de  T'ai-P'ing-Sin  (:fc^îJl).  Un  sous-officier 
chef  de  poste,  5  soldats  de  combat,  5  Cheou-Ping. 

3°  Poste  de  Ou-Tou-Siu  (  5£  ^  ^  ).  Un  sous-officier  chef 
de  poste,  12  soldats  de  combat,  8  Cheou-Ping. 

4°  Poste  de  Lieou-Chan-Sin  (  ^  [Jj  ^  ).  Un  sous-officier 
chef  de  poste.  , 

5°  Postes  de  San-Tou-Sin    (  H  f|$  ÉR  )  et  de  Ki-Kong-Sin 
(  ^  ^  »^  )•  Un  sous-officier  chef  de  poste,  9  soldats  de  combat 
et  6  Cheou-Ping. 
6°  Bataillon  d'avant  garde.  Ts'ien-Yiug  (  "^  ^  )  des  troupes  placées 
sous  le  commandement  du  Général  eu  chef  de  la  province. 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  un  effectif  de  866 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  de  725  sous-officiers  et  soldats, 
se  décomposant  en  6  sergents  et  caporaux,  3  soldats  de  V^  classe, 


24  J.    BBAUVAIS. 

Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,     68     cavaliers,     475     fantassins,     et     173 
Cheou-Piog. 

Sur  cet  effectif  total  498  hommes  sont  cantonnés  dans  la 
cité  de  Lieou-Tcheou-Fou  pour  sa  défense  et  228  sont  répartis 
comme  garnisons  dans  2  postes  ou  Sin  de  la  façon  suivante: 

1°  Poste  de  Tch'oan-Chan-Sin  (  ^  |1|  ^  )  à  80  lis  de 
distance  du  quartier  général  du  bataillon  (Lieou-Tcheou-Fou). 
Il  comporte  un  adjudant,  Pa~Tsong,  et  40  hommes  de  garnison; 
83  autres  hommes  sont  répartis  dans  chacun  des  T'ang  qui  dé- 
pendent de  ce  Sin. 

Dans  le  courant  de  la  12™^  année  de  la  période  Kouang-Siu 
(1886),  les  officiers,  sous-officiers  et  soldats  du  bataillon  d'avant 
garde,  Ts'ien-Ying  des  troupes  placées  sous  le  commandement 
du  Général  en  chef  de  la  province  ont  été  licenciés  par  ordre 
supérieur. 
7°  Bataillon  d'arrière-garde  Heou-Ying  (  ^  '^  ),  des  troupes  pla- 
cées sous  le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  province. 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  un  effectif  de  866 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  de  725  sous-officiers  et  soldats, 
se  décomposant  en  6  sergents  et  caporaux,  3  soldats  de  l^""®  classe, 
Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,  68  cavaliers,  475  fantassins,  et  173 
Cheou-Ping. 

Sur  cet  effectif  total,  462  hommes  sont  cantonnés  dans  la 
cité  de  Lieou-Tcheou-Fou,  pour  sa  défense.  Un  adjudant,  Pa- 
Tsong,  commandant  les  postes  de  rivière  Chouei-Sin,  a  avec 
lui  136  hommes  répartis  dans  ces  différents  postes  et  enfin  127 
hommes  tiennent  garnison  dans  un  seul  poste  ou  Sin,  de  la 
façon  suivante. 

Poste  de  Siang-Tcheou-Sin  (^  ^  ^)-  H  défend  la  cité 
de  Siang-Tcheou  et  est  éloigné  de  160  lis  du  quartier  général 
du  bataillon  (Lieou-Tcheou-Fou).  Il  comprend  un  adjudant  Pa- 


KOUANO-SI.  25 

tsong  et  72  hommes,  55  autres  soldats  sont  répartis  dans  cha- 
cun des  autres  postes  ou  T'ang  qui  dépendent  de  ce  Sin. 

Durant  la  12"^^  année  Kouang-Siu  (1886)  les  officiers,  sous- 
officiers  et  soldats  du  bataillon  d'arrière-garde  des  troupes  pla- 
cées sous  le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  province, 
ont  été  licenciés  par  ordre  supérieur. 
8°  Le  bataillon  de  garde  de  la  cité  de  Lieou-Tcheou-Fou,  Lieou- 
Tcheou-Tch'eng-Cheou-Ying  (^p  îlfl  ^  "'J'  *^  )'  ^®^  troupes 
placées  sous  le  commandement  du  Général  en  chef  de  la  province. 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  un  efîectif  de  150 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  de  329  sous-officiers  et  soldats, 
ainsi  décomposé.  Un  caporal  Ouai-Ouei-Pa-Tsong,  2  soldats  de 
1*^°  classe,  Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,  huit  cavaliers,  139  fantassins, 
179  Cheou-Ping. 

Le    bataillon    complet    réside    en    garnison   dans    la   cité  de 
Lieou-Tcheou-Pou.  Il  n'envoie  de  détachement  dans  aucun  poste 
extérieur. 
9°  Le  bataillon  de  garde  de  la  cité,  Tch'eng-Cheou-Ying  (  ^  -»J'  «^  ) 
de  la  brigade  de  Lieou-K'ing,  Lieou-K'ing-Tchen-Piao. 

Durant  la  12™®  année  Kouang-Siu  (1886)  le  bataillon  de  garde 
de  la  cité  de  Lieou-Tcheou-Fou  dépendant  des  troupes  placées 
BOUS  le  commandement  direct  du  Général  en  chef  de  la  pro- 
vince devint  le  bataillon  de  garde  de  la  cité  de  la  brigade  de 
Lieou-K'ing,  Lieou-K'ing-Tchen-Piao-Tch'eng-Cheou-Ying. 

Son  effectif  est  de  161  officiers,  sous-officiers  et  soldats.  Sur 
cet  effectif,  9  officiers  et  sous-officiers  et  125  hommes  résident 
eu  garnison  dans  la  ville  de  Lieou-Tcheou-Fou  dont  ils  assurent 
la  défense.  Ce  contingent  se  décompose  en:  1  capitaine  en  P"^, 
Tou-seu  (^^);  1  lieutenant,  Ts'ien-Tsong;  2  adjudants, 
Pa-Tsong;  1  sergent,  Ouai-Ouei-Ts'ien-Tsong;  1  caporal,  Ouai- 
Ouei-Pii-Tsoug;    3   premiers  soldats,   Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,   neuf 


26  J.    BE  AU  VA  IS. 

cavaliers  de  combat;  70  fantassins  de  combat  et  46  Oheou-Ping. 

ÜU  autre  contingent  de  2  sous-officiers  et  de  25  hommes  est 
réparti  dans  2  postes,  ou  Sin,  de  la  façon  suivante: 

1°  Poste  de  Pai-Cha-Sin  (  ÉI  fcJ^  ^  )'  ^^  sous-officier  chef 
de  poste,  9  fantassins  de  combat  et  6  Cheou-Ping. 

2°  Poste  de  Tch'oan-Chan-Sin  (  ^  UJ  'X  ),  1  soldat  de 
l^""^  classe,  Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,  6  fantassins  de  combat  et  4 
Cheou-Ping. 
10°  Bataillon  de  Yong-Houai  (Yong-Houai-Ying  ^4*^©),  ou 
bataillon  de  Yong-Hien  (JÈ^)  et  de  Houai-Yuen-Hien  ('^ 
^  ^  ).  Ce  bataillon  comportait  originairement  un  effectif  de 
624  hommes.  Son  effectif  actuel  est.  de  717  sous-officiers  et 
soldats,  se  décomposant  ainsi:  6  sergents  et  caporaux,  14  cava- 
liers, 247  fantassins,  450  Cheou-Ping. 

Sur  cet  effectif  107  hommes,  résident  dans  la  cité  de  Houai- 
Yuen-Hien,  quartier  général  du  bataillon  à  330  lis  au  N.  de 
Lieou-Tcheou-Fou,  et  131  hommes  sont  détachés  dans  chacun 
des  postes  ou  T'ang  des  rivières  ou  des  routes  de  terre  qui  en 
dépendent.  Un  autre  détachement  de  3  sergents  et  caporaux, 
476  soldats,  est  réparti  comme  garnisons  de  la  façon  suivante 
dans  cinq  postes  ou  Sin. 

V  Le  poste  de  Chen-K'eou-Sin  {f)iP'^)a,  190  lis  du 
quartier  général  du  bataillon.  Il  se  compose  d'un  adjudant  Pa- 
Tsong,  et  de  8  hommes.  A  ce  poste  appartiennent  également 
62  soldats  disséminés  dans  les  T'ang  fluviaux  et  postes  des 
routes  de  terre  qui  en  dépendent. 

2°  Le  poste  de  Cheu-Pei-Sin  (5|ï$'^)  à  235  lis  du 
quartier  général  du  bataillon,  il  se  compose  d'un  sergent  et  de 
12  hommes.  A  ce  poste  appartiennent  également  26  soldats  dissé- 
minés dans  3  T'ang  fluviaux  ou  K'ia  (  ~fc  )  des  routes  de  terre. 

3°  Le  poste  de  Yong-Hien-Sin  (  |4  ^  '^  )•    C'est  la  gar- 


K0UAIIH-8I.  27 

nison  de  la  cité  de  Yong-Hien,  à  90  lis  au  S.  du  quartier 
général  du  bataillon.  Il  se  compose  d'un  adjudant,  Pa-Tsong,  2 
sergents  ou  caporaux  et  135  soldats.  52  autres  hommes  appar- 
tenant à  ce  poste  sout  détachés  dans  les  T'ang  des  rivières  ou 
dès  routes  de  terre  qui  relèvent  de  ce  même  poste. 

4°  Le  poste  de  Lo-Tch'eng-Sin  (  H  ^ffi  ^  ).  C'est  la  gar- 
nison défensive  de  la  cité  de  Lo-Tch'eng-Hien  à  230  lis  au 
S.  du  quartier  général  du  bataillon.  Son  e£Pectif  se  compose 
de  1  lieutenant  Ts'ien-Tsong  et  de  28  hommes.  Il  comprend  en 
plus  57  hommes  répartis  dans  chacun  des  T'ang  qui  dépendent 
du  poste. 

5'  Le  poste  de  T'ong-Tao-Sin  (ig^  ^)  à  160  lis  du 
poste  de  Lo-Tch'eng-Sin.  Il  se  compose  d'un  adjudant  Pa-Tsong 
et  de  86  hommes  répartis  dans  chacun  des  T'ang  qui  dépendent 
du  poste. 

Soldats  aborigènes. 

Lo-yong  (g^^),  un  T'ou-cho  (±^)  ou  (?);  3  Pao-mou 
(^  ^  )  ou  chefs  de  Pao,  petits  postes  fortifiés,  et  265  soldats 
répartis  dans  ces  Pao,  auxquels  sont  attribués  des  terres  d'une  super- 
ficie de  897  meous. 

Lo-Tch'eug  (^  |^)>  1^  P*o  ou  postes,  15  Pao-mou  ou  chefs 
de  poste,  dans  lesquels  sout  répartis  210  hommes.  Les  terrains 
attribués  aux  Pao,  ont  une  superficie  de  2987  meous. 

Lieou-Tch'eng  (^p  '^)i  21  postes  ou  Pao,  21  chefs  de  Pao  ou 
Pao-mou,  dans  lesquels  sont  répartis  212  hommes.  Les  terrains 
attribués  aux  Pao  ont  une  superficie  de  5197  meous. 

Yong-Hien  (  ^$  ^  ),  2  Pao  ou  postes,  2  Pao-mou  ou  chefs  de 
Pao,  14  soldats  sont  répartis  dans  ces  2  Pao,  auxquels  sont  attri- 
bués des  terres  d'une  superficie  de  178  meous. 


I 


28  J,    BEAU  VAIS. 

Milices  régionales.  Min-Tchouang  (ß^). 

Ma-P'ing  {]^  ^)  40  hommes,  tous  exercés  au  fusil  de  chasse. 

Lo-Yong  38  hommes,  sur  lesquels  5  sont  exercés  au  fusil  de 
chasse  et  le  reste  au  tir  de  l'arc  et  au  maniement  du  sabre  et  de 
la  lance. 

Lo-Tch*eng  28  hommes  tous  exercés  au  fusil  de  chasse. 

Houai-Yuen  24  hommes,  12  sont  exercés  au  fusil  de  chasse  et 
le  reste  au  sabre  et  à  la  lance. 

Yong-Hien  24  hommes,  tous  exercés  au  fusil  de  chasse. 

Siang-Tcheou  28  hommes,  15  sont  exercés  au  fusil  de  chasse, 
le  reste  est  exercé  au  tir  de  Tare  et  au  maniement  de  la  grande  lance. 

Lai- Pin  40  hommes,  35  sont  exercés  au  fusil  de  chasse,  le  reste 
est  exercé  au  tir  de  l'arc. 

Produit  des  Impôts. 

La  totalité  de  l'Impôt  sur  le  riz,  dans  toute  l'étendue  de  la 
Préfecture,  est  en  nature  de  23028  cheu,  4  teou,  5  cheng,  7  ho  et 
7  cho  (soit  environ  1.381.680  kilogrammes). 

Dans  ce  total  le  riz  de  l^^e  qualité  Peuu-Cho-Mi  (2|S  Ê  7|t) 
entre  pour  11166  cheu,  5  teou,  4  cheng.  Le  reste  est  composé  de 
riz  de  qualité  inférieure,  Tcho-Cho-Mi  (^  Ê  ^)- 

Le  produit  total  de  l'Impôt  foncier,  Ti-ting-yin  (  i^J^  ~J^  ^  ) 
s'élève  à  19584  taëls  d'argent,  trois  ts'ien,  six  feun,  trois  li.  Dans 
les  années  qui  renferment  un  treizième  mois  intercalaire,  le  pro- 
duit de  l'Impôt  foncier  augmente  de  1104  taëls  d'argent,  huit  ts'ien, 
six  feun,  six  li. 

Positions  stratégiques. 

La  préfecture  de  l^'  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou  forme  une  sorte 
de  ceinture  défeusive  aux  deux  pays  de-Tch'ou  (^),  province  du 


KOUANG-ai.  29 

Hou-Nan,  et  de  K'ien  (|^),  province  du  Kouei-Tcheou.  Elle  con- 
tient et  dirige  les  populations  sauvages  des  Man  (^).  Elle  eat 
entourée  de  montagnes  et  de  fleuves  et  constitue  une  aorte  de 
marche  frontière  éloignée.  Son  occupation  permet  d'anéautir  les 
mauvaises  influences  du  fleuve  K'ien-Kiaug  (||^'/X)  ^^  d'éteindre 
les  tours  à  fumée  placées  sur  les  montagnes  (ce  qui  signifie  que  la 
tranquillité  des  frontières  est  assurée). 

(à  suivre.) 


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VARIÉTÉS. 


Shichi  ko  Zöshikwan  no  uta. 


Sono  ichi, 

Satsuma  no  kuni  wa,  saikai  no  hin  ! 

Kenji  no  uinareshi  tokoro  )iari. 

Saigô  Nanshû,  Okubo  kötö  konochini 

umarete  tenka  wo  keieisu. 

Yama  wa  takashi:  kaimon  '), 

Mizu  wa  kiyoshi:  kinkô'). 

Sono  yama  ni  nozomi, 

Sono  mizu  ni  yokushi, 

Kogö  wo  tsuikwai  su. 

Ware  ra  tanoshi  ya. 

Hippu  kokorozashi  wo  tateru  ya 

Sangun  mo  ubônashi. 

Senri  no  gaku  to  ni  tabisuru  wagasomo. 

Anjô  no  shosatsu  yama  nasu  totemo, 

Senjin  no  ato  wo  tadorite  susurai 

Kakuse  zo  kotaeu  kimi  ga  megumi  ni. 


Sono 


m. 


Satsuma  no  kuni  wa,  kyushû  no  ten 

Seiki  no  yadorishi  tokoro  nari. 

Tenshô  no  eki  '),  bôshin  no  hen  ♦) 

Tai  ko  wo  sasae  •)  ôji  ni  tsutomu  ♦). 

Matsu  wa  aoshi  kqjô, 

Naroi  wa  shiroshi  liowan. 

Sono  matsu  ni  utai, 

Sono  nami  ni  ukabi, 

Ôji  wo  tsukwai  su 

Warera  tanoshi  ya 

Hippu  kokorozashi  wo  tateru  ya 

Sangun  mo  ubônashi. 

Banri  no  seito  ni  tabisuru"  wagatomo, 

Batto  ')  wo  kata  ni,  ôru  ')  wo  totte, 

mi  wo  kintetsu  to  kitaïte  susumi 

Kakute  zo  agenan  waga  ko  no  homare  wo. 


lÂed  der  Daishichi  Kotôgakko  Zoshikwan. 
(von  Prof.  Tnjimnra,  kokngakasha  der  Schule,  übersetzt  von  Dr.  Gramatzky.) 


1. 

Satsumaland  am  Strande  der  Westsee! 
Recken  gebarst  du:  Okubo,  Saigö. 
Des  Reiches  Führer  waren  sie. 
Himmelwärts  strebend    raget  das  See- 
thor. 
Wasser  krystallrein   ziert  die  Brokat- 

bucht. 
Schaun  wir  den  Kairaon,  baden  im  Meer 

wir. 
Auf  unsrem   Schreibtisch   türmen  sich 

Bände, 
Doch  hehrem  Ahnen  Beispiel,  dem 
Lasst   folgen   uns,  und  vorwärts  geh 's, 
Treu  dem  geliebten  Herrn. 


2. 

Satsumaland  im  äussei"sten  Kyüshü! 
Dir  wurden  Söhne  hellen  Verstandes, 
Vor  Taikö  furchtlos,  dem  Kaiser  treu. 
Kiefern,  sie  grünen  um  deine  Burgen, 
Wellen  zieh'n  silbern  durch  deinen  Hafen. 
Singend    im    Walde,    im    Nachen    uns 
schaukelnd, 
Vergangner  Zeiten  denken  wir. 
Uns  geht  das  Herz  auf,  voller  Lust. 
Auchfder  gemeine  Mann,  er  kann  wollen; 
Eiserner  Wille  lässt  sich  nicht  beugen. 
Studien  weg  endlos,  dir  gilt  die  Reise. 
Schläger  und  Ruder  stählen  den  Körper, 
Wir  üben  uns  und  lernen  es. 
Dann  vorwärts  geh's,  und  laut  erschalP 
Unserer  Schule  Ruhm! 


^i 


g«5- 


1)  Der  Kaimondake  (am  Eingang  der  Kagoshimabucht),  gewöhnlich 

schrieben,  hier    y|^  p"  . 

2)  Dichterischer  Name  für  die  Kagoshimabucht,   Kagoshima  no  wan. 

3)  Cfr.  den  interessanten  Aufsatz  v.  Gnbbins:  "Hideyoshi  and  the  Satsuma  Clan  in  the 
16th  century"  Trans.  Vol.  Vlll. 

4)  I),  i.  Meiji  gwannen,  am  Anfang  der  Periode   Meiji 

5)  =  bat  (an.),  der  Ballschlnger  beim  amerikanischen   Bascballspiel. 

6)  =  oar!  (engl.). 


32 


VARIETES. 


TRAITE  ANGLO- JAPON  AIS. 


Londres,  Il  février.  —  Le  Foreign 
Office  publie  le  texte  suivant  d'un  traité 
entre  l'Angleterre  et  le  Japon,  signé  à 
Londres  par  lord  Lansdowne  et  M.  Ha- 
yashi,  envoyé  extraordinaire  et  ministre 
pléni))otentiaire  de  S.  M.  l'empereur  du 
Japon  à  la  cour  de  Saint-James. 

Les  gouvernements  de  la  Grande- 
Bretagne  et  du  Japon,  mus  par  le  seul 
désir  de  maintenir  le  statu  quo  et  la  paix 
générale  en  Extrême-Orient,  et  en  outre 
spécialement  intéressés  à  maintenir  l'in- 
dépendance de  l'empire  de  la  Chine  et 
de  l'empire  ^e  la  Corée  et  à  assurer  des 
facilités  égales  dans  ces  deux  pays  au 
commerce  et  -à  l'industrie  de  toutes  les 
nations,  conviennent  par  les  présentes 
ce  qui  suit: 

LE  TEXTE   DU   TRAITÉ. 

Article  premier.  —  Les  hautes  parties 
contractantes  ayant  mutuellement  re- 
connu l'indépendance  de  la  Chine  et  de 
la  Corée,  se  déclarent  entièrement  dé- 
gagées de  toute  tendance  agressive  con- 
tre l'un  ou  l'autre  de  ces  deux  pays. 

Ayant  en  vue  toutefois  leurs  intérêts 
spéciaux,  dont  ceux  de  la  Grande- 
Bretagne  se  réfèrent  principalement  à  la 
Chine,  tandis  que  le  Japon,  en  outre  des 
intérêts  qu'il  possède  en  Chine,  est  inté- 
ressé à  un  degré  particulier  au  point  de 
vue  politique  aussi  bien  que  commercial 
et  industriel  en  Corée,  les  hautes  parties 
contractantes  reconnaissent  qu'il  sera 
permis  à  toutes  deux  de  prendre  telles 
mesures  qui  pourront  être  indispensables 
en  vue  de  sauvegarder  ces  intérêts  s'ils 
sont  menacés  soit  par  l'action  agressive 


de  toute  autre  puissance,  soit  par  des 
troubles  en  Chine  ou  en  Corée,  et  né- 
cessitant l'intervention  d'une  des  deux 
hautes  parties  contractantes  pour  la  pro- 
tection de  la  vie  et  des  biens  de  ses 
sujets. 

Art.  2.  —  Si  la  Grande-Bretagne  ou 
le  Japon,  pour  la  défense  des  intérêts 
respectifs  ci-dessus  décrits,  était  impliqué 
dans  une  guerre  avec  une  autre  puis- 
sance, l'autre  partie  contractante  gardera 
une  stricte  neutralité  et  fe)'a  ses  efforts 
pour  empêcher  d'autres  puissances  de 
prendi-e  part  aux  hostilités  contre  son 
allié. 

Art.  3.  —  Si  dans  le  cas  précité,  toute 
autre  puissance  ou  toutes  autres  puis- 
sances prenaient  part  aux  hostilités  con- 
tre ladite  alliée,  l'autre  partie  contrac- 
tante viendra  à  son  aide  et  fera  la  guerre 
en  commun  avec  elle  et  concluera  la  paix 
d'un  commun  accord. 

Art.  4.  —  Les  hautes  parties  contrac- 
tantes conviennent  que  ni  l'une  ni  l'autre 
ne  concluera  sans  consulter  l'autre,  d'ac- 
cord séparé  avec  une  auti*e  puissance,  au 
préjudice  des  intérêts  ci-dessus  décrits. 

Art.  5.  —  Toutes  les  fois  que  de  l'avis, 
soit  de  la  Grande-Bretagne,  soit  du  Japon, 
les  intérêts  ci-dessus  mentionnés  seront 
en  péril,  les  deux  gouvernements  com- 
muniqueront l'un  avec  l'autre  pleinement 
et  franchement. 

Art.  6.  —  Le  présent  traité  devra 
entrer  en  vigueur  aussitôt  après  la  date 
de  sa  signature  et  rester  effectif  pendant 
cinq  ans  à  partir  de  cette  date.  Dans  le 
caig  où  ni  l'une  ni  l'autre  des  deux  hautes 
parties    contractantes    n'aui-ait    notifié 


VARIETK8. 


BS 


douze  mois  avant  l'expiration  de  ces  cinq 
années  l'intention  d'y  mettre  fin,  le 
présent  traité  devra  les  lier  jusqu'à  ce 
que  l'une  ou  l'autre  des  deux  parties 
contractantes  l'aura  dénonce.  Mais  si 
quand  arrivera  la  date  fixée  pour  son 
expiration,  l'une  ou  l'autre  alliée  est 
engagée  dans  une  guerre,  l'iilliance  devra 
«ipso  facto»  continuer  jusqu'à  ce  que  la 
paix  soit  conclue. 

En  foi  de  quoi,  les  soussignés  dûment 
autorisés  par  leui-s  gouvernements  res- 
pectifs, ont  signé  ce  traité  et  y  ont  apposé 
leurs  sceaux. 

Fait  en  double  à  Londres,  le  30  janvier 
1902. 

Suivent  les  signatures. 

Le  texte  de  ce  traité  est  adressé  par 
le  marquis  de  Lansdowne  à  sir  Claude 
Mac-Donald,  ministre  d'Angleterre  à 
Tokio  dans  une  lettre  datée  du  Foreign- 
Office,  30  janvier  1902. 

Le  secrétaire  d'Etat  y  déclare  que 
ce  traité  peut  être  regardé  comme  le 
résultat  des  événements  qui  ont  eu  lieu 


pendant  les  deux  dernières  années  en 
Extrême-Orient  et  de  la  part  que  la 
Grande-Bretagne  et  le  Japon  y  ont  prise. 
Les  deux  puissances  ont  agi  dans  des 
vues  similaires. 

Lord  Lansdowne  attire  spécialement 
l'attention  du  ministre  sur  les  articles 
2  et  3. 

Il  ajoute  que  le  gouvernement  anglais 
s'est  décidé  à  conclure  ce  traité  avec  la 
conviction  qu'il  ne  contient  aucuneclause 
qui  puisse  être  regardée  comme  une 
indication  de  tendance  agressive  ou 
égoïste  dans  les  régions  auxquelles  il 
s'applique.  C'est  une  mesure  de  pré- 
caution pour  la  défense  d'importants 
intérêts  anglais  et  ne  menace  aucune- 
ment la  position  actuelle  ou  les  intérêts 
légitimes  d'autres  puissances.  Il  conclut: 

Le  Gouvernement  de  Sa  Majesté  espère 
que  le  traité  pourra  tounier  au  mutuel 
avantage  des  deux  pays,  qu'il  contribuera 
au  maintien  de  la  paix,  et  dans  le  cas 
où  celle-ci  serait  malheureusement  rom- 
pue, qu'il  aura  pour  effet  de  restreindre 
le  champ  des  hostilités. 


UNE  HISTOIRE  DE  L'ART  JAPONAIS. 


LA   OOLLEOTION   HAYASHI. 


Tous  les  amateurs,  tous  les  curieux 
connaissaient,  bien  avant  l'Exposition  de 
1900,  cette  collection  Hayashi  qui  va, 
d'ici  quelques  jours,  s'égrener  sous  le  feu 
des  enchères  et  semer  un  peu  partout  la 
fleur  d'art  si  patiemment  et  si  amoureu- 
sement réunie  par  le  plus  opiniâtre  et  le 
mieux  renseigné  des  chercheurs. 

Avant  d'être,  à  l'Exposition  de  1900, 
en   qualité  de  commissaire  général  du 


son  pays,  M.  Hayashi  s'était  créé  à  Paiis, 
comme  importateur  d'objets  d'art  ancien 
japonais,  une  clientèle  aussi  difilcile  en 
fait  de  goût  qu'éclairée.  C'est  grâce  à  lui, 
à  cette  documentation  si  complète  que, 
le  premier,  il  avait  su  réunir  et  qu'il 
mettait,  avec  une  libéralité  enthousiaste, 
au  service  de  tous,  amateurs  ou  japoni- 
sant<<,  que  nos  idées  ont  commencé  peu  à 
peu  à  se  faire  plus  précises  et  plus  justes 


Japon,   le  représentant  des  intéi-êts  de  |  en  ce  qui  concerne  l'histoire  de  cet  art, 

8 


34 


apprécié  chez  nous  depuis  des  siècles, 
mais  aussi  peu  connu  que  possible,  et 
surtout  dans  ses  origines,  les  Japonais 
eux-mêmes  s'étant  mis  les  derniers  à 
l'étude  et  n'ayant  commencé  que  depuis 
une  trentaine  d'années  à  remonter  aux 
sources  authentiques  et  à  classer  scienti- 
fiquement leurs  richesses. 

En  même  temps  qu'il  familiarisait 
davantage  les  nôtres  avec  l'histoire  du 
peuple  japonais  et  de  son  art,  M.  Hayashi 
servait  d'intermédiaire  à  ses  concitoyens 
pour  leur  faire  connaître  et  goûter  nos 
productions  à  nous  et,  par  comparaison 
avec  les  travaux  de  nos  artistes,  stimuler 
au  Japon  le  sentiment  artistique  en- 
dormi, enlizé  sous  la  tradition  et  figé 
dans  des  formules  stériles  autant  que 
conventionnelles.  La  rénovation  des  éco- 
les d'art  japonaises  dont  nous  avons 
admiré,  à  l'Exposition  de  1900,  l'en- 
seignement vivant  et  pratique  est  pour 
beaucoup  son  œuvre,  et  le  regain  d'ac- 
tivité constaté,  à  cette  heure,  dans  les 
arts  du  dessin  au  Japon  ne  doit  pas  peu 
à  l'initiative  hardie  de  cet  homme  qui 
eut  l'audace,  naguère,  d'offrir  à  ses 
compatriotes,  comme  modèles,  les  com- 
positions si  justes  d'effet,  si  enlevées  et 
d'un  accent  de  vie  si  puissant  de  Paul 
Renouard. 

Même  succès  en  ce  qui  concerne  la 
contribution  si  remarquée  du  Japon  à 
notre  Exposition  dans  le  domaine  de 
l'art  rétrospectif.  On  peut  dire,  sans 
crainte  de  se  tromper,  que,  si  le  gou- 
vernement japonais  se  décida  à  faire 
sortir  des  palais  impériaux,  des  musées 
et  des  temples  les  pièces  d'exception  qui 
attirèrent,  dans  son  pavillon  du  Troca- 
déro,  tant  de  curieux  et  qui  furent  une 
révélation  pour  nous  tous,  s'il  eut  l'heu*- 


reuse  idée,  d'autre  part,  d'accompagner 
cette  Exposition  d'un  travail  d'ensemble 
où  l'art  ancien  du  Japon  était  étudié, 
dans  ses  plus  lointaines  origines,  avec  un 
soin  scrupuleux,  commenté,  par  tout  un 
peuple  d'érudits,  avec  sagacité,  illustré 
enfin  de  reproductions  d'une  richesse 
inouïe,  c'est  à  M.  Hayashi  que,  nous 
autres  Occidentaux,  nous  le  devons. 

Qu'un  tel  homme  ait  pu,  pour  son 
compte  personnel,  réunir,  après  les  avoir 
identifiés,  tant  de  chefs-d'œuvre  créés 
dans  tous  les  genres  d'art  au  Japon,  et  à 
toutes  les  époques  de  cet  art,  qu'il  n'ait 
rien  admis  dans  sa  collection  que  d'au- 
thentique, d'original  et  de  hautement 
savoureux,  cela  s'explique,  et  c'est  pour- 
quoi, depuis  que  l'exposition  s'est  ouverte, 
22,  rue  de  Provence,  chez  M.  Bing,  un 
public  aussi  varié  que  nombreux  l'étudié 
avec  une  surprise  qui  confine  à  l'extase. 

C'est  la  première  fois,  en  effet,  l'Ex- 
position de  1900  mise  à  part,  que  nous 
nous  voyons  à  même  de  suivre,  dans  un 
ensemble  d'où  pas  une  forme  d'art  n'est 
absente,  et  où  toutes  les  séries  sont 
représentées  par  des  pièces  maîtresses, 
l'histoire  complète  du  sentiment  artisti- 
que au  Japon,  depuis  les  premières 
ébauches  de  ses  potiers,  de  ses  sculpteurs 
et  de  ses  peintres,  jusqu'aux  créations  les 
plus  personnelles  et  aux  manifestations 
les  plus  décisives  des  maîtres  du  dix- 
septième,  du  dix-huitième  et  de  la  pre- 
mière moitié  du  dix-neuvième  siècle. 

Même  pour  les  connaisseurs,  à  l'expo- 
sition del  900,  le  fil  conducteur  manquait. 
Faute  d'un  catalogue  où  toutes  les  pièces 
eussent  été  cotées  et  classées  par  rang 
d'âge  en  même  temps  que  par  école,  on 
fut  longtemps  dérouté.  Les  étiquettes  ne 
furent  posées  qu'à  la  longue.  On  commen- 


VARIÉTÉS. 


85 


f 


çait  à  peine  ù  n'y  recoiinuîtro  quand 
l'Exposition  se  ferma. 

Nous  sommes  suffisamment  armés  à 
présent. 

Grâce  à  la  publication  du  gouverne- 
ment japonais,  qui  fut  envoyée  gratuite- 
mont  à  tout  ce  que  Paris  compte  de 
connaisseurs  et  d'amis  éclairés  du  Japon, 
grâce  aussi  au  catalogue  dressé  avec 
autant  d'érudition  que  de  méthode  par 
M.  Hing,  nous  pouvons,  sans  que  la 
moindre  hésitation  nous  arrête,  suivre 
d'un  bout  à  l'autre  le  développement 
logique  et  les  modifications  successives  de 
cet  art  si  primesautier  et  si  riche.  Nous  le 
voyons,  au  neuvième  et  au  dixième  siècle, 
sous  une  influence  hindoue  très  marquée, 
conséquence  de  la  conversion  du  Japon 
au  bouddhisme.  L'influence  chinoise  le 
domine  durant  la  période  qui  a  suivi,  et 
qui  correspond  à  notre  moyen  âge.  Il  est 
définitivement  libéré,  en  pleine  possession 
de  lui-même,  à  partir  du  seizième  et  du 
dix-septième  siècle.  Et  tout  cela  se 
caractérise,  en  tête  de  chaque  section  par 
d'admirables  morceaux:  dans  les  sculp- 


tures, par  la  statuette  d'Apvara,  tout 
indienne  encore  de  mouvement  et  de 
style,  qui  est  du  dixième  siècle  (no  7), 
par  la  statue  en  bois  d'un  Bodhinatwa 
(neuvième  siècle,  n«  1),  par  la  figure  de 
prêtre  en  bois  peint,  si  expressive,  qui 
est  du  quatorzième  siècle  (n<'41);  dant> 
les  peintures,  par  trois  kakémonos,  les 
n"»"  1454,  1455  et  14G0,  qui  sont  des 
pièces  introuvables,  de  l'époque  chinoise, 
et  dont  un  surtout  le  n"  1454,  est  une 
incomparable  merveille,  évaluée  à  plus 
de  100,000  francs;  dans  les  laques,  par 
l'écriteire  (n«  IGl),  et  la  porte  de  (cabinet 
(n0167),  œuvres  de  toute  beauté,  portent 
la  signature  de  Kôrin,  etc.,  etc. 

Inutile,  quant  au  reste  de  citer.  Qu'il 
me  suffise  de  dire  que,  des  six  cents  pièces 
exposées,  aucune  n'est  indifférente  ou 
secondaire.  Tout  y  est  du  goût  le  plus 
exquis  et  le  plus  rare.  C'est  un  ensemble 
qu'il  faut  se  hâter  d'aller  voir;  on  n'en 
reverra  jamais  plus  l'équivalent.  C'est 
une  occasion  unique  de  s'instruire. 

THIÉBAULT-SISSON. 

{Temps,  17  Janvier  1902.) 


XIIP  CONGRES  INTERNATIONAL  DES  ORIENTALISTES. 


Nous  venons  de  recevoir  le  pi'emier 
bulletin  du  comité  d'organisation  du 
XllP'""  Congrès  international  des  Orien- 
talistes, qui  aura  lieu  du  4  au  10  Sep- 
tembre prochain  à  Hambourg. 

Pour  les  communications,  les  langues 
allemande,  anglaise,  française  et  latine 
seront  seules  admises. 

Le  Congrès  sera  divisé  dans  les  sections 
suivantes: 

1)  Linguistique,  Section  indogermani- 
que générale, 

2)  l'Inde  et  l'Iran, 


3)  l'Inde  postérieure  et  l'Océanie  (ex- 
trême Orient), 

4)  l'Asie  centrale  et  orientale, 

5)  Section  sémitique  généinle, 

6)  Section  islamite, 

7)  Langues  égyptienne  et  africaines, 

8)  Relations  mutuelles  entre  l'Orient 
et  l'Occident, 

à)  dans  l'Antiquité, 

b)  au  Moyen-âge  et   aux  époques 

modernes  (y  compris  les  études 

byzantines). 

9)  Section  coloniale. 


36 


VARIETES. 


La  dernière  section  a  été  créée,  car 
c'est 'justement  à  Hambourg  que  la  dis- 
cussion des  questions  coloniales  au  point 
de  vue  scientifique  intéressera  le  plus 
de  membres. 

Les  membres  du  Congrès  sont  priés 
d'envoyer  dans  le  plus  bref  délai, 
communication  au  seci'étaire  général, 
Mr.  le  docteur  F.  Sieveking,  Börsen- 
brûcke  2,  des  conférences  qu'ils  se  propo- 
sent de  faire,  avec  une  courte  notice  du 
contenu  et  des  thèses  proposées. 

Les  questions  et  débats  religieux  et 
politiques  sont  exclus. 

La   cotisation  est  de  20  Mark  pour 


chaque  membre  et  de  10  Mark  pour 
une  dame  appartenant  à  la  famille  du 
membre. 

On  pourra  se  procurer  la  carte  de 
membre  contre  remboursement  cViez  le 
trésorier  du  Congrès,  M.  Albrecht 
O'SwALD,  Grosse  Bleiche  22. 

Les  membres  sont  priés  de  faire  savoir 
au  comité  dans  quelle  section  ils  veulent 
être  inscrits. 

Pour  le  comité  : 

J.   G.   MöNCKEBERG. 

F.  Sieveking. 
Albr.  O'Swald 


NÉCROLOGIE. 


Professor  CARL  ABENDT. 

M.  le  Professor  Arendt  est  mort  à  Berlin  dans  la  nuit  du  29  au  30  Janvier 
dernier.  11  était  le  doyen  des  Professeurs  du  Séminaire  des  Langues  orientales 
où  il  enseignait  la  langue  chinoise  depuis  la  fondation  de  cet  établissement, 
après  avoir  été  le  premier  interprète  de  la  légation  d'Allemagne  à  Peking.  II 
Il   laissé   un  certain   nombre   d'ouvrages  ')  et  au  moment  de  sa  mort,  il  faisait 

1)  On  Chinese  Riddles.  {^Chinese  Becorder,  III,  p.  184.) 

—  Beiträge  zur  Kenutniss  der  Neuesten  chinesischen  Literatur  von  C.  Arendt.  (MUt.  d. 
Beut.  Ges.)  —  Yokohama,  Stes  Heft.,  Sept.  1875,  pp.  87—9,  etc. 

—  Das  schoene  Maedchen  von  Pao.  Eine  erzaehlung  aus  der  Geschichte  China's  im  Sten 
Jahrhundert  v.  Chr.  (aus  dem  Chinesischen  uebersetzt  von  C.  Arendt). 

Einleitung  des  Historischen  Romans  Geschichte  der  Fwratenhauemer  zur  Zeit  der  Oestli- 
chen  Chou. 

Publié  comme  supplément  au  No.  8  (Sept.  1875)  du  Recueil  de  la  société  allemande  de 
Yokohama. 

—  Chiang-yi's  Apologues  of  the  Fox  and  the  Tiger,  and  the  Dog.  By  C.  Arendt. 
(China  Review,  XII,  pp.  328 — 4.) 

—  Su-tai's  Apologue  of  the  Bittern  and  the  Moésel.  By  C.  Arendt.  {China  RMeto,  XU, 
pp.  362—3.) 

—  On  Chinese  Apologues.  By  C.  Arendt.  {China  Review,  XII,  pp.  407 — 412;  XIII,  pp. 
23—41.) 

—  C.  Arendt.  —  Moderne  chinesische  Tierfaheln  and  Schwanke.  {Zeit,  für  Volkskunde, 
I,  3,  pp.  325—334.) 

—  Bilder  aas  dem  häuslichen  und  familien-leben  der  Chinesen.  Von  Prof.  C.  Arendt, 
vormals  Dolmetscher  der  Kaiserlich  Deutschen  Gesandtschaft  in  Peking.  Mit  einem  Plane. 
Berlin.   H.  Reuther,  1888,  br.  in-8,  pp.  48. 

—  Peking  und  die  Westlichen  Berge.  Stadt-  und  I^andsehaftsbilder  aus  dem  Nördl.  China. 
Von  Prof.  C.  Arendt.  Mit  einem  Plan  von  Peking.  Mittk.  der  Geog.  Gesellschaft  in  Hamiutg, 
1889—90,  Hft.  I,  pp.  67—96.) 

—  YII    Handbuch   der    Nordchinesischen    Umgangssprache   mit   Eintchluss  der  Anfangs» 


38  néceologir. 

une  nouvelle  étude  des  Inscriptions  de  l'Orkhon  2).  Je  consacrerai  une  plus  lon- 
gue notice  à  ce  savant  distingué  dans  le  Sommaire  des  Etudes  Chinoises  que  je 
prépare  pour  le  Congrès  des  Orientalistes  à  Hambourg.  H.  C. 


PIERRE  HEUDE   ^  ^^  ^   ^«'^  P^'^^- 

Le  R.  P.  Heude  est  né  le  25  juin  1836;  il  entra  le  4  novembre  1856  dans 
la  Compagnie  de  Jésus  et  il  arriva  en  Chine  le  9  janvier  1868,  peu  de  semaines 
après  son  ami  le  R.  P.  A.  Pfister;  c'est  lui  qui  me  mit  en  rapport  avec  ce 
dernier  avec  lequel  j'ai  entretenu  jusqu'à  sa  mort  les  plus  affectueuses  relations-''). 
Le  P.  Heude  a  fait  de  nombreux  voyages  dans  l'intérieur  de  la  Chine,  en  par- 
ticulier dans  le  Kiang-Si;  il  a  visité  les  îles  Philippines,  toujours  en  vue  de  ses 
études  zoologiques;  c'est  au  cours  d'un  voyage  au  Tong-king  il  y  a  deux  ans 
qu'il  a  contracté  la  maladie  qui  l'a  emporté  à  Zi-ka-wei  le  3  janvier  dernier. 
On  peut  dire  que  le  R.  P.  Heude  est  le  créateur  de  la  série  des  Mémoires  œn- 
cernant  Vhistoire  naturelle  publiée  à  Zi-ka-wei  *).  Le  R.  P.  Heude  a  donné  dans 
ces  Mémoires  de  remarquables  Etudes  Odontologiques  dans  lesquelles  il  se  montre 

résolument  partisan  des  doctrines  anti-transformistes  de  Quatrefages.  Le  P.  Heude 

,n--\'i  au  '  i 


griinde  des  Neuchinesischefl  OfBcîellen  und  Briefstils,  von  Prof.  Carl  Arendt,...  Allgemeine 
Einleitung  in  das  chinesische  Sprachstudium  mit  einer  Karte.  Stuttgart  &  Berlin,  W.  Spe- 
mann,  1891,  in-8,  pp.  xxt— 535. 

—  Synchronistische  Regententahellen  zur  Geschichte  der  chinesischen  Dynastien.  Von  C. 
Arendt.  {Miii.  des  Seminars  für  Orient,  Sprachen,  Berlin,  1899,  Jahrg.  II,  Iste  Abth., 
pp.  152—250-,  ibid.,  1900,  Jahrg.  III,  Iste  Abth.,  pp.  1—164;  ibid.,  1901,  Jahrg.  IV, 
Iste  Abth,  pp.  114—170) 

2)  Studien  zur  chinesischen  Inschriftenkunde.  I.  Kültegin.  Ein  Beitrag  zur  Erklärung 
des  chinesischen  Textes  des  Kültegin-Denkmals,  nebst  Bemerkungen  über  das  Verhältniss 
der  Köktürkischen  zu  der  chinesischen  Grabschrift.  Von  C.  Arendt.  {Miük.  des  Seminars 
f.  Orient,  ^rächen,  Berlin,  1901,  Jahrg.  IV,  Iste  Abth.,  pp.  171 — 196;  à  suivre.) 

3)  Voir  Toung-Pao,  II,  p.  460. 

4)  Dans  les  Mémoires  concernant  Vhistoire  naturelle  de  l'empire  chinois  de  Jésus, 
Chang-haï,  1880,  etc. 

—  Mémoire  sur  les  Trionyx.  (Premier  Cahier.) 

—  Notes  sur  les  mollusques  terrestres  de  la  vallée  du  Fleuve  Bleu.  (2*,  8"  et  4"  cahier.) 
^  Catalogue  des  cerfs  tachetés  (Sikas)  du  musée  de  Zi-ka-wei,  ou  notes  préparatoires  à  la 

monographie  de  ce  groupe.  (3^  cahier.) 

—  Problema  Philippinense,  seu  Cervinorum  Craniorum  in  Philippinis  insulis  hucusque 
detectorum,  quae  ex  amicis  accepit  alque  in  taxonomicam  seriem  coroposuit  Petrus  Heude, 
Soc.  Jesu  presbyter,  apud  Sinas  missionarius,  praeviae  icônes,  nec  non  et  eorumdem  cra- 
niorum parens  index.  (II,  1"  cahier.) 


NÉCUOLOGIK.  89 

a  publié  un  grand  nombre  de  mémoires  *),  mais  son  principal  ouvrage  est  sans 
doute  sa  Concht/liuloijie  fluviatile  •). 

Le  Dr.  E.  Bretsclmeider  a  consacré  une  notice  au  P.  Heude  dans  son 
History  of  European  Botanical  Discoveries^  pp.  870 — 871,  et  à  ses  recherches 
botaniques.  .T'avais  eu  le  plaisir  de  revoir  le  R.  P.  Heude  lors  d'un  voyage  en 
France  il  y  a  quelques  années.  Il  avait  pris  comme  naturaliste  une  grande  place 
dans  la  phalange  scientifique  qui  fait  la  gloire  de  l'établissement  des  Jé.suites  à 
Zi-ku-wei.  H.  C. 


CORNELIS  PETRUS  TIELE. 

Le  docteur  C.  P.  Tiele,  professeur  à  l'Université  de  Leide,  vient  de  mourir 
en  son  domicile  le  H  janvier,  à  10  heures  et  demie  du  matin. 

Tiele  naquit  le  16  Décembre  1830  à  Leide,  où  il  se  prépara  pour  les  études 
univei'sitaires,  d'abord  à  l'école  particulière  de  M.  Nieuwveen  et  ensuite  au 
Gymnase  municipal.  En  Octobre  1848  il  fut  inscrit  comme  étudiant  à  l'Athénée 
Illustre  et  au  Séminaire  Remonstrant  à  Amsterdam,  où  il  suivit  les  cours  des 
professeurs  Veth,  de.s  Amorie  van  der  Hoeven,  Van  Gilse  et  Abraham  des 
Amorie  van  der  Hoeven. 

C'est  là  qu'il  débuta  par  un  Specimen  continens  annotationcm  in  Evang. 
Joannis;  mais  ce  n'est  que  plus  tard  qu'il  fut  nommé  docteur  honoris  causa 
en  théologie  à  Leide,  et  en  littérature  à  Bologne. 

Après  avoir  été  pasteur  de  1853 — 56  à  Moordrecht  et  ensuite  jusqu'en  Jan- 
vier 1873  à  Rotterdam,  Tiele  fut  nommé  professeur  au  Séminaire  Remonstrant 
transféré  à  Leide,  dont  il  inaugura  le  cours,  le  13  Fév.  1873  avec  un  discours 
intitulé  «La  place  des  religions  des  peuples  non-cultivés  dans  l'histoire  de  la 
religion».  En  1877,  il  fut  nommé  professeur  à  la  nouvelle  chaire  d'histoire  des 
religions,  créée  à  Leide,  qu'il  inaugura  le  10  Octobre  par  un  discours  intitulé 
«Les  fiuits  de  l'Assyriologie  pour  l'histoire  comparée  des  religions». 

Obligé,  selon  la  loi,  de  prendre  sa  retraite,  à  l'âge  de  70  ans,  il  n'avait  pas 
pu  célébrer  son  jubilé  d'argent  (25  ans)  comme  professeur.  11  en  fut  dédommagé 
par  les  nombreuses  marques  de  sympathie  qui  lui  furent  portées  en  ce  jour. 

Il  était  Membre  de  l'Académie  royale  des  Sciences  à  Amsterdam  et  de  plu- 
sieurs autres  institutions  scientifiques  à  l'Etranger. 


5)  Description  de  deux  oiseaux  de  Chine  par  M.  l'abbé  Heude.  {Ann.  det  Se.iuU.,h*S., 
Zool.  and  Pal.,  XX,  1874.  Art.  2,  p.  163.) 

—   Diagnoses   Molluscorum   in   fluminibus   provinciae   Nankingensis  coUectorum,  Auctore 
R.  P.   Heude,  S.  J.  {Jour,  de  Conchy liologi<i,  XXII,  1874,  pp.  llS-'na.) 

6)  Conchyliologie    fluviatile  de  la  Province  de  Nanking  par  le  R.  P.  Heude...  Paria,  F. 
Savy,  s.  d.,  10  fascicules  in-4. 


40  NÉCROLOGIE. 

Ses  principaux  ouvrages  sont:  la  Religion  de  Zarathustra  (1864),  Histoire 
comparée  des  religions  de  V Egypte  et  de  là  Mésopotamie  (1872),  Esquisse  de 
Vhistoire  de  la  religion  jusqu'à  la  domination  des  religions  universalistes 
(1876),  Histoire  de  Baby  lone  et  d'Assyrie. 

Son  Histoire  de  la  religion  a  été  traduite  en  Anglais,  en  Finançais,  en  Alle- 
mand, en  Italien,  en  Suédois,  en  Danois,  voir  même  en  Ruthène. 

La  Théologie  perd  en  lui  une  de  ses  plus  grandes  lumières  —  ses  collègues 
un  excellent  ami.  G.  sohlegel. 


BULLETIN  CRITIQUE. 


The  Religious  System  of  China ^ 
by  J.  J.  M.  DE  Groot,  Volume  IV, 
Book  II.  On  the  soul  and  ancestral 
worship.  Part  /,  The  Soul  in 
Philosophy  and  Folk- Conception. 
Leiden,  E.  J.  Brill,  1901.  (Comp. 
T'otmg-pao,  Vol.  Ill,  p.^201,  Vol. 
V,  p.  355). 

The  preseut  volume  treats  ex- 
haustively of  the  philosophical  and 
superstitious  ideas  the  Chinese 
have  concerning  the  so-called 
Soul  or  rather  its  psychology:  a 
most  barren  study,  but,  withall, 
in  so  far  interesting,  as  it  shows 
how  useless  the  speculations  are, 
and  must  be,  upon  a  subject  which 
is  impalpable.  What  is  a  soul,  and 
in  which  part  of  the  body  is  it 
located  ? 

The   Chinese,   as   less   as  the 


western  philosophers,  have  suc- 
ceeded in  resolving  these  questions. 

Consequently  the  author  says 
himself  in  the  beginning  of  his 
4th  Chapter:  "the  speculations, 
"sold  for  wisdom,  with  which  the 
"preceding  chapter  has  acquainted 
"us,  though  rather  fit  to  move  us 
"to  laughter,  than  to  awake  our 
"interest,  occupy  a  place  of  more 
"signification  in  the  field  of  Chinese 
"thought,  than  appears  at  first 
"sight". 

When  Chinese  philosophers  tell 
us  that  every  viscus,  as  also  the 
hair,  the  brains,  the  eyes,  the  nose, 
the  tongue,  etc.,  have  each  a 
separate  Shin  (  Jß^  ),  or  are  anim- 
ated by  a  special  part  of  the  one 
shin  the  individual  possesses,  they 
only  express  by  the  word  «Ain, 
what    our    modern    philosophers 


42 


BULLETIN    CRITIQUE. 


express   by   the   word  Electricity. 

The  intellectual  soul  (  ^  i^  ) 

is  located  in  the  head  or  the  brains 

(A^ffilS).  P-  77.  Conse- 
quently  the  soul  is  sometimes  able 
to  leave  the  body  and  wander 
about,  without  the  body  dying. 

Among  the  Indonesians,  this 
belief  has  given  rise  to  the  legend 
of  flying  heads  —  heads  able  to 
leave  the  body  for  a  while  and  fly 
about. 

But  this  is  not  a  Chinese  con- 
ception, and  the  instances  of  such 
flying  heads,  quoted  by  professor 
De  Groot,  are  acknowledged  by 
Chinese  authors  themselves  as 
having  taken  place  in  the  southern 
regions  C^^);  though,  super- 
stitious as  the  Chinese  are,  they 
have  accepted  the  legend  (p.  78— 
79).  The  Chinese  Encyclopedia  ^ 
>5  ^  '^  San-tsaiTu-hwui,  says, 
in  speaking  of  the  country  of  Pti- 
kia'lung    C^^^jl)?    wrongly 


identified  until  now  viiih-Fekalongan 
in  Java:  "It  is  said  that  in  this 
"country  exist  flying  heads,  but 
"whose  eyes  have  no  pupil.  Their 
."heads  are  able  to  fly.  What  the 
"people  worship  is  called  Chung- 
^Hok,  on  account  of  which  they  are 
"called  Lok-TSiCe.  In  the  time  of 
"Emperor  Wu  of  the  Han-dynasij 
"(B.C.  140  -  87),  there  lived  in  the 
"South  a  people  capable  of  trans- 
"forming  itself.  They  were  able  to 
"send  first  their  heads  flying  for- 
"ward  to  the  southern  seas.  With 
"the  left  hand,  they  flew  to  the 
"eastern  sea,  and  with  the  right 
"hand,  to  the  western  marsh. 
"Towards  the  evening,  the  heads 
"returned  upon  their  shoulders, 
"and  when  both  hands  came 
"together,  a  violent  storm  raged 
"beyond  the  waters  of  the  sea"  '). 
It  seems  that  De  Groot  has 
remained  unacquainted  with  the 
above  quotation. 


m.  i^mmm,  ^^mmm.  Msiiii 


BULLETIN    ORITiqUE. 


48 


Other  philosophers  have  located 
the  soul  in  the  heart  (p.  80);  those 
of  the  Sung-dyoasty  said  that  the 
Tsing  (or  subtle,  vital  principle) 
was  simply  the  blood  (p.  81). 
Hence  the  belief  of  the  Chinese 
that  the  ignis  fatuua  seen  on  old 
battlefields,  drenched  with  the  blood 
of  slain  men  and  horses,  were  so 
many  wandering  souls  *). 

The  story  told  by  De  Groot  of 
a  certain  Chang  Ch'ih  who  saw 
during  the  night  the  ground  studded 
with  lights  (p.  81  —  82),  reminds 
forcibly  of  the  euglish,  popular 
name  given  to  the  ignis  fatuus 
"Jack  with  alantern".  The  popular 
Chinese  name  is  J^  ^  Kwei  fo, 
or  "Imp-fire". 

Chapter  V  (p.  83  seq.)  treats 
of  the  animistic  ideas  as  suggested 
by  shadows. 

With  the  Chinese,  these  shadows 
are  no  Phantoms,  deprived  of  life 
and  body,  but  rather  Spectres  as  in 
the  old  german  tales;  for  one  can 


talk  with  them:  ||t  Ä  or  ^  j^ 
(cf.  my  Dutch-Chinese  Dictionary, 
i.  V.  Spook).  A  ghost  who  has  a 
place  to  revert  to,  does  not  turn 
to  a  spectre  (  Ä  ^  J^f  ^  »  ^ 
^^^M)-  Cf.  my  Dutch- 
Chinese  Dictionary,  t.  v.  Spook  and 
Ziel  (soul). 

As  for  the  Chinese  scenic  shades 
and  Javanese  Wäyang,  I  can  only 
repeat  what  I  have  said  upon  the 
subject  in  the  T'oung-pao^  1901, 
p.  203. 

If  the  Wayangpurwa  (or  sceuic 
shades)  were  played  in  Java  iu 
A.D.  1416,  Ma  Hoan,  the  most 
exact  Chinese  ethnographer  of  Java, 
would  not  have  failed  to  notice  it. 
But  he  only  speaks  of  the  Wâyang 
bèbèr,  a  long  picture  between  two 
wooden  cylinders,  and  which  is  un- 
rolled {amh^bh')  as  the  dalang^  or 
represeutator,  goes  on  with  his  ex- 
planation, (cf.  G-roene veldt's  Notes 
on  the  Malay  Archipelago,  p.  53). 
Surely,  he  would  have  mentioned 


^)  Sfe  ^  5E  t:  ^  ^ ,  ^  A  .i  JSi  >  *  ^  IS  i.  •  ^' 

my  Dutch-Chinese  Dirtionnry  «.  v.  Dwaallicht  and  Stijgbengitl.  We  revauV  inter  pargnihetet, 
that  there  is  on  p.  81  a  misprint  in  De  Groot's  work,  ri*.  «S  for  ^S  ,  which  latter 
only  is  composed  of  -^  flames  and  Atfc  perverse;  ^^ .  composed  of  "t*  rice  and 
^ftp  perverse,  is  a  corrupt  form  of 


lin. 


H 


BULLETIN    CRITIQUE. 


the  scenic  shades  of  the  Javanese, 
if  he  had  seen  them,  as  they  would 
have  recalled  to  his  mind  his 
popular,  native  scenic  shades. 

Professor  De  Groot  says  (p.  88) 
that  these  Chinese  Shades  were 
never  very  popular  in  China. 

But,  in  Amoy,  they  are  very 
popular  as  appears  clearly  from 
the  colloquial  expressions  tsud  id 
(  ^  ^  ),  paper-shades.  Id  hi 
(  ^  )^  ),  shade-game,  phe  ang 
(  ^  j^  ),  leather  puppets,  phe  kau 
(  ^  101  ),  leather  monkeys,  etc. 
(Cf.  the  Amoy  Dictionaries  of 
Douglas  and  Francken). 

The  sixth  Chapter  treats  of 
diseases  of  the  soul:  Insanity  and 
Convulsions. 

As  our  own  psychologues  are 
just  as  ignorant  as  the  Chinese 
with  respect  to  insanity,  we  may 
just  as  well  leave  this  subject, 
aud  refer  the  reader  to  De  Groot's 
work  itself. 

Chapter  VII  contains  a  good 
lot  of  /\\  1^,  or  Tales,  about 
souls  leaving  the  body,  which 
could  have  some  interest  if  the 
author  had  compared  them  with 
similar  tales  in  Europe  and  other 


parts  of  the  world. 

Chapter  VIII  treats  of  Re- 
animation  after  death,  or  Re- 
suscitation, likewise  illustrated  by 
numerous  tales,  the  one  more 
marvellous  than  the  other. 

Re-iucarnation  of  souls  through 
birth  is  the  subject  of  the  IXth 
Chapter.  This  theory  has  been 
infiltrated  into  China  by  the 
Buddhists,  and  is,  properly  speak- 
ing, un-chinese.  The  doctrine  of 
incarnation  belongs  to  the  belief 
in  metempsychosis,  and  we  have  no 
right  to  langh  at  either  Buddhists 
or  buddhist  Chinese  to  believe  in 
the  transmigration  of  the  soul,  as 
long  as  we  ourselves  believe  in 
Incarnation  in  its  most  ridiculous 
aud  absurd  consequences. 

As  a  sequel  to  the  preceding 
chapter,  the  Xth  one  treats  of 
Zooanthropy,  or  of  incarnations  of 
men  into  animal  forms  as  tigers, 
foxes,  wolves,  dogs,  bears,  stags, 
monkeys,  rats,  etc.,  profusely 
illustrated  by  a  lot  of  fabulous 
tales.  Here  again,  a  comparison 
with  similar  beliefs  in  Europe 
would  have  much  enhanced  the 
value  of  the  chapter. 


ßULT.RTlN    CRITIQUB. 


46 


Chapter  XI  treats  of  the  des- 
cent of  men  from  animals,  not  by 
evolution,  according  to  the  theory 
of  Darwin,  but  due  to  copulation 
of  men  with  animals,  or  of  different 
animals  with  each  other.  Instances 
of  the  first  are  given  by  the  author, 
page  255  seq. 

However,  we  cannot  agree 
with  the  author,  when  he  quotes 
(p.  267)  a  number  of  names  of 
foreign  tribes,  composed  with  the 
radical  fo.r  dogs  or  beasts  in  general, 
like  the  ^^  k'ih,  ^^  liao,  ^^  ling, 
:^gg  miao,  etc.,  and  ascribes  these 
name  to  the  belief  of  the  Chinese 
that  they  were  the  offspring  of  dogs 
or  beasts. 

They  are  simply  injurious  or 
contemptuous  designations  for  un- 
civilized, barbarian  nations. 

When  a  Turk  calls  a  European 
a  christian  dog,  he  does  not  intend 
to  say  that  the  Europeans  descend 
from  dogs,  but  that  they  are  just  as 
filthy  and  omnivorous  as  dogs  are. 

Some  of  those  Chinese  names 
have  no  meaning,  but  are  simply 


transcriptions  of  the  exotic  name 
of  such  tribes;  as/,  t.  the  ^  ^j^ 
lo-lo,  ^^  ^^  lo-lo  or^^  i^ffit'lo, 
which  are  simply  transcriptions 
of  the  native  name  Lob,  a  race  in- 
habiting the  province  of  Yun^nan, 
and  to  which  the  radical  ^K  dog  has 
been  joined  to  show  the  contempt 
the  Chinese  have  for  them.  One  of 
the  tribes  of  these  Lolas  is  called 
mSki^i^  "The  pig-dung 
üilos",  not  because  they  are  the 
offspring  of  pig-dung,  but  only 
because  this  tribe  is  especially 
dirty  '). 

It  is  well  known  that  the 
Chinese  have  a  special  knack  of 
choosing  such  characters  for  trans- 
cribing phonetically  your  name, 
that  they  imply,  at  the  same  time, 
an  injury  *).  The  Malays  do  the 
same  thing:  a  certain,  rather  in- 
debted, gentleman  called  Mispel- 
blom  Meijer  was  transliterated  by 
the  Malays  as  Massa  bëlom  hayer^ 
"the  gentleman  who  has  not  yet 
paid",  etc. 

The   instance   quoted   by   the 


3)  See  my  Review  of  father  Vial's  work  on  the  Lolos  in  Totrng-pao,  Vol.  IX,  pp.  413  «a;. 

4)  See  Notes  and  Queries  on  China  and  Japan,   Vol.  IV,   1870,  p.  46. 


46 


BULLETIN    CRITIQUE. 


author  of  the  northern  Turks 
believing  to  be  descended  from  a 
wolf,  a  buri  {chia.  fu-li  [?#  ^  )  % 
is  not  Chinese,  but  western  and 
exotic.  The  progenitor  of  these 
Turks  was  a  human  boy  nourished 
by  a  she-wolf  (p.  265),  exactly 
as  Romulus  and  Remus  in  the 
legendary  history  of  Rome. 

The  author  himself  says  (p.271) 
that  words  denoting  wolves  or  dogs 
were  never  in  China  actual  tribal 
names.  He  is  quite  right,  and  this 
confirms  our  supposition  that 
beastlike  tribe-names  are  only 
contemptuous  terms  used  by  the 
Chinese  for  designating  exotic, 
barbarian  races. 

Chapter  XII  treats  of  Plant- 
and  Tree-spirits,  all  illustrated  by 
numerous  quotations  from  Chinese 
tales;  on  p.  294  seq.  the  amorphous 
plant-spirits  are  discussed.  Prom 
such  plants,  miraculous  drugs  are 
prepared,  labelled  as  ^g  |^  lirig 
yoh  S$  ^  shin  yoh  or  f[l|  ^ 
sien  yoh  (fairy  drugs).  There  is, 
however,  nothing  particular  in 
these  names,  for  we  use  them  also. 


Our  old  maids  use  Eau  des  Fées 
(fairy  water)  to  dye  their  gray  hair 
black;  Jalap  bears  the  scientific 
name  of  Mirabilis  jalapa;  Palma 
christi  is  called  in  Dutch  wonder- 
boom  (wondertree)  ;  our  english 
wonderbalm  is  called  in  Chinese 
-fi.  g^  ^p  "quintuple-spiritual 
balm";  a  quack  is  called  in  Dutch 
a  wonder  do  kter,  in  Chinese  )[j^  ^ 
shin  i;  wonderolie  is  the  dutch  name 
for  the  Castor-oil;  all  these  epithets 
only  indicate  the  wonderful  effect 
these  drugs  have  upon  diseases, 
but  can  hardly  be  considered  us 
to  be  the  products  of  amorphous 
plants  animated  by  a  divine  spirit 
(^  ling  or  J|j^  shin). 

On  page  347  seq.^  we  have 
several  instances  of  paper  horses, 
etc.,  changed  into  real  horses.  All 
who  have  been  in  China,  kuow 
that,  with  wealthy  Chinamen,  not 
only  paper  horses,  but  a  model  of 
his  house  with  the  whole  furniture 
in  it,  all  made  of  paper,  are  burned 
in  the  belief  that  they  will  change 
to  real  horses,  house  and  furniture 
in  the  other  world.  It  is  a  mitigated 


5)  See  my  Dutch-Chinese  Diet.  i.  v,   Wolfskop  (wolf-head). 


BULLETIN    CRITIQUE. 


47 


form  of  the  old  custom  to  slaughter, 
not  ouljr  the  horses,  but  also  a 
dozen  of  domestics  of  a  chieftain, 
upon  his  grave  in  order  to  serve 
him  in  the  other  world.  A  barbarous 
custom,  not  only  observed  in  an- 
cient China,  but  also  with  european 
races  before  they  were  christianized. 

Chapter  XIV  treats  of  food  and 
medicines  from  animals  and  men, 
on  which  subject  many  a  parallel 
could  be  drawn  with  our  western 
therapeutics. 

Cannibalism  is  treated  of  on 
p.  363  seq.  as  occurring  in  ancient 
China;  but  it  still  prevails  in  a 
minor  form,  to  the  present  day. 
When  some  renowned  robber  or 
insurgent  is  condamned  to  death, 
the  Chinese  pay  large  sums  to  the 
executioner  for  a  bit  of  his  heart 
or  liver,  thinking  thereby  to  as- 
similate with  themselves  the  cou- 
rage and  bravery  of  the  executed 
criminal  (p.  377).  The  Chinese  law 
has,  however,  at  all  times,  punished 
very  severely  such  abnormous 
cravings. 

Chapter  XV  treats  of  appa- 
ritions and  their  good  or  bad 
influences  upon  the  fate  of  man, 


of  ghosts  and  spirits,  etc. 

We  may  consider  as  a  conti- 
nuation of  this,  the  XVIth  Chapter 
on  retributive  justice  exercised  by 
spirits,  illustrated  by  copious  tales 
for  which  parallels  could  be  easily 
found  in  western  folklore. 

A  very  useful  Index  of  the 
Chinese  books  used  in  the  preparat- 
ion of  the  volume  concludes  this 
first  part  of  Book  II. 

Taken  as  a  whole,  this  volume 
is  the  least  grateful  of  the  previous 
volumes. 

Most  of  the  tales  are  of 
buddhistic  or  taoistic  origin,  and 
can  hardly  he  considered  as  re- 
presenting original  Chinese  con- 
ceptions, being  too  much  tinged 
with  indian  philosophical  and 
mystic  ideas. 

We  have  to  thank,  however, 
profeßsor  De  Groot  for  the  immense 
mass  of  folklore  contained  in  this 
volume,  and  in  which  our  western 
folklorists  will  find  a  precious  mine 
for  comparative  study. 

In  order  to  understand  man, 
we  have  to  study,  not  only  his 
healthy  symptoms,  but  also  his 
diseases,  morbid  propensities  and 


48 


BULLETIN    CRITIQUE. 


the  crimes  and  misdemeanours 
proceeding  from  them.  But  super- 
stition is  just  as  hard  to  eradicate 
in  China  as  it  is  in  Europe;  and  as 
long  as  man  conti  nous  to  cherish 


such  superstitions,  even  when  they 
are  sanctioned  by  his  religious  creed, 
he  will  remain  a  sick  man,  in- 
capable of  higher  aspirations  and 
of  perfection.  G.  Schlegel. 


CHRONIQUE. 


ALLEMAGNE  ET  AUTRICHE. 

Selon  la  «Berliner  Allgemeine  Zeitung»,  No.  35,  Monsieur  le  Dr.  P.  Merk- 
LINQHAUS  a  Hé  nommé  successeur  à  la  chaire  de  Cliinois  au  Séminaire  oriental 
à  Berlin,  laissée  vacante  par  le  décès  du  professeur  Carl  Arendt.  (Voir  notre 
Nécrologie.) 

L'intérêt  que  le  public,  tant  officiel  que  commercial,  porte  au  Séminaire  des 
Langues  Orientales  à  Berlin,  qui  célébrera  bientôt  la  ib'*"  année  de  son  exis- 
tence, augmente  journellement.  Pendant  le  Semestre  courant,  on  y  comptait 
544  personnes  qui  le  fréquentent,  tandis  qu'il  y  a  peu  d'années  on  n'y  comptait 
à  peine  200.  Deutsche  Kolonial  Zeitung,  1902,  N».  9,  p.  87. 

GRANDE  BRETAGNE. 

Le  13  décembre  une  société  a  été  formée  à  Londres  pour  l'étude  de  l'Asie 
centrale  à  tous  les  points  de  vue:  politique,  économique  et  scientifique;  elle  a 
le  titre  de  Central  Asian  Society  et  elle  se  réunira  à  partir  du  15  janvier  1902, 
dans  les  salles  de  la  Royal  Asiatic  Society. 

Nous  lisons  dans  le  London  and  China  Express,  du  7  février  1902: 
«In  1887  it  was  suggested  that  a  School  'of  Modern  Oriental  Studies  should 
be  organised  as  a  branch  of  the  Imperial  Institute,  in  imitation  of  the  very 
eificient  establishments  of  this  kind  which  are  carried  on,  with  Government 
resources  in  France,  Germany,  and  Austria.  The  School,  with  the  assistance  of 
Univei-sity  and  King's  Colleges,  was  officially  opened  in  January,  1890.  The 
daughters  of  the  late  Colonel  W.  J.  Ousoley  (Bengal  Army)  established  and 
endowed,  in  his  memory,  thi-ee  scholarships,  in  various  Oriental  languages,  ia 
connection  with  the  school,  each  one  of  the  value  of  not  less  than  £  50  per 
annum.  Examinations  in  various  languages  have  been  held  each  year  since  1893. 
In  1894 — 5 — 7  and  8,  Chinese  was  one  of  the  languages  selected,  but  on  no 
occasion  did  any  candidate  pi*esent  himself.  E^ch  time  it  was  a  case  of  «no 
competitoi-s».  Apparently  Japanese  has  never  been  selected  by  the  authorities». 

4 


50  CHRONIQUE. 


CHINE. 


Au  célèbre  homme  d'état  défunt  Li  Houng-tchang  le  titre  posthume  de  Li 
Wen-chung  ^fe  "A^*  rf^  ,  le  lettré  et  patriotique  Li,  a  été  décerné  par  décret 
impérial.  Ce  titre  a  été  gravé  sur  une  tablette  dans  le  temple  consacré  à  la 
mémoire  des  hommes  d'état  éminenls,  et  c'est  ce  titre  par  lequel  il  sera  doré- 
navant   mentionné    dans    les    écrits,    en    place    de    celui    de   Li   Houng-tchang 


^ï^ 


Le  nouveau  ministère  des  Affaires  étrangères,  Wai-wou  pou,  est  divisé  en 
quatre  départements:  1"  s'occupe  de  la  réception  et  des  communications  des 
ministres  étrangers;  2<*  s'occupe  des  chemins  de  fer,  mines  et  télégraphes  dans 
lesquels  les  étrangers  sont  intéressés;  3*^  s'occupe  des  douanes  et  des  affaires 
coramei'ciales  ;  4"  s'occupe  des  missionnaires  et  des  voyageurs  étrangers,  ainsi 
que  des  concessions  étrangères. 

La  Mission  du  Yunnan  et  les  Chemins  de  fer  de  pénétration  en  Chine. 

La  mission  dite  Mission  du  Yunnan  a  quitté  Marseille  le  5  mai  à  destina- 
tion du  Tonkin  d'où  elle  ira  s'installer  à  Yunnansen,  capitale  de  la  province 
chinoise  du  Yunnan. 

Le  but  de  cette  mission  est  de  préparer  l'ouverture  des  chantiers  de  con- 
struction du  chemin  de  fer  de  Laokaï  à  Yunnansen,  de  consti'uire  notamment 
les  magasins,  les  ateliers,  les  bureaux,  et  les  habitations  du  personnel  européen 
afin  que  la  mise  en  train  des  travaux  puisse  commencer  aussitôt  après  le  vote 
du  parlement  auquel  le  dossier  de  ce  pi'ojet  de  ligne  sera  soumis  tiès  prochai- 
nement. Cette  voie  ferrée  fait  partie  du  programme  des  grands  travaux  adopté 
par  les  Chambres  en  1898;  elle  a  même  été  classée  parmi  les  plus  urgentes; 
elle  n'est,  on  le  sait,  que  la  prolongation  en  territoire  chinois  de  l'importante 
ligne  ferrée  Haïphong-Hanoï-Laokaï  actuellement  en  construction  et  qui  doit 
être  entièrement  achevée  d'ici  trois  ans.  Les  travaux  de  la  ligne  Laokaï- Yunnan- 
sen dureront  environ  quatre  ans.  Les  études  de  cette  voie,  d'une  longueur  de 
465  kilomètres,  ont  été  dirigées  par  M.  Guillemot,  ingénieur  en  chef  des 
Ponts-et-Chaussées,  Directeur  Général  des  Travaux  publics  en  Indo-Chine,  qui  a 
eu  pour  collaborateurs  le  lieutenant-colonel  Gosselin,  le  commandant  Schmitt, 
les  capitaines  Bourguignon,  Petit,  Bellat,  Trégont,  Duprat,  Buvignier,  Raynal; 
les  ingénieurs  Wiard  et  Le  Bret;  les  conducteurs  Kerler  et  Surcouf. 

L'importance  de  cette  voie  est  considérable  au  point  de  vue  politique  comme 
au  point  de  vue  économique. 

La  Chine  nous  doit  des  compensations  et  des  garanties;  nous  ne  lui  deman- 
dons pas  de  nouveaux  territoires,  mais  seulement  des  avantages  commerciaux: 


CHUONICiUK.  51 

par  le  traité  de  1896,  elle  nous  a  reconnu  des  droits  sur  les  mines  du  Yunnan 
dont  la  variété  et  la  richesse  excitent  vivement  la  cupidité  de  l'Angleterre  qui, 
par  la  Birmanie  et  le  Siam  s'efforce  do  les  atteindre.  Le  moment  est  venu  de 
profiter  des  avantages  que  nous  donne  le  traité  de  1896  et  notre  établissement 
sur  le  fleuve  Roupie  pour  pousser  le  rail  jusqu'à  Yunnansen,  et  mAme  plus  loin, 
et  barrer  ainsi  la  route  aux  Anglais.  Dôjà  l'Angleterre  a  construit  une  voie 
ferrée  depuis  le  golfe  du  Bengale  jusqu'à  la  frontière  de  Chine  à  travers  la 
Birmanie;  elle  ne  reculem  devant  aucun  efïort,  aucune  dépense,  et  elle  aui-a 
toutes  les  audaces  pour  atteindre  Yunnansen  ;  elle  ne  dissimule  pas  ses  projets 
de  main-mise  sur  le  Yunnan;  elle  fait  depuis  longtemps  déjà  figurer  sur  les 
cartes  de  ses  atlas  des  tracés  de  voie  ferrée  qui  atteignent  le  centre  de  la  Chine 
par  le  Yunnan;  elle  voudrait  ainsi  détourner  au  profit  des  Indes  la  plus  grande 
partie  du  commerce  qui  prend  actuellement  la  voie  du  Yang-tsé-Kiang  et  de 
Shanghaï. 

L'Angleterre  au  Yunnan  commanderait  toutes  les  hautes  vallées:  celles  du 
Fleuve  Bleu  et  du  Sikiang,  comme  au.ssi  du  Fleuve  Rouge  et  du  Mekong. 

Si  au  contraire  nous  arrivons  avant  elle  à  Yunnansen,  les  rôles  sont  changés 
et  si,  poussant  plus  avant  le  rail,  nous  atteignons  Suifou  et  Tchoung-King,  dans 
le  Setchouen,  c'est  le  Yang-tsé-Kiang,  c'est  la  descente  par  le  fleuve  vere 
Shanghaï;  c'est  Hankéou  qu'un  chemin  de  fer  reliera  bientôt  à  Peking;  c'est 
l'œuvre  des  Anglais  annulée. 

On  ne  peut  nier  l'intérêt  qu'il  y  a  pour  notre  commerce  à  relier  Haïphong 
et  Hanoï  à  Yunnansen  et  au  Setchouen  par  une  voie  feri'ée  qui  drainerait  à 
notre  profit  toutes  les  marchandises  qui  peuvent  trouver  avantageux  de  des- 
cendre par  le  Fleuve  Rouge  au  lieu  de  s'acheminer  vers  la  mer  par  le  Si  Kiang 
ou  le  Fleuve  Bleu.  Indépendamment  de  ses  richesses  minières  incontestables  et 
de  ses  richesses  agricoles  qu'il  est  facile  de  développer  le  Yunnan  présente  pour 
là  France  un  intérêt  économique  prépondérant  en  raison  de  ce  fait  que  toutes 
ses  communications  avec  l'Océan  pacifique  doivent  facilement  s'établir  par  l'in- 
termédiaire du  Tonkin. 

Le  Setchouen,  non  moins  riche  que  le  Yunnan  en  gisements  miniers,  est  une 
des  plus  plantureuses  provinces  de  la  Chine  ;  grande  comme  quatre  fois  la  France, 
elle  a  une  population  d'au  moins  cinquante  millions  d'habitants. 

Nous  sommes  mieux  placés  que  les  Anglais  pour  aller  au  Yunnan,  nous  pou- 
vons les  y  devancer,  le  Parlement  en  a  reconnu  la  nécessité  et  a  voté  le  prin- 
cipe d'une  ligne  ferrée  du  Tonkin  à  Yunnansen.  Le  Gouverneur  Général  de 
rindo-Chine  estime  cette  ligne  indispensable  té  la  sécurité  comme  au  développe- 
ment de  la  Colonie  et  à  la  sauvegarde  de  nos  intérêts  dans  la  Chine  du  Sud; 
il  assure  que  le  moment  est  venu  d'agir;  il  'faut  lu  construire  sans  retard. 

G.  L. 
(Entretiens  économiques,  5  Juin  1901.) 


52  CHRONIQUE. 


ETATS-UNIS. 

M.  le  Dr.  Herbert  A.  Giles,  Professeur  de  Chinois  à  l'université  de  Cambridge, 
se  rendra  au  mois  de  mars  1902  à  New- York,  pour  inaugurer  la  nouvelle  chaire 
de  Chinois  de  Columbia  College  et  faire  quelques  conférences.  Il  est  parti  pour 
New- York  par  le  vapeur  Umhria,  de  la  ligne  Cunard,  le  22  février. 

FRANCE. 

M.  Charles  Vapereau,  Commissaire  général  de  Chine  à  l'Exposition  de  1900, 
a  fait  une  conférence  sur  Peking^  le  mardi  10  décembre  1901,  à  la  séance  de 
l'Alliatice  Française  tenue  dans  la  Salle  de  la  Société  de  Géographie,  sous  la 
présidence  d'honneur  de  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  Publique  et  la  présidence 
de  M.  Larroumet,  de  l'Académie  fi'ançaise. 

M.  le  Prof.  L.  Nocentini  continue  la  série  de  ses  intéressantes  études  sur  la 
Corée;  il  a  donné  au  Journal  de  la  Société  Asiatique  italienne  un  article  de 
pp.  24  sur  P^ieng-Iancj  ^*  ^^  ancienne  capitale  du  vicomte  de  Tchi  ^l  -^ , 

grand  Conseiller  H^  ^   des  In   j|ö  . 

Société  de  géographie.  —  Séance  du  13  janvier  1902. 

La  navigation  à  vapeur  sur  le  haut  Yang-Tsé-Kiang.  —  La  parole  a  été 
donnée  à  M.  Bons  d'Anty,  consul  de  France  à  Tchoung-King,  pour  exposer  les 
éléments  d'une  étude  qu'il  a  faite  sur  l'état  actuel  de  la  navigation  à  vapeur 
sur  le  haut  Yang-Tsé-Kiang. 

Le  conférencier  rapporte  que,  sans  être  entré  définitivement  dans  la  voie 
des  réalisations  pratiques  le  problème  de  l'ouverture  du  Yang-Tsé  à  la  naviga- 
tion à  vapeur  a  reçu  sa  solution  dans  les  années  1900  et  1901. 

De  Shanghaï  à  Han-Kéou  (960  kilom.),  la  circulation  à  la  vapeur  existe  de- 
puis 1860.  Le  port  d'I-Tchang  fut  ouvert  quinze  ans  après.  Depuis  1874,  les 
vapeurs  l'atteignent  toute  l'année. 

M.  Little  atteignit  Tchoung-King  en  1898,  mais  sur  un  grand  canot  ponté. 
En  juin  1900,  un  marin  du  commerce  anglais  monta  jusqu'à  Tchoung-King. 

Les  Allemands  entrèrent  en  lice  et  perdirent  un  bateau  corps  et  biens. 

La  France  enfin  a  envoyé  una  canonnière  achetée  à  Shanghaï,  VOlry,  com- 
mandé par  le  lieutenant  de  vaisseau  Hourst.  Il  vient  d'accomplir  la  traversée 
d'I-Tchang  à  Tchoung-King  en  novembre  dernier. 

L'hydrographie  du  grand  fleuve,  si  bien  décrite  par  le  R.  P.  Chevalier,  de 
l'Observatoire  de  Zi-Ka-Weï  doit  être  aujourd'hui  complète.  Le  lieutenant  Hourst 
a  donc  fait  faire  à  la  question  un  nouveau  pas. 


CHUONiqUK.  58 


JAPON. 

Monsieur  le  baron  .  Sweerts  de  Landas  Wyborqh  vient  d'être  nommé  Mi- 
nistre Résident  dos  Pays-Has  au  Japon. 

RUSSIE. 

Le  siège  du  gouTerneur  général  de  la  côte  sibérienne,  qui  était  jusqu'ici  à 
Khabarovka,  est  transféré  à  Kharbine. 

Cette  mesure  prouve  que  l'évacuation  de  la  Mandchourie  est  encore  une  fois 
ajournée. 

La  mesure,  disent  les  autorités  russes,  est  .prise  afin  de  permettre  au  gêné  ml 
de  mieux  défendre  la  ligne  sibérienne  du  chemin  de  fer  et  d'organiser  l'admi- 
nistration en  Mandchourie. 


I 


BIBLIOGRAPHIE. 


LIVRES  NOUVEAUX. 

Nous  avons  à  noter  deux  nouvelles  conférences  faites  par  M. 
E.  Deshayes  le  15  Décembre  1901  et  le  26  Janvier  1902,  publiées 
par  le  «Musée  Guimet».  La  première  conférence  traite  des  moeurs 
des  Japonais  au  moyen-âge  d'après  quelques  peintures  du  temps,  et 
la  seconde  porte  pour  titre:  «A  propos  du  nu  dans  l'art  au  Japon». 

Il  est  à  regretter  que  ces  intéressantes  conférences  soient  pu- 
bliées sous  une  forme  aussi  primitive  (calques  en  encre  bleue).  Le 
texte  devient  presque  illisible  et  les  dessins  deviennent  mutilés  par 
ce  procédé.  Je  suis  sûr  que  les  «Archives  internationales  d'Ethno- 
graphie» publiées  à  Leide  par  le  savant  directeur  du  Musée  d'Eth- 
nographie, M.  le  docteur  J.  D.  E.  Schmeltz,  se  feraient  un  plaisir 
de  reproduire  exactement  et  en  couleurs  ces  gravures  japonaises 
aiusi  que  leur  texte  descriptif. 


M.  Maurice  Courant  a  publié,  dans  le  Tome  XII  des  Mémoires 
de  la  Société  de  Linguistique  de  Paris,  une  note  de  2  pages  fort 
instructive,  sur  l'existence  de  deux  lectures  (prononciations)  pour 
certains  caractères  chinois,  distinguées  par  les  finales  K-N,  T-N,  P.  M. 


Notre  collaborateur,  le  Dr.  F.  Hirth  à  Munich,  donne  sous  le 
titre  de  «China  im  Zeichen  des  Fortschrittes»  (la  Chine  dans  la 
voie  du  progrès),  publié  dans  la  Deutsche  Monatschrift  für  das 
gesamte  Leben  der  Gegenwart  (Berlin,  Janv.  1902)  un  résumé  des 
progrès  faits  par  les  Chinois  depuis  la  dernière  guerre. 

Ces  progrès  consistent  surtout  en  réformes  militaires  et  politi- 
ques, et  ont  dû  avoir  été  amenées  par  force  majeure,  à  l'exemple  des 


BIBLIOGRAPHIE.  '55 

réformes  au  Japon,  singées  d'après  notre  civilisation  occidentale 
pourrie  et  surannée.  Nous  n'attendons  pas  beaucoup  de  ces  espèces 
de  réformes.  L'Europe  ne  se  réformera  point  aussi  longtemps  que 
les  principes  de  militarisme  et  d'autorité  arbitraire  y  régneront 
souverainement,  et  la  Chine  ne  pourra  se  réformer  socialement  aussi 
longtemps  que  les  principes  confucéens  y  seront  vénérés  et  mis  en 
pratique.  Une  pareille  évolution  ne  peut  se  faire  d'un  jour  à  l'autre  et 
exigera  encore  quelques  siècles;  car  aussi  longtemps  que  les  Européens 
resteront  chrétiens,  aussi  longtemps  les  Chinois  resteront  Confucéens. 


Le  Journal  Asiatique  (Mai — Juin  1901)  contient  une  note  de 
M.  Edouard  Specht,  sur  le  déchiffrement  des  monnaies  Sindo- 
ephthalites,  portant  des  légendes  en  une  écriture  parfaitement  in- 
connue. Il  a  réussi  à  en  retrouver  l'alphabet  dont  il  donne  un 
tableau,  et  à  l'aide  duquel  il  a  pu  lire  et  traduire  quelques  unes 
de  ces  légendes. 

Nous  félicitons  cordialement  l'auteur  de  son  ingénieuse  découverte. 


i 


Monsieur  le  Dr.  Georg  Huth  a  fait  en  1897  aux  Toungouses  de  la 
Sibérie,  une  visite  subventionnée  par  l'Académie  impériale  des  sciences, 
et  par  la  Commission  archéologique  impériale  de  St.  Pétersbourg.  Il  a 
publié  son  premier  rapport  sur  ce  voyage  dans  le  Bulletin  de 
l'Académie  des  Sciences,  en  Octobre  1901,  Vol.  XV,  no.  3. 

Ayant  enfin  réussi,  surtout  à  l'aide  de  boissons  alcooliques,  à 
gagner  la  confiance  de  ces  Toungouses  abrutis  —  les  derniers  restes 
de  la  nation  Youtchen,  si  puissante  pendant  le  12.  siècle  — ,  il  a 
pu  tirer  de  leur  bouche  quelques  anciennes  chansons  populaires. 

L'auteur  nous  promet  prochainement  un  aperçu  de  la  langue  et 
de  la  grammaire  toungouses. 


Le    N°.    4    (Octobre    1901)    du    Bulletin    de    l'Ecole   Française 
d'Extrême-Orient   (Hanoi  1901)   contient  des  Notes  ethnographiques 


56  BIBLIOQRA.PHIB. 

sur  diverses  tribus  du  Sud-Est  de  l'Indo-Chine  par  M.  A.  Lavallée, 
ancien  attaché  à  cette  école;  un  Tableau  des  Souverains  du  Nan- 
tchao  par  le  R.  P.  Mathias  Tchang,  S.  J.,  et  des  Notes  importantes 
sur  la  géographie  ancienne  du  Gandhâra  par  M.  A.  Foucher. 

La  rubrique  Bibliographie  contient  des  revues  de  livres  et 
périodiques  où  nous  sommes  contents  de  voir  mentionné  et  discuté 
par  le  savant  directeur,  tout  ce  qui  paraît  sur  l'Extrême-Orient 
dans  les  publications  néerlandaises. 


Le  Journal  Asiatique  de  Septembre — Octobre  1901,  contient  un 
article  du  professeur  A.  Vissière,  intitulé  «Traité  des  caractères 
chinois  que  l'on  évite  par  respect» ,  les  ^  ^  ^  ;  et  qui  est  en  Chine 
un  ancien  survival  du  Tabou  qui  existe  dans  les  îles  océaniennes. 
Ce  sont  surtout  les  noms  personnels  de  souverains  vivants  et  défunts, 
de  quelques  grands  philosophes  comme  Confucius  çt  Mencius,  etc., 
qui  sont  tabou  en  Chine.  L'auteur  en  cite  plusieurs  exemples. 


Nous  recevons  de  l'auteur,  M.  A.  Seidel,  Rédacteur  en  chef  du 
Journal  colonial  allemand: 

a.  un  Vocabulaire  systématique  de  la  langue  vulgaire  chinoise 
du  nord  (dialecte  de  Peking)  publié  en  1901  à  Oldenbourg  et  Leipsic. 
Le  vocabulaire  est  divisé  en  rubriques  à  l'instar  des  vocabulaires 
bilingues  chinois. 

b.  la  seconde  édition  de  sa  Grammaire  de  la  langue  Japonaise 
parlée,  publiée  par  M.  A.  Hartleben  à  Vienne. 

Dans  cette  nouvelle  édition,  le  vocabulaire  systématique  de  la 
première  édition  a  été  supprimé,  l'auteur  se  proposant  de  le  faire 
paraître  prochainement  sous  une  forme  considérablement  plus  large. 

Pour  les  exercices  pratiques,  M.  Seidel  s'est  surtout  servi  de 
l'ouvrage  Meiji  Kaiwahen  de  M.  Mura  mats. 


KOUANO-SI 

TRADUCTION  DE  DOCUMENTS 

IllSTORIOUES,  GEOGRAPIIIODES  ET  ADMINISTRATIFS  SUR  LA  PROVhCE  DU  KOUANG-SI. 

TIRÉS  DU  «KOUANG-SI  T'ONG-TCHEU  TSI-YAO» 

^  ffi  a  ;è  I*  n 

(Compendium  des  renseignements  les  plus  utiles  sur  la  Province  du  Kouang-Si.) 


FAR 


J.  BEAUVAIS, 

Interprète  du  Consulat  do  France  à  Long-Tcheou. 
(Suite  de  la  page  29J. 


Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien  '). 
Historique. 

Dynastie  des  Han,  206  avant  J.-C.  à  221  après  J.-C.  Le  terri- 
toire actuel  de  la  Sous-Préfecture  formait  le  Hien  de  T'au-Tchong 
(/^  PJ^  )  qui  dépendait  du  Kiun  de  Yu-lin  (^  ^). 

Epoque  des  trois  Royaumes  (San  Kouo,  220  à  265)  et  Dynastie  de» 
Tsin,  265  à  420.  Le  territoire  actuel  de  la  Sous-Préfecture  formait 
le  Hien  de  T'an-Tchong,  qui  dépendait  alors  du  Eiun  de  Eouei-Lin 

Dynastie  des  Song,  420  à  479.  Le  territoire  actuel  formait  alors 
la  province  ou  Cheng  i-^)  de  T'an-Tchong-Hien. 

1)  Le  territoire  de  cette  Sous-Préfecture  renferme  la  capitale  de  la  Préfecture  de 
Lieou-Tcheou-Fou,  qui  est  en  même  temps  la  capitale  de  cette  Scas-Fréfectare. 


I 


60  J.    BEAUVATS. 

Dynastie  des  Ts'i,  479  —  502,  des  Leang,  502  à  557,  et  des 
Tch'en,  557  —  589.  La  dynastie  des  Ts'i  rétablit  à  nouveau  le  Hien 
de  T'an-Tchong  et  le  rattacha  au  Kiun  de  Kouei-Lin.  Il  fut  sup- 
primé par  la  suite. 

Dynastie  des  Souei,  581 — 619.  Le  territoire  actuel  constitua  le 
Hien  de  Ma-P'ing  qui  appartint  d'abord  à  Siang-Tcheou  (  ^  ^|»j  ) 
et,  au  début  de  la  période  Ta-Yé  (^  ^)  605—616  au  Kiun 
de  Cheu-Ngan  (^â  ^)- 

Dynastie  des  T'ang,  618 — 907.  Le  Hien  de  Ma-P'ing  constitua 
d'abord  le  siège  du  gouvernement  de  Kouen-Tcheou  (  ^  ^  )  puis 
il  en  fut  séparé  et  incorporé  au  Hien  de  Sin-P'ing  (  0f  ^p  ).  Dans 
le  milieu  de  la  période  Tcheng-Koan  (^  §§,)i  627—649,  il  forma 
le  siège  du  gouvernement  de  Lieou-Tcheou  (^|p  ^j^|  )  et  continua  à 
faire  partie  du  Hien  de  Sin-P'ing. 

Période  des  cinq  Dynasties.  5£  j^  »  907  —  960.  Le  Hien  de  Ma- 
P'ing  forma  le  siège  du  gouvernement  de  Lieou-Tcheou. 

Dynastie  des  Song,  960—1279.  Le  Hien  de  Ma-P'ing  appartenait 
au  gouvernement  de  Lieou-Tcheou. 

Dynastie  des  Yuen,  1279  —  1368.  Le  Hien  de  Ma-P'ing  appartenait 
à  la  marche  ou  Lou  de  Lieou-Tcheou. 

Dynastie  des  Ming,  1368  —  1644.  Le  Hien  de  Ma-P'ing  forma  le 
siège  de  la  préfecture  de  P"*  rang  ou  Fou  de  Lieou-Tcheou. 
Dynastie  actuelle  des   Ts'ing,  1644  à  nos  jours.  Rien  n'a  été  changé 
dans  le  précédent  état  de  choses. 

Limites  de  la  Sous-Préfectuve. 

Le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien  renferme 
la  cité  capitale  de  la  Préfecture  de  Liepu-Tcheou-Fou.  Il  mesure 
175  lis  de  l'E.  à  l'O.  et  170  lis  du  N.  au  S.  A  15  lis  à  l'E.,  il 
confine  au  territoire  de  la  Sous- Préfecture  de  Lo-Yong-Hien,  par 
le    poste    de    Tou-Tsing-T'ang  (®  ^^).    A  160  lis  à  l'O.,  au 


KOUANQ-SÏ.  6Î! 

village  de  Ling-Kiang-Ts'ouen  (  ^  J^X  ^  )»  i^  confine  au  territoire 
de  la  Sous-Préfecture  aborigène,  T'ou-Hien  (  j^  ^  )  ^^  Hin- 
Tch'eng    (i^f^)    dépendant    de    la    Préfecture    de    1*"^    rang    de 

K'ing-Yuen-Fou  (J^  Jâ  /fJ)-  ^  ^^^  ^^^  ^'^  ^•'  *"  P®^*^  ^®  ^"" 
Cheu-Pao  (  J^  ^  ^  ),  il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfec- 
ture de  Lai-Pin-Hien.  A  50  lis  au  N.,  au  poste  de  Cha-Mou-Pao 
(^  ^  ^)  i^  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de 
Lieou-Tch'eng-Hien.  A  80  lis  au  S.-E.,  au  poste  de  Eul-P'o- 
T'aug  (  Zl  H^  ^  ),  il  confine  au  territoire  de  la  préfecture  de 
2me  rang  de  Siang-Tcheou.  A  40  lis  au  N.-O.,  il  touche,  au 
village  de  Kou-Liug-Ts'oueu  ('^^>|*îj*)»  au  territoire  de  la 
Sous-Préfecture  de  Lieou-Tch'eng-Hien.  A  120  lis  au  S.-O.,  à  la 
passe  de  Pai-Tseu-Yai  (^  -^  |^),  il  confine  au  territoire  de  la 
Sous-Préfecture  de  Ts'ien-Kiang-Hien  (  ^  /X  ^  ^  dépendant  de  la 
Préfecture  de  pr  rang  de  Seu-Ngen-Fou  (.g.  Jgl  jfj).  A  170  lis 
au  N.-E.,  au  poste  de  Li-Yong-T'ang  (  ^I]  ^  ^  )  il  confine  au 
territoire  de  Sous-Préfecture  de  Lo-Youg-Hien. 

Montagnes  et  riyières. 

La  Montagne  du  Cheval  Céleste,  T'ien-Ma-Chan  (  ^  ,||  ji|  ); 
elle  porte  également  le  nom  de  Montagne  du  jeu  d'échecs  des  Esprits, 
Sien-Yi-Chan  (  fjlj  ^  |1|  ).  Elle  se  trouve  au  S.  un  peu  0.  de  la 
Sous-Préfecture.  Elle  est  élevée  et  couv^arte  d'arbres  et  de  bambous. 
Au  milieu  de  cette  montagne,  se  trouve  une  caverne  à  partir  de 
laquelle  on  peut  monter  jusqu'au  sommet.  Cette  grotte  est  séparée 
en  chambres  et  appartements  nombreux  par  des  sortes  de  cloisons. 
Cette  disposition  est  fort  étrange.  On  y  trouve  également  de  nom- 
breux bancs  de  pierre,  d'où  son  deuxième  nom. 

La  Moutagne  de  P'ing  (^  UJ  )•  ^  ^^  ^i  ^^  3*  ^^  ^  Sous- 
Préfecture.  Le  poëte  T'ao  Pi  (  pi^  5Ö5  )'  ^®  ^*  dynastie  des  Song,. 
960  à  1279,  a  composé  une  poésie  sur  cette  montagne. 


62  J.    B  KAU  VAIS, 

La  Montagne  du  Poisson  de  pierre,  Cheu-Yu-Chan  (^  ^  jl|  ). 
Elle  porte  également  le  nom  de  Pic  du  Poisson  dressé,  Li-Yu-Fong 
(  jjL  ^  ^  )•  Elle  se  trouve  à  2  lis  de  la  Sous-Préfecture.  Elle  est 
percée  à  jour  d'une  infinité  de  trous  ou  cavernes.  Des  hommes 
célèbres,  en  grand  nombre,  y  ont  gravé  des  poésies.  En  avant  de 
cette  montagne,  se  trouve  une  grande  caverne  munie  à  droite  et  à 
gauche  de  deux  portes  communiquant  avec  deux  cavernes  postérieures. 
Ces  excavations  sont  élevées,  claires,  absolument  comme  les  grandes 
salles  d'une  maison,  de  telle  façon  qu'il  est  fort  agréable  de  s'y 
rendre  en  pique-nique.  Au  pied  de  la  montagne  se  trouve  un  étang  qui 
porte  le  nom  de  l'Etang  du  petit  Dragon,  Siao-Long-T'an  (  /J>  ^||  *^  ). 
Il  renferme  beaucoup  de  poissons  et  communique  avec  le  Ta-Kiaug 
iy^  /I  ),  le  grand  fleuve.  Son  niveau  suit  celui  des  eaux  de  la  rivière. 

La  Montagne  de  l'Amphore,  Tseng-Chan  (^  [Jj  )  au  S.-E.  de 
la  Sous-Préfecture.  Cette  montagne,  s'élève  à  pic  de  tous  côtés. 
Elle  a  une  hauteur  de  50  pieds.  La  forme  afiPecte  la  rondeur  d'une 
amphore. 

La  Butte  des  Perdrix,  Tche-Kou-Toei  (  Ê|  iîj|  i#  )  devant  la 
résidence  de  l'Inspecteur  des  Etudes  de  la  Sous- Préfecture.  Un 
dicton  prétend  que  si  une  perdrix  s'envole  de  cette  butte,  il  y  aura 
cette  année  là  un  Tchouang-Yuen  (  jjjç  yj^  ),  (le  numéro  1  du  con- 
cours du  Doctorat)  dans  la  circonscription. 

La  Montagne  des  Pies,  Tsio-Chan  (  "^  [Jj  )•  Elle  portait  an- 
ciennement le  nom  de  Montagne  de  la  Joie,  Lo-Chan  (  ^  jjj  ). 
Elle  se  trouve  au  N.  de  la  cité.  C'est  la  plus  belle  des  montagnes 
de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  des  Oies,  Ngo-Chan  (J§  |1|),  à  3  lis  à  l'O.  de 
la  Sous-Préfecture.  Une  source  tombe  en  cascade  du  milieu  de  cette 
montagne.  Cette  cascade  vue  de  loin  ressemble  à  deux  oies  qui  s'en- 
volent et  c'est  cette  particularité  qui  a  fait  donner  à  la  montagne 
le  nom  qu'elle  porte. 


KOUANG-Sl.  68 

La  Montagne  de  Kia-Ho  {% '^  |Jj  ),  au  8.  de  la  Sous-Pré- 
fecture. Un  de  ses  côtés  donne  sur  le  grand  fleuve,  le  Ta-Kiang. 
Elle  formait  une  sorte  d'écran  à  l'ancienne  préfecture. 

La  Montagne  des  Cerfs,  Ma-Lou-Chan  (  .B^  J^  li|  )  à  l'E.  de  la 
Sous-Préfecture.  Les  deux  montagnes  qui  composent  ce  petit  massif 
ont  l'aspect  de  deux  cerfs  mâle  et  femelle,  qui  sont  de  compagnie. 

La  Montagne  des  quatre  vieilles  femmes,  Seu-Mou-Chan  (  plj  ^^ 
|J|j  )  à  5  lis  à  rO.  de  la  Sous-Préfecture.  Cette  montagne  eat  très- 
escarpée  sur  toutes  les  faces  et  ne  se  rattache  à  aucune  autre. 

La  Montagne  du  Tonnerre,  Lei-Chan  (  ^  [ij  )  à  10  lis  au  S. 
de  la  Soua-Préfecture.  Au  pied  de  cette  montagne  se  trouvent  les 
temples  de  Fei-Lai-Miao  (  ^  ^  ^  )  et  de  Tsouei-Ling-Miao  (  ^ 
^  ^  ).  On  y  trouve  encore  un  étang  très  profond  qui  porte  le 
nom  de  l'Etang  du  grand  Dragon,  Ta-Long-T'an  (-^  ^  )^  ). 

La  Chaine  de  Siang-T'ai  (  ;J§  §  'ftS  )  '*  ^^  ^^^  *^  N-  ^^ 
la  cité. 

La  Montagne  du  Mur  du  Dragon,  Long-Pi-Chan  (^-^^  jjj  ) 
à  15  lis  au  N.-E.  de  la  cité.  Au  milieu  de  cette  montagne  se  trouve 
une  paroi  rocheuse,  en  forme  de  mur,  au  pied  de  laquelle  se  trouve 
un  rapide,  constituant  une  des  passes  donnant  accès  à  la  cité  capi- 
tale de  la  Préfecture.  Cette  montagne  renferme  en  outre  une  grotte 
qui  porte  le  nom  de  caverne  de  la  passe,  Kouan-Tong  (  ^  '/{^  )• 
Un  poëte  de  l'époque  des  Song,  T'ao  Pi,  parlant  d'elle,  l'appelait  la 
grotte   céleste   des  vapeurs  et  des  nuages  Yen-Hia-Tong-T'ien  (  j^ 

La  Montagne  du  Dragon  replié  sur  lui-même,  P'an-Long-Chan 
(  i^  ^  jjj  ))  à  l'E.  de  la  Sous-Préfecture.  Un  chemin  conduit  à 
une  caverne  creusée  dans  cette  montagne.  Cette  caverne  est  vaste 
et  claire.  Au  bas  de  la  montagne  se  trouve  l'Etang  de  Teng-T'an 
iWt  */^  )•  ^®"^  ^^  Dynastie  des  Ming  (  U^  ),  Ouang  K'i  Jouei  (  ^ 
j^  ^  )  se  cacha  dans  cet  endroit.  Il  a  été  publié  un  livre  intitulé 


I 


Qi  J.    BEAUVA.IS. 

histoire  de  la  Montagne  du  Dragon  enroulé,  P'an-Long-Chan-Tcheu 

Rivières. 

La  rivière  Lieou  (  ^p  fX.  )• 

Elle  passe  eu  dehors  de  la  porte  S.  de  la  capitale  de  la  Pré- 
fecture. Elle  porte  également  le  nom  de  T'an-Chouei  (/^  '^)- 
Son  cours  supérieur  porte  le  nom  de  Fou-Lou-Kiang  (  JÜg  j^  yX  )• 
Cette  rivière  provient  de  la  circonscription  ou  Tchang-Koan-Seu 
(  -M  'j^  ^  )  de  Yang-Tong  (  ^  ^/j^  )  dans  les  montagnes  de  l'O. 
ou  Si-Chan  (  ®  (Jj  )  de  la  province  du  Kouei-Tcheou  (  ^  j^  ). 
Elle  coule  d'abord  au  S.,  elle  entre  sur  le  territoire  de  la  province 
du  Kouang-Si  (  ^  |§  ),  elle  passe  à  l'O.  de  la  Sous- Préfecture  de 
Houai-Yuen-Hien  (Ig  1^  ^)'  '^  ^'^-  ^^  ^^  Sous-Préfecture  de 
Yong-Hien  ( ^È  ^ )i  elle  prend  le  nom  de  Yong-Chouei  (  J4  ;[fC)i 
rivière  aux  eaux  chaudes,  et  ne  commence  à  s'appeler  Lieou- 
Kiang,  qu'après  être  passée  sur  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture 
de  Lieou-Tch'eng-Hien  (^^p  ^^  ^).  Elle  arrive  à  l'O.  de  la  capi- 
tale de  la  Préfecture  de  Lieou-Tcheou-Fou,  puis  elle  se  dirige  au 
S.-E.  et  passe  à  Kiang-K'eou-Tchen  {fji  P  |^),  elle  reçoit  les 
eaux  de  la  rivière  Siang-Seu-Tai  (;J5g  ^@^  iß^)  et  d'autres  ruisseaux 
des  Sous-Préfectures  de  Yong-Fou-Hien  (  3<  Si  R  )  ^^  ^^^  ^'^^^ 
Yong-Hien  (^^  §  ^).  Elle  passe  sur  le  territoire  de  la  Préfec- 
ture de  2™^  rang  de  Siang-Tcheou  (  ^  j»H  ),  elle  entre  ensuite  sur 
le  territoire  de  la  Préfecture  de  1^^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou 
(i^  ^  jfj)  et  prend  le  nom  de  K'ien-Kiang  (||^*^)  ou  de 
Siu-Choueï  ("^  ^)' 

La  rivière  des  Oies,  Ngo-Kiang  (  ^|  /X )  ^^  Ngo-Chouei  i^;^)- 

Elle  passe  à  40  lis  au  S.-O.  de  la  Sous-Préfecture.  Sa  source 
sort  de  la  Montagne  des  Oies,  Ngo-Chan(^§  |ll  )•  C'est  un  affluent 
du  Lieou-Kiaug. 


K0UANa-9I.  ^ 

La  rivière  Houang-P'o  (^  ^  '^)- 

Elle  coule  à  30  lis  à  TO.  de  la  Sous-Préfecture.  Sa  source  sort 
de  la  montagne  de  Houang-Ki  ( ^  ^  ll|).  Elle  se  réunit  à  la 
rivière  Ngo-Chouei  et  se  jette  dans  le  Lieou-Eiang. 

La  Fosse  du  Grand  Dragon,  Ta-Loug-T'an  (  ;;Ac  lH  ïp  )  à  3  lis 
au  S.  de  la  Sous-Préfecture  an  pied  de  la  Montagne  du  Tonnerre, 
Lei-Chan;  on  lui  donne  aussi  le  nom  d'Etang  du  Tonnerre,  Lei- 
T^'f^^g  (  ^  ^  ).  Aux  époques  de  sécheresse,  c'est  auprès  de  cet 
étang  que  l'on  va  dire  les  prières  pour  demander  la  pluie.  Tchang 
Tchong-kien  (  $^  ;^  ^  )  y  avait  une  terrasse  pour  pêcher  des 
poissons  et  Lo  Siang-san  (  ^  ^  ^  )  s'y  retirait  dans  la  grotte  de 
Long-Yin-Tong  (  f|  ^  ?I^  ). 

La  fosse  du  petit  dragon,  Liao-Long-T'an  (/J>  ^  )^)  à  2  lis 
au  S.  de  la  ville  et  au  pied  de  la  Montagne  du  Poisson  dressé, 
Li-Yu-Chan.  Lou  Hong-tsien  (^JçfjaS^)  dans  son  livre  qu'il  a 
intitulé  Tch'a-King  (  ^  ^  ),  appelle  cet  étang  la  source  ronde 
Yuen-Ts'iuen  (  U  ;^  )• 

L'Etang  des  Nénuphars  blancs,  Pai-Lien-Tch'eu  (Q  ^  *^)' 
En  dehors  du  bastion  N:  de  la  viUe.  Cet  étang  possède  neuf  ouver- 
tures. Il  en  sort  une  source. 

L'Etang  de  Pang-Cheng-Tch'eu  (  ;J4;  ^  j^  )  au  S.  de  la  rivière. 

L'Etang  de  Lo-Tch'eu  (  j^  ffe  )  au  S.  de  la  ville.  Il  sert  à  l'ir- 
rigation des  champs.  A  côté  de  cet  étang  se  trouve  la  pagode  de 
Lo-Tch'eu-Miao  (  ^  */fe  ]^  )  qui  n'est  autre  que  la  pagode  de 
Lieou  Tsong-yuen  {Ißf  ^  jt)- 

La  source  de  Lou  Tao-sien  (|^  ^  f|lj  ^  )  à  10  lis  an  S.  de  la 
cité  au  pied  de  la  grotte  des  Esprits,  Sien-yen  (  f[l|  ^  )• 

La  source  de  Ling-Ts'iuen  (  ^  ^  )  à  70  lis  à  l'O.  de  la  cité.  Elle 
ne  coule  pas,  quoiquelle  ne  soit  pas  cependant  entièrement  desséchée. 
Dans  l'eau  de  cette  source,  on  rencontre  quantité  de  poissons  noirs 
et  verts.  Ce  sont  des  Cheu-Tsi  (  ^  Q^  )  ou  carpes  de  roche. 


66  J.    BBAUVAIS. 

Les  puits  du  N.  de  la  ville  Pei-Tch'eug-Tsing  (  :f  t  ÎÈ  #  )• 
Ce  sont  ceux  de  Lieou  Tsoug-yuen  (  ;^p  ^  ;7|^  ^  )  et  de  Ouen 
Ping  (  ^  ^  ^  ),  tous  creusés  dans  le  roc. 

Mandarins. 

Un  Sous-Préfet,  Tcheu-Hien  {^  ^). 

Ses  appointements  dits  Ngo-Fong,  sont  de  45  taëls  d'argent. 

Il  touche  en  outre  à  titre  de  Pien-Fong,  trente  huit  taëls  d'ar- 
gent 3  ts'ien  un  feuu;  2'  à  titre  de  Yang-Lien,  1100  taëls  d'ar- 
gent; 3°  à  titre  de  Yen-Kouei- Yang- Lien,  240  taëls  d'argent,  et 
enfin  à  titre  de  Hao-Sien- Yang-Lien  (^-^^j^)»  173  taëls 
d'argent  environ. 

Ce  fonctionnaire  a  droit  à  un  personneide  23  hommes  de  yamen, 
porteurs  de  chaises,  de  parasols  et  d'éventails,  palefreniers,  plantons 
et  policiers,  pour  l'entretien  desquels  il  lui  est  alloué  par  an  une 
somme  de  138  taëls  d'argent.  Il  a  droit  également  à  40  hommes 
des  milices  régionales,  ou  Min-Tchouang,  pour  l'entretien  desquels 
il  touche  annuellement  une  somme  de  119  taëls  d'argent  7  ts'ien 
3  feun  5  li;  et  150  cheu  3  teou  3  cheng  6  cho  de  riz.  Enfin  il 
a  droit  également  à  28  policiers,  garde-magasins  et  geôliers  aux- 
quels il  est  attribué  par  an  168  cheu  de  riz. 

Un  chef  de  circonscription,  ou  assistant  de  2™®  classe  de  Sous- 
Préfet,  Siun-Kien  (  ^  ^  )  pour  la  circonscription,  de  San-Tou-Siu 
(H  15  ^^),  San-Tou-Sin-Siun-Kien  (H  fP  ^  M  fê)- 

Ses  appointements  sont  de  31  taëls  d'argent  5  ts'ien  et  2  feun. 
Il  touche  à  titre  de  Yang-Lien,  80  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  2 
sbires,  pour  l'entretien  desquels,  il  touche  annuellement  67  taëls 
7  ts'ien   2  feun  6  li. 

Un  chef  de  circonscription,  assistant  de  2°^°  classe  de  Sous-Préfet, 
Siun-Kien,  pour  la  circonscription  de  Tch'oan-Chan-Siun-Kien  (  ^ 


KOUANQ-SI.  •? 

Ses  appointements  et  son  personnel  sont  identiques  à  ceux  do 
précédent  Siun-Kien. 

Un  maître  de  police  et  gardien  de  prison  de  Sous-Préfecture, 
Tien-Cheu  (Ä  ^). 

Ses  appointements  sont  semblables  à  ceux  des  Siun-Kien  précé- 
dents. Il  a  droit  à  un  personnel  de  5  portiers  et  sbires  pour 
l'entretien  desquels,  il  touche  chaque  année  une  somme  de  30  taëls. 
Il  a  droit  également  à  7  palefreniers  pour  lequel  il  reçoit  annuelle- 
ment 6  cheu  de  riz.  Les  années  où  il  y  a  un  13"*^  mois  intercalaire, 
.  il  reçoit  en  outre  5  ts'ien  d'argent. 

Un  directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecteurs,  Kiao-Yu  (^|^) 
et  un  sous-directeur  d'Etudes  de  Sous- Préfecture,  Hiun-Tao  (  ^ij  1^). 

Les  appointements  de  chacun  de  ces  2  fonctionnaires  sont  de 
40  taëls.  Ils  ont  droit  chacun  à  2  portiers,  pour  l'entretien  desquels 
ils  touchent  par  an  12  taëls,  et  à  16  pourvoyeurs  pour  les  jeûnes, 
pour  l'entretien  desquels  ils  touchent  48  taëls. 

Ecoles. 

Nombre  de  Bacheliers  littéraires:  12. 

Nombre  de  Bacheliers   militaires;   12, 

On  a  ensuite  augmenté  d'une  unité  chacun  de  ces  2  chiffres. 

Bacheliers  subventionnés  Lin-Cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  20.  Chacun  touche  par  an  une  quantité 
de  riz  fixée  à  3  cheu  3  teou  4  cheng  6  cho  8  tch'ao.  Ce  qui  fait 
au  total  une  quantité  de  riz  de  66  cheu  8  teou  1  cheng  3  ho 
6  cho.  Dans  les  années  qui  renferment  un  13™®  mois  intercalaire, 
cette  quantité  est  augmentée  de  5  cheu  5  teou  6  cheng  7  ho 
8  cho. 

Un  bachelier  du  grade  de  Eong-Cheng  est  nommé  tous  les  2  ans. 
Les  terres  appartenant  aux  écoles,  out  une  superficie  de  2  k'ing  (  ^) 


0<8  J.    BKAUVAÏS. 

13  meou  1  feun,  composés  de  terrains  de  l^*"^  qualité,  rapportanb  un 
fermage  de  13  taëls  d'argent  5  ts'ien  6  li. 

Bendement  des  Impôts. 

Le  produit  total  de  l'Impôt  foncier  est  de  2362  taëls  d'argent 
4  ts'ien  2  feun  1  li. 

Durant  les  années  qui  renferment  un  13™®  mois  intercalaire,  le 
rendement  est  augmenté  de  138  taëls  d'argent  4  feun  2  li. 

L'impôt  sur  le  riz  donne  un  rendement  de  1652  cheu  (piculs 
de  60  kilogrammes),  la  provision  de  grains  des  greniers  est  fixée 
à  16539  cheu. 

Positions  stratégiques. 

1°  Ma-P'ing-Hien,  qui  renferme  la  cité  capitale  de  Lieou- 
Tcheou-Fou.  * 

2**  Le  cantonnement  du  bataillon  de  Tchen-Lieou,  Tchen-Lieou- 
Yiog  (  ^  -IIP  "^  )  sur  la  rive  N.  du  fleuve  Lieou-Kiang. 

3°  Le  poste  de  Tcli'oan-Chan-Pao  (  ^  |_Lj  ^)  à  40  lis  au  S. 
de  la  Sous- Préfecture.  C'était  anciennement  un  relai  de  poste  Yi  (J|^); 
on  en  a  fait  actuellement  une  circonscription  administrée  par  un 
assistant  de  2°^®  classe  de  Sous-Préfet  ou  Siun-Seu  (  ^  ^  ). 

4°  Le  bourg  de  Sin-Hing-Tchen  (|ff  Ä  Ä)  ^  50  lis  à  l'E.  de 
la  Sous-Préfecture,  ainsi  que  ceux  de  Tou-Po-Tchen  (  ^  \^  ^  ) 
et  de  Kouei-Sin-Tchen  C^  "^  ^^)-  Us  formaient  anciennement 
un  Siun-Seu,  qui  a  été  supprimé, 

5°  Le  bourg  des  Camphriers,  Tchang-Mou-Tchen  (;|^  ^  ^)  à 
60  lis  à  rO.  de  la  Sous-Préfecture.  A  la  fin  de  la  dynastie  des 
Ming,  lorsqu'on  eut  réduit  la  révolte  des  aborigènes  Tchoang  (^^), 
ce  bourg  fut  élevé  par  un  certain,  Ouei  Tcheu-tao  (^  ^^)' 

6°  Le  poste  de  Yu-Ouo-Tchai  (  "^  ^  |^  )  au  S.-O.  de  la  Sous- 
Préfecture,   dans    un    coin   de  la  frontière   des   deux  préfectures  de 


KOVANO-SI.  '60 

Lieou-Tcheou-Fou  et  de  K'ing-Yueu-Fou.  Sous  la  dynastie  des 
Ming,  1368—1644,  et  pendant  les  années  de  la  période  Eia-tsing 
(^  j||),  1522-1566,  (empereur  Cheu-Tsong  Sou-Hoang-Ti  ^ 
^  Ä  M  ^*  )'  *^°°*  ^®  °°™  personnel  était  Heou-Ts'ong  (  jÇ  'jj^  ). 
les  chefs  de  pirates  Ouei  Kin-t'ien  (_^  ^  5J  )  et  consorts  cou- 
paient les  voies  de  communication  terrestres  et  fluviales.  Le  Goa- 
verneur  général  Tchang  Yo  (  ^  -^  )  fit  assembler  3  compagnies 
de  soldats  et  cerner  le  repaire  de  Yu-Ouo-Tch'ao  (  ^  ^  ^  ) 
lequel  était  entouré  d'une  muraille  de  pierres  fort  haute  et  d'ou- 
vrages considérables  en  terre.  Les  troupes  impériales  ne  purent 
enlever  de  vive  force  cette  forteresse.  Elles  ne  s'en  emparèrent  qu'à 
la  longue  et  ce  fut  à  partir  de  ce  moment  qu'elle  fut  rasée. 

7**  Le  poste  des  3  rivières  San-Kiang-Pao  (^  yX  ^)  ^  10  lis 
au  S.  de  la  Sous-Préfecture.  Il  porte  également  le  nom  de  San- 
Kiang-k'eou  (  ^  '/X  P  )•  C'est  le  point  de  réunion  des  3  rivières 
Tou-Lo-Chouei  (/^  j^  ;JC),  Lo-ts'ing-Kiang  {'^ '^  tL)  ^^  Ngo- 
Chouei  (  Jl  :;(C  ). 

8°  Le  porte  de  Tch'ang-p'iug-Pao  (  ;g  ^  ^  )  à  30  lis  au  S. 
de  la  Sous-Préfecture. 

9°  Le  porte  de  Ou-Cheu-Pao  { i%  ^  ^)  à  80  lis  au  S.  de  la 
Sous-Préfecture. 

Sur  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  et  à  une  distance  de  10 
lis  de  la  ville  de  Lieou-Tcheou-Fou,  se  trouvent  des  indigènes 
Tchoang  (^g). 

A  50  lis  de  distance  sont  des  territoires  habités  par  des  abori- 
gènes Yao  {'^),  Lang  (^^),  Ling  (^-p^)  et  Ya  (^^).  Aussi  de- 
puis fort  longtemps  avait-on  établi  à  proximité  de  ces  territoires  et 
dans  tous  les  endroits  les  plus  importants  des  postes  ou  Pao,  du 
genre  de  celui  de  Ou-Cheu-Pao,  dans  lesquels  on  avait  fixé  de 
petites  garnisons. 


70  ,  J.    BEAUVAIS. 

Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-hien. 
Historique. 

De  la  Dynastie  des  Han^  206  avant  J.-C.  à  220  après  J.-C, 
à  la  Dynastie  des  Tch'en  (|^),  557  à  589  après  J.-C.  Le  terri- 
toire actuel  de  la  Sous- Préfecture  de  Lo-Yong-Hien  (  ^||  ^  ^  ) 
faisait  partie  du  Bien,  de  T'an-Tchong  ()!p  F|î  )• 

Dynastie  des  Souei,  581—619.  Le  territoire  actuel  de  la  Sous- 
Préfecture  faisait  partie  du  Hien  de  Siang-Eien  (^  ^)  lequel 
appartenait  au  Kiun  de  Cheu-Ngan  (  ^^  ^  ). 

Dynastie  des  T'ang,  618 — 907.  Au  milieu  de  la  période  Tcheng- 
Koan  (  ^  ^S)  le  Hien  de  Lo-Yong  fut  constitué  et  rattaché  à 
Lieou-Tcheou.  Quant  au  Hien  de  Siang-Hien,  il  appartenait  d'abord 
au  Tcheou  de  Kouei-Tcheou  (  :^  j^)-  ^^  ne  fut  que  par  la  suite 
qu'il  fut  incorporé  au  Tcheou  de  Lieou-Tcheou. 

Période  des  Cinq  petites  Dynasties  —  3£  j\,  —  ^^^  —  960.  Le 
Hien  de  Lo-Yong  appartenait  au  Tcheou  de  Lieou-Tcheou. 

Dynastie  des  Song,  960  —  1279.  Durant  la  4^^  année  de  la  pé- 
riode Kia-Yeou  {^^)  1059  le  Hien  de  Lo-Yong  fut  diminué  et 
son  territoire  réuni  à  celui  de  Siang-Hien. 

Dynastie  des  Yuen,  1279—1368.  Le  Hien  de  Lo-Yong  appar- 
tenait à  la  marche  ou  Lou  de  Lieou-Tcheou. 

Dynastie  des  Ming,  1368  —  1644.  Durant  la  4™^  année  de  la  pé- 
riode Ouan-Li  C^  ^)  1576,  Empereur  Chen-Tsong  Hien  (  f  ^  ^ 
^  ^  ^ )  ^^^^  ^®  ^^^  personnel  était  Yi-Kiun  {^^  ^))  le  Hien 
de  Lo-Yong  fut  séparé  de  la  marche  de  Lieou-Tcheou  et  rattaché 
à  la  préfecture  de  P"^  rang  ou  Fou  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

Dynastie  actuelle,  1644  à  nos  jours.  Rien  n'a  été  changé  dans 
le  précédent  état  de  choses. 


KOUAWî-81,  71' 


Limites. 


La  Sous- Préfecture  de  Lo-Yong-Hien  est  située  à  60  lis  au  N.-E. 
de  la  préfecture  de  Lieou-Tcheou-Fou.  Son  territoire  mesure  65  lis  de 
TE.  à  rO.  et  200  lis  du  N.  au  S. 

A  30  lis  à  l'E.,  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  confine,  à  Houa- 
Chan-k'iao  (  ^  |_L|  ^  ),  au  territoire  de  la  Sous-préfecture  de  Yong- 
Fou-Hien  (  ^  jjfg  ^  )  qui  dépend  de  la  préfecture  de  premier  rang 
de  Kouei-Lin-Fou  (  ;|^  #  jfrf  )• 

A  35  lis  à  rO.,  au  bac  de  San-Meun  (  ^  P^  {^  ),  il  confine  à 
celui  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  130  lis  au  S.,  au  village  de  Yun-Kiang-Ts'ouen  (3||  )^  >|»»|*) 
il  confine  à  celui  de  la  préfecture  de  2jne  rang  de  Siang-tcheou. 

A  70  lis  au  N.,  au  poste  de  Kiai-Pai-Pao  ( ^  ){$  ^ )  il  con- 
fine au  territoire  de  la  préfecture  de  2°^^  rang  de  Yong-Ning-Tcheou 
(  ^  ^  j»j>|  ),  de  la  préfecture  de  P""  rang  de  Kouei-Lin-Fou. 

A  60  lis,  au  S.-E.,  par  la  chaîne  de  Ping-Ho  (  j^  ^  ^  )  il 
confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Sieou-Jen-Hien  {j^ 
i^  ^)  dépendant  de  la  préfecture  de  l^'^rang  deP*ing-Lo-Fou  (^ 

mm 

A  60  lis  au  N.-O.,  au  village  de  Lou-Tch'ong-Ts'ouen  (  ^  '/i^  jjl^  ) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Lieou-Tch'eng-Hien. 

A  60  lis  au  S.-O.,  au  village  de  Hong-Houa-Ts'ouen  (  j^  ^  ;j»ij*) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  90  lis  au  N.-E.,  à  Kieou-Hien  (^0)  —  la  vieille  Sous- 
préfecture,  —  il  confine  au  territoire  de  la  préfecture  de  2"®  rang 
de  Yong-Ning-Tcheou,  dépendant  de  la  préfecture  de  P"^  rang  de 
Kouei-Lin-Fou. 

Montagnes  et  Rivières. 

La  Montagne  Maîtresse,  Tchou-Chan  (  ^  |Jlj  ).  Eu  dehors  de  la 


72  J.    BEAUVAIS. 

porte  du  N.  A  gauche  de  cette  montagne,  se  trouve  celle  de  Chouang- 
T'ong  ('^  ^  |i|)  et  à  droite  celle  de  Tsiu-Kiang  (^  ^  UJ). 

La  caverne  de  l'Eléphant  blanc,  Pai-Siang-yen  (  ÉI  ^  J^  )  ^ 
7  lis  à  VO.  de  la  Sous-préfecture.  Il  s'y  trouve  trois  cavernes  super- 
posées. A  l'époque  des  Song,  960  —  1279,  un  Tchouang-Yuen  (  ^j^  yj^  ) 
(le  premier  de  la  liste  du  Doctorat),  nommé  Ouaug  Oheu-tso  (  ^E 
ift  M"]  )  ^®  rendait  habituellement  dans  cette  caverne  pour  s'y  livrer 
à  l'étude.  Du  sommet  de  la  montagne,  tombent  deux  grandes  lianes 
longues  de  plus  de  100  pieds  chacune  et  en  tout  semblables  à  deux 
colonnes.  Dans  la  caverne  inférieure  sont  gravés  quatre  caractères: 
«T*ien-Jan-Ta-Hia»  (^  ^  ^  >M  )'  ^^^^  Providence  a  ménagé  là 
une  grande  habitation». 

La  Montagne  de  Jou-Lai  (^  ^  |lj  )  à  15  lis  au  S.  de  la 
Sous-Préfecture. 

La  chaîne  du  Pied  de  cheval,  Ma-fi-Ling  (  j^  ^  ^  )  à  25  lis 
au  S.  de  la  Sous-Préfecture.  Une  rivière  sort  de  ce  massif  à  l'E.  et 
se  réunit  à  la  rivière  T*ai-Ho  (^  5(«P  yX)  ^^^  coule  sur  le  terri- 
toire de  la  Sous-préfecture  de  Yong-Fou  (  ^  Se  )^  )• 

La  caverne  du  Dragon  blanc,  Pai-Long-yen  (  f^  ^  ^  ),  à  60 
lis  au  N.-O.  de  la  Sous-Préfecture.  L'ancienne  Sous-Préfecture  se 
trouvait  à  ses  pieds. 

La  Montagne  de  Seu-Ouei  (,g  ®  li|  )  à  70  lis  au  N.-E.  de  la 
Sous-Préfecture.  Sur  un  sommet  se  trouve  une  source  d'eau  qui  ne 
s'assèche  pas  de  toute  l'année. 

La  Montagne  des  Aigles,  Ying-Chan  (  ;^  |JLl  ),  dans  l'enceinte 
de  l'ancienne  capitale  de  la  Sous-Préfecture. 

La  Chaîne  des  Six-cents,  Lou-Po-Ling  (  ^  "g^  ^  )  à  60  lis  au 
S.  de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  Ta-Ting  (^  ^  |Ij)  à  70  lis  au  N.  de  la 
Sous-Préfecture. 

La   rivière  Lo-Ts*ing   (  JSS'  '^  ^)   à  un  demi-li   au  S.   de  la 


KOUANfl-Sl.  78 

Sous-Préfecture.  Elle  se  sépare  de  la  rivière  Eouei  (;(^  ^)  arrose 
le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  et  à  San-Kiang-K'eou  (  ^  yX  tJ  ) 
elle  se  réunit  à  la  rivière  Lieou  (^p  /X)«  ^^^^  ^  donné  un  nom 
(Lo)  à  la  Sous- Préfecture. 

La  rivière  des  Trois  portes,  San-Meun-Kiang  (^  P^  J^)  "a  l'O. 
de  la  Sous-Préfecture.  Elle  vient  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing- 
Hien  et  se  réunit  au  Lo-Ts'ing-Kiang  (Nota:  C'est  le  Lieou-Kiang). 

La  rivière  de  Chan-Tao  (jlj  ^  /X)  à  l'E.  de  la  Sous-Préfec- 
ture. Elle  provient  de  la  Sous-Préfecture  de  Yong-Fou-Hien  et  se 
jette  dans  le  Lo-Ts'ing-Kiang. 

Mandarins. 

Un  sous  préfet,  Tcheu-Hien. 

Les  appointements,  dits  Ngo-Fong,  sont  de  45  taëls  d'argent.  Il 
touche  en  outre:  1°  à  titre  de  Pien-Fong,  40  taëls  d'argent  environ; 
2"  à  titre  de  Yang-Lieu,  750  taëls  d'argent;  3°  à  titre  de  Yen-Kouei- 
Yang-Lien,  100  taëls  d'argent;  et  4°  à  titre  de  Hao-Sien-Yaug-Lien, 
178  taëls  d'argent  7  ts'ien.  Il  a  droit  à  87  employés  subalternes  pour 
l'entretien  desquels  il  touche  par  an  une  somme  de  522  taëls  d'argent. 

Un  assistant  de  2°^®  classe  de  Sous-préfet,  ou  Siun-Kien,  pour 
la  circonscription  de  P'ïng-Lo-Tchen  (^  ^  ^)  P'ing-Lo-Tchen- 
Siuu-Kien. 

Les  appointenants,  dits  Ngo-Fong,  sont  de  31  taëls  d'argent 
5  ts'ien  2  feun.  Il  touche,  à  titre  de  Yang-Lien,  80  taëls  d'argent. 
Il  a  droit  à  5  sbires  et  palefreniers,  pour  l'entretien  annuel  desquels 
il  touche  une  somme  de  trente  taëls  d'argent,  et  à  24  archers,  pour 
l'entretien  aauuel  desquels  il  touche  la  somme  de  81  taëls  d'argent 
2  ts'ien   7  feun  2  li. 

Un  assistant  de  2™®  classe  de  Sous  préfet,  ou  Siun-Kien,  pour 
la  circonscription  de  Ki»ng-K'eou-Tchen  ( /X  P  ^)  Kiang-K'eou 
Tcheu-Siun-Kien. 


74  J.    BEAU  VA  IS. 

Les  appointements,  Ngo-Foug,  et  ce  qui'il  touche  à  titre  de  Yang- 
lien,  se  montent  aux  mêmes  sommes  que  pour  le  précédent  Siun-Kien. 
Il  a  droit  à  2  sbires,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  une 
somme  de  12  taëls  d'argent,  et  à  12  archers  pour  l'entretien  annuel 
desquels  il  touche  40  taëls  d'argent  6  ts'ien  3  feun  6  li. 

Un  maître  de  police  et  gardien  de  prisons  de  Sous-Préfecture, 
Tien-Cheu. 

Il  touche  des  appointements  et  un  Yang-Lien  identiques  à  ceux 
des  précédents  Siun-Kien.  Il  a  droit  à  un  personnel  de  six  sbires  et 
palefreniers,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  une  somme 
de  36  taëls  d'argent. 

Un  directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecture,  Kiao-Yu,  et  un  sous- 
directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecture,  Hiun-Tao. 

Les  appointements  de  chacun  de  ces  deux  fonctionnaires  sont  de 
40  taëls  d'argent.  Ils  ont  droit  chacun  à  un  personnel  de  deux  portiers, 
pour  l'entretien  annuel  desquels  ils  touchent  chacun  une  somme 
de  12  taëls  d'argent,  et  à  8  pourvoyeurs  pour  les  jeûnes,  chacun, 
soit  au  total  16  pourvoyeurs,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  est 
prévu  une  somme  de  48  taëls  d'argent. 

Écoles. 

Nombre  des  bacheliers  littéraires:  12.  —  Nombre  des  bacheliers 
militaires:  12. 

Bacheliers  subventionnés,  Lin-Cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  13.  Ils  touchent  annuellement  une  somme 
totale  de  26  taëls  d'argent,  que  l'on  augmente  de  2  taëls  un  ts'ien 
six  feun  sept  li,  durant  les  années  où  il  y  a  un  treizième  mois 
intercalaire. 

Un  bachelier  du  grade  de  Kong-Cheng  est  nommé  tous  les  deux  ans. 

La  superficie  primitive  des  terres  appartenant  aux  écoles  est  de 
deux  K'ing  cinq  meou  sept  feun  cinq  li.  Dans  ce  total,  les  terres 


'koUanq-81.  75 

incultes  entrent  pour  une  superficie  de  un  k'ing  onze  meou  sept 
feun  cinq  li.  Il  reste  donc  seulement  pour  les  bonnes  terres,  une 
éteudue  de  94  meou,  qui  rapportent  un  fermage  de  9  ts'ien  et  4  feun. 

Impôts. 

Le  produit  total  de  l'impôt  foncier,  Ti-Ting,  est  de  2531  taëls 
d'argent  un  ts'ien  neuf  feun  8  li.  Durant  les  années  qui  ont  un 
treizième  mois  intercalaire,  ce  total  est  augmenté  de  138  taëls  d'argent 
4  feun  et  deux  li,  ce  qui  fait  un  total  de  2669  taëls  d'argent  deux 
ts'ien  quatre  feun. 

La  provision  de  grain  des  greniers  est  fixée  à  14.000  cheu. 

Positions  stratégiques. 

1"  Lo-Youg-Hien.  Cette  Sous- Préfecture  se  trouve  sur  les  voies 
de  communication  qui  unissent  le  territoire  de  Lieou-ïcheon-Fou  à 
celui  de  Kouei-Lin-Fou.  Elle  et  la  Préfecture  voisine  de  2®  rang 
de  Yong-Ning-Tcheou  se  pénétrent  l'une  l'autre  comme  les  dents  de  la 
mâchoire  d'un  chien.  Le  territoire  de  Lo-Yong-Hien  est  entouré 
de  montagnes.  Il  maintient  les  différentes  contrées  habitées  par  les 
aborigènes  Miao  (  ]^  )  et  Yao  {  ^  ). 

2°  Le  Bourg  de  P'ing-Lo-Tchen  (^p  ||  ^);  à  70  lis  au  N.-E. 
de  la  Sous- Préfecture  actuelle,  à  l'endroit  appelé  Tchong-Tou  (  ffï  ^  ) 
se  trouvait,  au  début  de  la  dynastie  des  Mïng,  1368  —  1644,  l'an- 
cienne cité  capitale  de  la  Sous- Préfecture  de  Lo-Youg-Hien.  Durant 
la  6"^®  année  de  la  période  Hong-Vou  (*|^  JÊÇ)  1373  (Empereur 
T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti  y^  j^  ^  ^  ♦0'  dont  le  nom  personnel 
était  Yueu-Tchaug  (  j^  Jjç!  ))  fondateur  de  la  dynastie,  lequel  régna 
de  1368  à  1398),  une  circonscription  ou  Siun-Seu  (  ^  ^  )  fut  établie 
à  l'E.  de  la  Sous-Préfecture  à  Cheu-Lieou-Kiang  (  ^  y§  yX  )•  Durant 
la  14°^^  année  de  la  période  Ouan-Li  C^  ^)'  1586  (Empereur 
Chen-Tsong-Hien-Hoang-Ti    Âlj$  ^  ^  ^  *i^»   dont   le   nom  per- 


k 


76  J.    BEAUVAIS. 

sonuel  était  Yi-Kiuu  y|J#^)  et  qui  régna  de  1572  à  1619)  le 
siège  de  cette  circonscription  fut  transporté  à  l'endroit  actuel  et 
aucun  changement  ne  fut  apporté  à  cet  état  de  choses  dans  le  courant 
de  la  présente  dynastie. 

3°  Le  bourg  de  Kiang-K'eou-Tchen  (^  p  ^)  à  50  lis  au 
S.-O.  de  la  Sous-Préfecture,  à  l'embouchure  de  la  rivière  Lo-Ts'ing- 
Kiang  (  '^  ^  '^  )  et  au  point  où  se  rencontrent  les  territoires  de 
la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'iug-Hien  et  de  la  Préfecture  de  2^  rang 
de  Siang-Tcheou.  Sous  la  dynastie  des  Ming  (1368  —  1644),  un  Siun- 
Seu  ou  circonscription  fut  établi  en  cet  endroit  et  y  a  été  conservé 
par  la  présente  dynastie.  Sous  la  même  dynastie  des  Ming,  on  avait 
constitué  le  Siun-Seu,  aujourd'hui  supprimé,  de  Tchang-T'ouo-Tchen 

4°  Le  Village  de  T'ouo-Ting-Ts'ouen  (  ^  ^  ^1^  )  à  70  lis  au 
N.  de  la  Sous-Préfecture.  Sous  la  Dynastie  des  Ming  et  durant  les 
années  de  la  période  Tcheng-To  (iE=^)  —  1506—1521  -  (Em- 
pereur Vou-Tsong-Yi-Houang-Ti  ^  ^  |^  ^  *^  dont  le  nom 
personnel  était  Heou-Tchao  J^  ^^  et  qui  régna  de  1505  à  1521), 
un  aborigène  Tchoang,  originaire  de  Kou-T'ien  (  "j^  ^  ),  le  nommé 
T'an  Ouan-hien  (  ^  "S  ^  )  s'empara  de  la  ville  de  Lo-Yong  et 
occupa  les  villages  de  Si-Hiang  O  ^pR  ),  T'ouo-ring  (  :^  ^  )  Lo- 
Teou  (  1^  ^  ),  etc.  .  .  .  rendant  de  ce  fait  impraticable  la  circula- 
tion sur  les  voies  fluviales.  Ce  ne  fut  qu'après  un  temps  considérable 
que  l'on  parvint  à  réduire  cette  révolte. 

Murailles  et  Fossés. 

L'ancienne  cité  capitale  de  la  Sous-Préfecture  se  trouvait  autre- 
fois dans  la  localité  actuelle  de  Lo-Ts'ing-Kiaag  (  y!^  "^  î^)-  Sous 
la  Dynastie  des  Ming,  1368  —  1644,  et  au  milieu  de  la  période  T'ien- 
Chouen  (  ^  )M  ),  1457  — 1464,  (Empereur  Ying-Tsong-Jouei-Hoang- 
Ti    ;^  ^  ^,  ^  *^   dont  le  nom  personnel  était  K'i-Tchen    J|j|5 


K0UANG-8I.  V7 

^  et  qui  régua  une  première  fois  de  1435  à  1449  et  une  deuxième  fois 
de  1456  à  1464  après  une  captivité  de  huit  année  chez  les  Tartares)  la 
capitale  de  la  Sous- Préfecture  fut  transportée  à  Tchou-Tong  (  ^  "j^  ). 
Durant  les  années  de  la  période  Tcheng-To  (  j£  ^J,  1506—1521, 
(Empereur  Vou-Tsong-Yi-Hoaug-Ti  (  ^  ^  ix  â.  1^*  )  ^^^nt  le  nom 
personnel  était  Heou-Tchao  j^  j]^  et  qui  régna  de  1505  à  1521), 
cette  capitale  fut  prise  par  les  aborigènes  Yao  et  Tchoang  et  ne 
fut  recouvrée  par  les  troupes  impériales  que  durant  la  11"''  lune  de 
la  3"™^  année  de  la  période  Kia-Tsing  (^  i^)  1524,  (Empereur 
Cheu-Tsong-Sou-Hoang-Ti  j^  ^  ^  ^  ^*  dont  le  nom  per- 
sonnel était  Heou-Ts'oug  jj  j^  et  qui  régna  de  1521  à  1566). 
Durant  la  première  lune  de  la  4™®  année  de  la  période  Ouan-Li 
(  ^  S  )'  1576  (Empereur  Chen-Tsong-Hien-Hoang-Ti  fi^  ^  ^ 
j^  *^  dont  le  nom  personnel  était  Yi-Kiun  y^  ^  et  qui  régna 
de  1572  à  1619)  la  capitale  de  la  Sous-Préfecture  fut  transportée  à 
Liug-T'ang  (^^)-  Sous  la  Dynastie  actuelle,  de  la  53^  année 
de  la  période  K'aug-Hi  (J^|lè£)  1714  (Empereur  Cheng-Tsou-Jen- 
Hoaug-Ti  |g  jJÜ  'f:  ^  *^  qui  régna  de  1661  à  1722)  à  la  6« 
année  de  la  période  Yong-Tcheng  (^  jE)»  1728  (Empereur  Cbea- 
Tsong-Hien-Hoaug-Ti  Jlt^M  M.^  ^^^  régna  de  1722  à  1735) 
on  bâtit  autour  de  la  cité  une  enceinte  haute  de  10  pieds,  épaisse  de 
7  pieds  et  ayant  une  longueur  de  327  tchang  (3270  pieds).  Cette 
enceinte  était  primitivement  percée  de  4  portes,  E.,  0.,  S.  et  N.  — 
Actuellement  on  a  muré  la  porte  du  Nord. 


Sous-Préfecture  de  Lieou-Tch'eng-Hien. 

Historique. 

De  la  Dynastie  des  Han,  206  avant  J.-C.  à  220  après  J.-C,  à 
celles  des   Tsin,   265   à  420,   et  des  Song,  420-479.  Le  territoire 


7B  J.    BEAUYAI«. 

actuel    de   la   Soug-Préfecture   de   Lieou-Tch'eng-Hien    (^^P  JS  ^) 
faisait  partie  du  Hien  de  T'an-Tchong  (  J^  FJI  )• 

Dynasties  des  Tsi,  479  —  502,  des  Leang,  502—557,  des  Tch'en, 
557  —589,  et  des  Soueî,  581  —619.  Le  territoire  actuel  constituait  le  Hien 
de  Long-Tch'eng,  (  91  ftS  )  ^"^  faisait  partie  du  Kiun  de  Cheu-Ngan. 

Dynastie  des  T'ang,  618—907.  Durant  la  4"^^  année  de  la  période 
Vou-To  (  üf  ^  621)  le  Hien  de  Long-Tch'eng  fut  subdivisé  en  Tcheou 
de  Long-Tcheou  (  9|  j^)  et  en  Hien  de  Lieou-Ling  (  -^p  ^  )•  Durant 
la  7^  année  de  la  période  Tcheng-Koan  (  ^  ^  633)  cet  état  de  choses 
fut  supprimé;  le  Hien  de  Long-Tch'eng  fut  reconstitué  et  rattaché 
au  Tcheou  de  Lieou-Tcheou. 

Période  des  Cinq  petites  Dynasties,  Ou  Tai,  907—960.  Le  terri- 
toire actuel  formait  le  Hien  de  Long-Tch'eng  et  appartenait  au 
Tcheou  de  Lieou-Tcheou. 

Dynastie  des  Song,  960-1279.  Le  territoire  actuel  formait  le 
Hien  de  Lieou-Tch'eng.  Au  début  delà  période  Hien-Choen  (^  )i^), 
vers  1265,  le  siège  du  Tcheou  de  Lieou-Tcheou  y  fut  transporté. 

Dynastie  des  Tuen,  1279  —  1368.  Lieou-Tch'eng-Hien  était  le  siège 
du  gouvernement  de  la  marche  ou  Lou  de  Lieou-Tcheou  qui  appar- 
tenait au  Tao  ou  Cercle  du  Kouang-Si. 

Dynastie  des  Mïng,  1368—1644.  Le  Hien  de  Lieou-Tch'eng 
appartenait  à  la  préfecture  de  premier  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou 
dont  le  siège  administratif  fut  transporté  de  Lieou-Tch'eng-Hien  à 
Ma-P'ing-Hien. 

Dynastie  actuelle,  1644  à  nos  jours.  Aucun  changement  n'a  été 
apporté  dans  le  précédent  état  de  choses. 

Limites. 

La  Sous-Préfecture  de  Lieou-Tch'eng-Hien  se  trouve  à  80  lis  au 
N.-O.  de  la  capitale  de  la  Préfecture.  Son  territoire  mesure  180  lis 
de  l'E.  à  rO.  et  250  lis  du  N.  au  S. 


KOIJANG-SI.  ^79 

A  18  lis  à  I'E.,  au  village  ile  Nan-Ts'ouen  (  ^  ;{^  )  il  con6ne 
au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P*ing-Hien. 

A  90  lis  à  rO.,  il  confine  au  Village  de  Ta-Ts'ao-Ts'ouen  (  -j^ 
^§  ^)  dépendant  de  la  Sous-Préfecture  de  Yi-Chan-Hien  (  g[  |1| 
j^)  de  la  Préfecture  de  1«^  rang  de  K'ing-Yuen-Fou  ()g  j^  jfj). 

A  50  lis  au  S.,  à  Tch'ang-T'ang  (^  ^),  il  confine  au  territoire 
de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  200  lis  au  N.,  au  village  de  Ma-T'eou-Ts'ouen  ( ,B|  '^if'^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Youg-Hien  (^J  ^). 

A  50  lis  au  S.-E.,  au  village  de  Kou-Ling-Ts'ouen  {~^  '^i^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  85  lis  au  N.-E.,  au  village  de  Nieou-p'i-Ts'ouen  («^  ^  ilf^) 
il   confine   au   territoire  de   la   Sous-Préfecture  de  Lo-Tch'eng-Hien 

A  70  lis  au  S.-O.,  au  village  de  Hia-T'oan-Ts'ouen  (~f^  ^  /W") 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous -Préfecture  de  Yi-Clian-Hien,  dépen- 
dant de  la  Préfecture  de  V^^  rang  de  K'ing-Yuen-Fou. 

A  60  lis  au  N.-E.,  au  village  de  Lou-Tch'ong-Tsouen  ({^  J»fï 
i^)  il  confine  au  territoire  de  la  Sous- Préfecture -de  Lo-Yong-Hien. 

Montagnes  et  Riyières. 

La  montagne  de  Ou-Loan  (  j^  ^  \\\  )  à  deux  lis  dans  le  S.  de 
la  Sous- Préfecture, 

La  montagne  de  Ts'ing-Fong  (  ^  J^  [Jj  )  ou  du  Phénix  bleu, 
à  deux  lis  dans  l'O.  de  la  Sous-Préfecture. 

La  montagne  de  Lo-Ma  (  H^  ,|!|  jlj  )  à  trois  lis  dans  le  N.  de  la 
Sous-Préfecture.  C'est  la  position  de  l'ancienne  Sous-Préfecture. 

La  montagne  de  l'Embuscade  des  Tigres,  Fou-Hou  (-f^  j^  li|  ) 
à  quatre  lis  dans  le  N.  de  la  Sous-Préfecture. 

La  montagne  de  Chai-Ouaug  (  §^  $^  [Il  )  à  5  lis  dans  le  N.-O. 
de  la  Sous-Préfecture. 


,80  J.    BEAUTAIS. 

La  montague  de  T'ong-K'ing  (^^  [Jj)  à  10  lis  daas  I'O. 
de  la  Sous-Préfecture. 

La  caverne  de  Kouan-Yin  {^^^  ^)  au  N.-O.  de  la  Sous- 
Préfecture.  Elle  forme  une  sorte  de  couloir  circulaire.  A  l'O. 
se  trouve  le  Pavillon  voisin  de  l'O.,  Lin-Si-Ko  (^®  ^),  au 
N.  se  trouve  le  pavillon  des  Nuages  vermillons  Tan-Hia-T'ing 
(-^  Ä  ^)-  ^^  S-  s®  trouve  une  plate  forme  rocheuse  avec  l'Etang 
du  Vase  de  Pierre,  Cheu-P'eun-Tch'eu  (Ç  ^  ^fe)-  ^  ^'^^t  de  cette 
caverne,  se  trouve  une  autre  grotte  qui  porte  le  nom  de  grotte  de  la 
Réunion  des  Esprits,  Houei-Sien-Yen  (  i^  flJj  ^  ).  On  y  trouve  des 
vestiges  de  cette  fréquentation  des  Esprits  et  notamment  un  fourneau 
d'alchimiste,  Tan-Lou  (;^^). 

Le  fleuve  du  Dragon,  Long-Kiang  (^  ^X)  ^u  S.-O.  de  la  Sous- 
Préfecture.  Sa  source  sort  de  la  Sous-Préfecture  de  T'ien-ïïo-Hien 
(  ^  ifpf  :^  )  q^^i  dépend  de  la  préfecture  de  P^  rang  de  K'ing-Yuen- 
Pou  (J^  1^  j0)-  Il  s^  réunit  à  la  rivière  Yong-Chouei  (^^  ^)' 

Le  fleuve  Yong  (g4  Ö1)  ^  l'E.  de  la  Sous- Préfecture.  C'est  le 
cours  supérieur  du  Lieou-Kiang  (|||J  */X)-  H  provient  de  la  Sous- 
Préfecture  de  Houai-Yuen-Hien  (  *|^  j^  ^  )  et  pénètre  sur  le  terri- 
toire de  la  Sous-Préfecture.  On  l'appelle  également  le  Yong-Chouei 
(  ^^  ^  ).  11  coule  au  S.  pour  pénétrer  sur  le  territoire  de  la  Sous- 
Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien  et  se  réunit  au  Long-Kiang  (  ^||  ^  ). 

La  Rivière  de  Kou-Ts'ing  ("^  ^^  ifpf  )  au  N.  de  la  Sous-Pré- 
fecture. Sa  source  sort  de  la  Montagne  de  Kou-Ts'ing  (  'é'  *^  |X|  )• 
Elle  coule  à  l'O.  et  se  réunit  à  la  rivière  T'an  ()^  /I);  son  cours 
n'est  pas  navigable. 

La  rivière  Lo-Lien  ()[^)'^  |fftf  ).  Elle  sort  du  village  de  Houang- 
Ni-Ts'ouen  {^  ])^  ^  )  dans  la  Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien. 
Elle  coule  à  l'O.  et  se  déverse  dans  le  T'an-Kiang.  Elle  n'est  pas 
navigable. 


K0UAN0-8I.  91 

L'Etang  du  Dragon,  Long-T'an  (  fg  î!p),  à  80  lis  au  N.  de  la 
Sous- Préfecture.  Au  milieu  d'un  amas  de  roches,  se  trouve  ua  réser- 
voir. L'eau  jaillit  d'une  excavation  creusée  dans  ces  rochers  et  forme 
une  petite  rivière  qui  poste  le  nom  de  rivière  de  la  tête  du  Dragon, 
Long-T'eou-Kiang  (  ^  ^  yX  )• 

La  source  appelée  Yong-ïchou-Ts'iuen  (  ^^  ^  ^  )  à  70  lis  à  l'O. 
de  la  Sous -Préfecture,  On  raconte  que  dans  l'expédition  qu'il  fît  pour 
soumettre  les  pays  du  S.,  Tchou-ko  K'ong-ming  (  ^  ^  ^  1^  ) 
passa  en  cet  endroit  et  y  fit  galoper  son  cheval,  sous  les  sabots 
duquel  l'eau  se  mit  à  jaillir,  d'où  le  nom  qu'elle  porte,  de  source 
du  Cheval  au  galop:  Ma-P'ao-Ts'iuen  i i%  ^  ^)' 

Murailles  et  Fossés. 

La  cité  de  Lieou-Tch'eng-Hien  se  trouve  à  l'E.  du  Long-Kiang 
(Hb  7J^)-  ^^"^  ^*  Dynastie  des  Ming,  1368  —  1644,  une  première 
enceinte  fut  bâtie  pendant  la  2^  année  de  la  période  Hong- Von 
(>^  ;^),  1369,  (Empereur  T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti  ^  M  ^ 
%  ïfp*  dont  le  nom  personnel  était  Yuen-Tchang  (  y\^  Ja  )  et  qui 
régna  de  1368  à  1398).  Durant  les  années  de  la  période  Tch*eng- 
Houa  (^  ^),  1465  —  1487,  (Empereur  Hien-Tsong-Choen-Hoang- 
^^  ^  ^  /^  ^  ^*  ^'®°^  ^®  °°™  personnel  était  Kien-Chen  ^ 
'^  et  qui  régna  de  1464  à  1487),  elle  fut  refaite  eu  maçonnerie. 
Sous  la  Dynastie  actuelle  elle  fut  réparée  et  rebâtie  plusieurs  fois. 
Elle  a  maintenant  une  hauteur  de  15  pieds  et  une  épaisseur  de  12. 
Elle  entoure  un  périmètre  de  350  tchang  et  2  pieds  (3502  pieds)  et 
elle  est  percée  de  3  portes.  S.,  0.  et  N. 

Mandarins. 

Un  sous  préfet,  Tcheu-Hien. 

Les  appointements  dits  Ngo-Fong  sont  de  45  taëls  d'argent.  Il 
touche  en  outre,  1°  à  titre  de  Pieu-Fong,  25  taëls  d'argent  environ  ; 
2°   à  titre  de   Yang- Lieu,   600   taëls  d'argent;   3°  à  titre  de  Yen- 


8â  J.    BBATJVAIS. 

Kouei- Yang-Lien,  100  taëls  d'argent;  et  4°  à  titre  de  Hao-Sien- 
Yang-Lien,  191  taëls  d'argent,  environ.  Il  a  droit  à  un  personnel 
de  21  portiers,  plantons,  porteurs  de  chaises  et  de  parasols,  gardiens 
de  magasins  et  policiers,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche 
une  somme  de  126  taëls  d'argent,  ainsi  qu'à  28  sbires,  mafous  ou 
palefreniers,  agents  inférieurs  de  police,  etc.  pour  l'entretien  annuel 
desquels  il  touche  168  cheu  de  riz.  Durant  les  années  qui  renferment 
un  treizième  mois  intercalaire,  il  touche  en  outre  14  taëls  d'argent. 
Il  a  droit  encore  à  24  hommes  des  milices  régionales,  pour  lesquels 
il  lui  est  alloué  annuellement  93  taëls  d'argent  un  feun  et  un  li, 
et  63  cheu  7  teou  3  cheng  5  ho  et  8  tch'ao  de  riz.  Les  années  de 
13  mois  lui  donnent  droit  à  une  augmentation  de  12  taëls  d'argent. 

Un  assistant  de  2^  classe  de  Sous-préfet,  ou  Siun-Kien,  pour  la 
circonscription  deTong-Ts'iuen-Tchen-Siuu-Kieu(^  ^  ^.  ^^  ^  )• 

Les  appointements  dits  Ngo-Pong  sont  de  31  taëls  d'argent  5 
ts'ien  et  2  feun.  Il  touche  à  titre  de  Yang-Lien  80  taëls  d'argent. 
Il  a  droit  à  2  sbires  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  une 
somme  de  12  taëls  d'argent,  et  à  12  archers  pour  l'entretien  annuel 
desquels  il  touche  40  taëls  d'argent  6  ts'ien  3  feun  6  li. 

Un  assistant  de  2^  classe  de  Sous-préfet,  ou  Siuu-Kien,  pour 
la  circonscription  de  Kou-Tchai-Tchen,  Kou-Tchai-Tchen-Siun-Kien 

Ses  appointements,  son  Yang-Lien  et  sou  personnel  sont  les 
mêmes  que  pour  le  Siun-Kien  précédent. 

Un  maître  de  police  et  gardien  de  prisons  de  Sous-Préfecture, 
Tien-Cheu. 

Les  appointements  sont  identiques  à  ceux  des  Siun-Kien  précé- 
dents. Il  a  droit  à  un  personnel  de  6  sbires  et  palefreniers  pour 
l'entretien  annuel  desquels  il  touche  une  somme  de  36  taëls  d'argent. 

Un  directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecture,  Kiao-Yu,  et  un  sous- 
directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecture,  Hiuu-Tao. 


KOUA.NO-SI.  88 

Les  appointements  de  chacun  de  ces  deux  fonction ii aires  sont  de 
40  taëls  d'argent.  Ils  ont  droit  chacun  à  un  personnel  de  2  portiers, 
pour  Teatretien  annuel  desquels  ils  touchent  chacun  une  somme  de 
12  Taëls  d'argent,  et  à  un  personnel  total  de  10  pourvoyeurs  pour 
les  jeûnes,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  est  alloué  une  somme 
de  trente  taëls  d'argent. 

Ecoles. 

Nombre  des  Bacheliers  littéraires  12.  —  Nombre  des  Bacheliers 
militaires.   —    12. 

Ce  nombre  a  été  récemment  augmenté  de  1  pour  chaque  sorte 
de  Baccalauréat. 

Bacheliers  subventionnés,  Lin-cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  11.  Chacun  deux  reçoit  par  an  une  sub- 
vention de  un  taël  six  ts'ieu,  ce  qui  fait  un  total  annuel  de  17  taëls 
d'argent  six  ts'ien.  —  Durant  les  années  qui  ont  un  treizième  mois 
intercalaire,  ce  total  est  augmenté  de  un  taël  d'argent  4  ts'ien  six 
feun  sept  li.  Un  bachelier  du  grade  de  Kong-Cheng  est  nommé  tous 
les  deux  ans. 

La  superficie  primitive  des  terres  appartenant  aux  Ecoles  est  de 
2  k'ing  44  meou  9  feun  et  7  li.  Dans  ce  total,  les  terres  incultes 
entrent  pour  17  meou  8  feun  et  7  li;  il  reste  donc  seulement  pour 
les  bonnes  terres  1  king  67  meou  et  1  feun  qui  rapportent  annuelle- 
ment un  loyer  de  4  taëls  d'argent  un  ts'ien  trois  feun  sept  li. 

Rendement  des  Impôts. 

Le  produit  total  de  l'impôt  foncier,  Ti-Tiug,  s'élève  à  2742  taëls 
d'argent  4  ts'ien  9  feun  1  li.  Ce  total  est  augmenté  de  114  taëls 
d'argent  6  feun  1  li,  durant  les  années  qui  renferment  un  treizième 
mois  intercalaire:  le  total  général  se  monte  donc  à  2856  taëls  5  ts'ien 
5  feun  2  li. 


84  J.    BBAUVAIS. 

L'impôt  sur  le  riz  est  de  1531  cheu. 

La  provision  de  grain  des  greniers  est  de  11000  cheu. 

Positions  stratégiques. 

1°  Lieou-Tch'eng-Hien.  Cette  Sous-Préfecture  couvre  une  étendue 
de  pays  de  plus  de  500  lis  par  delà  la  préfecture  de  Lieou-Tcheou- 
Fou.  Bien  que  son  territoire  ne  renferme  pas  de  hautes  montagnes, 
non  plus  que  des  chaînes  de  pics  aigus,  où  des  malfaiteurs  puissent 
se  cacher,  comme  elle  confine  au  S.  et  à  l'E.  aux  Sous-Préfectures 
de  Ma-P'ing-Hien  et  de  Lo-Yong-Hien,  au  N.  et  à  l'O.,  à  celles 
de  Yi-Chan-Hien  et  de  Yong-Hien,  toutes  les  localités  telles  que 
Houang-Ni  (^^jg),  Pei-Tch'ao  (:|B  ^),  Kin-ki  (^||),  Lo- 
Hoen  {^  5^),  Ngo-Tchai  (:^  |^)>  etc.  .  . .  constituent  des  lieux 
de  passage  importants.  Si  ce  territoire  est  troublé,  on  en  soufiPre  par 
conséquent  de  tous  les  côtés;  aussi  est  il  de  toute  nécessité  de  garder 
fortement  ce  pays  pour  parer  à  de  pareils  malheurs. 

2°  Le  Poste  ou  Pao  de  Ngan-Lao  (^^;^),  au  N.-O.  de 
la  Sous-Préfecture,  Au  début  de  la  période  Tch'eng-Houa  (  J^  ^  ) 
vers  1465,  (Empereur  Hien-Tsong-Chouen-Hoang-Ti  ^  ^  j^  ^ 
*^  dont  le  nom  personnel  était  Kien-Chen  ^  *^  et  qui  régna 
de  1464  à  1487)  de  la  dynastie  des  Ming,  1368  —  1644,  ce  poste  fut 
élevé.  A  la  suite  de  la  période  Tcheng-To  (lE^)»  1506  —  1521, 
(Empereur  Vou-Tsong-Yi-Hoang-Ti  ^^^  M.*^  ^^^^  ^^  ^^^ 
personnel  était  Heou-Tchao  j^  ^  et  qui  régna  de  1505  à  1521), 
les  aborigènes  Tchoang  etYao  révoltés  s'emparèrent  de  ce  poste.  Durant 
la  2^  année  de  la  période  Ouan-Li  {"^  ^),  1574,  (Empereur  Cheu- 
Tsong-Hien-Hoang-Ti  f\^  ^  ^  ^  *^  dont  le  nom  personnel  était 
Yi-Kiun  yU  ^  et  qui  régna  de  1572  à  1619)  la  révolte  fut  réduite 
et  le  poste  réinstallé.  On  y  plaça  une  garnison,  un  autre  fort  ou  Pao, 
avec  une  garnison  de  soldats,  fut  également  installé  dans  le  village  de 
King-Ts'ouen  (J^t^)- 


KOÜAKO-SI.  85 

3°  Caverue  nommée  Chang- Yeou-Toug  (  _t  yft  [^  )  an  S.  de  la 
Sous-Préfecture.  C'était  un  repaire  de  rebelles.  Durant  la  2®  année 
de  la  période  Ouan-Li,  1574,  les  Tao  révoltés  de  la  Sous-Préfectore 
de  LoYong-Hien  s'étaient  unis  aux  pirates  de  la  grotte  de  Chang- 
Yeou-Toug.  Les  troupes  impériales  parvinrent  à  les  détruire. 

4"  Le  bourg  de  Tong-Ts'iuen-Tchen  (^^  ^  ^)  à  60  lis  à  l'E. 
de  la  Sous-Préfecture,  sur  la  frontière  de  la  Sous-Préfecture  de  Lo- 
Youg-Hien.  Anciennement  il  s'y  trouvait  un  relai  de  poste  qui  fut 
supprimé  sous  la  dynastie  des  Ming,  1368  —  1644.  Ce  bourg  constitue 
actuellement  une  circonscription  ou  Siun-Seu. 

5°  Le  bourg  de  Kou-Tchai-Tchen  (•È'  ^  ^)  à  80  lis  au  N. 
de  la  Sous-Préfecture,  sur  la  frontière  de  la  Sous- Préfecture  de  Yong- 
Hien.  On  avait  fait  autrefois  une  circonscription  ou  Siun-Seu  qui 
s'étendait  sur  la  rive  0.  du  Yong-Kiang.  Sous  la  dynastie  des 
Ming  et  vers  le  milieu  de  la  période  Tch'eng-Houa,  vers  1476,  le 
siège  de  cette  circonscription  fut  transféré  dans  le  bourg  de  Kou- 
Tchai-Tchen  et  cet  état  de  choses  subsiste  encore  à  l'heure  actuelle. 

6°  Le  bourg  de  Kou-Ts'ing-Tchen  ("^  '^  ^)  au  N.-E.  de  la 
Sous-Préfecture.  Ce  bourg  constitue  également  un  pao  ou  poste. 
Anciennement  on  avait  réuni  les  bourg  de  Lo-Hao-Tchen  (  jj^  ^ 
^Ë)  et  de  Leao-Tong-Tchen  (^  "^  ^)  en  une  circonscription  ou 
Siun-Seu,  laquelle  est  actuellement  supprimée. 


Préfecture  de  2^"^®  rang  de  Siang-Tcheou. 

Historique. 

De  la  Dynastie  des  Han,  206  av.  J.C.  à  220  ap.  J.-C,  à  l'époque 
des  trois  Royaumes,  San-Kouo,  220—265.  Le  territoire  actuel  de  la 
préfecture  faisait  partie  du  Kiun  de  Kouei-Lin.  Durant  la  3°  année  de  la 
période  Foug-Hoang  (M  fg^  272-274)  de  la  dynastie  des  Ou  (  ^), 


86  J.    BBAUVAIS. 

le    Hien    de    Vou-Ngau    (  ^  ^  )    fut   constitué    avec  le   territoire 
actuel  et  rattaché  au  Tcheou  de  Kouang-Tcheou  (  ^  jj^  ). 

Dynastie  des  Tsin,  265  —  419.  Le  territoire  actuel  forma  d'abord  le 
Hien  de  Vou-Ngan.  Puis  ce  nom  fut  changé  en  celui  de  Vou-Hi-Hien 
(  ;^  EE  1^  )  et  le  territoire  fut  rattaché  au  Kiun  de  Yü-Lin  (  ^  ;(vfc  )• 

Dynastie  des  Song,  420-479.  Le  territoire  actuel  formait  le  Hien 
de  Vou-Hi,  lequel  était  rattaché  au  Kiun  de  Kouei-Lin. 

Dynasties  des  Tsi,  479—502,  des  Leang,  502—557,  et  des  Tch'en, 
557—589.  Le  Hien  de  Vou-Hi,  qui  faisait  partie  du  territoire  du 
Kiun  de  Kouei-Lin,  fut  incorporé  au  Tcheou  de  Kouang-Tcheou.  Les 
Leang  établirent  ensuite  le  Tcheou  de  Kouei-Tcheou  {:^  jj^)  et  le 
Hien  de  Vou-Hi  lui  fut  rattaché.  Par  la  suite  le  territoire  de  ce 
Tcheou  fut  scindé  en  trois  parties  qui  constituèrent  les  Kiun  de  Siang 
(^),  de  Chao  (^)  et  de  Yang  (|^). 

Dynastie  des  Souei,  581  —  619.  Les  Kiun  de  Kouei-Lin  et  autres 
furent  supprimés  et  l'on  forma  le  Tcheou  de  Siang.  Au  début  de  la 
période  Ta-Yé  (  -^  ^  605),  le  Tcheou  de  Siang  fut  supprimé  et  l'on 
constitua  le  Hien  de  Yang-Cheou  (  |^  ^)'  Durant  la  18^  année  de 
la  période  K'ai-Hoang  (  p^  ^  598)  le  Hien  de  Hoai-Yang(^  |^  ) 
changea  son  nom  en  celui  de  Yang-Ning  (  |^  ^)  et,  au  début  de  la 
période  Ta-Yé,  son  territoire  diminué  fut  rattaché  au  Kiun  de  Oheu- 
Ngan.  Durant  le  milieu  de  la  période  K'ai-Hoang,  le  Hien  de  Kouei- 
Lin  (;;|^  ^)  fut  également  constitué  et  rattaché  au  Kiun  de  Cheu- 
Ngan.  Enfin  au  début  de  la  période  Ta-Yé,  le  Hien  de  Si-ning  (  ^  ^  ) 
fut  diminué  et  rattaché  au  Kiun  de  Cheu-Ngan. 

Dynastie  des  T'ang,  618-907.  Le  territoire  actuel  formait  le 
Tcheou  de  Siang  qui  fut  constitué  durant  la  4®  année  de  la  période 
Vou-To  (^  ^  621)  avec  le  Kiun  de  Siang  et  qui  comprit  le  Hien 
de  Yang-Cheou.  Durant  la  13®  année  de  la  période  Tcheng-Koan  (  ^ 
^  639),  le  Tcheou  de  Siang  comprit  le  Hien  de  Vou-Hoa  {^  it)- 
Durant  la   11^   année  de  la  période  Ta- Li  (^  ^  776),  le  Hien  de 


KOOANG-SI.  87 

Yang-Cheou  fit  retour  au  Tcheou  de  Siang  qui  appartint  alors  au 
Tao  ou  Cercle  de  Ling-nan  (^yî'^). 

Le  Hien  de  Yaug-Cheou  faisait  partie  du  Tcheou  de  Siaug. 
Duraut  la  4®  année  de  la  période  Vou-To  621)  le  Hien  de  Eouei-Lin 
fut  divisé  de  nouveau  et  l'on  constitua  les  Hien  de  Si-ning  (  ^ 
^)  et  de  Vou-To  (^^).  Duraut  la  12«  année  de  la  période 
Tcheug-Koau  638,  le  Hien  de  Siuiug  fut  diminué  et  incorporé  à  celui 
de  Vou-To.  Au  début  de  la  Période  Tien-Pao  (  ^Ç  g  742)  le  Hien  de 
Vou-To  fut  diminué  et  incorporé  à  celui  de  Yaog-Cheou.  Au  début 
de  la  période  K'ien-Fopg  (  ^  ^  666)  lo  Hien  de  Kouei-Lin  fut 
diminué  et  incorporé  à  celui  de  Vou-Sieu  (;^  fil])- 

Le  Hien  de  Vou-Houa  (  ;^  ^  )  fut  constitué  durant  la  quatrième 
année  de  la  période  Vou-To  621  et  incorporé  au  Tcheou  de  Yen  (  ^). 
Durant  la  4®  année  de  la  période  Tcheng-Kouan  650,  il  appartint  au 
Tcheou  de  Siang.  Le  Hien  de  Tch'ang-Fong  (;§  ^)  fut  rattaché  au 
Tcheou  de  Yen,  duraut  la  4®  année  de  la  période  Vou-To  621.  Il 
appartint  ensuite  au  Tcheou  de  Siang.  Durant  la  IP  année  de  la 
période  Ta- Li  (^  ^>  776)  son  territoire  fut  diminué  et  incorporé 
à  celui  du  Tcheou  de  Siaug. 

Période  des  Cinq  Dynasties,  3£  "f^»  907  —  960.  Le  Hien  de  Yang- 
Cheou  du  Tcheou  de  Siang  appartint  d'abord  au  pays  de  Tch'oa 
ij^)  6t  ensuite  aux  Han  méridionaux  Nau-Han  (^*^). 

Dynastie  des  Song,  960  —  1279.  Le  Tcheou  de  Siang  forma  le 
Kinn  de  Siang  qui  eut  sous  sa  dépendance  les  deux  Hien  de  Yang- 
Cheou  et  de  Vou-Houa  et  qui  dépendait  de  la  marche  occidentale, 
Si-Lou  (^  ^)  de  Kouang-Nau  (^  ^)-  Durant  la  3®  année  de 
la  période  Kiug-Ting  (  ^  ^  1262),  on  lui  ajouta  le  Hien  de  P'ong-Lai 
(  ^  ^  )  qui  fut  détaché  de  celui  de  Lai-pin  (  ^  ^  ).  Par  la  suite 
le  Hien  de  Vou-Houa  eut  son  territoire  diminué. 

Dynastie  des  Yuen,  1279  —  1368:  la  marche  ou  Lou  de  Siang- 
Tcheou  avait  souï  sa  dépendance  le  Hien  de  Yang-Cheou  et  appar- 
tenait au  cercle  ou  Tao  du  Kouaug-Si  (  ^  j@  )• 


88  J.  beauvais. 

Dynastie  des  Mivg^  1368  —  1644.  Le  Tcheou  de  Siaug  avait  sous 
sa  dépendance  le  Hien  de  Yang-Cheou  et  appartenait  à  la  préfecture 
de  1^^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou.  Durant  la  2®  année  de  la  période 
Hong-Vou,  1369,  le  Hien  de  Yang-Cheou  eut  son  territoire  diminué 
et  incorporé  au  Tcheou  de  Siang. 

Dynastie  actuelle,  1644  à  nos  jours.  Rien  n'a  été  changé  dans 
le  précédent  état  de  choses. 

Limites. 

La  préfecture  de  2^°^^  rang  de  Siang-Tcheou  se  trouve  à  130  lis 
au  S.-E.  de  la  préfecture  de  premier  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 
Son  territoire  mesure  185  lis  de  l'E.  à  l'O.  et  100  lis  du  N.  au  S. 

A  130  lis  à  l'E.,  au  village  de  Ts'ai-Ts'ouen  (^  ^j^jj")  le  territoire 
de  la  préfecture  de  2^™®  rang  de  Siang-Tcheou  confine  à  celui  de  la 
Sous-Préfecture  de  Sieou-Jen-Hien  {j^^^^)  dépendant  de  la 
préfecture  de  P"^  rang  de  P'ing-Lo-Fou  (^  ^  j^)- 

A  50  lis  à  rO.,  au  village  de  Houei-Long-Ts'ouen  (^  ^||  yj'»^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous- Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  50  lis  au  S.,  à  Nieou-Lan-T'ang  (  -^  ^  ^  )>  il  confine  au 
territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien,  dépendant  de  la 
préfecture  de  1er   rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 

A  50  lis  au  N.,  au  village  de  P'ouo-Lo-Ts'ouen  (JJ  ^  ^)il 
confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien. 

A  130  lis  au  S.-E.,  au  pays  Yao  de  Ta-Teng  (^Ac  >fê)  il  confine 
au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  P'ing-Nan-Hien,  dépendant 
de  la  préfecture  de  1^^  rang  de  Sin«Tcheou-Fou. 

A  50  lis  au  N.-O.,  au  village  de  Ya-Ts'oueu  (  -^  ^jnj*  )  il  confine 
au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien. 

A  50  lis  au  S.-O.,  au  village  de  San-Kio-Ts'ouen  (^  ^  >|»^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien. 

A  90  lis  au  N.-E.,  au  village  de  Mi-T'ang-Ts'ouen  (  ^  ^  ;|^  ) 


KOUANQ-SI.  8ft 

il    confine    au    territoire    de   la   Sous-Préfecture   de   Sieou-Jen-Hien, 
dépendant  de  la  préfecture  de  P"^  rang  de  P*ing-Lo-Fou. 

Montagnes  et  Rivières. 

La  montagne  de  l'Eléphant,  Siang-Chan  (  ^  |X|  )  à  5  lis  à  l'O. 
de  la  Sous-Préfecture,  sur  le  bord  de  la  rivière.  Au  pied  de  cette 
montagne  se  trouve  une  caverne.  La  pierre  de  cette  montagne  est 
blanche;  elle  ressemble  à  un  éléphant.  C'est  elle  qui  a  fait  donner 
à  la  préfecture  le  nom  qu'elle  porte.  11  ne  faut  pas  confondre  la 
préfecture  de  2®  rang  de  Siang-Tcheou  avec  l'ancienne  province  de 
Siang-Kiuu  (^580  ^^  la  dynastie  des  Ts'in  (^),  255  à  206 
avant  J.C.,  laquelle  correspond  au  pays  actuel  de  Kiao-Tcheu  (  ^ 
^  ),  le  Tonkin.  A  l'époque  présente,  sur  les  portes  de  la  cité  de 
Siang-Tcheou,  on  a  peint  un  éléphant  blanc.  On  ignore  la  raison 
pour  laquelle  cela  a  été  fait.  Il  est  à  noter  cependant  que  depuis 
une  haute  antiquité,  la  préfecture  de  2®  rang  de  Siang-Tcheou  n'a 
jamais  été  en  butte  à  des  révoltes.  Tous  les  chefs  des  grandes  rébel- 
lions se  sont  répété  entre  eux  qu'il  fallait  s'abstenir  de  porter  le 
désordre  sur  le  territoire  de  cette  préfecture,  en  prétendant  qu'il  ne 
fallait  pas  tracasser  «le  nez  de  l'Eléphant».  Peut-être  est-ce  là  la 
raison  pour  laquelle  on  a  peint  des  Éléphants  sur  les  portes  de 
la  ville. 

La  montagne  du  Phénix,  Fong-Hoang-Chan  (  J^  ^  |Jj  )  ^  2 
lis  à  l'E.  de  la  ville. 

La  Montagne  de  Mao-Eur  (  ffi  5E  iJj  )  à  l'O.  de  la  préfecture. 
La  face  Nord  de  la  montagne  se  trouve  sur  la  grande  rivière,  le  Ta- 
Kiang  {^  JX.)-  D'après  le  recueil  intitulé  Fong-T'ou-Ki  ( ^  J^ 
g^  )  la  Montagne  de  Mao-Eur  fait  face  au  rapide  des  cerfs,  Lou-Tseu- 

T'an  (J^TÜ)- 

La   montagne  de   Pai-Mien    (  ^  |p|Q  iJj  )   à    7   lis   au  S.  de  la 

préfecture. 


90  J.    BEA  UV  Ais, 

La  caverne  des  Aigrettes,  Lou-Seu-Yen  (  ^  ^  j^  )  à  trois  lis 
au  S.  de  la  montague  de  Pai-Mien. 

La  caverne  des  Hirondelles,  Yen-Tseu-Yen  (^ft -?*  ^)  au  N. 
de  la  préfecture.  Elle  peut  contenir  un  millier  de  personnes.  Des 
essaims  d'hirondelles  y  font  leurs  nids.  Auprès  de  cette  caverne 
se    trouve    la    montagne    de    Pi-T'an     (  ^  /^  )    ou   de    Long-T'an 

La  montagne  où  «vivent  les  cerfs»,  Kiu-Lou-Chan  (^  J^  Ui) 
à  40  lis  au  N.-E.  de  la  préfecture.  A  son  sommet  se  trouve  la  mare 
aux  cerfs,  Lou-Tch'eu  (J^  jîfe^). 

La  montagne  de  la  terrasse  de  l'Eléphant,  Siang-T'ai-Chan  (^ 
^  PJ  )  à  proximité  du  territoire  de  Lieou-Tcheou,  dont  elle  n'est 
qu'à  trente  lis.  Cette  terrasse  s'élève  en  pointe  au  dessus  de  la  plaine. 
Elle  se  trouve  située  sur  l'emplacement  de  l'ancienne  préfecture. 
Pendant  les  années  de  la  période  Vou-To  (|i^  ^)  de  la  dynastie 
des  T'ang,  618  —  907,  le  siège  de  la  préfecture  fut  transporté  à 
Yang-Cheou  (  j^  ^)-  Aujourd'hui  encore  cependant,  on  continue 
à  désigner  la  préfecture  de  2^  rang  de  Siang-Tcheou  par  le  nom 
de  Siang-T'ai  (^^),  Terrasse  de  l'Eléphant. 

La  montagne  du  Bœuf  dé  pierre,  Cheu-Nieou-Chan  (  ^  «^  [1|  ) 
à  40  lis  à  l'E.  de  la  préfecture.  A  ses  pieds  se  trouve  la  source 
nommée  Pou-Ts'iuen  {j^  ^  )• 

La  montague  de  Tou-Ngao  {^  ^  jl|  )  à  50  lis  au  S.  de  la 
préfecture.  Elle  porte  également  le  nom  de  montagne  de  T'ieu-Kai 

(5Ç^lJ4)- 

La  montagne  du  Tonnerre,  Lei-Chan  (^  pj)  à  60  lis  à  l'E. 
de  la  préfecture.  A  ses  pieds  se  trouve  l'Etang  des  Fées,  Niu-Sien- 
Tch'eu  (flll^Sfe). 

La  montagne  du  Dragon  couché,  Ouo-Long-Chan  (  ^  ^||  \j^  ) 
à  60  lis  au  S.-E.  de  la  préfecture. 

La    montagne    de    Cheng-T'ang     (  ^  ^  ^J  )    à    106    lis    au 


K0UANG-8I.  Ol 

N.-E.  de  la  préfecture.  Son  sommet  pointu  et  élevé  ne  peut  être 
gravi  qu'avec  de  grandes  difiBcultés.  Il  s'y  trouve  un  lac  du  bas  du- 
quel s'échappe,  dit-on,  une  source  chaude. 

La  rivière  des  Eléphants,  Siang-Eiang  (^  JÖC)*  C©  n'est  autre 
chose  que  la  rivière  Lieou  (^P)-  Elle  part  du  N.  de  la  préfecture, 
passe  à  l'O.  de  la  cité  et  coule  au  S.  en  pénétrant  sur  le  territoire 
de  la    Sous- Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien. 

La  rivière  aux  eaux  chaudes,  Jo-Chouei-Kiang  (^  y^  /X)  à  15 
lis  au  N.-E.  de  la  préfecture.  La  source  poste  le  nom  de  Source  chaude, 
Ouen-T'ang-Ts'iuen  (  iS  ^  :^  )  ^^  se  trouve  à  30  lis  à  l'E.  de  la 
Préfecture,  au  village  des  Eaux  chaudes,  Jo-Chouei-Ts'ouen  (^ 
^^»j*).  Elle  sort  de  la  plaine  en  bouillonnant  comme  de  l'eau, 
bouillante. 

La  rivière  de  la  Corne  de  bœuf,  Nieou-Kio-Kiaug  (^  "^  )^X) 
à  15  lis  au  N.-E.  de  la  préfecture.  Elle  sort  de  la  Montagne  de 
T'ien-Kai,  et  se  jette  dans  la  rivière  Siang. 

Le  Yun-Kiang  (  3^  /X  )  à  50  lis  au  N.  de  la  préfecture.  Sur  son 
cours  supérieur,  cette  rivière  porte  le  nom  de  Jen-Yi-Kiang  (  ^  ^è 
/X).  C'est  un  affluent  du  Siang-Kiang. 

La  rivière  Heng-K'iao  (^^  ^  /X)  dans  le  Pei-Hia-Li  {^[^  ~\\ 
Jjt.  ).  Elle  prend  sa  source  au  village  de  Mii-Li-Ts'ouen  (  ^||  ^  t't^^ 
coule  du  S.  au  N.  et  se  jette  dans  la  rivière  Siaug  au  village  des 
Cerfs,  Lou-Ts'ouen  (  J§J  >(»>j'  ). 

La  source  des  cinq  marées,  Ou-Tch'ao-Ts'iuen  (  3£.  '^  ^  )  ^S*^' 
lement  située  dans  le  Pei-Hia-Li,  au  village  de  Lieou-Leou-Ts'ouen 
(3^î||^^).  L'eau  de  cette  source  se  comporte  comme  la  mer. 
Elle  a  cinq  marées  par  jour;  chaque  fois  qu'elle  se  remplit,  elle 
se  déverse  sur  le  côté  et  arrose  les  terres  voisines.  Lorsque  le 
niveau  baisse,  elle  se  réduit  à  presque  rien  et  l'on  aperçoit  alors 
l'ouverture  de  la  source,  de  laquelle  s'échappe  un  mince  filet  d'eau. 

7 


92  J.    BEAUVAIS. 

Actuellement    cette    source    n'a    plus    que    trois    marées    par   jour. 

Le  Lo-Ts'ai-Kiang  (  >^  "^^  JJL)  dans  le  Nan-Hiang-Li  (^  ^ 
Jg).  C'est  un  affluent  de  la  rivière  Jen-Yi  ('fH^  */X). 

La  rivière  Ta-Tchang  {-^^jl.)  dans  le  Ngan-Chang-Li  ( ^ 

±M)- 

Le  Pai-Tchaug-Kiang  (  ^  ^t  '/X  )  dans  le  Tong-Hiang-Li  (  ^ 
Ä  M)-  E^^^  P^^^^  *^  village  de  Jen-Yi-Ts'ouen  (^  ^  ;jtT|')  d'où 
son  nom  de  Jen-Yi-Kiang  ("flI^yX).  Elle  est  accessible  à  de 
petits  bateaux  et  constitue  une  voie  commerciale. 

La  Rivière  aux  Herbes  parfumées,  Hiang-Ts'ao-Kiang  (^  ^ 
jji)  dans  le  Ngan-Tchong-Li  (^  FJ^  M)-  Elle  sort  de  la  Mon- 
tagne de  Cheng-T'ang  (  ^  ^  \\jl  ).  Ses  deux  rives  sont  couvertes 
■d'herbes  odorantes.  Elle  renferme  des  poissons  qui  ont  un  goût  par- 
ticulier et  qui  portent  le  nom  de  Poissons  des  herbes  parfumées, 
Hiang-Ts'ao-Yu  (#^||). 

L'Etang  des  Cornes  de  Dragon,  Long-Kio-Tch'eu  (^|  ^  y|^). 
Il  se  trouve  en  dedans  de  la  porte  du  N.,  derrière  l'ancien  Yameu 
du  Préfet.  Il  en  sort  deux  pointes  rocheuses  semblables  à  des  cornes. 
On  y  avait  autrefois  établi  un  pavillon  et  un  jardin  qui  étaient  fort 
renommés.  Actuellement  il  n'existe  plus  rien  de  tout  cela. 

L'Etang  de  Ts'ing-Kouei-Yuan  (  :^  5^/  |^  '/&  )•  Dans  cet 
étang,  se  trouve  une  ancienne  cloche  sur  laquelle  un  dragon  est 
enroulé.  On  peut  la  voir  en  automne  et  en  hiver,  lorsque  l'eau  est 
très  pure. 

La  source  nommée  Pou-Ts'iuen  (y^  ^)  à  40  lis  à  FE.  de  la 
préfecture,  au  pied  de  la  montagne  du  Bœuf  de  Pierre,  Cheu-Nieou- 
Chan  (>i5  "^  I-Ü)-  ^®^  P^'^^  ®^  ^^^  sapins  y  font  une  luxuriante 
forêt.  L'eau  et  les  rochers  s'y  joignent  d'une  façon  harmonieuse  et 
s'y  reflètent  dans  les  eaux.  C'est  un  lieu  de  promenade  des  plus 
recherché  des  habitants  de  la  préfecture. 


KOUANO-SI.  98 

Murailles  et  Fossés. 

La  cité  était  primitivement  entourée  d'un  mur  de  terre.  Sous  la 
dynastie  des  Ming,  1368  —  1644,  et  durant  les  années  de  la  période 
Houg-Vou,  1368-1398,  (Empereur  T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti,  dont 
le  nom  personnel  était  Yuen-Tchang,  et  qui  régna  de  1368  à  1398) 
cinq  portes  furent  bâties.  Ensuite  la  petite  porte  du  S.,  Siao-nan- 
meun  (/Jn  ^  ^^  )  fut  murée.  Elle  fut  rouverte  de  nouveau  durant 
la  13®  année  de  la  période  Ouan-Li,  1585,  (Empereur  Chen-Tsong 
Hien-Hoang-Ti,  dont  le  nom  personnel  était  Yi-Kiun  et  qui  régna 
de  1572  à  1619). 

Sous  la  dynastie  actuelle,  durant  la  60®  année  de  la  période 
K'ang-Hi,  1721  (Empereur  Cheng-Tsou-Jen-Hoang-Ti,  qui  régna  de 
1661  à  1722),  durant  les  6*^»®  et  20^«!®  années  de  la  période  K'ien- 
Loug,  1741  et  1755,  (Empereur  Kao-Tsong-Choen-Hoang-Ti  (^ 
■^  '^  M.  ^^)  qui  régna  de  1735  à  1795)  les  murailles  furent 
reconstruites  et  réparées.  Elles  ont  une  hauteur  de  18  pieds,  une 
épaisseur  de  10  pieds;  elles  entourent  un  périmètre  de  3  lis  2  feun. 
Les  fossés  ont  25  pieds  de  large  et  10  pieds  de  profondeur. 

Mandarins. 

Un  préfet  de  2«  rang,  Tcheu-Tcheou  (^  ^H)' 
Les  appointements  dits  Ngo-Fong  sont  de  80  taëls  d'argent.  Il 
touche  en  outre.  1°  A  titre  de  Pien-Fong,  77  taëls  d'argent  6  ts'ien 
5  li;  2°  à  titre  de  Yang-Lieu,  600  taëls  d'argent:  3°  à  titre  de  Yen- 
Kouei-Yang-Lien,  150  taëls  d'argent,  et  4"  à  titre  de  Hao-Sien-Yang- 
Lien,  280  taëls  d'argent  2  feun  3  li.  Il  a  droit  à  un  personnel  de 
37  employés,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  226  taëls,  et 
à  28  hommes  des  milices  régionales,  pour  l'entretien  annuel  des- 
quels il  touche  37  taëls  d'argent  6  ts'ien  9  feun  5  li  et  163  cheu, 
8  teou  8  cheng  1  ho  de  riz.  Il  a  droit  en  outre  à  20  sbires,  plan- 


94  J.    BEAUVAIS. 

tons,   etc.  .  . ,  pour  lesquels  il  touche  chaque  année  72  cheu  de  riz. 

Un  maître  de  police  et  gardien  de  prison  de  préfecture  de  2^ 
rang,  Li-Mou  (  ^  §  )• 

Les  appointements  dits  Ngo-Fong  sont  de  31  taëls  d'argent,  cinq 
ts'ien  2  feun.  Il  touche  à  titre  de  Yang-Lien  80  taels  d'argent.  Il 
a  droit  à  un  personnel  de  6  portiers,  sbires,  palefreniers,  pour  l'en- 
tretien annuel  desquels  il  touche  36  taëls  d'argent. 

Un  assistant  de  2^  classe  de  Sous-Préfet  ou  Siun-Kien,  pour  la 
circonscription  de  Long-Meun-Seu,  Long-Meun-Seu-Siun-Kien  (^ 

Les  appointements  dits  Ngo-Fong  et  le  Yang-Lien  sont  iden- 
tiques à  ceux  du  Li-Mou  qui  précède.  Il  a  droit  à  2  sbires,  pour 
l'entretien  annuel  desquels  il  touche  une  somme  de  12  taëls  d'argent, 
et  à  12  archers,  pour  l'entretien  desquels  il  touche  annuellement  40 
taëls  d'argent  6  ts'ien  3  feun  6  li. 

Un  Directeur  d'études  de  préfecture  de  2^  rang,  Hio-Tcheng 
(  ^  iE  )  et  un  Sous-Directeur  d'Etudes,  Hiun-Tao.  Les  appoin- 
tements de  chacun  de  ces  deux  fonctionnaires  sont  de  40  taëls 
d'argent.  Ils  ont  droit  chacun  à  trois  portiers,  pour  l'entretien  annuel 
desquels  ils  touchent  chacun  une  somme  de  18  taëls,  et  à  un  total 
de  10  pourvoyeurs  pour  les  jeûnes,  pour  l'entretien  annuel  desquels 
il  leur  est  attribué  une  somme  de  trente  taëls  d'argent. 

Écoles. 

Nombre  des  bacheliers  littéraires:  15.  —  Nombre  des  bacheliers 
militaires:  15. 

Bacheliers  subventionnés,  Lin-Cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  17.  Chacun  d'eux  reçoit  par  an  une 
subvention  en  nature  composée  de  trois  cheu  huit  teou  sept  cheng 
huit  ho  un  chao  et  un  tch'ao  de  riz  :  ce  qui  fait  un  total  de  65  cheu 
neuf'  teou   deux   cheng  huit  ho  de  riz.  Durant  les  années  qui  ren- 


KODAMO-SI.  95 

ferment  un  treizième  mois  intercalaire,  cette  quantité  de  riz  est 
augmentée  de  cinq  cheu  4  teou  9  cheng  4  ho  et  1  chao.  Tous 
les  3  ans,  on  nomme  deux  bacheliers  du  grade  de  Eong-Cheug. 

Les  terres  appartenant  aux  écoles  ont  une  superficie  de  5  k'iug 
61  meou  4  foun  et  5  li.  Dans  cette  superficie  totale,  les  terres 
incultes  entrent  pour  un  k'ing,  48  meou  9  feun  et  huit  li,  et  les 
bonnes  terres  pour  4  k'ing  12  meour  4  feun  7  li.  Elles  rapportent 
un  loyer  de  28  taëls  d'argent  3  ts'ieu  2  feun. 

Rendement  des  Impôts. 

Le  produit  total  de  l'impôt  foncier,  Ti-Ting,  s'élève  à  3086  taëls 
d'argent  9  ts'ien  6  feun  8  li.  Ce  total  s'augmente  durant  les  années 
de  13  mois  de  165  taëls  d'argent  3  ts'ien  2  feun  7  li. 

L'impôt  sur  le  riz  produit  environ  3176  cheu. 

La  provision  de  riz  des  greniers  est  de  12000  cheu. 

Positions  stratégiques. 

1°  Siaug-Tcheou.  —  Cette  préfecture  est  contigûe  aux  territoires 
frontière  de  la  préfecture  de  Kouei-Lin-Fou.  Bliebst  divisée  en  huit 
Li  (  ^  )  ou  cantons,  tous  composés  de  terres  grasses  et  fertiles,  à 
l'exception  des  2  cantons  de  Pei-Hia-Li  (  ^^  "Jik  Jl.  )  et  de  Tch'ang- 
Houa-Li  (  1^  'Ç^  J|_  ),  dont  les  terres  hautes  et  sèches  donnent  des 
récoltes  inférieures  à  celles  des  autres  cantons.  Les  populations  Yao 
de  Ta-Tong  ("^  fgl  )  et  de  Liang-Lo  (^^)  étaient  ancienne- 
ment cruelles  et  insoumises  et  fort  difficiles  à  gouverner.  Toutes  sont 
maintenant  soumises  aux  règlements  de  l'Empire. 

2°  Le  défilé  de  Lang-Ts'ouen-Yai  (Jgt4  fê)  ^  40  lis  à  TO. 
de  la  préfecture.  Des  deux  côtés,  se  trouvent  des  montagnes  de  pierre 
entre  lesquelles  passe  une  route.  Ce  défilé  est  le  plus  important  de 
tous  ceux  du  canton  de  Si-Hiang  (@5  ^)- 

3°  Le  poste  de  Long-Meun-Tchai  (f|  P^  ^)  à  80  lia  au  N.-E. 


96  J.    BEAUVAIS. 

de  la  préfecture  et  à  100  lis  de  la  préfecture  de  2®  rang  de  Yong- 
Ngau-Tcheou  (  ^  ^  ^j»|  ).  En  cet  endroit,  les  gorges  des  montagnes 
sont  escarpées  et  d'accès  difficile.  Elles  servent  de  refuge  aux  pirates 
Yao.  Anciennement,  on  avait  fait  de  ce  poste  une  circonscription  ou 
Siun-Seu:  cet  état  de  choses  subsiste  encore.  On  avait  également 
constitué  des  Siun-Seu  aux  bourgs  de  Ngo-King-Tchen  (^§  ^  ^) 
et  de  Tsien-Chan-Tchen  (^tjjj  ^).  Ces  2  Siun-Seu  sont  main- 
tenant supprimés. 


Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien. 

Historique. 

De  la  Dynastie  des  Han,  206  av.  J.C.  à  220  ap.  J.C,  à  la  dynastie 
des  Tch'en,  557-589. 

Pendant  tout  ce  temps  le  territoire  actuel  de  la  Sous-Préfecture 
de  Lai-Pin-Hien  (  ^  ^  ^  )  faisait  partie  du  Hien  de  T'an-Tchong 

Dynastie  des  Sonei,  581—619.  Le  territoire  actuel  de  la  Sous- 
Préfecture  faisait  partie  du  Hien  de  Ma-P'ing. 

Dynastie  des  T'ang,  618—907,  le  territoire  actuel  faisait  partie 
du  Tcheou  de  Yen  (^)  du  Kiun  de  Siun-To  (#  f^)-  Durant  la 
2^  année  de  la  période  K'ien-Fong  (  ^^  ^  )  le  Hien  de  Lai-Pin  fut 
constitué.  Il  comprenait  les  deux  Hien  de  Siun-To  et  de  Kouei-Hoa 
(  ^  ^  )  et  était  rattaché  au  cercle  ou  Tao  de  Ling-Nan  (  ^  "^  ). 

Période  des  Cinq  petites  Dynasties,  ^ 'f^ ,  907  —  960;  le  Hien 
de  Lai-Pin,  du  Tcheou  de  Yen,  comprenait  les  deux  Hien  de  Sieou- 
To  (ll^  ^)  et  de  Kouei-Hoa.  Il  appartint  d'abord  au  pays  de  Tch'ou 
(  ^  )  6t  ensuite  aux  Han  méridionaux,  Nan-Han  (  ^  j^  ).  Le  Hien 
de  Sieou-To  n'était  autre  chose  que  celui  de  Siun-To.  Il  fut  supprimé 
par  la  suite. 


K0UAN0-8I.  97 

Dynastie  des  Song,  960—1279.  Le  Hien  de  Lai-Pin,  dn  Tcheoa 
de  Yen,  comprenait  le  Hien  de  Kouei-Hoa.  Durant  le  courant  de  la 
Période  Kai-Pao  (  [j|J  g  968-975),  le  Tcheou  de  Yen  fut  supprimé. 
Le  Hien  de  Eouei-Hoa  fut  diminué,  et  son  territoire  incorporé  au 
Hien  de  Lai-Pin  qui  fut  rattaché  au  Tcheou  de  Siang  (  ^  ). 

Dynastie  des  Yuen,  1279  —  1368.  Le  Hien  de  Lai-Pin  appartenait 
au  Tcheou  de  Siang. 

Dynastie  des  Ming,  1368  —  1644,  le  Hien  de  Lai-Pin  appartenait 
à  la  préfecture  de  1^"^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

Dynastie  actuelle,  1644  à  nos  jours;  aucun  changement  n'a  été 
apporté  dans  le  précédent  état  de  choses. 

Limites  du  Territoire. 

La  Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien  se  trouve  à  180  lis  au  S. 
de  la  capitale  de  la  préfecture  de  1®""  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou.  Son 
territoire  mesure  150  lis  de  l'E.  à  l'O.  et  170  lis  du  N.  au  S. 

A  70  lis  à  l'E.,  au  village  de  Kao-Liog-Ts'ouen  {"^  ^^  t'^),^^ 
confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien,  dépen- 
dant de  la  préfecture  de  P"^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 

A  80  lis  à  l'O.,  au  village  de  Heng-Chan-Ts'ouen  (  :j^  [Jj  ^), 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ts'ien-Kiang-Hien 
(  ^  J^  ^  )  dépendant  de  la  préfecture  de  P"^  rang  de  Seu-Ngen- 
Fou  (B^iJt). 

A  70  lis  au  S.,  au  village  de  Kiai-T'ang-Ts'ouen  (^^>|^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien  (  ^  ^  ) 
dépendant  de  la  préfecture  de  P'"  rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 

A  100  lis  au  N.,  au  village  de  To-Houa-Ts'ouen  i^itH)^ 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  70  lis  au  S.-E.  au  village  de  Pa-Kouei-Ts'ouen  (  E  ^Ha  >hl*  )» 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien,  dépen- 
dant de  la  préfecture  de  P'  rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 


9"8  J.    BE  AU  VA  IS. 

A  70  lis  au  N.-O.,  au  village  de  Hing-Ts'ouen  (  :^  :^),  il  confine 
au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

A  70  lis  au  S.-O.,  au  village  de  P'ing-Ngan-Ts'ouen  (  2p  ^  ;;|îjj*)^ 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ts'ien-Kiang-Hien, 
dépendant  de  la  préfecture  de  P*"  rang  de  Seu-Ngen-Fou. 

A  70  lis  au  N.-E.,  au  village  de  T'ang-Pou-Ts'ouen  (^  "^  tif)' 
il  confine  au  territoire  de  la  préfecture  de  2^  rang  de  Siaug-Tcheou. 

Montagnes  et  Riyières. 

La  Montagne  de  Long-Tchen  (gg  ^  jjj  )  à  un  li  au  N.  de 
la  Sous-Préfecture.  On  l'appelle  communément  la  montagne  de 
San-T'ai  (  ^  ^^  [X|  )•  C'est  la  Montagne  maîtresse  de  la  Sous- 
Préfecture. 

La  caverne  du  Dragon,  Long-Tong-Yen  (-^  ^  ^)  ^  ^5  lis 
à  rO.  de  la  Sous-Préfecture.  Elle  se  compose  de  3  cavernes.  Dans 
la  3^™®  de  ces  grottes  se  trouvent  trois  blocs  de  pierre  ayant  la  forme 
de  fleurs  de  nénuphars,  sur  lesquels  on  a  modelé  en  terre,  trois 
grandes  statues  de  lettrés.  Au  sommet  de  cette  caverne  et  sur  le 
côté,  se  trouve  une  crevasse  dont  on  n'a  jamais  pu  trouver  le  fond. 
Une  pierre  jetée  dans  cet  abime  y  dégringole  en  faisant  un  bruit 
comparable  au  grondement  du  tonnerre.  Dans  la  première  caverne 
se  trouve  une  aiguille  de  roche,  dressée,  longue  de  plus  de  10  pieds, 
sur  laquelle  des  personnes  éprises  des  beautés  naturelles  ont  gravé 
les  3  caractères  «Tsié-Yin-Fo»  (^  ^|  ^)  d'où  son  nom  de 
caverne  du  Bouddha  de  pierre,  Cheu-Fo-Yen  (  ^  ^  ^  )  qu'elle 
porte  également. 

La  Montagne  du  Tonnerre,  Lei-Chan  (  fl*  [Jj  )  à  30  lis  au  S. 
de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  la  Dent  de  Pierre,  Cheu-Ya-Chan  {^  ^  j|[) 
à  80  lis  au  S.  de  la  Sous-Préfecture,  voisine  de  la  Montagne  du 
Dragon,  Long-Chan  (  ^  jJj  )  de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien. 


K0UANG-8I.  99 

La  Montagne  des  Pins,  Kiu-Song-Chan  {^  :^  {Jj  )  à  40  lis  aa 
S.  de  la  Sous-Préfecture.  La  Montagne  possède  une  porte  de  pierre, 
ainsi  qu'un  bassin  rocheux  naturel,  dans  lequel,  en  été,  il  pousse  des 
nénuphars.  Continuellement  des  poissons  se  jouent  dans  l'eau  de 
ce  bassin. 

La  Montagne  de  Kou-Lang  (  -j^  ^  (Jj  )  à  50  lis  au  S.-E.  de  la 
Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  Tch'oan  (  ^  |lj  )  à  60  lis  au  S.  de  la  Sous- 
Préfecture.  La  Montagne  est  percée  d'un  trou  qui  a  une  direc- 
tion N.-S. 

La  Montagne  du  Sommet  d'or,  Kin-Fong-Chan  (^  $  |JL|)  à 
60  lis  au  S.  de  la  Sous-Préfecture.  Elle  renferme  une  quantité  de 
sources  et  les  rochers  les  plus  beaux  de  la  Sous-Préfecture. 

La  caverne  du  Bœuf  blanc,  Pai-Nieou-Tong  (  ÉI  '^  '/l^  )  ^  ^^ 
lis  au  S.-O.  de  la  Sous-Préfecture.  Elle  renferme  une  pierre  blanche 
ayant  la  forme  d'un  bœuf.  Le  Ruiseau  du  Cheval  blanc,  Pai-Ma- 
K'i-Chouei  (  ÉI  ^^  «^  ^  )  ®"  ^°^**  Pendant  la  période  Hong-Tcheu 
(^  Vp)»  1488  —  1505,  de  la  dynastie  des  Ming,  cette  caverne  servait 
de  repaire  aux  pirates. 

La  caverne  des  deux  sources,  Chouang-Ts'iuen-Yen  {'^  ^  ^) 
à  100  lis  à  rO.  de  la  Sous-Préfecture.  Elle  est  fraîche  en  été  et 
tiède  en  hiver.  Les  lettrés  aiment  beaucoup  y  venir  pour  composer 
des  œuvres  littéraires. 

La  Montagne  de  Choei-Siaug  (  J^  ^  |ij  )  à  l'O.  de  la  Sous- 
Préfecture. 

La  Montagne  du  Double  Chignon,  Chouang-K'i-Chan  {'^  ^  |Jj  ) 
à  30  lis  au  S.  de  la  Sous- Préfecture. 

La  Montagne  de  Vou-Chan  (  ^  jpp  |Jj  )  sur  le  territoire  de  la 
Sous-Préfecture. 

La  Montagne  des  Huit  Immortels,  Pa-Sien-Chan  ( /V  flij  [Ip 
à  50  lis  au  S.  de  la  Sous-Préfecture.  Au  sommet  de  cette  montagne 


100  J.    BBAUVAIS. 

se  trouve  uu  énorme  bloc  de  rocher,  carré  comme  une  terrasse,  et 
cette  sorte  de  terrasse  forme  comme  le  piédestal  d'une  statue  de 
pierre  qui  se  trouve  placée  dessus.  Au  pied  de  la  montagne  se 
trouve  une  source  qui  s'écoule  trois  fois  par  jour,  le  matin,  à  midi 
et  le  soir,  et  qui,  en  dehors  de  ces  trois  moments,  n'a  pas  d'eau. 

Le  grand  fleuve,  Ta-Kiang  (^  ^)  au  S.  de  la  Sous-Préfecture. 
Il  porte  les  nous  vulgaires  de  fleuve  aux  eaux  rouges,  Hong-Chouei- 
Kiaug  (  ^J^  ^  yX  )  ou  fleuve  aux  eaux  boueuses,  Tou-Ni-Kiang  (  ^ 
J^  yX  )•  Il  pénétre  sur  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  après  le 
rapide  des  bœufs,  Hoang-Nieou-T'an  (  ^  •^  ^  ),  lequel  est  situé 
sur  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Ts'ien-Kiang-Hien.  Ce  fleuve 
coule  alors  à  l'Est  pendant  environ  70  lis  et  arrive  au  S.  de  la  Sous- 
Préfecture.  Il  coule  ensuite  au  N.-E.  pendant  60  lis  et  pénètre 
sur  le  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien,  où  il  se 
joint  à  la  rivière  Lieou.  Les  eaux  de  ce  fleuve  sont  des  plus  dan- 
gereuses. Très  souvent  les  bateaux  qui  y  circulent  sont  submergés 
ou  mis  en  pièces.  En  été,  le  niveau  s'élève  de  plusieurs  dizaines  de 
pieds,  et  cela  en  un  instant,  dès  que  l'eau  commence  à  prendre  une 
teinte  rouge.  Pendant  l'automne,  la  profondeur  de  l'eau  est  stable. 

La  rivière  Ting-Ts'ing  i^^^tL)  à  5  lis  au  N.  de  la  Sous- 
Préfecture.  Elle  sort  de  Ts'ing-Chouei-Pao  (  '^  ;3jC  '^  )'  ^^"^^  ^^ 
S.-E.  et  se  joint  au  fleuve  Hong-Chouei. 

La  rivière  du  Tonnerre,  Lei-Kiang  (^  JÖC)  à  30  lis  au  N.-O. 
de  la  Sous-Préfecture.  Elle  prend  sa  course  au  village  de  Sin-K'ing- 
Ts'ouen  (^^/|^)  coule  au  S.  et  se  jette  dans  le  Hong-Chouei- 
Kiang,  D'après  le  recueil  intitulé  Hoan-Yu-Ki  (  ^  ^  iE  ),  à  l'O. 
de  la  Sous-Préfecture  se  trouve  la  rivière  de  Lai-Pin-Chouei  (  ^  ^ 
^).  C'est  précisément  celle-ci. 

La  rivière  Tsang-Ko-Chouei  (  ^^  :^  -^  );  elle  passe  à  l'O.  de  la 
Sous-Préfecture  et  se  jette  dans  le  Hong-Chouei-Kiang. 


KOUANü-sr.  101 

Le  Ruisseau  du  Cheval  Blauc,  Pai-Ma-K'i  (  Éî  'IS  jS  )•  I'  prend 
sa  source  dans  la  caverue  du  Bœuf  blanc,  Pai-Nieou-Tong  (  ^  ^ 
?f^  )  V^^^^  *^  S.  de  la  Sous-Préfecture  et  se  jette  dans  le  Ta-Kiang. 

L'Ile  de  P'ong-Lai-Tao  (  ^  ^  ^  )  à  dix  lis  en  aval  de  la  Sous- 
Préfecture.  C'est  l'emplacement  de  l'aucienne  Sous-Préfecture.  Les 
Montagnes  y  sont  brillantes;  l'eau  reflète  une  couleur  azurée  le  tout 
constitue  un  point  de  vue  splendide. 

Murailles  et  fossés. 

L'enceinte  de  la  Sous-Préfecture  fut  élevée  pour  la  première  fois 
sous  la  dynastie  des  Ming  pendant  les  années  de  la  période  Hong- 
Vou,  1368  —  1398,  (Empereur  T'ai-Tsou-Kao-Hoaug-Ti,  dont  le  nom 
personnel  était  Yuen-Tchang  et  qui  régna  de  1368  à  1398).  Durant 
les  années  de  la  période  Yong-Lo  (  ^  ^  ),  1403  —  1424,  (Empereur 
Tch'eng-Tsou-Ouen-Hoang-Ti  (  ^  jjîi.  ^  ^  i^  )  dont  le  nom  per- 
sonnel était  Ti  (;j^)  et  qui  régna  de  1402  à  1424)  cette  enceinte 
fut  reconstruite  eu  briques.  Elle  s'appuyait  aux  montagnes  au  N.  et 
à  l'E.,  et  était  adjacente  au  fleuve  au  S.  et  à  l'O.  Elle  était  percée 
de  4  portes.  Durant  les  années  de  la  période  King-T'ai  (  ^  ^  ), 
1450  —  1456,  (Empereur  King-Hoang-Ti  (^  M.*^)  ^^®°*  1®  ^®™ 
personnel  était  K'i-Yu  (jjî|5  ^)  et  qui  régna  de  1449  à  1456)  la 
ville  fut  prise  par  les  pirates.  Elle  fut  reprise  sur  eux  et  l'enceinte 
réparée  durant  la  4^  année  de  la  période  T'ien-Chouen  (  ^  ||^  ), 
1460,  (Empereur  Yiug-Tsong-Jouei-Hoang-Ti  i^^  ^  M.^) 
dont  le  nom  personnel  était  K'i-Tchen  (  ^  ^.  )  et  qui  régna  une 
première  fois  de  1435  à  1449  et  une  deuxième  fois  de  1456  à  1464, 
après  une  captivité  de  huit  années  chez  les  Tartares).  L'enceinte  de 
Lai-Pin-Hien  fut  de  nouveau  réparée  durant  la  6^  année  de  la  période 
Ouan-Li  (  ^  ^  ),  1578,  (Empereur  Chen-Tsong-Hien-Hoang-Ti(  |^ 
^  ^  ^  *^  )  ^0^1^  ^6  ïiom  personnel  était  Yi-Kiun  (  y|^  ^  )  et  qui 
régna  de  1572  à  1619). 


102  J.    BEAUVAIS. 

Sous  la  dynastie  actuelle  des  réparations  prirent  place  aux  épo- 
ques suivantes:  6®  année,  1667,  et  56^  année,  1717,  de  la  période 
K'ang-Hi  (  J^  !?£  )  (Empereur  Cheng-Tsou- Jen-Hoang-Ti  (  ||  jjg^ 
^  _g.  ^)  qui  régna  de  1661  à  1722);  2«  année,  1724,  et  IS«  année, 
1735,  de  la  période  Yong-Tcheng  (^  j£)  (Empereur  Cheu-Tsong- 
Hien-Hoang-Ti  i^^M  M.^)^  ^»i  régna  de  1722  à  1735); 
6®  année,  1741,  et  14^  année,  1749,  de  la  période  K'ien-Long  (  ^^ 
1^)  (Empereur  Kao-Tsong-Chouen-Hoang-Ti  C^  ^^^^) 
qui  régna  de  1735  à  1795).  Dans  le  courant  de  la  49^  année  de  la 
même  période,  1784,  on  construisit  les  deux  ponceaux  qui  se  trouvent 
aux  angles  N.-E.  et  N.-O.  de  la  muraille.  Cette  muraille  a  mainte- 
nant une  longueur  de  2  lis,  8  feun.  Elle  est  haute  de  18  pieds  et 
épaisse  de  15. 

Mandarins. 

Un  Sous-Préfet,  Tcheu-Hien. 

Les  appointements  dits  Ngo-Fong,  sont  de  45  taëls  d'argent.  I 
touche  en  outre.  1°  A  titre  de  Pien-Fong,  44  taëls  d'argent,  7  ts'ien 
3  feun;  2°  à  titre  de  Yang-Lien,  700  taëls  d'argent;  3°  à  titre  de 
Yen-Kouei-Yang-Lien,  150  taëls  d'argent;  et  4°  à  titre  de  Hao-Sien- 
Yang-Lien,    135  taëls  d'argent,  huit  ts'ien  2  feun.  Il  a  droit  à  un 
personnel  de  huit  palefreniers,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  lui 
est  alloué   une  somme  de  48  taëls;  à  41  plantons,  portiers,  sbires, 
pour    l'entretien    annuel    desquels    il    touche   246    cheu   de   riz.    un 
supplément    de   20   taëls   d'argent   5   ts'ien   lui   est   alloué  en   outre 
pour   les   années   qui  renferment  un  treizième  mois  intercalaire.  Ce 
fonctionnaire    a   encore   droit  à   40   hommes   des  milices  régionales, 
pour  l'entretien  annuel  desquels  il  reçoit  52  taëls  d'argent  1  ts'ien 
5   li   et   234   cheu    8   teou   6   cheng  8   ho   et   8   tch'ao   de   riz.   Un 
complément   de   20  taëls  d'argent  lui  est  alloué  pour  les  années  de 
13  mois. 


ikOÜANQ-SI.  103 

Un  assistant  de  2^  classe  de  Sous-Préfet  ou  Siun-Eien,  pour  la 
circonscriptiou   de   Kiai-P'ai-Seu,    K'iai-P'ai-Seu-Siuu-Kien   (^  ){^ 

Les  appointements  sont  de  31  taëls  d'argent  5  ts'ien  2  feun.  Il 
touche,  à  titre  de  Yaug-Lien  80  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  deux 
sbires,  pour  l'entretien  desquels  il  touche  12  taëls  par  an,  et  à  20 
archers,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  lui  est  alloué  une  somme 
de  67  taëls  7  ts'ien  2  feun  6  li. 

Un  maître  de  police  et  gardien  de  prisons  de  Sous- Préfecture, 
Tien-Cheu. 

Les  appointements  sont  identiques  à  ceux  du  Siun-Kien  précé- 
dent. Il  a  droit  à  un  personnel  de  4  sbires,  pour  l'entretien  annuel 
desquels  il  touche  24  taëls  d'argent,  et  à  un  portier  et  un  palefre- 
nier, pour  l'entretien  desquels  il  touche  par  an  12  cheu  de  riz. 
Durant  les  années  de  13  mois,  un  supplément  de  un  taël  lui  est 
attribué. 

Un  directeur  d'études  de  Sous-Préfecture,  Kiao-Yu. 

Les  appointements  sont  de  40  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  deux 
portiers,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  12  taëls  d'argent, 
et  à  8  pourvoyeurs  pour  les  jeûnes,  pour  l'entretien  annuel  desquels 
il  touche  24  taëls  d'argent. 

Le  Sous-Directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecture,  Hiun-Tao,  fut 
supprimé  durant  les  années  de  la  période  Tao-Kouang  (^")t)» 
1821-1850,  (Empereur  Siuen-Tsoug-Tch'eng-Hoang-Ti  i*S.^  ^ 
M  Ifî)  q^i  ^'égna  de  1820  à  1850). 

Écoles. 

Nombre  des  bacheliers  littéraires;  8.  —  Nombre  des  bacheliers 
militaires:  8. 

Bacheliers  subventionnés,  Lin-Cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  8.  Chacun  d'eux  touche  une  subvention 


104  J.    BEAUVAIS. 

annuelle  de  1  taël  d'argent  2  ts'ien,  ce  qui  fait  un  total  de  9  taëls 
6  ts'ien.  Ce  total  est  augmenté  de  8  ts'ien  pour  les  années  qui  ont 
un  treizième  mois  intercalaire. 

un  bachelier  du  grade  de  Kong-Cheng  est  nommé  tous  les  trois  ans. 

La  superficie  primitive  des  terres  appartenant  aux  Ecoles  est  de 
2  k*ing  et  9  meou.  Les  terres  incultes  entrent  dans  ce  total  pour 
37  meou  7  feun  4  li.  11  reste  donc  comme  superficie  de  bonnes  terres, 
1  k'ing  71  meou  2  feun  6  li,  qui  rapportent  annuellement  un  loyer 
de  20  taëls  d'argent  2  ts'ien  cinq  feun. 

Rendement  des  Impôts. 

Le  produit  total  de  l'impôt  foncier,  Ti-Ting,  est  de  1969  taëls 
d'argent,  5  ts'ien  4  feun  5  li.  Durant  les  années  qui  renferment  un 
treizième  mois  intercalaire,  ce  total  s'augmente  de  142  taëls  d'argent 
1  ts'ien  1  feun  2  li,  ce  qui  porte  les  recettes  à  2111  taëls  d'argent 
6  ts'ien  5  feun  7  lis. 

L'impôt  sur  le  riz  est  de  1239  cheu. 

La  provision  de  riz  des  greniers  est  fixée  à  8240  cheu. 

Positions  stratégiques. 

1®  Lai-Pin-Hien.  Cette  Sous-Préfecture  s'appuie  sur  les  montagnes 
et  fait  face  au  fleuve.  Elle  renferme  beaucoup  d'aborigènes  Tchoang 
et  fort  peu  de  Chinois.  Les  localités  de  Pei-San  (  ;[[^  ^  )  et  de 
Pei-Ou  (  ;|[^  _3£)  furent  anciennement  les  lieux  de  retraite  favoris 
de  féroces  pirates,  contre  lesquels  la  dynastie  précédente  des  Ming, 
1368  —  1644,  a  dû  lutter  plusieurs  dizaines  d'années  avant  de  les 
réduire.  C'est  à  partir  des  campagnes  que  l'on  conduisit  contre  eux 
à  cette  époque  que  le  pays  devint  tranquille.  Les  traces  qu'ont  laissées 
ces  aborigènes,  le  désordre  chaotique  de  leurs  montagnes  et  de  leurs 
rivières,  expliquent  leurs  mœurs  désordonnées.  Avant  d'arriver  à  les 


KOÜANG-SI.  105 

pacifier,  il  a  été  absolument  nécessaire  de  se  rendre  compte  de  ces 
conditions. 

2°  Le  poste  de  Yiog-Ngen-Pao  (Kß  Jg[  ^)  à  60  lis  au  N.  de 
la  Sous-Préfecture. 

3°  Le  poste  de  Ya-Lo-Pao  (C|||  M)  à  35  lis  à  l'O.  de  la 
Sous-Préfecture.  Ce  poste  est  entouré  d'une  levée  de  terre  percée  de 
2  portes  antiques,  eu  forme  d'amphores,  l'une  à  l'E.,  l'autre  à  1.0. 

4°  La  circonscription  ou  Siun-Seu  de  Kiai-P'ai-Tcheu  (  ^  jjj^ 
^).  Elle  se  trouvait  anciennement  à  l'O.  de  la  Sous-Préfecture. 
Dans  le  courant  de  la  7®  année  de  la  période  Siuen-To  (^  ^^)' 
1432,  (Empereur  Siuen-Tsoug-Tchang-Hoang-Ti  ( ^  ^  ^  M  ^) 
dont  le  nom  personnel  était  Tchan-Ki  (||^  ^)  et  qui  régna  de 
1425  à  1435)  le  siège  de  la  circonscription  fut  transporté  au  village 
de  Cheu-Ya-Ts'ouen  {>^  ^  ^TJ'  )  à  80  lis  de  la  Sous-Préfecture,  sur 
les  frontières  de  la  Sous- Préfecture  de  Kouei-Efien. 

(à  suivre.) 


MÉLANGES. 


Ancient  Chinese  l^honetics. 

(Supplementary  Note). 

In  note  4  on  page  463  of  the  VIII*^  Volume  of  the  T'oung- 
pao,  I  have  tried  to  find  a  connection  between  the  '^  ^  -p  /\ 
"pP  occurring  in  the  Introduction  of  K'ang-hts  Dictionary,  and  the 
18  initials  of  the  2*^,  3^,  7^^  and  6*^  classes.  Later  researches  have 
convinced  me  that  my  supposition  is  wrong,  and  that  the  said  pas- 
sage ought  to  be  translated  in  this  way: 

^^  +  A^ 

A  rhyme  on  the  18  keys  with  changeable  form: 
'     -^  |#  P^  §  Ê  ^  f5  '«'•«•  -^  (key  170)  belongs  to  characters 
like  j^ ,  where  the  key  |J  is  placed  to  the  left  side. 

^  (key  122)  belongs  to  characters  like  ^  in  which  this  key 
occurs. 

1^  (key  163)  belongs  to  characters  like  ^  in  which  the  key 
jî  is  placed  to  the  right, 

^  (key  162)  belongs  to  characters  having  the  radical  j__. 
P^  (key  180)  belongs  to  characters  having  the  radical  ^  . 
^i^  (key  140)  rules  over  characters  having  the  element  T»  . 


MÉLAKUICS.  107 

Characters  with  7y^  belong  to  yf^  (key  113);  those  with  ^  to 
:^  (key   145). 

ji(^  (key  61)  accompanies  characters  composed  with  *j*. 

Characters  in  which  ij  occurs  belong  to  the  key  IS  ^J  ;  those 
in  which  j?  occurs,  belong  to  ^  (key   157). 

3Ê  (key  96)  rules  over  those  characters  in  which  J  occurs. 

Characters  with  ^  are  connected  with  |^  (key   173). 
*j^  (key   86)  is  related  with  characters  in  which    iéi\    occurs. 

Characters  with  ^  (key  54)  answer  to  ^  (key  54). 
■^  (key  64)  answer  to  characters  composed  with  ^. 

Characters  in  which  X  occurs,  and  which  belong  to  jj^  (key  66) 
make  the  series  round,  whereby  everything  is  rendered  clear. 

Now  only  remain  the  nourishing  of  the  dogs  (the  mentioning 
of  ^  (key  94):  the  barking  shepherdsdog  ^^  ;  i.  e.  characters  com- 
posed with  ^  belong  to  -^ . 

The  rhyme  could  have  .been  represented  in  a  more  simple  way, 
in  the  manner  of  the  commentarj^  in  K'ang-his  dictionary  5^  ^ 

(Jl  M  lï#:  T>  #  S  ^  -«  !ffi  «  ti  K  ft  fè  ^)^ 

3.  »  »pÇ  »  »g^» 

4.  »  »     i_  »  »    ^^   » 

5.  »  »     ^  »  »    [^    » 

6.  »  »     -f+  »  »    i|Jl|*    » 

7.  »  »      If  »  »    ^    » 


108 


] 

HELâNGES 

'• 

8. 

JIM 

.  *  * 

i3!<^ 

9. 

>      » 

t  ^ 

» 

jC>  » 

10. 

»      » 

IJ  ^ 

» 

7Ï  » 

11. 

»      » 

i?  ^ 

» 

Ä  » 

12. 

»      » 

J  » 

» 

=R.  . 

13. 

»      » 

^'   » 

» 

ffi  ' 

14. 

»      » 

i*i>    » 

» 

')<.  » 

15. 

»      » 

l.  » 

» 

^  • 

16. 

»      » 

;'      » 

» 

^  > 

17. 

»      » 

Je  . 

» 

J£  » 

18. 

»      » 

^  » 

» 

;^  > 

In  connection  with  the  above,  the  character  -pj^  for  »initial" 
ought  to  be  replaced  by  the  character  ^,  or  still  better  by  ^ 
i^M)-  ^^'   T'oung-pao,  VIII,  p.  458. 

SCHAANK. 


Abel-Remüsat,  bibliographe 


PAR 


HENRI  CORDIER. 


Il  y  a  quelques  années,  je  trouvai  à  la  librairie  Maisonneuve, 
alors  dirigée  par  l'excellent  bibliographe  Charles  Leclerc,  un  manus- 
crit d'environ  350  feuillets  de  superbe  papier  vergé  grand  in-4,  en 
tête  duquel  on  peut  lire,  écrit  au  crayon: 

«Mise  au  net  du  1  vol.  du  catalogue  du  fonds  chinois  de  la  bibliothèque 
nationale.  Ce  catalogue  est  évidemment  fait  par  Rémusat;  la  copie  est  de  la 
main  de  Burnouf.  Les  titres  chinois  et  les  noms  et  mots  chinois  dans  le  corps 
des  notices  sont  restés  en  blanc,  sans  doute  Rémusat  se  réservait  de  remplir 
ces  lacunes.» 

J.  M. 

L'écriture  de  cette  note  et  les  initiales  sont  celles  du  célèbre 
orientaliste  Jules  Mohl;  j'iguore  dans  quelles  circonstances  ce  ma- 
nuscrit, qui  ne  figure  pas  dans  la  vente  de  ses  livres,  faite  en  1877, 
par  Ernest  Leroux,  est  tombé  entre  les  mains  de  Mohl.  Sa  note  qui 
attribuait  l'écriture  du  catalogue  à  Burnouf  était  intéressante  et  une 
question  se  posait  immédiatement;  notre  grand  indianiste  qui  avait 
en  effet  une  fort  belle  écriture  avait-il-pris  véritablement  la  peine 
de  copier  le  volumineux  manuscrit  pour  son  collègue  Rémusat;  l'entre- 
prise me  paraissait,  et  l'événement  a  prouvé  que  j'avais  raison,  dé- 
passer les  limites  de  ce  qu'on  peut  demander  a  la  camaraderie  et  à 
l'amitié,  mais  M.  Mohl  était  bien  afiBrmatif  et  son  opinion  a  tou- 
purs   été  d'un   grand  poids.  Dans  le  doute,  je  m'adressai  à  la  fille 


110  MELANGES. 

dévouée  de  Burnouf,  femme  elle-même  d'un  illustre  savant,  dont  la 
main  filiale  a  classé  les  papiers  du  célèbre  indianiste  et  donné  un 
choix  de  ses  lettres  ^).  Madame  Leopold  Delisle,  après  un  examen 
du  manuscrit,  a  bien  voulu  me  déclarer  qu'il  était  de  la  main  du 
copiste  Neumann  ^). 

Je  crois  intéressant  de  donner  la  table  du  catalogue  de  Rérausat 
et  les  premières  pages  du  manuscrit  contenant  en  partie  les  carac- 
tères chinois;  ce  spécimen  donnera  une  idée  du  travail  entrepris  par 
le  sinologue  enlevé  prématurément  à  la  science. 


jère  Division:   Classiques. 

1*^'^  Section.   Classiques  proprement  dits  (King). 

a.  Introduction  à  la  lecture  des  classiques.  Ex- 
traits, Planches. 

b.  Collections  des  Classiques  proprement   dits 
(King). 

c.  Classiques  séparés. 

1.  Yi-King. 

2.  Planches,  extraits,  etc.  du   Yi-King. 

3.  Traductions  mandchoues. 

4.  Trad.  lat.  ou  fr.  et  ainsi  des  autres. 

2^  Section .  Classiques  du  2^ ordre.  Sse-chou,  Hiao-King,  etc. 

a.  Introd.  Extr.  Planches. 

b.  Collect. 

c.  Séparés. 


1)  Choix  de  lettres  d'Eagène  Burnouf  1825 — 1852  suivi  d'une  bibliographie  avec  por- 
trait et  fac-similé.  Paris,  H.  Champion,  1891,  in-8. 

2)  Voir  p.  4  de:  Papiers  d'Eugène  Burnouf  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale. 
Catalogue  dressé  par  M.  Léon  Feer,  Bibliothécaire  au  Département  des  manuscrits,  augmenté 
de  renseignements  et  de  correspondances  se  rapportant  à  ces  papiers.  Paris,  H.  Champion, 
1899.  in-8. 


UBLANOES. 


Ill 


2«  Division:  Politique,  Législation,  Jurisprudence. 

3<^  Divisioa:  Philosophie. 

4^  Division:  Histoire. 

b^  Division:  Géogr. 

6*^  Division:  Scient,  natur.  Medic. 

7^  Division:  Scient,  astron.  math. 

8^  Division:  Arts,  musique. 

9«  Division:  Arts  pictor. 

10®  Division:  Litter. 

11®  Division:  Palaeogr. 

12®  Division:  Lexiq. 

a.  Tout  chinois. 

b.  polyglottes. 

c.  europ. 

d.  mandchou,  mongols,  tibet,  etc. 
13®  Division:  Diction. 

a.  Tout  chinois. 

b.  polyglottes. 

c.  Tartares,  mandchou,  mongoF.  tibet. 

d.  Europ. 

e.  Syllabaires  et  grammaires. 
14®  Division:  Relig.  —  Collections. 

a.  Tao-sse. 

b.  Bouddhique. 

c.  Christian. 

15®  Division:  Miscella.  Encyclopedia. 


112  MÉLANGES. 

-b    m    m 

Thsi King thou. 

Les  planches  des  sept  livres  classiques. 

rel.  2  V.  gr.  in  fol.  (olim  16  cah.) 

Ce  bel  ouvrage  n'a  pas  d'autre  division  que  les  livres  classiques 
mêmes  auxquels  se  rapportent  les  planches,  savoir: 

T.   1^^  Yi'King, 

Chou- King. 

Chi-King. 

Tchhun-thsieou. 
T.  2,  Li-Ki. 

Tcheou-U. 

Yi-li. 

3£   Il    m    iB 

Ou King louï pian. 

Extraits  sur  les  matières  traitées  dans  les  cinq  King,  en  28  livres. 
10  vol. 

Rédigés  par  ^  ;^  ^  Tcheou-tchang-tchhing  de  ^  ^  Leou- 
toung,  surnommée  "j^  :|^  Chi-tchang.  La  préface  de  cet  auteur  est 
datée  de  l'année  Kia-tseu  de  Khang-hi  (  ). 

L'éditeur  nommé  ^  ;j>'^  Wang-yan,  a  mis  en  tête  de  cette  édition 
une  préface  en  gros  caractères,  datée  ^  ^  ,  Khang~hi.  Il  avait  été 
condisciple  de   Tcheou-tchang-tchhing. 

Une  2®  préface,  en  caractères  tchouan,  est  signée  par  un  autre 
de  leurs  condisciples  nommé  ^  jj  ^  Thsaî-[Fangli-ping,  sans  date. 

Une  3^,  en  hing-chou^  est  signée  d'un  auteur  également  condisciple 
des  précédons,  et  nommé  JH"  -^  ^p  Thang-Sun-hva.  Elle  est  datée 
de  Khang-hi, 


Mér.ANOES.  113 

Une  4''  en  demi-fhsao  est  signée  par  3E  1^  Â^l^  Wang^youan' 
khi,  et  datée  de  Khang-hi  p^  ^  . 

Une  5^,  en  /?',  sans  date,  est  signée  par  ^  ^^  Thsian-lkia]. 

Une  6",  en  demi-cursifs,  est  signée  par  le  frère  aine  de  l'auteur, 
nommé  ^  ^  ^   Tcheou-Siang-ming^  et  datée  ^  ^  Khang-hi. 

La  7*^  est  la  préface  de  l'auteur.  Elle  est  suivie  d'un  post- 
scriptum  de  ^  ^  ^    Wavg-mou-King? 

Plan  de  l'ouvrage.  ^ 

Index   des   ouvrages  qui  sont  ici  désignés  par  le  nom  de  King. 

Ceux  qui  reçoivent  ici  ce  nom  sont: 

le   Yi-king. 

le   Chou-king. 

le   Chi'kivg. 

le  Li-ki. 

le   Tcheon-li. 

le    Yi-li. 

le   Ta-taï-ki. 

le  Tso-t chouan. 

le  Koue-iu. 

le  Koung^yang-tchouan. 

le  Kou-liang't chouan. 

le   HoU'tchouan. 
On  a  consulté  de  plus: 

le  am 

le  Kia-iu. 

le  Thsou-thseu. 

le  Sse-ki. 

le  Han-chou. 


114  MÉLANGES. 

Les  explications  et  Commentaires  ont  été  puisés  dans  les  ouvrages 
suivans: 

Ou-king-ta-thsiouan. 
Wen-hian-thoung-Khao. 
Tofi-chi-  Thoung-thian. 

ThouYig-kian-  Tsian-pian. 

Taï-hio-yan-yé. 

Sing-li-ta-thsiouari.  "^ 

Sse-chou-ta-thsiouar) . 

Sse-chou-pé-Khao. 

Kiuti'chou-pé-Khao. 

Hari'  Weï-tsoung-chou. 

Han-sse. 

Chi-san-King~loUî-iu. 

Thaï-King-tha7ig-t.hsi-King-thoyng-yi-lou. 

Si-y  ang-li- chou. 

Hiu-chi-choue-wen  et   Tching-tseu-thouang. 

Index. 

L'ouvrage  est  partagé  en  28  livres. 

La  Science  du  Prince  remplit  le  premier.  On  y  traite  en  neuf 
articles  des  vertus  du  prince,  des  saintes  études,  de  l'imitation  ou 
de  la  conformité  au  ciel,  de  l'imitation  des  ancêtres,  de  l'amour 
qu'on  doit  au  peuple,  de  la  manière  de  recueillir  les  représentations, 
de  Vexamen  des  flatteurs,  des  honneurs  dûs  aux  sages  et  de  Vemploi 
des  hommes^  des  récompenses  et  peines,  des  décrets  et  ordres. 

La  Science  du  gouvernement  ou  de  l'administration  occupe  les 
livres  2,  3,  4,  5,  6,  7,  8  et  9.  Il  y  est  parlé  d'abord  M'une  ma- 
nière générale  du  sujet  de  ces  livres,  ensuite  du  devoir  royal,  de  la 
révolution,  des  générations,  de  l'institution  des  fiefs  et  du  commen- 


MéLA.N0B8.  115 

cement  et  de  la  chute  des  diverses  principautés,  'des  règlemens  des 
magistrats,  do  l'institution  de  ceux  des  principautés  feudataires,  de 
l'emploi  des  hommes,  des  fonctions  et  services,  *  de  l'emploi  des 
richesses,  de  l'emploi  des  tributs,  de  la  présentation  des  tributs,  des 
employés  secondaires,  des  règles  du  service,  ^des  affaires  d'agricul- 
ture, du  labourage,  du  soin  des  vers  à  soye  et  mûriers,  des  famines, 
°  des  études  et  examens,  de  l'euseignement  et  de  l'amélioration,  des 
moeurs  et  coutumes,  '  de  la  guerre,  d'abord  d'une  manière  générale, 
puis  des  troupes,  de  la  stratégie,  des  règles  militaires,  "  des  saisons 
du  ciel  et  des  produits  du  sol,  de  l'annonce  des  victoires  ( 

),  des  contraventions,  des  vertus  guerrières,  de  l'autorité  du 
général  (  ),  de  la  chasse,  ^  des  supplices,  et  de  la  repres- 

sion des  brigands. 

Les  livres  10,  11,  12,  13,  14  et  15  traitent  de  la  musique  et  des 
rites  sous  les  articles  suivans:  Généralités  sur  les  rites  et  la  musique; 
institution  des  rites,  visites  dans  les  provinces,  assemblées  des  vassaux 
à  la  cour  impériale,  temple  des  conciles,  affection  pour  les  vassaux, 
relations  des  états  entre  eux,  alliances  et  sermens,  "  présens  et  accords, 
rites  pour  la  prise  de  bonnet,  noces,  '"rites  pour  tirer  de  l'arc,  nour- 
riture et  festins,  rites  pour  boire,  "généralités  sur  les  sacrifices, 
sacrifice  au  Seigneur  du  ciel,  à  la  terre,  à  la  divinité  des  moissous, 
aux  dix  choses  honorables,  les  cinq  sacrifices, 

celui  de  la  fin  de  l'année  (  ),  les  petits  sacrifices,   '*le8 

institutions  des  Temples,  le  ,  le  ,  les  repas 

de  cérémonies  ,  les  ,  les  ,  les  sacrifices 

selon  les  saisons,  les  rites  funéraires,  l'imposition  des  noms,  surnoms, 
posthumes,  les  familles,  les  noms,  les  ,  les  chants,   '* l'in- 

stitution de  la  musique,  les  tons  majeurs  et  mineurs. 

Les  livres  16,  17,  18  renferment  ce  qui  concerne  les  institutions 
et  mesures  ,  c'est-à-dire,  en  autant  d'articles,  les  palais  et 

maisons,  les  greniers  et  magazins,  les  jardins,  parcs,  tours  et  étangs, 


116  MÉLANGES. 

les  vases  et  choses  d'usage,  les  chars  et  chevaux,  les  barques,  les 
tables,  les  règles,  compas,  niveaux  et  cordes,  les  poids  et  mesures, 
les  choses  précieuses,  les  tablettes  et  signes  honorifiques,  les  étoffes 
et  papiers  à  sacrifices  ,  des  tablettes  de  petition  , 

des  drapeaux  et  étendards,  des  articles  (de  lois?)  *'des  habits 

en  général,  des  coiffures,  des  habits  ,  des  des  cein- 

tures,, des  pendans,  des  chaussures,  '^des  alimens  et  boisson  en  gé- 
néral, des  boissons  fermentées,  des  sauces,  des  viandes,  du  riz. 

Les  livres  19  et  20  sont  consacrés  aux  devoirs  sociaux.  Il  y  est 
parlé  des  devoirs  en  général,  du  prince  et  du  sujet,  de  la  règle  du 
sujet,  du  père  et  du  fils,  des  fils  et  petits-fils,  *°des  frères  aines  et 
cadets,  des  contestations  et  cessions  ,  du  mari  et  de  la 

femme,  de  la  règle  de  la  femme,  des  concubines,  des  devoirs  et  céré- 
monies entre  hommes  et  femmes,  des  amis,  des  rapports  d'hôtes  et 
de  visiteurs,  des  associations,  du  respect  des  vieillards,  de  la  con- 
descendance pour  les  dents  (les  gens  âgés). 

Les   livres  21  et  22  traitent  des  arts  littéraires  (  ), 

la  raison  naturelle,  les  vertus  du  coeur,  les  actes  vertueux,  l'examen 
des  péchés,  l'étude  et  l'interrogation,  les  livres,  les  livres  classiques, 
les  figures,  l'histoire,  les  études  primaires,  et  les  habitudes  de  la 
jeunesse,  les  paroles  et  la  conduite,  l'attention  aux  discours,  du 

,  du  ,   ^^des  habitudes  graves,  de  la  manière  de  se 

lever  et  de  rester,  de  la  manière  de  sortir  et  de  rester,  des  rangs 
des  hommes,  de  l'avarice  et  de  l'indifférence  pour  les  richesses  et  la 
pauvreté,  de  l'humilité  et  de  l'orgueil,  de  la  bienveillance  et  de  la  haine. 

Le  livre  23  parle  des  arts,  savoir,  les  cent  arts,  de  la  poterie  et 
des  métaux  fondus,  du  commerce,  de  l'art  de  tirer  de  l'arc,  de  l'art 
de  conduire  les  chevaux,  de  la  médecine,  de  l'art  de  tirer  les  sorts, 
du  ,  des  prières  magiques,  des  préservatifs  de  la  peste 

,  des  aveugles. 

Les  livres  24  et  25  sont  consacrés  à  la  science  du  ciel  et  traitent 


MéLANOES.  117 

d'abord  du  ciel  et  de  la  terre,  en  géuéral,  des  corps  célestes,  du  «oleib 
de  la  lune  et  des  éloiles  et  constellations,  des  nuages,  de  la  pluie,  du 
veut  et  du  toimerre,  de  la  brume  et  des  brouillards,  de  la  glace  et  de 
la  neige,  ^^du  calendrier,  de  la  division  du  temps,  des  cinq  élemens, 
des  calamités  et  évènemens  heureux. 

Le  26^  livre  est  pour  la  terre,  et  on  y  relate  les  passages  relatifs 
aux  contrées,  aux  cités,  aux  villes,  portes  et  péages. 

Dans  les  livres  27  et  28,  il  est  question  des  êtres  et  productions, 
savoir  ^'  des  êtres  en  géuéral,  du  Phénix,  des  grues  et  cygnes,  du 
faisan,  de  la  poule,  ainsi  que  du  et  du  ,  du 

,  de  l'oiseau  jaune,  de  l'oiseau  blanc,  de  divers  oiseaux,  de  la 
licorne,  du  tigre,  et  des  panthères,  du  rhinocéros  et  de  l'éléphant, 
de  l'ours,  des  daims  et  des  cerfs,  du  boeuf  et  de  la  brebis,  ainsi  que 
du  cheval,  des  présages  qu'on  en  tire  et  du  cheval  de  char,  du  chien 
et  du  cochon,  du  lièvre,  de  divers  animaux,  du  dragon,  des  tortues, 
crocodiles  et  hydres,  de  divers  animaux  à  écailles  et  à  test,  "du  pin, 
du  mélèze  et  du  bambou,  du  et  du  ,  du  pêcher  et  du 

prunier,  du  châtaignier,  des  roseaux  du  des  ci- 

trouilles, du  ,  de  l'armoise,  du  '    ,  de  divers  arbres 

et  plantes,  du 

Dans  une  appendice  on  trouve: 

1°  Un  traité  sur  le  King  en  général. 

2°  Une  dissertation  sur  les  erreurs  relatives  au  sens  du  King. 

3"  Une  dissertation  sur  quelques  doutes. 

Cet  ouvrage  n'est  point  un  traité  des  différentes  matières  énon- 
cées dans  l'Index:  c'est  une  suite  d'extraits  de  phrases,  de  passages, 
de  morceaux  entiers  tirés  du  King,  et  classés  d'après  leur  sens  sous 
les  divers  objets  auxquels  ils  se  rapportent.  La  méthode  suivie  est 
uniforme.  On  place  comme  titre  d'article  dans  chaque  livre,  l'indi- 
cation de  la  matière,  puis  successivement,  avec  une  citation  au  haut 


118  MÉLANGES. 

de  la  ligae,  le  titre  du  King  (Yi,  Chou,  Chi,  Li-Ki),  et  après  chaque 
titre,  en  autant  d'alinéas,  les  passages  pris  du  même  livre  qui  ont 
trait  au  même  objet.  Des  notes  ou  gloses  extraites  des  commentaires 
autorisés,  sont  placées  à  la  suite  des  phrases  qui  ont  besoin  d'éclair- 
cissement, et  chaque  citation  est  terminée  par  l'indication  du  chapitre, 
de  la  section  ou  partie  du  King  auquel  cette  citation  a  été  em- 
pruntée. On  voit  par  là  d'un  seul  coup  d'oeil,  et  sans  avoir  besoin 
de  recourir  aux  originaux,  quelle  est  la  doctrine  des  livres  classiques 
sur  tel  ou  tel  point  de  politique,  de  morale,  d'administration,  de 
croyance,  et  aussi  sur  les  diverses  matières  scientifiques  qui  peuvent 
s'y  trouver  occasionnellement  traitées. 


Cet  exemple  sufiBra  à  montrer  quels  devaient  être  le  caractère 
et  l'étendue  du  vaste  travail  entrepris  par  Rémusat  qui  aurait  fait 
tomber  dans  l'oubli  l'indigeste  compilation  de  Fourmont  l'aîné.  On 
sait  que  Stanislas  Julien  a  repris  le  travail  de  son  maître  et  qu'il 
a  compilé  un  médiocre  catalogue  des  livres  chinois  de  la  Bibliothèque 
nationale.  Il  est  heureux  que  M.  Maurice  Courant  nous  donne  enfin 
un  catalogue  du  fonds  chinois  digne  de  la  grande  bibliothèque  de  la 
Rue  Richelieu. 


Le  traité  Russo-Chinois  sur  la  Mandchourie. 


Ou  télégraphie  de  Peking  le  résumé  suivant  du  traité  relatif  à 
la  Mandchourie,  dont  la  signature  aura  lieu,  croit-on,  dès  qu'on 
sera  assuré  que  les  puissances  intéressées  n'y  font  pas  d'objection: 

«L'emperenr  de  Russie  exprime  ses  sentiments  d'amitié  envers 
l'empereur  de  Chine  et,  comme  témoignage  d'amitié,  il  laisse  de 
côté  les  attaques  dirigées  contre  de  pacifiques  sujets  russes,  dans 
trois  provinces  de  la  Mandchourie  et  sur  la  frontière  russe  en  1900. 

Il  consent  à  rappeler  les  troupes  russes  de  la  Maudchourie  et 
à  replacer  les  trois  provinces  sous  le  gouvernement  de  la  Chine. 

La  Chine  s'engage  à  rempir  les  obligations^ du  contrat  relatif 
au  chemin  de  fer  mandchourien,  signé  en  septembre  1896,  et  no- 
tamment l'article  5  de  ce  contrat,  à  protéger  la  Compagnie  du 
chemin  de  fer,  ses  employés  et  tous  les  sujets  russes  dans  les  pro- 
vinces mandchoues. 

Eu  considération  de  cet  arrangement,  la  Russie  consent,  si  nulle 
autre  puissance  n'y  fait  obstacle,  à  retirer  ses  troupes  de  la  partie 
sud-ouest  de  la  province  de  Ching-King,  au  sud  de  la  rivière  Liao, 
six  mois  après  la  signature  du  présent  accord;  du  reste  de  la  pro- 
vince de  Chiug-King  et  de  la  province  de  Kirin,  un  an  après;  et 
de  la  province  de  Hé-Loung-Kiaug,  dix-huit  mois  après  la  signature. 

Si  les  autres  puissances  qui  détiennent  le  gouvernement  pro- 
visoire  de  Tien-Tsin   remettent  ce   gouvernement  à  la  Chine  dans 


120  MÉLANGES. 

les  premiers  six  mois,  la  Russie  rétrocédera  Nieou-Tchouang  à  la 
même  époque. 

Etant  donné  que  les  attaques  contre  les  sujets  russes  ont  été 
faites  par  les  troupes  régulières  chinoises,  l'ejffectif  de  ces  troupes 
qui  devront  être  placées  dans  les  provinces  mandchoues,  en  atten- 
dant l'évacuation,  sera  fixé  après  consultation  du  gouverneur  mili- 
taire russe  et  des  gouverneurs  militaires  chinois  des  provinces. 
Toutefois,  cet  effectif  devra  être  suffisant  pour  maintenir  l'ordre  et 
supprimer  le  brigandage. 

Il  ne  pourra  être  modifié  sans  le  consentement  de  la  Russie. 
Les  gouverneurs  militaires  exerceront  les  régiments  d'infanterie  et 
de  cavalerie  au  service  de  la  police  dans  les  provinces,  en  dehors 
du  territoire  du  chemin  de  fer  de  la  Mandchourie. 

La  Chine  devra  notifier  à  la  Russie  toute  augmentation  d'ef- 
fectif sur  la  frontière  russe. 

La  Russie  s'engage  à  rétrocéder  le  chemin  de  fer  de  Nieou- 
Tchouang  à  Chan-Haï-Kouan.  La  Chine  s'engage  spécialement  à 
protéger  ce  chemin  de  fer  en  cas  de  besoin  et  à  ne  pas  faire  appel 
à  une  autre  puissance  pour  le  protéger  ou  l'exploiter,  à  ne  laisser 
passer  aucune  portion  de  ce  chemin  de  fer  sous  le  contrôle  d'une 
autre  puissance;  elle  promet  d'observer  le  traité  du  10  octobre  1899, 
réglementant  les  finances  du  chemin  de  fer,  ainsi  que  le  traité 
anglo-russe  du  28  avril  1899. 

La  Chine  s'engage  à  consulter  la  Russie  en  ce  qui  concerne  la 
construction  ou  l'extension  de  nouvelles  lignes  ou  des  lignes  d'em- 
branchement, le  pont  de  Yankow  et  le  changement  des  points  terminus. 

La  Russie  ayant  effectué  des  dépenses  pour  la  réparation,  le 
maintien  et  la  police  de  la  ligne,  dépenses  qui  ne  sont  pas  com- 
prises dans  l'indemnité,  la  Chine  s'engage  à  les  lui  rembourser. 
Le  montant  en  sera  fixé  par  une  conférence  russo-chinoise.  > 


MÉLANGES.  121 

Le  Priuce  K'ing  et  Wang  Wen-chao  ont  signé  la  convention 
mandchourienne  le  8  avril,  à  4  h.  de  l'après-midi;  le  dernier  para- 
graphe   stipule    que  le   traité   devra   être   ratifié  dans   un   délai   de 

ft 

trois  mois. 

La  Russie  propose  de  rétrocéder  le  chemin  de  fer  quand  les  An- 
glais abandonneront  la  direction  militaire  du  chemin  de  fer  du  Tchi-Li. 

Le  ministre  d'Angleterre  à  Peking  est  en  train  de  négocier  un 
accord  avec  le  directeur  des  chemins  de  fer,  afin  d'assurer  aux 
intérêts  anglais  une  large  part  dans  la  direction  et  le  contrôle  des 
recettes  et  des  dépenses  après  la  rétrocession  de  la  ligne  aux  Chinois. 


L 


Situation  de  VIndo-Chim  (1897-1901).  Rapport  par  M.  Paul 
DouMER,  Gouverneur-général,  Hanoi,  F.  H.  Schneider, 
1902,  gr,  in-8,  pp.  550. 


M.  DouMKR,  Gouverneur-général  de  l'Indo-Chine  française,  est 
arrivé  à  Marseille  à  huit  heures  du  matin,  le  Lundi  7  Avril  par 
le  paquebot  des  Messageries  Maritimes  Sydney,  en  même  temps  que 
lui  arrivait  le  gros  volume  dont  nous  donnons  le  titre  et  qui  mar- 
que les  résultats  de  l'administration  la  plus  féconde  que  l'Indo- 
Chine  française  ait  eue  jusqu'à  présent.  Nous  en  présentons  le 
tableau  instructif  d'après  le  Temps  du  7  Avril: 

Quand  M.  Doumer  y  arriva  au  commencement  de  1897,  l'Indo- 
Chine  n'était  qu'une  expression  géographique;  elle  avait  un  gouver- 
neur général  et  point  de  gouvernement  général,  et  les  finances 
étaient  en  mauvais  état  dans  chacun  des  pays  qui  la  composent. 
Son  premier  soin  fut  de  se  donner  les  instruments  nécessaires  pour 
travailler:  à  savoir  l'autorité  et  l'argent. 

Le  gouverneur  général  administrant  directement  le  Tonkin  en 
était  arrivé  à  n'être  qu'une  sorte  de  résident  supérieur  de  ce  pays; 
le  reste  de  l'Indo-Chine  lui  échappait.  En  Annam  et  au  Cambodge, 
la  collaboration  intime  de  l'élément  français  et  de  l'élément  indigène 
qui  est  le  but  du  protectorat  n'était  pas  organisée.  En  Cochinchiue, 
la  situation  était  tout  à  fait  étrange.  «Pour  être  entièrement  libre, 
elle  s'efforçait  et  elle  était  sur  le  point  d'obtenir  d'être  détachée  de 
l'Indo-Chine.  Le  conseil  colonial,  élu  par  un  corps  électoral  de  fonc- 
tionnaires, disposait  de  toutes  les  ressources  et  avait  seul  l'autorité. 
Le  lieutenant-gouverneur    et   les   chefs   de   service,  pris  entre  cette 


UBLANGB8.  123 

puissauce  presque  oiuuipotente  dans  la  colonie  et  le  dépatë  iater- 
venaat  pour  elle  à  Paris,  au  ministère,  ue  pouvaient  rien,  étaient 
hors  d'état  d'imposer  le  travail  et  le  respect  de  la  discipline  à  leor 
personnel.  Ils  eu  faisaient  d'ailleurs  hautement  l'aveu.  C'était  une 
véritable  anarchie  administrative.» 

Il  faut  que  le  gouverneur  général  «gouverne  partout  et  n'ad- 
ministre nulle  part»,  se  dit  M.  Doumer.  Dans  ce  but  il  fit  succes- 
sivement adopter  par  le  gouverneraont  français  les  mesures  suivan- 
tes; rétablissement  de  la  résidence  supérieure  du  Tonkin,  ce  qui 
permit  au  gouverneur  général  de  faire  de  longs  séjours  en  Cochiu- 
chine  et  d'y  faire  cesser  le  désordre  qui  régnait  dans  les  services; 
constitution  d'un  conseil  supérieur  réunissant  autour  du  gouverneur 
général  les  chefs  de  services  et  les  représentants  des  colons  et  des 
indigènes;  création  de  services  généraux  communs  à  toute  l'Indo- 
Chine:  douanes  et  régies,  agriculture  et  commerce,  justice,  travaux 
publics,  affaires  civiles,  postes  et  télégraphes;  fusion  des  divers  corps 
d'administrateurs;  création  d'une  caisse  des  retraites,  et  enfin  créa- 
tion d'un  budget  général  comprenant  toutes  les  dépenses  d'intérêt 
communes  à  l'Indo-Ohine,  ayant  ses  recettes  propres  et  directement 
géré  par  le  gouverneur  général  avec  le  concours  du  conseil  supérieur. 
Les  représentants  des  colons  au  conseil  supérieur  sont  délégués 
par  les  chambres  de  commerce  et  d'agriculture.  Ces  chambres  sont 
le  seul  mode  de  représentation  auquel  M.  Doumer  reconnaît  que 
les  colons  aient  droit.  Et  il  a  défini  avec  une  parfaite  netteté  un 
principe    dont    l'oubli   a   amené   dans   plusieurs   de   nos   colonies   et 

K»  notamment  en  Cochinchine  des  abus  si  singuliers.  Dans  une  colonie 
de  domination,  d'exploitation  au  meilleur  sens  du  mot,  comme  l'est 

^  rindo-Chine,  le  suffrage  universel  ne  saurait  exister.  La  France  y 
gouverne  dans  l'intérêt  général,  à  son  profit  et  au  profit  des  nom- 
breuses populations  dont  elle  a  la  charge,  mais  non  dans  l'intérêt 
I particulier    de   quelques-uns.     Les   colons   français   qui    viennent  en 


124  MÉLANOBS. 

petit  nombre  relativement  aux  indigènes,  dans  nos  possessions  indo- 
chinoises, ne  peuvent  prétendre  à  les  gouverner.  Ils  ont  droit  à  la 
protection  de  l'autorité  publique,  à  des  institutions  capables  de 
défendre  leurs  intérêts  collectifs;  ils  pensent  aussi  légitimement 
réclamer  une  place  dans  les  conseils  du  gouvernement;  mais  rien 
de  plus  ne  parait  désirable  ni  utile. 

Par  cette  organisation  du  gouvernement  général,  M.  Doumer 
s'était  procuré  l'autorité;  restait  à  trouver  l'argent.  Le  Tonkin  avait 
dû  par  deux  fois  faire  appel  à  l'intervention  de  la  métropole  pour 
éviter  la  faillite  et  il  était  toujours  en  déficit.  La  Cochinchine  y 
était  également.  L'Annam  et  le  Cambodge  abandonnés  à  la  gestion 
indigène  paraissaient  sans  ressources.  M.  Doumer  jugea  qu'on  ne 
demandait  pas  au  pays  ce  qu'il  pouvait  donner  et  il  remania  auda- 
cieuseraent  le  système  fiscal,  modifiant  les  impôts  directs  de  manière 
à  leur  faire  produire  davantage,  tout  en  les  allégeant  par  une 
meilleure  répartition  et  en  organisant  les  trois  grandes  régies  de 
l'alcool,  de  l'opium  et  du  sel.  On  peut  dire  qu'il  joua  courageuse- 
ment sa  réputation  dans  cette  partie.  Il  ne  manqua  pas,  en  efiet, 
de  prophètes  de  malheur  pour  lui  prédire  qu'il  s'y  casserait  le  cou 
et  que  les  indigènes  allaient  se  soulever.  Au  point  de  vue  finan- 
cier la  partie  a  été  brillamment  gagnée.  On  en  connaît,  en  effet, 
les  résultats;  depuis  la  réforme  le  budget  général  de  l'Indo-Chine 
et  les  cinq  budgets  locaux  du  Tonkin,  de  l'Annam,  de  la  Cochin- 
chine, du  Cambodge  et  du  Laos  se  sont  régulièrement  soldés  en 
excédent,  le  budget  général  se  monte  en  recettes  à  près  de  68 
millions  de  francs  pour  1902  et  il  y  a  30  millions  dans  les  caisses 
de  réserve  de  la  colonie. 

Au  point  de  vue  politique,  la  partie  a-t-elle  été  perdue,  les 
indigènes  out-ils  été  désaffectionnés  de  notre  domination?  Aux  in- 
quiétudes exprimées  à  ce  sujet  M.  Doumer  répond:  «La  malveil- 
lance   ou   l'ignorance    seule   a   pu   faire    dire   que   les   habitants   de 


MBLAN0B8.  125 

rindo-Chioe  étaient  surchargés  d'impôts.  Chaque  habitant  ne  paye 
en  moyenne,  sous  des  formes  multiples  et  en  grande  partie  par  les 
consommateurs  de  luxe,  comme  l'alcool  et  l'opium,  qu'une  somme 
annuelle  inférieure  à  deux  piastres  (5  francs).  Etant  donné  le 
développement  économique  pris  par  le  pays  en  ces  dernières  années, 
cette  somme  n'a  rien  d'excessif.  Une  preuve  que  l'impôt  n'est  pas 
hors  de  proportion  avec  les  facultés  contributives  de  l'habitant, 
c'est  qu'en  même  temps  que  le  nouveau  régime  s'établissait,  la 
prospérité  générale  et  le  bien-être  de  la  population  s'accroissaient 
rapidement,  au  point  de  frapper  tous  les  yeux,  d'assurer  l'ordre 
matériel  et  une  pacification  des  esprits  qu'on  ne  pouvait  espérer 
aussi  prompte». 

N'eût-elle  consisté  que  dans  cette  organisation  du  gouvernement 
général  et  des  finances  que  l'œuvre  de  M.  Doumer  serait  déjà  fort 
remarquable,  puisqu'elle  a  mis  fin  aux  tâtonnements  des  débuts  et 
donné  à  notre  domination  une  assiette  solide  dont  tous  ses  succes- 
seurs profiteront  ^  l'avenir.  Mais  de  ces  instruments  de  travail  qu'il 
a  créés  il  a  été  le  premier  à  tirer  parti  par  une  série  de  mesures 
que  nous  allons  rapidement  énumérer. 

Organisation  des  administrations  locales.  —  La  suppression  du 
vice-roi  du  Tonkin  avait  fait  craindre  au  début  que  M.  Doumer  ne 
se  laissât  influencer  par  les  préjugés  des  colons  qui  réclament  la 
disparition  pure  et  simple  du  mandarinat  indigène.  Il  n'en  a  rien 
été.  Il  s'est  contenté  de  le  soumettre  à  un  contrôle  très  serré  pour 
le  corriger  de  sa  vénalité,  ce  qui  est  de  l'essence  même  du  protec- 
torat. En  même  temps  il  a  augmenté  la  solde  des  mandarins  et 
amélioré  leur  situation  matérielle.  Résultat:  ils  ont  été  les  premiers 
moralement  conquis.  «A  part  quelques  exceptions,  ils  ont  franche- 
ment accepté  la  souveraineté  de  la  France  et  la  servent  avec  dé- 
vouement.»   M.  Doumer  a  respecté   et  recommande  sagement  à  ses 


126  MÉLANGES. 

successeurs  de  respecter  la  commune  annamite.  «Grâce  à  elle,  nous 
avons  en  face  de  nous,  non  pas  des  millions  d'hommes  dont  il  faut 
considérer  individuellement  les  besoins,  les  intérêts,  les  sentiments, 
mais  quelques  milliers  de  collectivités  bien  organisées,  disciplinées, 
qui  se  présentent  à  nous  en  bloc  et  dont  nous  n'avons  à  connaître 
que  le  conseil  des  notables..  L'administration  peut  tout  obtenir  des 
habitants  par  entente  avec  les  représentants  des  villages...  Les  vil- 
lages se  font,  à  l'occasion,  les  tâcherons  des  agents  des  travaux  pu- 
blics et  même  des  entrepreneurs».  Pour  mieux  assurer  le  contact 
entre  les  indigènes  et  les  représentants  de  la  France,  un  conseil  des 
notables  a  été  institué  auprès  des  résidents. 

En  Annam,  le  contrôle  de  l'administration  indigène  était  tout  à 
fait  embryonnaire.  Il  a  été  rendu  efiBcace  par  la  transformation  du 
conseil  secret  en  un  conseil  des  ministres  présidé  par  le  résident 
supérieur,  par  l'introduction  d'un  fonctionnaire  français  auprès  de 
chaque  ministre  pour  l'assister  dans  son  administration  et  par  le 
placement  d'un  résident  français  auprès  de  chaque  gouverneur  de 
province.  La  situation  était  la  même  au  Cambodge  et  des  réformes 
analogues  y  ont  été  faites. 

En  Cochinchine  le  conseil  colonial  a  été  ramené  au  rôle  modeste 
qui  lui  convient.  S'il  avait  appliqué  ses  principes  dans  toute  leur 
rigueur,  M.  Doumer  aurait  dû  supprimer  ce  conseil.  Il  dit  à  ce  sujet: 
«La  composition  du  conseil  reste  aussi  peu  défendable  que  parle  passé. 
Mais  il  n'a  pas  paru  nécessaire  de  la  modifier,  tant  que  le  conseil 
remplissait  convenableioent  sou  mandat  maintenant  bien  limité». 

Travaux  publica.  —  L'Indo-Chine  ayant  enfin  des  finances,  une 
impulsion  extraordinaire  a  pu  être  donnée  aux  travaux  publics.  La 
colonie  pouvant  le  gager,  le  Parlement  l'a  autorisée  à  contracter  un 
emprunt  de  200  millions  pour  construire  un  premier  réseau  ferré  de 
1,700  kilomètres.  Les  travaux  sont  entrepris  de  toutes  parts,  et  300 


MéLANOES.  127 

kilomètres  environ  pourront  être  livres  à  rexploitation  avant  la  fin 
de  l'année  courante.  Le  Parlemetit  a  en  outre  autorisé  la  colonie  à 
subventionner  une  ligne  de  468  kilomètres  en  territoire  chinois  entre 
Lao-kaï  et  Yun-nau-sen. 

En  même  temps  des  travaux  de  toutes  sortes  ont  pu  être  entre- 
pris sur  les  ressources  ordinaires:  un  pont  de  1,700  mètres  à  Hanoï 
coûtant  plus  de  6  millions,  le  plus  grand  des  ouvrages  que  le  génie 
européen  ait  jusqu'ici  construit  en  Extrême-Orient;  un  pont  de  400 
mètres  à  Hué;  un  troisième  grand  pont  à  Saigon,  avec  une  travée 
tournante  de  40  mètres  pour  le  passtage  des  navires;  deux  grandes 
routes  de  pénétration  en  Cocbinchine,  l'une  vers  l'Annam,  l'autre 
vers  le  Cambodge;  une  route  entre  Tourane  et  Hué;  pour  5  millions 
de  routes  en  territoire  militaire  au  Tonkin;  3,400,000  francs  con- 
sacrés au  dragage  des  voies  navigables  de  la  Cocbinchine  dans  la 
seule  année  1899;  la  mise  en  train  de  la  réfection  des  canaux  dans 
la  même  colonie,  espacée  sur  dix  exercices;  la  création  d'un  système 
d'irrigation  dans  plusieurs  provinces  du  Tonkin;  la  mise  en  train 
d'un  ensemble  de  1 1  millions  de  travaux  pour  donner  à  Saigon 
l'outillage  complet  d'un  port  moderne;  l'étude  de'  la  création  d'un 
port  à  Touràne,  dont  les  premiers  travaux  se  montant  à  5  millions, 
vont  être  mis  en  adjudication;  le  commencement  des  travaux  pour 
la  création  d'un  autre  port  à  Kouang-Tchéou,  la  construction  de 
quatre  phares  sur  la  côte. 

Agriculture  et  colonisation,  —  L'agriculture  tend  de  plus  en 
plus  à  régler  ses  travaux  sur  des  données  scientifiques.  C'est  pour- 
quoi en  tout  pays  elle  donne  lieu  à  la  constitution  d'un  service 
d'Etat  cbargé  de  faire  les  expériences  désintéressées  que  réclame  la 
[science,  de  recueillir  et  de  centraliser  les  renseignements  dont  cette 
iscience  se  compose.  Le  service  d'agriculture  indO'Chinois  est  la 
[création  personnelle  de  M.  Dounier.  Il  n'existait,  quand  il  est  arrivé, 


128  MELANGES. 

qu'un  haras  à  Hauoï  et  des  jardins  botaniques  à  Hanoï  et  à  Saigon 
sans  liens  entre  eux.  Il  a  fondé  une  direction  de  l'agriculture  et 
du  commerce  rattachée  au  gouvernement  général  et  des  directions 
locales  au  Tonkin,  en  Annam,  en  Cochinchine  et  au  Cambodge,  un 
service  forestier  et  un  service  vétérinaire.  La  direction  de  l'agricul- 
ture publie  un  Bulletin  économique  qui  peut  soutenir  la  comparaison 
avec  les  meilleurs  recueils  de  ce  genre  pour  la  variété  et  la  sûreté 
des  informations.  Les  essais  ont  porté  principalement  sur  le  caou- 
tchouc qui  a  été  trouvé  en  abondance  dans  les  forêts  de  la  colonie, 
sur  la  soie  au  sujet  de  laquelle  «on  a  la  preuve  aujourd'hui  que 
des  établissements  industriels  qui,  dès  à  présent,  pourraient  être 
nombreux  et  importants  livreraient  au  marché  français  des  soies 
filées  rivales  des  soies  de  Canton»,  sur  le  coton  que  l'Indo-Chine 
devrait  produire  en  grandes  quantités,  sur  le  riz,  qui  est  dès  main- 
tenant sa  principale  culture  et  qui  pourrait  couvrir  de  bien  plus 
grandes  surfaces,  et  sur  le  tabac. 

La  colonisation,  ainsi  entourée  de  tous  les  éléments  d'information 
qui  lui  sont  utiles,  s'est  rapidement  dévelopée.  L'exportation  du  thé, 
due  à  l'initiative  de  quelques  Français,  a  passé  de  10,000  kilos  en 
1897  à  180,000  en  1900.  En  1896,  le  nombre  des  exploitations 
rurales  européennes  était  de  323  avec  une  superficie  de  80,861 
hectares.    A  la  fin  de  1901,  il  était  de  717  avec  357,481  hectares. 

Commerce.  —  M.  Doumer  a  eu  cette  chance,  que  les  cinq  an- 
nées de  son  administration  ont  été  cinq  années  de  bonne  récolte. 
Mais  l'établissement  de  bonnes  finances,  l'élan  donné  aux  travaux 
publics,  la  sécurité  parfaite  dont  a  joui  la  colonie  ont  sans  doute 
beaucoup  contribué  de  leur  côté  au  développement  du  commerce 
qui  a  été  vraiment  merveilleux.  Nous  avons  déjà  donné  le  détail 
des  chiffres;  nous  nous  contenterons  donc  de  rappeler  que,  de 
257,123,310  francs   en    1897,  le  commerce  général  de  l'Indo-Chine 


MéLANOES.  1 29 

(importatiou,  exportation,  transit  et  cabotage)  a  passé  à  534,949,876 
francs  en  1901,   augmentant  ainsi  en  cinq  ans  de  148  7o' 

Défense  de  V Indo'Chine.  —  Tant  que  l'Iudo-Chine  a  été  en 
deßcit,  on  s'est  efforcé  d'y  réduire  les  effectifs  militaires  pour  y 
réduire  les  dépenses.  L'état  des  finances  a  permis  à  M.  Doumer  de 
suivre  un  autre  système  qui  a  été  d'augmenter  les  dépenses  pour 
porter  les  ressources  militaires  à  l'état  que  comportent  normalement 
les   besoins  de  la  défense  contre  une  agression  extérieure. 

Il  a  pris  au  compte  de  la  colonie  14  millions  de  dépenses  an- 
nuelles militaires  payées  jusqu'alors  par  la  métropole.  Il  a  porté 
d'une  à  sept  les  batteries  du  cap  Saint  Jacques  et  fait  ainsi  de 
Saigon  un  point  d'appui  pour  la  flotte  dès  maintenant  en  état  de 
résister  à  une  attaque.  Il  a  constitué  des  corps  de  tirailleurs  cam- 
bodgiens et  chinois,  créé  des  batteries  mixtes  d'artillerie,  composées 
d'artilleurs  européens  et  indigènes,  créé  un  escadron  de  cavalerie 
indigène,  embryon  d'un  corps  de  cavalerie  indo-cbinoise  et  organisé 
des  réserves  militaires  indigènes,  appelant  ainsi  successivement  à 
l'existence  tous  les  éléments  qui  peuvent  concourir  à  cette  défense 
autonome  dont  on  demandait  encore  récemment  l'organisation  dans 
toutes  nos  colonies. 

Tout  cela  s'est  fait  au  milieu  d'une  pacification  complète.  Depuis 
1897,  il  n'y  a  pas  eu  un  soldat  tué  au  feu  en  Indo-Chine. 

Enseignement  et  établissements  scientifiques.  —  Mieux  on  connaît 
un  pays,  plus  on  est  sûr  de  le  bien  administrer.  M.  Doumer  a  con- 
stitué de  toutes  pièces,  peut-on  dire,  l'étude  scientifique  de  la  colonie. 
Il  a  successivement  créé  ou  développé  l'école  française  de  l'Extrême- 
Orient  pour  en  étudier  le  passé,  l'institut  Pasteur  de  Nha-Trang, 
l'institut  bactériologique  de  Saigon,  le  laboratoire  bactériologique  de 
Hanoï,  l'observatoire  météorologique  et  magnétique  de  Phu-Lien,  an 


130  MÉLANGES. 

service  géographique  et  un  service  .géologique  pour  en  étudier  la 
nature  actuelle. 

Il  a  institué  une  école  secondaire  pour  les  jeunes  Européens 
à  Hanoï. 

Pour  les  indigènes,  il  a  créé  une  école  de  médecine  à  Hanoï 
destinée  à  former  des  médecins  annamites.  Quant  à  l'enseignement 
proprement  dit,  il  s'est  gardé  de  le  bouleverser.  Nous  croyons  qu'on 
ne  saurait  trop  méditer  ses  paroles  prudentes  sur  un  sujet  si  légè- 
rement abordé  dans  tant  d'autres  de  nos  colonies.  «Tant  que  la 
mentalité  et  l'état  social  des  indigènes  ne  seront  pas  changés,  si 
tant  est  qu'ils  chaïigent  jamais,  on  doit  se  garder  de  détruire  ce 
qui  est  la  base  morale  de  leur  existence.  Les  principes  qu'ils  ont 
et  qui  font  chez  eux  la  famille  forte,  les  parents  respectés,  l'au- 
torité publique  obéie,  sont  puisés  dans  les  livres  de  l'enseignement 
indigène.  En  apprenant  à  lire  les  premiers  caractères,  ils  appren- 
nent les  règles  fondamentales  de  la  morale  de  Confucius;  ils  se 
gravent  dans  la  mémoire  les  préceptes  qui  devront  les  guider  dans 
toute  leur  existence.  Si  cet  enseignement  leur  est  supprimé,  par 
quoi  le  remplacerons- nous  dans  nos  écoles?  Par  la  morale  française, 
la  morale  des  braves  gens,  basée  sur  le  sentiment  du  devoir,  de 
l'amour  de  la  patrie,  de  la  solidarité  humaine?  Mais  le  professeur, 
forcément  indigène,  appelé  à  l'enseigner,  ne  pourra  lui-même  la 
comprendre.  Que  sera-ce  alors  des  élèves?» 

Développemeyu  de  Vinfluence  française  et  des  intérêts  français  en 
Extrême-Orient.  —  L'Indo-Chine,  ayant  des  finances  prospères,  a 
acquis  par  là  une  force  d'expansion  à  l'extérieur  qui  lui  avait  man- 
qué jusque-là;  «Un  pays,  dit  M.  Doumer,  qui  a  des  budgets  con- 
stamment en  excédents,  des  réserves  considérables  dans  ses  caisses, 
un  crédit  propre,  capable  de  faire  envie  à  bien  des  Etats  européens, 
qui    v^oit   en  cinq  ans  son  commerce  plus  que  doubler  et  monter  à 


MÉLANGES.  131 

Uli  demi-milliard,  qui  s'outille  et  exécute  de  grands  travaux,  comme 
il  eu  est  peu  de  comparables  en  Asie,  ce  pays-là  acquiert  vite  la 
considération  de  ses  voisins.» 

En  même  temps  que  cette  action  morale,  l'Indo-Chine  en  a 
exercé  une  matérielle  pour  aider  la  France  à  remplir  sou  rôle  de 
grande  puissance  asiatique.  Elle  a  pris  à  son  compte  la  subvention 
du  chemin  de  fer  du  Yun-Nan  et  les  frais  de  notre  installation  sur 
le  territoire  chinois  de  Kouang-Tchéou.  Et  en  entretien  d'écoles,  de 
bureaux  de  postes  et  de  dispensaires  dans  les  provinces  limitrophes 
de  la  Chiue,  en  subvention  à  nos  consulats  d'Extrême-Orient  et  aux 
compagnies  de  navigation  opérant  dans  les  eaux  chinoises,  et  en 
primes  de  toutes  sortes,  M.  Doumer  estime  qu'elle  ne  dépense  au- 
jourd'hui pas  moins  de  deux  millions  et  demi  par  an  à  cette  pro- 
pagande pour  le  développement  de  notre  action  en  Extrême-Orient. 

Eu  terminant  M.  Doumer  fait  remarquer  que  toute  cette  acti- 
vité a  été  déployée  et  que  tous  ces  travaux  ont  été  accomplis  sans 
aucun  de  ces  tiraillements  intérieurs  si  fréquents  aux  colonies.  Une 
direction  à  la  fois  douce  et  ferme  a  maintenu  une  discipline  par- 
faite: «Tout  a  marché  d'ensemble  et  d'un  pas  égal.  C'est  que,  chei 
tous,  le  même  concours  ardent  a  été  apporté  à  l'œuVre  commune. 
Aucun  des  conflits,  aucune  des  rivalités,  dont  on  parle  ailleurs,  ne 
s'est  produit  ici.  Pendant  cinq  ans,  l'Indo-Chiue  a  vécu  et  travaillé 
d'une  même  âme.  Les  chefs  de  l'armée  et  de  la  marine,  les  direc- 
teurs des  grands  services  et  des  administrations  ont  été  des  colla- 
borateurs également  dévoués  et  actifs,  n'ayant  d'autre  souci  que 
d'entraîner  leur  personnel,  de  faire  tendre  les  forces  dont  ils  dispo- 
saient vers  le  but  unique:  donner  à  la  métropole  une  colonie  orga- 
nisée et  outillée,  riche  et  forte.  C'est  fait  et  cela  s'est  fait  modes- 
tement, sans  bruit  et  sans  réclame.» 


VARIÉTÉS. 


REMEDES  TONKINOIS. 


Il  faut  croire  que  le  besoin  de  se 
droguer  est  aussi  naturel  à  l'homme 
que  le  besoin  de  boiie  et  de  manger. 
Ce  qui  se  consomme  chaque  jour  de 
potions,  de  cachets,  de  sirops,  de  vins 
et  d'élixirs  est  prodigieux.  Observez 
seulement  pendant  un  quart  d'heure 
un  de  ces  pharmaciens  populaires  et 
bon  marché  comme  on  en  voit  dans 
nos  faubourgs;  il  y  entre  au  moins 
autant  de  clients,  que  chez  le  mastroquet 
voisin.  Tout  un  peuple  de  chimistes 
travaille  d'ailleurs  incessamment  à  satis- 
faire cette  soif  médicamenteuse,  et  cha- 
que jour  les  usines  allemandes  ou  fran- 
çaises répandent  sur  le  monde  un  flot 
ininterrompu  de  substances  nouvelles 
aux  noms  mirifiques  et  abracadabrants. 

A  voir  ainsi  la  vieille  Europe  et  la 
jeune  Amérique  se  gorger  de  tous  les 
produits  de  la  chimie  synthétique,  on 
peut  se  demander  comment  font  les 
populations  qui  ignorent  encore  les  joies 
de  l'antipyrine  et  le  bonheur  théra- 
peutique des  glycerophosphates  ou  des 
cacodylates.  Un  médecin  de  notre  ma- 
rine, le  docteur  Vialet,  vient  de  publier 
quelques  notes  curieuses  sur  la  méde- 
cine et  la  chirurgie  indigènes  au  Tonkin, 


qui  permettent  de  répondre  à  cette 
question.  Les  Tonkinois  font  ce  que 
faisaient  jadis  nos  pères,  ce  que  font 
encore  les  paysans  de  nos  campagnes. 
N'ayant  pas  à  leur  disposition  les  pro- 
duits perfectionnés  des  cornues  alle- 
mandes, ils  les  remplacent  par  des  com- 
binaisons bizarres  d'éléments  hétéroclites 
qui  pour  être  étranges,  ne  leur  pro- 
curent pas  moins  l'illusion  thérapeutique. 
En  fait,  elles  ne  sont  pas  plus  étranges 
que  les  mixtures  fantastiques  qui  ser- 
vaient autrefois,  sinon  à  guérir,  au 
moins  à  consoler  nos  aïeux  de  leurs 
maux,  et  la  différence  est  minime  entre 
la  pharmacopée  tonkinoise  et  les  vieux 
recueils  de  recettes  médicales  que  nous 
a  léguées  le  dix-septième  siècle. 

La  thérapeutique  annamite,  d'ailleurs, 
n'est  qu'un  reflet  de  la  thérapeutique 
chinoise,  et  elle  s'inspire  des  mêmes 
principes  généraux.  Les  médicaments 
sont  réputés  froids,  chauds  ou  tempérés, 
suivant  qu'ils  sont  destinés  à  combattre 
l'excès  du  chaud  ou  l'excès  du  froid,  les 
deux  grandes  causes  morbides  qui  se 
partagent  toute  la  pathologie  des  Cé- 
lestes. 

La  division,  on   le   voit,  est  simple, 


VARIETES. 


133 


mais  les  remèdes  sont  innombrables. 
Les  médecins  annamites  doivent,  pa- 
ratt-il,  justifier  de  dix  années  d'études 
et  de  pratique  sous  la  direction  d'un 
maitre,  pour  avoir  le  droit  d'exercer  leur 
art.  Il  ne  leur  faut  pas  moins  pour  em- 
magasiner dans  leur  mémoire,  non  les 
symptômes  des  maladies,  mais  le  nom 
de  toutes  le.s  drogues  qu'ils  auront  à 
prescrire   et  la  manière  de  s'en  servir. 

Les  combinaisons  médicamenteuses  se 
tirent  de  partout,  de  la  terre,  des 
plantes,  des  animaux  et  de  l'homme  lui- 
môme.  Les  emprunts  thérapeutiques 
faits  à  la  terre  sont  une  des  particula- 
rité.s  propres  à  la  pharmacie  tonkinoise. 
Les  habitants  du  Delta  sont,  en  effet, 
volontiers  »géophages"  :  ils  mangent 
de  la  terre  par  plaisir.  On  fait  de  cette 
terre  des  petites  tablettes  plates  et  rec- 
tangulaires, fort  minces,  desséchées 
plutôt  que  cuites,  auxquelles  on  donne 
le  nom  d'oreilles  de  cfial,  et  que  les  in- 
digènes croquent  en  manière  de  frian- 
dise. Le  docteur  Vialet  dit  avoir  goûté 
de  ces  croquettes  de  terre  et,  malgré 
toute  sa  bonne  volonté,  n'avoir  pu  leur 
trouver  qu'un  goût  d'argile  très  pro- 
noncé, fade  et  parfaitement  désagréable. 
Mais  des  goûts  et  des  couleure  il  ne 
faut  discuter. 

Quoi  qu'il  en  soit  de  sa  valeur  comes- 
tible, la  terre  possède  aux  yeux  des  Ton- 
kinois des  propriétés  curatives  qu'il  faut 
savoir  appliquer  à  propos,  ces  proprié- 
tés variant  suivant  la  provenance  de  la 
terre  même.  C'est  ainsi  que  la  terre 
d'une  cloison  en  torchis  est  souveraine 
contre  les  coliques,  la  dysenterie  et  les 
rhumatismes;  mais  il  faut  que  la  cloi- 
son soit  exposée  au  soleil  levant. 

La  terre  qui  se  trouve  au  seuil  de  la 


porte  est  bonne  mélangée  à  l'eau  pour 
faire  mûrir  les  abcès.  Elle  est  utile  aussi 
dans  les  accouchements  laborieux. 

La  terre  fraîchement  remuée  par  les 
mts  guérit  les  paralysies,  les  crampes. 
Elle  empêche  même  les  enfants  de  pleu- 
rer dans  le  ventre  de  leur  mère. 

Enfin  la  terre  des  fourmilières,  en 
raison  sans  doute  de  son  agitation  inces- 
sante, est  douée  de  propriétés  locomo- 
trices. Elle  fait  marcher  les  paralyti- 
ques, et  quand  il  s'agit  de  l'expulsion 
d'un  fœtus  mort,  elle  remplace  avanta- 
geusement l'emploi  des  forceps. 

Les  plantes,  naturellement,  jouissent 
des  propriétés  les  plus  merveilleuses. 
Nous  n'en  retiendrons  que  celles  de  la 
fraise  qui  a  la  réputation  de  fortifier 
les  cinq  organes  de  la  circulation,  de 
guérir  la  phtisie  et  de  rendre  la  jeunesse 
aux  vieillards. 

Mais,  comme  dans  toutes  les  vieilles 
pharmacopées,  ce  sont  les  animaux  et 
leuis  excrétions  qui  fournissent  le  plus 
de  remèdes  et  de  préparations  magis- 
trales. Le  chien  surtout,  et  ses  divers 
organes,  habilement  utilisés,  suffiraient 
à  la  guérisou  de  tous  les  maux. 

Voici  un  remède  vanté  dans  tous  les 
livres  de  médecine  annamites  contre  la 
petite  vérole.  C'est  une  poudre  composée 
dos  quatre  éléments  suivants:  1"  excré- 
ments humains  provenant  d'un  jeune 
garçon  sain  et  robuste;  2"  matières  fé- 
cales provenant  d'un  cochon  mâle;  3*  et 
4"  les  mêmes  produits  venant  du  chien 
et  du  chat. 

La  veille  du  neuvième  jour  du  neu- 
vième mois  lunaire,  on  enferme  ensem- 
ble le  cochon,  le  chien  et  le  chat.  Pen- 
dant dix  j  GUI'S,  on  ne  leur  donne  d'autre 
nourriture  que  du  riz.  On  recueille  les 


134 


excréments  du  dernier  jour  et  on  les 
conserve  jusqu'au  huitième  jour  du 
douzième  mois  lunaire,  en  ayant  grand 
soin  de  tenir  toujours  les  animaux  en- 
fermés. Au  jour  dit,  avant  le  lever  du 
soleil,  on  fait  cuire  toutes  les  matières 
recueillies,  et  le  résidu  de  la  cuisson  est 
mis  en  bouteille.  Le  médicament  se 
donne  à  la  dose  de  4  grammes  par  jour 
dans  de  la  mélasse  et  de  l'eau. 

Le  docteur  Vialet  ajoute  que  les  An- 
namites commencent  à  préférer  à  cette 


mixture  l'usage  du  vaccin. 

Tout  cela  peut  nous  sembler  étrange 
et  répugnant.  Mais  il  ne  faut  pas  ou- 
blier que  Mme  de  Sévigné  n'hésitait  pas 
à  boire  de  l'urine  de  vipère  pour  dissi- 
per ses  vapeurs,  et  qu'aujourd'hui  en- 
core il  existe  un  marchand  de  volailles 
qui  à  la  spécialité  des  pigeons  pour 
traitement  delà  méningite  tuberculeuse. 
Docteur  Ox. 
(Le  Matin,  iO  Mars  4902.) 


UN  TRAIN  IMPERIAL.  -  CONSÉCRATION  DES 
CHEMINS  DE  FER  EN  CHINE. 


Récemment,  nous  reproduisions  — 
avec  toute  la  presse  —  une  dépêche, 
en  date  du  7  janvier,  à  Pékin,  signalant 
le  retour  dans  la  capitale  de  l'impéra- 
trice douairière,  de  l'empereur  et  de 
l'impératrice  de  Chine,  avec  tous  les 
hauts  dignitaires  de  la  cour. 

Leurs  Majestés  revenaient,  par  train 
spécial,  de  Tchèng-Ting-Fou  (  Tp  ^^ 

Cette  nouvelle  marque  une  date  dans 
l'histoire  de  la  Chine. 

Jusqu'à  ce  jour,  la  cour  impériale 
s'était  montrée  réfractaire  à  toute  idée 
de  développement  des  chemins  de  fer 
dans  le  Céleste  Empire  et.  obstinément, 
s'était  refusée  à  utiliser,  dans  ses  dépla- 
cements, la  seule  ligne  déjà  existante. 
Le  fait  que  Leurs  Majestés  aient  con- 
senti à  prendre  place  dans  un  train 
est  la  preuve  flagrante  de  leur  com- 
préhension des  idées  modernes.  Ce  pre- 
mier train  impérial  consacre  l'existence 
des  chemins  de  fer  dans  cet  immense 


empire  où  les  mandarins  et  les  hauts 
dignitaires  chinois  n'avaient  encore  cir- 
culé qu'en  chaises  à  porteurs  ou  en 
charrettes  indigènes. 

C'est  le  premier  pas  officiel  vers  le 
progrès,  —  et  la  civilisation  européenne. 

Voici  des  indications,  très  nettes  et 
très  précises,  sur  le  trajet  suivi  par  le 
train  impérial,  dé.sormais  le  grand  train 
d'inauguration. 

La  cour,  comme  on  s'en  souvient, 
s'était  enfuie  précipitamment  de  Peking 
après  la  délivrance  des  légations  par  les 
troupes  alliées  le  14  août  -.1900  et  avait 
gagné  Si-N'gan-Fou  (  ^  ^  j^  )  où 
elle  est  demeurée  jusqu'après  la  signature 
du  protocole  qui  a  marqué  la  cessation 
définitive  des  hostilités  au  mois  d'oc- 
tobre 1901.  De  Si-N'gan-Fou  la  cour 
avait,  pour  retoui'ner  à  Peking,  gagné 
d'abord  à  petites  journées  Kaï-Foung- 
F«"'  (  ^  ^  jfï  )  chef-lieu  du  Honan 
et  résidence  du  vice-roi  de  cette  province. 
De  là,  elle  a  continué  son  voyage  par  terre 


VARIÉTÉS. 


135 


jusqu'à  Tcheng-Ting-Fou ,  importante 
ville  où  sanètont  pnVsonternent  dans  le 
Nord  les  travaux  de  la  voie  ferrée  de  Pékin 
à  Ilan-Kéou.  Cotte  grande  ligne,  dont 
la  longueur  sera  d'environ  l/iOO  kilo- 
mètres, est  destinée,  comme  on  le  sait, 
il  relier  la  capitale  de  la  Chine  au  port 
fluvial  d'Han-Kéou  sur  le  fleuve  Jileu. 
C'est  le  futur  Grand-Central  de  la  Chine, 
le  pendant  de  la  ligne  Paris-Lyon  en 
France.  Sa  direction  générale  Nord-Sud 
est  sensiblement  perpendiculaire  à  celle 
des  grands  fleuves  de  la  Chine,  notam- 
ment du  fleuve  Jaune  qu'elle  traverseia 
et  du  fleuve  Bleu  auquel  elle  aboutit 
à  Han-Kéou.  La  constnaction  en  a  été 
conûée  à  une  Société  franco-belge  et 
elle  se  réalise  surtout  à  l'aide  de  capi- 
taux français  (emprunt  chinois  de  1898 
émis  à  l'aris);  l'exploitation  est  dirigée 
par  un  ingénieur  français.  C'est  là  un 
résultat  qui  fait  le  plus  grand  honneur 
à  la  diplomatie  française  en  Chine  et 
qu'il  nous  a  paru  intéressant  de  rappeler 
dans  les  circonstances  actuelles. 

En  s'éloignant  de  Tcheng-Ting-Fou 
dans  la  direction  de  Pékin,  l'unique 
station  de  réelle  importance  que  l'on 
rencontre  sur  la  ligne  fériée  est  celle 
de  Pao-Ting-Fou  (  'ßj^  ^  |jfrf  )»  si*^"^« 
à  1 1 8  kilomètres  de  Tcheng-Ting.  C'est  la 
capitale  du  Tchili  et  la  résidence  officielle 
du  vice-roi  de  cette  province  dont  le  palais 
a  été  occupé  militairement  durant  plu- 
sieurs mois  par  le  général  Railloud. 

De  Pao-Ting-Fou  à  Lou-Kiou-Khiao, 
terminus  nord  primitif  de  la  ligne,  on 
compte  135  kilomètres.  Le  train  im- 
périal a  donc  parcouru  en  tout  (118 
k.  +  135  k.),  soit  253  kilomètres  sur  les 
rails  franco-belges  qu'il  a  quittés  pour 
pa.sser  sur  la  voie  anglaise,  en  suivant 


d'abord  le  petit  raccordement  de  Lou« 
Kiao-Khiao  à  Foung-Tui  (  J3  £L  )  (8 
kil.),  qui  réunit  les  deux  Compagnies,  puis 
le  tronçon  Feng-Taï-Makiapou  de  la  lig- 
ne anglaise  de  Tien-Tsin  à  Peking.  Le 
train  n'a  pas  dépassé  la  station  de  Makia- 
pou,  terminus  primitif  de  cette  dernière 
ligne  du  côté  de  Peking,  la  cour  n'admet- 
tant pas  qu'elle  pût  faire  sa  rentrée  soten- 
nelle  dans  la  capitale  autrement  qu'en 
chaises  à  porteuiti  avec  toute  la  pompe 
et  tout  l'apparat  conformes  aux  anciens 
rites.  Faut-il  voir  dans  cette  décision 
impériale  une  simple  question  d'éti- 
quette? Ne  serait-ce  pas  plutôt  une 
protestation  implicite  contre  l'établis- 
sement des  deux  tronçons  de  Lou-Kiao- 
Khiao  à  Peking  (ligne  franco-belge)  et 
de  Makiapou  à  Peking  (ligne  anglaise) 
construits  l'un  et  l'autre,  en  dehors  de 
la  volonté  de  l'empereur,  à  la  suite  des 
événements  de  1900?  C'est,  en  effet, 
le  général  Voyron,  commandant  en 
chef  du  corps  expéditionnaire  français 
en  Chine,  qui  jugeant  indispensable  pour 
les  opérations  militaires  de  s'assurer  une 
communication  directe  par  voie  ferrée 
entre  Peking  et  Pao-Ting-Fou,  a  demandé 
l'exécution  d'urgence  par  la  Compagnie 
franco-belge  du  prolongement  de  Lou- 
Kiao-Khiao  à  Peking,  dont  la  longueur 
est  d'environ  17  kilomètres,  l »'autre  part, 
les  Anglais,  forts  d'un  pareil  précédent, 
n'ont  pas  hésité,  au  corn's  de  1901,  à 
prolonger  jusque  dans  la  ville  chinoise 
la  ligne  venant  de  Tien-Tsin,  qui  s'arrê- 
tait auparavant  à  Makiapou. 

Aujourd'hui,  les  deux  Compagnies  de 
chemins  de  fer  ont  l'une  et  l'autre  leui's 
gares  terminus  se  faisant  face,  en  plein 
cœur  de  la  ville  chinoise  de  Peking,  au 
pied   niAme   de   la    muraille  de  la  ville 


136 


tartare,  de  part  et  d'autre  de  la  porte 
de  Tsien-Men. 

La  muraille  sacrée  de  la  ville  chinoise 
a  donc  été  profanée,  aux  yeux  des  Cé- 
lestes, sur  deux  points;  elle  a  été  éventrée 
pour  donner  passage  aux  rails  européens, 
mais  il  convient  d'ajouter  que  les  deux 
brèches  seront  voûtées  et  que  la  légende 
du  dragon  impérial  se  trouvera  ainsi 
respectée.  Le  peuple  chinois  est,  en  effet, 
convaincu  que  se  monstre  aux  cinq 
griffes  circule  la  nuit  tout  autour  de 
Peking  sur  le  mur  d'enceinte  et  qu'inter- 
rompre sa  promenade  par  deux  solutions 
de  continuité  dans  la  muraille  aurait 
pour  effet   inévitable  d'exiter  sa  colère 


et  d'attirer  les  pires  calamités  sur  les 
habitants  de  la  capitale.  L'empereur 
ne  pouvait  évidemment  braver  une  croy- 
ance populaire  aussi  imiversellement 
répandue  parmi  ses  sujets.  Agir  au- 
trement qu'il  l'a  fait  eut  été  impolitique 
de  sa  part,  au  moment  même  ou  en 
consacrant  avec  son  train  spécial  l'éta- 
blissement d'une  voie  ferrée  de  premier 
ordre  dans  son  empire,  il  venait  de 
donner  une  preuve  de  son  intelligente 
initiative  en  même  temps  qu'un  gage 
d'adhésion  aux  idées  européennes  de 
progrès  et  de  civillisation. 

FINZAG. 

{Journal,  11  Janvier  1902). 


CHRONIQUE, 

CHINE. 
L'école  française  de  Yun-Nan-Seng. 

L'école  française  qui  a  été  ouverte  récemment  à  Yun-Nan-Seng  et  à  laquelle 
notre  consul  avait  intéressé  les  mandarins,  s'annonce  comme  un  grand  succès. 

A  la  suite  d'une  proclamation  rédigée  par  les  autorités  locales  dans  des  ter- 
mes très  flatteurs  pour  notre  enseignement,  les  demandes  d'admission  se  sont 
élevées  à  plus  de  800  et  il  a  fallu  que  le  gouvernement  provincial  opérât  une 
sélection  parmi  les  candidats,  car  l'école  française  n'est  pas  encore  organisée 
pour  en  recevoir  un  pareil  nombre. 

Cette  affluence  est  attribuée  au  fait  que  les  candidats  à  une  fonction  offi- 
cielle en  Chine  croient  aujourd'hui  que  l'instruction  occidentale  peut  devenir 
nécessaire  pour  leui-s  examens. 

L'hôpital  français  de  Yun-Nan-Seng  va  prochainement  être  ouvert. 

Enfin,  un  service  régulier  de  courriers  entre  le  Tonkin  et  le  Yun-Nan,  d'une 
part,  et  le  Sé-Tchouan,  d'autre  part,  assure  le  transport  des  lettres  et  des 
colis  postaux  entre  l'Indo-Chine  et  le  bassin  du  Yang-Tseu. 

Grâce  aux  eöorts  de  M.  François,  Consul  général  de  France  au  Yun-nan,  et 
avec  l'aide  du  gouvernement  de  l'Indo-Chine,  un  service  postal  a  été  crée  entre 
le  Tong-King  et  Tchoung-King.  Ce  service,  qui  ne  fonctionnait  que  jusqu'à 
Yun-Nan-Seng,  a  quatre  départs  par  mois  pour  la  vallée  du  Yang-tseu.  Il  met  14 
jours  pour  atteindre  le  port  de  Soui-fou,  et  trois  ou  quatre  jours  de  plus  pour 
atteindre  Tchoung-King.  Le  temps  employé  de  .Haiphong  à  ce  port  du  haut 
Yang-tseu  est  actuellement  de  36  jours;  c'est  pourquoi,  en  considérant  les 
délais  qui  peuvent  arriver  à  certaines  périodes  de  l'année  pour  remonter  les 
rapides  du  fleuve  au-dessus  de  I-tchang,  la  correspondance  peut,  par  la  voie 
du  Tong-King,  atteindre  le  Se-tchouan  plus  vite  que  par  la  voie  de  Chang-hai. 

Le  Dr.  W.  A.  P.  Martin,  ancien  administrateur  du  Collège  impérial  à  Peking, 


138  CHRONIQUE. 

est   arrivé  à  Victoria    dans   la   Colombie  britannique.  Il  apporte  de  très  graves 
nouvelles.  La  rébellion  en  Chine  devient  chaque  jour  plus  gravé  selon  lui. 

Dans  la  Mandchourie  pas  moins  de  93,800  troupes  russes  seraient  rassem- 
blées, en  plus  des  30,000  hommes  de  l'armée  de  l'Amour. 

L'ambassadeur  chinois  à  Tokio  a  averti  son  gouvernement  du  danger  que 
courent  les  étudiants  chinois  envoyés  au  Japon,  d'être  contaminés  par  les  idées 
républicaines  de  K'ang   Yeou-wei. 

Une  bande  de  Chinois  armés  a  passé  la  frontière  de  la  Birmanie  anglaise,  a 
enlevé  un  Chinois  au  territoire  chinois  et  l'a  décapité. 

Le  correspondant  du  Times  à  Peking  a  eu  une  conférence  avec  Youan  Chi-kai, 
le  nouveau  vice-roi,  à  Pao-ting  fou. 

Les  sentiments  favorables  du  vice-roi  envers  les  étrangers  sont  connus.  Il 
était  occupé  de  lever  un  corps  de  troupes  choisies  de  6000  hommes,  et  déclara 
e.  a.  que  le  gouvernement  chinois  enverrait  sous  peu  une  note  aux  ambassa- 
deurs étrangers,  demandant  de  préciser  la  date  quand  Tien-tsin  sera  rendu 
à  l'état  chinois,  ce  que  le  vice-roi  pensait  être  très  urgent.  Il  était  satisfait  du 
traité  Anglo-japonais,  en  tant  qu'il  assurait  l'intégrité  de  la  Chine,  mais  qu'il 
était  humiliant  pour  la  Chine  qu'elle  eût  besoin  d'un  pareil  secours. 

Un  banquier  chinois  du  Kouang-si,  qui  est  arrivé  en  fugitif  à  Hongkong, 
raconte  que  les  rebelles  occupent  actuellement  plus  de  30  villes  et  villages.  Ils 
sont  bien  armés  avec  des  fusils  Mauser  et  des  revolvers  qui  ont  été  importés 
par  voie  d'Annam. 

Dans  un  manifeste  qu'ils  ont  publié,  ils  déclarent  qu'ils  combattent  seulement 
les  Mandchous,  qu'ils  n'ont  rien  contre  les  Européens,  et  qu'ils  désirent  seule- 
ment un  empereur  chinois. 

On  mande  de  Changhaï  au  Times  que  les  représentants  de  la  «China  Develop- 
ment Company»  Araérico-Belge  a  conféré  avec  le  prince  K'ing  sur  la  construc- 
tion d'une  voie  ferrée  de  Hankeou  à  Canton.  K'ing  promit  de  demander  à 
l'empereur  un  édit  autoiisant  l'issue  de  «Bonds»  dès  que  la  direction  sera  établie. 

ETATS-UNIS. 

Le  Times  apprend  de  Washington  que  les  [)rincipaux  journaux  en  Amérique 
félicitent  le  Sénat  du  rejet  de  la  loi  projetée  de  défendre  l'immigration  des 
Chinois  et  que  la  loi  actuelle  a  été  prolongée  encore  pour  un  an  et  sera  appli- 
quée à  la  Chine  et  aux  Philippines. 

Une  nouvelle  loi  a  été  proposée  permettant  à  des  marchands,  des  instituteurs, 


CHRONIQUK.  139 

(les   voyageurs,   des  étudiants   et  des   employés   de   venir   en    Amérique.   Il   est 
pourtant  douteux  ce  que  les  Chambres  décideront. 


FRANCE. 

Séance  du  21   mars  1902,  à  la  Société  de  Géographie. 

La  correspondance  comprend  entre  autres  documents  une  étude  du  docteur 
Henri  Reboul,  médecin-major  des  colonies,  sur  le  plateau  de  Lang-Sa  et  la 
»ville  de  santé  de  Dalat". 

C'est  en  1898  qu'on  décida  la  création  d'un  sanatorium  sur  le  plateau  de 
Lang-Sa,  dans  la  région  annamite  du  Lang-Bian,  mais  la  période  des  travaux 
ne  remonte  pas  au  delà  de  1900.  Les  projets  comportent  une  voie  ferrée  par- 
tant de  Saigon  et  une  route  carrossable  via  Phang-Rang.  C'est  sur  le  parcours 
de  cette  dernière  voie  de  communication  que  se  dirigea  le  docteur  Reboul  pour 
atteindre  Dalat,  où  s'installe  la  ville  de  santé  du  Lang-Sa,  à  100  kilomètres 
de  la  côte. 

Le  docteur  Reboul  est  revenu  de  sa  mission  avec  la  conviction  que  le  sana- 
torium de  Dalat  sera  un  véritable  bienfait  pour  l'Indo-Chine. 

PAYS-BAS  ET  COLONIES  NÉERLANDAISES. 

Le  5  Février  dernier,  les  frères  P.  et  F.  Sarasin  sont  arrivés  de  Singapore  à 
Batavia,  afin  d'entreprendre  sous  peu  une  nouvelle  expédition  à  Celebes.  Un 
des  collaborateurs  du  «.Ta va- Bode»  a  causé  avec  eux  et  a  touché  à  la  question 
de  l'enlèvement  d'une  ancienne  pierre  turaulaire  qui  a  été  déposée  dans  le 
Musée  de  Bale.  La  conséquence  en  a  été  que,  sur  la  plainte  du  Dr.  Schmeltz, 
directeur  du  Musée  d'Ethnographie  à  Leide,  le  Ministre  des  Colonies  leur  à 
envoyé  une  lettre  dans  laquelle  les  frères  Sarasin  étaient  priés  de  songer  aux 
Musées  Néerlandais,  en  cas  qu'ils  trouvassent  des  objets  intéressants.  Les  frères 
Sarasin  ont  répondu  qu'ils  étaient  disposés  à  le  faire,  mais  qu'ils  offriraient  ces 
objets  aux  Musées  Néerlandais,  le  Musée  d'Ethnographie  de  Leide  excepté.  (Sic!). 

En  premier  lieu  les  voyageurs  chercheront  à  obtenir  l'assistance  du  Gouver- 
nement afin  de  pouvoir  faire  une  expédition  importante  de  la  baie  de  Palopa 
à  la  baie  de  Palos,  en  travers  de  la  partie  centrale  de  Celebes.  En  dehors  de 
leurs  recherches  sur  la  flore,  la  faune  et  la  géologie,  ils  ont  l'intention  d'étu- 
dier les  différentes  races,  ainsi  que  leurs  moeurs,  etc. 

Ils  ont  abandonné  le  projet  de  faire  une  excursion  du  golfe  de  Boni  à 
Lawou  et  environs,  car  les  hostilités  intestines  continuelles  leur  occasionneraient 
trop  de  difficultés. 


10 


BIBLIOGRAPHIE. 


LIVRES  NOUVEAUX. 

Il  vient  de  paraître  chez  Eruest  Leroux  un  ouvrage  intitulé  le 
Théâtre  au  Japon  ses  Rapports  avec  les  Cultes  locaux  par  Alexandre 
BÉNAZET  attaché  au  Musée  d'Ethnographie;  il  forme  le  tome  XIII 
de  la  Bibliothèque  d'Etudes  des   Annales  du  Musée  Guimet. 

H.  C. 

Notre  co-directeur  H.  Cordier  vient  de  publier  dans  les  Publi- 
cations de  l'école  des  langues  orientales  vivantes  à  Paris,  la  Biblio- 
graphie des  ouvrages  publiés  en  Chine  par  les  Européens  au  XVIP 
et  XVIIP  siècle.  Ce  Mémoire,  qui  n'était  qu'un  essai,  a  paru  pour 
la  première  fois  en  1883,  dans  le  volume  de  Mélanges  orientaux  pu- 
bliés à  l'occasion  du  6^  Congrès  international  des  Orientalistes  à 
Leide.  Depuis,  l'auteur  a  complété  son  mémoire  et  l'a  purgé  des 
fautes  typographiques  qui  s'y  étaient  glissées  par  la  hâte  de  l'im- 
pression pour  une  date  déterminée. 

L'auteur  cite,  dans  l'introduction,  les  ouvrages  qu'il  a  consultés, 
illustrés  par  des  notes  historiques  et  critiques. 

L'ancien  catalogue  renfermait  51  noms  et  196  ouvrages,  tandis 
que  cette  nouvelle  édition  contient  77  noms  et  395  ouvrages,  en 
majeure  partie  théologiques. 

Une  planche  lithographiée  à  la  fin  de  l'ouvrage  reproduit  le  texte 


BIBLIOOKAPHIB.  141 

chinois  de  la  fameuse  lettre  du  Pape  Sixte-Quint  à  l'Empereur  de 
la  Chine,  datée  de  Goa,  1590,  3^  mois.  11  paraît  que  l'original  latin 
de  cette  lettre  a  été  perdu. 

Les  mêmes  publications,  IIP  Série  —  Tome  XXI,  contiennent  le 
Supplément  à  la  Bibliographie  Coréenne  (jusqu'en  1899)  par  M. 
Maurtcb  Courant,  l'infatigable  bibliographe.  G.  S. 

Le  Rapport  sur  l'état  du  Musée  royal  d'Ethnographie  à  Leide 
(1  Oct.  1900  à  30  Sept.  1901),  présenté  par  le  Directeur  du  Musée, 
M.  le  docteur  J.  D.  E.  Schmeltz,  vient  de  paraître.  Il  contient  16 
planches  phototypiques  superbes,  parmi  lesquelles  nous  notons  e.  a. 
une  splendide  photographie  d'un  petit  tambour  en  laiton,  trouvé  à 
Alor  et  qui  avait  été  décrit  d'abord  comme  un  «crachoir»,  ainsi 
que  des  sculptures  en  bronze  de  guerriers  portugais  rapportés  du 
Benin  (Afrique)  et  un  magnifique  encensoir  en  laiton  de  l'Annam. 
Ce  sont  de  pareilles  illustrations  qui  donnent  la  vie  à  des  rapports 
par  leur  nature  généralement  secs.  Il  serait  à  souhaiter  que  les 
directeurs  d'autres  musées  suivissent  le  bon  exemple  donné  par  l'actif 
Directeur  du  Musée  de  Leide.  G.  S. 


M.  E.  Deshayes  du  Musée  Guimet,  vient  encore  de  publier  deux 
conférences  illustrées,  l'une  traitant  d'un  tissu  du  VIP  siècle  à 
décor  «Sassanide»  du  temple  de  Hariouji  à  Nara  (Japon),  faite  le 
9  Mars  1902  et  la  seconde,  faite  le  13  Avril  1902,  traitant  d'Animaux 
fantastiques  de  l'ancien  art  chinois:  «quelques  chimères  chinoises: 
Les  Unicornes  (Ki-lin). 

Des  recherches  plus  approfondies  démontreront  peut-être  que  ces 
animaux  ne  sont  pas  aussi  fantastiques  qu'on  le  croit  généralement, 
mais  qu'ils  sont  plutôt  des  dessins  fantastiques  d'animaux  exotiques 
peu  connus  des  Chinois.  G.  S. 


142  BIBLIOGRAPHIE. 

Les  «Mittheilungen  des  Seminars  für  orientalische  Sprachen»  à 
Berlin  (IV®  année)  contiennent  la  continuation  des  recherches  de 
M.  A.  FoRKE  sur  l'état  financier  et  les  impôts  en  Chine;  la  fin  des 
listes  chronologiques  des  souverains  chinois  par  M.  C.  Arendt,  depuis 
décédé,  de  même  que  le  commencement  de  ses  études  sur  les  inscrip- 
tions chinoises  turcs;  un  article  de  M.  R.  Lange  sur  les  noms  de 
femme  japonais  et  une  revue  des  ouvrages  russes  sur  l'Asie  orien- 
tale par  M,  W.  Barthold.  G.  S. 


NOTES  AND  QUERIES. 


►■>>•>;■• 


1.  Want  of  ear-laps  with  the  Japanese. 

According  to  Dr.  von  der  Heyden,  Director  of  the  general  hos- 
pital in  Yokohama,  the  ear-laps  of  aryau  races,  which  are  wanting 
with  the  Japanese,  are  due  to  a  hereditary  deformity  occasioned 
primitively  by  the  secular  wearing  of  heavy  ear-peodants  by  the 
Aryans  {Ost-Asien,  March,  1902,  p.  555). 

We  take  the  liberty  to  doubt  this  statement,  as  the  Japanese 
have  a  native  name  for  the  lap  or  lobe  of  the  ear  Tabu  or  Mimi-tahu 
(  ^  j:^  )  and  that  ear-rings  are  known  in  Japan  by  the  names 
of  Mimi  ga  nam  and  Mimi-gane   (^3^).  G.   S. 

2.  Déplacement  du  Lob-Nor. 

Sous  le  titre  de  «Un  lac  qui  se  promène».  Le  Globe-trotter  publie 
la  note  suivante  : 

Les  Européens  ont  le  tort  de  mépriser  a  priori  les  civilisations 
étrangères.  Ainsi,  sans  pousser  plus  loin  l'examen,  nos  savants  trai- 
taient d'ânes  les  géographes  chinois,  parce  que  leurs  cartes  mar- 
quaient l'emplacement  du  lac  Lob-Nor,  en  Asie  centrale,  à  un  degré 
plus  au  nord  qu'il  n'est  réellement,  —  nous  devrions  dire:  qu'il 
n'est  actuellement. 

Car  le  savant  voyageur  suédois  Dr.  Sven  Hediu,  qui  vient  d'ex- 
plorer le  district  de  Lob-Nor,  a  fait  une  curieuse  constatation:  il  a 


144  NOTES    AND    QUERIES. 

retrouvé,  à  l'endroit  précis  où  les  géographes  asiatiques  avaient 
placé  le  lac  sur  leurs  cartes,  une  immense  dépression  de  terrain 
qui  n'est  autre  que  l'ancien  lit  du  lac,  qui,  pour  une  cause  géo- 
logique que  l'on  ignore,  transporta  plus  tard  ses  eaux  dans  une 
vallée  plus  méridionale. 

L'ancien  lit  est  complètement  desséché,  mais  ses  bords,  nette- 
ment définis,  sont  couverts  d'une  quantité  énorme  de  petits  coquil- 
lages blancs;  on  remarque  en  outre  sur  les  rives  les  troncs  desséchés 
d'une  forêt  qui  dût  périr  après  le  retrait  des  eaux. 

G.  T. 


KOUANG-SI 

TRADUCTION  DE  DOCUMENTS 

lilSTORIOÜES,  GEüdRAPIllQUES  ET  ADMINISTRATIFS  SUR  LA  PROVINCE  DU  MUmi 

TIRÉS  DU  «KOUANG-SI  T'ONG-TCHEU  TSI-YAO» 

B  m  m.  ^.  m  ^ 

(CoihpeiidiuiD  des  renseignements  les  plus  utiles  sur  la  Province  du  Kouang-Si.) 


J.  BEAÜVAIS, 

Interprète  du  Consulat  de  France  à  Long-Tcheou. 


Préfecture  de  1**^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou  (Ts'iun- 
Tcheou-Pou). 

Historique. 

Dynastie  des  TsHn,  255  à  206  avaut  J.C.,  le  territoire  actuel  de 
la  préfecture  de  Sin-Tcheou-Fou  (i^  ^  jf^)  faisait  partie  du  Kiun 
de  Kouei-Lin. 

Dynastie  des  Han,  206  av.  J.C.  à  220  ap.  J.C.,  le  territoire  actuel 
formait  celui  de  Pou-Chan  (  ^  |_L|  )  et  dépendait  du  Kiun  de  Yu- 
Lin  (^#). 

Epoque  des  trois  Royaumes,  San  Kouo,  220  à  265,  dynasties  des 
Tsin,  265  —  420,  et  des  Song,  420  —  479.  Pendant  tout  ce  temps,  le 
territoire  actuel  fit  partie  du  Kiun  de  Yu-Liu. 

11 


146  J.    BE  AU  VA  IS. 

Dynasties  des  Tsi,  479—502,  des  Léang,  502—557,  et  des  Tch'en^ 
557—589.  Le  territoire  actuel  formait  le  Hien  de  Kouei-P'ing  (;i|^ 
2p  )  qui  dépendait  des  Kiun  de  Yu-Lin  et  de  Kouei-P'ing. 

Dynastie  des  Souei,  581—619,  le  Kiun  de  Kouei-P'ing  fut  supprimé. 

Dynastie  des  T'ang^  618  —  907,  le  territoire  actuel  appartenait  au 
Kiun  de  Sin-Kiang  {"^  J^)  et  au  Tcheou  de  Sin-Tcheou  (/^  ^  ) 
et  était  incorporé  au  cercle  ou  Tao  de  Ling-nan. 

Période  des  Cinq  Dynasties^  j£  jv  '  907—960.  Le  pays  actuel 
formait  le  Tcheou  de  Sin-Tcheou  et  appartenait  aux  Han  méridio- 
naux, Nan-Han. 

Dynastie  des  Song,  960  —  1279.  Le  territoire  actuel  formait  le 
Kiun  de  Sin-Kiang  du  Tcheou  de  Sin-Tcheou  et  appartenait  à  la 
marche  occidentale  ou  Si-Lou  du  Kouaug-Nan. 

Dynastie  des  Yuen,  1279—1368.  Le  territoire  actuel  formait  la 
marche  ou  Lou  de  Sin-Tcheou  et  appartenait  au  cercle  ou  Tao  du 
Kouang-Si. 

Dynastie  des  Ming,  1368  —  1644,  le  pays  formait  la  préfecture 
de  1^"^  rang  ou  Fou  de  Sin-Tcheou-Pou  et  appartenait  au  Pou-Tcheng- 
Seu  (Province  ou  plutôt  Trésorerie)  du  Kouang-Si. 

Dynastie  actuelle,  1644  à  nos  jours.  La  préfecture  de  1^^  rang 
de  Sin-Tcheou-Fou  appartint  d'abord  au  Cercle  du  Fleuve  de  gauche, 
Tso-Kiang-Tao  (  ;^  /X  ^.)-  Dans  la  9^™^  année  de  la  période  K'ieu- 
Long,  1744,  elle  en  fut  détachée  et  rattachée  au  cercle  du  Fleuve  de 
droite,  Yeou-Kiang-Tao  (  ^^  yX  ^  )• 

La  préfecture  de  1^*^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou  comprend  4  Sous- 
Préfectures  ou  Hien: 

1°  La  Sous-Préfecture  de  Kouei-Ping-Hien  ( ;j^  ^  ^ ). 
2°  La  Sous- Préfecture  de  P'ing-Nau-Hien  (2p^l^). 
3"  La  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien  (  ^  3^  ). 
4°  La  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien  (  ;^  S  /B  )• 


«OUANG-«.  147 

Limites  du  Territoire. 

La  prélecture  de  1®^  rang  de  Sin-Tcheoit-Fou  se  trouve  à  870 
lis  au  S.-O.  de  la  capitale  de  la  Trésorerie,  Pou-Tcheng-Seu,  ou  pro- 
vince, du  Kouang-Si.  Elle  est  située  à  8410  lis  au  S.-E.  de  la 
capitale  de  l'Empire.  Son  territoire  mesure  410  lis  de  l'E.  à  l'O.  et 
520  lis  du  N.  au  S. 

A  190  lis  à  l'E.,  au  village  de  Liu-T'ang-Ts'oueu  {^  ^  ^^j  ) 
de  la  Sous- Préfecture  de  P'ing-Nan-Hien,  le  territoire  de  la  préfec- 
ture confine  à  celui  de  la  Sous-Préfecture  de  T'eng-Hien  (  ^  ^  ) 
de  la  préfecture  de  1^^  rang  de  Vou-Tcheou-Fou  (:^  ^  /f^)- 

A  220  lis  à  l'O.,  aux  rochers  de  Yun-Piao-Cheu  (  ^  ^  ^  ) 
de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien,  il  confine  au  territoire  de  la 
préfecture  de  2^  rang  de  Heug-Tcheou  (  'j^  ^  )  Je  la  préfecture 
de  P"^  rang  de  Nan-Ning-Fou  (^  ^  jfj). 

A  190  lis  au  S.,  au  viUage  de  Ta-Youg-Ts'ouen  i^^^ij^) 
de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-P'ing-Hien,  il  confine  au  territoire 
de  la  préfecture  de  2®  rang  de  Yu-Liu-Tcheou  (^  ^  îlfl  )• 

A  330  lis  au  N.,  au  poste  de  Nieou-Lan-T'ang  (  "^  ^f|  Ä  ) 
de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien,  il  confine  au  territoire  de 
la  préfecture  de  2®  rang  de  Siang-Tcheou,  dépendant  de  la  préfec- 
ture de  l^^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

A  280  lis  au  S.-E.,  au  village  de  Lieou-Lei-Ts'ouen  (^  ^  ^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous- Préfecture  de  Pei-Lieou-Hien  (  :|[^ 
»^  /R  )  dépendant  de  la  préfecture  de  2^  rang  de  Yu-Lin-Tcheou. 

A  280  lis  an  N.-E.,  au  village  de  Kiai-T'ang-Ts'ouen  (  ^  ^ 
;|î»J*)  de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien,  il  confine  au  terri- 
toire de  la  Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien  dépendant  de  la  pré- 
fecture de  première  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

A  220  lis  au  S.-O.,  au  marché  de  K'iao-Hiu  (^  :^  )  de  la  Sous- 
Préfecture  de  Kouei-Hien,  il  confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfec- 


148  J.  BEAU  Vais. 

tare  de  Hing-Yé-Hien  (  ^  ^  ^  )  de  la  préfecture  de  2«  rang  de 
Yu-Lin-Tcheou. 

A  260  lis  au  N.-E.,  à  la  montagne  du  Dragon,  Long-Chan  (^ 

j|[  )  de  la  Sous-Préfecture  de  P'ing-Nan-Hien,  il  confine  au  terri- 
toire  de  la   préfecture   de   2®  rang  de  Yong-Ngau-Tcheou  (  j^  ^ 

jVi  )  dépendant  de  la  préfecture  de  P*"  rang  de  P'ing-Lô-Fou. 

Murailles  et  Fossés. 

La  cité  capitale  de  la  préfecture  de  l^'^  rang  de  Sin-Tcheou-Pou, 
est  située  à  l'E.  de  la  montagne  de  Seu-Liug-Chan  (  ^§^  ^  j  1 1  )  et 
au  point  de  réunion  du  fleuve  de  gauche,  Tso-Kiang  (  ^  yX  )  ^.vec 
le  fleuve  de  droite,  Yeou-Kiang  {7^  j'H)-  Anciennement,  la  cité 
s'appuyait  à  la  montagne  de  Seu-Ling-Chan  dont  elle  couvrait  la 
moitié.  Sous  la  dynastie  des  Song  (960  —  1279)  et  pendant  les  années 
de  la  période  Kia-Yeou  (^  ^  1056  —  1063)  (Empereur  Jeu-Tsoug- 
Hoang-Ti  ^H  ^  M  ^  ^"i  ^®gn^  ^^  1^22  à  1063)  la  cité  fut  changée 
de  place  et  reportée  dans  la  plaine.  On  l'entoura  alors  à  ce  moment 
d'une  levée  de  terre  percée  de  4  portes.  Celle  du  S.  s'appelait  la 
porte  Koan-Fong  (^  M*)''  ^^^^^  ^^  l'-^-  portait  le  nom  de  Seu- 
Kou  (,g  iJf  ),  celle  de  l'O.,  celui  de  Kiuen-Yu  (:^  ^)  et  celle 
du  N.  celui  de  P'ing-Yuan  (^  }^)- 

Sous  la  Dynastie  des  Ming,  durant  la  29^  année  de  la  période 
Hong-Vou  (-gfc  ^),  1396,  la  muraille  fut  allongée  à  l'E.  et  à  l'O. 
de  quelques  milliers  de  pieds  de  chaque  côté.  Sur  les  faces  E.  et  0., 
on  creusa  des  fossés  et  on  éleva  des  palissades  de  bois.  Au  N.  et  au 
S.  la  cité  joignait  les  deux  rivières.  La  muraille  était  alors  percée 
de  six  portes;  2  au  S.,  celles  de  Yiug-Ngen  (Kß  ;§[)  et  de  Ning- 
Yuan  (^  ^);  2  au  N.,  celles  de  Siuen-Vou  (^  :^)  et  de  Ouei- 
Tchen  (^  ^).  Une  à  l'E.  portant  le  nom  de  Kong-Tch'en  (J^t 
Jg  )  et  une  à  l'O.  nommée  porte  de  Ngan-Yuan  (  ^  j^  )•  Durant 
la  3«  année  de  la  période  Tch'eng-Houa  (J|1(J  ^),  1467,  la  muraille 


KOUANG-SI.  149 

(le  terre  fut  remplacée  par  une  muraille  de  briques  haute  de  vingt 
pieds,  épaisse  de  12;  la  porte  Kong-Tch'en,  changea  son  nom  en 
celui  de  Sin- Yang  {^  ^).  Cette  muraille  de  briques  avait  une 
longueur  totale  de  7  lis  3  feun.  Sous  la  dynastie  actuelle,  les  4 
faces  furent  réparées  par  les  soins  des  4  Sous-Préfectures  dépen- 
dantes, conformément  aux  règlements. 

Mandarins. 

Un  préfet  de  premier  rang,  Tcheu-Fou. 

Ses  appointements  dits  Ngo-Fong  sont  de  105  taels  d'argent. 
Il  touche  en  outre:  1°  à  titre  de  Pien-Fong,  99  taëls  d'argent  en- 
viron et  2°  à  titre  de  Yang-Lien,  2000  taëls  d'argent.  Il  a  droit 
à  un  personnel  de  60  portiers,  sbires,  plantons  à  pied  et  à  cheval, 
porteurs  de  chaises,  de  parasols  et  d'éventails,  gardes  de  magasins, 
guichetiers,  porte-clefs,  policiers,  etc.,  pour  l'entretien  desquels  il 
touche  annuellement  une  somme  de  360  taëls  d'argent,  prélevée 
sur  les  reliquats  budgétaires  des  2  Sous- Préfectures  de  P'ing-Nan- 
Hien  et  de  Kouei-Hien. 

Un  secrétaire,  King-Li. 

Ses  appointements  sont  de  40  taëls  d'argent.  Il  touche  à  titre 
de  Yang-Lien  120  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  un  personnel  de  6 
individus,  intendants,  sbires,  palefreniers,  pour  l'entretien  desquels 
il  touche  par  an  une  somme  de  36  taëls  d'argent. 

Un  assistant  de  préfet  de  premier  rang,  T'ong-P'an. 

Ses  appointements  dits  Ngo-Fong  sont  de  60  taëls  d'argent.  Il 
touche  en  outre,  1°  à  titre  de  Pien-Fong,  60  taëls  d'argent,  2"  à 
titre  de  Yang-Lien,  500  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  un  personnel 
de  28  individus  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  lui  est  alloué 
une  somme  de  168  taëls  d'argent. 

Un  directeur  d'études  de  préfecture  de  \^^  l'C^Qg^  Kiao-Cheou. 

Ses  appointements  dits  Ngo-Fong  sont  de  45  taëls  d'argent. 


M.. 


150  J.    BE  AU  VAIS. 

Un  sous-directeur  d'études,  Hiun-Tao. 

Ses  appointemeuts  dits  Ngo-Fong  sont  de  40  taëls  d'argent.  Il 
a  droit  à  trois  portiers  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche 
18  taëls  d'argent  et  à  10  pourvoyeurs  pour  les  jeûnes,  pour  l'entre- 
tien annuel  desquels  il  touche  30  taëls  d'argent. 

Ecoles. 

Nombre  des  Bacheliers  littéraires  20.  —  Nombre  des  Bacheliers 
militaires  20. 

Bacheliers  subventionnés,  Lin-cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  24.  Le  montant  total  de  la  subvention 
qui  leur  est  accordée  annuellement  est  de  48  taëls  d'argent.  Ce 
total  est  augmenté  de  4  taëls  d'argent  durant  les  années  qui  possè- 
dent un  treizième  mois  intercalaire. 

Un  Bachelier  du  grade  de  Kong-cheng  est  nommé  tous  les  ans. 

La  superficie  des  terres  appartenant  aux  écoles  est  de  3  k'ing 
69  raeou  1  feun  9  li  de  terre  arable.  Leur  loyer  rapporte  annuel- 
lement 16  taëls  d'argent  3  feun  0  li. 

La  préfecture  de  Sin-Tcheou-Fou  possède  un  collège  qui  porte 
le    nom    de    collège    de    Sin- Yang,   Sin-Yang-Chou-Yuan    (^  ^ 

Distribution  des  troupes. 

1°  Le   bataillon   de   gauche,  Tso-Ying,  du  régiment  de  Siu-Tcheou, 
Sin-Tcheou-Hie  (^Ç  ^|  \§j). 

Ce  bataillon  comportait  originairement  un  effectif  de  394 
hommes.  Son  effectif  actuel  est  de  484  sous-oflSciers  et  soldats, 
se  décomposant  ainsi:  3  sergents  et  caporaux,  un  soldat  de 
première  classe,  Ngo-ouai-ouai-ouei,  11  cavaliers,  88  fantassins, 
et  381  Cheou-piug. 

Sur  cet  effectif  total,  101  soldats  tiennent  garnison  dans  la 


KOUANO-SI.  151 

ville  de  Sin-Tcheou-Fou  dont  ils  assurent  la  défense.  Un  lieu- 
tenant, Ts'ieu-Tsong,  commande  le  poste  de  la  Rivière  du  Nord, 
Pei-Ho-Siun  (  :|(^  iffif  ^  )  ^^  répartit  un  contingent  de  81  soldats 
dans  chacun  des  t'aug  qui  dépendent  de  son  Siun.  2  autres 
postes  ou  Siun  sont  également  occupés  par  un  troisième  con- 
tingent composé  de  2  sous-ofiSciers  et  de  300  hommes.  Ces 
deux  dernières  troupes  sont  réparties  de  la  façon  suivante: 

1°  Poste  de  la  Rivière  du  Nord,  Pei-Ho-Siun.  De  ce  poste 
dépendent  17  autres  petits  postes  échelonnés  le  long  de  la 
Rivière  du  Nord. 

2°  Poste  de  P'ing-Nan-Siun  (^  ^  ^^).  11  a  la  garde  de 
la  cité  de  P'ing-Nau-Hieu  à  120  lis  au  N.-E.  du  quartier 
général  du  bataillon  (Sin-Tcheou-Fou).  La  garnison  de  ce  poste 
se  compose  de  32  hommes  et  d'un  adjudant,  Pa-Tsong.  A  ce 
poste  appartiennent  également  un  sous-officier  et  70  hommes 
répartis  comme  garnisons  dans  chacun  des  T'ang  et  Siun  qui 
en  dépendent. 

3°  Poste  de  Vou-Siuen-Sin  (  :^  ^  ^  )•  Il  a  la  garde  de 
la  cité  de  Vou-Siuen-Hien,  à  270  lis  au  N.-O.  du  quartier 
général  du-  bataillon  (Siu-Tcheou-Fou).  La  garnison  de  ce  poste 
se  compose  de  36  hommes  et  d'un  adjudant,  Pa-Tsoug.  A  ce 
poste  appartiennent  également  un  sous-officier  et  162  hommes 
détachés  dans  chacun  des  T'ang  de  rivières  et  de  routes  de  terre 
qui  dépendent  dudit  Siun. 
2°  Le  bataillon  de  droite,  Yeou-Ying,  du  même  régiment. 

Ce  bataillon  comprenait  originairement  393  hommes.  Son 
effectif  actuel  est  de  487  sous-officiers  et  soldats.  Se  décompo- 
sant de  la  manière  suivante;  3  sergents  et  caporaux,  un  soldat 
de  première  classe,  Ngo-ouai-ouai-ouei,  11  cavaliers,  90  fantas- 
sins et  382  Cheou-ping. 

Sur   cet   effectif  total,    102    hommes   tiennent  garnison  dans 


152  J.    BRAUVAIS. 

la  ville  de  Sia-Tcheou-Fou  dont  ils  assurent  la  défense.  Un 
adjudant,  Pa-tsong,  commande  le  poste  de  la  Rivière  du  Sud, 
Nan-Bo-Siun  {]^  /pjT  ^  )  ^^  ^  sous  ses  ordres  une  troupe  de 
75  hommes  répartes  dans  chacun  des  T'ang  ou  Siun  qui  dépen- 
dent de  son  commandement.  Une  troisième  troupe  de  3  sous- 
officiers  et  de  307  hommes  est  répartie  dans  trois  autres  postes 
ou  Siun.  Ces  deux  derniers  contingents  sont  répartis  de  la  façon 
suivante: 

1°  Poste  de  Nan-Ho-Siun.  De  ce  poste  dépendent  16  autres 
petits  postes  échelonnés  le  long  de  la  rivière  du  Sud. 

2^  Poste  de  Kouei-Hien-Sin  {^  ^  'i^).  H  a.  la.  garde  de 
la  cité  de  Kouei-Hien,  à  140  lis  au  S.-O.  du  quartier  général 
du  bataillon  (Sin-Tcheou-Pou).  La  garnison  de  ce  poste  se  com- 
posé de  65  hommes  et  un  adjudant,  Pa-tsong;  à  ce  poste  ap- 
partiennent également  un  soiis-officier  et  96  hommes  répartis 
comme  garnisons  dans  chacun  des  T'ang  et  Siun  de  rivières  et 
de  routes  de  terre  qui  dépendent  dudit  Siun. 

3°  Poste  de  T'an-T'ang-Siun  (  ^  ^  ^^  )  à  190  lis  au  S.-O. 
du  quartier  général  du  bataillon  (Sin-Tcheou-Pou).  La  garnison 
se  compose  d'un  sous-officier  et  de  29  hommes-.  De  ce  poste 
relève  un  autre  petit  poste  occupé  par  4  soldats. 

4"  Poste  de  Ou-Chan-Sin  (  51  |i|  ^  )  à  260  lis  au  S.  du 
quartier  général  du  bataillon  (Sin-Tcheou-Pou).  La  garnison  de 
ce  poste  se  compose  d'un  capitaine  eu  second,  Cheou-Pei,  et  de 
100  hommes  et  un  sous-officier.  De  ce  poste  relèvent  également 
13  sokUts  répartis  dans  3  T'ang  qui  en  dépendent. 

Soldats  aborigènes. 

1°  Kouei-p'ing.  195  soldats  aborigènes.  Lang  (|^). 

Superficie   des   terres   qui   leur  sont  attribués,  160  k'ing  54 
meou  environ. 


KOUANO-SI.  153 

2°  P'iug-Nan.  318  soldats  aborigènes,  Lang. 

Superficie    des   terres   qui   leur  sont  attribués,   48   k'ing    98 
meou  environ. 
3°  Kouei-Hien.  314  soldats  aborigènes.  Lang. 

Superficie    des    terres    qui    leur    sont    attribués,    118    k'ing 
26  meou. 
4°  Vou-Siuen.  30  braves,  Hiang-Yong  (  ^PR  ^  )  et  un  chef,  T'eou- 
Jen    (§(  y\.),    40   soldats,   Hiang-Ping    (|p|5-^)   et   un   chef, 
Tsong-Mou   (Ü  g). 

Superficie  des  terres  attribués  aux  soldats,  18  k'ing  16  meou 
environ. 

Milices  régionales,  Min-Tchouang. 

V  Kouei-p'ing,  32  hommes  dont  19  sont  exercés  au  fusii  de  chasse 

et  le  reste  au  maniement  du  sabre,  de  la  lance,  de  l'arc. 
2°  P'iug-Nan.  24  hommes  dont  10  sont  exercés  au  fusil  de  chasse 

et  le  reste  au  maniement  de  la  lance,  du  sabre  et  de  l'arc. 
3°  Kouei-Hien,  30  hofnmes,  dont  20  sont  exercés  au  fusil  de  chasse 

et  le  reste  au  maniement  de  la  lance  et  du  sabre. 
4*  Vou-Siuen,  30  hommes  dont  15  sont  exercés  au  fusil  de  chasse 

et  le  reste  au  maniement  de  la  lance  et  du  sabre. 

Rendement  des  Impôts. 

La  totalité  de  l'impôt  sur  le  riz  dans  les  4  Sous-Préfectures 
qui  dépendent  de  la  Préfecture  de  F®  rang  de  Siu-Teheou-Fou 
s'élève  à  40774  cheu  3  teou  4  cheng  6  ho  et  6  cho.  Dans  ce  total 
le  riz  de  première  qualité  entre  pour  18360  cheu  9  teou  8  cheng 
4  ho  et  8  cho,  et  le  riz  de  seconde  qualité  pour  22413  chen  3  teou 
6  cheng  1  ho  8  cho. 

L'impôt  foncier,   Ti-Ting  produit  un  total  de  32718  taè'ls  d'ar- 
gent 8  ts'ien  6  feun  6  li;  26633  taëls  6  ts'ien  et  7  feun  sont  en- 


154  J.    BEAUVAIS. 

voyés  au  trésor;  le  reste  soit  6085  taëls  1  ts'ien  9  feun  6  li  est 
consacré  à  l'entretien  des  bureaux  de  poste  et  au  fonctionnement 
du  service  portai.  Durant  les  années  qui  ont  un  treizième  mois 
intercalaire  l'impôt  foncier  est  augmenté  de  999  taëls  d'argent  5 
ts'ien  9  feun  1  li. 

Chaque  année  les  douanes  préfectorales,  Fou-Tch'ang  (  j^  f^  ) 
perçoivent  des  droits  de  toutes  sortes  dont  le  montant  total  est  de 
52636  taëls  d'argent  environ. 

Sur  ce  total  5446  taëls  environ  sont  employés  aux  réparations 
à  faire  dans  les  greniers  et  les  yamen,  réparations  demandées  en 
haut  liea  par  rapports  spéciaux. 

Une  autre  somme  de  3560  taëls  est  également  déduite  du  pré- 
cèdent total  pour  être  partagée  entre  le  gouverneur  de  la  province, 
le  trésorier  provincial,  le  juge  provincial  et  le  taot'ai,  à  titre  de 
Tch'a-Kouo-Yaug-Lien  (  ^  :|^  ^  ^  ),  (frais  de  thé  et  de  fruits). 

Il  reste  donc  en  réalité  une  somme  de  43630  taëls  environ, 
laquelle  se  décompose  en  deux  parties:  une  partie  principale  de 
35097  taëls  et  une  partie  complémentaire  de  8533  taëls  environ. 

Un  décret  impérial  rendu  dans  le  courant  de  la  cinquième  lune 
de  la  4®  année  de  la  période  Kia-K'ing  (^  ^)»  1799  (Empereur 
Jen-Tsong-Jouei-Hoang-Ti  (t^  ^^M*^)  qui  régna  de  1795 
à  1820)  a  abaissé  cette  partie  complémentair-e  à  3333  taëls  environ. 

Positions  stratégiques. 

La  préfecture  de  P"^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou  garde  l'embouchure 
des  deux  rivières  et  tient  les  défilés  et  les  gorges  des  montagnes 
qui  servirent  longtemps  de  refuges  aux  pirates  et  aux  rebelles,  et 
desquels  il  fallut  souvent,  autrefois,  les  expulser  par  la  force.  Cette 
préfecture  forme  la  ceinture  des  Tcheou  de  Lieou  et  de  Kouei. 
Elle  est  pour  ainsi  diro  la  colonne  vertébrale  des  deux  Kiun  de 
Vou   et   de    Yong.    Si   sou    territoire  n'est  pas  solidement  gardé,  la 


K0ÜAN0-8I.  155 

province  du  Kouaag-Si  toute  entière  est"  troublée.  Ceux  qui  s'inté- 
ressent aux  positions  (stratégiques)  ne  peuvent  pas  ne  pas  faire 
grand  cas  du  territoire  de  la  préfecture  de  1®"^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 


Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien. 
Historique. 

Dynastie  des  Han,  206  avant  J.-C.  à  220  après  J.-C.  Le  terri- 
toire actuel  de  la  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien  (^^iß) 
appartenait  au  Kiun  de  Yu-lin.  Il  forma  ensuite  le  Hien  de  Tchong- 
Lieou  (4^  ^). 

Dynastie  des  Song,  420—479.  Le  Hien  de  Tchong-Lieou  fut 
détaché  du  Kiun  de  Kouei-Lin  et  rattaché  au  Tcheou  de  Kouaug- 
Tcheou. 

Dynasties  des  Tsi,  479—502.  Le  Hien  de  Tchong-Lieou  recom- 
mença à  faire  partie  du  Kiun  de  Kouei-Lin. 

Dynasties  des  Leang,  502—557,  et  des  Tch'en,  557  —  589.  Le 
même  état  de  choses  subsista  sous  ces  deux  dynasties. 

Dynastie  des  Souei,  581—619.  Le  Hien  de  Tchong-Lieou  fut 
supprimé  et  son  territoire  incorporé  au  Hien  de  Kouei-Lin. 

Dynastie  des  T'ang,  618 — 907.  Le  territoire  actuel  formait  le 
Hien  de  Vou-Sien  {^  f|l|  ).  Durant  la  4^  année  de  la  période 
Vou-To  (;PÊ^)  le  Hien  de  Kouei-Lin  fut  disjoint,  celui  de 
Vou-Hien  constitué  et  rattaché  au  Tcheou  de  Siang-Tcheou.  Durant 
la  première  année  de  la  période  K'ien-Fong  (^^)  le  Hien  de 
Kouei-Lin  fut  diminué  et  incorporé  à  celui  de  Vou-Sien. 

Période  des  Cinq  Dynasties,  Ou-Tai,  907—960.  Le  territoire 
actuel  formait  le  Hien  de  Vou-Hien  qui  appartenait  au  Tcheou  de 
Siang-Tcheou. 

Dynasties  des  Sang,  960-1279,  et  des  Fuen,  1279-1368.  Le 
même  état  de  choses  subsista  pendant  ces  deux  périodes. 


156  J.     BEATJVAIS. 

Dynastie  des  Ming,  13Ô8  — 1644.  Le  territoire  actuel  formait  le 
Hieii  de  Vou-Sieu.  Durant  la  6^  année  de  la  période  Siuen-To 
(a  M)'  1431   (Empereur  Siuen-Tsong-Tchang-Hoang-Ti  (^  ^ 


*^)  dont  le  nom  personnel  était  Tchan-Ki  (|^  ^)  et 
qui  régna  de  1425  à  1435),  son  nom  fut  changé  en  celui  de  Vou- 
Siuen  et  il  continua  à  faire  partie  du  Tcheou  de  Siang-Tcheou. 

Dynastie  actuelle,  1644  à  nos  jours.  Le  Hieu  de  Vou-Siuen-Hien 
appartint  d'abord  à  la  Préfecture  de  1^^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 
Durant  la  3®  aunée  de  la  période  Yong-Tcheng  (^JOE),  1725 
(Empereur  Cheu-Tsong-Hien-Hoang-Ti  {j^  ^  ^  ^  *^)  qui 
régna  de  1722  à  1735).  Il  fut  rattaché  au  Tcheou  en  dépendance 
directe,  Tcheu-Li-Tcheou  (  |J  ^  j'H  )  ^®  Piu-Tcheou  (  ^  ^H  ). 
Durant  la  8®  année  de  la  même  période,  1730,  il  fut  rattaché  à 
la  Préfecture  de  1®^  rang  de  Sin-Tcheou-Pou. 

Limites  du  territoire. 

La  Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien  se  trouve  à  200  lis  au 
N.-O.  de  la  capitale  de  la  Préfecture  de  1^"^  rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 
Son  territoire  mesure  115  lis  de  l'E.  à  l'O.  et  180  lis  du  N.  au  S. 

A  90  lis  à  l'E.,  au  village  de  A-Pa-Ts'ouen  (|$fï  At^)  il 
confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-P'ing-Hien. 

A  25  lis  à  l'O.,  au  poste  de  Ho-Yao-T'ang  (^rT^^)  il 
confine  au  territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien,  dépen- 
dant de  la  Préfecture  de  1^^  rang  de  Lieou-Tcheou-Pou. 

A  90  lis  au  S.,  au  village  de  Ta-Ko-Ts'ouen  ("^  ^  >|»>J*)  il 
confine  au  territoire  de  la  Sous- Préfecture  de  Kouei-Hien. 

A  90  lis  au  N.,  au  village  de  T'ouen-Ts'ouen  (1^  ^)  il  con- 
fine au  territoire  de  la  Préfecture  de  2""^  rang  de  Siang-Tcheou, 
de  la  Préfecture  de  l^'^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

A  180  lis  au  S.-E.,  au  poste  de  Hong-Cheu-T'ang  (  *^  Ç  ^) 
il  confine  au  territoire  de  la  Sous-.Préfecture  de  Kouei-P'ing-Hien. 


KOUAN«-SI.  157 

A  40  lis  au  N.-O.,  à  Kou-Hao-li  (  "j^  j^  M.  )  il  confiue  au 
territoire  de  la  Sous- Préfecture  do  Lai-Pin-Hien,  dépendant  de  la 
Préfecture  de  l^^  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

A  80  lis  au  S.-O.,  à  Vou-Lai-Li  (  ;^  ^  M  )  il  confine  au 
territoire  de  la  Sous-Préfecture  de  Kouei-Hien. 

A  130  lis  au  N.-E.,  au  poste  de  Kin-K'i-T'ang  {^%%^) 
du  canton  de  Pei-Hiang  (  ;|{;^  ^[i)  il  confine  au  territoire  de  la 
Préfecture  de  2^  rang  de  Siang-Tcheou,  dépendant  de  la  Préfecture 
de  P"^   rang  de  Lieou-Tcheou-Fou. 

Montagnes  et  Rivières. 

La  Montagne  des  3  terrasses,  San-T'ai-Chan  (  ^  '^  jl]  ),  voi- 
sine du  fleuve,  au  S.  de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  Koua-P'aug-Chan  (;}^^  :^  [Jj  ),  voisine  du 
fleuve,  à  l'O.  de  la  Sous- Préfecture. 

La  Montagne  des  Deux  Lions,  Chouang-Cheu-Chan  (  '^  ^^  [Jj  ) 
à  un  H  à  l'E.  de  la  Sous-Préfecture.  Au  milieu  de  cette  montagne 
se  trouve  une  caverne  profonde  à  l'entrée  de  laquelle  est  suspendue 
une  cloche  que  l'on  fait  résonner  en  la  frappant:  d'où  le  nom  de 
caverne  de  la  cloche,  Tchong-Yen  (  ^  ^  ). 

La  Montagne  du  Jade  brut,  P'o-Yu-Chan  (^3S  li|)  à  I.E. 
de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  Ngen-Tchao-Chan  (  ,§l  }|^  llj  )  au  S.  de  la 
Sous-Préfecture.    Elle   poste   également   le    nom   de  Siang-Seu-Chan 

La  Montagne  du  Tambour  de  bronze,  T'oug-Kou-Chan  (  ^rJ  gj^ 
|JL|  )  à  dix  lis  dans  l'O.  de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  Kao-Li-Chan  (  ^  JJL  iJj  )  *  ^^'^  li^  ^^^^  1® 
N.  de  la  Sous-Préfecture. 

La  Montagne  de  K'ong-Hia-Chan  (  :t^  ll^  |i(  )  à  dix  lis  de 
l'ancien  Tcheou  de  Vou-Tsiug  (  5()  ij||  )• 


158  1.     BEA  UV  AIS. 

La  Montagne  des  génies,  Sien-Jen-Chan  (  '([[j  ^  jjj  )  à  dix  lis 
dans  rO.  de  la  Sous- Préfecture.  Elle  fut  habitée  à  l'époque  des 
T'ang  (0),  618-907,  par  l'Ermite  Kia  (^). 

La  Montagne  du  Grand  Bonheur,  Ta-Lou-Chan  (-^  j^  lij  )  3. 
15  lis  au  N.-O.  de  la  Sous- Préfecture.  Il  en  sort  une  petite  rivière 
qui  va  se  jeter  à  l'E.  dans  le  T'an-Kiang. 

La  Montagne  de  la  Caverne  des  Esprits,  Sien-Yen-Chan  (  '([Ij 
^  (Jj  )  à  40  lis  au  S.  de  la  Sous-Préfecture.  Dans  cette  caverne, 
on  peut  loger  à  l'aise  plusieurs  centaines  d'hommes. 

La  Montagne  de  Lo-Ma-Chan  (  ||/  ,||  (If  )  à  50  lis  au  S.-E. 
de  la  Sous- Préfecture,  sur  le  bord  du  fleuve. 

La  Gorge  des  grandes  lianes,  Ta-T'eng-Hia  (  -^  ^  lij^  )  à  30 
lis  au  S.  de  la  Sous-Préfecture,  sur  la  frontière  de  la  Sous-Préfecture 
de  Kouei-P'iug-Hien. 

La  Montagne  de  la  chèvre  de  pierre,  Cheu-Yang-Chan  (  ^  3^ 
P4  )  à  60  lis  à  rO.  de  la  Sous-Préfecture.  Sur  la  muraille  formée 
par  cette  montagne  se  lisent  six  lignes  d'écriture  cursive. 

La  Montagne  du  Dragon  d'or,  Kin-Long-Chan  (  ^  ^  jjj  )  h 
70  lis  à  l'E.  de  la  Sous-Préfecture.  En  haut  de  cette  montagne  se 
trouve  un  ancien  temple.  Une  caverne  est  creusée  dans  sa  base.  Il 
en   sort  une  rivière  qui  se  jette   dans   celle  de  Tong-Hiang   (  ^ 

La  Montagne  du  Double  chignon,  Chouang-K'i-Chan  ('^  ^  JJJ  ) 
à  gauche  de  la  Montagne  de  Kin-Long-Chan.  Au  pied  de  cette 
montagne  se  trouve  une  caverne  dans  laquelle,  à  l'époque  des  Song 
(960-1279)  les  lettrés  Sie  Hong  {^  »^)  et  Sie  Yi  (||^  >/^)  se 
livrèrent  à  l'étude. 

La  Montagne  de  Lo-Lou-Chan  (^V^  |Jj  )  à  150  lis  au  S.-E. 
de  la  Sous-Préfecture.  Elle  renferme  3  cavernes,  l'une  au  milieu, 
la  2®  au  sommet,  la  3^  à  la  base.  C'étaient  autrefois  des  repaires 
pour   les   bandits   Yao.    Sous   la    Dynastie  des  Ming,  durant  la  17° 


année  de  la  période  Tcheng-To  (1522),  ces  rebelles  furent  forcés 
dans  leurs  repaires  par  les  troupes  envoyées  contre  eux  par  le 
Vice-Roi  Ts'ai  King  (^|f  ). 

La  rivière  aux  Eaux  profondes,  T'an-Kiang  {)^  tD-  ^®  n'est 
autre  chose  que  la  rivière  Sin-Kiang  (j^  JÖC)-  Elle  passe  à  l'O. 
et  au  S.-E.  de  la  Sous- Préfecture  et  coule  vers  la  Sous-Préfecture 
de  Kouei-P'iug-Hien. 

La  rivière  Kou-Hao-Kiang  ("^  ^  2X)  au  S.-E.  de  la  Sous- 
Préfecture.  Elle  prend  sa  source  à  20  lis  à  l'O.  de  la  Sous-Préfecture 
à  Kou-Hao-Li.  Elle  coule  au  S.-E.  et  se  jette  dans  le  T'an-Kiang. 

Il  existe  encore  une  autre  rivière,  celle  de  Vou-Lai-Chouei  (  ]^ 
^  ^  ).  Elle  prend  sa  source  à  60  lis  au  S.-O.  de  la  Sous- Préfecture, 
à  Vou-Lai-Li  (;^  ^  M)î  ^^^^  coule  à  l'E.  et  se  réunit  an  T*an- 
Kiang? 

Le  fleuve  de  Boue,  Tou-Ni-Kiang  (  ^  J^  tD  ^  cinquante  lis 
au  N.-O.  de  la  Sous-Préfecture.  Il  vient  du  territoire  de  la  Sons- 
Préfecture  de  Lai-Pin-Hien  et  se  réunit  au  T'an-Kiang. 

La  nouvelle  rivière,  Sin-Kiang  (^  ^)»  au  N.-E.  de  la  Sous- 
Préfecture,  Elle  prend  sa  source  à  Pei-Hiang  (  :^[^  ^);  elle  coule 
au  S.  80  lis  et  se  réunit  au  T'an-Kiang.  A  l'E.  se  trouve  la  rivière 
Yiu-Kiang  (  (^  yX  )  ^^^  prend  sa  source  au  village  de  Ta-Lieou- 
Ts'ouen  {-j^jjlt^)  dans  le  district  de  Tong-Hiang  {^  ^). 
Elle  coule  au  S.  sur  un  longueur  d'une  centaine  de  lis  et  se  jette 
dans  le  T'an-Kiang  à  Yin-Kiang-K'eou  (  |^  ;^  P  ).  Encore  à  l'E. 
se  trouve  la  rivière  de  Toug-Hiang-Kiang  (^^^)-  Elle  sort 
des  territoires  Yao  du  district  de  Toug-Hiang-Li  (^  ^  ^).  Elle 
coule  au  S.-O.  pendant  120  lis  et  se  réunit  au  T'an-Kiang  à  Tong- 
Hiaug-Kiang-K'eou  {^MU  P  )• 

La  rivière  Ma-Lai-Kiang  (  j^  ^  "/J^  )  à  l'E.  de  la  So  us- Préfecture. 
Elle    prend    sa    source    sur    le    territoire  de   la   Sous- Préfecture   de 


160  3.    BKAUVAlS. 

Kouei-Hien,  à  la  Caverne  du  Dragon,  Long-Yen  (^f^),  coule 
au  N.-E.  et  se  réunit  au  T'an-Kiang. 

La  rivière  Lieou-Chouei  ( y|^  ■^)  sur  le  territoire  de  la  Sous- 
Préfecture. 

La  rivière  Tai-Lou-Chouei  (  '^  V^  ^  )•  Elle  prend  sa  source  à 
Tsang-Ko  (  ^^  ;fPj  ).  Arrivée  à  Hia-Tchong  (  ll^  4*  )  (le  milieu  de 
la  Gorge)  elle  se  divise  et  passe  devant  le  siège  de  l'ancion  Tcheou 
de  Vou-Tsing,  et  après  un  cours  de  60  lis,  elle  se  réunit  à  la 
grande  rivière,  Ta-Kiang  {-^  01)- 

Le  ruisseau  des  grands  Rotins,  Ta-T'eug-K'i  (-^  ^  j^)  au  S. 
de  la  Sous-Préfecture.  Il  passe  devant  le  relai  de  poste  de  Yen- 
Pin-Yi(^^^). 

La  rivière  de  Kouei-Ts'ouen-Chouei  ( ;^  ;|^  '^)  &  2  lis  au  N. 
de  la  Sous-Préfecture.  Elle  se  réunit  à  l'O.  au  T'an-Kiang. 

Le  lac  Liug-Hou  (  ^  yj^  ),  à  l'E.  de  la  Sous-Préfecture,  au 
village  de  Ling-A-ts'ouen  (  ^  ^  ;|»>j*  ).  Il  se  déverse  dans  la  grande 
rivière.  Son  eau  ne  cesse  d'être  excessivement  abondante. 

Murailles  et  Fossés. 

L'ancienne  ville  capitale  de  la  Sous-Préfecture  se  trouvait  autre- 
fois à  l'E.  de  la  ville  actuelle,  entre  les  deux  rivières  de  Ngan- 
Hia-Kiang  {j^^jl.)  et  de  Yin-Kiang  ((^^I)-  ^^^^  ^^^^^ 
continuellement  dévastée  par  les  brigands  Yao.  Sous  la  dynastie 
des  Ming,  1368  —  1644,  durant  la  4®  année  de  la  période  Siueu-To 
(fi  M)'  1^-^  (Empereur  Siuen-Song-Tchang-Hoang-Ti  (^  ^ 
•^  M.  *^  )  ^^"^  ^®  ^^^  personnel  était  Tchan-Ki  (  |j^  ^  )  et 
qui  régna  de  1425  à  1435),  Chan-Yun  (  [Jj  ^),  comte  de  P'ing- 
Kiang  (^  /X)  présenta  un  rapport  au  trône  pour  demander  à 
changer  la  ville  de  place.  Durant  la  6^  année  de  la  même  période, 
1431,  la  cité  fut  transportée  à  sa  place  actuelle  et  entourée  d'une 
levée  de  terre.  Durant  les  années  de  la  période  Tch'eug-Hoa  {J^  >^  ), 


KOUANO-SI.  IUI 

1465-1487  (Empereur  Hien-Tsoog-Tch'oueu-Hoang-Ti  (^  ^  ,^"6 
■^  "ï^  )  dont  le  nom  personnel  était  Kien-Chen  (  ^  *^  )  et  qui 
régna,  de  1464  à  1487),  la  muraille  fut  rebâtie  en  briques.  Elle 
était  haute  de  18  pieds,  épaisse  de  10  et  formait  un  circuit  de  1930 
pieds  de  longueur.  Elle  était  percée  de  4  portes,  E.,  0.,  S.,  N.  Les 
fossés  étaient  profonds  de  20  pieds  et  larges  de  15.  Sous  la  dy- 
nastie actuelle  et  pendant  la  31^  année  de  la  période  K'ieu-Long, 
1766,  l'enceinte  fut  réparée  à  nouveau.  Elle  mesure  actuellement 
2  lis  9  feun  de  tour. 

Mandarins. 

Un  sous-préfet,  Tcheu-Hien. 

Les  appointements  dits  Ngo-Foug  sont  de  45  taëls  d'argent.  Il 
touche  en  outre:  1°  à  titre  de  Pien-Pong,  45  taëls  d'argent,  et  2° 
à  titre  de  Yang-Lien,  1236  taëls  d'argent  1  ts'ien.  Il  a  droit  à  un 
personnel  de  49  portiers,  sbires,  etc.,  pour  l'entretien  desquels  il 
touche  94  cheu  de  riz  par  au.  Durant  les  années  qui  renferment 
un  treizième  mois  intercalaire,  il  lui  est  alloué  un  supplément  de 
24  taëls  d'argent.  Il  a  droit  également  à  30  hommes  des  milices 
régionales,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  chaque  année 
36  taëls  d'argent  et  180  cheu  de  riz.  Un  supplément  de  15  taëls 
d'argent  lui  est  alloué  pour  les  années  de  13  mois. 

Un  assistant  de  2^  classe  de  sous-préfet,  Siun-Kien,  pour  la  cir- 
conscription de  Lang-Tchen,  Lang-Tchen-Siuu-Kien  (j^jj  ^  ^  ^)- 

Les  appointements  sont  de  31  taëls  d'argent  5  t,8'ien  2  feun.  Il 
touche  à  titre  de  Yang-Lien  80  taëls  d'argent.  Il  a  droit  à  2  sbires 
pour  l'entretien  annuel  desquels  il  touche  12  taëls  d'argent,  et  à 
20  archers,  pour  l'entretien  desquels  il  touche  67  taëls  7  ts'ien  2  feun 
6  li  par  an. 

Un  maître  de  police  et  gardien  de  prisons  de  Sous-Préfecture, 
Tieu-Cheu. 

is 


162  î.    BEAUVAIS. 

Ses  appointements  et  son  Yang-Lieu  sont  identiques  à  ceux  du 
précédent  Siun-Kien.  Il  a  droit  à  un  personnel  de  6  individus,  pour 
l'entretien  annuel  desquels  il  touche  36  taëls  d'argent. 

Un  directeur  d'Etudes  de  Sous-Préfecture,  Kiao-Yu. 

Un  sous-directeur  d'Etudes,  Hiuu-Tao. 

Les  appointements  de  chacun  de  ces  deux  fonctionnaires  sont 
de  40  taëls  d'argent.  Il  sont  droit  chacun  à  un  personnel  de  2  por- 
tiers, pour  l'entretien  annuel  desquels  ils  touchent  chacun  une  somme 
de  12  taëls  par  an,  et  à  un  personnel  total  de  10  pourvoyeurs  pour 
les  jeûnes,  pour  l'entretien  annuel  desquels  il  est  alloué  une  somme 
de  30  taëls  d'argent. 

Écoles. 

Nombre  des  bacheliers  littéraires;  8.  —  Nombre  des  bacheliers 
militaires;  8. 

Bacheliers  subventionnés,  Lin-Cheng. 

Leur  nombre  est  fixé  à  14.  —  Ils  touchent  par  an,  au  total, 
56  cheu  de  riz.  Cette  quantité  est  augmentée,  pendant  les  années 
de  13  mois,  de  4  cheu  6  teou  6  cheng  6  ho. 

Un  bachelier  du  grade  de  Kong-Cheng  est  nommé  tous  les  deux  ans. 

La  superficie  des  terres  appartenant  aux  écoles  est  de  61  meou 
1  feun  4  li  de  bonnes  terres,  qui  rapportent  un  loyer  de  6  taëls 
d'argent  4  ts'ien. 

La  Sous-Préfecture  possède  un  collège,  dénommé  «Collège  de 
Tch'eng-Nan,  Tch'eng-Nan-Chou-Yuen  (  Jffi  ^  H  ^  )• 

Rendement  des  Impôts. 

L'impôt  sur  le  riz  donne  un  total  de  2069  cheu  3  teou  6  cheng 
6  ho  9  cho;  dans  ce  total,  le  riz  de  qualité  supérieure  entre  pour 
1783  cheu  1  cheng  4  ho  6  cho  et  le  riz  de  2^  qualité  pour  286 
cheu  3  teou  5  cheng  2  ho  et  3  cho. 


fCOUANG-ST.  163 

Le  produit  total  de  l'impôt  foncier,  Ti-Ting,  se  monte  à  2059 
taëls  d'argent  2  ts'ien  6  feun  7  li;  sur  ce  total,  1645  taëls  d'argent 
8  ts'ien  5  feun  7  li  seulement  sont  envoyés  au  trésor;  le  reste,  soit 
413  taëls  4  ts'ien  1  feun  est  affecté  à  l'eutretien  des  bureaux  de 
poste  et  au  fonctionnement  du  service  postal. 

Durant  les  années  qui  renferment  un  13^  mois  intercalaire, 
l'impôt  foncier  subit  une  augmentation  de  155  taëls  1  ts'ien  6  feun. 

Il  existe  deux  monts  de  piété  qui  paient  une  redevance  annuelle 
totale  de  10  taëls  d'argent. 

La  provision  de  riz  des  greniers  est  de  15000  cheu. 

Positions  stratégiques. 

1°  Le    poste    de   Hou-Min-Pao   (^ß^)    à   2   lis   au    S.    de   la 
Sous-Préfecture. 

2°  Le  poste  de  Lo-Ma-Pao  (  ^  jB|  ^  )  à  40  lis  au  S.  de  la  Sous- 
Préfecture,  avec  une  garnison  de  13  hommes. 

3"  Le  poste  de  Toug-Hiang-Pao  (M  M  M)  ^  80  lis  au  S.  de  la 
Sous-Préfecture. 

4°  Le  poste  de  Koan-K'iao-Pao  (  ^  ^^  j^  )  à  45  lis  au  N.  de  la 
Sous-Préfecture.  Pour  ce  poste  ainsi  que  pour  celui  de  Long- 
Houa-Pao  (]^  ^  ^)  situé  à  40  lis  à  l'O.  de  la  Sous-Pré- 
fecture, on  avait  autrefois  créé  un  chef  de  poste,  Pao-Mou  (  ^ 
^  )  et  institué  une  garnison  de  10  soldats  aborigènes.  Tout 
cela  est  maintenant  supprimé. 

5°  Le  bourg  de  Lang-Tchen  (^  ^)  à  90  lis  à  l'O.  de  la  Sous- 
Préfecture.  C'est  le  siège  actuel  d'uue  circonscription,  ou  Siun-Seu. 

6°  Le  bourg  de  Ngan-Yong-Tchen  (^  ^  Ä)  à  60  lis  au  N.  de 
la  Sous-Préfecture.  C'était  anciennement  le  siège  d'un  Siun-Seu 
qui  fut  supprimé  durant  la  11®  année  de  la  période  Youg-Tcheng 
(^  ÏE).  1733  (Empereur  Cheu-Tsong-Hien-Hoang-Ti  (jH:  ^ 
^  M  ^)  <l«i  régna  de  1722  à  1735). 


164  J.    B  SAUVAIS. 

7°  Le  poste  de  Ta-Tchang-Siuu  (  ;^  ;|§  '^  )  au  S.-O.  de  la  Sous- 
Préfecture.  Il  possède  une  garnisou  de  19  soldats. 

8°  Le  poste  de  Seu-Ts'ouen-Siun  (  ^  ^  ^  )  au  S.  de  la  Sous- 
Préfecture  avec  une  garnison  de  8  hommes. 

9°  Yao-Lan-Tchai  (^^^)  qui  possède  une  garnison  de  16 
hommes. 

10°  Les  4  camps,  Seu-Ying  (  pïj  '^),  dans  le  canton  de  Kou-Hao 
("^  ^).  Ce  sont  les  4  villages  de  Seu-P'ou  (^S^'^^)'  '^^^" 
Ts'ouen  {jl^  ^),  Ho-Long  ('(i^  fl)  et  Tcheu-Tcha  (|^§|J); 
ces'  4  camps  furent  établis  après  l'apaisement  des  habitants  des 
villages  du  canton  de  Kou-Hao. 

N.B.  La  présente  traduction  a  été  imprimée  en  l'absence  du  tra- 
ducteur et  d'après  une  copie  faite  très  rapidement;  il  n'a  pas  été 
possible  d'apporter  les  modifications  qui  semblaient  parfois  indiquées, 
ainsi  que  le  traducteur  l'aurait  fait  lui-même,  on  que  le  correcteur 
l'aurait  pu  faire  sur  quelques  points,  s'il  avait  possédé  le  texte 
original.  On  prie  donc  le  lecteur  d'être  indulgent  pour  les  erreurs 
qui  peuvent  être  restées  inaperçues.  Il  a  semblé  d'ailleurs  que  ces 
notes  géographiques  étaient  dignes  d'être  imprimées,  en  raison  de 
l'intérêt  présenté  par  la  région  peu  connue  qui  y  est  décrite. 


K0UANG-8I.  160 


Table  des  matières. 


Préfecture  de  l"  rang  de  Lieou-Tcheou-Fou.  Pag» 

Historique 12 

Dépendances 14 

Limites  du  territoire 14 

Murailles  et  Fossés 15 

Mandarins 16 

Ecoles 18 

Distribution  des  troupes 19 

Soldats  aborigènes 27 

Milices  régionales 28 

Produit  des  Impôts 28 

Positions  stratégiques 28 

Sous-Préfecture  de  Ma-P'ing-Hien. 

Historique 59 

Limites  du  territoire 61) 

Montagnes  et  rivières 61 

Mandarins 66 

Ecoles 67 

Rendement  des  Impôts 68 

Positions  stratégiques " 68 

Sous-Préfecture  de  Lo-Yong-Hien. 

Historique 70 

Limites  du  territoire 71 

Montagnes  et  rivières 71 

Mandarins 73 

Ecoles 74 

Impôts 75 

Positions  stratégiques 75 

Murailles  et  Fossés 76 

Sous- Préfecture  de  Lieou-Tch'eng-Hien. 

Historique 77 

Limites  du  territoire 78 

Montagnes  et  rivières , 79 

Murailles  et  Fossés 81 

Mandarins 81 

Ecoles 83 

Rendement  des  Impôts 83 

Positions  stratégiques 84 

Préfecture  de  2*"*  rang  de  Siang-Tcheou. 

Historique 85 

Limites  du  territoire 88 


166  J,    BEAUVAIS. 

Pages 

Montagnes  et  rivières 89 

Murailles  et  fossés 93 

Mandarins 93 

Ecoles 94 

Rendement  des  Impôts 95 

Positions  stratégiques 95 

Sous-Préfecture  de  Lai-Pin-Hien. 

Historique 96 

Limites  du  territoire , 97 

Montagnes  et  rivières 98 

Murailles  et  fossés 101 

Mandarins 102 

Ecoles 103 

Rendement  des  Impôts 104 

Positions  stratégiques 104 

Préfecture  de  1"  rang  de  Sin-Tcheou-Fou. 

Historique 145 

Dépendances 146 

Limites  du  territoire 147 

Murailles  et  fossés .  148 

Mandarins    .    .     .     . 149 

Ecoles 150 

Distribution  des  troupes 150 

Soldats  aborigènes 152 

Milices  régionales 153 

Rendement  des  Impôts 153 

Positions  stratégiques 154 

Sous-Préfecture  de  Vou-Siuen-Hien. 

Historique 155 

Limites  du  territoire 156 

Montagnes  et  rivières 157 

Murailles  et  fossés 160 

Mandarins    .     , 161 

Ecoles 162 

Rendement  des  Impôts 162 

Positions  stratégiques 163 


MÉLANGES. 


»  ♦  » 


PEINTURE  AU  JAPON. 

Nous  extrayons  du  Catalogue  de  Peintures  et  d'Estampes  japo- 
naises de  la  Collection  Edmond  Taiguy,  publié  (février  1893)  par 
M.  Ernest  Leroux,  Paris,  le  très  intéressant  résumé  suivant: 

L'histoire  de  la  peinture  au  Japon  peut  se  diviser  en  cinq  grandes 
écoles  : 

L'Ecole  Bouddhique, 

L'École  de  Tosa, 

L'Ecole  Chinoise, 

L'Ecole  de  Kano, 

L'Ecole  populaire  Oukiyo  yé. 

Ecole  Bouddhique. 

L'Ecole  Bouddhique  est  celle  dont  les  œuvres  sont  les  plus  an- 
ciennes, Elle  fit  son  apparition  au  Japon  avec  les  missionnaires 
qui,  au  VP  siècle  de  notre  ère,  vinrent  y  prêcher  la  religion  du 
Buddha.  Eclos  dans  l'Inde,  cet  art  avait  passé  en  Chine,  d'où  il 
se  répandit  sur  le  Japon  et  la  Malaisie.  Les  moines,  qui  l'étudiaient 
et  l'enseignaient  dans  les  Bonzeries,  le  propagèrent  sans  le  modifier, 
saus  altérer  le  caractère  original  qu'il  avait  emporté  de  son  berceau. 
Immuable,  emprisonné  dans  des  formules  hiératiques,  comme  tous 
les   arts   religieux   de   l'Orient,   l'art  bouddhique  ne  cessa  de  repro- 


168  MÉLANGES. 

duire  les  mêmes  types  couventionnels,  les  mêmes  personnages  sacrés, 
les  mêmes  légendes  et  traditions  religieuses. 

Le  Bouddhisme,  propagé  par  les  Coréens  au  VI®  siècle,  reconnu 
en  624  comme  religion  d'État,  apportait  au  Japon  les  principes, 
les  procédés  et  les  modèles  d'une  esthétique  nouvelle;  il  engendra 
bientôt  des  œuvres  importantes.  La  célèbre  statue  colossale  du 
Buddha  de  Nara  est  fondue  en  749.  Un  peu  plus  tard,  en  808, 
l'empereur  Hei  jô  crée  l'Académie  impériale  de  peinture  à  la  tête 
de  laquelle  nous  trouvons,  au  IX®  siècle,  Kosé  Kanaoka,  dont  plu- 
sieurs œuvres  subsistent  encore  aujourd'hui  et  dont  un  kakémono 
fameux,  représentant  Dzi-jô,  le  dieu  de  la  Bienfaisance,  fut  exposé 
à  Paris.  Kanaoka  et  ses  élèves  furent  les  plus  brillants  représen- 
tants de  l'art  bouddhique  au  Japon.  Ils  lui  imprimèrent  même  une 
certaine  personnalité  qu'on  ne  retrouve  guère  dans  les  œuvres  qu'il 
a  inspirées  ailleurs.  Après  cet  épanouissement,  l'Ecole  Bouddhique 
va  se  perdre  et  s'étioler,  se  bornant  à  copier  et  à  reproduire  les 
modèles  anciens,  comme  l'art  byzantin,  dans  ces  monastères  de  la 
Russie,  où  l'on  continue  à  peindre  des  icônes  suivant  la  tradition 
antique.  L'École  vit  toujours,  les  œuvres  ne  comptent  plus. 

Ecole  de  Tosa. 

Antérieurement  au  Bouddhisme,  le  Japon  possédait  un  art  national, 
dont  l'histoire  est  restée,  jusqu'à  nos  jours,  complètement  ignorée. 
A  peine  peut-on  citer  quelques  noms,  tel  que  celui  d'Inshiraga 
donné  par  les  historiens  comme  le  meilleur  peintre  au  V®  siècle; 
aucune  œuvre  de  cette  époque  ne  subsiste.  C'est  au  XP  siècle 
qu'un  membre  de  Fillustre  famille  des  Foudjiwara,  Motomitsou, 
créa  l'école  qui  porta  le  nom  d'Ecole  de  Yamato.  Cette  puissante 
famille  ne  cessa  de  protéger  les  arts  et  beaucoup  de  ses  membres 
furent   eux-mêmes   des   artistes  renommés  ').    Au   XIII®  siècle,  l'un 


1)  Cf.  Metchnikoff,  L'empire  japonais. 


MÉLANGES.  169 

d'eux,  Tsounétaka,  peintre  fameux,  qui  était,  en  même  temps,  sous- 
gouverueur  de  la  province  de  Tosa,  jouit  d'une  si  grande  réputation, 
que  le  nom  de  Tosa  fut  substitué  à  celui  de  Yamato. 

L'École  de  Tosa  est  la  véritable  école  nationale  du  Japon. 
Etrangère  à  l'influence  chinoise  et  ne  s'iuspirant  que  des  traditions 
des  vieux  maîtres,  elle  se  développa  dans  un  milieu  tout  spécial, 
exclusivement  japonais.  Son  style  se  distingue  par  un  soin  extrême 
dans  l'exécution,  par  une  grande  finesse  de  formes,  et  une  recherche 
excessive  dans  les  détails.  Son  coloris  est  clair  et  brillant,  avec  des 
figures  modelées  dans  une  gouache  épaisse,  des  noirs  laqués,  des 
ornements  dorés.  L'or  est  souvent  semé  à  profusion  sur  les  marges, 
sur  les  fonds,  sur  les  gros  nuages  qui  viennent  s'allonger  dans  le 
haut  et  dans  le  bas  de  la  composition.  Les  peintre  de  Tosa,  comme 
d'ailleurs  les  primitifs  de  toutes  les  écoles,  aussi  bien  en  Chine 
qu'eu  Italie  ou  en  Allemagne,  représentent  simultanément  plusieurs 
phases  d'une  action.  Certaines  de  leurs  œuvres  ont  pu  être  compa- 
rées assez  exactement  à  des  miniatures  indo-persanes;  d'autres, 
exécutées  sur  uu  fond  bistre,  rappellent  les  vieilles  détrempes  by- 
zantines. Mais,  lorsqu'on  les  regarde  de  près,  on  reconnaît  en  elles 
un  cachet  bien  particulier  qui  les  distingue  entre  toutes. 

L'Ecole  de  Tosa,  encouragée  par  les  daïmiyos,  fut,  en  quelque 
sorte,  l'école  officielle  de  la  cour  de  Kioto.  Les  membres  des  plus 
hautes  familles,  les  Kuge  '),  grands  seigneurs  et  artistes,  ne 
dédaignaient  pas,  à  l'exemple  des  Foudjiwara,  de  suivre  ses  leçons. 
On  comprend  aisément  que  ces  peintres  de  la  vie  aristocratique 
méprisaient  les  sujets  vulgaires.  Ils  aimaient  surtout  à  reproduire 
les  scènes  historiques  et  légendaires,  les  fêtes  et  les  danses  de  la 
Cour,  les  poètes  fameux,  les  daïmiyos  et  les  nobles  dames  dans 
leurs  somptueux  costumes;  ils  trouvaient  aussi  plaisir  à  illustrer  les 


I 


1)  Cf.  Appert,  Ancieti  Japon. 


170 


MELANGES. 


romans  fameux,  le  Yamato,  l'Isé,  le  Genzi-Monogatari.  Ce  sont  là 
les  sujets  que  l'on  retrouve  le  plus  fréquemment  dans  ces  longs 
rouleaux,  appelés  makimonos,  où  le  texte,  en  hira-kana,  alterne  avec 
les  peintures,  et,  dans  ces  livres  de  présent  que  les  personnages  de 
la  Cour  avaient  l'habitude  de  s'offrir  à  l'occasion  d'un  mariage  ou 
d'un  anniversaire  '). 

L'École  de  Tosa  compte  plusieurs  branches  secondaires:  la 
branche  de  Kassouga,  qui  tire  son  nom  du  temple  de  Kassouga, 
près  de  Nara,  dont  la  décoration  picturale  date  du  XP  siècle;  la 
branche  de  Taköuma^  du  nom  de  son  fondateur,  Takouma  Tamenji 
(vers  1038);  la  branche  de  Soumiyoshi,  fondée  par  Keion  (vers  1200). 

L'École  fut  florissante  jusqu'au  XV^  siècle;  jusque-là,  elle  eut, 
en  quelque  sorte,  le  monopole  de  l'art;  mais,  à  cette  époque,  le  goût 
chinois  l'emporta  et  pour  Tosa  la  décadence  commença. 

Ecole  Chinoise. 

L'influence  de  la  Chine  sur  le  développement  des  arts  au  Japon 
s'était  fait  sentir  de  bonne  heure.  Des  peintres  y  étaient  venus  en- 
seigner leur  technique  et  leurs  procédés.  La  civilisation  chinoise, 
alors  dans  tout  son  épanouissement,  émerveilla  les  Japonais  et 
l'École  Chinoise  prospéra  à  ce  point  que,  dès  le  XV^  siècle,  l'école 
nationale  de  Tosa  était,  comme  nous  l'avons  dit,  dédaignée  et  mé- 
connue. 

Les  Chinois  apportaient  à  leurs  voisins  un  art  bien  caractérisé. 
C'est  un  dessin  graphique,  enseigné  non  sur  la  nature,  mais  d'après 
certaines  méthodes  et  certaines  formules  qui  s'apprennent  dans  des 
livres.  S'en  tenant  à  ces  règles  conventionnelles,  les  artistes  pei- 
gnent sans  se  soucier  des  caractères  distinctifs  de  la  figure  humaine; 
ils  traitent  leurs  personnages  sans  s'occuper  ni  de  l'anatomie  ni  des 


1)  Voir,   dans   le   catalogue    Burty,    la   belle    suite    de    peintures  de  Tosa  décrites  aux 
pages  3  à  10. 


MÉLANGES.  171 

raccourcis,  ils  réservent  toute  leur  habileté  pour  la  représentation 
scrupuleuse  des  détails  des  vêtements,  de  la  coiffure  et  des  ornements. 
Leurs  connaissances  eu  perspective  se  bornent  à  la  perspective 
linéaire.  Ont-ils  à  indiquer  plusieurs  plans,  ils  les  superposent  jus- 
que dans  le  haut  de  la  composition.  Coloristes  habiles,  ils  dédaignent 
d'éclairer  et  de  modeler  leurs  figures;  mais,  en  revanche,  ils  savent 
rendre  les  plus  délicats  effets  du  clair-obscur  dans  leurs  paysages. 
En  ce  genre,  ce  sont  des  maîtres  de  premier  ordre;  ils  excellent 
également  à  peindre  les  animaux  et  les  fleurs.  Leurs  défauts  et 
leurs  qualités  influeront  longtemps  sur  les  écoles  japonaises. 

Les  premiers  peintres  qui  popularisèrent  le  style  chinois  furent 
Meitshio  (1351  —  1427),  qui  avait  d'abord  appris  son  art  à  l'école  de 
Tosa;  son  élève  Jo  setsou  (fin  du  XV^  siècle)  qui  mêla  d'une  manière 
habile  et  délicate  les  traditions  de  sa  patrie  avec  celles  qu'il  étudia 
au  Japon;  enfin  Shouboun  qui,  dans  le  milieu  du  XV^  siècle,  fonda 
une  école  spéciale  qui  porte  son  nom.  Mais  le  plus  grand  artiste  de 
l'Ecole  Chinoise  au  Japon  fut  Sesshiou  (1420  —  1507),  qui  vint,  en 
1469,  se  fixer  au  temple  d'CJnkoju-ji,  où  il  fut  le  chef  d'une  école 
qui  compta  bientôt  des  élèves  illustres  et  qui  prépara  l'éclosion  de 
l'école  de  Kano. 

Ecole  (le  Kano. 

Celle-ci  fut  fondée  au  milieu  du  XV®  siècle  par  Eano  Massanobou 
(1453  —  1490),  qui  avait  été  l'un  des  élèves  de  Sesshiou.  Ce  fut  la 
grande  rivale  de  Tosa.  Les  Shogouns  jaloux,  eux  aussi,  d'encourager 
les  arts,  l'adoptèrent,  en  quelque  sorte,  pour  leur  peinture  officielle, 
comme  les  daïmiyos  avaient  adopté  l'école  de  Tosa.  C'était  l'époque 
où  les  relations  étaient  le  plus  intimes  entre  les  Shogouns  Ashikaga 
et  la  Chine,  le  moment  où,  dans  ce  dernier  pays,  la  dynastie  des 
Ming  portait  les  arts  à  leur  plus  haut  degré  de  splendeur.  La  jeune 
école  s'enthousiasma  pour  le  dessin  cursif  des  Chinois,  pour  le  coup 


172  MÉLANGES. 

de  pinceau,  pour  le  trait  jeté  à  main  levée.  Aux  gouaches  de  Tosa 
elle  préféra  cette  opposition  du  blanc  et  du  noir  devant  laquelle 
allait  bientôt  pâlir  le  prestige  de  l'enluminure.  Peu  à  peu,  l'Ecole 
de  Kano  s'affranchit  de  l'influence  chinoise,  et  bientôt,  grâce  à 
Tan  you  (1601-1675),  à  Naonobou  (1607-1651)  et  à  leur  école, 
elle  créa  un  art  aussi  national,  aussi  personnel  que  celui  de  Tosa, 
plus  vivant  aussi,  sans  toutefois  abandonner  son  style  académique 
et  sans  aller  jusqu'à  admettre  le  naturalisme  indépendant  de  l'école 
vulgaire. 

Ecoles  de  Korin,  de  Shijo  et  de  Toba. 

Ce  sont  trois  écoles  spéciales  à  peu  près  indépendantes  des  grandes 
écoles  japonaises. 

Korin  (1660—1716)  est  le  créateur  d'un  atelier  que  les  historiens 
japonais  rattachent,  les  uns  à  l'école  de  Yamato,  les  autres  à  celle 
de  Kano;  mais,  en  réalité,  c'est  un  artiste  dont  le  style  tout  parti- 
culier ne  ressemble  à  aucun  autre.  Korin,  dit  M.  Gonse,  est  peut- 
être  le  plus  original  et  le  plus  personnel  des  peintres  japonais.  Son 
dessin  est  toujours  étrange  et  imprévu,  expressif  et  vigoureux;  il 
désoriente  au  premier  abord  un  œil  peu  exercé.  Sou  coloris  est 
harmonieux  et  hardi;  ses  personnages  et  ses  animaux,  enlevés  en 
quelques  coups  de  pinceau,  dénotent  une  science  merveilleuse  de  la 
forme.  Korin  et  ses  élèves,  Kenzan  (1663  — 1744),  Hoitsou  (1761  — 
1828),  etc.,  furent  les  grands  fournisseurs  de  modèles  pour  les 
laqueurs  et  les  ciseleurs.  Nous  citerons  encore  dans  cette  école, 
To-nan  (commencement  du  XIX^  siècle),  le  peintre  humoristique 
des  tortues. 

Okio  (Marou-Yama)  (1733-1795)  fonda  une  école  qui'emprunta 
son  nom  de  Shijo  au  quartier  de  Kioto  où  était  son  atelier.  C'est 
le  premier  peintre  japonais  qui  étudia  sur  le  vif.  Novateur  hardi,  il 
substitua   au   style  conventionnel  en  usage  avant  lui  l'étude  directe 


HELANQEB.  178 

de  la  nature.  Il  traça  ainsi  la  voie  à  l'Ecole  Oukiyo-yé.  —  Gekkei, 
plus  connu  sous  le  nom  de  Goshin  et  de  Tenzan,  contribua  aussi  à 
la  création  de  cette  école.  C'est  un  peintre  au  dessin  net,  élégant 
et  d'une  rare  distinction.  Les  brodeurs  de  Kioto,  dit  M.  Gonse,  lui 
ont  emprunté  leurs  plus  beaux  modèles.  —  L'Ecole  de  Shijo  est  ap- 
pelée aussi  Vécole  naturaliste  du  Japon.  Elle  produisit  des  artistes 
illustres:  Mori  Sosen  (1746—1821),  le  fameux  peintre  des  singes; 
Nan  reï;  Kan  zan,  le  peintre  animalier;  To-yeu,  le  peintre  de  fleurs 
et  Yo-saï  (1788 — 1878),  l'auteur  du  Zenken  ko  jitsou,  histoire  illus- 
trée des  personnages  fameux  du  Japon. 

L'École  de  Shijo  eut  à  lutter  contre  une  branche  rivale,  celle 
fondée  par  Gankou  (1749  —  1838).  Celui-ci,  qui  avait  étudié  d'abord 
sous  des  maîtres  chinois,  subit  ensuite  l'influence  d'Okio  et  s'illus- 
tra comme  peintre  de  tigres.  Parmi  ses  élèves  on  doit  citer  Bumpo 
qui  fit  graver  et  publier  les  œuvres  de  son  maître. 

Ïj  Ecole  de  Toha  est  la  grande  école  de  caricature  au  Japon. 
Le  fondateur  en  fut  Toba  uo  Sojo  ou  Gakoutou,  au  XIP  siècle. 
Le  mot  Toba-yé  (litt,  dessin  de  Toba)  est  devenu  le  substantif  qui 
exprime  l'idée  de  caricature  et  s'applique  à  toutes  les  productions 
de  ce  genre.  La  déformation  des  têtes,  l'allongement  invraisemblable 
des  membres,  l'exagératiou  désordonnée  des  mouvements  sont  les 
caractères  distinctifa  de  ces  sortes  de  dessins.  La  caricature  et  la 
satire,  genres  si  aimés  des  Japonais,  devaient  atteindre  la  perfec- 
tion au  XVII®  siècle,  avec  Hanabousa  Itcho  (1652—1724)  et  son 
élève  Ippo.  Le  premier  poussa  même  l'irrévérence  ai  loin  dans  ses 
peintures  qu'il  fut  exilé  dans  l'île  de  Hachi-jo.  L'École  moderne 
compte  aussi  de  nombreux  et  puissants  caricaturistes  dont  le  dernier 
fut  Kiosai. 


174  MÉLANGES. 

École  Oukiyo-yé. 

Vers  le  commencement  du  XVII®  siècle,  Iwasa  Matahei  fondait 
une  école  qui  devait  éclipser  toutes  les  précédentes.  Ce  fut  V École 
Oukiyo-yé  ')  appelée  chez  nous  l'école  vulgaire  ou  réaliste.  Cette 
école  obtint  immédiatement  un  immense  succès;  elle  répondait,  en 
effet,  aux  aspirations  et  aux  goûts  de  la  foule,  en  choisissant  des 
sujets  qui  lui  étaient  familiers,  des  scènes  de  la  vie  quotidienne. 
Méprisée  par  les  artistes  de  Tosa  et  de  Kano,  elle  n'en  conquit  pas 
moins  la  faveur  du  peuple.  Sa  vulgarisation  fut  d'ailleurs  puissam- 
ment aidée  par  la  gravure  qui,  après  Moronobou,  allait  prendre 
une  si  grande  place  dans  l'art  japonais. 

L'Ecole  vulgaire,  sortie  des  entrailles  mêmes  de  la  nation,  est, 
dit  M.  Gonse,  l'expression  populaire,  et  sans  aucun  mélange  étran- 
ger, du  génie  japonais;  elle  en  est  la  forme  la  plus  originale,  la 
plus  complète,  celle  qui  nous  fait  pénétrer  le  plus  intimement  dans 
l'esprit  du  Nippon.  Ses  œuvres  inspirées  directement  par  la  nature, 
par  les  scènes  de  la  vie  réelle,  lui  ont  mérité  le  nom  à!Ecole  de 
la   Vie. 

Nous  donnons  ci-après,  une  classification  des  ateliers  et  des  ar- 
tistes de  l'Ecole  Oukiyo-yé.  Presque  tous  ces  peintres  sont  repré- 
sentés dans  le  Catalogue  et  leur  nom  est  accompagné  d'une  courte 
notice  biographique  qui  nous  dispense  d'entrer  ici  dans  de  plus 
longs  détails. 


1)  Du  surnom  d'Oukiyo  donné  à  l'un  de  ses  premiers  artistes,  Nishikawa  Soukenobou. 


IfELANOlSS.  175 

ÉCOLE  OUKIYO-YÉ. 

PREMIÈRE  PÉRIODE 

(xVIie    SIÈCLE    BT    PREMIÈRE    MOITIE    DU    XVIIie    SIÈCLe). 

Gravure  en  noir.   —  Gravure  en  couleurs  à  deux  ou  trois  tons. 

MORONOBOU. 

Les  Tori-i:  Kiyonohou.  —  Kiyomassou.  —  Kiyotada.  —  Kiyomitaou.  — 
Kiyohiro.   —   Kiyotsouné. 

Les  Okoumoura:  Massanobou.   —   Toshinohou. 

Les  Nishimoüra:   Shighénaga.   —    Shighénohou. 

Les  Nisiiikawa:  Soukénobou.  —  Soukénori.  —  Tsoukioka  Massano- 
bou.  —    Tatshibana  Morikouni. 

Les  Hishfkawa:   Toyonobou.   —    Toyomasa. 

Les  Hanabousa:  Itcho.   —  Ippo. 

DEUXIÈME  PÉRIODE      ' 

(seconde  moitié  du  xviiie  siècle). 

Harounobou. 

Les  derniers  Tori-i:  Kiyonagà.   —  Kiyominé. 

BOUNTSCHO.    —    KORIOUSAÏ. 

Les  premiers  Outagawa:   Toyoharou.  —   Toyohiro. 

Les  Katsoukawa:  Shounsho.   —  Shounyei.    —  Shoiinko,  etc. 

Yeishi.   —   Yeisho.   —    Yeishin. 

Shuontscho. 
Les  Kitao:   Shighémasa.   —  Massayoshi.   —   Massanobou.   —  Kikou- 

gawa   Yetzan. 
Sharakou, 

TciiOKI. 

Outamauo  et  ses  élèves,  Shikimaro,  Hidémaro,  Shiko. 


176  MÉLATiGKS. 

TROISIÈME  PÉRIODE 

(xixe  siècle). 

Les  Outagawa  :  Toyohouni,  —  Kounisada.  —  Kouniyoshi.  —  Kounitora. 
Les  Elèves  des  Outagawa.  Les  peintres  d'acteurs  et  des  scènes  de  théâtre 

(École  d' Osaka). 
Les  Paysagistes:   Hiroshighé.   —   Les  peintres  de  Meïshos. 
Hokusaï  et  son  école. 
Les  peintres  de  Sourimonos:    Yanagawa  Shighénobou.  — "  Hokkeî.  — 

GaJcouteù  —  Shinsai.  —  Keisai  Yeizan.  —  Hokouha.  —  Hohoujiou. 

—  Riousai.   —   Hokououn.  etc. 
Les  peintres  humoristiques:  Keisai.   —  Kiosai,  etc. 


i 


VARIÉTÉS. 


CHINESE  PICTORIAL  ART. 


Chinesische  Malereien  auf  Papier 
und  Seide  aus  der  Sammlung  des  Herrn 
Professor  F.  Hirth.  Sonderausstellung 
im  Königl.  Zoolog,  und  Anthropol.- 
Ethnogr.  Museum  zu  Dresden.  —  K. 
WüERMANN,  die  Ausstellung  der  Hirth- 
schen  Sammlung  chinesischer  Malereien 
im  cthnogr.  Museum  zu  Dresden  (Dres- 
dener Journal  vom  ib — 17  Februar 
1897).  —  Heinrich  Buhle,  Chinesische 
und  Griechische  Kunst  (Beilage  zur 
Allgemeinen  Zeitung,  München,  20  Fe- 
bruar 1897,  N».  41). 

A  special  exhibition  (Sonderausstel- 
lung) lias  lately  been  held  in  the  Royal 
Ethnographical  Museum  of  Dresden  of 
"Chinese  Paintings  on  Paper  and  Silk". 
The  collection  has  been  brought  together 
by  Dr.  Hirth  during  his  stay  as  Corarais- 
sioner  of  Customs  at  Chinkiang  at  the 
old  art  city  of  Yangchow  and  has  been 
selected,  in  order  to  illustmte  the  his- 
tory of  pictorial  art  in  China,  from  a 
larger  collection  in  his  possession  con- 
sisting of  some  600  scrolls.  It  contains, 
of  course,  many  specimens  which  must 
be  regarded  as  having  originated  during 
the  period  of  decadence,  which  may  be 


said  to  date  from  the  a.scent  of  the 
pre.sent  dynasty;  but  a  number  of  ap- 
parently genuine  works  of  the  Ming  and 
Yuan  enable  us  to  draw  conclusions  as 
to  what  Chinese  art  must  have  been 
during  the  classical  periods  of  the  "Tang 
and  Sung,  the  style  of  whose  masters 
is  repi'esented  by  a  few  copies  painted  by 
later  artists.  One  of  the  most  interesting 
pictures  is  the  copy  of  a  copy  (both  being 
made  by  well  known  artistsofthelO.  and 
17.  centuries)  ofa  landscape  representing 
a  group  of  bananas  covered  by  snow.  The 
original,  which  we  must  assume  has  been 
as  carefully  reproduced  as  is  possible 
with  copies  of  such  well  known  painters 
as  Su  Weï  and  the  monk  Tao-tsi,  is 
stated,  and  verified  by  numerous  seals, 
to  have  been  drawn  by  no  less  an 
authority  than  the  great  poet  Wang  Wei 
(  Ï  JÎ  ^  (699—759  A.D.),  the  creator 
of  the  southern  school  (nan-tsung),  also 
known  as  the  "painting  of  the  literati" 
(voên-jên-chi-hua  a^"  A  ^  ■^). 
Profes.sor  Woermann,_the  director  of  the 
Dresden  Gallery,  in  a  report  on  this 
collection,  says  of  "Wang  Weii's  "Snow- 
covered  Hanana":  "Das  Motiv  'Hanane 
im  Schnee'  soll  gerade  durch  seine  in- 
13 


178 


VAUIETES. 


nere  Gegensätzlichkeit  wirken.  Es  erin- 
nert an  Heine's  Motiv  vom  Fichtenbaura 
und  der  Palme.  Noch  moderner  als  der 
Gedanke  des  Bildes  aber  mutet  uns  seine 
breite,  umrisslose,  völlig  impressionisti- 
sche Ausführung  an.  Es  ist  eben  schon 
Alles  dagewesen".  One  of  emperor  Hui- 
tsung's  "Falcon"  pictures,  supposed  to 
contain  the  imperial  autograph  and 
dated  1120,  is  considered  spurious, 
because  it  contains  no  vermilion  seal. 
The  same  may  be  said  of  the  Kakémono 
No.  2,  Chinese  Pictures,  in  the  British 
Museum  collection  (See  Anderson's  Cata- 
logue, p.  495),  which  bears  noseal either. 
As  these  pictures  are  often  met  with  and 
offered  as  antiquities  both  in  China  and 
Japan,  it  is  not  likely  that  so  many  of 
the  Emperor's  own  sketches  should  have 
been  preserved;  yet,  as  regards  age, 
we  should  not  be  rash  in  rejecting 
contemporaneous  origin,  since  we  know 
that,  no  soever  had  the  emperor  com- 
pleted one  of  his  famous  falcon  pictures, 
the  court  painters  set  to  work  to  copy  it. 
The  best  of  these  copies  were  endorsed 
by  the  emperor  by  his  autograph  and 
seal,  and  the  question  is,  what  has 
become  of  the  many  copies  which  were 
not  deemed  good  enough  to  be  sealed  ? 
One  of  the  most  interesting  pictures 
of  the  collection  is  Ts'ien  Shun-kii's 
"Cock,  Locusts  and  Flowers"  (No.  11), 
dated  1264,  so  we  judge  from  Professor 
Woermann's  report  reprinted  from  the 
"Dresdener  Journal"  of  15.  to  17.  Fe- 
bruary 1897.  The  "Catalogue"  of  the 
Exhibition,  which  has  been  condensed 
from  the  explanatory  notes  sent  to 
Dresden  by  Dr.  Hiith,  gives  the  names 
{sing,  ming  and  hao)  of  the  various 
painters  and  whatever  dates  were  pro- 


curable with  regard  to  their  life-times, 
and  shows  that  many  of  the  best  known 
artists  of  China  are  represented  in  it. 
Tung  Pei-yüan,  Chao  Po-kü  and  Kiang 
Ts'an  are  the  only  known  Sung  painters 
represented  by  copies;  a  copy  will  be 
found  of  one  of  Chao  Mêng-fu's  horses, 
but  the  two  pictures  of  Ts'ien  Shun-kii 
and  ITsan  (1301—1374)  are  probably 
originals.  Among  the  Ming  painters  we 
note  the  names  of  Pien  King-chao,  Shen 
Chou  (=  Shên  Ki-nan),  Lu  Ki,  Chou 
Chen  and  above  all  the  two  great 
masters  of  the  dynasty  T'ang  Yin  and 
Ch'ou  Shih-fu  (or,  Ch'ou  Ying,  16.  cent.); 
also  Wen  Chêng-ming,  Lu-chih,  Ch'ên 
Shun,  Sii-Wei  and  Chou  Chih-mien. 
Whatever  we  may  think  of  the  works 
of  the  present  dynasty,  art  historians 
and  collectors  are  bound  not  to  overlook 
the  veneration  in  which  names  like 
that  of  the  monk  Tau-tsi  (Shih-t'ao), 
Wang  Kien,  one  of  the  "Four  Wangs" 
(  pn  ^  ),  and  Yün  Shou-p'ing  (Nan- 
t'ien),  are  held  by  the  Chinese  them- 
selves. Professor  Woermann  is  probably 
right  in  dating  from  the  second  half  of 
the  Ming-dynasty  the  age  of  decadence  ; 
yet,  as  copyists  of  the  now  lost  works 
of  past  periods,  even  a  Ts'ing  painter 
may  become  an  important  source  of 
information  for  an  art  which  we  would 
otherwise  not  know  except  through  the 
channel  of  book  notices.  Dr.  Hirth  is 
of  opinion  that  the  relation  between 
Japanese  and  Chinese  painting  is  very 
much  the  same  as  that  of  Roman  and 
Greek  art,  an  opinion  which  Herr 
Woermann  does  not  endorse  to  its 
full  extent,  though  he  is  bound  to 
admit  that  some  of  the  best  judges 
of  Japanese  art  held  similar  views  and 


VAR1KTE8. 


179 


quotes  Dr.  E  F.  Fenollosa  ("Review 
of  the  Chapter  on  Paintin«»  in  Gouse's 
M'Art  Japonais',''  JJoston,  1885,  p,  8), 
who  says;   "It   is  sufficiently  accurate 


to    say    that   in   the  art  of  painting 
nearly  ei)ery  thing  has  come  from  China, 
not  merely  in  germ,  but  in  model". 
G.  S. 


LE  ROI  TCHOULALONKORN. 


C'est  par  en  haut  que  la  civilisation 
pénètre  dans  I'Extivme-Orient.  Kn  Perse, 
au  Japon,  au  Siam,  des  princes  européens 
de  fait  régnent  sur  des  populations  asia- 
tiques restées  profondément  attachées 
aux  coutuPDes  de  leurs  ancêtres.  Ce 
contraste  est  bien  plus  frappant  encoi'e 
à  Bangkok  qu'à  Téhéran  ou  à  Tokio;  lés 
sujets  du  Schah  et  du  Mikado  ont  depuis 
de  longues  annés  reçu  un  premier  vernis 
occidental. 

Les  Japonais  ont  une  Constitution  qui 
fonctionne  assez  mal  et  des  canons  à  tir 
rapide  dont  ils  savent  se  servir  à  mer- 
veille. Les  Pei*sans  font  venir  de  Londres 
des  fusils  de  chasse  perfectionnés  et  des 
appareils  de  photographie.  Les  Siamois, 
les  Laotiens,  les  Chinois  et  les  Malais  qui 
peuplent  les  États  du  roi  Tchoulalonkorn 
n'ont,  au  contraire,  accepté  aucun  com- 
promis avec  les  mœurs,  les  coutumes  et 
les  idées  de  l'Europe;  ces  fervents  dis- 
ciples de  lîouddha  ont  conservé  leur 
culte,  leur  foi,  leurs  mœui-s  antiques  et 
préfèrent  à  toutes  les  merveilles  de  la 
science  de  l'Occident  l'enseignement 
traditionnel  distribué  à  profusion  par 
des  milliers  de  talapoins,  qui  donnent  à 
Bangkok  l'aspect  d'une  ville  sacerdotale 
peuplée  de  prêtres  en  robes  jaunes. 

Par  un  caprice  du  sort,  le  plus  Euro- 
péen des  princes  orientaux  a  été  appelé 


à  gouverner  le  pays  où  les  idées  et  les 
mœurs  de  l'Extrême-Orient  se  sont  le 
moins  défraîchies  au  contact  de  la  civili- 
sation occidentale.  Il  ne  nous  appai-tient 
pas  d'apprécier  ici  le  rôle  politique  d'un 
souverain  qui  a  eu  d'assez  graves  démê- 
lés avec  la  France.  Il  nous  suffira  de 
rappeler  qu'il  y  a  eu  un  moment  dans 
notre  histoire  où  l'influence  française 
était  toute-puissante  dans  la  vallée  du 
Ménam  et  où,  suivant  l'expression  em- 
ployée dans  la  langue  diplomatique  de 
l'ancienne  Europe^  «  l'odeur  des  lis  » 
avait  pénétré  à  la  cour  des  rois  de  Siam  ; 
mais  la  célèbre  ambassade  qui  vint  ap- 
porter à  Louis  XIV  cruellement  éprouvé 
par  la  fortune  un  dernier  reflet  de  sa 
grandeur  passée  n'est  plus  aujourd'hui 
qu'un  lointain  souvenir.  Peut-être  qu'avec 
un  peu  plus  d'esprit  de  suite  et  de  vigi- 
lance notre  diplomatie  aurait  pu  empê- 
cher les  vieux  liens  traditionnels  de  se 
rompre  et  arrêter  les  infiltrations  britan- 
niques qui  ont  envahi  le  palais  royal  de 
Bangkok. 

Ce  n'est  pas  la  faute  de  Tchoulalonkorn 
s'il  a  été  élevé  sur  les  genoux  de  l'Angle- 
teiTe.  Dès  son  âge  le  plus  tendre  une 
gouvernante  anglaise  l'avait  initié  à 
toutes  les  beautés  de  la  langue  de  Pope 
et  de  Byron  et  son  premier  ministre, 
qu'il  n'avait  pas  choisi,  car  il  était  mineur 


180 


VARIÉTÉS, 


à  l'époque  de  son  avènement  au  trône, 
s'était  empressé  de  le  confier  à  un  pré- 
cepteur anglais.  The  Etiquette  of  the 
Perfect  Gentleman,  qui  se  trouve  encore 
aujourd'hui  à  la  place  d'honneur  sur  les 
rayons  de  la  bibliothèque  de  son  palais 
d'été  de  Bang-Pa-In,  fut  le  premier  livre 
qui  ait  été  mis  entre  ses  mains.  En  un 
mot,  la  littérature  anglaise  a  été  la  seule 
fenêtre  que  l'entourage  du  jeune  roi  lui 
ait  laissée  ouverte  du  côté  de  l'Occident. 

Le  royal  élève  a  su  admirablement 
profiter  des  leçons  de  ses  premiers 
maîtres.  Lorsque  l'empereur  Nicolas  II, 
à  l'époque  où  il  n'était  encore  que 
tsarévitch,  s'arrêta  pendant  quelques 
jours  dans  le  royaume  de  Siam  en  se 
rendant  au  Japon,  il  fut  tout  étonné  de 
rencontrer  dans  le  palais  de  Bangkok 
un  potentat  asiatique  qui,  sans  avoir 
besoin  d'aucun  interprète,  était  capable 
de  s'entretenir  avec  lui  en  anglais  avec 
une  facilité  inconnue  de  la  plupart  des 
monarques  du  continent  européen. 

Le  roi  Tchoulalonkorn  ne  se  contente 
pas  de  parler  avec  une  élégance  magis- 
trale la  langue  de  Shakespeare,  il  se  fait 
un  point  d'honneur  de  connaître  à  fond 
jusque  dans  les  plus  minutieux  détails 
toutes  les  pièces  du  grand  poète  drama- 
tique, même  celles  dont  les  sujets  les 
plus  lettrés  de  la  reine  Victoria  ne  savent 
en  général  que  le  titre.  Sans  dédaigner 
les  autres  chefs-d'œuvre  de  la  littérature 
anglaise  des  trois  derniers  siècles,  le 
monarque  siamois  réserve  toutes  ses 
préférences  pour  l'auteur  de  Macbeth  et 
de  Richard  III. 

Le  goût  très  vif  que  le  roi  Tchoulalon- 
korn professe  pour  les  vieux  classiques 
anglais  du  temps  passé  n'a  pu  lui  faire 
oublier    qu'il    règne    sur  un  peuple  de 


bouddhistes.  Les  talapoins  du  Siam  ont 
à  bon  droit  la  réputation  d'être  beau- 
coup plus  instruits  que  les  brahmanes 
de  l'Inde  ou  les  bonzes  du  Céleste  Em- 
pire. Ils  connaissent  à  fond  le  pâli,  la 
vieille  langue  sacrée,  et  le  monarque 
siamois,  dont  l'autorité  suprême  a  un 
caractère  sacerdotal,  a  voulu  rivaliser 
d'érudition  avec  les  plus  savants  des 
prêtres  de  Bouddha.  Il  les  a  même 
dépassés;  ses  familiers  affirment  que, 
pour  lui,  le  sanscrit  n'a  pas  de  mystères. 
Cet  érudit  qui,  par  un  caprice  de  la 
destinée,  a  été  appelé  à  exercer  un 
pouvoir  sans  limites  dans  un  pays  où  la 
plupart  de  ses  prédécesseurs  avaient 
considéré  la  science  comme  un  luxe 
inutile  pour  un  potentat  oriental  ne  se 
contente  pas  de  posséder  à  fond  la  litté- 
rature anglaise  et  les  langues  sacrées  de 
rindo-Chine  et  de  l'Hindoustan,  il  a 
aussi  manifesté  de  très  bonne  heure 
un  goût  très  vif  non  seulement  pour 
les  grandes  découvertes  industrielles  et 
scientifiques  de  la  civilisation  européenne, 
mais  encoi'e  pour  l'architecture  et  les 
beaux-arts  de  l'Occident.  En  même 
temps  qu'il  faisait  construire  des  chemins 
de  fer  et  des  tramways  électriques  qui, 
chose  rare,  surtout  dans  l'Extrême- 
Orient,  donnent  dos  dividendes,  il  a 
voulu  avoir  des  palais  bâtis  sur  le 
modèle  des  résidences  des  souverains 
d'Europe. 

Le  palais  royal  de  Bangkok,  dit  le 
Black»  atid  White,  date  du  règne  de 
Tchoulalonkorn  ;  il  a  été  construit  sur  les 
plans  d'un  architecte  anglais  et  d'un 
architecte  autrichien.  Sur  cet  édifice  de 
style  européen  un  architecte  indigène  a 
été  chargé  de  construire  un  toit  siamois, 


i 


VA.  ai  ETES. 


181 


afin  de  rendre  hommage  aiix  exigences 
de  la  couleur  locale.  L'Anglais  et  l'Autri- 
chien ont  t'norméinent  dépassé  les  devis 
qu'ils  avaient  arrêtés  avant  de  se  mettre 
à  l'œuvre,  et  ce  mécompte  a  donné  lieu 
à  de  véhémentes  critiques  de  la  part  des 
Siamois  qui  ont  eu  une  médiocre  idée  de 
rinfiiillibilité  des  calculs  des  architectes 
européens. 

Ces  récriminations  n'ont  pas  empêché 
le  Roi  de  confier  à  l'architecte  autrichien, 
M.  Grassi,  le  .soin  de  construire  le  palais 
de  IJang-Pa-In  dans  une  île  du  Ménam.  à 
soixante-quatre  kilomètres  de  Bangkok. 
C'est  là  que  le  souverain  vient  respirer 
un  air  plus  pur  et  prendre  un  peu  de 
repos  chaque  fois  qu'il  peut  s'éloigner  de 
sa  capitale. 

Pendant  la  journée  la  température  est 
un  peu  plus  élevée  îi  Bang-Pa-In  qu'à 
Bangkok,  mais  les  nuits  y  sont  plus 
fraîches.  La  rivière  qui  entoure  l'île  où 
est  bâtie  cette  résidence  contient  une 
grande  quantité  de  poissons  et  les  hérons, 
qui  sont  le  principal  gibier  du  pays, 
abondent  dans  le  voisinage. 

Les  devis  de  l'architecte  autrichien, 
ajoute  le  Black  and  White,  ont  été  aussi 
largement  dépassés  à  Bang-Pa-In  qu'à 
Bangkok. 

Ce  n'est  pas  seulement  sur  les  bords 
du  Ménam  que  les  architectes  se  trom- 
pent parfois  dans  leurs  évaluations. 

Les  palais  sont  construits  à  l'image  du 
prince.  La  façade  est  européenne,  mais  la 
distribution  intérieure  des  appartements 
et  surtout  le  genre  de  vie  que  mènent  les 
hôtes  des  deux  royales  demeures  ont  un 
caractère  essentiellement  oriental.  Par 
l'affabilité  de  ses  manières,  son  in.struc- 
tion,    son    goût   pour  les  progress  de  la 


civilisation  moderne,  le  roi  Tchoulalon- 
korn  produit  sur  les  étrangers  admis  en 
sa  présence  l'impression  d'un  prince 
européen  égaré  siir  un  trône  de  la 
péninsule  indo-chinoise;  mais  une  fois 
rentré  dans  l'intérieur  de  sa  lésidence, 
les  mœurs  et  les  traditions  nationales 
reprennent  leur  empire  et  ces  fastueuses 
constructions,  si  modernes  en  apparence, 
sont  en  réalité  d'immenses  harems. 

L'accès  du  Klutng  Naï,  c'est-à-dire  de 
la  partie  intérieure  du  palais,  dit  le 
Lady's  Realm,  est  rigoureusement  inter- 
dit à  to"ut  individu  du  sexe  masculin, 
sans  qu'il  y  ait  lieu  de  distinguer  entre 
les  étrangers  et  les  indigènes,  saufen  des 
circonstances  extrêmement  rares,  et  en- 
core une  escorte  composée  de  .serviteurs 
de  confiance  est-elle  de  rigueur.  Le  roi 
est  le  seul  représentant  de  son  sexe  qui 
vive  dans  cette  communauté  de  femmes 
dont  le  nombre  dépasse  plusieurs  milliei's. 
Un  corps  de  police  exclusivement  com- 
posé de  femmes  maintient  l'ordre  et 
administre  aux  délinquantes  la  peine  du 
fouet.  Les  princesses  du  sang  devenues 
épouses  du  Roi  ont  seules  le  privilège 
de  ne  pas  être  soumises  à  ce  genre  de 
châtiment. 

Quelques  dames  étrangères  ont  obtenu 
l'autorisation  de  pénétrer  dans  la  partie 
intérieure  du  palais  la  plus  impitoyable- 
ment fermée  aux  visiteurs  du  sexe  mas- 
culin; une  d'elles  a  été  présentée  à  la 
Première  Reine,  qui  comprend  quelques 
mots  d'anglais. 

Si  la  langue  de  Shakespeare  a  pénétré 
dans  le  Khatuj  Nai  que  des  centaines 
d'agents  de  police  femelles,  armés  de 
fouets   de    rattan,    semblaient   si    bien 


182 


VARIETES. 


protéger  contre  l'invasion  des  idées  euro- 
péennes, c'est  que  le  Roi  a  eu  pendant 
plusieurs  années  auprès  de  lui  un  maître- 
ès-arts  de  l'Université  d'Oxford  qui  don- 
nait des  leçons  d'anglais  aux  jeunes 
princes. 

Toutefois  il  est  à  observer  que  l'héri- 
tier du  trône  de  Siara,  dont  les  journaux 
de  Londres  célèbrent  volontiers  les  mé- 
rites parce  qu'il  est  élevé  en  Angleterre, 
n'est  pas  le  fils  de  la  Première  Reine. 
Le  souvei"ain  régnant  ayant  le  droit  de 
désigner  son  successeur,  Tchoulalonkorn 
avait  d'abord  choisi  le  fils  aîné  de  la 
Première  Reine,  mais  ce  prince  est  mort 
il  y  a  deux  ans  et  c'est  le  fils  aîné  de  la 
Seconde  Reine  qui  a  été  investi  du  rang 
et  des  honneurs  d'héritier  présomptif 
Un  autre  des  fils  de  la  Seconde  Reine,  le 
jeune  prince  Chakrapat,  a  été  également 
envoyé  de  très  bonne  heure  en  Angle- 
terre où  il  reçoit  l'éducation  que  les  fa- 
milles de  l'aristocratie  britannique  font 
donner  à  leurs  enfants. 

La  hiérarchie  qui  existe  entre  les  fem- 
mes du  souverain  est  très  mal  connue, 
dit  le  Lady's  Realm.  Les  Siamois  n'ai- 
ment pas  à  donner  aux  étrangers  des 
renseignements  sur  cette  question,  parce 
que  les  lois  de  l'étiquette  admise  dans  la 
haute  société  indigène  de  Bangkok  ne 
permettent  pas  de  faire  allusion  à  un 
sujet  aussi  délicat.  La  Première  Reine  a 
le  pas  sur  toutes  les  autres,  la  Seconde 
Reine  vient  ensuite  et  il  est  parfois 
question  d'une  Troisième  Reine,  mais  il 
n'est  pas  bien  sur  que  cette  dignité  soit 
toujours  pourvue  d'une  titulaire. 

Les  deux  ou  les  trois  reines  doivent 
être  toujours  choisies  parmi  les  plus 
proches   parentes  du  souverain  et  elles 


forment  avec  les  autres  princesses  du 
sang  admises  dans  le  Khang  Naï  une 
classe  à  part  ayant  droit  de  préséance 
sur  les  épouses  qui,  par  leur  origine, 
n'appartenaient  pas  à  la  maison  royale. 
Tous  les  enfants  n'en  sont  pas  moins 
légitimes,  sans  qu'il  y  ait  lieu  de  recher- 
cher de  quelle  famille  leurs  mères  étaient 
issues.  La  descendance  du  roi  Tchoulalon- 
korn doit  être  très  nombreuse;  avant 
d'avoir  achevé  sa  quinzième  année,  le 
jeune  souverain,  qui  avait  été  de  très 
bonne  heure  appelé  au  trône,  était  déjà 
père  de  deux  enfants. 

Il  ne  faut  pas  s'étonner  si  le  Khang 
Naï  est  encombré  de  princesses  du  sang. 
La  destinée  des  filles  des  rois  de  Siam  est 
vraiment  à  plaindre:  elles  sont  condam- 
nées à  être  reines  ou  à  mourir  dans  le 
célibat.  Lorsque  c'est  leur  père  ou  leur 
frère  qui  règne,  aucune  espérance  de 
mariage  ne  saurait  luire  pour  elles;  leur 
unique  chance  de  salut  est  d'attendre 
l'avènement  d'un  oncle,  d'un  neveu  ou 
d'un  cousin.  Si  l'influence  des  années  n'a 
pas  eu  le  temps  de  se  faire  trop  cruelle- 
ment sentir,  elles  reçoivent  alors  la  dig- 
nité d'épouse  qu'un  proche  parent  aurait 
mauvaise  grâce  à  leur  refuser. 

Peu  importe  d'ailleurs  qu'elles  soient 
mariées  avec  le  Roi  ou  condamnées  à 
vivre  dans  le  célibat,  elles  n'en  sont  pas 
moins  entourées  d'honneurs  extraoïxii- 
naires.  A  la  cour  de  Siam,  la  célèbre 
maxime  espagnole  «  Ne  touchez  pas  à  la 
Reine»  est  appliquée  à  toutes  les  prin- 
cesses du  sang. 

Elles  sont  protégées  avec  un  soin  si 
jaloux  contre  tout  contact  avec  le  monde 
extérieur,  dit  M.  Dïmond  Braine  dans  le 


VARIÉTÉS. 


188 


Lady's  Realm,  qu'en  1879  une  sœur 
aînée  de  la  Première  Reine  se  noya 
en  présence  d'un  grand  nombre  de 
spectateurs  sans  qu'auctm  d'entre  eux 
osât  mettre  la  main  sur  son  intangible 
personne,  mi'me  pour  l'arracher  à  une 
mort  certaine. 

Après  le  Roi,  c'est  le  célèbre  Eléphant 
blanc  qui  est  le  pereonnage  le  plus  consi- 
derable de  l'Etat.  Un  pavillon  spécial  lui 
est  l'éservé  dans  les  dépendances  du 
palais  de  Bang-Pa-In.  Il  est  l'emblème 
vivant  de  la  patrie.  Son  image  se  retrouve 
sur  les  armes -royales,  les  monnaies  et 
les  drapeaux.  Les  étrangei's  qui  obtien- 
nent, non  sans  peine,  la  faveur  de  lui 
rendie  visite  éprouvent  une  déception. 


Encore  une  illusion  qui  s'en  va.  L'Elé- 
phant blanc  n'est  pas  blanc,  il  est  gris; 
il  ne  doit  sa  qualification  officielle  qu'à 
un  petit  nombre  de  taches  blanches  qu'il 
porte  sur  le  dos.  En  réalité,  il  ne  se  dis- 
tingue guère  de  ses  pareils  que  parses 
yeux  qui  sont  d'une  belle  nuance  bleue. 
Ces  titres  suffisent  pour  qu'il  soit  admis 
dans  le  palais  du  Roi  et  qu'il  reçoive  les 
honneurs  n'iservés  à  une  créature  vi- 
vante qui  doit  contenir  en  germe  l'in- 
carnaticm  de  quelque  futur  Bouddha. 
Aux  yeux  de  tout  bon  Siamois  un  pays 
qui  possède  un  de  ces  animaux  sacrés 
doit  le  conserver  avec  un  soin  jaloux, 
comme  un  gage  assuré  de  bénédiction 
céleste,  de  paix  et  de  prospérité. 

6.  Labadie-Lagrave. 


CONGRES  INTERNATIONAL  DES  ORIENTALISTES  DE  HANOÏ 

sous  LE  PATRONAGE  DU  GOUVERNEMENT  GÉNÉRAL  DE  L'INDO-CHINE. 


Monsieur, 

Comme  suite  à  notre  première  circu- 
laire, nous  avons  l'honneur  de  vous  com- 
muniquer les  articles  suivants  de  l'arrêté 
de  M.  le  Gouverneur  Généml  de  l'Indo- 
Chine  qui  fixe  les  conditions  dans  les- 
quelles s'ouvrira  et  se  tiendra  du  4"  au  6 
Décembre  1902,  le  Congrès  international 
des  Orientalistes  de  Hanoï: 

Article  6.  —  Les  membres  du  Congrès 
délégués  officiellement  par  les  gouverne- 
ments, administrations,  sociétés  et  corps 
savants,  recevront  une  réquisition  qui 
leur  donnera  droit  au  passage  gratuit, 
nouri'iture  comprise,  en  première  classe, 
sur  les  lignes  maritimes  françaises  con- 
duisant en  Indo-Chine. 


Cette  réquisition  leur  sera  délivrée, 
sur  la  présentation  de  leurs  cartes  de 
délégués,  au  service  Colonial,  à  Marseille, 
ou  dans  les  Consulats  français  des  ports 
d'embarquement. 

Article  7.  —  Les  adhérents  au  Congrès 
sans  délégation  officielle  recevront  une 
réquisition  qui  leur  donnera  droit  à  une 
réduction  de  33'/o  applicable  aux  prix  du 
transport  et  de  la  nourriture  sur  les 
lignes  maritimes  françaises  conduisant 
en  Indo-Chine. 

Article  8.  —  Les  cartes  de  délégués 
et  d'adhérents  seront  délivrées  par  les 
comités  d'initiative  et  d'organisation, 
aux  conditions  qui  seront  fixées  par  ces 
deux  comités. 

Article  9.  —  Les  délégués  ou  adhérents 


184 


VARIETES. 


se  rendant  des  ports  de  l'Amérique  du 
Nord  en  Indo-Chine  par  le  Japon,  rece- 
vront à  Yokohama,  leur  réquisition  de 
passage.  Arrivés  à  destination,  ils  seront 
remboursés  de  leurs  frais  de  voyage 
entre  leur  port  d'embarquement  et  Yo- 
kohama, savoir,  les  délégués  en  totalité 
et  les  adhérents  dans  la  proportion  de 
33<»/o-  T-ies  fi'ais  de  leur  voyage  de  retour 
leur  seront  payés,  avant  leur  départ, 
dans  les  mêmes  conditions. 

Article  10.  —  Des  circulaires  des  Co- 
mités d'initiative  et  d'organisation  déter- 
mineront les  détails  d'exécution  des  pré- 
sentes dispositions. 

La  cotisation,  obligatoire  pour  tous  les 
membres,  est  fixée  à  20  francs;  elle  donne 
droit  aux  Comptes-rendus  du  Congrès. — 
M.  Ernest  Leroux,  28,  rue  Bonaparte, 
Paris,  a  été  désigné  pour  être  le  Trésorier 
et  l'Editeur  du  Congrès. 

Les  adhésions  des  membres  du  Congrès, 
désireux  de  profiter  des  facultés  accor- 
dées pour  le  voyage, parleGouvernement 
général  de  l'Indo-Chine,  devront  parvenir 
à  M.  Henri  Cordier,  54,  rue  Nicolo,  Paris 
(16"),  avant  le  31  août  1902. 

La  date  exacte  du  départ  de  Marseille, 
qui  aura  lieu  au  commencement  de  No- 
vembre, sera  ultérieurement  fixée. 


Au  cas  où  vous  auriez  des  observations 
à  nous  soumettre  ou  des  questions  à  nous 
adresser,  nous  vous  prions  d'entrer  en 
rapport  avec  l'un  des  deux  secrétaires  du 
Comité  d'initiative: 

M.  Henri  Cordier,  professeur  à  l'Ecole 
des  langues  orientales  vivantes,  rue 
Nicolo,  54,  Paris  (16*). 

Et  M.  Louis  Finot,  directeur  de  l'Ecole 
française  d'Extrême-Orient,  Saigon. 

COMITÉ   d'initiative. 

Président:  M.  E.  Senart,  de  l'Institut. 

Secrétaire  général  :  M.  Henri  Cordier, 
professeur  à  l'Ecole  des  langues  orientales 
vivantes. 

Membres:  MM.  Barbier  de  Meynard, 
Barth,  Bréal,  Dr.  E.-T.  Hamy,  de  l'In- 
stitut; MM.  Ed.  Chavannes  et  Sylvain 
Levi,  professeurs  au  Collège  de  France  ; 
Bonet,  Lorgeou,  Léon  de  Rosny,  Vinson 
et  Vissière,  professeurs  à  l'Ecole  des  lan- 
gues orientales  vivantes;  E,  Aymonier, 
directeur  de  l'Ecole  coloniale;  Ch.  Lemire, 
Ré.«ident  honoraire  de  France  en  Indo- 
Chine;  E.  Guimet,  directeur  du  Musée 
Guimet;  Victor  Henry,  professeur  à 
l'Université  de  Paris  ;  Maurice  Courant, 
maître  de  conférences  à  l'Université  de 
Lyon. 

Paris,  le  1"  Mai  1902. 


LA  COLORATION  DENTAIRE  DES  ANNAMITES. 


Une  singularité  qui  surprend  vivement 
les  voyageurs,  lorsqu'ils  débarquent  pour 
a  première  fois  sur  la  terre  d'Annam,  est 
la  couleur  des  dents  des  indigènes. 

Tous  les  Annamites,  en  effet,  ont  les 
dents  noires. 


Et  l'examen  de  ce  phénomène  déter- 
mine, chez  l'observateur,  la  certitude  dé- 
concertante que  cet  aspect  étrange  n'est 
point  constitué  par  des  taches  comme  en 
pourraient  faire  apparaître  des  caries; 
qu'il  ne  résulte  pas  davantage  d'un  défaut 


VARIÉTÉS. 


185 


de  soins  relatifs  à  la  toilette  de  la  bouche. 

Les  Annamites  —  c'est  un  point  hors 
de  discussion  —  ont  un  très  grand  souci 
de  leurs.dents.  Ils  poussent  la  coquetterie 
jusqu'à  les  faire  réduire  par  d'habiles 
dentistes  malais,  afin  de  les  avoir  petites 
et  régulières:  «comme  des  graines», 
disent-ils. 

Au  surplus,  la  couleur  noire  qui  les  ca- 
ractérise fait  corps  avec  elles;  elle  est 
d'une  teinte  absolument  uniforraeetbril- 
lante  comme  l'émail  môme  —  mais  un 
émail  qui  serait  noir,  d'un  noir  de  jais. 

Est-ce  à  dire  que  cette  apparence  soit 
naturelle? 

Les  Annamites  —  toujours  disposés  à 
mystifier  l'Européen  —  ont  contribuée 
répandre  chez  nous  cette  croyance  que 
leurs  dents  devenaient  noires  à  l'usage 
du  bétel. 

Telles  de  jolies  femmes,  égarant  de  trop 
curieuses  amie.s  — rivales  éventuelles  — 
sur  les  secrets  de  leur  toilette. 

L'explication  par  l'action  du  bétel  ne 
r«''siste  pas  à  un  examen  srrieux  et  il  faut 
convenir  que  les  partisans  européens  de 
cette  opinion  ont  eu  le  grave  tort  d'ac- 
cepter à  la  légère  une  assertion  dont  ils 
auraient  dû  préalablement  contrôler  la 
sincérité. 

Pour  se  ren.seigner  sur  l'eflet  réel  que 
peut  produire  la  mastication  du  bétel,  il 
suffît  de  connaître  les  éléments  constitu- 
tifs d'une  chique. 

La  chique  de  bétel,  qu'on  dénomme  en 
langue  annamite  d'une  façon  moins  gros- 
sière miêivg  traUy  c'est-à-dire  «bouchée» 
de  bétel,  se  compose  invariablement  d'une 
feuille  de  liane  à  bétel  {la  trau),  dans  la- 
quelle on  enferme  une  noix  d'arec  con- 
cassée {hot  eau),  mêlée  à  un  peu  de  chaux 
éteinte  (voï). 


La  mastication  de  cette  chique  a  pour 
but  principal  de  provoquer  unesalivation 
abondante,  de  «tromper  la  soif»,  comme 
on  dit  vulgairement,  la  soif  funeste  con- 
seillère dans  les  pays  chauds. 

Cette  opération  produit  également,  il 
est  vi-ai,  un  effet  chimique,  mais  cet  efTet 
est  momentané. 

Il  consiste  à  colorer  la  salive  en  rouge, 
ce  qui  donne  aux  chiqueurs  de  bétel, 
comme  aux  broyeui-s  de  liachich,  une 
bouche  d'aspect  sanguinolent  à  l'état 
humide  et  des  lèvres  qui,  sèches,  parais- 
sent exagérément  fardées. 

Mais  là  s'arrête  l'influence  de  la  chique 
de  bétel.  Elle  n'attaque  pas  les  dents;  elle 
peut  à  la  longue,  peut-être  les  rouiller  su- 
perficiellement; elle  ne  leur  donnera  ja- 
mais la  coloration  merveilleusement  noire 
qui  caractérise  les  dents  des  Annamites. 

Cette  première  opinion  écartée,  devons- 
nous  nous  ranger  à  l'avis  de  ceux  qui  pré- 
tendent que  la  coloration  dentaire  d'An- 
nam  est  le  résultat  d'une  application  mé- 
thodique de  laque? 

Evidemment  non;  car  si  le  laque  de 
Chine  sert  en  Orient,  a  mille  usages  di- 
vers, il  n'est  pas  employé  comme  vernis 
dentaire. 

La  vérité  est  que  cette  coloration  arti- 
ficielle, —  purement  artificielle,  hàtons- 
nous  de  le  dire  —  est  d'une  nature  toute 
particulière. 

Les  Annamites  ont  une  horreur  pro- 
fonde des  dents  blanches,  des  «dents 
nues». 
I  Dans  leurs  comédies,  il  n'est  pas  rare 
de  rencontrer  des  allusions  à  ce  qu'ils 
nomment  nos  «débris  de  porcelaine». 

J'ai  eu  l'occasion  d'intervenir  un  jour 
personnellement  à  propos  de  l'insolence 
d'un  acteur  qui  mit  en  délire  le  public 


186 


VARIETES. 


d'un  théâtre  de  village  où  se  donnait, 
en  présence  d'Européens,  une  comédie 
populaire. 

L'histrion,  comptant  bien  qu'il  ne  serait 
point  compris  par  nous  dans  sa  langue 
maternelle,  avait  intercalé,  au  milieu  de 
son  récitatif,  ces  mots  à  noti'e  adresse  : 
«Avec  leurs  moustaches  en  balai  et  leurs 
dents  blanches,  quand  ils  dévorent  com- 
me des  bêtes  leur  viande  crue  (bifteck), 
ils  ressemblent  à  des  chats  affamés  dont 
on  aurait  frotté  le  museau  avec  de  la 
fiente  d'aigrette». 

Le  secret  de  la  coloration  dentaire 
chère  aux  Annamites  est  des  plus  simples, 
encore  que  d'une  application  délicate, 
presque  savante,  si  j'ose  m'exprimer  ainsi. 

Pour  parvenir  au  résultat,  il  faut  être 
patient  comme  peut  l'être  un  Oriental. 

Les  dents  (rang)  sont  tout  d'abord  la- 
vées d'une  façon  très  minutieuse,  puis 
longuement  frottées  à  la  poudre  de  corail 
de  manière  à  être  rendues  exemptes  de 
toute  souillure. 

Par  surcroît  de  précautions,  l'opéra- 
teur parachève  son  nettoyage  avec  une 
friction  énergique  de  vinaigre  de  riz;  puis 
il  procède  méthodiquement  à  la  colora- 
tion progressive  des  dents. 

Pour  cela,  avec  de  petits  pinceaux  spé- 
ciaux, il  badigeonne  légèrement  chaque 
dent,  sur  toutes  les  faces  qu'elle  présente, 
avec  un  enduit  fait  de  miel  (mat  ong), 
dans  la  pâte  duquel  ont  été  pétris  ensem- 
ble du  noir  animal  (mo  hong)  et  de  la 
poudre  decalambac(/îrnaw,  bois  d'aigle). 

Plusieurs  couches  sont  de  la  sorte  cha- 
que jour  successivement  appliquées,  à  la 
suite  desquelles  le  patient  —  oh!  combien 
—  doit  tenir  la  bouche  ouverte  jusqu'à  ce 
que  la  siccité  soit  venue. 

L'opération  néces.site  plusieurs  séances 


pour  être  parfaite  et  ce  supplice  réel  est 
—  je  dois  Tatouer,  ayant  pu  m'en  rendre 
compte  moi-même  —  supporté  sans  fati- 
gue apparente,  en  tout  cas  sans  mauvaise 
humeur,  par  ceux  qui  sont  les  volontaires 
victimes,  esclaves  d'une  mode  inflexible. 
Orientaux  doués  d'un  nonchaloir  extrême. 

L'enduit  qui  recouvre  les  dents  consti- 
tue en  réalité  un  véritable  vernis  qui 
n'atteint  point  les  couches  profondes  de  la 
dent,  mais  qui  —  quoique  superficiel  — 
forme  une  gaîne  protectrice  parfaite. 

.le  ne  serais  pas  éloigné  de  croire  — 
comme  l'opinion  en  est  répandue  en  pays 
d'Annam  —  que  c'est  à  ce  recouvrement 
que  les  indigènes  doivent  leur  merveil- 
leuse immunité  contre  les  odontalgics. 

Les  vieilles  gens  usent  leurs  dents  jus- 
qu'à l'extrême  limite  de  la  gencive.  Cet 
avantage  est  peut-être  dû  également  à 
la  chaleur  constante,  presque  invariable 
de  l'air  ambiant,  et  aussi  aux  boissons 
toujours  tièdes  qu'absorbent  les  Anna- 
mites. 

Mais  il  est  incontestable,  cependant, 
que  l'émail  artificiel  protège,  d'une  façon 
très  efficace,  le  corps  de  la  dent. 

Le  seul  fait  de  supprimer  le  contact  de 
l'air,  d'arrêter  le  frottement  immédiat  et 
l'action  directe  des  corps  étrangers,  cons- 
titue une  amélioration  très  appréciable. 

Si  nos  dentistes  européens  découvraient 
sur  ces  données  un  émail  blanc  artificiel 
qui  remplaçât  l'émail  noir  des  Annamites, 
tout  en  possédant  les  qualités  essentielles 
de  solidité,  de  durée  et  de  finesse,  l'illu- 
sion serait  complète  avec  la  nature. 

Et  peut-être  les  maux  de  dents  dimi- 
nueraient-ils. 

C'est  un  vœu  à  formuler. 

Paul  d'Enjoy. 
(Bull,  de  la  Soc.  (V anthropologie.) 


BULLETIN  CRITIQUE. 


Publications  de  V  Ecole  française 
d'Extrême-  Orient. 

L'Ecole  française  d'Extrême- 
Orient  fondée  à  Saigon  par  M. 
Paul  Donmer,  Gouverneur-Géuéral 
de  rindo-Chiue  française  et  dirigée 
par  M.  Louis  Finot,  manifeste  la 
plus  louable  activité.  Outre  son 
Bulletin,  elle  a  entrepris  une  double 
série  de  Publications;  l'une,  grand 
in-8,  du  format  des  Publications  de 
l'Ecole  des  Langues  Orientales,  de 
Paris,  qui  comprend  déjà  trois 
ouvrages:  Numismatique  annamite 
par  le  Capitaine  Désiré  Lacroix; 
Nouvelles  Etudes  sur  les  Chams  par 
M.  A.  Cabatün  et  Phonétique  an- 
namite  par  M.  CADièRP,;  l'autre, 
in-folio,  débute  par  un  Atlas 
archéologique  de  V Indo-Chine  dû  au 
Capitaine  de  LAJONquièRE.  Enfin 


est  en  préparation  une  Bibliothèque 
de  VEcole  Française  d'Extrême- 
Orient  dont  le  premier  volume 
Eléments  de  Sanscrit  classique  par 
Victor  Hknry,  Professeur  à  l'uni- 
versité de  Paris,  est  sous  presse. 
Nous  allons  passer  en  revue  les 
volumes  de  cette  collection  qui  fait 
le  plus  grand  honneur  à  la  science 
et  à  l'esprit  d'entreprise  de  la 
jeune  Ecole. 

L  Numismatique  Annamite  par 
Désiré  Lacroix  Capitaine  d'Ar- 
tillerie de  Marine.  Saigon,  Imp. 
Ménard  et  Legro9,  gr.  in-8,  et 
Atlas  de  40  pi. 

D'excellents  comptes-rendus  de 
cet  ouvrage  ont  été  publiés  dans  le 
Jour.  Roy.  As.  Soc,  le  Journal 
Analique  et  la  Revue  Critique  par 


188 


BULLETIN    CRITIQUE. 


MM.  le  Dr.  S.  W.  Bushell,  Ed. 
Chavannes  et  Maurice  Courant. 
J'y  renvoie  le  lecteur.  La  base 
même  de  la  Numismatique  de  M. 
Lacroix  est  l'excellent  travail  de 
M.  J.  Silvestre  imprimé  à  Saigon 
en  1883:  Noies  pour  servir  à  la 
recherche  et  au  classement  des 
Monnaies  et  Médailles  de  VAnnam 
et  de  la  Cochinchine  française:,  M. 
Lacroix  a  d'ailleurs  dédié  son  livre 
à  M.  Silvestre.  «Il  faut  remonter 
jusqu'au  VP"^^  siècle  de  notre  ère, 
écrit  M.  Lacroix,  pour  entendre 
parler  pour  la  première  fois  de 
monnaies  purement  annamites. 
Jusqu'à  cette  époque,  celles  dont 
les  populations  ont  fait  usage  ont 
été  importées  par  les  Chinois.  Les 
premières  monnaies  annamites,  qui 
sont  très  rares,  sinon  introuvables, 
portent  le  chiffre  de  Thiên-B'tCc  et 
furent  émises  par  Ljf-Nam-Dê  en 
541.  Le  peu  de  durée  du  règne  de 
ce  monarque  n'a  sans  doute  pas 
permis  d'en  fabriquer  de  grandes 
quantités,  et  il  est  probable  que 
l'usage  de  cette  monnaie  fut  pros- 
crit dès  que  les  gouverneurs  chi- 
nois eurent  rétabli,  dans  le  pays, 
l'autorité  impériale  (603).  Jusqu'au 


X""®  siècle,  il  n'est  plus  question 
de  monnaies  annamites,  et  le  Kou- 
tsiuen-hoei,  traité  chinois  des  an- 
ciennes monnaies  de  cuivre,  qui 
donne  le  dessin  de  quelques  pièces 
annamites,  présente,  comme  plus 
ancien  chiffre,  celui  de  TJiâi-B\nh, 
du  règne  de  Tiên-Hoang  (968  — 
980).  A  partir  de  cette  époque,  et 
jusqu'en  1428,  plusieurs  souverains 
se  sont  abstenus  d'émettre  des 
monnaies  pour  des  raisons  diverses 
dont  il  sera  parlé  dans  le  cours 
de  cette  étude.  Ces  rois  acceptèrent 
dans  ce  cas  la  circulation  des  mon- 
naies chinoises  de  l'époque,  fondues 
daus  les  provinces  de  Quang-Si, 
Quang-Tong  et  Fou-Kien,  et  im- 
portées par  des  navires  chinois. 
Ces  monnaies  étaient  plus  petites 
que  celles  en  usage  en  Chine,  et 
portaient  le  chiffre  de  règne  des 
empereurs  qui  régnaient  alors  sur 
le  Céleste  Empire.  Les  rois  de  la 
dynastie  Le  ont  émis  des  monnaies, 
ainsi  que  les  nombreux  usurpateurs 
qui  ont  occupé  le  trône  pendant 
cette  période  si  troublée  de  1428  à 
1800;  ces  pièces  sont,  d'une  ma- 
nière générale,  en  tous  points  sem- 
blables à  celles  en  usage  en  Chine. 


BULLETIN    CRITIQUE, 


189 


Les  empereurs  de  la  dynastie  des 
Nguyen,  dont  Gia-Long  a  été  le 
fondateur,  ont  essayé  d'apporter 
quelques  changements  au  système 
monétaire  du  Céleste  Empire  suivi 
par  leurs  prédécesseurs,  principale- 
ment en  ce  qui  concerne  les  mon- 
naies en  argent,  mais  ces  modifi- 
cations n'ont  été  que  passagères  et, 
de  nos  jours,  les  habitants  du  pays 
d*Aanam  font  encore  usage  de 
monnaies  semblables  à  celles  que 
leurs  ancêtres  employaient  il  y  a 
plus  de  1300  ans».  M.  Lacroix 
étudie  les  Monnaies  dans  la  pre- 
mière partie  de  son  ouvrage;  dans 
la  deuxième,  il  décrit  successive- 
ment les  médailles  t)  royales,  2) 
amulettes,  3)  honorifiques  et  les 
décorations;  une  troisième  partie 
est  consacrée  aux  Monnaies  de 
rindo-Chine  française  et  au  Papier- 
monnaie;  à  la  fin  se  trouve  une 
table  chronologique  des  souverains 
de  TAnnam. 

II.  —  Nouvelles  recherches  sur 
les  Chams  par  Antoine  Cabaton. 
Paris,  Ernest  Leroux,  1901,  in-8, 
pp.  215. 


Les  Tchames,  ou  Tjames,  ou 
Chams,  comme  les  appelle  M.  Ca« 
baton,  sont  les  habitants  de  Tan» 
cien  royaume  de  Tchampa  que 
Bergaigne  {Jour.  As.,  1888)  nom- 
mait Campa.  Marco  Polo  et  Odoric 
de  Pordenoue  ont  parlé  de  ce  pays 
auquel  Sir  Henry  Yule  a  consacré 
une  note  dans  son  édition  du  récit 
du  célèbre  voyageur  vénitien.  M. 
Aymonier  a  fait  une  étude  spéciale 
du  peuple  tchame  et  M.  A.  Barth 
s'est  occupé  comme  Bergaigne  des 
inscriptions.  «Les  Chams,  dit  M. 
Cabaton,  constituent  une  race  à 
part,  ils  diffèrent  beaucoup  des 
Annamites.  Alors  que  ces  derniers 
sont  petits  (1"^,59  en  moyenne), 
les  Chams  atteignent  parfois  la 
taille  de  l'^jTO,  dépassant  un  peu 
celle  des  Cambodgiens....  La  cou- 
leur de  la  peau  des  Chams  varie  du 
brun  foncé  au  brun  rouge  clair.... 
[La  langue]  cham  est  un  rameau 
du  malais  qui  se  distingue  comme 
lui  par  l'invariabilité  des  mots, 
la  présence  d'affixes,  de  préfixes, 
d'infixés  et  de  suffixes  permettant 
de  varier  à  volonté  ie  sens  des 
racines  et  de  les  transformer  en 
substantifs,  verbes  actifs  ou  passifs. 


190 


BÜLLKTIN    CRITIQUE. 


C'est  une  laugue  mixte  dout  le 
fond  surtout  malais,  rempli  de 
mots  qui  se  retrouvent  dans  les 
langues  malayo-polynésiennes  (ja- 
vanais, sundanais,  bugi,  batak, 
balinais,  awaiama,  mala,  murua, 
etc.),  foisonne  d'éléments  com- 
muns aux  langues  khmère,  anna- 
mite et  chinoise  et  à  celles  des 
peuplades  «sauvages»  de  l'Iu do- 
Chine,  sans  compter  un  fort  con- 
tingent de  mots  sanscrits  et  arabes 
introduits  avec  le  brahmanisme  et 
l'islamisme». 

Outre  des  notices  sur  les  Divi- 
nités masculines  et  les  divinités 
féminines,  etc.,  les  fêtes  religieuses 
des  Chams,  des  notes  anthropologi- 
ques, des  remarques  linguistiques, 
des  principes  de  lecture  et  d'écri- 
ture chames,  M.  Cabaton  donne 
des  textes,  avec  la  transcription  et 
la  traduction.  Une  bibliographie, 
un  index  des  mots  sanscrits  et  un 
index  analytique  terminent  ce  vo- 
lume fort  intéressant. 

ni.  —  Phonétique  annamite 
{Dialecte  du  Haut-Annain)  par 
L.  Cadière,  de  la  Société  des  Mis- 
sions   étrangères   à   Paris.    Paris, 


Imp.  Nat.  (Ernest  Leroux),  1902, 
gr.  in-8,  pp.  xiii  — 113. 

M.  Cadière  entend  par  Haut- 
Annam,  les  trois  provinces  septen- 
trionales de  l'Annam,  à  savoir: 
«le  Thù'a  Thiên,  le  Quang  Tri  et 
le  Quàng  Bînh,  non  tout  entier, 
mais  jusqu'au  Sông  Gianh;  au  delà 
de  ce  fleuve  en  effet,  c'est-à-dire 
dans  la  préfecture  actuelle  de 
Quang  Trach  (ancien  Bô  Chinh), 
on  trouve  le  peuple  tonkinois  avec 
sa  physionomie  distincte  et  déjà 
quelques  particularités  dialectales». 
Le  Sông  Gianh,  ou  mieux  la  chaîne 
de  collines  dite  de  Dâ  Nhay,  dans 
le  Quàng  Binh,  était,  ainsi  que  le 
fait  remarquer  M.  Cadière,  les 
limites  de  l'Annam  et  du  Tong- 
King.  Cette  étude  est  purement 
phonétique;  M.  Cadière  ne  s'occupe 
pas  pour  le  moment  des  expres- 
sions, des  mots  particuliers  au 
dialecte,  ni  à  plus  forte  raison, 
des  formes  syntaxiques.  Cette  étude 
est  divisée  en  trois  parties  :  V  mo- 
difications des  voyelles;  2°  modifi- 
cations des  consonnes;  3°  modifi- 
cations des  accents;  dans  un  ap- 
pendice sont  mentionnées  quelques 


WÜI.LBTIW    CRITIQUE. 


191 


particularités  d'ordre  secondaire 
qui  intéresseot  la  phonétique  de 
la  laugue. 


Atlas  archéologique  de  VIndo' 
Chine  —  Monuments  du  Champa 
et  du  Cambodge  par  le  capitaine 
E.  LuNET  DE  Lajgnquièiie  de  l'in- 
fanterie coloniale*.  Paris,  Imp.  Na- 
tionale, MDCCCCI,  gr.  in-fol.,  pp. 
24  et  5  cartes. 

M.  le  capitaine  de  Lajonquière, 
attaché  avec  l'autorisation  du  Gé- 
néral Borgnis-Desbordes  pendant 
deux  ansa  l'Ecole  d'Extrême-Orient, 
a  réuni  les  matériaux  de  ce  grand 
travail  qui  nous  donne  la  liste  et 
l'emplacement  de  tous  les  monu- 
ments importants  de  l'Annam  et 
du  Cambodge  français.  Cinq  cartes 
dressées  k  l'aide  de  la  Carte  de 
rindo-Chine  au  Vsooooo  publiée  par 
l'Etat-Major  du  corps  d'occupation 
(édition  de  juin  1899)  portent 
marqués  par  des  points  rouges 
l'emplacement  des  points  archéolo- 
giques: 1°  Anuam  Sud;  2°  Ânnam 
Nord;  3°  Cambodge  Sud;  4°  Cam- 
bodge Nord;  5°  Carte  générale  de 
rindo-Chine.  Ces  cartes  sont  ac- 


compagnées de  deux  tables;  la 
première  est  un  inventaire  som- 
maire des  monuments  par  cir- 
conscriptions administratives;  la 
seconde  est  un  répertoire  alphabé- 
tique des  points  archéologiques 
contenus  dans  l'Atlas.  —  Les  anti- 
quités d'origine  chinoise  ou  anus- 
mite  ont  été  provisoirement  écar- 
tées de  ce  travail  qui  nous  marque 
en  réalité  ce  qui  nous  reste  de  la 
civilisation  hindoue  dans  l'ancien 
royaume  de  Tchampa  et  dans  la 
partie  française  du  Cambodge;  la 
partie  siamoise  du  Cambodge  sera 
étudiée  plus  tard. 

M.  L.  Finot,  Directeur  de 
l'Ecole  d'Extrême-Orient,  dit  avec 
raison  dans  la  préface  qu'il  a 
placée  en  tête  de  cet  Atlas:  «-Ou 
s'apercevra  sans  peine  que  cet 
ouvrage  surpasse  en  exactitude  et 
en  précision  tous  les  essais  tentés 
jusqu'à  ce  jour  pour  la  détermi- 
nation cartographique  des  monu- 
ments de  l'Indo-Chine.  On  appré- 
ciera peut-être  moins  facilement 
tout  ce  qu'il  représente  de  labeur 
et  de  véritable  dévouement». 
Henri  Cordikr. 


CHRONIQUE. 


ALLEMAGNE  ET  AUTRICHE. 

Notre  collaborateur,  Monsieur  le  Docteur  Friedrich  Hirth,  a  été  appelé  à  la 
nouvelle  chaire  de  Chinois  créée  à  la  Columbia  University  à  New- York. 

Il  est  vraiment  à  regretter  que  l'Allemagne  se  laisse  enlever  son  meilleur 
Sinologue,  au  lieu  de  lui  offrir  la  chaire  de  Chinois  classique  à  Berlin  laissée 
vacante  depuis  le  décès  de  Von  der  Gabelentz.  Nous  apprenons  encore  que  M. 
Hirth  se  rendra  pour  un  an  à  Saint  Pétersbourg  où  l'Académie  impériale  des 
Sciences  l'a  chargé  de  faire  le  catalogue  de  ses  livres  et  manuscrits  chinois. 

Berlin,  l"  mai.  —  Le  comte  de  Waldersee,  de  passage  à  Dresde,  a  déclaré  à 
un  rédacteur  du  Dresd  Anzeiger,  qu'il  était  allé  en  Chine  pour  prévenir  et 
apaiser  les  conflits  entre  nations  rivales.  Il  a  réussi  à  adoucir  les  frottements 
entre  les  Russes  et  les  Anglais.  Le  maréchal  de  Waldersee  a  fait  l'éloge  du 
général  Bailloud,  qui  voit  les  intérêts  vitaux  de  la  France  dans  le  développe- 
ment de  son  empire  colonial. 

Le  comte  de  Waldersee  attribue  la  grande  réserve  des  officiers  russes  à  leurs 
sentiments  germanophobes  datant  du  Congrès  de  Berlin. 

Selon  le  maréchal  de  Waldersee,  le  traité  anglo-japonais  a  une  impoi'ti\nce 
capitale. 

Les  Japonais  considèrent  la  guerre  avec  la  Russie  comme  inévitable  et  s'y 
préparent  activement. 

De  son  côté,  la  Russie  profite  des  délais  pour  fortifier  les  points  faibles. 

Il  a  ajouté  que  toutes  les  puissances  sont  attirées  vers  la  vallée  du  Yang-Tsé 
à  cause  de  ses  richesses. 

CHINE. 

Pékin,  6  mai.  —  La  légation  française  n'a  pas  reçu  d'autres  nouvelles  du 
théâtre  des  troubles  locaux,  dans  le  sud-est  de  la  province  du  Tchi-Li.  Un  mis- 
sionnaire anglais  dans  un  village  voisin  annonce  que  les  troubles  n'ont  atteint 
qu'un  seul  district. 


CHRONIQUE.  193 

Le  P.  M.  Lomuller,  S.  J.,  lorsqu'il  a  été  assassiné,  voyageait  seul,  sans  escorte, 
et  sans  avoir  prévenu  les  autorités  cliinoises.  Il  n'y  a  aucune  raison  pour  douter 
que  Youan  Clii-k'a'j  ne  puisse  réprimer  promptement  les  troubles.  (Tim<ui.) 

Pékin,  6  mai.  —  Le  consul  Kahn,  qui  représente  la  légation  françiiise,  est 
arrivé  à  Tcheng-Ting-Fou,  où  il  s'arrêtera  pour  l'aire  une  enquête  au  sujet  du 
meurtre  récent  d'un  jésuite  français. 

D'après  des  informations  relatives  aux  causes  de  la  révolte  actuelle,  il  parait 
que  certains  fonctionnaires  ont  fait  payer  à  plusieurs  Chinois  le  privilège  de 
s'enrôler  dans  l'armée  de  Youan  Chi-k'aï,  .sous  prétexte  qu'ils  devaient  recevoir 
un  uniforme  et  une  solde  convenable.  Non  seulament  ils  n'ont  reçu  ni  l'uni- 
forme ni  la  solde,  mais  encore  ils  ont  été  victimes  d'autres  exactions. 

On  se  plaint  beaucoup  de  ce  que  les  propriétés  des  convertis,  saisies  en  19(X), 
n'aient  pas  été  restituées  aux  propriétaires,  comme  il  avait  été  stipulé  aux  ter- 
mes de  l'accord  de  Tchou-Fou.  (Laffan.) 

Pékin,  7  mai.  —  Mgr.  Favier  a  été  informé  que  10,000  hommes  armés,  pos- 
sédant plusieurs  canons  et  un  grand  nombre  de  pièces  d'artillerie,  prennent 
part  au  soulèvement  du  Tchi-li.  Mgr.  Favier  doute  que  les  soldats  envoyés  par 
Youan  Chi-k'aï  soient  assez  nombreux  pour  soumettre  les  rebelles.  Les  troupes 
de  Youan  Chi-k'aï  doivent  être  arrivées,  aujourd'hui,  avec  dix  canons  Gatling, 
sur  les  lieux  des  troubles. 

C'était  des  recrues  qui  avaient  pris  part  aux  rencontres^ précédentes.  Le  chef 
du  soulèvement  est  un  mandarin  militaire  qui  a  massacré  sa  famille  pour  la 
soustraire  à  des  châtiments  au  cas  où  il  subirait  un  échec. 

Les  représentants  diplomatiques  des  diverses  puissances  se  sont  réunis,  au- 
jourd'hui, et  ont  fait  subir  aux  réclamations  pécuniaires  certaines  réductions, 
afin  de  les  proportionner  au  montant  de  l'indemnité.  Ils  ont  décidé  qu'il  ne 
leur  appartenait  pas  de  donner  une  interprétation  du  protocole  au  sujet  de 
plusieurs  questions  relatives  aux  douanes  qui  leur  étaient  soumises  par  sir 
Robert  Hart. 

Lyon,  7  mai.  —  Les  récentes  nouvelles  de  Chine  ont  mentionné  le  massacre 
d'un  missionnaire  français  dans  la  région  de  Wei-Hien  et  de  Taï-Ming-Fou. 
D'après  les  Missions  catholiques,  il  s'agit  du  P.  Lomuller,  Jésuite  originaire  de 
Saint-Dié.  Il  était  âgé  de  cinquante  ans,  et  il  y  avait  treize  ans  qu'il  était  en 
Chine.  C'était  un  ancien  médecin-major  de  l'armée  française. 

Les  troupes  du  général  Youan  Chi-k'aï  ont  rencontré,  le  9  du  coui-ant,  3,000 
rebelles  du  sud  du  Tchi-Li,  dans  une  position  fortifiée.  Elles  ont  tué  un  millier 
de  Boxeuts;  le  commandant  en  second  et  les  autres  rebelles  se  sont  enfuis. 

On  raconte  à  Peking  que  la  fin  de  l'engagement  a  i-essemblé  à  un  massaci-e 

14 


194  CHRONIQUE. 

et    que   les    soldats  ont  tué  impitoyablement  tous  les  blessés  ;  200  rebelles  ont 
été  tués  dans  un  autre  engagement. 

On  considère  la  rebellion  comme  réprimée.  Les  ministres  des  puissances  re- 
présentées dans  le  gouvernement  provisoire  de  Tien-Tsin  ont  commencé  aujour- 
d'hui à  élaborer  les  conditions  auxquelles  le  gouvernement  de  la  ville  sera 
bientôt  remis  aux  Chinois. 

Marseille,  17  mai.  —  Le  Persia,  de  la  Compagnie  péninsulaire  orientale, 
courrier  de  Colombo  et  de  Bombay,  est  arrivé  ce  matin  avec  320  passagers, 
dont  plusieurs  officiei's  supérieurs  anglais  et  quatre  rajahs  accompagnés  d'une 
suite  nombreuse  et  se  rendant  aux  fêtes  du  couronnement  d'Edouard  VIL 

Le  navire  apporte  de  Chine  les  nouvelles  suivantes: 

Dans  le  Kouang-Si,  la  rébellion  a  pris  des  proportions  extrêmement  graves. 
Le  vice-roi  de  Canton,  Tao-Mou,  a  envoyé  le  général  Ma  et  deux  bataillons  pour 
joindre  le  maréchal  Sou.  Le  général  Ma  a  attaqué  les  rebelles  à  Fang-Cheng. 
La  bataille  a  duré  deux  jours  et  le  général  a  dû  batti'e  en  retraite.  La  ville 
de  Fang-Cheng  est  tombée  au  pouvoir  de  l'ennemi,  qui  y  a  établi  son  quartier- 
général  après  l'avoir  pillée.  Les  mandarins  ont  été  faits  prisonniers.  En  ce  mo- 
ment, la  révolte  s'étend  aux  trois  provinces  de  Kouang-Si,  de  Quang-Tang  et 
de  la  frontière  du  Yun-nan.  Toutes  les  affaires  sont  suspendues. 

Après  la  défaite  de  Fang-Cheng,  le  général  Ma  et  le  maréchal  essayèrent  de 
se  joindre;  mais  les  rebelles,  qui  occupaient  les  points  stratégiques  les  plus 
importants,  les  en  empêchèrent.  La  plupart  des  soldats  des  troupes  impériales 
ont  passé  à  l'ennemi,  qui  leur  pi'omet  une  solde  plus  élevée  et  leur  assure  le 
pillage. 

Le  chef  des  rebelles  est  un  nommé  Houng-Ming,  parent  éloigné  du  célèbre 
chef  de  la  révolte  de  T'ai-P'ings.  C'était  un  officier  de  l'armée  régulière,  mais, 
à  la  suite  de  désagréments  personnels,  il  se  retira  dans  le  Kouang-Si  il  y  a 
deux  ans.  Depuis  il  ne  cessa  de  prêcher  au  peuple  l'incapacité  de  la  famille 
régnante  et  la  nécessité  de  fonder  un  royaume  indépendant. 

Les  rebelles  ont  remporté  des  victoires  successives;  le  21  mars,  deux  mille 
hommes  du  maréchal  Sou  passaient  à  l'ennemi  et,  avec  les  rebelles,  s'emparaient 
de  la  ville  de  Kou-tchéou;  ils  occupaient  les  arsenaux,  prenaient  possession  des 
greniers  et  délivraient  les  prisonniers. 

D'après  les  dei'nières  nouvelles  de  Canton,  la  situation  est  si  grave  que  le 
vice-roi  a  imposé  la  censure  télégraphique  et  interdit  toute  publication  relative 
au  Kouang-Si.  Depuis  le  mois  de  mars,  cependant,  la  situation  s'est,  paraît-il, 
améliorée,  mais  elle  demeure  grave  et  menaçante. 

Beaucoup  pensent  que  cet  état  de  choses  ne  fera  qu'empirer  si  une  fois  pour 
toutes  on  ne  se  décide  à  agir  énergiquement.  Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue,  en 
effet,  que  les  mandarins  se  disent  impuissants  et  laissent  faire. 

La   fameuse    bande   qui    a    tant  fait  parler  d'elle  dans  la  région,  assassinant 


CHRONTQUK.  195 

Martin  et  attaquant  la  gendaimerie  de  Dap-Cau,  vient  de  faire  sa  soumisHion. 
i^es  chefs  et  quatre  lieutenants  se  sont  rendus,  mai«  les  simples  bandits  cou- 
rent encore. 

Le  chef  a  avoué  s'être  rendu  coupable  de  nonibreux  assassinats  et  pillages; 
quant  au  meurtre  de  Martin,  il  l'attribue  au  propre  boy  de  la  victime.  Les 
bandits  ont  été  mis  à  la  disposition  du  procureur  de  la  République  d'Hanoï  et 
transférés  au  chemin  de  fer  sous  bonne  escorte. 

Hong-Kong,  9  mai  (par  dépêche).  —  Suivant  une  correspondance  de  Wou- 
tcheou,  les  rebelles  auraient  bombardé  Nanning-Fou  le  27  avril,  pendant  trois 
heures.  Ils  auraient  employé  des  pièces  d'artillerie  modernes.  De  trois  à  quatre 
cents  habitants  auraient  été  tués.  Les  assiégeants  se  seraient  ensuite  retirés 
dans  les  montagnes. 

On  annonce  de  Canton  que  deux  régiments  de  vétérans  ont  été  envoyés  à 
Nanning-Fou. 

Herlin,  9  mai  (par  dépêché).  —  On  télégraphie  de  Hong-Kong,  le  7  mai: 

Les  nouvelles  relatives  au  mouvement  du  Sud  du  Tchili  sont  meilleures.  Il 
ne  s'agit  pas  d'un  soulèvement  général  contre  les  étrangers  comme  celui  des 
Voxel's. 

Il  s'est  produit,  dans  des  districts  très  peu  étendus,  des  actes  de  violence 
contre  les  missionnaires;  mais  les  renseignements  donnés  à  ce  sujet  n'étaient 
pas  exempts  d'exagération. 

On  est  convaincu  que  les  troupes  chinoises,  malgré  la  défaite  qu'elles  ont 
essuyées,  .sont  capables  de  résister  au  mouvement,  qui  est  probablement  déjà  en 
décroissance. 

La  révolte  des  Deux  Kouang  est  aussi  envisagée  ici  d'une  façon  plus  calme 
que  dans  les  sphères  françaises  de  Canton. 

Herlin,  12  mai  (par  dépêche).  —  On  mande  de  Chang-Haï: 
D'après  une  information  venant  de  Peking,  l'envoyé  de  Russie  a  protesté 
formellement  auprès  du  gouvernement  chinois  contre  la  convention  relative  au 
nouveau  chemin  de  fer  angio  chinois  et  plus  spécialement  contra  la  clause  de 
cette  convention  instituant  une  vice-direction  militaire  étrangère.  Le  repn'^sentant 
des  Etats-Unis  se  montrerait  également  peu  sympathique  à  cette  convention. 

Selon  une  affirmation  russe,  la  convention  renfermerait  un  article  reconnais- 
sant aussi  à  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  l'octroi  de  conce.ssions  pour  les 
lignes  suivantes:  de  Tien-Tsin  à  Pao-Ting-Fou,  de  Toung-Tcheou,  directement 
à  Tang-tcheou;  et  de  Peking,  dans  la  direction  de  Kalgan. 

Pék)ng,  16  mai  (par  dépêche)  (source  anglaise).  —  Les  puissances  et  su ilout 
la  Russie  s'opposent  à  un  second  accord  anglo-chinois  relatif  à  des  chemins  de 
fer,   et   qui  interdit  aux   puissances  étrangères  d'avoir  la  haute  main  sur  tous 


196  CHRONIQUE. 

autres  chemins  de  fer  dans  un  périmètre  de  80  milles  du  chemin  de  fer  de 
Peking  à  Chan-Haï-Kouan.  Aucun  chemin  de  fer  dans  le  nord  ne  pourra  être 
sous  la  dépense  d'une  puissance  étrangère  quelconque. 

Les  lignes  de  Tien-Tsin  et  de  Pao-Ting-Fou  qui  intéressent  la  France  et 
l'Amérique,  les  lignes  de  la  Grande-Muraille  à  Peking,  qui  intéressent  la  Russie, 
sont  spécialement  mentionnées. 

Les  Russes  déclarent  qu'ils  n'évacueront  pas  la  Mandchourie  si  l'Angleterre 
persiste  dans  ses  prétentions. 

COREE. 

L'ingénieur  en  chef  Lefèvre  a  posé  le  4  mai  le  premier  rail  de  la  section 
Séoul-Sougdo,  de  la  ligne  Séoul-Wiju.  Les  représentants  de  la  France  et  du 
Japon,  ainsi  que  des  ministres  coréens,  ont  pris  la  parole. 

Cologne,  13  mai  {par  dépêche).  —  On  mande  de  Saint-Péterebourg  à  la 
Gazette  de  Cologne  : 

Un  différend  vient  d'éclater  entre  la  Russie  et  la  Corée.  Les  fonctionnaires 
coréens  ont  fait  enlever  des  poteaux  télégraphiques  placés  par  les  Russes. 

L'envoyé  russe  à  Séoul  a  demandé  réparation  au  gouvernement  coréen,  fai- 
sant rémarquer  que  la  conduite  des  fonctionnaires  coréens  constituait  une  vio- 
lation du  droit  international. 

FRANCE. 

M.  A.  VissiÈRE  a  dressé  pour  le  Ministère  des  Affaires  étrangères  des  Tables 
de  Transcription  française  des  sons  chinois  comprenant:  i"  Une  liste  de  noms 
géographiques;  2"  un  répertoire  alphabétique  de  noms  de  personnes;  3^  une 
liste  des  syllabes  de  la  langue  raandaiùne  de  Peking.  Ce  système  de  transcription 
a  été  adopté  par  la  Société  de  Géographie  de  Paris.  M.  Vissière  a  donné  l'ex- 
plication de  sa  Méthode  dans  un  article  inséré  dans  le  Bulletin  du  Comité  de 
VAsic  Française,  dont  il  a  été  fait  un  tirage  à  part.  M.  Vissière  adopte  la 
méthode  de  transcription  de  Stanislas  Julien  mais  en  l'adaptant  à  la  langue  de 
Peking. 

INDO-CHINE. 

De  VEcho  de  Paris: 

Le  jeune  éléphant,  adressé  par  le  gouverneur  général  de  l'Indo-Chine  au 
Jardin  des  Plantes  où  il  est  arrivé  la  semaine  dernière,  se  porte  bien. 

Il  est  déjà  remis  des  fatigues  de  son  long  voyage,  et  il  commence  à  ressentir 
moins  vivement,  le  froid  de  notre  pays. 

L'animal  a  été  logé  dans  une  écurie  du  quartier  d'hivernage,  où  il  restera 


CHRONIQUK.  197 

plusieurs  années  avant  d'être  mis  en  compagnie  do  Koutch,  de  Said  et  des 
autres  »''i»''phants. 

Actuellement,  il  ne  .serait  pas  en  état  de  se  défendre  contre  les  brutalités 
de  l'énorme  Said,  qui  passe  pour  un  assez  mauvais  voisin  de  box. 

Le  Jardin  des  Plantes  possède  maintenant  cinq  éléphants,  de  tailles  très 
difTérentes,  depuis  Saïd,  qui  a  3  m.  75  de  hauteur,  jusqu'au  dernier  arrivant 
qui  ne  dépasse  pas  1  m.  60. 

D'autre  part,  la  ménagerie  vient  de  recovoii-,  du  docteur  Macau,  une  panthère 
d'Afrique,  et  un  rotamochoère,  sorte  de  petit  sanglier  qui  vit  principalement 
dans  l'Afrique  centrale. 

JAPON. 

Selon  le  Times,  la  flotte  de  guerre  du  Japon  a  actuellement  une  capacité  de 
245,000  tonnes.  En  1905  elle  en  contiendra  255,000.  Plus  tard,  le  gouverne- 
ment japonais  a  l'intention  de  faire  construire  dix  navires  avec  une  capacité  de 
■100,000  tonnes  qui  coûteront  cent  millions  de  yen.  Seulement,  on  ne  sait  pas 
encore  comment  et  où  trouver  l'argent  nécessaire. 

De  Tokio  on  annonce  au  Times,  le  12  mai,  que  la  police  japonaise  mène  une 
active  campagne  contre  les  journaux  coupables  de  chantage.  Beaucoup  d'arresta- 
tions ont  déjà  eu  lieu. 


BIBLIOGRAPHIE. 


LIVRES  NOUVEAUX. 

La  livraison  d'Avril  des  «Mittheilungeu  der  Deutschen  Gesell- 
schaft für  Natur-  und  Völkerkunde  Ostasieos»  (Vol.  VIII,  3)  con- 
tient un  article  du  Dr.  L.  Biëss  sur  le  navigateur  anglais  au  Japon 
«William  Adam  and  his  grave  in  Hemimura*,  uu  du  pasteur  E. 
Schiller  «Japanische  Geschenksitten»  illustré  de  4  gravures  ainsi 
qu'un  long  article  du  Dr.  K.  Florenz  «Neue  Bewegungen  zur 
Japanischen  Schriftreforra»  discutant  les  derniers  mouvements  faits 
au  Japon  pour  réformer  l'écriture  japonaise. 

Comme  on  le  sait,  la  première  réforme  eut  lieu  en  1885  quand 
la  Rômaji-kwai,  la  Société  pour  l'écriture  romaine,  fut  proposée. 
Elle  n'a  pas  eu  de  succès  et  s'est  éteinte  en  peu  d'années.  La 
seconde  réforme  ne  date  que  de  l'année  1899;  mais  ce  n'est  que  depuis 
deux  ans  qu'on  a  commencé  à  s'occuper  plus  sérieusement  d'une 
réforme  qui  doit  tendre  avec  le  temps  à  débarrasser  l'écriture  japo- 
naise des  caractères  chinois  qui  l'encombrent.  Mais,  selon  le  Dr. 
Florenz  cela  durera  encore  bien  des  années  avant  qu'on  réussisse 
dans  cette  tentative,  car  les  Japonais  sont  au  dernier  degré  con- 
servateurs malgré  les  illusions  occidentales  qui  se  bercent  dans  l'idée 
que  les  réformes  politiques  et  sociales  du  Japon,  ont  transformé  ce 


BIBLIOOIUPHIE.  199 

conservatisme  en  larges  idées  progressives.  La  Chine  restera  toujours, 
dans  les  idées  japonaises,  le  pays  auquel  le  Japou  doit  sa  première 
civilisi^tion,  sou  premier  culte  (le  Bouddhisme)  et  ses  premières 
sciences  et  surtout  l'écriture  (chinoise),  car  les  Japonais  n'en  pos- 
sédaient aucune  auparavant. 

Ce  n'est,  pour  ainsi  dire,  que  d'hier,  que  les  savants  en  Europe 
ont,  partiellement,  abandonné  le  Latin  dans  leurs  écrits,  et  il  faudra 
donc  énormément  de  temps  avant  que  les  Japonais  abandonnent 
l'écriture  chinoise  sacrée  pour  une  écriture  vulgaire,  qui,  après  tout, 
sera  toujours  basée  sur  l'écriture  chinoise. 

Les  Japonais  auraient  mieux  fait  d'adopter  l'alphabet  latin,  qui 
devra  pourtant  être  accepté  plus  tard,  et  qui  faciliterait  énormément 
les  relations  littéraires  entre  le  Japon  et  l'Occident. 


Le  Bulletin  de  l'Ecole  française  d'Extrême-Orient,  Janvier— Mars 
1902,  contient  un  article  du  Directeur,  M.  Finot,  sur  la  transcription 
adoptée  pour  le  Cambodgien;  une  description  du  Sanctuaire  de 
Po-Nagar  à  Nhatrang  par  M.  Paumkntieu,  et  une  Géographie  his- 
torique du  Quang  Binh  d'après  les  Annales  impériales  par  le  R.  P. 
Cadière. 

Ensuite  des  Notes  sur  Çanf  et  Campa  par  M.  Barth,  une  sur 
l'exécution  des  fouilles  par  M.  Paumentibr  et  une  de  M.  Odkmd'hal 
sur  l'existence  de  ruines  à  Giam-Biêu. 

Dans  la  «Bibliographie»  M.  Pelliot  donne  un  compte-rendu 
critique  de  mon  article  sur  Sumatra,  dans  lequel  il  me  reproche  de 
transcrire  les  caractères  ^  ^  dans  çrîbodja,  çrxgupta^  etc.  par  m 
et  non  pas  par  çri.  Je  ferai  remarquer  à  M.  Pelliot  que  les  Malais 
ne  peuvent   pas   prononcer  le   ç   palatal   sanskrit,   et  qu'ils  le  rem- 


200  BIBLIOGRAPHIE. 

placent  par  un  s  dental.  Le  Sanskrit  çri  devient  toujours  eu  Malais 
sert  et  srI,  comme  il  devient  sïrî  en  Pâli. 

Or  I-tsing,  ayant  entendu  ces  mots  de  la  bouche  des  Malais  de 
la  côte  orientale  de  Sumatra,  a  certainement  voulu  transcrire  par 
^  Tpl]   sit-li  (=  sir-ri)  le  mot  malais  ser«,  contracté  en  Sri. 


Souvenirs  de  la  révolte  des  T'aï  Ping 

(1802—1863) 


PAR 


M.  le  CommandaDt  DE  MAROLLES.  ') 


-c£xa>»» 


1863. 

Le  6  Mars,  la  Renommée^  frégate  de  V^^  raug,  mouille  à  Wou-soung, 
après  une  traversée  fort  pénible  faite  à  contre-mousson.  Les  nouvelles 
que  l'on  me  communique  sont  très  graves:  les  T'aï  P'ing  ^  2^  sont 
en  nombre  autour  de  Chang-haï  et  de  Wou-soung,  qu'ils  bloquent, 
espérant  les  affamer,  mais  n'osant  les  attaquer.  Presque  tout  est  tué 
ou  brûlé  par  eux.  Les  jeunes  garçons,  les  jeunes  filles  sont  épargnés. 
Les  deux  cours  d'eau  de  Chang-haï  charrient  constamment  des  cadavres. 
Les  habitants  des  campagnes  qui  ont  pu  s'enfuir,  se  réfugient  par 
milliers  à  Wou-soung  et  à  Chang-haï.  La  population  de  cette  der- 
nière ville  se  monte  maintenant  à  trois  millions  et  celle  de  Wou-soung  à 
200,000.   Les   femmes  et  les  enfants  sont  logés  tant  bien  que  mal, 


1)  M.  le  Commandant  de  Marolles,  Juks-ÄuguHe,  qui  a  &rit  pour  moi  ces  souvenirs, 
après  avoir  été  an  des  officiers  les  plus  distingués  de  la  marine  française,  paue  sa  verte  vieillesse 
dans  la  retraite  à  Tours.  Né  à  Batavia,  le  26  décembre  1809,  M.  de  Marolles,  capitaine 
de  frégate  le  8  mars  1854,  fut  nommé  capitaine  de  vaisseau  le  9  mai  1863;  il  fut  admis 
à  la  retraite  le  25  déc.  1869.  Le  commandant  Jioais  de  Marolles,  dn  A'Entrecatteaux,  qui 
prit  part  d'une  manière  brillante  à  l'expédition  de  l'amiral  Seynour,  à  Tien-Tsin,  en  1900, 
à  la  tête  du  contingent  français,  est  le  fils  du  commandant  J.  Â.  de  Marolles.  Le  Com- 
mandant de  Marolles  vient  de  mourir  à  Tours,  le  80  avril   1902,  dans  sa  93*  année. 

15 


äÖ2 


J.    A.    DK    MAROLLES. 


dans  des  hangars,  magasins  et  les  hommes  campent  dans  la  rue 
ou  dans  les  environs  immédiats. 

Depuis  quelque  temps  déjà,  le  moment  était  cependant  bien  fa- 
vorable aux  rebelles  pour  se  créer  un  empire  dans  le  Sud  de  la  Chine. 
L'Empereur  était  vaincu  et  avait  dû  signer  un  traité  qui  l'amoin- 
drissait aux  yeux  de  ses  sujets;  tout  aventurier  intelligent  et  am- 
bitieux pouvait  se  tailler  un  royaume  dans  l'immense  empire  chinois, 
sans  toucher  aux  diverses  croyances  des  populations.  Les  T'aï-P'ing 
ne  le  comprirent  pas:  leurs  chefs,  dont  quelques-uns  avaient  fré- 
quenté une  école  protestante  à  Hong-Kong,  ne  surent  que  détruire 
et  tuer,  sans  rien  édifier.  Il  y  eut  des  tentatives  faites  pour  traiter 
avec  eux:  elles  ne  purent  jamais  aboutir.  On  se  trouvait  en  pré- 
sence de  barbares  qui  ne  comprenaient  rien,  sauf  la  destruction. 
Il  eût  cependant  été  d'une  bonne  et  heureuse  politique  de  concourir 
à  former  un  Etat  différent,  sous  plusieurs  côtés,  qui  eût  été  diffé- 
rent de  la  Chine  actuelle  et  qui  n'eût  pas  été  profondément  hostile 
aux  Européens. 

Les  T'aï-P'ing  n'étant  qu'un  ramassis  de  brigands,  les  Français 
et  les  Anglais  devinrent  naturellement  leurs  ennemis,  et  ils  tâchent 
de  nous  faire  le  plus  de  mal  possible,  sans  cependant  nous  attaquer. 
Hier,  ils  ont  assassiné  un  père  Jésuite  qui  s'était  aventuré  dans  la 
campagne  pour  porter  des  secours  spirituels  dans  un  pauvre  village 
chrétien,  non  encore  visité  par  l'ennemi. 

7  Mars.  —  Parti  pour  Chang-Haï  sur  un  petit  vapeur  ;  toute  la 
campagne  est  dévastée  jusqu'à  4  kil.  de  la  ville.  Je  vois  l'amiral  Protêt, 
commandant  la  station  des  Mers  de  Chine,  qui  attend  impatiemment 
l'arrivée  de  la  Renommée  pour  y  arborer  son  pavillon.  Visité  la 
concession  anglaise  qui  devient  une  véritable  ville  et  qui  est  déjà 
le  centre  d'un  commerce  important.  Quant  à  la  concession  française, 
elle  contient  une  église  et  pas  même  un  consulat  français.  Le  con- 
sulat général  de  France  est  géré  par  un  Suisse.  Les  Anglais  n'ont 


■SUUVKMK8    DE    LA     REVOLTE    1)K8    T'aÏ-P*INO.  1200 

pas  voulu  qu'uu  seul  Chinois  habitât  auprès  d'eux;  il  en  est  tout 
autre  pour  la  concession  française,  où  beaucoup  de  marchands  chi- 
nois sont  devenus  propriétaires  de  petites  boutiques.  Chez  les  uns, 
ou  remarque  l'activité,  un  grand  mouvement  commercial;  chez  les 
autres,  tout  est  tranquille,  on  y  voit  de  petites  boutiques  chinoises. 

Au  delà  de  la  concession  française,  est  la  ville  chinoise  de 
Chang-Haï.  Petites  rues  sales  et  quelquefois  infectes. 

Le  port  est  plein  de  navires  anglais  et  américains,  quant  aux 
pavillons  français,  danois,  hambourgeois,  hollandais,  il  est  par  mo- 
ments, de  2  à  4.  Il  ne  se  trouve  à  Chang-Haï  que  deux  négociants 
français  de  3^  ordre,  et  2  suisses.  —  Tout  le  commerce  de  la  soie 
est  entre  les  mains  des  Anglais;  ils  expédient  leur  soie  à  Londres, 
pour  que  de  là,  elle  revienne  à  Lyon,  à  Nîmes.  Quand,  à  mon  re- 
tour, j'en  parlai  à  un  grand  fabricant,  il  me  fit  cette  réponse  typi- 
que: «J'aime  bien  mieux  ^ller  à  Londres  acheter  ma  soie,  je  choisis 
les  sortes  dont  j'ai  besoin».  Dès  que  les  marchands  de  Londres 
apprirent  qu'il  était  enfin  question  de  faire  de  Marseille  un  entrepôt 
pour  la  soie,  ils  ne  firent  pas  payer  aux  Français  le  trajet  de 
Marseille  à  Londres.  Le  fabricant  de  Lyon  n'eut  à  payer  aux  Anglais 
que  le  port  de  Marseille  à  Lyon. 

En  face  de  la  ville  chinoise  sont  des  jonques,  au  nombre  de 
plusieurs  centaines;  tout  indique  un  commerce  local  très  actif. 

L'Amiral  Protêt,  que  je  vois  à  mon  arrivée  à  Chang-Haï  me 
rend  compte  de  ses  projets;  il  se  propose,  conjointement  avec  l'Amiral 
anglais,  de  refouler  les  T'aï-P'ing  dans  l'intérieur  du  pays,  de  dégager 
Chang-hai  de  l'étreinte  de  l'ennemi,  de  manière  que  la  soie  et  les 
autres  produits  de  la  Chine  puissent  arriver  en  ville,  et  que  par 
réciprocité  l'opium  de  l'Inde  y  soit  introduit,  le  tout  à  la  grande 
satisfaction  du  commerce  anglais,  car  le  nôtre  est  nul. 

Je  fais  la  connaissance  du  P.  Lemaitre,  supérieur  de  la  mission 
des  Jésuites  dans  la  province,  homme  très  intelligent,  sachant  bien 


äÖ4  J.     A.    ÜK    ^A  UOLLB«. 

le  chinois,  très  aimable  en  outre,  ayant  déjà  douze  ans  de  séjour 
en  Chine;  ce  prêtre  eminent  nous  a  rendu  des  services  signalés 
pendant  toutes  les  campagnes  que  nous  avons  entreprises  contre  les 
T'aï-P'ing.  Dès  que  nous  fîmes  des  prisonniers,  c'était  le  P.  Lemaître 
qui  les  questionnait  et  malgré  leurs  réticences  et  leurs  mensonges, 
il  parvenait  toujours  à  leur  arracher  de  bons  renseiguements. 
L'amiral  anglais,  quoique  protestant,  en  faisait  le  plus  grand  cas 
et  le  consultait  souvent.  Le  P.  Lemaître  me  disait  quelque  temps 
après,  qu'un  missionnaire  catholique  ne  restait  guère  plus  de  14  ans 
dans  sa  province:  arrivé  jeune,  les  fatigues  de  l'apostolat  et  la  fièvre 
en  avaient  raison  et  il  mourait;  c'est  ce  qui  est  arrivé  au  P.  Le- 
maître qui  s'est  éteint  avant  mon  départ  de  Chine  '). 

19.  —  Le  Contre-amiral  Protêt  arbore  son  pavillon  sur  la  Renommée. 

22.  —  Les  T'aï-p'ïng  se  rapprochent  de  la  rive  droite  pendant  toute 
la  journée,  la  population  chinoise  vient.se  réfugier  en  ville  ;  partout 
ce  sont  des  cris,  des  hurlements  en  traversant  la  rivière.  L'amiral 
anglais  nous  fait  prévenir  qu'il  va  débarquer  sur  la  rive  droite  avec 
sou  infanterie  de  marine.  Nous  tenons  prête  notre  compagnie  de 
débarquement  pour  le  secourir.  A  2  heures,  les  Anglais  se  rembar- 
quent et  à  3  heures  l'amiral  anglais  arrive  dans  un  mauvais  sam- 
pan avec  trois  soldats.  Il  nous  apprend  qu'il  a  renvoyé  son  monde 
pour  dîner,  qu'il  est  resté  dans  une  maison  avec  ses  trois  soldats, 
qu'il  a  été  entouré  par  quelques  T'aï-P'ing,  qui  n'étant  pas  très 
belliqueuXj  l'ont  laissé  se  sauver  tout  en  se  servant  de  son  revolver. 
On  a  beaucoup  ri  à  Chang-Haï  de  cette  sotte  aventure. 

Nous  apprenons  par  une  de  nos  chaloupes  à  vapeur,  envoyée 
en  reconnaissance  dans  le  haut  de  la  rivière,  qu'il  y  a  plusieurs 
camps  de  T'aï-P'ing  en  amont;  l'un  d'eux  a  tiré  sur  la  canonnière 
qui    a    riposté.    Depuis   deux  jours,   la  petite   rivière  qui  sépare  la 


1)  [Mathuria  Lemaître,  né  le  1"  janvier  1816;  f  à  Chang-Haï,  le  3  mai  18ô3.] 


SOUVENIRS  DE  LA  RÉVOLTE  DKS  T'aÏ-P'INO.  205 

concession  anglaise  de  la  concession  américaine  charrie  beaucoup  de 
cadavres;  les  T'aï-P'ing  dévastent  tout  le  pays  en  amont  de  la 
rivière,  tuant  les  hommes  et  les  vieillards;  ils  voulaient  épargner 
les  jeunes  femmes,  mais  celles-ci  se  trouvant  entre  Tenuemi  et  la 
rivière,  se  jetèrent  à  l'eau  avec  leurs  enfants,  et  de  fait,  en  exa- 
minant ces  cadavres,  aucune  d'elles  n'avait  de  blessures.  Nous  avons 
trouvé  une  jeune  femme  étendue  sur  la  berge,  nous  voulûmes  voir 
si  elle  vivait  encore;  sa  culotte  contenait  un  assez  gros  paquet: 
elle  était  morte  et  avait  accouché  dans  l'eau,  l'enfant  mourut  une 
demi-heure  après. 

31.  —  Promenade  militaire  de  toutes  les  compagnies  de  débarque- 
ment; traversé  la  concession  française  et  été  à  Zi-ka-wei.  Je  commande 
tout  ce  monde.  Comme  c'est  Dimanche,  nous  entendons  la  messe, 
puis  vient  le  dîner  auquel  le  taotaï  a  ajouté  un  ample  supplément. 
Retour  le  soir.  Zi-ka-wei  depuis  l'approche  des  T'aï-p'ing,  a  reçu 
quelques  fortifications  de  campagne  et  une  compagnie  d'infanterie 
pour  garnison.  Les  rebelles  ne  sont  pas  loin,  il  y  a  en  face  d'eux 
un  camp  chinois,  mais  ils  se  donnent  bien  garde  de  l'attaquer;  tout 
se  réduit  à  échanger  de  temps  eu  temps  quelques  coups  de  canon. 

J'oublie  de  mentionner  qu'à  notre  troupe,  était  jointe  une  batte- 
rie de  campagne  chinoise,  formée  dernièrement  par  un  capitaine 
d'artillerie  de  l'Ecole  Polytechnique,  Tardif  de  Moidrey,  elle  ma- 
noeuvrait fort  bien  '). 

Une  chose  irrite  profondément  les  Chinois;  c'est  que  les  T*aï- 
P'ing   ne  portent  pas  la  queue   et  ne  se  rasent  pas  la  tête;  leurs 


1)  Quand  tonte  l'expédition  de  PAing  reçut  l'ordre  de  rentrer  en  Frtnce,  elle  fit 
successivement  étape  à  Chnng-Haï,  Hong-kong  etc.  On  avait  l'idée  de  former  une  batterie 
d'artillerie,  mais  il  fallait  au  moins  un  officier  de  l'armée.  Tardif  se  présenta  et  fut  agré^ 
Pour  le  faire  rester  à  Chang-Haï,  on  le  fit  entrer  à  Thôpital  quand  sa  batterie  partit,  et 
il  en  sortit  étant  porte  guéri.  Le  ministère  de  la  guerre  ne  le  réclama  pas.  [Tardif,  né  à 
Metz  le  7  oct.  1824,  fut  tué  le  19  fév.  18ß3,  à  Chno-ching,  dans  le  Tché-kiang,  en  com- 
battant les  rebelles.] 


206  J.    A.    DB    MAROLLBS. 

cheveux  sont  incultes  et  les  jeunes  garçons  que  nous  avons  pu 
prendre  chez  eux  étaient  à  tous  crins. 

Beaucoup  de  malheureux  paysans  sont  venus  s'établir  près  de 
Zi-ka-wei,  et  leurs  cases  en  bambou  forment  une  petite  ville.  Ils 
sont  nourris  par  les  P.P.  Jésuites. 

Le  grand  établissement  de  Zi-ka-wei  est  d'une  construction  fort 
irrégulière.  Les  premiers  bâtiments  datent  de  deux  siècles  et  furent 
élevés  par  le  célèbre  mandarin  Zi  '),  premier  ministre  d'un  empe- 
reur de  la  dynastie  des  Ming,  le  même  qui  écrivit  des  ouvrages 
remarquables  en  faveur  de  la  religion  chrétienne. 

Dépouillés  à  l'époque  d'une  des  grandes  persécutions,  les  P.P. 
Jésuites  sont  rentrés  en  possession  de  leurs  biens  par  le  traité  de 
Nan-king.  Près  d'eux  habitent  les  nombreux  descendants  de  Zi; 
pendant  les  persécutions,  beaucoup  d'entre  eux  retournèrent  au 
paganisme,  espérant  que  le  gouvernement  chinois  leur  rendrait  leurs 
biens:  il  n'en  fut  rien,  malgré  les  serments  terribles  qu'ils  pronon- 
cèrent de  ne  pas  revenir  au  christianisme.  Cette  famille,  jadis  riche 
et  puissante,  tomba  dans  la  pauvreté  et  ils  restent  paieus.  Plusieurs 
sont  fermiers  des  Pères,  mais  ils  envoient  leurs  fils  à  l'école  de 
Zi-ka-wei. 

1er  avril.  —  Aujourd'hui  les  deux  amiraux  français  et  anglais  déci- 
dent qu'on  fera  une  série  d'expéditions  contre  les  T'aï-P'ing,  dont  les 
dévastations  augmentent  constamment,  par  suite  de  l'incapacité  et  de  la 
lâcheté  des  autorités  chinoises.  Il  est  important  pour  les  Anglais  que 
les  districts  producteurs  de  la  soie  et  du  thé  puissent  expédier  à 
Chang-Haï  leurs  produits  et  que  l'opium  du  Bengale  continue  à 
empoisonner  les  Chinois.  La  France  ne  gagnera  rien  à  ces  expé- 
ditions et  travaillera  encore  à  encourager  le  commerce  anglais. 

L'expédition  qui  se  prépare  sous  la  direction  des  deux  amiraux, 


1)  [Siu  Kouang-ki  f^  ^^  >^.  1562—1688.] 


SOUVENIRS    DE    LA    RÉVOLTB    DES    T'aÏ-P'I5G.  2W 

se  composera  de  deux  compaguies  d'infauterie  de  marine,  de  toutes 
les  compagnies  de  débarquement  de  la  division  navale,  du  bataillon 
de  chinois  indigènes  formé  par  Tardif  de  Moidrey,  manoeuvrant 
bien  à  l'européenne,  dont  les  officiers  avaient  été  pris  dans  les 
sous-officiers  ayant  fait  la  campagne  de  Peking,  et  enfin,  d'une 
batterie  d'artillerie  servie  aussi  par  des  Chinois,  formée  par  Tardif, 
avec  l'aide  d'un  sous-officier  de  l'artillerie  française. 

Le  corps  anglais  était  bien  plus  nombreux  que  le  corps  français; 

il    se    composait    aussi    de    marins  de  l'escadre,  de ,  d'un 

bataillon  de  Bombay,  d'un  bataillon  de  Sikhs,  dont  les  hommes 
étaient  magnifiques,  mais  qui  se  montrèrent  trop  pillards  sous  les 
ordres  de  l'amiral  [Hope]  et  du  général  Staveley,  accompagnés  d'un 
nombreux  état-major,  d'officiers  d'artillerie  et  du  génie.  Parmi  ces 
derniers  se  trouvait  le  capitaine  Gordon,  peu  communicatif  et  très 
pieux,  que  le  gouvernement  anglais  envoya  se  faire  tuer  à  Khartoum. 
Le  nombre  des  combattants  anglais  se  montait  à  environ  1500  hommes. 

Les  Français  n'étaient  que  550  sous  mes  ordres.  Il  y  avait  à 
ajouter  la  musique,  l'ambulance,  les  brancardiers,  le  service  des  vivres. 
Notre  aumônier,  l'abbé  Goudot,  nous  accompagna  et  il  prouva  plu- 
sieurs fois  qu'il  n'avait  pas  peur  du  feu.  Un  jour,  à  l'assaut  d'une 
ville,  je  le  trouvai  tout  d'un  coup,  près  de  moi,  pendant  que  les 
balles  sifflaient.  Je  lui  ordonnai  d'aller  à  l'ambulance. 

J'oublie  de  mentionner  un  corps  de  500  Chinois  qui  se  joignit 
à  nous  et  qui  se  mit  sous  les  ordres  du  général  Staveley;  il  avait 
été  formé  par  l'américain  Ward  '),  qui  avait  acquis  un  grand  ascen- 
dant sur  ses  hommes. 

1)  Celui  qu'on  appelait  le  colonel  Ward  était  un  capitaine  américain  de  goélette.  Il 
eut  roccasion  de  montrer  sa  valeur  dans  uue  affaire  contre  les  T'aïP'ing.  Le  viceroi  l'tn- 
torisa  h  former  un  corps  de  volontaires  avec  lesquels  il  fit  merveille.  De«  volontainé 
américains  s'engagèrent  sous  ses  ordres.  Le  viceroi  fut  très  content  de  lui  et  lui  donna 
une  de  ses  filles  en  mariage,  dont  il  eut  deux  enfants,  élq^és  à  la  Chiaois«.  Avant  mon  dé- 
part de  la  Chine,  iltut  tué  à  l'attaque  d'une  ville  occupée  par  les  T'aï-P'ing.  Il  ctait  catholique. 
[Ward  fut  tue  à  Tse-ki,  le  21  sept.  1862.] 


208  J.    A.    DB    MAROLLES. 

3.  —  Départ  des  colonnes  française  et  anglaise.  Arrivée  à  Zi-ka-wei, 
où  comme  à  l'ordinaire,  nous  sommes  fort  bien  reçus.  Le  P.  Le- 
raaître  nous  accompagne,  avec  un  de  ses  collègues;  pendant  toute 
la  campagne,  il  nous  a  rendu  de  grands  services  à  force  de  faire 
causer  nos  prisonniers;  il  obtenait  d'eux  de  précieux  renseignements, 
là  où  ne  pouvait  réussir  notre  interprête. 

Au  départ  de  Zi-ka-wei,  on  ne  trouve  que  la  ruine  et  la  dé- 
vastation, dès  qu'on  a  fait  un  kilomètre.  Les  rebelles  sont  arrivés 
jusque  là.  Comme  dans  les  environs  de  Chang-Haï,  une  foule  de 
cercueils  sont  déposés  sur  le  sol,  le  long  de  la  route.  Plusieurs 
sont  ouverts  et  ont  été  pillés.  Les  T'aï-P'iug  n'ont  pu  faire  cela: 
nous  supposons  que  ce  sont  les  Anglais,  passés  avant  nousj  qui  se 
sont  rendus  coupables  de  ces  violations  de  sépultures.  Ce  qui  nous 
confirme  dans  cette  opinion,  c'est  que  le  lendemain,  dans  une  halte, 
nous  voyons  deux  matelots  anglais,  en  tenue  irréprochable,  ouvrir 
un  cercueil:  Fun  d'eux  retire  un  bracelet  du  bras  d'un  cadavre 
décomposé,  qu'il  essuie  sur  l'herbe,  qu'il  passe  ensuite  sous  son 
pied,  et  qu'il  met  ensuite  dans  sa  poche.  Il  y  avait  là  deux  officiers 
anglais. 

Vers  4  heures  du  soir,  nos  alliés  et  nous,  arrivons  à  la  ville 
de  Tsing-pou,  où  nous  devons  passer  la  nuit.  Avant  la  guerre, 
cette  ville  avait  une  population  de  25  à  30000  âmes:  le  pillage  et 
l'incendie  l'ont  tout  à  fait  ruinée.  Elle  est  complètement  vide. 
Aucune  maison,  aucun  temple  n'est  intact.  Ses  rues  étroites  sont 
encombrées  de  briques,  de  meubles  cassés,  et  de  poutres  à  demi 
consumées.  Nous  trouvons  heureusement  un  peu  de  paille  de  riz 
pour  le  couchage.  Le  P.  Lemaître  nous  fournit  de  précieuses  indi- 
cations sur  les  huit  camps  T'aï-P'ing  et  sur  l'armée  ennemie  éva- 
luée entre  30  à  40000  hommes. 

4.  —  Brume  épaisse,  jusqu'à  8  h.  Nous  partons  à  6  h.  Va  ;  d'après 
les  ordres  formels  de  leurs  gouvernements,  les  deux  amiraux  doivent 


SOUVENIRS    DE    L\    RKVOLTK    DBS    T'AÏ-P'ING.  209 

s'eutendre  en  tout  pour  les  opérations  à  entreprendre  et  le  P.  Le- 
maître  assiste  toujours  aux  réunions  de  chaque  jour.  Chaque  amiral 
a  le  comtnaudement  eu  chef  de  l'armée  alliée  pour  24  heures.  Les 
Anglais,  s'étant  empêtrés  de  canons  de  16  ou  18,  nous  retardent. 
Ils  éprouvent  un  autre  embarras:  il  leur  arrive  souvent  de  mal- 
traiter leurs  coolies  très  nombreux,  et  ceux-ci  commencent  à 
déserter,  fait  fort  grave,  puisque  tout  doit  être  porté.  Nous  n'agis- 
sons pas  de  cette  manière  avec  nos  coolies  et  nous  en  trouvons 
taut  que  nous  voulons;  nous  les  payons  25  cent,  de  moins  que  les 
Anglais.  Décidément  nos  chers  alliés  ne  réussissent  pas  à  se  faire 
aimer,  partout  où  ils  se  trouvent. 

Sur  la  route,  ruine  et  incendie;  par  moments,  un  cadavre  dont 
les  restes  de  vêtements  brûlent  encore.  Le  spectacle  d'un  homme 
que  l'on  brûle  est  particulièrement  horrible.  Je  ne  vois  que  le  corps 
nu  d'une  jeune  femme  coupée  en  deux.  Probablement  qu'elle  avait 
voulu  s'échapper. 

Vers  9  h.  m.  nous  arrivons  à  800  m.  du  camp  des  rebelles. 
Les  Anglais  étant  en  retard,  nous  faisons  halte,  attendant  l'artillerie 
anglaise.  Peu  après,  les  Anglais  étant  arrivés,  nous  marchons  en 
bataille  contre  le  fort  couvert  de  drapeaux,  les  Anglais  à  droite, 
uous  à  gauche,  l'artillerie  en  avant  du  front.  Elle  commence  son 
feu  à  600  m.  et  les  Ward  se  répandent  sur  notre  droite  eu  tirail- 
leurs. L'ennemi  répond  par  ses  gingoles  et  uous  constatons  avec 
plaisir  qu'il  n'a  pas  de  bonue  artillerie.  A  150  m.  mes  hommes 
sont  formés  en  deux  colonnes  d'assaut.  Tout  à  coup  le  feu  de 
l'ennemi  cesse  partout.  Nous  sommes  arrêtés  par  un  fossé  plein 
d'eau:  quelques-uns  de  mes  hommes  veulent  se  jeter  à  l'eau,  ce 
que  je  leur  défends,  mais  nous  sommes  avertis  que  l'ennemi  se 
sauve  par  l'autre  côté.  Mon  camarade  de  Kersausou,  capitaine  de 
vaisseau,  chef  d'état  major  et  moi,  nous  décidons  qu'il  faut  pour- 
suivre   les    Ï'aï-P'ing    à    la    course,   ce    qui   est   fait   aussitôt,  mais 


210  J.    A.    DE    MAKOLLBS. 

l'ennemi  a  de  l'avance  sur  nous;  il  a  jeté  ses  armes  et  tout  ce  qui 
pouvait  le  gêner  dans  sa  fuite.  Pendant  ce  temps  des  soldats  de 
notre  bataillon  chinois  et  des  Ward,  puis  tous  nos  coolies  ont  pé- 
nétré dans  le  camp,  où  ils  ont  fait  un  butin  considérable.  Il  fut 
incendié  après  avoir  été  pillé.  Le  camp  brûle  jusqu'au  soir.  Sur  le 
terrain  traversé  par  les  fuyards,  nous  avons  vu  quantité  de  lances 
avec  drapeaux,  abandonnés  par  eux:.  Nous  faisons  quelques  prison- 
niers qui  tous  étaient  sans  culottes  pour  mieux  franchir  les  fossés. 
Ceux  faits  par  la  petite  troupe  de  Chinois  que  le  Taotaï  a  voulu 
nous  adjoindre,  et  qui  ne  nous  ont  été  d'aucune  utilité,  sont  mas- 
sacrés et  le  feu  est  mis  à  leurs  vêtemens. 

Au  bout  d'une  heure  de  poursuite,  nous  nous  arrêtons  tous  assez 
fatigués.  Déjeuné  à  2  h.  dans  un  champ  contenant  un  assez  grand 
nombre  de  cercueils;  un  de  mes  jeunes  chirurgiens  m'apprend  que 
dans  un  des  cercueils  près  de  nous,  il  a  vu  un  corps  de  femme 
en  état  de  décomposition  avancée  et  me  demande  la  permission  d'en 
retirer  un  des  pieds,  qu'il  a  l'intention  de  donner  au  Musée  de 
l'hôpital  de  la  marine  à  Rochefort  comme  pièce  rare,  parce  que  cet 
hôpital  ne  possédait  pas  de  petit  pied  de  Chinoise.  Je  le  lui  permets, 
pour  l'amour  de  la  science. 

A  5  h.  soir,  alerte;  nous  courons  tous  avec  notre  artillerie  du 
côté  des  Anglais.  Ward  avait  été  trouver  l'Amiral  Anglais  et  lui 
avait  dit  que  les  T'aï-P'ing  avaient  été  terrifiés  par  notre  attaque 
et  que  sûrement  il  n'y  aurait  qu'à  se  présenter  devant  les  autres 
camps,  pour  qu'ils  fussent  évacués;  c'est  ce  qui  fut  accepté  par 
l'Amiral  sans  nous  prévenir.  Les  Ward,  envoyés  en  avant,  furent 
accueillis  par  une  vive  fusillade,  et  quand  ils  se  retirèrent,  les 
T'aï-P'ing  les  poursuivirent  jusqu'à  Tsing-Pou,  où  ils  trouvèrent  les 
Anglais,  auxquels  ils  tuèrent  40  hommes.  L'amiral  anglais  qui  était 
à  cheval,  reçut  une  balle  dans  la  jambe.  Il  fut  un  certain  temps  à 
se  guérir  et  ce  fut  l'amiral  Protêt  qui  commanda  les  deux  corps. 


SOUVBMIRS  DE  LA  RKVOLTE  DES  T'AÏ-P'ING.  211 

Nous  avions  fait  trois  petits  chefs  prisonuiers.  Interrogés  par  le 
P.  Lemaître,  celui-ci  en  tira  quelques  bons  renseignements.  Ils  sont 
ensuite  remis  au  mandarin  qui  nous  accompagne,  lequel  les  fait 
immédiatement  décapiter. 

5.  —  Partis  ii  7  h.  m.,  à  cause  de  la  brume.  A  Tsi-pou,  les  Anglais 
laissent  deux  bataillons  et  leur  grosso  artillerie.  Les  Ward  et  l'ar- 
mée chinoise  de  Tsi-pou  qui  s'est  jointe  à  nous  marchent  sur  nos 
flancs.  Vers  9  h.,  nous  arrivons  devant  le  premier  camp  de  la  ré- 
gion; à  2  et  3  kilom.  de  là,  existent  plusieurs  autres  camps;  le 
1®"^  camp  est  très  grand  et  ses  parapets  sont  garnis  d'une  foule  de 
drapeaux.  En  avant,  et  barrant  la  route,  est  une  redoute.  Noua 
disposons  notre  artillerie  à  450  m.  de  la  redoute,  qui  riposte. 
Observation  générale.  L'ennemi  se  sert,  heureusement,  très  mal  de 
ses  armes.  Je  me  suis  souvent  trouvé  près  de  lui:  ses  boulets  et 
ses  balles  passaient  par  dessus  ma  tête.  Les  Ward  escarmouchent  à 
droite  et  avancent  hardiment.  Au  bout  de  20  minutes  la  redoute 
est  évacuée  et  nous  y  mettons  le  feu.  L'ennemi  ^ne  tient  pas  dans 
le  grand  camp  et  s'enfuit.  Il  est  pillé  par  nos  troupes  chinoises, 
qui   y  trouvent  en  outre  le  riz  cuit  à  point  et  prêt  à  être  mangé. 

J'ai  lancé  de  suite  mes  hommes  à  In  poursuite  des  T'aï-P'ing. 
Incendié  plusieurs  petits  camps  qui  ont  été  évacués.  Tué  pas  mal 
de  rebelles.  Leurs  blessés,  qui  n'ont  pu  les  suivre,  sont  tous  tué«. 
Le  peu  de  prisonniers  sont  interrogés  par  le  P.  Lemaître;  ils  sont 
ensuite  remis  au  mandarin  qui  nous  suit  toujours  avec  une  petite 
troupe,  à  la  condition  qu'ils  ne  seront  pas  martyrisés  avant  d'être 
exécutés. 

Rentré  de  Tsi-pou,  l'amiral  anglais  est  à  Chang-Haï  à  se  faire 
soigner  sa  blessure.  Nous  avons  renoncé  à  prendre  un  dernier  camp. 
Nous  apprenons  le  soir  qu'il  a  été  évacué  par  les  T'aï-P'ing  et  que 
les  paysans  des  environs  l'ont  de  suite  pillé.  Nous  avons  inspiré 
une  grande  terreur  aux   rebelles   et  l'on  assure  qu'ils  se  retireront 


212  J.    A.    DE    MAROLLES. 

toujours  devant  nous:  ce  sont  nos  obus  qui  ont  produit  cet  effet 
principalement. 

6.  —  Pluie  à  verse  pendant  la  journée.  Nous  rentrons  tous  à  Chang- 
Haï.  Cette  si  courte  campagne,  par  suite  des  fatigues  que  nos  hom- 
mes ont  eues,  nous  fait  entrer  une  quarantaine  d'hommes  à  l'hôpital. 

9.  —  Arrivée  du  transport  le  Rhône  avec  un  bataillon  d'infanterie 
légère,  dit  Zéphyrs^  idée  malheureuse  du  ministre  de  remplacer  l'in- 
fanterie de  marine  et  les  compagnies  du  102®  par  des  hommes  à 
moitié  brigands. 

17.  —  Expédition  avec  les  Anglais,  avec  à  peu  près  le  même  nombre 
d'hommes.  L'artillerie  de  Tardif,  les  Ward  et  notre  batterie  de  4 
obusiers  fout  partie  de  l'expédition.  Remonté  le  Houaug-Pou  sur 
des  vapeurs  et  débarqué  au  village  de  Tong-ka-dou  qui  ne  contient 
que  la  moitié  de  ses  habitants.  Pays  dévasté,  presque  toutes  les 
fermes  sont  brûlées.  Vers  raidi,  arrivé  devant  Tsiou-Pou,  ville  ré- 
gulièrement fortifiée.  A  1  h.  l'artillerie  bat  en  brèche  comme  à 
l'ordinaire;  l'ennemi  tire  trop  haut  et  ne  nous  atteint  pas  comme 
toujours;  avant  d'arriver  au  fossé  plein  d'eau,  nous  sommes  gênés 
par  des  abattis  d'arbres  et  des  piquets  aigus  de  bambous.  L'assaut 
est  donné  et  nous  sommes  maîtres  de  la  ville.  La  garnison,  très 
nombreuse,  se  défend  dans  certaines  rues  et  même  sur  les  toits; 
mais  on  en  a  bien  vite  eu  raison.  Elle  veut  se  sauver  par  l'autre 
extrémité  de  la  ville,  mais  la  porte  est  barricadée  et  elle  est  mas- 
sacrée. J'ai  vu  le  sang  couler  dans  les  rues.  Les  vols,  pillages, 
tueries  et  viols  sont  très  nombreux.  J'arrive  à  un  moment  où  un 
soldat  sikh,  ne  pouvant  enlever  un  anneau  d'argent  à  une  jeune 
fille,  s'apprêtait  à  lui  couper  le  doigt  pour  le  prendre.  Je  lui  dis 
que  je  le  tuerais. 

Les  Anglais  mettent  le  feu  dans  deux  endroits  de  la  ville,  du 
côté  du  vent-c'était  inutile.  Nous  conduisons  un  certain  oombre  de 
prisonniers  au  P.  Lemaître  pour  qu'il  les  interroge.  Les  T'aï-P'ing 


À 


SOUVKNia«  OK  LA  RKVOLTK  BBS  r'Al-P'iNG.  213 

qui  eu  font  partie  sont  livrés  au  maudaria  qui  les  fait  exécuter. 
La  ville  de  Tsiou  Pou  contenait  40,000  combattants.  Deux  grands 
chefs  ont  été  tués,  ce  qui  est  cause  que  l'ennemi  ne  s'est  plus 
défendu. 

18.   —  Rentré  à  Chang-Haï.  Pluie  continuelle. 

Une  expédition  plus  éloignée  et  plus  importante  est  décidée. 
On  confectionne  des  échelles.  Comme  on  peut  arriver  par  eau  sur 
les  villes  que  nous  voulons  prendre,  le  Tao-tai  de  Chang-Haï  nous 
fournit  une  cinquantaine  de  barques  pour  le  transport  de  notre 
artillerie,  vivres,  matériel. 

28.  —  Parti  à  7  h.  m.  par  pluie  froide.  Je  monte  une  jonque  de 
guerre  ainsi  que  mon  Amiral.  Du  toit  de  la  chambre,  ou  domine  la 
rivière.  Nous  remoutons  le  Sou-tcheou,  rivière  qui  fait  la  séparation  des 
concessions  anglaise  et  américaine.  Nous  prenons  un  de  ses  affluents 
de  gauche  et  nous  passons  près  de  trois  camps  impériaux.  Passé 
près  de  la  petite  ville  de  Sou-kio,  ou  Sou-ta-kio,  entièrement  ruinée, 
où  il  ne  se  trouve  aucun  être  vivant.  Fermes  incendiées.  A  4  h. 
soir,  arrivé  à  Nezian;  elle  contenait  80,000  habitants  quand  les 
T'aï-P'ing  y  arrivèrent  il  y  a  20  mois;  plus  de  la  moitié  fut  mas- 
sacrée; les  jeunes  furent  dispersés  et  transférés  en  d'autres  lieux, 
suivant  la  politique  habituelle  des  T'aï-P'ing.  Nous  n'y  avons  pas 
vu  un  être  vivant.  Nezian,  après  avoir  été  pillée  et  dévastée,  fut 
incendiée:  c'était  une  ville  de  plaisirs,  célèbre  par  ses  débordements  ; 
nous  nous  y  établissons  tant  bien  que  mal,  car  toutes  les  maisons 
sont  ruinées.  Pendant  que  la  colonne  française  se  repose,  le  briga- 
dier-général Staveley,  sans  nous  consulter,  sans  nous  prévenir,  a 
voulu  faire  une  expédition  qui  ne  lui  a  pas  réussi.  Il  partit  avec 
un  bataillon  anglais  et  les  Ward,  pour  reconnaître  deux  camps 
rebelles  à  2  kil.  de  Nezian.  Accueilli  par  une  vive  fusillade,  il  per- 
dit du  monde  et  ordonna  la  retraite. 

Nezian  est  sur  les  bords  d'un   canal,  dont  plusieurs  endroits  ont 


214  J.    A.    DK   Ta  AR  OL  LES. 

été   obstrués   par   les   rebelles.    Toute   la   nuit   l'on   a  travaillé  à  le 
déblayer  pour  le  passage  de  nos  jonques. 

29.  —  A  5  h.  m.  mis  en  route  pour  Cadin,  ou  Caodine  [Ka-ding, 
Kia-tiug].  Pris  le  chemin  qui  suit  le  canal,  la  flotte  nous  suit.  A  2  kil. 
trouvé  2  forts  occupés  par  les  rebelles,  l'un  d'eux  est  sur  les  bords 
du  canal.  Les  défenses  extérieures  consistent  comme  toujours,  en 
deux  fossés  où  il  y  a  peu  d'eau,  en  piquets  de  bambou,  palissades 
et  abattis  d'arbres.  A  l'intérieur,  un  grand  mirador.  Toute  notre 
artillerie,  celle  de  Tardif,  toujours  sous  mes  ordres,  et  celle  des 
Anglais,  est  mise  en  batterie  et  commence  son  feu  auquel  répond 
celle  des  T'aï-P'ing;  au  bout  d'une  heure  leur  feu  cesse  et  ils  se 
sauvent  par  le  côté  opposé  au  nôtre.  Nous  mettons  nos  matelots  à 
les  poursuivre  et  ils  en  tuent  un  assez  grand  nombre,  pendant  que 
l'infanterie  entre  dans  le  fort  où  se  trouvent  peu  de  morts,  dont  un 
blanc.  Le  deuxième  fort  est  abandonné  aussi  et  les  Ward  le  pillent 
et  y  mettent  le  feu. 

Continué  notre  chemin  sur  Cadine,  traversé  le  village  de  Ma-lou 
complètement  désert  et  incendié  et  arrivé  à  3  h.  soir  à  Cadine. 
Elle  possède  une  belle  enceinte  crénelée,  est  entourée  d'un  large 
fossé  plein  d'eau,  communiquant  avec  le  canal.  Nos  jonques  et  nos 
embarcations  arrivent  dans  la  nuit.  Vers  10  h.  soir,  nous  nous 
approchons  à  250  m.  de  la  place  avec  notre  artillerie  et  je  fais 
une  reconnaissance  avec  Gordon.  Nous  voyons  l'ennemi  enfoncer 
des  palissades  et  des  bambous.  L'ennemi  tire  toujours,  mais  toujours 
trop  haut. 

30.  —  Continué  la  reconnaissance  de  la  veille;  étudié  le  terrain  pour 
pouvoir  établir  nos  deux  canons  obusiers  de  30;  préparé  le  chemin 
pour  leur  passage,  dégagé  les  canaux  pour  le  passage  de  notre  flottille. 
Français  et  Anglais  ont  travaillé  toute  la  nuit. 

Mai.  —  A  5  h.  matin  la  batterie  de  brèche  est  prête  et  nos  30  pièces 
d'artillerie  commencent  leur  feu.  Plusieurs  obus  ou  bombes,  mettent 


à 


SOUVENIRS    DR   1.A    UTBVOLTE   DES    T'aÏ-P^INO.  215 

le  feu  ea  ville.  Les  Chinois  tirent  toujours,  mais  toujours  trop  haut. 
Ëofin,  la  brèche  est  jugée  praticable,  grâce  à  nos  deux  canons  oba- 
siers.  Les  bateaux  désignés  pour  servir  de  ponts  s'approchent  et  nos 
deux  colonnes  s'y  précipitent,  les  échelles  sont  dressées,  Tennemi 
abandonne  le  rempart  et  la  ville  est  prise.  Les  Anglais  en  font 
autant  et  passent  par  notre  brèche,  leur  artillerie  était  trop  faible. 
Les  rebelles  veulent  se  sauver,  mais  n'ayant  pu  ouvrir  de  suite  une 
des  portes,  on  eu  tue  environ  500. 

Cading  est  une  belle  ville  chinoise,  riche,  commerçante.  Elle 
était  plus  riche  il  y  a  50  ans,  mais  les  autorités  ayant  négligé 
d'entretenir  les  canaux,  les  grandes  jonques  n'ont  plus  pu  y  par- 
venir. Le  commerce  a  émigré  à  Chang-Haï.  —  Cading  est  com- 
plètement désert  sauf  les  prisonniers  que  nous  y  avons  faits;  nous 
en  faisons  le  tri:  nous  relâchons  les  malheureux  enlevés  par  les 
T'aï-P'ing  pour  leur  servir  de  domestiques  et  nous  livrons  les  autres 
à  la  troupe  chinoise  qui  nous  suit  toujours.  Nous  apprenons  bientôt 
que  ces  rebelles  ont  presque  tous  été  martyrisés  avant  de  mourir: 
on  leur  attachait  les  mains  et  les  pieds  et  on  les  précipitait  vivants 
dans  le  canal  et  quand  ces  malheureux  réussissaient  à  atteindre  la 
berge,  on  les  repoussait  avec  des  lances. 

Evacué  le  soir  même  Ca-ding  en  y  laissant  120  Français  et 
autant  d'Anglais  à  la  garde  des  portes.  Arrivé  à  Nezian  à  11  h. 
du  soir. 

Parti  de  Nezian  et  arrivé  le  soir  à  Chang-Haï.  Une  trentaine 
de  mes  hommes  entre  à  l'hôpital  pour  choléra,  dyssenterie  ou  fièvre. 
La  plupart  des  hommes  valides  sont  éreintés.  Le  choléra  règne  dans 
la  ville  chinoise. 

2.  —  Dès  notre  retour,  tout  est  préparé  pour  une  nouvelle  expédi- 
tion contre  Tsing-pou,  grande  ville  murée  entourée  de  plusieurs  camps, 
qui  est  une  des  grandes  places  d'armes  des  rebelles.  Cette  ville  est 
au  S.O.  de  Chang-Haï,  tandis  que  Ca-ding  en  est  au  N.O. 


216  J.     A.    DE    M-VllOLLÏJS. 

6.  —  A  4  h.  S.  je  pars  avec  35  bateaux  ou  jouques;  un  lieutenant 
de  vaisseau  me  seconde;  ma  flottille  porte  l'artillerie,  les  munitions, 
les  vivres,  etc.  J'ai  un  interprête  à  mon  bord,  mais  il  ne  sait  pas  un 
mot  de  français  et  parle  un  charabia  diflficile  à  comprendre.  Orage 
épouvantable  la  nuit,  éclairs,  tonnerre,  l'on  n'y  voit  plus.  J'ordonne 
de  mouiller;  mon  escadre  est  dispersée.  Plusieurs  jouques  se  jettent 
à  la  côte;  le  lendemain  matin  il  a  fallu  les  renflouer.  Je  fais  payer 
cher  aux  patrons  leur  maladresse  et  ils  sont  roués  de  coups.  Pluie 
continuelle. 

7.  —  A  5  h.  m.  expédié  un  aspirant  à  Chang-Haï  auprès  de  l'amiral 
pour  lui  demander  l'aide  d'une  canonnière  à  vapeur  pour  remorquer 
ma  flottille  bien  dispersée  par  la  tempête.  Heureusement  que  le  temps 
s'éclaircit  vers  8  h.  m.  Rallié  la  plupart  des  bateaux  que  je  fais 
amarrer  par  petits  groupes  de  6  à  8.  —  Arrivé  à  Ming-hong,  petite 
ville  de  15000  âmes  ayant  une  garnison  impériale,  où  le  jusant 
nous  empêche  d'avancer.  —  A  2  h.  s.  la  canonnière  arrive  et  nous 
partons  tous,  la  canonnière  remorquant  32  bateaux. 

Les  T'aï-P'ing  occupent  la  rive  droite  du  Houang-Pou.  A  9  h. 
m.  arrivé  à  Soung-Kiang  et  attendu  les  ordres  de  mon  amiral. 
Soung-Kiang  a  été  pris  par  les  rebelles  il  y  a  deux  ans,  mais  les 
Ward  l'ont  repris  peu  après.  Il  a  été  pillé  et  détruit  en  grande 
partie;  ses  habitants  le  reconstruisent.  C'est  un  Fou. 

A  midi  les  Anglais  qui  étaient  partis  avant  nous,  se  remettent 
en  route.  Mon  amiral  est  toujours  à  Chang-Haï;  sa  toilette  est  très 
longue  à  faire,  et  ne  recevant  aucun  ordre,  je  pars  pour  ne  pas 
laisser  les  Anglais  prendre  une  trop  forte  avance  sur  nous.  Suivi 
avec  mes  bateaux  le  canal  aboutissant  à  Tsing-pou;  à  6  h,  soir 
arrivé  à  la  petite  ville  de  Kouan  Fou-lin,  où  je  me  retrouve  avec 
les  Anglais. 

8.  —  Le  soir  l'amiral  Hope  vient  me  voir  et  me  rend  compte  de  ses 
projets  pour  le  lendemain.  Il  est  encore  très  mal  remis  de  la  blés- 


\ 


801JVBNIR8    DK    LA    UÉVOLTB    DK8    T'AÏ-P'INO.  217 

sure   qu'il   a   reçue   à    notre   première   expéditiou.   Il  me  douDO  des 
nouvelles  de  mon  amirul. 

Départ  le  matin.  Nous  suivons  les  Anglais  à  petite  distance. 
Pluie  à  verse  toute  la  journée.  A  4  h.  '/n  tolous  sommes  à  deux 
milles  de  Tsing-Pou,  dont  nous  apercevons  la  haute  tour  à  7  étages. 

Brumeux;  l'on  tâche  de  se  sécher.  La  reconnaissance  faite  ce 
moment  nous  apprend  qu'il  est  difficile  d'approcher  de  la  place,  à 
cause  des  nombreux  et  profonds  canaux  qui  l'entourent.  Nous  devons 
mettre  nos  deux  canons  obusiers  de  30  sur  des  bateaux,  de  manière 
à  pouvoir  tirer  sur  la  place  de  toute  distance.  Travaillé  nuit  et  jour 
à  curer  les  canaux  et  aux  plate  formes  de  canons.  Nuit  froide,  temps 
pluvieux,  terrain  détrempé.  Je  passe  la  nuit  à  600  m.  des  murailles 
auprès  de  notre  artillerie  légère.  Tout  le  pays  environnant  est  dis- 
posé en  rizières.  On  a  oublié  d'emporter  du  bois;  nos  hommes  sont 
forcés  d'employer  les  nombreux  cercueils  pour  cuire  leurs  repas. 
L'amiral,  Tardif  et  moi,  nous  faisons  une  dernière  reconnaissance 
et  nous  convenons  que  je  partirai  à  9  h.  du  soir  avec  toute  l'artillerie 
pour  m'établir  à  400  m.  de  la  place.  Arrivé  là,  je  me  trouve  près 
du  capitaine  de  pavillon  de  l'amiral  Hope.  Transis,  mouillés,  nous 
nous  amusons  à  faire  une  reconnaissance  de  l'endroit  et  nous  en 
approchons  à  50  m.,  ce  qui  eût  été  bien  dangereux  si  nous  n'avions 
eu  affaire  qu'à  des  barbares. 

12.  —  Brumeux;  les  passes  pour  nos  embarcations  ont  été  dégagées 
cette  nuit.  A  4  h.  tout  le  monde  est  à  son  poste  et  le  feu  com- 
mence; les  gros  canons  font  trois  brèches.  A  7  h.  V21  l'ennemi  qui 
avait  jusque  là  répondu  à  notre  feu,  ne  répond  presque  plus. 
L'artillerie  légère  se  démasque  et  tire  en  s'approchant  de  plus  en 
plus.  Les  embarcations  s'avancent  pour  nous  servir  de  ponts  et 
l'assaut  est  donné  après  avoir  appliqué  les  échelles;  trois  officiers 
et  deux  sous-officiers  français  sont  les  premiers  à  paraître  sur  les 
murs    et    sont    blessés.    Un    fourier  de  la  Renommée  est  tué.  Nos 

16 


218  A.    J.     DE    MAROLLKS. 

troupes,  ayant  occupé  quatre  des  cinq  portes,  tuent  énormément  de 
rebelles.  Je  me  trouvais  près  d'une  des  portes,  examinant  la  ville, 
quand  je  vois  un  de  mes  sous-officiers  m'amenant  trois  jeunes  filles 
jolies,  richement  habillées,  ayant  de  petits  pieds,  avec  la  recomman- 
dation de  mon  amiral  d'en  avoir  grand  soin.  Je  donne  l'ordre  de 
les  conduire  au  P.  Lemaître.  Celui-ci  et  son  confrère  nous  ont 
toujours  accompagnés  dans  toutes  nos  expéditions.  Ils  ont  près 
d'eux  quelques  vieilles  chrétiennes  chinoises  pour  leur  venir  en  aide 
dans  les  cas  particuliers  qui  se  présentent  comme  celui-ci.  —  L'amiral 
n'est  pas  content;  le  soir,  en  me  voyant,  il  me  fait  grise  mine.  — 
Je  visite  la  ville,  qui  n'a  rien  de  remarquable.  Des  cadavres  dans 
les  rues;  plusieurs  maisons  brûlent.  Nous  avons  fait  beaucoup  de 
prisonniers;  nous  les  remettons  aux  Impériaux  qui  les  exécutent 
presque  tous,  la  ville  étant  un  des  grands  centres  des  T'aï-P'ing. 
Mais  nous  avons  en  outre  environ  250  jeunes  femmes  prisonnières, 
sans  compter  les  enfants:  quelques  unes  des  jeunes  femmes  ont  été 
remises  au  P.  Lemaître;  je  ne  sais  ce  que  les  autres  sont  devenues. 
Cela  regarde  le  chef  d'état- major. 

13.  -—  Partis  tous  pour  Soung-Kiang. 

14.  —  En  route,  suivi  plusieurs  canaux;  campagne  dévastée,  inhabitée. 

15.  —  Traversé  Tsoung-Kao  dont  la  moitié  est  brûlée.  Rares  habitants. 

16.  —  Toujours  pluie  battante.  Arrivée  à  Ne-Kiao  [Nan  K'iao],  petite 
ville  de  25,000  habitants:  les  rebelles  en  ont  fait  une  de  leurs 
grandes  places  de  guerre. 

17.  —  Forte  chaleur  succédant  brusquement  à  une  température  froide 
et  pluvieuse.  Les  reconnaissances  de  la  place  établissent  que  la  ville 
a  deux  enceintes,  deux  fossés  profonds,  beaucoup  de  pointes  de 
bambous  et  d'abattis  d'arbres  sur  les  glacis.  A  4  h.  Vs?  commencé 
à  battre  en  brèche;  l'ennemi  ne  répond  pas.  Le  signal  de  l'assaut 
est  donné;  alors  du  côté  droit,  part  une  vive  fusillade.  Notre  ar- 
tillerie   légère   y  répond  et  fait  cesser  le  feu  de  l'ennemi.  Je  m'ap- 


J 


SOUVENIRS  DB  LA  REVOLTK  DES  T'AÏ-P'INO.  219 

proche  alors  île  l'amiral  qui  suivait  la  marche  de  la  deuxième  co- 
loune  d'assaut;  j'étais  à  sa  droite  et  à  deux  pas  en  arrière.  Deux 
coups  de  fusil  partent  d'un  bastion  de  droite,  je  sens  leur  vent, 
mais  la  seconde  balle  tue  net  l'amiral  Protêt  '). 

Le  plus  ancien  ofiBcier,  le  capitaine  de  vaisseau  de  Kersauson, 
chef  d'état-major,  succède  à  l'amiral  Protêt:  c'est  mon  camarade 
avec  lequel  j'ai  toujours  entretenu  les  meilleures  relations.  D'après 
les  règlements,  il  prend  le  commandement  de  la  Renommée  et  de 
la  station.  Le  corps  de  l'amiral  Protêt  est  conduit  à  Chang-Haï, 
sous  la  direction  de  son  aide  de  camp,  Bruley  Des  Varannes. 

18.  —  Nekiao  brûle  toujours  par  nos  obus.  Elle  est  pillée  par  les 
paysans  des  environs.  Elle  était  bien  fortifiée,  étant  une  des  prin- 
cipales places  fortes  des  rebelles.  Au  milieu  du  jour,  quand  nous 
croyions  les  T'aï-P'ing  en  fuite,  de  petits  groupes  de  ceux-ci  vien- 
nent nous  attaquer  et  se  font  bravement  tuer.  Nous  avons  pris 
beaucoup  de  chevaux,  mulets,  vivres  —  Pas  de  jeunes  femmes.  — 
2000  prisonniers,  dont  nous  ne  savons  que  faire-  Le  P.  Lemaître 
les  interroge,  et  suivant  ses  renseignements,  nous  les  divisons  en 
deux  catégories:  ceux  qui  ne  paraissent  pas  trop  mauvais,  sont 
relâchés,  avec  l'engagement  qu'ils  prennent  de  ne  plus  servir  chez 
les  T'aï-P'ing,  et  ceux  à  mine  patibulaire,  que  nous  livrons  aux 
Impérialistes  qui  nous  suivent  toujours  et  qui  les  tuent.  —  Laissé 
une  garnison  d'infanterie  à  Nékiao  de  100  Français  et  autant 
d'Anglais. 

Partis  le  soir  pour  Tso-lin,  ville  proche  de  la  mer.  Reconnu 
l'endroit  qui  n'a  été  occupé  par  les  T'aï-P'ing  qu'il  y  a  4  mois. 

19.  —  L'ennemi  ne  possède  pas  d'artillerie,  ce  qui  nous  permet 
d'approcher  de  suite  de  la  place.  Lors  de  la  prise  de  la  ville,  les 
T'aï-P'ing  ont  exterminé  tous  ses  habitants. 


1)  {dugu4te- Leopold  Protêt,  né  le  20  février  1808  à  Saint-Servao.  —  Cf.  H.  Curdier, 
HUt.  dti  Relation»  de  la  Chute,  I,  p.  206.] 


22ö  J.    A.    DE    M  A  HOL  LES. 

A  9  h.  du  soir,  je  vais  m'établir  avec  toute  l'artillerie  légère, 
à  gauche  de  l'attaque  à  230  m.  de  la  place;  l'ennemi  tire  toujours 
de  ses  gingoles  et  de  ses  fusils,  mais  tous  ses  projectiles  passent  au 
dessus  de  nos  têtes   —  2  de  mes  hommes  sont  pris  du  choléra. 

20.  —  Au  petit  jour,  commencé  le  feu.  La  grosse  artillerie  fait 
brèche;  mon  artillerie  légère  et  celle  de  Tardif  s'approchent  de  plus  en 
plus  des  murs  et  démolissent  les  parapets.  A  6  h.  Va»  on  monte  à  l'as- 
saut et  la  ville  est  prise.  Sans  qu'on  leur  en  ait  donné  l'ordre,  nos 
troupes  tuent  tous  les  T'aï-P'ing  qu'ils  voient.  Beaucoup  de  chevaux, 
de  mulets,  de  boeufs  et  quelques  bufiSes. 

un  grand  chef  s'est  sauvé  la  nuit  dernière,  ce  qui  est  cause 
que  ses  troupes  se  sont  peu  défendues.  Le  nombre  des  tués  dans 
les  rues  et  sur  les  remparts  s'élève  à  GOO.  Quantité  d'armes,  sur- 
tout de  lances,  sont  éparpillées  partout. 

Dans  l'après-midi,  les  chefs  conviennent  de  partir  pour  Emio, 
mais  des  nouvelles  alarmantes  nous  arrivent  de  Chang-Haï  et  nous 
empêchent  d'exécuter  le  programme  arrêté  en  principe,  à  la  demande 
des  négociants  anglais  et  américains.  Des  partis  de  rebelles  se  sont 
rapprochés  de  Chang-Haï  et  Wou-soung  a  été  attaqué.  Le  commerce 
européen  est  épouvanté.  Les  chefs  se  décident  à  rentrer  à  Chang-Haï. 

Forte  chaleur  depuis  quelques  jours;  le  choléra  règne  toujours 
chez  nous  et  je  perds  quelques  hommes. 

21.  —  Départ  pour  Chang-Haï:  la  campagne  se  repeuple;  beaucoup 
de  T'aï-P'ing  isolés  sont  tués  par  les  paysans.  Arrivé  le  22  à  Chang-Haï. 

22.  —  De  graves  nouvelles  nous  arrivent  des  environs.  Ca-ding 
et  Tsing-pou  sont  bloqués;  leurs  garnisons  sont  trop  faibles.  Les 
Anglais  qui  avaient  expédié  à  Ca-ding  des  vivres,  des  munitions 
et  un  obusier  sous  l'escorte  de  17  hommes,  apprennent  que  le 
convoi  a  été  enlevé  par  les  rebelles.  Nos  deux  chefs  décident  qu'on 
partira  après-demain  pour  débloquer  Ca-ding.  Nous  sommes  tous 
éreintés  et  le  choléra  règne  dans  nos  rangs. 


SOUVENIRS  DB  LA  RÉVOLTE  DES  T'AÏ-P'ING.  221 

26.  —  Service  funèbre  de  l'amiral  Protêt.  Les  Français  et  les 
Anglais  y  assistent.  Le  corps  a  été  déposé  dans  un  caveau  pour  être 
expédié  plus  tard  à  Saint-Servan.  Nous  perdons  constamment  quelques 
hommes  du  choléra,  de  ceux  qui  ont  fait  l'expédition. 

29.  —  La  dernière  expédition  anglo-française  rentre  à  Chang-Haï; 
l'on  devait  ravitailler  Ca-ding,  mais,  arrivé  à  Nezian,  à  moitié  chemin, 
le  général  Staveley  qui  commandait  en  chef,  prit  peur  de  quelques 
rebelles  qui  rôdaient  autour  de  lui,  et  malgré  l'opposition  formelle 
du  commandant  du  détachement  français,  il  décida  qu'on  rétrogra- 
derait, et  que  les  troupes  qui  occupaient  Ca-ding  l'évacueraient:  ce 
qui  fut  fait.  Tous  les  Ward  restent  à  Tsing-pou.  Les  rebelles 
ont  pris  cette  fuite  pour  une  victoire  et  saccagent  les  environs  de 
Chang-Haï. 

(à  suivre.) 


MÉLANGES. 


Les  douanes  impériales  maritimes  chinoises  ') 

Une  circulaire,  qui  n'émaue  ni  des  Douanes  Maritimes  Chinoises, 
ni  du  Comité  de  l'Asie  française,  a  été  distribuée,  un  peu  légèrement 
il  faut  bien  le  dire,  aux  établissements  de  l'enseignement  secondaire 
dans  les  villes  de  province  en  France;  il  en  est  résulté  une  avalanche  de 
demandes  d'admission  dans  le  service  chinois,  aussi  bien  au  ministère 
des  Affaires  étrangères  et  au  Comité  de  l'Asie  française,  que  chez 
M.  J.  D.  Campbell,  représentant  de  sir  Robert  Hart  en  Europe  ')•  Ce 
dernier  a  reçu  plus  de  cent  lettres  accompagnées  de  demandes,  souvent 
baroques,  de  renseignements,  adressées  par  des  lycéens  et  des  collégiens 
de  toutes  les  parties  de  la  France;  en  un  seul  jour  vingt-cinq  lettres 
arrivaient  chez  M.  Campbell  des  quatre  points  cardinaux.  Le  Bulletin 
du  Comité  de  V Asie  française  a  donné  dans  son  numéro  de  février  des 
renseignements  sur  le  recrutement  dans  la  carrière  des  douanes  chinoises 
qu'il  est  désirable  de  rectifier  sur  certains  points  et  de  compléter.  Je  le 
fais  aujourd'hui  k  l'aide  de  documents  contrôlés  par  le  service  même  des 
douanes  qui,  s'ils  enlèvent  quelques  illusions  à  de  trop  nombreux 
candidats,  indiquent  d'une  façon  sûre  au  petit  nombre  de  ceux  qui 
peuvent  être  appelés  à  faire  partie  de  cette  grande  administration,  les 
conditions  essentielles  de  l'admission. 


(1)  Cet  article  a  paru  dans  le  numéro  de  Mai  du  Bulletin  du  comité  de  VAsiefrançaiie 
et  nous  croyons  devoir  le  reproduire  à  cause  de  son  importance  pratique. 

(2)  26  Old  Queen  street,  Westminster,  London,  S.  W. 


uéLANGRS.  223 

Je  crois  devoir  faire  précéder  ces  renseignements  d'uD  court  historique 
de  rétablissement  des  douanes  en  Chine. 

Origine  des  Douanes. 

L'origine  du  service  des  Douanes  Impériales  Maritimes  Chinoises 
(Imperial  Maritime  Customs)  date  de  1854  ').  A  cette  époque,  les 
rebelles  de  la  Société  triade  du  Petit  Couteau,  Siao  Tao  Houei,  des 
loges  cantonnaise  et  foukienoise,  occupaient  la  ville  indigène  de 
Chang-Haï;  les  fonctionnaires  chinois  avaient  abandonné  leurs  postes; 
personne  n'avait  un  mandat  régulier  pour  toucher  les  droits  sur 
les  marchandises  importées.  Les  consuls  eux-mêmes  ne  pouvaient 
guère  recevoir  que  des  promesses  de  payer  les  droits  et  pouvaient-ils 
même  légalement  percevoir  les  taxes?  Un  arriéré  énorme  se  produisait 
donc  dans  la  perception  de  la  douane.  Le  23  novembre  1854,  d'après 
une  note  du  ministre  américain,  Robert  M.  Me.  Laue,  les  droits 
arriérés,  dus  par  les  citoyens  des  Etats-Unis,  montaient  à  eux  seuls 
à  taëls  118.  125  8m.  4c.  Is.  «Cependant  les  conauls  d'Amérique  et 
de  la  Grande-Bretagne,  pour  arrêter  le  désordre,  décidèrent  que  les 
droits  seraient  acquittés  entre  leurs  mains  soit  en  argent,  soit  en 
simples  obligations  {promissory  notes).  Wou  Samqua  (le  Tao-Taï)  ne 
demanda  pas  seulement  qu'on  lui  versât  les  droits  perçus,  mais 
manifesta  même  l'intention  de  rouvrir  la  douane  dans  le  local  qui 
y  avait  été  consacré  au  milieu  des  concessions  étrangères.  Toutefois 
il  dut  y  renoncer  devant  l'opposition  qu'il  recoutra,  fondée  sur  cette 
raison,  «qu'attendu  l'insuffisance  de  ses  forces  militaires  pour  se 
protéger  lui-même  contre  les  insurgés,  la  colonie  deviendrait,  par 
le  fait  de  sa  présence,  le  théâtre  de  sanglauts  conflits  dans  lesquels 
les  jours  et  les  propriétés  des  étrangers  seraient  infailliblement 
exposés».   Le  Tao-Taï   n'eut  pas   plus   de  succès  quand   il  proposa 


(1)    CH/ia,  n"  l  (1865).  Foreiç»  Cnitomi  Eslablùimenf  iu  Chiiui.  1865  [3609]. 


224  MELANGES. 

d'établir  une  douane  flottante  à  bord  de  VÄntilope,  navire  européen 
qu'il  avait  acheté  pour  augmenter  sa  flottille:  ou  lui  opposa  les 
mêmes  objections  et  les  mêmes  arguments»  ').  un  tel  état  de  choses 
ne  pouvait  durer,  aussi  conclut-on  un  arrangement  par  lequel  un 
bureau  temporaire  des  douanes  serait  ouvert  le  13  février  1854, 
sous  la  présidence  du  Tao-Taï  de  Chang-Haï.  Dans  une  conférence 
tenue  le  29  juin  1854  entre  Wou  Tao-taï  et  les  consuls  Rutherford 
Âlcock,  B.  Edan  et  R.  C.  Murphy  des  trois  puissances  ayant  des 
traités  avec  la  Chine,  c'est-à-dire  l'Angleterre,  la  France  et  les 
Etats-Unis,  ils  rédigèrent  les  articles  au  nombre  de  neuf  qui  leur 
semblaient  nécessaires  pour  une  meilleure  organisation  du  service 
des  douanes.  Pour  exercer  sur  les  douanes  un  contrôle  devenu 
nécessaire  et  pour  reviser  les  règlements  douaniers  d'août  1851,  on 
nomma  une  commission  des  représentants  des  consuls  composée  de: 
T.  F.  Wade,  vice-consul  d'Angleterre,  le  capitaine  Cart,  attaché  à 
la  légation  des  Etats-Unis  et  Arthur  Smith,  interprète  du  consulat 
de  France;  le  traitement  de  ces  inspecteurs  fut  fixé  à  6.000  piastres 
(plus  de  30.000  francs)  pour  chacun,  sans  compter  les  frais  de 
service.  La  nouvelle  douane  commença  à  fonctionner  le  12  juillet 
1854.  Le  système  ayant  donné  de  bons  résultats,  on  se  décida  à 
l'appliquer  aux  autres  ports  ouverts  au  commerce,  tout  d'abord  à 
Canton,  en  octobre  1859,  avec  l'approbation  du  vice-roi  des  deux 
Kouaug,  Lao  Tsoung-kouang.  (Voir  traités  de  Tien-tsin,  1858.)  Les 
pouvoirs  du  fonctionnaire  {Haï  Kouan)  si  connu  des  étrangers  au 
xviii^  siècle,  sous  le  nom  de  Hoppo,  étaient  ainsi  singulièrement 
transformés.  Chan-T'éou  {Swatow)  fut  ouvert  en  février  1860;  Tchen- 
kiaug  sur  le  Yang-tseu,  en  avril,  Ning-po,  en  mai  1861,  Tien-tsin, 
le  même  mois,  reçurent  des  commissaires.  La  même  année,  en  juillet, 
Fou-tcheou,  et  eu  décembre  Han-k'eou  et  Kieou-kiang  sont  ouverts 


(1)  ÂKTUUK  MiLOAC,  dans  la  Revue  de  l'Extréme-Oritnt,  IF,  p.  10. 


k 


HéLANOES.  225 

à  leur  tour;  en  avril  1862,  Ainoy;  en  mars  1863,  Tché-fou;  eu. 
mai,  Tam-soui  et  Ki-loung;  puis  en  septembre,  Ta-kao,  dans  l'île 
Formose,  et  enfin  eu  mai  1864,  Nieou-Tchouang,  complètent  le 
chiffre  de  quatorze  bureaux  de  douanes  ouverts  à  la  fiu  de  1864  '). 
En  fait,  l'administration  des  Douanes  Maritimes  Chinoises  étant 
confiée  à  un  service  spécial  du  gouvernement  impérial,  service  qui 
est  connu  sous  le  titre  de  «Inspectorat  général  des  Douanes  Impériales 
Maritimes  Chinoises»  dans  lequel  des  étrangers  furent  employés  aux 
termes  de  l'article  46  du  traité  auglais  de  Tieri-tsin  de  1858  et  de 
l'article  10  des  conditions  du  Tarif  du  8  novembre  1858.  Il  n'y  a 
pas  dans  le  traité  français  de  Tien-tsin  de  clause  semblable  à  celle 
de  l'article  46  du  traité  anglais,  mais  les  conditions  du  Tarif  furent 
acceptées  par  les  plénipotentiaires  français  et  américain  et  signées 
le  28  novembre  1858  par  le  plénipotentiaire  français. 

Fonctionnaires  des  Douanes- 

A  la  tête  du  service  est  placé  un  inspecteur  général.  Nous  avons 
dit  plus  haut  qu'à  l'origine,  à  Chang-Haï  en  juillet  1854,  les  droits 
de  douanes  étaient  perçus  par  les  trois  consuls.  Antérieurement,  depuis 
septembre  1853,  le  consul  d'Angleterre,  Rutherford  Alcock,  auquel 
est  due  l'iuitiative  de  la  création  du  nouveau  service  des  douanes, 
avait  servi  d'intermédiaire  à  ses  compatriotes;  il  s'était  fait  représenter 
dans  le  triumvirat  par  son  vice-consul  Thomas-Francis  Wade  qui, 
à  sou  tour,  céda  au  bout  d'un  an  (l®'"  juin  1855)  la  place  à  l'interprète 
Horatio  Nelson  Lay.  La  France  et  les  Etats-Unis  ayant  cessé  de 
nommer  des  représentants,  M.  Lay  resta  seul.  L'extension  du  système 

(1)  Extrait  de  {'Histoire  des  Belationt  de  la  Chime,  par  Hbnri  Cordikr,  I,  pp.  168—159. 


226  MÉLANGES. 

des  douanes  de  Chang-Haï  aux  autres  ports  devait  conduire  à  l'unité 
de  direction  et  c'est  ainsi  que  Lay,  mommé  par  le  gouverneur  général 
des  deux  Kiang,  devint  inspecteur  général  des  Douanes  Maritimes. 
Le  Tsong-li  Yamen,  depuis  sa  création  en  1861,  avait  dans  ses 
attributions  la  nomination  de  ce  haut  fonctionnaire  qui  lui  adressait 
ses  rapports  pour  être  remis  au  ministère  des  Finances  (Hou-Pou); 
il  est  vrai  qu'il  n'a  eu  qu'une  fois  à  exercer  cette  prérogative  en 
faveur  de  M.  Robert  Hart. 

L'administration  des  Douanes  est  confiée  à  quatre  services  {Depart- 
ments): 1°  le  Revenu  {Revenue  Department);  2°  la  Marine  {Marine 
Department)',  3°  l'Education  {Educational  Department);  4°  les  Postes 
{Postal  Department). 

En  1901,  ce  dernier  département  comprenait  65  employés  étrangers 
et  882  chinois;  le  secrétaire  des  postes  est  un  Français,  M.  A.-T. 
Piry;  les  chefs  de  bureaux  sont  des  employés  du  service  intérieur; 
restent  donc  les  emplois  subalternes.  Je  laisse  de  côté  la  Marine 
et  l'Education,  services  techniques.  C'est  en  réalité  au  premier 
département  {Revenue)  que  les  candidats  cherchent  un  emploi.  Ce 
Département  comprend  un  service  intérieur  {In-door  Staff),  un  service 
extérieur  {Out-door  Staff),  un  service  de  la  Côte  {Coast- Staffs), 
étrangers  et  Chinois  comprenant  en  1901,  876  étrangers  et  3.681 
Chinois.  Le  service  extérieur  (551  étrangers)  est  principalement  recruté 
sur  place,  surtout  parmi  les  marins  des  différentes  nationalités.  Ou 
comprend  dès  lors  que  les  demandes  visent  exclusivement  le  service 
intérieur  {In-door  staff').  Nous  allons  l'examiner. 

Le  service  intérieur  comprenait,  en  1901,  279  employés  européens 
sur  lesquels  12  sont  de  simples  commis  sans  chance  d'avancement; 
restent  267  employés  ainsi  répartis  par  nationalités: 


lléLANOES.  227 

Anglais 139 

Français 31 

Allemands 25 

Américains 16 

Russes 11 

Italiens 8 

Norvégiens 6 

Japonais 6 

Portugais 6 

Danois 4 

Autrichiens 4 

Hollandais 4 

Belges 4 

Espagnols 2 

Hongrois 1 


267 

Depuis  la  publication  de  l'Annuaire  de  1901,  nous  savons  que 
15  jeunes  gens  sont  entrés  dans  le  service,  ainsi  répartis  par 
nationalité:  Anglais,  4;  Français,  5;  Allemands,  5;  Italien,  1;  ce 
qui  fait  un  total,  pour  le  chiflfre  actuel  des  employés  du  service 
intérieur,  de  294;  mettons  300  en  chifires  ronds.  Or  on  a  calculé 
qu'un  employé  des  douanes  reste  environ  30  ans  dans  le  service, 
cela  fait  une  moyenne  de  div  places  vacantes  par  an,  à  répartir 
entre  plus  de  quinze  nations  ayant  des  traités  avec  la  Chine. 

Ces  chiffres  sont  assez  éloquents;  la  conclusion  s'impose  d'elle- 
même:  il  n'y  a  pas  place  pour  une  cohue  de  candidats,  mais  seulement 
pour  une  petite  élite.  II  est  donc  peu  sage,  pour  ne  pas  dire  plus, 
d'entretenir  chez  des  collégiens  des  illusions  qui  leur  prépareraient 
d'amers  réveils. 

Sir  Robert  Hart,  bart. 

Le  service  des  Douanes  Chinoises  est  dirigé  par  l'inspecteur 
général,  l'I.  (x.  comme  le  désignent  ses  subordonnés.  Sir  Robert 
(Hart,    véritable   autocrate,   qui   dispose   seul    de  toutes  les  places  et 


228  MÉLANGES. 

auquel  les  candidats  doivent  adresser  directement  leurs  demandes. 
Le  trait  caractéristique  du  service,  c'est  qu'il  a  à  sa  tête  un 
seul  chef  qui  est  nommé  par  le  gouvernement  chinois;  il  est  le  seul 
fonctionnaire  choisi  de  la  sorte,  mais  sa  commission,  munie  du  sceau 
du  Tsong-li  Yamen,  l'autorise  à  prendre  les  agents  qui  serviront  sous 
ses  ordres.  Lord  Clarendon  était  hostile  à  toute  intervention  des 
consuls  britanniques  dans  le  choix  des  employés  anglais  des  douanes. 
Lord  Elgin,  plénipotentiaire  anglais,  écrivait  le  8  février  1862  à 
M.  Layard  au  sujet  du  traité  de  Tien-tsin  et  du  Tarif: 

«  The  stipulation  that  an  uniform  system  of  collection  was  to  be  gradually 
introduced  at  the  several  open  ports,  and  the  omission  of  the  clause  requii'ing 
Her  Majesty's  Consuls  to  exercise  over  Her  Majesty's  subjects  a  control  in 
Custom-House  matters,  from  which  the  subjects  of  other  Treaty  Powers  were 
exempt,  coupled  with  the  large  reductions  in  the  Tariff  rates  of  duty,  and  the 
opening  up  of  the  whole  seaboard  of  China  and  of  the  banks  of  the  more 
important  navigable  rivers  to  trade,  were  held  to  be  advantages  of  no  mean 
order.  To  the  best  of  my  recollection  it  never  was  suggested  to  me  that  I 
should  use  the  power  I  possessed  to  compel  the  Chinese  government  to  divest 
itself  of  its  power  of  enacting  regulations  for  the  protection  of  its  revenue, 
and  of  imposing  penalties  for  the  breach  of  such  regulations.  Had  such  a  sug- 
gestion been  made,  I  should  have  been  obliged  to  disregard  it,  because  I  could 
not  have  acted  upon  it  without  contravening  one  of  the  most  essential  principles 
of  the  policy  prescribed  to  me  by  Lord  Clarendon.  » 

Robert  Hart,  né  le  20  février  1835,  à  Portadown,  dans  le  comté 
d' Armagh  (Irlande),  fut  élevé  à  Queen's  University,  Belfast,  et  obtint 
son  diplôme  de  Bachelier-ès-Arts  en  1853  et  celui  de  Maître-ès-Arts, 
M.  A.  hon.-causâ,  en  1871;  il  est  aussi  LL.  D.  de  Queen's  University, 
1882,  et  de  Michigan,  Etats-Unis.  D'abord  interprète  surnuméraire 
de  la  surintendance  du  commerce  à  Hong-Kong  (mai  1854),  près 
du  consulat  britannique  à  Ning-po  (octobre  1854),  assistant-interprète 
dans  le  même  port  (juin  1855),  puis  second  assistant  à  Canton 
(mars  1858),  il  remplit  les  fonctions  de  secrétaire  des  Commissaires 
alliés  pour  l'administration  de  la  ville  de  Canton  (avril  1858).  In- 


UÉI.ANORB.  229 

terprète  du  cousulat  anglais  à  Cauton  (mai  1859),  il  obtient  la 
permission  d*eutrer  dans  les  douanes  chinoises  où  il  est  promu 
d'emblée  député-commissaire  dans  cette  ville  (juin  1859);  pendant 
l'absence  de  Lay,  il  remplit  (avril  1861-raai  18C3),  avec  M.  Fitz-Roy 
comme  collègue,  les  fonctions  d'inspecteur  général.  Nommé  com- 
missaire à  Chang-Haï  avec  la  charge  des  ports  du  Yang-tseu  et  de 
Ning-po  (avril  1863),  il  remplaça  H.-N.  Lay,  trois  mois  plus  tard, 
définitivement  (novembre  1863).  L'Angleterre  qui  sait  récompenser 
les  bous  services,  en  a  fait  un  Grand  Croix  de  Saint-Michel  et 
Saint-George,  G.  C.  M.  G.  (1889)  et  un  Baronet  (1893);  la  Chine 
lui  a  donné  le  globule  rouge  de  la  première  classe  des  fonctionnaires 
(1881),  l'a  décoré  de  la  première  classe  de  la  seconde  division  du 
Double  Dragon,  et  de  la  Plume  de  Paon  (1885)  et  a  anobli  trois 
générations  de  ses  ancêtres  avec  le  rang  de  la  première  classe  du 
premier  ordre;  récemment  il  a  reçu  le  titre  honorifique  de  Cha-Pao, 
second  tuteur  de  l'héritier  présomptif,  qui,  à  ma  connaissance,  n'avait 
jamais  été  décerné  à  un  étranger. 

Sir  Robert  Hart  a  reçu  les  distinctions  suivantes  des  gouvernements 
étrangers:  France:  commandeur  de  la  Légion  d'Honneur,  1878;  grand 
oflBcier,  1885;  Belgique:  commandeur  de  l'Ordre  de  Leopold,  1869; 
grand  officier,  1893;  Suède  et  iVoruè^e  :  chevalier  de  l'Ordre  de  Vasa, 
1870;  chevalier  grand  croix  de  l'Etoile  Polaire,  1894;  Autriche- Hongrie, 
chevalier  commandeur  de  l'Ordre  de  François-Joseph,  1870;  grand 
croix,  1873;  Italie:  grand  officier  de  la  Couronne,  ISSi;  Saitit- Siège: 
commandeur  de  l'Ordre  de  Pie  IX,  1885;  Portugal:  grand  croix 
de  l'Ordre  du  Christ,  1888;  Pays-Bas:  grand  croix  de  l'Ordre 
d'Orauge-Nassau,  IS97\- Prusse:  Ordre  de  la  Couronne,  l^fe classe  1900. 

Sir  Robert  Hart  a  été  nommé,  en  mai  1885,  envoyé  extraordinaire 
et  ministre  plénipotentiaire  d'Angleterre  en  Chine  et  en  Corée;  il 
donna  sa  démission  au  mois  d'août  1885,  pour  rester  comme  In- 
specteur Général  dans  le  service  chinois. 


230  MELANGES. 

La  note  suivante,  probablement  modifiée  récemment,  a  été  publiée 
il  y  a  deux  ans  et  demi;  elle  explique  les  principes  suivant  lesquels 
les  nominations  sont  faites  dans  le  service  intérieur  des  douanes: 

ADMISSION  AU  SERVICE  CHINOIS  DES  DOUANES. 

Service  intérieur. 

MEMORANDUM. 

1.  —  Les  nominations  dans  le  service  intérieur  des  douanes  chinoises  sont 
faites  directement  par  l'Inspecteur  Général,  et  tout  sujet  de  la  nationalité  de 
toute  puissance  ayant  un  traité  est  admissible. 

2.  —  L'Inspecteur  Général  nomme  seulement  ceux  qu'il  connaît  ou  qui  lui 
sont  suffisamment  bien  recommandés  en  ce  qui  regarde  les  antécédents  et  la 
conduite.  Les  candidats  doivent  adresser  eux-mêmes  directement  leur  demande 
à  l'inspecteur  général,  lui  envoyant  en  même  temps  les  recommandations  et  les 
certificats  qu'ils  désirent  présenter,  ainsi  que  leur  photographie. 

3.  —  L'âge  des  candidats  est  de  19  à  23  ans. 

4.  —  Les  candidats  doivent  être  célibataires.  Le  service  n'a  pas  le  moyen  de 
fournir  une  installation  de  maison  pour  des  jeunes  gens  mariés. 

5.  —  Tous  ceux  qui  sont  désignés  à  des  emplois  sont  soumis  à  une  épreuve 
justifiant  de  leur  aptitude  et  de  leur  éducation.  Il  n'y  a  pas  de  sujets  spéciaux 
d'examen,  sauf  que  la  connaissance  de  l'anglais,  de  l'arithmétique,  de  la  géo- 
graphie et  au  moins  d'une  autre  langue  moderne  est  requise.  Outre  ces  sujets, 
les  candidats  admissibles  seront  examinés  sur  tels  autres  sujets  qu'ils  choisiront. 
En  pratique,  le  candidat  devra  être  socialement  et  par  son  éducation  au  moins 
égal  à  la  moyenne  des  plus  hauts  grades  des  employés  civils  des  contrées  d'Europe. 

6.  —  Dans  le  cas  où  il  se  présenterait  plus  de  candidats  qu'il  n'y  a  déplaces, 
l'Inspecteur  Général  peut,  comme  il  l'a  fait  jusqu'ici,  faire  passer  un  examen  de 
concours  aux  candidats  et  donner  les  places  à  ceux  qui  seront  les  plus  heureux 
dans  cette  épreuve. 

7.  —  11  est  fait  un  examen  médical  de  tous  les  candidats.  Ils  doivent  donner 
la  preuve  d'une  intelligence  générale,  être  exempts  de  toute  maladie  organique 
et  n'avoir  aucun  germe  de  maladie  de  poitrine,  de  cœur  ou  de  faiblesse  héré- 
ditaire. Le  bégaiement  et  la  claudication  sont  des  clauses  d'exclusion,  de  même 
qu'un  défaut  sérieux  dans  la  vue. 

8.  —  Une  indemnité  suffisante  pour  payer  le  passage  à  la  Chine  est  donnée 
aux  candidats  qui  sont  engagés  en  Europe.  La  somme  allouée  à  cet  effet  est 
actuellement  de  100  livres  sterling. 


â 


MÉLAN0K8.  231 

9.  —  Ijes  jeunes  gens  nommés  sont  surveillôs  d'une  manière  spéciale  pendant 
leurs  premières  années  do  service  pour  juger  de  leur  conduite,  de  leur  tenue, 
de  leur  aptitude  à  remplir  leurs  tonctiona  et  de  leur  zèle  dans  IV'tude  de  la 
langue. chinoise,  qui  est  essentielle.  Dans  le  cab  où  ils  seraient  sous  l'un  de  ces 
rapports  des  employés  ne  donnant  pas  satisfaction,  l'Inspecteur  Général  se  ré- 
serve le  droit  de  les  renvoyer. 

Inspectorat  général  des  douanes,  Pékin,  30  décembre  1899. 

La  note  suivante  indique  lea  conditions  d'admission  et  du  service: 
MEMORANDUM 

Explicatif  des  conditions  d'entrée  dans  les  douanes  maritimes 
impériales  chinoises. 

1.  —  Toute  nomination  dans  le  service  dépend  de  la  seule  volonté  de  l'in- 
specteur général,  Sir  Robert  Hart,  Bart.,  G.  C.  M.  G. 

2.  —  Le  cadre  étranger  placé  sous  les  ordres  de  l'inspecteur  général  des 
douanes  comprend  des  sujets  des  différentes  puissances  liées  à  la  Chine  par  un 
traité. 

3.  —  Pour  être  admis  coniime  4*  assistant,  C,  il  faut  être  âgé  de  19  ans  au 
moins  et  de  23  ans  au  plus. 

4.  —  Le  candidat  doit  être  apte  au  service  en  Chine,  c'est-à-dire:  n'avoir 
pas  plus  de  23  ans;  —  posséder  une  instruction  convenable;  se  trouver  dans 
de  bonnes  conditions  physiques  (on  se  montre  surtout  exigeant  pour  la  vue  et 
l'ouïe);  —  et  être  capable  d'occuper  un  pupitre  anglais  dans  un  bureau  [parler 
et  écrire  l'anglais  qui  est  la  langue  usitée  dans  le  service  des  douanes]. 

5.  —  Suivant  la  lettre  de  nomination  qui  est  donnée  par  l'inspecteur  général 
au  4*  assistant,  C,  celui-ci,  d'après  les  conditions  générales  du  service,  pourra 
être  appelé  à  remplir  les  occupations  des  douanes  aussi  bien  comme  employé 
de  bureau  {in-door  stuff)  que  comme  employé  pour  le  service  extérieur  (out- 
door staff)  et  s'il  aspire  à  un  degré  supérieur  et  à  un  traitement  plus  élevé, 
il  devra  acquérir  la  connaissance  de  la  langue  chinoise  ainsi  que  des  usages  et 
des  coutumes  du  peuple  chinois.  Le  service  est  un  département  du  service  civil 
de  la  Chine,  ses  membres  étant  employés  du  gouvernement  chinois  et  non  les 
subordonnés  d'aucun  autre  gouvernement;  ils  ne  sont  pas  employés  pour  aucun 
temps  spécifié,  mais  l'acceptation  d'un  emploi  implique  l'acceptation  des  statuts 
et  des  règlements  du  service. 

().  —  Il  y  a  une  allocation  de  100  livres  sterling  pour  le  voyage,  et  les  ap- 
pointements commencent   en   Chine   à   raison  de   1.20Ü  haïkouan  taèls  par  an. 


232  MÉLAISGES. 

La  valeur  du  haïkouan  taël  varie  suivant  le  taux  courant  du  change;  en 
moyenne,  elle  était,  en  1898,  de  2sh.  lOd.  5/8,  en  1899  de  3sh.  Od.  1/8,  et 
en  1900,  de  3sh.  Id.  1/4.  En  outre  de  ces  appointements,  chaque  assistant  est 
logé  (non  meublé)  ou  reçoit  à  la  place  une  indemnité.  Si  l'assistant  quitte  de 
sa  propre  volonté  le  service  avant  l'expiration  de  cinq  ans  de  service  effectif  en 
Chine,  il  est  tenu  de  rembourser  les  100  livres  sterling  qui  lui  avaient  été  al- 
louées pour  son  passage, 

7.  —  Le  traitement  d'un  4^  assistant,  C,  est  de  1.200  haïkouan  taëls.  (Les 
anciens  traitements  en  argent,  —  qui  s'élevaient  suivant  les  grades  pour  les 
commissaires  de  4.800  à  9.000  haïkouan  taëls,  —  ont  tous  été  augmentés. 

8.  —  La  promotion  dans  le  service  dépend  : 

a)  des  vacances  qui  peuvent  se  produire; 

b)  des  progrès  réalisés  par  l'intéressé  dans  l'étude  du  chinois; 

c)  de  la  conduite  et  des  aptitudes  de  l'intéressé. 

9.  —  Les  agents  ne  sont  pas  retraités,  mais  d'après  les  règlements  actuels, 
une  allocation  d'une  année  de  traitement  peut  être  donnée  au  gré  de  l'inspecteur 
général  après  chaque  période  de  sept  années  de  service. 

10.  —  A  la  fin  de  la  première  période  de  sept  ans  de  service,  et  dans  la  suite, 
après  une  période  de  cinq  ans,  un  congé  de  deux  ans,  à  demi-solde,  pourra, 
suivant  le  présent  règlement,  être  accordé,  si  les  besoins  du  service  le  permettent, 

* 
*  * 

La  note  suivante  indique  les  conditions  de  l'examen  des  candidats 

qui  ont  reçu  de  l'Inspecteur  Général  leur  nomination: 

MEMORANDUM 

IHxpUcatif  des  examens  d'entrée  dans  V administration  du  service 

des  douanes  chinoises. 

1.  —  Avant  que  l'examen  n'ait  lieu,  le  candidat  devra  produire  un  certificat 
médical  à  l'effet  de  prouver  qu'il  n'a  aucun  défaut  dans  la  vue,  la  parole  ou 
l'ouïe;  qu'il  est  exempt  de  toute  maladie,  affection  constitutionnelle  ou  infirmité 
corpoi*elle,  qui  pourrait  probablement  le  gêner  dans  l'accomjjlissement  exact  de 
ses  devoirs  officiels,  et  que,  au  point  de  vue  de  la  santé,  il  est  parfaitement 
propre  au  service  en  Chine. 

2,  —  Il  y  aura  un  examen  préliminaire  d'épreuve  pour  l'écritui'e,  la  dictée, 
la  grammaire  et  l'arithmétique.  Tout  candidat  qui  ne  réussirait  pas  à  passer  cet 
examen  d'une  manière  satisfaisante  sera  disqualifié  pour  l'examen  final,  qui  a 
spécialement  pour  but  de  s'assurer  des  mérites  de  chaque  candidat  relativement 
à  ses  connaissances,  son  intelligence  et  ses  chances  d'avenir.  Les  sujets  de  l'exa- 
men final  ou  de  l'examen  d'épreuve  de  l'instruction  sont  partie  obligatoires  et 
partie  facultatifs. 


HKLAMOKS.  23Ô 

I.  —  Obligatoires. 

a)  Langue  anglaise. 

b)  Éléments  d'histoire  moderne. 

c)  Géographie. 

(/)  Composition  et  précis. 

e)  Tenue  de  livres  en  partie  double. 

II.  —  Facultatifs. 

Le  candidat  peut  choisir  n'importe  quels  sujets,  plus  spécialement  fi-ançais  et 
allemand,  afin  de  prouver  qu'il  a  reçu  une  éducation  convenable.  On  tiendra  un 
plus  grand  compte  d'une  profonde  connaissance  de  quelques  sujets  que  d'un  savoir 
superficiel  d'un  grand  nombre. 

Recrutement. 

On  verra  d'après  le  memorandum  relatif  aux  examens  que  l'on 
ne  cherche  pas  à  faire  atteindre  aux  candidats  un  niveau  spécial 
d'instruction.  L'éducation  que  l'on  nomme  en  général  libérale, 
c'est-à-dire  celle  que  doit  recevoir  tout  homme  pour  faire  son  chemin 
dans  le  monde,  est  tout  ce  que  l'on  demande;  en  sorte  que  si  un 
jeune  homme  s'est  préparé  soit  à  la  carrière  des  armes,  soit  à  la 
marine,  au  droit,  à  la  médecine,  aux  travaux  d'ingénieur,  soit  à  toute 
autre  profession  honorable,  il  ne  se  rend  ainsi  nullement  impropre 
au  service  des  douanes.  Mais  l'on  recherche  aussi  bien  les  avantages 
physiques  que  les  qualités  intellectuelles,  et  l'on  désire  des  hommes 
digues  de  confiance,  honnêtes,  travailleurs  et  possédant  du  sang-froid 
et  du  bon  sens. 

Quand  un  candidat  est  inconnu  de  Sir  Robert  Hart,  il  doit 
naturellement  fournir  à  l'appui  de  sa  demande  des  recommandations 
émanant  d'une  personne  connue  de  l'Inspecteur  Général  officiellement 
ou  en  particulier,  ou  dont  la  réputation  ou  le  nom  ou  la  position 
soit  une  garantie  suffisante  pour  la  recommandation. 

Lorsque  Sir  Robert  Hart  désigne  an  candidat  en  Europe,  il  en 

informe  M.  Campbell,  dont  c'est  le  devoir  d'exécuter  les  instructions 

I^B    relatives   à   l'examen   et   de  décider  si  le  candidat  est  ou  n'est  pas 

I 


234  MELANGES. 

apte  au  service.  Il  est  préférable  que  les  caudidats  adressent  directe- 
ment leur  demande  à  Sir  Robert  Hart. 

L'examen  littéraire  peut  être  remplacé  par  le  diplôme  d'établisse- 
ments comme  l'Ecole  des  langues  orientales  vivantes,  l'Ecole  coloniale, 
etc.  Si  les  candidats  sont  trop  nombreux,  il  est  alors  nécessaire  d'ouvrir 
un  concours;  c'est  ce  qui  est  arrivé  récemment  quand  39  jeunes  gens 
se  sont  présentés  pour  6  places  vacantes. 

Avancement. 

Le  service  intérieur  des  douanes  comprend  dans  ses  279  employés: 
1  inspecteur  général,  1  inspecteur  général  adjoint,  40  commissaires 
(directeurs),  19  commissaires  adjoints,  1  principal  assistant,  18  premiers 
assistants,  35  deuxièmes  assistants,  40  troisièmes  assistants,  100  qua- 
trièmes assistants,  12  commis  (Clerks),  12  divers. 

Jusqu'à  l'année  dernière,  les  assistants  étaient  divisés  en  deux 
classes  A  et  B;  pour  accélérer  les  promotions,  il  seront  dorénavant 
répartis  en  trois  classes  A,  B  et  C.  Les  traitements  commençaient 
à  hk.  tls.  900  et  suivaient  l'échelle  suivante  jusqu'aux  commissaires 
qui  étaient  en  1901  au  nombre  de  40  dont  21  Anglais,  7  Américains, 
4  Allemands,  3  Français,  1  Hongrois,  1  Norvégien,  1  Belge,  1  Russe, 
1  Danois: 

4«   Assistant  B  ......  hk.  tls.        900 

»         A »  4.200 

3=    Assistant  B »  1.500 

»         A »  4.800 

2«    Assistant  B »  2.400 

»         A »  2.400 

1"  Assistant  B ,     »  2.700 

»         A »  3.000 

Principal  assistant »  3.600 

Commissaire  adjoint    ....         »  3.600  à  4.200 

Commissaire .         »  4.800  à  9.000 

A  cause  de  la  dépréciation  de  l'argent,  les  traitements  commen- 


â 


MELANGES.  235 

feront  (lésoriuais  îi  hk.  tls.  1.200  au  lieu  de  900  et  suivrout  une 
augmentatiou  progressive  suivaut  les  grades. 

L'avaucement  est  dû  naturellement  à  l'intelligence,  au  travail, 
à  l'assiduité  et  à  la  bonne  conduite,  mais  surtout  aux  progrès  dans 
la  langue  chinoise;  un  assistant  qui  ne  possède  pas  cette  langue  à 
fond  n'a  aucune  chance  d'arriver  au  grade  de  commissaire. 

Dans  les  dernières  promotions,  les  plus  heureux  parmi  les  com- 
missaires adjoints  ont  été  nommés  commissaires  au  bout  de  18  ans 
de  service  dans  les  douanes,  mais  la  plupart  ont  attendu  22,  24, 
28  et  même  29  ans  ce  haut  emploi. 

J'espère  que  ces  quelques  renseignements  pourront  donner  une 
idée  exacte  du  service  des  douanes  impériales  maritimes  chinoises, 
des  conditions  dans  lesquelles  on  peut  y  être  admis,  et  de  l'avancement 
que  l'on  y  peut  obtenir. 

Liste  des  ports  ouverts  au  coiuinerce  étranger^). 

1°  Nieou-Tchouang  «^  s^  {anglais  Newcliwang)^  dans  la  province 
de  Cheng-King  en  Mandchourie;  ouvert  en  mai  1864  en  vertu  du 
traité  anglais  de  Tieu-Tsin  (1858);  à  la  fiu  de  1901,  population 
chinoise  estimée:  50  000  habitants: 

2°  T'ien-Tsin  ^  ^  dans  la  province  de  Tche-li,  au  confluent 
du  Grand  Canal  et  du  Peï-ho;  ouvert  en  mai  1861,  en  vertu  des 
conventions  anglaise  et  française  de  Pé-king,  1860;  pop.  chin.: 
700  000  hab.  ; 

3°  Tche-Fou  ^  ^  {anglais  Chefoo)  ou  mieux  Yeu-t'aï,  dans  la 
province  de  Chan-Toung,  sur  le  bord  de  la  mer;  ouvert  en  mars 
1862  en  vertu  des  traités  anglais  et  français  de  Tien-Tsin,  1858; 
pop.  chin.  :  60  000  hab.  ; 

4°   Kiao-Tcheou  ^  ^  (Kiaochow),  dans  la  province  de  Chan- 

1)  Nous  ajoutons  cette  liste  tirée  de  notre  Histoire  des  Rtlations  de  la  Ckime,  III, 
pp   433—438. 


23Ô  MÉLANGES. 

Touag,  dans  la  baie  du  même  uoni,  occupé  par  les  Allemands  le 
14  novembre  1897,  déclaré  port  libre  le  2  septembre  1891;  (en 
réalité   Ts'ing'-tao)  ; 

5°  Tchoung-K'ing  ^  ^  (Chung-K'ing)  dans  la  province  de  Se- 
Tch'ouen;  au  confluent  de  la  rivière  Kia-ling  et  du  Yang-  tseu: 
ouvert  en  novembre  1890;  popul.  chin.:  300000  hab.  ; 

6°  I-Tch'ang  ^  M  (Ichang),  dans  la  province  de  Hou-Pé,  sur 
la  rive  gauche  du  Yaug-tseu,  ouvert  le  1®^  avril  1877,  en  vertu  de 
la  convention  de  Tche-Fou,   1876;  popul.  chin.:  40000  hab.  ; 

7°  Cha-che  *|J^  TÎT  (Shasi),  dans  la  province  de  Hou-Pé,  entre 
I-Tch'ang  et  Han-K'eou,  sur  la  rive  gauche  du  Yang-tseu  ouvert 
le  l®*"  octobre  1896,  en  vertu  du  traité  japonais  de  1895;  pop. 
chiu.  :  80000  hab.; 

8°  Yo-Tcheou  -^  ^|«|  (Yochow),  dans  la  province  de  Hou-Nan, 
près  du  lac  Toung-Ting;  ouvert  ofiSciellement  le  13  novembre  1899; 
pop.  chin.  :  20000  hab.; 

9°  Han-K''eou  *^  JU  (Hankow),  sur  la  rive  gauche  du  Yang- 
Tseu,  à  son  confluent  avec  la  rivière  Han,  dans  la  province  de 
Hou-Pé,  ouvert  en  décembre  1861,  en  vertu  des  règlements  provisoires 
de  la  même  année;  pop.  chin.  :  850000  hab.; 

10°  Kieou-Kiang  ^  /X  (Kew-Kiang,  Kiukiang),  dans  la  province 
de  Kiang-Si,  sur  la  rive  droite  du  Yang-Tseu,  près  du  lac  Po-yang: 
ouvert  en  même  temps  que  Han-K'eou;  pop.  chin.:  62000  hab.; 

11"  Woii-hou  ^  yj^  (Wuhu),  dans  le  Ngau-Houei,  sur  le  Yang- 
Tseu,  entre  Kieou-Kiang  et  Tchen-Kiang;  ouv^t  le  1^^  avril  1877 
en  vertu  de  la  convention  de  Tche-Fou;  pop.  chin.:   102116  hab.;   | 

12°  Nan-King  ^  ]^  ou  mieux  Kiang  Ning  )[X.  ^  (Nan-King 
veut  dire  Cour  du  Sud,  et  désigne  l'emplacement  ancien  de  la  capitale 
avant  Pé-kiug,  Cour  du  Nord),  sur  la  rive  droite  du  Yang-Tseu, 
capitale  du  Kiang-Nati,  devait  être  ouvert  en  vertu  du  traité  français 


Mél.ANOES.  237 

(le  Tien-Tain,  1858;  ne  l'a  été  eu  réalité  que  le  l^'  mai  1899;  pop. 
chin.:  225000  hab.  ; 

13°  Ti'hen-Kiang  ^  /X  (Chiukiang),  dans  le  Kiaug-Sou,  sur  la 
rive  droite  du  Yang-Tseu  à  sou  confluent  avec  le  Canal  impérial, 
ouvert  eu  avril  1861,  en  vertu  du  traité  anglais  de  Tien-Tsin,  1858; 
pop.  chin.:  140000  hab.; 

14°  Chang-Haî  J^  jf^  (Shanghaï),  dans  le  Kiang-Sou,  sur  le 
Houang-Pou,  un  des  cinq  ports  ouverts  eu  vertu  du  traité  de 
Nan-King,  1842.  Le  port  a  été  officiellement  ouvert  au  commerce 
le  17  novembre  1843  et  le  bureau  des  Douanes  n'a  été  ouvert  comme 
nous  l'avons  vu  qu'en  1854;  pop.  chin.:  620000  hab.; 

15°  Sou-Tcheoii  ^  j^  (Soochow),  capitale  du  Kiang-Sou,  à  l'ouest 
et  un  peu  au  nord  de  Chang-Haï,  sur  le  Grand  Canal,  près  du 
Grand  Lac,  Tai-Hou;  ouvert  le  26  septembre  1896  en  vertu  de 
l'article  VI  du  traité  japonais;  pop.  chin.:  500000  hab.; 

16°  Ning-Po  ^  ^  dans  la  province  de  Tche-Kiang,  sur  la 
rivière  Yong,  un  des  cinq  ports  ouverts  en  vettu  du  traité  de 
Nan-King,  1842,  mais  n'a  été  ouvert  par  les  Douanes  qu'en  mai 
1861;  pop.  chin.:  255000  hab.; 

17°  Hang-Tcheou  ^  j^  (Hangchow),  capitale  du  Tche-Kiang, 
sur  la  rivière  Ts'ien-T'ang,  ouvert  le  26  septembre  1896,  en  vertu 
de  l'article  VI  du  traité  japonais;  pop.  chin.:  700000  hab.; 

18°  Wen-Tcheou  ^  ^  (Wenchow),  dans  la  province  de  Tche- 
Kiang,  sur  la  rive  droite  du  Wou-Kiang,  ouvert  en  avril  1877,  en 
vertu  de  la  Convention  de  Tche-Fou,  1876;  pop.  chin.:  80000  hab.; 

19°  San-Tou  Ngao  (Santuao),  port  de  Fou-Ning  Fou,  fjg  ^ 
dans  la  province  de  Fou-Kien,  ouvert  spontanément  par  les  Chinois 
le  P"^  mai  1899;  le  décret  impérial  est  du  24  mars  1898;  pop.  chin.: 
8000  hab.; 

20°   Fou-Tcheou  ^  j^  (Foochow),  capitale  do  Fon-Kien  sur  la 
Lrivière  Min,  uu  des  cinq  ports  ouverts  eu   vertu  du  traité  de  Nan- 


238  MÉLANGES. 

Kiug,  1842,  mais  le  bureau  des  Douanes  u'a  été  installé  qu'eu  juillet 
1861;  pop.  chin.:  650000  hab.; 

21°  Emoui  ^  P^  ou  Amoy,  prononciation  locale  de  Hia-Men, 
dans  le  Fou-Kien,  un  des  cinq  ports  ouverts  en  vertu  du  traité  de 
Nan-King,  1842,  mais  le  bureau  des  Douanes  n'a  été  installé  qu'en 
avril    1862;  pop.  chin.:  96000  hab.; 

22°  Chan-T'eou  yjl)  ^  (Swatow),  dans  le  Kouaug-Toung,  sur  la 
rive  gauche  et  à  l'embouchure  de  la  rivière  Han,  ouvert  en  janvier 
1860,  en  vertu  des  traités  anglais,  français  et  américain  de  Tien- 
Tsin,   1858;  pop.  chin.:  38000  hab.; 

23°  Wou-Tcheou  ^  j^  (Wuchow),  dans  le  Kouang-Si,  sur  la 
rive  gauche  du  Si  Kiang,  ou  rivière  de  l'Ouest,  à  son  confluent 
avec  la  rivière  Fou,  ou  rivière  de  Kouei-lin;  ouvert  le  4  juin  1897, 
en  vertu  de  la  convention  anglo-chinoise  relative  à  la  frontière 
birmane;   pop.  chin.:  52000  hab.; 

24°  Sam-Choui  ^  "^  (Samshui),  dans  la  province  de  Kouang 
Toung,  près  du  confluent  des  rivières  de  l'Ouest,  du  Nord  et  de  l'Est 
de  Canton;  sou  port  est  Ho  K'eou;  il  faut  rattacher  à  ce  bureau 
Kongmoon  et  Kumchuk.  Sam  Choui  a  été  ouvert  en  1897  par  la 
même  convention  que  Wou  Tcheou;  pop.  chiu.:  5000  hab.; 

25°  Canton  ^  ^H  »  en  chinois  Kouang-tcheou,  capitale  du  Kouang 
Toung,  sur  le  Tchou-Kiang  (rivière  de  la  Perle),  un  des  cinq  ports 
ouverts  en  vertu  du  traité  de  Nan-King,  1842,  mais  le  bureau  des 
Douanes  n'a  été  installé  qu'en  octobre  1859;  pop.  chin.:  850000  hab. 

26°  Kieou  loung  ^  ^  (Kowloon),  dans  le  Kouang-Touug,  en 
face  de  Hong-Kong; 

27°  Lappa  ou  Kung-Pa  :^  i(]^  ,  île  en  face  du  port  intérieur  de 
Macao  ; 

28°  Kioung-Tcheou  ^  j^  (Kiungchow),  dans  l'île  de  Haï-Nan 
(Kouang-Touug),  ouvert  eu  avril  1876,  en   vertu  des  traités  auglais 


UÉLANORS.  239 

et  français  de  Tien-Tsin  de  1858.  Le  port  est  Hoi-Heou  (Hoihow); 
pop.  chin.:  35000  hab.; 

29°  Pak'Hoi  :j(^  yjÇ ,  dans  le  dialecte  du  Nord,  Pe-Haî,  dans  la 
province  de  Kouang-Toung,  sur  le  golfe  du  Toug-King,  ouvert  en 
avril  1877,  eu  vertu  de  la  convention  de  Tche-Fou;  pop.  chin.: 
20000  hab.; 

30°  Loung-Tcheou  ^  ^  (Luug-Chow),  dans  le  Kouang-Si,  au 
confluent  des  rivières  Song-Ki  et  Kao-Ping;  la  réunion  de  ces  deux 
rivières  forme  le  Tso-Kiang,  branche  gauche  du  Si-Kiang  ou  rieière 
de  l'Ouest:  ouvert  le  1^"^  juin  1899,  en  vertu  du  traité  avec  la 
France  après  la  guerre  du  Tong-King;  pop.  chin.:  20000  hab.; 

31°  Mong-tseu  ^  g  (Mengtsz),  dans  le  sud-est  du  Yun-Nan, 
ouvert  en  vertu  de  la  convention  additionnelle  au  traité  français  de 
Tien-Tsin  du  25  avril  1886,  signée  à  Peking  le  26  juin  1887; 
l'ouverture  du  consulat  de  France  est  du  30  avril  1889;  pop. 
chill.:   12000  hab.; 

32°  Se-mao  ^^^  ^  (Szemao),  au  sud-ouest  du  Yun-Nan,  ouvert 
par  les  conventions  françaises  de  1895  et  anglaise  de  1896;  pop. 
chin.:  14000  hab.; 

33°  Teng-yueh  ^^  ;^  ou  Momein,  au  Yun-Nan;  proposé  pour 
être  ouvert  au  commerce  étranger. 

34°   Ya-toung  (Yatung),  T'ibet. 

La  population  totale  chinoise  est  donc  estimée  à  6.584.1 16  habitants. 

Nous  n'avons  pas  donné,  dans  cette  enumeration,  Ta  Kou  -^  f^ , 
à  l'embouchure  du  Peï-Ho,  et  Ho  K'eou  (Hokow),  à  la  frontière  du 
Yuu-Nau  et  du  Tong-King,  parce  que  leurs  statistiques  ne  sont  pas 
données  séparément.  Ts'in-  Wang  Tao^  dans  l'arrondissement  de  Fou- 
Ning  Hien,  dans  le  Tche-li,  a  été  déclaré  ouvert  officiellement  en 
même  temps  que  Yo-Tcheou,  mais  n'a  pas  encore  de  bureau.  Nan- 
Ning,  dans  le  Eouaug-Si,  a  été  déclaré  port  à  traité,  par  décret 
impérial,    eu    février    1890,    mais   n'était   pas  encore  ouvert  eu  juin 


240  MÉLANGES. 

1900.  Pei-Taï  Ho  est  une  station  balnéaire  du  golfe  du  Tche-Li, 
près  de  Chan-Haï  Kouan;  nous  ne  parlerons  pas  davantage  de 
Ta-Lien  Wan  3^  5J  ^,  Port- Arthur  Jg  )||^  (Liu-chouen),  Wei- 
Hai  Wei  ^  J^  ^^,  Kouang-Tcheou  Wan  ^  j^  ^,  cédés  à  bail 
à  la  Russie,  l'Angleterre  et  la  France. 

Voici  quels  étaient  d'après  les  statistiques  des  Douanes  chinoises 
de  1901  *)  le  nombre  des  maisons  de  commerce  et  le  chiffre  de  la 
population  étrangère  en  Chine  par  nationalités: 

Anglais^  427  maisons,  5410  résidents;  Américains,  99-2292; 
Allemands,  122-1531;  Français,  64-1361;  Hollandais,  9-119;  Danois, 
4-179;  Espagnols,  15-353;  Norvégiens,  1-88;  Suédois,  1-113;  Russes, 
19-1648;  Autrichiens,  11-142;  Belges,  9-238;  Italiens,  15-273;  Ja- 
ponaisf  289-4170;  Portugais,  14-1139;  Coréens,  18  res.;  Puissances 
sans  traité,  3-45.  —  Total,  1102  maisons  de  commerce,  19119  résidents. 

Henri  Gordier. 


Le   Laos   Siamois. 

La  Région  de  Xieng-Mai. 

M.  Suzor,  vice-consul  de  France  à  Nan  (Siam),  a  adressé  ré- 
cemment au  ministre  de  France  à  Bang-Kok,  un  très  intéressant 
rapport. 

La  région  intéressée  est  délimitée  assez  exactement,  dit  M.  Suzor, 
par  une  ligne  qui,  partant  de  M.  Fang,  à  quelques  kilomètres  de  la 
frontière  Birmane,  passerait  par  Vieng-Papao,  sur  le  Mé  Lao  (M. 
Papou,  carte  Pavie)  et  Muoug  Pen  Yao  sur  le  Mé  Ing  (M.  Pen  You, 


1)  Returns  of  Trade.  ..  for  1901. 


ï 


MÊLA  NOES.  241 

carte    Pavie)  pour  veuir  aboutir  au  coude  formé  par  le  Mékong,  à 
l'endroit  indiqué  sur  la  carte  Pavie  sous  le  nom  de  B.  Houam  Kooap. 

Sur  les  cultures  tropicales,  coton,  tabac,  etc.,  qui  sont  pratiquées 
dans  cette  région  et  sur  les  ressources  forestières  qu'elle  renferme, 
M.  Suzor  donne  les  indications  suivantes: 

Coton.  —  Le  coton,  assez  abondant  à  l'état  sauvage,  est  cultivé 
sur  les  berges  de  quelques  rivières,  mais  seulement  pour  la  con- 
sommation locale;  on  eu  rencontre  même  quelques  plants  sur  les 
collines  peu  élevées,  préalablement  défrichées  à  l'aide  du  feu.  C'est 
avec  ce  coton  qu'est  tissée  dans  tous  les  villages  la  jupe  laotienne, 
universel  vêtement  des  femmes  ici,  la  jupe  de  soie,  aussi  tissée  sur 
place  mais  avec  des  fils  de  soie  grège  importés  par  les  Hos,  étant 
réservée  pour  les  fêtes. 

Cette  culture  de  coton  pourrait  certainement  être  perfectionnée 
et  développée. 

Tabac.  —  Le  tabac  n'est  de  même  cultivé  que  pour  la  consom- 
mation locale,  mais  celle-ci  est  considérable:  tous  les  villages  possè- 
dent des  cultures,  quelle  que  soit  la  nature  du  terrain;  néanmoins 
le  tabac  est,  comme  le  coton,  cultivé  de  préférence  sur  les  rives 
des  cours  d'eau,  mieux  exposées  et  où  le  défrichement  est  plus  facile. 
Ce  tabac,  bien  que  toujours  très  mal  préparé,  est  parfois  passable; 
il  y  a  donc  lieu  de  penser  qu'une  amélioration  dans  les  procédés 
de  préparation  donnerait  un  produit  d'une  valeur  appréciable. 

L'arbre  à  cachou,  que  l'on  rencontre  assez  souvent  dans  le 
bassin  du  Mé-Ing,  pourrait  peut-être  donner  matière  à  une  petite 
exploitation,  comme  appoint  aux  autres  cultures. 

Thé.  —  Quant  aux  arbres  à  thé,  ils  poussent  spontanément  et 
sur  de  grands  espaces  dans  la  plupart  des  vallées  un  peu  élevées 
de  la  chaîne  de  partage  des  eaux  entre  le  Mé-Ping  et  les  Mé-Lao 
et  Woung,  ainsi  qu'entre  ces  deux  rivières  et  le  Mé-lng,  et  entre 
le  Mé-Iuiî  et  le  Mékouff. 


242  MÉLANGES. 

Ces  forêts  d'arbres  à  thé,  désignées  sous  le  nom  de  «Va-Mieng» 
sont  exploitées  principalement  entre  le  Mé-Ing  et  le  Mé-Lao;  à  B. 
Machiadi,  où  je  suis  passé,  il  y  a  un  groupement  assez  considérable. 
Mais  partout  les  indigènes,  généralement  des  Khamous  venus  de  la 
rive  gauche,  n'en  exploitent  souvent  qu'une  minime  partie,  pour 
laquelle  ils  payent  souvent  une  légère  redevance,  nullement  légale 
d'ailleurs,  aux  chefs  de  village,  ou  même  simplement  au  premier 
occupant,  qui  a  découvert  et  circonscrit  la  forêt  de  Va-Mieng. 

Les  exploitants  se  contentent  de  dégager  le  pied  des  arbustes 
sans  aucune  culture,  ni  tentative  de  multiplication;  quatre  fois  par 
an,  il  font  la  récolte  des  feuilles,  la  première  étant  la  meilleure, 
les  feuilles  vertes,  empilées  par  petits  paquets  et  préalablement 
bouillies  à  la  vapeur  d'eau,  sont  laissées  de  côté  pendant  deux  mois 
et,  après  cette  macération,  vendues,  sous  le  nom  de  «Mieng»  à 
chiquer,  environ  12  roupies  les  60  kilogrammes. 

Les  indigènes  ignorent  que  ce  même  Mieng,  vendu  à  ce  prix 
dérisoire,  n'est  autre  chose  que  du  thé;  fussent-ils  d'ailleurs  ren- 
seignés, ils  ne  sauraient  point  le  préparer  convenablement.  Mais  il 
est  certain  que  l'exploitation  rationnelle  de  ces  groupements  consi- 
dérables d'arbres  à  thé,  faites  par  un  colon  expérimenté  et  à  l'aide 
de  chefs  coolies  importés  de  Chine  ou  de  Ceylan,  donnerait  d'ex- 
cellents résultats  dans  une  région  aussi  favorisée  par  la  nature. 
Cette  culture  serait  même  tout  aussi  rémunératrice  que  l'exploitation 
des  forêts  de  tecks;  elle  aurait  sur  celle-ci  l'avantage  de  nécessiter 
des  capitaux  beaucoup  moins  considérables  et  aussi  de  pouvoir  être 
continuée  indéfiniment,  tandis  que  les  réserves  de  tecks  s'épuisent 
tous  les  jours. 

Rien  n'empêcherait  d'ailleurs  un  forestier  de  mener  de  front  les 
deux  exploitations,  le  travail  du  teck  présentant  cette  particularité, 
que,  bien  que  les  très  nombreux  ouvriers  qu'il  exige  doivent  de 
toute  nécessité  être  loués  à  l'année,  ils  n'eu  août  pas  moins  souvent 


MEL  AMOKS.  248 

iuuctit'a,  le  plus  souveut  daas  Tatteute  d'une  crue  temporaire  qui 
permet  de  flotter  quelques  pièces  dans  les  petits  ruisseaux,  et  à  la- 
quelle succède  une  nouvelle  période  d'inactivité,  jusqu'au  prochain 
orage.  Il  est  évident  que  ces  loisirs  pourraient  être  utilisés. 

Teck.  —  En  ce  qui  concerne  le  teck,  j'insisterai  d'abord  sur  le 
fait  que  les  forêts  de  cette  région,  très  importantes,  sont  encore 
absolument  inexploitées,  si  l'on  en  excepte  quelques  coupes  partielles, 
très  restreintes,  pratiquées  il  y  a  sept  ou  huit  ans  par  de  petits 
forestiers  munis  de  permis  de  coupe  accordés  par  les  chaos  locaux. 

Actuellement,  depuis  l'édit  prohibitif  de  la  cour  de  Bangkok,  ces 
permis  sont  sans  valeur,  tant  qu'ils  ne  seront  pas  ratifiés  par  l'au- 
torité siamoise,  et  cette  éventualité  est  peu  probable,  leurs  déten- 
teurs actuels  ne  pourront  s'en  servir  que  pour  faire  des  dupes. 

C'est  à  ce  point  qu'un  certain  nombre  d'arbres  qui  avaient  été 
entaillés  juste  au  moment  de  l'édit  précité,  n'ont  pu  être  abattus, 
et  que  les  petits  forestiers  qui  ont  fait  ce  premier  travail  n'ont 
aucun  recours  pour  s'en  récupérer,  ils  devront  s'en  remettre  abso- 
lument à  la  bonne  foi  ou  à  la  générosité  du  concessionnaire  à  venir. 
Inutile  de  dire  que  tous  les  détenteurs  d'anciens  titres  prétendent 
d'ailleurs  être  chacun  le  seul  à  avoir  entaillé  le  tout  ou  la  majorité 
des  arbres  eu  question. 

Donc  ici  le  terrain  est  libre  et  les  réserves  abondantes;  dans 
les  bassins  de  la  Salouen  et  du  Ménam,  au  contraire,  on  peut  dès 
maintenant  prévoir  le  moment  où  les  réserves  seront  épuisées  et  où, 
pour  les  reconstituer,  il  faudra  laisser  les  forêts  en  repos  pendant 
un  nombre  considérable  d'années,  cela  en  raison  du  manque  de 
surveillance,  des  incendies  de  la  saison  sèche  qui  détruisent  tous 
les  aus  beaucoup  de  jeunes  pousses,  et  surtout  en  raison  de  l'im- 
prévoyance des  forestiers  qui,  jusqu'aux  nouveaux  règlements,  cou- 
paient à  tort  et  à  travers. 

Ceci  dit,  j'en  viens  à  la  région  que  j'ai  parcourue,  du  moins  en 


244  MELANGES. 

partie,  j'ai  pu  m'y  convaincre  que  les  renseignements  fournis  par 
divers  forestiers  sur  l'abondance  des  tecks  dans  cette  région  étaient 
assez  exacts. 

Bassin  du  Mé-Ing.  —  Tout  le  bassin  du  Mé-Ing  en  est  couvert 
vers  le  milieu  de  son  cours,  en  particulier,  ce  sont  les  tecks  qui 
dominent,  englobant  dans  leur  masse  les  autres  essences  dont  plu- 
sieurs sont  d'ailleurs  classées  et  utilisables.  Entre  le  Mé-Ing  et  le 
Mékong,  et  dans  le  cours  supérieur  du  Mé-Ing,  les  tecks  forment 
des  groupements  moins  compacts  bien  qu'aussi  nombreux  que  dans 
n'importe  quelle  exploitation  actuelle;  par  contre,  ils  seraient,  m'a-t-on 
aflSrmé,  de  plus  belle  venue. 

En  outre,  dans  le  bassin  entier  du  Mé-Ing,  l'exploitation  pré- 
senterait ce  grand  avantage,  qu'on  ne  rencontre  nulle  part  ailleurs, 
d'une  rivière  sans  rapides,  sans  rochers,  sans  détours  considérables, 
et  où  le  flottage  des  bois  se  ferait  avec  la  plus  grande  facilité  depuis 
la  source,  à  Pen  Yao  jusqu'au  confluent  avec  le  Mékong.  De  plus, 
le  Mé-Ing  coule  au  milieu  d'une  vaste  plaine,  où  l'absence  des 
mamelons  réduirait  de  beaucoup  le  travail  de  traînage  des  pièces 
jusqu'aux  ruisseaux  flottables  et  permettrait  probablement  de  dimi- 
nuer d'une  façon  très  appréciable  le  nombre  d'éléphants  d'ordinaire 
indispensable. 

Ces  facilités  devraient  d'ailleurs  être  connues  des  anciens  forestiers, 
car  c'est  dans  le  bassin  du  Mé-Ing  que  se  trouve  la  presque  totalité 
des  tecks  déjà  entaillés  dont  je  parle  plus  haut,  plus  de  vingt  mille, 
m'a-t-on  affirmé;  néanmoins,  je  crois  ce  chifi're  un  peu  exagéré. 

Mais  fallut-il  le  réduire  de  moitié,  il  n'en  est  pas  moins  certain 
que  ces  pieds,  déjà  séchés  et  que  l'on  pourrait  descendre  en  une 
année,  avec  une  main-d'œuvre  suffisante  et  une  saison  de  pluies 
favorables,  rendent  la  concession  du  Mé-Ing  particulièrement  pré- 
cieuse: celui  qui  l'obtiendra  pourra  en  effet  non  seulement  amortir 
de  suite  le  premier  capital  engagé,  mais  réaliser  des  bénéfices  con- 


i 


XKLAnom.  245 

sidérables  qui  lui  faciliteront  singulièrement  l'exploitation  régulière. 

Avant  (le  clore  ces  quelques  renseignements  sur  le  Mé-Ing, 
j'ajouterai  qu'il  y  a,  outre  cette  artère  principale,  un  assez  grand 
nombre  de  petits  ruisseaux  flottables  qui  se  déversent  directement 
dans  le  Mékong  et  faciliteraient  d'autant  la  descente  des  bois.  Les 
principaux,  dont  j'ai  relevé  les  noms  à  mon  passage,  sont,  à  partir 
de  l'embouchure  du  Nam  Kop,  au  Sud  de  Xiug  Phong,  jusqu'à  celle 
du  Mé-Ing,  le  Houei  Sua,  le  Houei  Kot,  le  Uouei  Pa  Hiu,  le 
Houei  Meng  et  le  Houei  Samuk. 

D'après  les  renseignements,  le  teck  abonderait  aussi  dans  le  bassin 
Mé  Kham  et,  à  la  frontière  anglaise,  dans  celui  du  Nam  Huock; 
je  n'ai  pu  les  visiter,  mais  en  tous  cas,  ces  rivières  étant  peu  im- 
portantes ne  pourraient  donner  lieu  qu'à  une  petite  exploitation. 

Bassin  du  Mé-Khok.  —  Je  n'ai  pu  remonter  le  Mé-Khok  que 
jusqu'à  Xieng  Hai  et  non  jusqu'à  M'Fang,  comme  je  l'aurais  voulu, 
mais  les  renseignements  que  j'ai  recueillis  de  tous  côtés  et  contrô- 
lés de  mon  mieux  établissent  que  l'exploitation  de  cette  région  serait 
aussi  considérable  que  celle  du  Mé-Ing;  on  prétend  même  que  les 
tecks  y  sont  de  plus  belle  venue.  Par  contre,  le  flottage  et  le  traînage 
des  pièces  ne  présenterait  pas  les  facilités  particulières  au  Mé-Ing, 
sans  être  plus  diflScultueux  que  dans  les  forêts  actuellement  exploitées. 

Pour  ma  part,  je  puis  aflfirmer  que  la  partie  du  Mé-Khok  que 
j'ai  parcourue,  entre  Xieug-sen  et  Xieu  Hai,  environ  70  kilomètres, 
présente  au  contraire  précisément  les  apparences  du  Mé-Ing:  une 
rivière  assez  large,  coulant  sans  rapide  ni  rochers  au  milieu  d'un 
terrain  très  légèrement  mamelonné;  avec  des  bateaux  assez  lourds 
et  eu  pleine  saison  sèche,  je  n'ai  pas  touché  une  seule  fois. 

Je  crois  devoir  consigner  ici,  à  côté  de  ces  renseignements  sur 
le  bassin  du  Mé-Khok,  les  noms  des  principaux  affluents  de  cette 
rivière,  qui  serviraient,  le  cas  échéant,  à  y  amener  les  bois  ;  d'autant 


246  MELANGES. 

plus  que  Tun  d'eux,  le  Me  Lao,  est  tellement  important  qu'il  pourrait 
être  l'objet  d'une  exploitation  particulière. 

Renseignements  géographiques.  —  Ajßiuents  du  Me-Khok.  —  Rive 
droite:  le  Me-Bong,  qui  prend  sa  source  au  Doi  Pa  Muong  et,  après 
un  parcours  d'une  trentaine  de  kilomètres  de  l'Est  à  l'Ouest,  vient 
se  jeter  dans  le  Me-Khok,  tout  près  du  confluent  avec  le  Mékong. 

Le  Me  Bong,  qui  n'a  lui-même  qu'un  petit  affluent,  le  Me  Ep, 
sur  la  rive  droite  et  vers  son  milieu,  est  couvert  de  tecks  d'une  belle 
venue,  de  14  et  16  kharas,  m'a-t-on  affirmé;  à  quelques  kilomètres 
de  son  embouchure,  le  teck  serait  l'essence  dominante. 

25  kilomètres  plus  haut,  le  Nam  Pheng,  venant  du  Nord-Ouest, 
avec  un  parcours  de  12  à  15  kilomètres  seulement. 

A  22  kilomètres  du  Nam  Pheng,  le  Me  Pena,  direction  Nord- 
Est  Sud-Ouest,  aussi  peu  important. 

Tout  à  côté  de  ce  ruisseau,  à  2  kilomètres  à  peine,  se  trouve 
le  confluent  de  Me  Lao,  que  j'ai  remonté  en  grande  partie  de  Xieng 
Hai  à  Xieng  Main  et  dont  le  bassin  renferme  de  très  nombreux 
groupements  de  teck.  Il  prend  sa  source  au  «Doi  Nang-Kéo»,  l'un 
des  contreforts  de  la  ligne  de  partage  des  eaux  entre  le  Me  Ping 
et  les  petits  bassins  tributaires  du  Me  Khong;  cette  petite  ligne  de 
sommets,  que  traverse  la  route  suivie  par  moi,  porte  un  nom 
caractéristique,  «Pi  pa  nam»,  littéralement:  «l'esprit  a  ici  partagé 
les  eaux». 

Du  Doi  Nang  Kheo  à  son  confluent,  le  Me  Lao  parcourt  plus 
de  130  kilomètres,  sans  s'écarter  sensiblement  de  la  direction  Sud- 
Ouest-Nord-Est.  Il  est  grossi:  à  droite,  uniquement  par  le  Houei 
Sai  Kao  à  36  kilomètres  du  Me  Khok;  à  gauche:  par  le  Houei 
Champu,  petit  ruisseau  à  15  kilomètres  de  la  source  du  Me-Lao; 
par  le  Nam  Mechiadi,  à  23  kilomètres  de  cette  même  source  et 
qui  prend  lui-même  sa  source  au  Doikom  Pob,  à  45  kilomètres  de 
son   confluent  avec   le  Me-Lao  à  Ban  Mechiadi;  par  le  Nam  Sang 


U^LANOI!».  247 

Kao,  peu  împortaut  et  situé  à  8  kilomètres  plus  loin  à  Bau  Pa  Naio; 
par  le  Nam  Me  Tarn,  qui  a  son  couflueat  à  20  kilomètres  plus  haut 
et  parcourt  environ  25  kilomètres  Nord-Nord-Ouest;  et  enfin  18, 
puis  30  kilomètres  plus  au  Nord,  par  le  Houei  Suei  et  le  Houei 
San  qui  malgré  cet  écart  de  30  kilomètres  entre  leurs  confluents 
respectifs,  prennent  tous  deux  leur  source  au  Doi  Xaug,  avec  un 
parcours  d'environ  50  et  60  kilomètres,  le  premier  descend  donc 
dans  une  direction  Nord-Ouest-Sud-Est  et  l'autre  Ouest-Est. 

Le  dernier  affluent  de  droite  du  Mi  Eoko  que  j'ai  relevé  avant 
d'atteindre  Xieng  Hai  est  le  Nam  Kou,  grossi  lui-même  par  le 
Houei-Sat;  il  vient  du  Sud-Ouest  et  suit  pendant  15  kilomètres  la 
route  de  Xieng  Hai  à  Xieng  Mai. 

R,ive  gauche:  le  Me  Loua,  ruisseau  sans  importance,  mais  bordé 
de  petits  tecks  qu'il  pourrait  suffire  à  flotter  à  la  saison  des  pluies. 
On  le  trouve  à  10  kilomètres  du  confluent  du  Me  Khok.  Quinze 
kilomètres  plus  loin,  le  Nam  Hak  dont  la  source  est  au  Doi  Hena, 
à  une  demi-journée  vers  le  Nord;  on  trouve  du, teck  tout  près  de 
son  confluent,  situé  à  Ban-Pa-Kao  Pluenk,  le  seul  village  qui  existe 
le  long  du  Nam  Kok,  de  Xieng  sen  à  Xieng  Hai,  et  où  les  indi- 
gènes cultivent  un  peu  de  mieng,  de  tabac  et  de  coton;  à  environ 
30  kilomètres  du  Nam  Hak,  le  Houei-Mong-Khong  et,  tout  à  côté, 
le  Houei  Kao-Tom,  un  peu  plus  important. 

Je  ne  citerai  que  pour  mémoire  les  deux  principaux  affluents  du 
cours  supérieur  du  Mé  Khok  que  je  n'ai  point  parcouru  et  où,  paraît-il, 
l'on   rencontre  le  plus  de  teck:  le  Me  Fena  et  et  le  Me  Fang. 

A  côté  de  ces  trop  brefs  renseignements  géographiques,  j'ajouterai, 
à  titre  d'indication,  que  j'ai  rencontré  sur  le  Mékong,  entre  Xieng- 
Kong  et  Xieng  sen,  un  forestier  ou  plutôt  un  trafiquant  indigène 
qui  descendait  uu  radeau  d'assez  beaux  tecks  coupés  à  Xieng- Toung, 
et  qu'il  avait  l'intention  de  vendre,  à  Luang-Prabang. 


NÉCROLOGIE. 


EUGÈNE  BUISSONNET. 

Nous  avons  le  vif  regret  d'annoncer  la  mort  à  Saint-Vallier  (Drôme)  le  7  Juin 
1902,  à  l'âge  de  68  ans,  de  M.  Eugène  Buissonnet,  l'un  des  plus  anciens  ré- 
sidents étrangers  en  Chine.  Il  était  arrivé  à  Chang-Haï  en  1854,  et  il  avait 
fait  une  fortune  rapide  dans  les  affaires  de  soie  et  les  achats  de  terrain.  Il  fut 
le  premier  président  du  Conseil  Municipal  français  en  1862.  M.  Buissonnet  a 
laissé  une  somme  de  25,000  francs  à  la  Société  de  Géographie  de  Paris  '). 

H.  C. 


Marquis  SAIGO. 

Le  Maréchal  Marquis  Saigo  Tsoukoumitchi,  commandant  de  l'expédition  des 
Japonais  contre  Formose  en  1874,  est  mort  le  17  juillet  1902,  âgé  de  63  ans; 
il  était  le  frère  cadet  de  Saigo  Takamori,  chef  de  la  rébellion  de  Satsouma  en 
1877.  Saigo  Tsoukoumitchi  était  ministre  de  la  marine  au  moment  de  la  dé- 
claration de  guerre  contre  la  Chine  en  1894.  U.  C. 


Robert  James  FORREST. 

M.  Forrest  était  entré  dans  le  service  consulaire  anglais  comme  élève- 
interprète  à  Hong-kong,  le  7  juin  1858.  Il  fut  consul  à  Wen-tcheou  (9  nov. 
1877),  à  Amoy  (25  fév.  1880),  et  à  Tien-tsin  (16  oct.  1877—22  nov.  1879); 
il  prit  sa  retraite  le  13  avril  1893.  Il  eut  à  accomplir  une  mission  auprès  des 
rebelles  TVi-P*ing  et  il  a  écrit  sur  ce  sujet  plusieurs  articles  dans  le  North 
China  Herald,  dont  l'un  intitulé  Nanking  and  the  inhabitants  thereof  (29 iuin 
1861).  M.  Forrest  est  mort  à  Londres,  le  17  juillet  1902,  à  l'âge  de  66  ans. 
H.  C. 

1)  De  Pékin  à  Shanghai.  —  Souvenirs  de  Voyages  par  Eugène  Buissonnet.  Paris,  Amyot, 
1871,  in-l!3,  pp.  XV— 335. 

—  Carte  des  districts  séricicoles  chinois  par  £ug.  Buissonnet,  1863.  Gravé  chez  Erhard. 
Paris,  Imp.  Lemercicr,  1  feuille. 


NKCROLOGIE.  240 


MARY  SUMMER. 

Madaino  Ph.  Ed.  F0UOA.UX,  née  Filon,  veuve  du  professeur  au  CJollége  de 
France,  qui  est  morte  cette  année,  a  publié  un  grand  nombre  d'ouvrages,  dont 
deux  se  rattachent  à  nos  <Hudes  ').  H.  C, 


LÉON  FEER. 

M.  Léon  Feer  dont  la  santé  était  chancelante  depuis  longtemps,  est  mort  à 
Paris,  le  10  mars  1902;  il  était  né  à  Rouen  le  22  novembre  1830.  Après  avoir 
remplacé  M.  Foucaux  (18(34)  dans  la  chaire  de  Tibétain  à  la  bibliothèque  na- 
tionale, il  fit  des  conférences  sur  le  tibétain  et  le  mongol  au  Collège  de  France 
(1809).  En  1872,  il  entrait  au  Département  des  Manuscrits  à  la  Bibliothèque 
nationale  où  il  devint  bibliothécaire  et  conservateur-adjoint;  il  y  resta  jusqu'à 
sa  mort. 

La  collection  du  Tripitaka  que  possède  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris 
n'est  ni  aussi  complète,  ni  aussi  homogène  que  celle  de  Londres;  elle  comprend 
741  volumes  formant  les  numéros  3668 — 4322,  4602 — 4608  du  nouveau  Fonds 
chinois.  M.  Feer  a  dressé  en  manuscrit  le  catalogue  de  cette  collection  qu'il  a 
comparé  aux  recueils  de  S.  Beal  (1876)  et  de  Bunyiu  Nanjio  (1883);  nous  en 
avons  publié  l'introduction  en  1898^). 

Il  a  en  outre  fait  un  relevé  des  papiers  d'Abel  Rémusât')  et  dressé  un  ca- 
talogue des  papiers  d'Eugène  Burnouf  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale*). 

Le  Sutra  en  42  articles  ÜH  -j--  ^^  ^S"  4^  tmduit  déjà  du  mongol  par 
Hue  et  Gabat  (1848),  puis  par  Schiefner  (1852)  en  allemand,  et  depuis,  en  anglais, 
par  Samuel   Beal  (1862)  et,  en  français,  par  Mgr.  de  Harlez,  a  été  ti'aduit  du 


1)  Les  Religieuses  bouddhistes  depuis  Sakya-Moani  jusqu'à  nos  jours  par  M°>"  Mary 
Summer  avec  une  introduction  par  Ph.  Ed.  Foucaux,  professeur  au  Collège  de  Krance. 
Paris,  Ernest  Leroux,  1873,  in-18,  pp.  xii— 70. 

Forme  le  Vol.  I  de  la  Bibliothèque  Orientakt  ElzevirieHHe. 
—    Histoire   dn   Bouddha    Sakya    Mouni,   depuis  sa  naissance  jusqu'à  sa  mort,  par  M"' 
Mary  Summer,  avec  préface  et  index  par  Ph.  Ed.  Foucaux.  Paris,  Ernest  Ijeroux,  1874,  in-18. 
Forme  le  Vol.  II  de  la  Bibliothèque  Orientale  Elzeviriemte. 

2)  Introduction  au  Catalogue  spécial  des  ouvrages  bouddhiques  da  Fonds  chinois  de  U 
Bibliothèque  nationale..  {Toung-pao,  Juillet  1898,  pp.  201 — 214). 

3)  Papiers  d'Âbel  Rémusat.  (Jour.  Jtiatiçue,  IX«  Sér..  IV,  Nov.-Uéc.  1894,  pp.  650—665.) 

4)  Papiers  d'Eugène  Burnouf  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale.  Catalogue  dresse  par 
M.  Léon  Feer,  Bibliothécaire  au  Département  des  Manuscrits  augmenté  de  renseignements 
et  de  correspondances  se  rapportant  à  ces  papiers.  Paris,  II.  (Champion,  1S09,  in-8,  pp. 
XXVI— 197. 

18 


250  NECBOLOGIB. 

tibétain  (1878)    par  M.  Feer  qui  en  avait  publié  dix  ans  auparavant  les  textes 
chinois,  tibétain  et  mongol  '). 

Il  a  donné  à  la  Pâli  Text  Society  une  édition  du  Samyutta-nikaya.  Ce  sa- 
vant, modeste,  travailleur  et  obligeant,  a  laissé  un  grand  nombre  d'autres  pu- 
blications relatives  au  Bouddhisme  et  au  Tibet  ^).  H.  C. 


1)  Le  Sûtra  en  quarante-deux  articles.  Textes  chinois,  tibétain,  mongol  autographies. 
Paris,  1868,  in-8. 

—  Le  Sutra  en  42  articles  traduit  du  tibétain  avec  introduction  et  notes  par  Léon  Feer. 
Paris,  E.  Leroux,  1878,  in-18. 

A  la  suite  du  Bhammapada  de  M.  Fernand  Hû. 

2)  Entretien  du  Buddha  et  de  Brahmâ  sur  l'Origine  des  choses,  traduit  du  tibétain,  par 
Léon  Feer.  {Compte-rendu  de  la  l*"  Session  du  Gong,  des  Orient.,  1878,  I,  pp.  463 — 496). 

—  Sur  les  causes  qui  ont  favorisé  la  propagation  du  bouddhisme  hors  de  l'Inde.  Par 
L.  Feer.  {Trans,  second  session  Int.  Cong,  of  Orientalists,  pp    405 — 416). 

—  Le   Bouddhisme   à   l'exposition    de  1878.  —  Par  M.  Léon  Feer, Conférence 

faite  au  Palais  du  Trocadéro  pendant  l'Exposition  universelle  de  1878,  par  la  Société  aca- 
de'mique  Indo-Chinoise,  br.  in-8,  1879,  Imp.  Nat.;  publiée  sons  les  auspices  du  Comité 
central  des  Congrès  et  Conférences  de  l'Exposition. 

—  Analyse  du  Kandjour,  recueil  des  livres  sacre's  au  Tibet  par  Alexandre  Csoma,  de 
Koros,  hongrois-siclien,  de  Transylvanie.  Traduite  de  l'anglais  et  augmentée  de  diverses  ad- 
ditions et  remarques  par  M.  Léon  Feer.  {Annales  du  Mmée  Guimet,  II,  Paris,  Ernest 
Leroux,  1881,  pp.  131—573.) 

— -  Fragments  extraits  du  Kandjour  traduits  du  tibétain.  Par  M.  Léon  Feer.  (Annales 
du  Musée  Guimet,  V,  Paris,  Ernest  Leroux,  1883,  pp.  1 — 577.) 

—  Etymologie,  histoire,  orthographe  du  mot  Tibet.  Par  M.  Léon  Feer.  {Verhand.d.  VII. 
Int.  Orient.   Cong.   . . .   "Wien   . . .   1886.  Hochasiat,  u.  Malay o-Folyn.  Sect.,  pp.  63 — 81.) 


BULLETIN  CRITIQUE. 


Relations  économiques  de  V  Angle- 
terre avec  V Extrême-Orient  Par 
M.  Edouard  Clavery,  Consul  de 
France.  (Extrait  du  Bulletin  du 
Comité  de  VAsie  Française.)  Paris, 
1902,  br.  in-8,  pp.  32. 

«Dans  cette  étude  sont  con- 
densées, en  quelques  pages,  les 
informations  que  contiennent,  sur 
le  sujet  indiqué,  de  nombreux 
ouvrages  publiés  récemment,  en 
français  et  eu  anglais.  Les  indi- 
cations ainsi  recueillies  ont  été 
vérifiées  et  complétées  auprès  de 
personnes  ayant  habité  l'Extrême- 
Orient,  s'étant  rendu  compte,  sur 
place,  des  intérêts  en  préseuce.  La 
conclusiou  de  l'auteur,  qui  a  résidé 
un  certain  temps  en  Angleterre, 
est  que,  si  des  moins-values  se  sont 
produites   sur  quelques  marchan- 


dises, elles  ont  été  compensées  par 
des  accroissements  sur  d'autres  ar- 
ticles, et  que  le  commerce  d'expor- 
tation de  la  Grande-Bretagne  vers 
les  régions  désignées  est  loin  d'être 
en  décadence,  comme  on  l'a  parfois 
prétendu  » . 

Je  relève  à  la  fin  de  cette 
brochure,  la  phrase  suivante  d'un 
article  du  Colonel  Henry  Knollys, 
dans  Blackwood's  Magazine:  «Cette 
universalité  du  langage  anglais, 
tout  corrompu  qu'il  soit  dans  ce 
cas  [pidgin^,  est  sûrement  une 
preuve  évidente,  irréfragable  de 
la  prépondérance  dominante  (over- 
whelmiug)  de  l'influence  anglaise, 
des  intérêts  anglais  et  des  droits 
anglais» .  Cette  phrase  doit  être  lue 
an  passé  et  avec  des  restrictions: 
les  Etats-Unis  dont  le  commerce  a 
jadis  fait  une  rude  concurrence  à 


252 


BULLETIN    CRITIQUE. 


celui  de  l'Angleterre,  ne  sont  pas 
étrangers  à  la  diffusion  de  la  langue 
anglaise  adoptée  d'ailleurs  dans 
beaucoup  de  pays  à  cause  de  sa 
facilité  relative.  L'Angleterre  a  eu 
Chine  les  mêmes  droits  que  les 
autres  nations:  ceux  qu'elle  a  acquis 
par  la  force,  pas  d'autres.  Il  ne  faut 
pas  oublier  qu'il  n'y  a  pas  dans  ce 
monde  que  des  intérêts  commer- 
ciaux, et  que  ceux-ci  se  déplacent; 
c'est  ce  qui  arrive  en  Chine  où 
l'avenir  commercial  n'est  certaine- 
ment pas  eu  faveur  de  l'Angleterre, 
mais  bien  de  l'Allemagne,  du  Japon 
et  des  États-Unis.  H.  C. 

Université  de  Paris  —  Faculté 
de  Droit  —  Les  Douanes  Impériales 
chinoises  par  Philippe  Dei.mas  — 
Thèse  de  Doctorat  Présentée  et  sou- 
tenue le  Mardi  17  Juin  1902  à  1 
heure  —  Président  :  M.  Léveillé,  Pro- 
fesseur.SuffragantsiMM.Estoublon, 
Bourguin,  Professeurs.  Paris,  A. 
Chamion,  1902,  in-8,  pp.  171. 

Les  thèses  sur  la  Chine  présen- 
tées à  l'Ecole  de  Droit  sont  assez 
rares  pour  que  nous  signalions 
celle-ci.  L'auteur  a  dû  apprendre 


beaucoup  de  choses  à  ses  examina- 
teurs. Elève  à  l'Ecole  des  Langues 
Orientales,  il  a  su  puiser  dans  les 
leçons  et  les  ouvrages  de  ses  pro- 
fesseurs les  éléments  de  son  livre 
qui  est  généralement  exact  et  qui 
suffira  pour  faire  connaître  l'or- 
ganisation des  douanes  chinoises 
dont  nous  parlons  ailleurs  dans  ce 
numéro. 

A  propos  (p.  166);  je  n'ai  ja- 
mais publié  en  1886,  chez  Alcan, 
un  volume  intitulé  La  France  en 
Chine  ;  il  a  paru  chez  E.  Leroux. 
H.  C. 

Cl.  Madrolle.  —  Les  premiers 
voyages  français  à  la  Chine.  La  Com- 
pagnie de  Chine  (1698-1719).  — 
Paris,  Challamel,  1901,  gr.  in-8 
avec  cartes  (Tiré  à  100  exem- 
plaires). 

M.  Claudius  Madrolle  a  été 
tenté  par  l'idée  d'écrire  un  livre 
qui  renouvelât  ce  qui  a  été  dit  de 
nos  premières  relations  avec  le 
Céleste  Empire  et  qui  nous  apprit 
qu'elles  sont  plus  anciennes  qu'on 
ne  le  croyait  généralement. 

«  Il  y  a  lieu,  dit-il,  de  rechercher 


BULIiKnN    CRITIQUE. 


253 


dans  nos  archives  les  traces  d'expé- 
ditions totalemeut  oubliées  au- 
jourd'hui, mais  prouvant  que,  dès 
la  première  heure,  au  lendemain 
de  l'arrivée  dans  l'Inde,  nous  étions 
préoccupés  de  l'ouverture  de  nou- 
velles contrées  à  l'activité  hu- 
maine». 

Ce  beau  sujet,  M.  Madrolie 
l'a-t-il  complètement  traité?  Je 
regrette  d'être  obligé  de  dire  qu'il 
y  a  dans  son  livre  de  grosses 
lacunes  et  je  suis  d'autant  plus 
peiné  de  le  constater  que  la 
personnalité  de  M.  Madrolle  est 
éminemment  sympathique.  C'est 
un  homme  actif,  qui  ne  craint  pas 
de  se  dépenser,  qui  a  tenté  des 
voies  diverses  et  qui  s'est,  par  cela 
même,  gaspillé.  Il  est  encore  un 
peu  tumultueux  et  n'a  pas  atteint 
sa  pleine  maturité,  car  le  travail 
dont  nous  parlons  porte  les  mar- 
ques d'une  hâte  encore  trop  fébrile. 

S'il  nous  avait  consulté,  nous 
lui  aurions  appris  que  dès  le  lende- 
main de  l'arrivée  des  Portugais 
dans  l'Inde,  la  B'rance  y  chercha 
[ses  voies.  C'est  en  1508,  le  corsaire 
fMondragon  qui  s'empare  d'un  des 
vaisseaux  de  la  flotte  de  Tristan  da 


Cunha,  celui  que  commande  Job 
QueimSo  ').  Correa  *)  nous  raconte 
ensuite  les  aventures  de  trois  vais- 
seaux partis  de  Dieppe  en  1526  qui 
touchent  à  Madagascar,  dont  l'un 
est  saisi  à  Diu  et  dont  l'équipage 
est  jeté  en  prison  *)  et  adresse  au 
gouverneur  portugais  de  l'Inde  une 
plainte  éloquente.  C'est  encore  en 
1529  l'expédition  des  frères  Par- 
mentier  envoyés  par  Ango  dont 
M.  Mad  rolle  nous  réédite  le  récit 
d'après  l'édition  publiée  par  M.  C. 
Schefer. 

Puis  il  nous  dit:  «>La  route  des 
Indes  extrêmes  orientales  ne  fut 
plus  fréquentée  qu'au  commen- 
cement du  règne  de  Louis  XIII». 
M.  Madrolle  se  trompe. 

Desmarqueta  —  nous  savons 
combien  il  faut  se  méfier  de  ce  chro- 
niqueur crédule  et  sans  critique  — 
signale  de  1517  à  1531,  sans  pré- 

1)  Alguna  documenlos  do  archiva  tueional 
(la  Torre  do  Tomèo,  Lisboa;  1892,  in  fol.  p.  286. 

2)  Lendaj  da  ludia,  Lisbon ,  1860, 4  vol. 
in^.  T.  m,  pp.  238  à  241. 

S)  Sousa-Viterbo,  TrabaVtoi  nauticox  dot 
Portugueses  nos  seculos  XFI' — XVII',  Lisboa, 
1898,  2  vol.  in-fol.  p.  85. 

4)  Mémoires  chroMologiques  pour  servir  à 
l'histoire  de  Dieppe,  Paris,  1785,  2  vol.  in-18i 
T.   I.  p.    113 


254 


BULLETIN    CRITIQUE. 


ciser  les  détails,  l'arrivée  des  pre- 
miers navires  français  eu  Chine. 
«Cette  deraière  année,  ajoute-t-il, 
le  siear  de  Valois,  par  ordre  du 
roi,  viût  s'embarquer  à  Dieppe 
pour  se  rendre  en  Chine,  y  portant 
quatre  canons  de  fonte  dont  il  fit 
présent,  de  la  part  du  roi,  à  l'em- 
pereur. Il  fut  bien  reçu  de  ce  prince 
et  les  vaisseaux  en  rapportèrent, 
en  échange  de  leurs  marchandises, 
des  porcelaines,  du  thé  et  d'autres 
denrées». 

M.  Madrolle  oublie  également, 
bien  qu'elle  ne  soit  pas  allée  jusqu'à 
la  Chine,  l'expédition  organisée 
par  les  marchands  de  Laval  et  de 
Vitré,  composée  de  deux  vaisseaux  : 
le  Croissant  et  le  Corbin  commandés 
par  de  La  Bardellière  et  Groult  du 
Clos- Neuf  qui,  partie  en  1601  ren- 
tra en  1603,  et  dont  faisait  partie 
Pyrard  de  Laval  qui  nous  a  laissé 
de  ses  aventures  un  curieux  récit. 

Notons  encore  trois  vaisseaux 
normands  qui,  de  1616  à  1617, 
vont  à  Java  et  à  Sumatra  ainsi 
qu'une  flottille  de  trois  vaisseaux 
et  une  frégate  armée  de  huit  canons 
qui  partent  de  Dieppe  et  de  Nantes 
et  qui,  entre  1619  et  1622,  par- 


courent les  mêmes  régions. 

C'est  tout  ce  qui  nous  est  par- 
venu jusqu'ici  des  tentatives,  com- 
merciales et  oflBcielles  de  nos  com- 
patriotes ;  nous  ne  doutons  pas  que 
la  liste  ne  s'allonge  considérable- 
ment à  mesure  que  seront  dépouil- 
lées nos  archives  provinciales.  En 
tout  cas, M.  Madrolle  n'a  pas  connu 
ces  expéditions  qui  rapprochent 
singulièrement  de  nous  ce  qu'il 
appelle  nos  premières  relations 
avec  la  Chine. 

Tout  cela  eût  été  intéressant  à 
raconter  avec  les  développements 
que  comporte  le  livre  et  non  pas 
avec  l'aridité  d'un  bref  compte- 
rendu. 

En  réalité,  la  publication  de 
M.  Madrolle  n'est  que  l'histoire 
de  la  Compagnie  de  Chine  et  de 
ses  transformations  de  1698  à  1719 
d'après  des  documents  inédits.  C'est 
encore  une  intéressante  page  d'his- 
toire à  écrire,  mais  là  aussi  nous 
avons  certaines  critiques  à  adresser 
à  notre  auteur. 

Il  eut  fallu  donner  quelques 
détails  biographiques  sur  les  action- 
naires de  la  Société  de  1660,  ex- 
pliquer  les   lieus  qui  les  avaient 


BULLfcTIÄ    CRITIQUR. 


255 


réunis  et  menés  à  s'associer;  mais 
M.  MadroUo  n'a  l'jiir  de  ne  con- 
naître ui  la  duchesse  d'Aiguillon, 
ni  Gourville,  ni  Jeannin  de  Casiille 
qu'il  appelle  Je  Canuin  de  Gastille, 
ni  Pellisson-Fontanier  dont  il  fait 
deux  personnages  différents,  ni 
Chanut  qu'il  écrit  Chanu,  ui.  .  .  . 
Eufiu  il  est  un  Malouin,  Danycan, 
sieur  de  l'Epine,  l'un  des  associés 
de  la  Compagnie  de  1701,  sur 
lequel  on  aurait  aimé  avoir  une 
étude  spéciale  car  c'est  l'un  de  ces 
armateurs  bretons  qui  montrèrent 
le  plus  d'initiative  sous  Louis  XIV. 

M.  Madrolle  a  dressé  une  liste 
des  vaisseaux  français  qui  firent  le 
voyage  de  la  Chine.  Nous  regret- 
tons vivement  qu'il  n'ait  pas  con- 
sulté l'excellent  ouvrage  de  M.  E. 
Dahlgren  dont  nous  avons  rendu 
compte  il  y  a  deux  ans;  il  y 
aurait  vu  combien  sa  liste  est 
incomplète;  il  aurait,  eu  outre, 
trouvé  dans  cette  remarquable  pu- 
blication nombre  de  renseignements 
qui  lui  auraient  été  infiniment 
utiles. 

Malgré  tant  de  critiques,  dont 
certaines  fort  importantes,  nous 
devons  louer  M.  Madrolle  d'avoir 


publié  des  textes  très  intéressants 
qui  n'auraient  été  qu'incomplète- 
ment utilisés  et  de  les  avoir  illustrés 
de  cartes  dont  quelques-unes,  in- 
édites, nous  montrent  ce  que  nons 
savions  alors  de  la  rivière  de  Canton 
et  des  abords  de  la  Chine.  Son  étude, 
qui  demande  a  être  consultée  avec 
précaution,  n'en  est  pas  moins  une 
intéressante  contribution  à  l'his- 
toire de  nos  anciennes,  sinon  pre- 
mières, relations  avec  le  Céleste 
Empire.  Gabrikl  Marcel. 

Histoire  des  Relations  de  la  Chine 
avec  les  Puissances  Occidentales 
I860-- 1900  L'Empereur  Toung 
Tché  (1861-1875)  par  Henri 
CoRDiER.  Paris,  Félix  Alcan,  1901, 
in-8,  pp.  570. 

The  relations  of  China  with  the 
Western  Powers  have  always  been 
of  the  kind  that  is  described  in  its 
earlier  stages  as  delicate,  and  then 
strained.  The  heartfelt  wish  of 
China  herself  is  that  no  such 
relations  had  ever  existed,  and  there 
is  no  doubt  that  this  is  a  very 
complete  instance  of  the  way  in 
which    greatness    may    be   thrust 


256 


BULLETIN    CRITIQUE. 


upoQ  singularly  inappreciative  ob- 
jects. There  is  outwardly  a  vivid 
eoutrast  between  the  flourishiug 
communities  at  Shanghai  and  other 
Treaty  Ports  and  the  situation, 
more  than  sixty  years  ago,  when 
Captain  Elliot  was  locked  up  in 
the  Hong  at  Canton  because  he 
refused  to  knock  under  utterly  to 
Commissioner  Lin.  The  worthy 
Captain  did  indeed  eat  a  vast 
amount  of  humble  pie,  but  that  did 
not  prevent  him  and  his  com- 
•  patriots  being  hustled  out  of  China 
with  every  mark  of  ignominy.  Such 
things,  we  say,  are  not  done  now  ; 
but  they  would  be  done  if  there 
were  any  prospect  of  success,  and 
the  siege  of  the  Legations  at  Peking 
only  a  year  and  a  half  ago  was 
much  too  near  success  to  be  plea- 
sant. Therefore  when  we  come 
across  a  history  of  China's  relations 
with  the  European  Powers,  we 
must  be  prepared  for  some  curious 
reading.  Such  a  work  was  much 
needed,  since  most  of  the  popular 
histories  do  not  print  documents 
in  extenso,  and  very  few  people 
make  it  their  business  to  read 
English  Blue-books  or  the  Livres 


jaunes  skilfully  dished  up  at  the 
Quai  d'Orsay;  and  although  one 
may  get  a  very  fair,  and"  indeed 
almost  a  complete,  account  of 
British  relations  with  China  from 
such  books  as  the  biographies  of 
Sir  Rutherford  Alcock,  Lord  Elgin, 
and  Sir  Harry  Parkes,  biographers 
are  necessarily  occupied  with  the 
doings  of  their  own  heroes,  and 
have  little  leisure  to  glance  aside 
at  what  other  nations'  heroes  are 
about.  One  is  a  good  deal  struck  by 
this  onesidedness  when  one  studies 
the  solid  and  authoritative  volumes 
compiled  by  Professor  Cordier.  No 
one,  at  least  in  France,  knows 
more  about  China  and  Chinese 
diplomatic  history  than  this  able 
scholar.  He  is  master  of  his  docu- 
ments, and  they  are  overwhelmingly 
numerous  and  dreary;  he  gives 
"chapter  and  verse"  for  nearly 
everything,  appends  neat  little 
biographical  footnotes  to  every- 
body named  in  despatches,  and,  in 
short,  has  drawn  up  his  history  — 
or  perhaps  we  should  say  articulated 
his  diplomatic  skeleton  —  in  the 
most  painstaking  and  scientific 
manner. 


BULLETIN    CRITIQUE. 


257 


"The  work",  we  are  told  in  one 
of  those  oflScious  little  publishers' 
leaflets  which  are  iutended  to  guide 
the  reviewer  and  too  often  succeed 
in  making  him  vindictive  —  "the 
work  is  written  purely  from  the 
historical  point  of  view;  the  per- 
sonal opinions  of  M.  Cordier  never 
obtrude".  That  this  is  the  intention 
of  the  author  we  faithfully  believe. 
No  more  colourless  and  utterly  flat 
narrative  has  ever  been  presented 
to  the  student.  For  ourselves,  we 
would  not  give  a  fig  for  a  history 
that  owned  no  personal  equation, 
nor  do  we  recall  a  single  great 
history  that  could  deserve  this 
damning  praise,  except  perhaps  the 
late  Dr.  S.  R.  Gardiner's,  and  even 
here,  though  his  studious  im- 
partiality tamed  many  a  turbulent 
scene  or  blotted  the  sharp  lines  of 
a  portrait,  there  was,  let  us  hope, 
some  bias,  and  we  always  rejoice 
when  just  a  glimpse  of  the  Round- 
head peeps  out  in  spite  of  every 
precaution.  But  M.  Cordier  is  a 
Frenchman,  and  we  defy  a  French- 
man to  maintain  his  absolute  im- 
partiality when  the  glorious  deeds 
of  La  Belle  France  are  in  debate. 


To  take  an  instauce:  the  ordinary 
progression  of  a  history  is  in 
chronological  order;  not  so  M. 
Cordier.  He  opens  his  first  volume 
with  the  reception  of  the  French 
Envoy  Extraordinary,  Baron  Gros, 
by  the  Prince  of  Kuug  on  October 
25th,  1860.  Nothing  could  be  more 
friendly  and  courteous.  Baron  Gros 
apologised  for  his  plain  dress,  and 
explained  that  his  uniform  had 
sunk  in  the  'Malabar'.  The  Prince 
countered  neatly:  his  dress  also,  he 
said,  was  not  as  he  would  wish 
it,  but  his  best  clothes  had  been 
burned  in  the  Summer  Palace! 
So  they  signed  the  Convention  of 
Peking,  and  the  diplomatic  history 
begins.  It  it  only  after  some  pages 
that  it  turns  out  that  this  was  the 
second  act  in  the  drama,  and  that 
Lord  Elgin  had  already  had  his 
audience  and  signed  the  Anglo- 
Chinese  Convention.  But  what  a 
difierence  in  the  two!  The  bar- 
barous Scot  had  kept  the  Prince 
waiting  two  hours  and  three- 
quarters,  as  Baron  Gros  feelingly 
comments,  and  then  had  been 
myxoid  et  sévère*',  naturally  his 
French  colleague  was  there  to  the 


258 


BULLETIN    CRITIQUE. 


minute,  bent  upon  showing  by  his 
manner  "awssi  convenable  et  respee- 
tiieu.c^  that  Codlin,  not  Short,  was 
the  true  friend  of  China.  It  is  the 
same  all  the  way  through,  and  very 
wholesome  fur  our  insular  conceit. 
When  we  remember  all  the  re- 
proaches and  murmurs  of  British 
officers  and  diplomatists  about  the 
delays  and  disloyalty  of  their  allies, 
it  is  salutary  to  turn  to  these  pages 
and  learn  that,  after  all,  the  suc- 
cess of  the  campaign  and  Treaty 
of  1860  was  really  due  to  the 
heroic  Montauban,  Comte  de  Pali- 
kao,  and  the  indomitable  energy  of 
his  Excellency  Baron  Gros. 

It  is  right  to  add  that  M. 
Cordier  honestly  does  his  best  to 
suppress  his  feelings,  and  no  histo- 
rian was  ever  more  sparing  in 
comments,  his  aim  is  to  let  his 
documents  speak  for  themselves, 
and  this  is  what  makes  his  book  an 
invaluable  work  of  reference.  And 
though  it  must  be  admitted  that  he 
is  too  fond  of  saying  nasty  things 
about  English  diplomatists,  without 
giving  them  a  chance  of  hitting 
back  against  their  French  collea- 
gues  —   as  when  he  remarks  that 


H.  N.  Lay  was  "attacked  by  an 
access  of  megalomania,  or  at  least 
entirely  wanting  in  tact",  and 
sometimes  '"''presque  hrutale\  or 
that  Wade  "in  fact  yields  to  the 
Chinese  in  everything,  but  in  words 
abuses  them  more  than  anybody"  — 
yet  there  is  no  denying  the  justice 
and  insight  of  many  of  his  criti- 
cisms, unkind  as  they  are.  Referring 
to  an  obituary  notice  in  which  the 
names  of  Alcock  and  Parkes  were 
coupled  in  proud  pre-eminence,  M. 
Cordier  says:  — 

"II  faut  en  rabattre  singulière- 
ment de  cet  éloge.  Alcock  fait 
médiocre  figure  à  côté  de  Parkes; 
il  fut  un  des  moins  heureux  parmi 
les  ministres  d'Angleterre  à  Peking, 
qui  ont  compté  cependant  dans 
leurs  nombres  quelques  personna- 
lités fort  ordinaires.  Il  a  échoué 
dans  sa  principale  négociation,  la 
révision  du  traité  de  Tien-tsin,  et 
lorsqu'il  donna  sa  démission  le  22 
Juillet  1871,  on  ne  s'aperçut  guère 
du  vide  qu'il  laissait.  Droit,  brave, 
animé  des  meilleures  intentions,  si 
Alcock  fut  un  piteux  diplomate, 
manquant  de  tact  et  de  jugement, 
il  fut  un  bon  consul  et,  au  demeu- 


BÜLLKTIN    CKITIQÜB, 


259 


rant,  le  plus  bonuête  homme  du 
monde". 

Of. Sir  Thomas  Wade  our  author 
truly  remarks  that  his  distinguished 
merits  have  not  been  fully  recog- 
nised by  the  English  community 
in  China:  — 

"In  the  Far  East",  he  observes, 
very  justly,  "foreigners  are  apt  to 
fancy  that  the  attention  of  the 
whole  world  is  fixed  upon  them, 
and  that  their  interests  govern  all 
others;  they  never  seem  to  suspect 
that  even  the  most  important  pro- 
blems in  Chinese  policy  may  be 
quite  secondary  factors  in  the 
general  policy  to  which  they  are 
sometimes  subordinated.  Alcock, 
Wade,  and  Parkes  form  the  trium- 
virate of  Anglo-Chinese  diploma- 
tists; they  were  different  in  char- 
acter and  aptitudes,  all  inspired 
by  the  supreme  interests  of  their, 
country,  but  employing  different 
methods  of  action.  I  will  not  speak 
again  of  Alcock,  who  as  Minister 
in  China  was  what  the  English 
call  a  'failure'.  Wade,  though  a 
soldier,  was  above  all  a  student; 
Parkes,  a  civilian,  was  a  man  of 
action;   the  former  a  man  of  the 


desk,  the  other  a  man  of  the  open 
air.  Wade  was  temporising,  Parkes 
masterful,  but  both  deserved  well 
of  their  country,  and  their  depar- 
ture coincided  with  the  decadence 
of  English  influence  in  the  Far 
East". 

Nothing  could  be  truer  than 
the  last  sentence,  and  yet  the  best 
work  of  Alcock,  Wade,  and  Parkes 
was  done  not  as  Ministers,  but  as 
Consuls  and  Secretaries.  In  the 
"forties"  and  "fifties"  everybody 
said  that  nothing  could  be  effected 
in  China  until  there  was  direct 
representation  at  Peking.  After  two 
wars  the  Legations  were  planted 
there  in  1860,  and  what  was  the 

I  result?  Instead  of  dealing  at  the 
Treaty  Ports  with  a  local  Taotai, 

j  or  even  a  Viceroy,  who  might  be  a 
fair-minded  and  not  uncivil  person, 
we  had  to  deal  with  a  Board,  the 
Tsung-li  Yamên,  and  every  one 
knows  that  any  signs  of  grace  a 
man  may  possess  are  instantly 
extinguished  when  he  becomes  a 
member  of  a  Boaid.  We  have  had 
infinitely  more  trouble  with  the 
Yamên  at  Peking  than  ever  before 
in  dealing  with  local  authorities, 


260 


BULLETIN    CRITiqUE. 


except  at  Canton.  One  reason  is, 
no  doubt,  the  improvement  of 
communications.  When  Alcock, 
Balfour,  Robertson,  Parkes,  and 
the  rest  were  fighting  their  way 
through  Chinese  prejudices  at  the 
ports,  they  were  often  a  long  sail 
from  the  Plenipotentiary  at  Hong- 
kong, and  they  were  the  better  for 
it.  Delay  was  fatal,  and  the  Consul 
took  his  life  in  his  hands,  went 
in,  and  won.  Had  he  waited  and 
referred  the  matter,  whether  a 
murder,  a  robbery,  or  an  insult, 
to  headquarters,  the  quarrel  would 
have  grown  to  unmanageable  size, 
the  enemy  would  have  gained  cou- 
rage, and  the  end  would  have  been 
compromise  or  defeat.  When  the 
energetic  Consul  became  H.M.  Mi- 
nister at  Peking  he  found  a  tele- 
graph wire  tied  to  his  leg,  and, 
further,  he  found  that  eight  or  ten 
high  Mandarins  at  a  table  in  Peking 
were  far  less  easy  to  tackle  than  a 
Taotai  at  Amoy  or  Foochow.  This 
is  really  the  reason  why  the  best 


work  in  China  was  done  during 
what  may  be  called  the  Consular 
period,  and  why  these  same  Consuls, 
when  they  grew  into  Ministers 
Plenipotentiary,  discovered  that 
the  second  half  of  their  title  was 
ridiculously  inapplicable.  For  our- 
selves, we  have  always  thought  the 
earlier  time  —  the  time  when  the 
Consuls  were  building  up  foreign 
relations  at  the  ports  —  much  more 
interesting,  and  even  more  signifi- 
cant historically,  than  the  years 
which  have  succeeded  the  establish- 
ment of  the  Legations  at  Peking. 
The  later  time,  however,  is  ex- 
tremely important,  and  it  is  well 
that  an  accurate  scholar,  such 
as  M.  Cordier  unquestionably  is, 
should  have  provided  a  solid  com- 
pilation of  documentary  evidence 
to  guide  the  student  through  a 
complex  and  often  misrepresented 
period  of  European  relations  with 
China. 

(The  Spectator,  June  7,  1902, 
pp.  881-882.) 


BIBLIOGRAPHIE. 


■     CJ0C3 


LIVRES  NOUVEAUX. 

Le  No.  dû  15  juillet  1902  des  Annales  des  Sciences  politiques 
renferme  deux  articles,  l'un  de  M.  Raphaël-Georges  Levy,  sur 
Les  Finances  du  Japon,  l'autre  de  M.  J.  Silvbstre,  sur  La  France 
à  Kouang-Tchéou-Ouan  (avec  une  carte). 

Le  Compte  rendu  de  la  douzième  session,  Paris  1900,  du 
Congrès  international  d^ Anthropologie  et  d^ Archéologie  préhistoriques 
vient  de  paraître.  Signalons  une  Note  de  paléoethnologie^  d'archéologie 
et  de  minéralogie  archéolithique  japonaises  par  M.  G.  Dumoutikb. 


M.  Cl.  HuART  dans  la  Z.  M.  G.,  Bd.  LVI,  pp.  210—222  publie 
le  texte  turc-oriental  de  la  stèle  de  la  mosquée  de  Peking.  «Gabriel 
Devéria,  écrit  M.  Huàrt,  dans  son  étude  sur  les  Musulmans  et  les 
Manichéens  chinois  {J.  As.,  nov.-déc.  1897),  a  publié  la  traduction 
de  l'inscription  chinoise  qui  figure  sur  l'une  des  deux  stèles  de 
marbre  placées  dans  la  cour  intérieure  de  la  mosquée  de  Peking, 
en  même  temps  qu'une  reproduction  phototypique  d'un  estampage 
de  ces  deux  monuments,  donnant  non  seulement  le  texte  chinois 
accompagné  de  sa  traduction  mandchoue,  mais  enoore  la  traduction 
en  turc -oriental  et  en  mongol.  La  petite  échelle  à  laquelle  ont  été 
faites  ces  reproductions  ne  permettant  pas  de  lire  aisément  le  texte 


262  BIBLIOGRAPHie. 

turc-oriental,  G.  Devéria,  qui  m'honorait  de  son  amitié,  me  remit, 
pour  l'étudier,  l'estampage  contenant  le  mongol  et  le  turc-oriental; 
c'est  sur  ce  document  que  repose  le  déchiffrement  ci-dessous». 


Nous  avons  reçu  le  No.  3  du  Vol.  XXXIII,  1899-1900,  du 
Journal  of  the  China  Branch  of  the  Royal  Asiatic  Society.  II  ren- 
ferme des  articles  sur  Mencins  and  other  Reformers  of  China,  by 
the  Rev.  W.  E.  Macklin;  The  ancient  City  of  Shaohing  ^  J^ 
{Province  of  Cheh-kiang),  by  the  Rev.  W.  Gilbert  Walshe;  un 
compte-rendu  de  l'ouvrage  de  M.  E.  H.  Parker,  China,  ainsi  que 
des  notices  nécrologiques  sur  P.  G.  v.  Möllrndorpf,  le  Rév.  William 
MuiRHEAD  et  le  Dr.  E.  Bretschneider. 


Le  No.  4  du  Vol.  2  de  The  Korea  Review  continue  The  History 
of  Korea  de  1366  à  1379;  il  renferme  également  des  articles  sur 
A  Submarine  Adventtcre,  Slavery  in  Korea,   The  Status  of  Woman. 


Le  No.  5  du  Vol.  II  de  The  Korea  Review  continue  l'Histoire 
de  Corée  de  1379  à  1388;  elle  renferme  enoutre  des  articles  sur  la 
Necessity,  the  Mother  of  Invention,  Rémusat  on  the  Korean  Alphabet, 
The  Products  of  Korea  (Wheat,  Sorghum,  Oats,  Millet)  et  le  chemin 
de  fer  de  Seoul  à  Eui-ju.  [Eui-tjyou  ^  j^  ,  en  chinois  Yi-tcheou 
est  sur  les  bords  du  Ya-lou-kiang  ^ê  -^  */J^ .] 


Je  mentionne,  sans  les  recommander  à  nos  lecteurs,  deux  articles 
de  M.  PÈNE-SiEFERT  parus  sous  le  titre  de  Missio7w aires  et  Protectorat 
français  en  Chine  dans  la  Revue  d'Asie  du  15  juin  et  du  P"^  juillet  1902. 


M.  A.  Vissière,  Professeur  à  l'Ecole  des  Langues  Orientales 
vivantes,  a  traduit  dans  la  Revue  d'Histoire  diplomatique  du 
chinois    U audience    de    Congé   du    Marquis    Tseng   à    Pékin    (1878). 


BIBI.IOOEAPUIB.  263 

Tseng  répond  à  une  question  des  souverains:  «La  difficulté  qu'il  y 
a  à  traiter  les  affaires  étrangères  provient  de  ce  que  les  étrangers 
ne  parlent  pas  raison  et  que  les  Chinois  ne  voient  pas  clairement 
l'état  des  choses.  Que  les  mandarins  et  le  peuple  de  Chine  constam- 
ment détestent  les  étrangers,  il  n'est  pas  besoin  de  le  dire.  Mais  il 
est  nécessaire  que  nous  cherchions  tranquillement  à  nous  rendre  forts, 
pour  nous  être  de  quelque  secours.  Ce  n'est  aucunement  en  brûlant 
une  église  ou  en  tuant  un  étranger  que  nous  passerons  pour  avoir 
tiré  vengeance  et  pour  avoir  lavé  notre  honte.  Les  Chinois,  aujour- 
d'hui, ne  comprennent  pas,  pour  la  plupart,  cette  vérité». 


M.  le  Comte  Francesco  L.  PullÉ,  Professeur  a  l'Université  de 
Bologne,  vient  de  publier  un  mémoire  extrêmement  important  sur 
la  géographie  et  la  cartographie  anciennes  de  l'Inde.  Il  forme  le 
Vol.  IV  des  Studi  iialiani  di  Filologia  indo'iranica;  en  tête  de 
l'Atlas  qui  ttccompagne  le  mémoire  se  trouve  le  fac-similé  d'une  carte 
inédite  des  connaissances  des  Grecs  sur  l'Inde  dressée  par  le  regretté 
Heinrich  Kiepert  dont  le  portrait  sert  de  frontispice  au  volume. 


Le  troisième  et  dernier  volume  de  V Histoire  des  Relations  de  la 
Chine  avec  les  Puissances  occidentales  1860  1902  —  V Empereur 
Kouang-Siu  {Deuxième  Partie,  1888  -  1902)  par  Henri  Cordikr,  a 
paru  en  juillet  à  la  librairie  Félix  Alcan,  à  Paris. 


La  troisième  édition  de  The  Book  of  Ser  Marco  Polo,  by  Sir 
Henry  Yule,  revue  et  augmentée  par  Henri  Cobdier,  paraîtra  à  la 
fin  de  cette  année,  chez  John  Murray,  à  Londres. 


CHRONIQUE. 


ALLEMAGNE  ET  AUTRICHE. 

Le  Comité  d'organisation  du  XIII'  Congrès  International  des  Orientalistes 
a  publié  une  troisième  circulaire  avec  le  programme  du  jeudi,  4  sept,  au  mer- 
credi 10  sept.,  comprenant  un  opéra  de  gala  et  un  banquet.  La  question  de  la 
transcription  du  chinois  est  à  l'ordre  du  jour. 

GRANDE-BRETAGNE. 

Les  arrangements  pour  l'enseignement  du  Chinois  à  Owens  College,  Manchester, 
semblent  bien  réussir.  La  seconde  série  de  leçons,  par  le  Professeur  E.  H.  Parker, 
commence  à  la  St.  Michel.  La  série  comprendra  trois  termes,  à  la  fin  desquels 
on  espère  que  les  étudiants  qui  auront  suivi  régulièrement  le  cours  seront  ca- 
pables de  lire  et  d'écrire  le  Chinois  suffisamment  bien  pour  pouvoir  continuer 
leurs  études  d'une  manière  effective  soit  en  Angleterre,  soit  en  Chine.  Les  étu- 
diants plus  avancés  qui  ont  déjà  suivi  le  cours  seront  capables  à  la  St.  Michel 
de  faire  de  plus  fortes  études  de  Chinois,  et  l'on  espère  que  des  arrangements 
seront  faits  pour  que  ceux  qui  suivent  les  cours  de  cette  année,  puissent  à  la 
St.  Michel  de  1903,  poursuivre  plus  loin  leur  étude  de  la  langue. 

{London  and  China  Telegraph,  14  Juillet  1902.) 

CHINE. 

La  China  Branch  of  the  Royal  Asiatic  Society  se  prépare  à  célébrer  le  16 
Octobre  prochain  le  quarante-cinquième  anniversaire  de  sa  séance  d'ouverture. 

Nous  enregistrons  la  publication  à  Tien-tsin  d'un  nouveau  journal  Bolletino 
Italiano  ^a  ^  ^0  J^  ^  eß  Italian  Settlement  Gazette;  le  no.  4,  1^' 
année  est  daté  de  Tien-tsin,  jeudi,  8  mai  1902;  l^""  jour,  4^  lune,  28*  année 
Kouang-Siu  ;  2"  année,  Victor  Emanuel  III,  roi  d'Italie.  Nous  y  apprenons  que 
le  ministre  d'Italie,  le  Comte  G.  Gallina,  a  présenté  le  11  avril  ses  lettres  de 
créance  à  l'Empei-eur.  Ce  journal  continue  un  article  sur  l'Italie  dans  le  Mitig 
che    ^  ^, 


üUKONiquK.  265 

On  vient  d'émettie  en  Allemagne  pour  15  millions  de  maixs  d'actions  de  la 
Ck)inpagnie  du  chemin  de  fer  de  Cliantoung  (Chine).  Sur  le  capital  de  54  millions 
de  marcs,  18  millions  de  marcs  ont  été  entièrement  souscrits.  Le  prix  d'émission 
a  été  ftxé  à  103,.50  %  et  les  actions  qui  doivent  «^tre  libérées  avant  le  31  juillet 
rapportent  intérêt  k  A  %  depuis  le  I"  janvier  dernier. 

L'objet  de  l'entreprise  est  l'acquisition  d'une  conces.sion  de  ligne,  qui  est  déjà 
construite  sur  une  longueur  de  174  kilomètres,  travereei-a  plusieurs  charbonnages 
et  divers  districts  très  peuplés  pour  aboutir  à  Tsi-Nan-Fou,  chef-lieu  de  la  province. 

Une  dôpôche  de  Peking  annonce  également  qu'un  édit  vient  d'être  publié  or- 
donnant l'achèveniont  des  travaux  de  construction  du  chemin  de  fer  de  Canton 
à  Hank'eou  et  autorisant  l'émission  de  40  millions  de  dollars  en  or,  en  obligations. 
La  ligne  aura  une  longueur  de  700  milles  pour  la  voie  principale  et  de  200 
milles  pour  les  embranchements. 

10,000  pouds  d'huile  de  chanvre  ont  été  envoyés  de  Kharbin  (Mandchourie) 
à  Vladivostok  pour  être  expédiés  à  Odessa.  C'était  la  première  expédition  de  ce 
produit  de  la  Mandchourie  en  Ru.ssie.  L'essai  a  été  très  satisfaisant.  L'huile  a 
été  si  bien  vendue  et  a  été  trouvée  do  si  bonne  qualité,  qu'une  seconde  expé- 
dition de  100,000  pouds  provenant  de  Kharbin  est  déjà  en  route  pour  Odessa. 

Peking,  30  juin.  —  Un  syndicat  franco-anglais,  dont  le  siège  est  à  Londres 
et  représenté  en  Chine  par  le  consul  général,  M.  Emile  Rocher,  très  compétent 
dans  tout  ce  qui  concerne  la  province,  a  acquis  une  conce.ssion  minière  importante 
dans  le  Yun-Nan.  Le  contrat,  qui  a  été  sanctionné  par  un  décret  impérial,  le 
15  juin,  a  été  ofßciellement  reconnu  et  signé  par  les  ministres  français  et  anglais. 

La  concession  est  valable  pour  soixante  ans,  avec  le  droit  d'extension,  et 
comprend  quatre-vingt-cinq  mines  produisant  du  charbon,  du  cuivre,  du  nickel, 
du  mercure,  du  pétrole,  de  l'étain  et  d'autres  minéraux  et  métaux  précieux. 
Ces  mines  s'étendent  sur  un  tiers  de  la  province,  les  mines  les  plusimportanter 
étant  groupées  près  du  parcours  projeté  pour  le  chemin  de  fer  du  Tonkin  à  la 
ville  de  Yun-Nan. 

Les  mines  exploitées  par  le  gouvernement  chinois  en  sont  exclues.  Un  droit 
royal  de  5  0/0  doit  être  payé  au  gouvernement  chinois  et  25  0/0  des  profits  nets 
sont  réservés  au  gouvernement  chinois,  10  0/0  au  gouvernement  provincial  et 
60  0/0  aux  actionnaires.  Les  profits  nets  sont  établis  après  déduction  des  dépenses 
préliminaires  et  des  dépenses  d'exploitation,  plus  8  0/0  d'intérêt  sur  le  capital, 
10  0/0  pour  le  fonds  d'amorti.ssement  et  100/0  pour  le  fonds  de  réserve. 

Pour  le  cuivre,  il  y  a  des  conditions  spéciales;  la  Chine  s'engage  à  en  acheter 
chaque  année  une  quantité  déterminée  au  prix  fixe  de  336  taëls  par  tonne. 
Le  droit  de  construire  des  embranchements  de  chemin  de  fer.  des  routes  et  des 
canaux  pour  desservir  les  mines  a  été  également  concédé. 

M.  Rocher  est  parti  pour  l'Europe  la  semaine  passée.    On  doit  se  féliciter  de 

19 


266  CHRONIQUE. 

voir  les  capitalistes  des  deux  pays  qui  ont  les  plus  gros  intérêts  dans  la  province 
du   Yun-Nan,  s'associer  pour  leur  avantage  commun. 

Un  autre  consul  général  bien  connu,  M.  Haas,  qui  est  arrivé  à  Peking  au 
moment  où  M,  Rocher  partait,  a  servi  activement  les  intérêts  d'un  puissant 
syndicat  de  banques  françaises  cherchant  des  concessions  minières  dans  la 
province  de  Se-tchouan. 

Il  a  déclaré  à  un  interviewer  combien  il  était  désirable  que  deux  syndicats 
rivaux,  français  et  anglais,  dans  le  Se-tchouan,  s'entendissent  pour  agir  de  concert  ; 
une  telle  combinaison  serait  praticable  et  d'un  égal  avantage  pour  les  deux  pays. 

Actuellement,  la  Chine  opposerait  les  deux  syndicats  l'un  à  l'autre,  au  détriment 
de  chacun  d'eux.  Une  entente,  au  contraire,  préconisée  par  M.  Beau,  dont  la 
nomination  en  Indo-Chine  était  une  récompense  bien  due  aux  services  signalés 
qu'il  avait  rendus  à  la  France  depuis  qu'il  était  ministre,  et  par  sir  E.  Satow, 
donnerait  les  meilleurs  résultats  pour  les  nationaux  français  et  anglais  dans  les 
deux  provinces  du  Yun-Nan  et  du  Se-tchouan  qiii  bénéficieraient  des  privilèges 
et  avantages  contenus  dans  l'article  4  de  la  déclaration  franco-anglaise  du  15 
janvier  1896.  (Times.) 

L'impératrice  de  Chine  vient  de  désigner  de  nouveaux  ministres  plénipotentiaires 
pour  la  France,  la  Russie,  l'Italie  et  les  Etats-Unis. 

Les  choix  faits  par  l'impératrice  indiquent  qu'elle  continue  à  considérer  la 
diplomatie  chinoise  comme  de  peu  d'importance,  car  aucun  des  nouveaux  mi- 
nistres n'occupe  un  rang  plus  élevé  que  celui  dont  l'insigne  est  le  bouton  bleu, 
et  aucun  d'eux  n'a  occupé  de  hautes  fonctions. 

Le  ministre  à  Paris  est  Soun  Pao-chi.  Le  ministre  à  Saint-Pétersbourg  est 
Hou  Oué-teh. 

FRANCE. 

M.  Beau,  Ministre  de  France  en  Chine,  est  nommé  Gouverneur  général  de 
rindo-Chine  française  à  la  place  de  M.  Paul  Doumer  (juillet).  M.  Beau  venait 
précisément  d'obtenir  un  congé  d'un  mois. 

M.  Beau  est  né  le  26  janvier  1857.  Licencié  en  droit,  il  entra  en  1883  au 
ministère  des  affaires  étrangères,  fut  nommé  secrétaire  de  troisième  classe  au- 
près de  l'ambassade  de  France  au  Quirinal,  à  Rome,  et  revint  à  Paris  comme 
chef  de  bureau  du  personnel. 

Chef-adjoint  du  cabinet  de  M.  Hanotaux,  il  fut  nommé  chevalier  de  la  Légion 
d'honneur  en  1894  et  devint  chef  du  cabinet  de  ce  même  ministre  en  1896, 
lors  de  son  second  ministère;  il  fut  promu  secrétaire  de  première  classe  la 
même  année  et  redevint,  avec  M.  Delcassé,  en  1898,  chef  du  cabinet,  du  per- 
sonnel et  du  secrétariat. 

Officier  de  la  Légion  d'honneur  en  1900,  ministre  plénipotentiaire  de  2*  classe, 


CHEONIQUK.  207 

envoyé  extraordinaire  à  Péiiing,  il  a  signé  lo  7  septembre  1901  le  protocole  flnal 
du  traité  de  paix  avec  la  Chine. 

On  sait  que  le  gouvernement  de  l'Indo- Chine  avait  d'abord  été  offert  à  M. 
Pierre  Uaudin,  que  les  capacités  administrative»  dont  il  a  fait  preuve,  tant  au 
Conseil  municipal  de  Paris  que  pendant  les  trois  ans  qu'il  vient  de  passer  au 
ministère  des  travaux  publics,  avaient  paru  désigner  d'une  façon  particulière 
pour  ce  haut  emploi. 

M.  Pierre  Baudin  s'était  montré  disposé  à  accepter,  mais  à  la  condition  de 
conserver  son  mandat  de  député  et  d'être  nommé  par  délégation  renouvelable 
de  six  mois  en  six  mois,  comme  il  avait  été  fait  pour  M.  Jonnart  à  Alger.  Le 
gouvernement  a  jugé  que  dans  les  circonstances  actuelles  la  nomination  d'un 
titulaire  à  titre  définitif  s'imposait,  et  après  que  le  ministre  des  colonies  et  que 
le  président  du  conseil  eurent  vainement  insisté  auprès  de  M.  Baudin  pour  le 
décider  à  accepter  l'oiïre  dans  les  conditions  où  elle  lui  était  faite,  le  choix  du 
gouvernement  s'est  repoi'té  sur  M.  Beau. 

M.  DoBAiL,  Ministre  de  France  à  Montevideo,  ministre  j).  t.  à  Tokio,  est  nommé 
à  Pé-king,  en  remplacement  de  M.  lîeau. 

M.  le  Comte  du  Chaylard,  Consul  Général  à  Tien-tsin,  est  nommé  Ministre 
de  France  à  Montevideo,  en  remplacement  de  M.  Dubail. 

Nous  extrayons  du  rapport  de  M.  Klobukowski,  ministre  de  France  à  Bang-kok, 
les  renseignements  suivants  sur  lo  Commeixe  du  Siam  en  1901  : 

Les  statistiques  des  importations  et  des  exportations  du  Siam  en  1901,  port 
de  Bangkok,  viennent  d'être  publiées  par  la  Direction  des  Douanes. 

Voici  un  tableau  indiquant  pour  les  trois  dernières  années,  la  valeur  totale 
des  marchandises  importées  et  exportées: 

1899.  1900.  1901. 

Piastres.  Piasti'es.  Piastres. 

Importations    ....      26.316.301       26.492.396      29.520.730 
Exportations    ....      33.659.888      32.765.713      46.828.791 


Total 59.976.189      59.258.109      76.340.521 


Le  total  en  1898  était  de  63,792,564  piastres. 

Le  nombre  des  passagers  débai-qués  à  Bangkok  durant  l'année  1901  est  de 
779  passagers  de  cabines  et  29,709  passagers  de  pont  en  diminution  pour  la 
première  de  ces  catégories  et  en  augmentation  pour  la  deuxième  par  rapporta 
l'année  précédente.  Pendant  la  même  année  1901,  497  passagers  de  cabines  et 
19,266  passagers  de  pont  ont  quitté  Bangkok. 

Le  tableau  suivant  fait  connaître  la  valeur  des  importations  et  exportations 
de  chaque  puissance  étrangère  pendant  les  années  1900  et  1901. 


268 


CHRONIQUE, 
IMPORTATION. 


1900. 


1901. 


Pay.s. 

Singapore 

Hong-Kong 

Chine 

Inde 

Possessions  hollandaises.     .     .     . 

Royaume-Uni 

Allemagne 

États-Unis  d'Amérique .... 

Suisse 

France    

Danemark 

Belgique. 

Hollande 

Cochinchine 

Japon 

Birmanie 

Italie 

Espagne 

Autriche 

Australie 

Annam 

Cambodge 

Borneo    

Sarawak 

Manille 

Penang . 

Russie 

Egypte 

Algérie 

Malte 

Portugal 

Grèce 

Suède     

Total 

Soit  en  franc?,  la  piastre  étant  au  taux 
de  2  fr.  30 


Piastres. 

Piastres. 

9.739.569 

12.001.655 

6.912.752 

6.544.711 

1.428.007 

1.031.328 

992.938 

1.323.934 

779.548 

685.656 

2.770.555 

3.479.470 

1.434.066 

2.156.651 

328.623 

210.616 

404.037 

487.418 

208.477 

171.213 

188.775 

117.406 

47.731 

76.213 

90.912 

322.843 

102.188 

94.031 

50.036 

60.372 

24.375 

24.571 

139.115 

219.525 

7.769 

20.829 

62.088 

40.761 

28.745 

1.272 

22.956 

10.903 

4.471 

1.913 

262 

9.209 

2.423 

150 

7.181 

6.295 

169 

7.554 

246.846 

477 

8.282 

5.527 

1.218 

175 

553 

504 

1.719 

2.166 

» 

20 

169 


26.036.615 


29.115.358 


59.884.214  50      66.905.323  40 


CHRONIQUE. 


260 


EXPORTATION. 


1900. 


1901. 


Pays. 

Singapore 

Hong-Kong 

Inde 

Cochinchine 

Japon   

Chine 

Annam 

Manille 

Penang 

Birmanie 

Cambodge 

Possessions  hollandaises    .     .     . 

Royaume-Uni 

Autriche 

Danemark 

Allemagne 

France 

Suisse 

Etats-Unis  d'Amérique    .     .     . 

Hollande 

Italie 

Belgique 

Russie 

Portugal 

Australie 

Europe 

Total 

Soit  en  francs,  la  piastre  étant  au  taux 
de  2  fr.  30 


Piastres. 

Piastres. 

14.433.553 

20.430.021 

11.735.488 

17.480.053 

1.155.234 

752.191 

144.760 

120.005 

38.913 

54.497 

12.113 

90.061 

10.289 

8.671 

9.615 

» 

8.570 

11.10 

5.155 

1.2653 

1.999 

3.331 

761 

48.181 

894.9G6 

525.770 

50.440 

» 

34.305 

112.974 

23.254 

2.512.301 

18.259 

74.070 

5.825 

» 

3.112 

62.120 

1.506 

9.400 

390 

63 

250 

» 

60 

» 

36 

» 

» 

2.100 

2.614.381 

3.023.814 

81.203.228 


45.322.036 


71.767.424,40     104.240.682,80 


Rappelons  qu'à  l'importation,  la  flotte  allemande  représente  58  ^,  la  flott« 
anglaise  27  %,  la  flotte  norvégienne  10  j^.  A  l'exportation,  les  Allemands  figu- 
rent pour  51  %;  les  Anglais  pour  23  %',  les  Norvégiens  pour  20  %. 

Ainsi  que  je  l'ai  déjfi  fait  remai^quer  on  ne  saurait  accoi*der  grande  créance 
aux  statistiques  de  l'administration  douanière  de  ce  pays  qui  ne  parvient,  de 
son  aveu  môme,  qu'à  donner  une  approximation  des  opérations  réalisées. 

Aux   causes   de   cette   situation   il  convient  d'ajouter  la  con.<«tatation  suivante 


270.  CHRONIQÜR. 

de  laquelle  il  ressort  que  la  méthode  qui  préside  à  la  confection  des  statistiques 
est  certainement  défectueuse  et  tend  plutôt  à  perpétuer  les  erreurs  qu'à  les 
dissiper. 

C'est  ainsi  que  les  produits  australiens  (le  charbon  d'Australie,  notamment, 
abonde  sur  le  marché)  sont  inscrits  sous  la  rubrique:  «Pays  de  Provenance: 
Royaume-Uni»,  de  même  tous  les  articles  français,  autres  que  ceux  directement 
manifestés  —  de  Saigon  et  venant  par  bateau  français  —  sont  mentionnés 
comme  produits  anglais  du  moment  qu'ils  sont  transbordés  à  Singapore. 

En  résumé,  la  statistique  ne  peut,  ne  doit  être  considérée  que  comme  un  essai 
encore  plein  d'inexactitude  et  de  lacunes,  et  d'après  lequel  il  est  impossible  de 
se  rendre  un  compte  exact  de  la  répartition,  par  nationalité,  du  commerce 
extérieur  du  Siam. 

L'office  national  du  Commerce  extérieur  vient  de  recevoir  une  note  relative 
aux  diverses  filatures  de  coton  fondées  depuis  1895  dans  le  bassin  de  Yang-Tseu 
et  à  Hong-Kong. 

Ce  document  sera  communiqué  sur  place,  3,  rue  Feydeau,  aux  personnes  dé- 
sireuses de  le  consulter. 

La  Séance  de  la  Société  de  Géographie  du  11  avril  1902,  a  été  principalement 
consacrée  à  une  intéressante  conférence  dans  laquelle  M.  Boris  Fedtschenko  a 
fait  la  relation  d'une  mission  scientifique  russe  au  Pamir  et  au  Chougnan  en 
1901.  Cette  mission,  qui  s'est  accomplie  sous  le  patronage  de  la  Société  impériale 
russe  de  géographie,  a  eu  pour  champ  d'étude  les  pays  situés  au  sud  du  Ferghana: 
les  chaînes  de  l'Alaï  et  du  Trans-Alaï,  le  Pamir  proprement  dit,  le  Chougnan 
jusqu'à  la  frontière  afghane  et  l'Hindou  Kouch.  On  voit  que  c'est  à  peu  de 
chose  près  l'itinéraire  de  la  mission  française  Bonvalot,  Capus  et  Pépin  en  Asie 
centrale.  Mme  Olga  Fedtschenko,  sa  mère,  M.  Serge  Gregorief,  et  deux  étudiants 
accompagnaient  le  savant  botaniste  russe.  L'escorte  se  composait  de  deux  cosaques 
et  de  quelques  porteurs,  caravaniers  et  courriers.  Le  but  scientifique  de  la  mission 
était  d'abord  d'examiner  au  point  de  vue  de  la  constitution  physique  le  Pamir 
intérieur  et  de  définir  les  limites  naturelles  de  ce  désert  élevé  à  4,000  mètres 
d'altitude  et  flanqué  de  chaînes  de  montagnes  atteignant  7,000  ou  8,000 
mètres.  L'enquête  porta  sur  la  structure  de  ces  chaînes,  sur  la  formation  des 
vallées,  sur  le  régime  des  rivières  et  des  glaciers.  Il  faut  noter  dans  les  couches 
de  terrains  qui  bordent  le  grand  Kara-Koul  la  découverte  et  l'exploration  de 
glaces  souterraines.  Les  recherches  botaniques  devaient  attirer  tout  spécialement 
l'attention  de  M.  Fedtschenko.  Tant  dans  l'Alaï  que  dans  le  Pamir  et  le  Chougnan, 
10,000  échantillons  furent  recueillis  et  classés  en  1,000  espèces  différentes,  sans 
compter  un  grand  nombre  de  bulbes,  de  racines,  de  .semences,  etc.  A  côté  des 
espèces  nouvelles,  plusieurs,  considéiées  jusqu'alors  comme  spéciales  à  l'Himalaya 
et  au   Thibet,   ont   été   rencontrées  et  classées.  Les  notes  recueillies  dans  cette 


(UHRONIQUK.  271 

cufiipaj^iie  Kcietitifiqiie  ont  permis  ù  la  mission  d'établir  une  distribution  de  plantes 
d'après  les  associations  naturelles  et  les  rapports  mutuels  des  espèces.  M.  Fedt- 
Kclienko  sipnnie  dans  les  régions  élevées  (5,000  m.)  des  adaptations  tout  à  fait 
remarquables  de  la  flore  aux  rudes  conditions  de  l'existence.  La  faune  terrestre 
du  Pamir  intérieur  est  extrêmement  pauvre.  Au  Chougnan,  la  mission  a  trouvé 
quelques  insectes  et  quelques  lézards  intéressants.  Des  spécimens  du  sol  ont  été 
recueillis  sur  tout  le  parcours.  Quelques-uns,  obtenus  à  l'aide  de  l'appareil  de 
M.  Rizpolojensky,  ont  des  proportions  extraordinaires,  £6  qui  permet  d'étudier  la 
situation  des  couches  inférieures  du  sol.  Cette  conférence  a  été  accompagnée  de 
nombreuses  pi'ojections  d'un  grand  intérêt  scientifique. 

Le  Journal  officiel  publie,  le  5  Juillet,  un  décret  fixant  les  conditions  suivant 
lesquelles  la  médaille  de  Chine,  instituée  par  la  loi  du  15  avril  dernier,  sera 
délivrée  aux  ayants  droit. 

Aux  termes  de  ce  décret,  le  droit  à  l'obtention  de  la  médaille  est  acquis  pour 
les  personnes  dépendant  du  département  de  la  guerre,  aux  ofTiciei*s  et  soldats 
qui  ont  séjourné  en  Chine  pendant  la  période  comprise  entre  le  30  juin  1900 
et  le  8  août  1901,  et  pour  les  personnes  dépendant  du  ministère  de  la  marine, 
aux  officiers  et  marins  qui  ont  acquis  le  bénéfice  de  la  campagne  de  guerre  en 
Chine,  entre  le  30  mai  1900  et  le  31  décembre  1901. 

En  ce  qui  concerne  les  officiers,  fonctionnaires  militaii*e8  ou  agents  qui  n'ont 
pas  figuré  sur  un  rôle  d'équipage,  le  droit  à  la  médaille  sera  également  acquis 
à  ceux  qui  auront  perçu  l'indemnité  de  séjour  en  Chine-  prévue  par  le  décret 
du  4  août  1900  ou  l'indemnité  de  cherté  de  vivres  accordée  antérieurement 
au  l*^'  septembre  1900,  en  vertu  de  l'ordre  du  contre-amiral  commandant  la 
division  navale  de  l'Exti^me-Orient,  ainsi  qu'aux  Français  qui,  au  titre  civil,  ont 
pris  part  à  la  défense  des  légations  à  Peking. 

Le  gouvernement  prépare  un  intéressant  album  sur  la  campagne  de  Chine 
qui  sera  formé  de  vues  photographiques  prises  là-bas  par  nos  officiers  du  corps 
expéditionnaire,  à  Peking  surtout,  et  qui  forment  un  ensemble  documentaire 
unique  sur  les  beautés  artistiques  extérieures  et  intérieures  du  palais  de  cette  ville. 

L'album  de  Chine  comprendra  quarante  planches  de  grand  format,  portant 
chacune  de  six  à  dix  photographies  encadrées  de  dessins  de  Rocher  pour  lesquels 
cet  artiste  ne  s'est  inspii'é  que  de  documents  chinois,  afin  de  conserver  à  l'en- 
semble un  caractère  d'unité  dont  l'aspect  est  vraiment  intéres.'sant,  et  séduit. 

Les  photographies  sont  reproduites  par  la  phototypie  avec  des  teintes  variées  : 
bistre,  noir,  bleu,  rouge,  vert  feuille,  rose  et  vert.  Elles  sont  des  formats 
16x18,  9x12,  6,5X9. 

Le  travail  de  formation  de  cet  albura  touche  à  sa  fin.  Il  en  sera  tiré  1,240 
exemplaires:  10  sur  japon  pour  le  chef  de  l'Etat  et  quelques  hautes  personna- 
lités, 30  sur  hollande  et  1,200  sur  papier  fort. 


272  CHRONIQUE. 


INDO-CHINE  FRANÇAISE. 

A  partir  du  l'^'"  août  prochain,  il  pourra  être  accepté,  dans  les  relations  avec 
les  colonies  de  l'Inde  française  et  de  l'Indo-Chine  : 

1"  Des  colis  postaux  de  5  à  10  kilos; 

2»  Des  colis  postaux  portant  déclaration  de  la  valeur,  jusqu'à  concurrence  de 
500  fr.-, 

3"  Des  colis  postaux  grevés  de  remboursement  dont  le  montant  ne  devra  pas 
dépasser  500  fr. 

IS Avenir  du  Tonkin  annonce  qu'un  service  de  poste  vient  d'être  créé  entre 
le  Tong-King  et  Tchoung-King.  La  poste  qui  fonctionnait  seulement  jusqu'à 
Yunnan-Sen,  a  quatre  départs  mensuels  vers  la  vallée  du  Yang-Tseu.  Elle  met 
quatorze  jours  pour  atteindre  le  pi'eraier  port  fluvial  de  Soui-fou,  et  trois  ou 
quatre  jours  de  plus  pour  arriver  jusqu'à  Tchoung-King.  Le  trajet  total  de 
Haiphong  jusqu'à  ce  grand  port  du  haut  Yang-Tseu  est  de  trente-six  jours, 
c'est-à-dire  que,  vu  le  temps  qu'il  faut,  surtout  à  certains  moments  de  l'année, 
pour  remonter  les  rapides  du  fleuve  Bleu  au-dessus  de  Itchang,  les  correspon- 
dances peuvent  parvenir  plus  vite  au  Se-Tchouan  par  le  Tong-King  que  par  la 
■voie  de  Chang-hai. 

Le  Bulletin  Economique  du  gouvernement  général  de  l'Indo-Chine  contient 
une  étude  très  documentée  de  M.  Louis  de  Saugy,  chargé  d'une  mission  géologique, 
sur  les  gisements  miniers  de  Van-say  (Rivière  noire,  Tong-King).  Il  lui  semble 
hors  de  doute  que  l'exploitation  de  ces  gisements  puisse  être  rémunératrice,  et 
que  des  travaux  de  recherches  plus  complets  donneront  des  résultats  qui  ne 
feront  que  confirmer  cette  impression,  qui  est  partagée  par  tons  ceux  qui  ont 
pu  visiter  ces  mines. 

Voici  la  conclusion  de  cette  étude: 

Il  résulte  de  l'étude  de  la  valeur  commerciale  du  minerai  de  cuivre  Van-Say, 
et  de  l'étude  des  questions  relatives  à  son  transport,  et  à  sa  vente,  qu'il  serait 
possible,  dès  la  première  période  des  travaux,  de  tirer  un  parti  avantageux  de 
celui  qui  sei-ait  forcément  extrait. 

Ces  mines  sont,  en  effet,  placées  dans  des  conditions  extrêmement  favorables 
de  transport,  par  suite  du  voisinage  de  cette  grande  artère  fluviale  navigable 
en  tous  points  et  même  si  les  renseignements  sont  exacts,  en  toute  saison, 
qu'est  la  Rivière-Noire. 

De  plus,  la  valeur  commerciale  est  d'environ  212  francs,  ainsi  que  nous  l'avons 
vu  précédemment;  si  donc  on  ajoute  à  la  somme  de  60  francs  par  tonne  que 
nous  avons  établie  pour  prix  de  transport  de  Vau-say  à  Marseille,  une  somme 
maximum  de  20  francs  par  tonne,  correspondant  au  prix  maximum  du  transport 


CHRONIQUE.  273 

liopuiü  le  port  de  débarquement  jusqu'à  Pusine  que  l'on  aura  choUie  pour  son 
traitement,  on  sera  forc«^  de  constater  que  l'on  arrive  à  un  prix  total  de 
transport  de  80  francs  par  tonne,  somme  évidemment  forcée.  Il  s'en  suit  donc  que 
le  minerai  pounuit  purfaitcment  supporter  les  frais  de  transport  de  la  mine  en 
Europe,  et  que  l'on  pourrait  même  encore  compter  sur  un  bénéflce  très  appré- 
ciable de  212  —  80  francs,  c'est-à-dire  d'environ  130  francs  par  tonne,  ce  qui 
n'est  certes  pas  à  négliger. 

C'est  d'ailleurs  ce  qui  se  fait  dans  un  grand  nombre  de  mines  à  Rio-Tinto, 
par  exemple,  pour  n'en  citer  qu'un  exemple;  on  exporte  actuellement  en  An- 
gleterre, à  Swansea,  tout  le  minerai  dont  la  teneur  est  sensiblement  comprise 
entre  3  et  60/0. 

On  remarquera  également  que  dans  l'établissement  de  ces  différents  prix,  il 
n'a  môme  été  tenu  aucun  compte  de  la  teneur  en  or  de  ce  minerai,  teneur  en 
or  qui  augmenterait  encore  singulièrement  sa  valeur. 

Les  analyses  qui  ont  été  faites,  soit  à  Hanoi,  soit  à  Paiis  sur  la  demande 
de  M.  lieauverie,  en  même  temps  et  dans  les  mêmes  conditions  que  pour  le 
cuivre,  avaient,  en  effet,  donné  pour  l'or  des  résultats  accusant  une  teneur  qui 
variait  de  0  à  42  grammes  d'or  à  la  tonne.  L'écart  est  a.ssez  considérable  c'est 
vrai,  mais  il  me  semble,  pour  les  raisons  que  j'ai  indiquées  plus  haut,  qu'il 
n'y  aurait  pas  trop  lieu  de  s'en  inquiéter,  et  que  le  minerai  pourrait  m'-anmoins 
donner  sous  ce  rapport  des  résultats  fort  appréciables. 

De  plus,  les  parties  moins  riches  du  minerai,  pour  lesquelles  on  ne  jugerait 
pas  utile  de  faire  des  dépenses  de  transport  seraient  mises  en  stocks  et  con- 
servées »ur  place,  de  façon  à  ce  que  l'on  puisse  toujours  se  réserver  la  faculté 
de  les  traiter  dans  la  suite,  soit  pour  leur  cuivre,  soit  pour  leur  or,  ainsi  qu'on 
le  jugera  à  propos  loreqne  la  mine  aura  pris  un  développement  suffisant. 

Cette  exportation  du  minerai  en  Europe,  dans  les  débuts  surtout,  outre  l'avan- 
tage très  réel  de  pouvoir  être  rémunératrice  de  suite,  sans  dépense  aucune  de 
capital  pour  frais  de  premier  établissement  d'usine  ou  autres,  présenterait  en- 
core, à  mon  sons,  une  série  d'autres  avantages  qu'il  y  aurait  tout  lieu  de 
prendre  en  considération. 

Elle  ferait  d'abord  connaître,  en  France  et  en  Europe,  certains  minerais  du 
Tonkin,  et  faciliterait  dès  loi-s,  bien  des  questions  relatives  à  la  constitution 
de  Sociétés  nouvelles  et  de  Société  annexes  pour  l'exploitation  d'autres  gisements, 
en  rendant  à  l'Indo-Chine  et  à  ses  mines  une  partie  de  la  confiance  que  des 
essais  malheureux  lui  avaient  momentanément  enlevée. 

Elle  pourrait  en  outre,  sinon  éviter,  tout  au  moins  atténuer  beaucoup  la 
période  toujoui's  si  délicate  et  dispendieuse  des  débuts,  en  fournissant  dans  une 
certaine  mesure  les  moyens  de  couvrir  de  suite,  sans  aucun  frais,  avec  un  per- 
sonnel encore  restreint,  une  partie  au  moins  des  dépenses  nécessitées  par  les 
travaux. 


274  CHRONIQUE. 

On  voit  donc,  d'après  tout  cela,  qu'à  tous  les  points  de  vue,  les  mines  de 
cuivre  de  la  Rivière  Noii-e  méritent  qn'on  s'y  intéresse  et  qu'on  s'en  occupe  le 
plus  tôt  possible;  peut-être  même  leur  étude  plus  approfondie  amènera-t-elle 
encore  la  découverte  d'autres  gisement  miniers  dans  la  même  région  ;  la  chose 
est  fort  possible,  étant  donnée  la  richesse  minière,  et  il  serait  bien  temps  d'en 
tirer  enßn  parti. 

Le  tout  n'est  pas  de  posséder  une  belle  et  riche  colonie,  il  faut  encore  mettre 
à  profit  ses  ressources  nombreuses,  et,  à  notre  époque,  les  questions  minières 
sont,  entre  toutes  les  autres,  plus  à  l'ordre  du  jour  que  jamais.  Le  pays  pacifié, 
les  voies  de  communication  plus  nombreuses  et  mieux  établies,  la  facilité  de  se 
procurer  la  main-d'œuvre,  ont  amélioré  beaucoup  les  conditions  d'exploitation, 
et  nous  n'avons  plus  à  redouter  aujourd'hui  le  |facheux  concours  de  circon- 
stances si  diverses  qui  ont  arrêté  dès  leurs  débuts  et  fait  échouer  jusqu'à  ces 
dei-nières  années,  les  quelques  tentatives  de  ce  genre  qui  avaient  été  faites  un 
peu  prématurément,  et  sans  une  étude  suffisante. 

Le  pays  n'était  pas  encore  mùr  alors  pour  des  entreprises  de  ce  genre,  mais, 
depuis,  les  choses  ont  bien  changé,  et  tout  permet  de  croire  maintenant  que 
le  moment  est  venu  de  faire  de  nouvelles  tentatives  plus  sérieuses  et  mieux 
raisonnées,  et  qu'un  plein  succès  pourra  couronner  enfin  les  généreux  efforts 
qui  seront  faits  dans  ce  but. 


JAPON. 

M.  DuBAiL,  ministre  de  France  p.  i.  à  Tokio,  écrit: 

Les  journaux  viennent  d'annoncer  un  projet  dû  à  l'initiative  privée  et  qui 
est  une  nouvelle  manifestation  de  l'activité  déployée  par  les  Japonais  en  Chine: 
à  ce  titre,  je  crois  devoir  la  signaler. 

Un  certain  nombre  de  capitalistes  de  Tokio,  Yokohama  et  Osaka  dont  les 
noms  sont  cités  auraient  l'intention  d'établir  une  ligne  de  navigation  fluviale 
au  Hounan. 

La  «Hunan  Steamer  C»  serait  fondée  au  capital  de  1 ,500,000  yens.  La  ligne 
desservirait  un  parcours  de  plus  de  525  milles;  partant  de  Hankéou,  elle 
remonterait  le  Yang-Tseu  jusqu'à  Yochow,  traverserait  le  lac  Tong-Ting,  remon- 
terait la  rivière  de  Siang  par  Tchang-cha  jusqu'à  Siang-Tane.  Une  première 
mise  de  fonds  de  850,000  ou  900,000  yen  sei-ait  dépensée  et  trois  steamers  de 
700  tonnes  chacun  seraient  construits  prochainement. 

Les  promoteurs  de  cette  affaire  auraient  l'intention  d'étendre  avec  le  temps 
leur  ligne  de  navigation  jusqu'à  Tchang-Té  sur  la  rivière  Yuan.  Le  Japan 
Times,  organe  entièrement  japonais,  mais  paraissant  en  anglais,  qui  annonce  ce 
projet,  ajoute  que  cette  entreprise  a  devant  elle  un  brillant  avenir,  car  le 
gouvernement  chinois  serait  disposé  à  ouvrir  prochainement  Tchang-té  et  Tchang-cha 


CHRONIQUE.  275 

aux  étrungers:  «le  bon  accueil  réservô  par  les  populationii  du  lluunan  aux  Japo- 
nais (iupui»  les  dernier»  événernenta  le  pouä^erait  dan»  cette  vuie». 

Unu  duiuande  de  gai'antie  d'intérêts  de  G  Vo  u  été  faite  au  guuvorneiiient 
japonais  qui  est  pi'èt  à  accorder  cotte  subvention. 

M.  du  LuoY-FossARiEU,  Consul  de  Franco  à  Kobe,  signale  la  réclamation 
suivante,  dont  il  a  rté  récemment  saisi  par  un  de  nos  compatriotes  résidant 
à  Kobe. 

Ce  négociant  qui  s'occupe  particulièrement  du  commerce  des  vins,  avait 
toujours  eu  l'habitude  de  demander  et  de  recevoir  de  ses  fournisseurs  en 
France  un  nombre  illimité  d'étiquettes  de  rechange  pour  les  vins  en  bouteilles. 
Or,  ces  temps  derniers,  un  de  ses  correspondants  a  rôduit  à  trois  par  caisse  le 
nombre  des  étiquettes  supplémentaires,  en  annonçant  que  le  syndicat  dont  il 
fait  partie  avait  décidé  de  supprimer  les  envois  dVtiquettes,  attendu  que  cer- 
tains représentants  de  l'étranger  abusaient  des  facilités  qui  leur  étaient  ainsi 
offertes  pour  apposer  les  étiquettes  disponibles  sur  des  bouteilles  contenant  des 
vins  de  qualité  inférieure  et  discréditaient  ainsi  le  nom  et  la  marque  des  pro- 
ducteurs. 

Il  n'est  assurément  pas  impossible  que  les  envois  d'étiquette  de  rechange 
puissent  donner  lieu  à  des  manœuvres  frauduleuses;  mais  il  faut,  par  contre, 
tenir  compte  du  fait  que  la  suppression  de  ces  envois  risque  de  porter  un  pré- 
judice sérieux  aux  négociants  honnêtes  qui  détaillent  les  vins  à  l'étranger. 

D'une  part,  en  effet,  il  suffît  qu'un  seule  bouteille  .se  brise  dans  une  caisse 
en  cours  de  voyage  pour  que  les  étiquettes  de  toutes  les  autres  bouteilles  de 
la  même  caisse  se  trouvent  souillées:  le  cas  s'est  présenté  précisément  pour 
trois  caisses  constituant  le  dernier  envoi  reçu  par  le  négociant  de  Kobe  auquel 
notre  Consul  fait  allusion. 

D'autre  part,  la  vente  des  vins  est  fort  peu  active  au  Japon;  les  marchan- 
dises demeurent  souvent  des  mois,  sinon  des  années,  dans  les  godowns,  et 
l'humidité  du  climat  est  assez  grande  pour  qu'en  peu  de  temps  les  étiquettes 
des  bouteilles  se  moisissent  et  se  décolorent. 

On  ne  doit  pas  oublier  que  le  commerce  des  vins  au  Japon  est  essentielle- 
ment un  commerce  de  détail,  surtout  en  ce  qui  concerne  les  vins  fins.  Nul 
parmi  les  l'ésidents  étrangers,  qui  constituent  pour  ainsi  dire  l'unique  clientèle, 
ne  songe  à  se  former  une  «cave»  :  les  vins  s'achètent  par  petites  quantités,  au 
fur  et  à  mesure  des  besoins,  ou  à  l'occa.sion  d'un  diner,  et,  dans  ces  conditions, 
l'acheteur  se  montre  exigeant  sur  l'apparence  des  bouteilles  et  refuse  d'accepter 
celles  dont  les  étiquettes  sont  salies  ou  déchirées. 

II  est  donc,  pour  les  négociants  qui  font  ce  commerce  de  détail,  indi8|>ensable 
d'avoir  en  réserve  des  étiquettes  de  l'échange,  et  le  manque  de  celles-ci  pouiTait 
les  exposer  à  se  voir  refuser  les  bouteilles  d'aspect  peu  présentable. 

Cette  question   de  l'envoi  d'étiquettes  supplémentaires  n'est  donc  pas  sans 


276  CHRONIQUE. 

intéresser  notre  commerce  des  vins  à  l'étranger,  et  il  paraît  utile  de  signaler 
aux  producteurs  ou  commissionnaires  les  inconvénients  pouvant  résulter  de  la 
décision  prise  par  certains  syndicats,  de  supprimer  ou  de  réduire  de  manière 
excessive,  la  fourniture  des  étiquettes  de  rechange  à  leurs  clients  d'outre-mer. 

Un  l'apport  consulaire  anglais  a  signalé  récemment  que  la  valeur  du  camphre 
exporté  en  1900  de  l'île  de  Formose  s'était  élevée  à  £  253,750  soit  une 
augmentation  de  près  de  £  40,000  ;  par  contre,  l'exportation  de  l'huile  de 
camphre  a  subi  une  diminution  d'environ  £  20,000.  Presque  toutes  les  quan- 
tités de  camphre  et  d'huile  exportées  ont  été  dirigées  vers  le  Japon,  où,  comme 
on  le  sait,  cette  industrie  constitue  un  monopole  du  gouvernement. 

Durant  l'année  1900,  l'administration  du  monopole  de  Formose  a  acheté  les 
quantités  de  camphre  suivantes: 

Quantités.     Valeurs. 

Catties.        Liv.  st. 

Camphre  de  i'^  classe 2.608.983      77.089 

—  2"      — 701.158      18.696 

—  3"      — 168.038        4.073 

3.578.179      99.858 
Huile  de  camphre 2.362.108      34.591 

Total 5.740.277  134.449 

Les  quantités  et  la  valeur  du  camphre  préparé  et  de  l'huile  de  camphre 
vendus  par  le  monopole  ont  été  comme  suit  en  1900: 

Quantités.  Valeurs. 

Catties.  Liv.  st. 

Camphre  A 1.007.800  101.725 

—  B 2.677.000  241.830 

Huile  de  camphre 1.227.694  48.103 

4.913.124  391.658 
Depuis  1896,  le  gouvernement  a  établi  plusieurs  plantations  de  camphriers  à 
Formose.  Outre  la  plantation  principale,  il  y  en  a  actuellement  deux  dans  la 
préfecture  de  Taïhoku,  quatre  dans  celle  de  Taïchn,  une  dans  celle  de  Taïnan 
et  dans  le  district  de  Gilan.  Cette  culture  a  donné  d'excellents  résultats  et  on 
compte  qu'il  y  a  actuellement  un  million  de  jeunes  arbres  pouvant  être  trans- 
plantés. 

La  raffinerie  de  Taïhoku  peut  produire  journellement  1,800  catties  de  camphre 
raffiné  et  5,800  catties  de  camphi-e  de  la  qualité  A.  Elle  comporte  un  personnel 
de  72  personnes,  dont  23  ouvriers  japonais  et  45  ouvriei's  chinois.  La  plupai't 
des  machines  et  appareils  employés  ont  été  construits  au  .Tapon.  11  y  a  également, 
à  Kobe,  une  succursale  avec  raffinerie,  dont  la  production  journalière  est  de 
1,000  catties  de  camphre  raffiné  et  de  2,000  catties  de  camphre  de  la  qualité  A. 


CHRONIQUK.  277 

Il  résulte  d'infurmations  adressées  par  le  ministre  de  France  à  Tokio  que  les 
armateurs  japonais  cherchent  à  augmenter  leurs  relations  avec  le  continent 
russe  et  pn';parent  dès  à  présent  des  communications  directes  entre  Vladivos- 
tock  et  l'un  des  points  les  plus  rapprochés  du  Japon  qui  présente  on  m^me 
temps  un  bon  port,  Tsnruga. 

Deux  lignes  ont  été  organisées  par  Oya  (llichihéï), 

La  première  a  son  point  de  départ  ù  Môji.  Kscales:  Hamada,  Sakai,  Myaza, 
Tsuruga,  Vladivostock,  Tsuruga,  Nanao,  Fushiki,  Ebisu,  Nügata,  Hakodate, 
Otaru,  Korsakoff,  Vladivostock,  Genzau,  Fuzan  et  Môji. 

La  seconde,  part  d'Otaru,  Escales:  Hakodate,  Ebisu,  Nügata,  Fushiki,  Na- 
nao, Tsuruga,  Vladivostock,  Tsuruga,  Nyazu,  Sakaï,  Hamada,  M6ji,  Fuzan, 
Korsakoff  et  Otaru. 

Ces  lignes,  d'après  M.  Dubail,  seraient  subventionnâmes  par  le  Trésor  japo- 
nais à  raison  de  140,000  yen  par  un. 

Un  bateau  de  1,600  tonnes  (le  minimum  prévu  par  le  cahier  des  charges 
est  de  1,400  tonnes)  est  alTectt;  à  chaque  ligne.  La  vitesse  doit  Hre  de  19  railles 
à  l'heure.  Le  bateau  affecté  à  la  première  ligne  effectue  cinq  voyages  par  an; 
celui  de  la  seconde  trois. 

L'un  et  l'autre  bateau  peuvent  se  dispenser  de  faire  escale  à  Korsakofl.  Ils 
peuvent  également  omettre  Ebisu,  mais  pas  plus  de  quatre  fois  en  un  an. 

M.  Dubail  ajoute  enfm  que  la  durée  du  contrat  est  de  cinq  ans,  du 
1"  avril  1901  au  31  mare.  1906. 

Le  gouvernement  japonais  a  résolu  d'organiser  auprès  de  sa  station  d'essais 
industriels,  une  école  d'enseignement  technique,  destinée  à  former  des  ouvriei*« 
pour  la  fabrication  du  verre  à  vitres  La  matière  première  et  la  main-d'œuvre  à 
bon  marché  se  trouvent  dans  le  pays,  les  ouvriers  spécialistes  seuls,  font  défaut. 

La  consommation  du  verre  à  vitres  augmente  sans  cesse  et  l'importation  est 
seule  à  y  faire  face.  La  Belgique  est  le  principal  pays  de  provenance.  On  a 
calculé  qu'une  caisse  de  verre  à  vitres  importée  de  l'étranger  revient  entre  7 
et  10  yens,  tandis  qu'elle  pourrait  être  produite  dans  le  pays  pour  5  yens  </>• 

Si  le  Pai'lement  accorde  le  crédit  demandé,  le  Gouvernement  créera  lui-même 
une  verrerie.  En  attendant,  deux  Japonais  ont  été  envoyés  en  Allemagne  pour 
y  étudier  cette  branche  d'industrie. 

11  vient  de  se  constituer  à  Tokio,  sous  le  nom  d'  «Association  russo-japonaise», 
une  société  dont  le  but  est  de  développer  les  relations  sociales,  commeixiales  et 
industrielles  des  deux  pays. 

La  Chine  a  demandé  au  Japon  de  lui  procurer  un  professeur  de  droit  international. 

Les  étudiants  chinois  au  Japon  s'agitent  beaucoup  dans  la  ferveur  de  leur 
enthousiasme  pour  la  civilisation  des  Jaunes  par  les  Jaunes.  On  s'inquiète  de 
Teilet  que  produiront  à  Peking  leurs  meetings  et  leura  résolutions. 


278  CHRONIQUB. 

Les  Japonais  ont  créé,  à  Tokio,  une  académie  navale,  ou,  plutôt,  une  école 
navale  supérieure.  La  direction  de  cette  école  est  confiée  à  un  amiral,  secondé, 
dans  sa  tâche,  par  un  capitaine  de  vaisseau,  tout  spécialement  chargé  de  l'in- 
struction et  qui  a  le  titre  de  directeur  des  études.  L'Ecole  comprend  cinq  cours, 
pour  cinq  catégories  différentes  d'élèves.  Le  cours  A,  d'une  durée  de  deux  ans, 
où  l'on  n'entre  que  par  concours,  et  qui  est  destiné  à  former  des  officiers  d'état- 
major;  le  cours  B,  d'une  durée  d'un  an,  où  l'on  n'est  admis  qu'au  choix  du 
ministre,  et  qui  est  destiné  à  donner  l'instruction  théorique  aux  lieutenants  de 
vaisssau  candidats  aux  brevets  d'officiers  des  montres,  canonnier,  torpilleur;  le 
cours  C,  d'une  durée  d'un  an,  renouvelable,  où  l'on  est  admis  sur  sa  demande, 
et  quel  que  soit  le  grade,  après  approbation  du  ministre,  est  réservé  aux  officiers 
qui  désirent  faire  des  études  spéciales;  le  cours  D,  d'une  durée  de  deux  ans, 
où  l'on  n'entre  que  par  concours,  est  réservé  aux  officiers  mécaniciens  et  est 
destiné  à  formes  des  ingénieurs  et  des  constructeurs;  le  cours  E,  d'une  durée 
d'un  an,  se  recrute  également  par  concours,  et  est  aussi  réservé  aux  officiers 
mécaniciens  et  aux  ingénieurs,  afin  de  leur  permettre  d'augmenter  leurs  con- 
naissances générales. 

Ainsi  qu'on  peut  le  voir,  l'Ecole  supéiieure  de  marine  du  Japon  est  conçue 
dans  un  esprit  tout  différent  de  celui  qui  a  présidé  à  la  formation  de  la  nôtre; 
c'est,  au  Japon,  une  institution  destinée  à  donner  l'enseignement  des  sciences 
élevées  non  seulement  aux  officiers  subalternes,  mais  aux  officiers  supéi'ieurs,  non 
seulement  aux  officiers  de  vaisseau,  mais  aussi  aux  officiers  du  génie  maritime 
et  aux  officiers  mécaniciens. 


PAYS-BAS  ET  COLONIES  NEERLANDAISES. 

Par  décret  royal,  M.  W.  J.  van  Duysberg,  élève-interprète  à  la  légation  des 
Pays-Bas  en  Chine,  a  été  nommé  chevalier  de  4*  classe  de  la  «Militaire  Willems- 
orde»,  en  récompense  de  sa  brave  conduite  pendant  le  siège  des  légations  à 
Peking  en  1900. 

M.  de  MoNBEL,  Ministre  de  France  à  la  Haye,  écrit: 

«Le  gouvernement  vient  de  soumettre  à  l'approbation  des  Etats-Généraux  un 
projet  de  loi  l'autorisant  à  conclure  avec  une  compagnie,  non  encore  formée, 
une  convention  ayant  pour  objectif  la  création  d'un  service  à  vapeur  régulier 
entre  Java,  la  Chine  et  le  Japon,  battant  pavillon  néerlandais  et  subventionné 
par  l'Etat. 

Poui-  démontrer  l'importance  de  cette  création,  le  gouvernement  attire  l'at- 
tention des  Chambres  sur  le  développement  continuel  du  trafic  commercial  entre 
les  Indes  néerlandaises,  la  Chine  et  le  Japon  principalement  en  ce  qui  concerne 
les   produits  coloniaux   suivants:   sucre,   pétrole,  produits  de  la  pêche,  gommes, 


 


omioNiQTJB.  279 

gutta-percha,  quinquina,  caoutchouc,  peaux,  indigo,  épices,  coton,  sagou,  farine 
(le  tapioca,  teirenoix,  rotins,  bois,  thé,  coprah  et  minerai  d'étaiii. 

A  part  l'intérêt  cominerciai,  une  communication  directe  entre  les  Inde»  néer- 
landaises, la  Chine  et  le  Japon  favorisera  en  outre  Fémigration  d'ouvriei-s  chi- 
nois pour  les  entreprises  minières  des  Indes;  elle  contribuera  h  une  extension 
considérable  des  relations  commerciales  entre  les  Indes  néerlandaises  et  la  c6te 
occidentale  des  Etats-Unis  d'Amérique. 

Enfin,  à  côté  de  ces  avantages  commerciaux,  la  création  d'une  ligne  Java 
Chine-Japon  aura,  dit  le  gouvernement,  son  importance  [)olitique.  Hien  que  le 
trafic  commercial  so  soit  développé  considérablement  dans  l'Asie  orientale,  le 
pavillon  néerlandais  est  presque  complètement  supplanté  dans  les  poits  chinois 
et  japonais  par  celui  des  nations  étrangères;  il  est  à  craindre,  si  l'on  ne  cherche 
pas  à  regagner  au  moins  une  partie  du  terrain  perdu,  que  le  trafic  commercial 
entre  les  colonies  néerlandaises  et  l'Asie  orientale,  ne  devienne  h  l'avenir  un 
monopole  des  pavillons  étrangers. 

Les  bases  de  la  convention  à  conclure  sont  les  suivantes: 

Annuellement,  par  intervalle  de  quatre  semaines,  treize  voyages  auront  lieu 
entre  Sourabaya,  Salarang,  Batavia  (ports  de  Java),  et  Hong-Kong,  Yokohama, 
Kobe,  Amoy.  Sauf  des  cas  extraordinaires,  à  déterminer  par  le  Gouverneur  gé- 
néral des  Indes,  tous  les  capitaines,  timoniei"s  et  mécaniciens  employés  à  bord 
des  bateaux  à  vapeur  seront  néerlandais. 

Les  lettres  et  les  colis  postaux  devront  être  transportés  gratuitement. 

Le  Gouverneur  général  aura  le  droit  de  louer  en  tout  temps,  à  un  prix  dé- 
terminé, un  ou  plusieurs  des  bateaux  de  la  Compagnie. 

L'Etat  accordera  un  subside  annuel  de: 

300,000  florins  pendant  les  cinq  premières  années; 

250,000  florins  pendant  les  cinq  années  suivantes; 

200,000  florins  pendant  les  cinq  dernières  années. 

L'Etat  participera  dans  une  certaine  part  aux  bénéfices  de  la  Compagnie, 
qui  devra  être  constituée  conformément  à  la  loi  néerlandaise,  et  avoir  son  siège 
et  sa  direction  en  Néerlande. 

Les  statuts  de  la  Compagnie  devront  être  soumis  à  l'approbation  des  Ministre« 
des  colonies  et  des  travaux  publics.  Aucune  modification  ne  pourra  y  être  in- 
troduite que  du  consentement  de  ces  deux  Ministres. 

Au  moins  deux  tiers  des  bateaux  i\  vapeur  devront  être  construits  en  Néer- 
lande. 

Le  subside  sera  payé  pour  une  moitié  par  le  Trésor  néerlandais,  pour  l'autre 
moitié  par  le  Trésor  colonial  qui  se  partageront  les  bénéfices». 


280  CHRONIQUE. 


CONGRÈS  DES  ORIENTALISTES  DE  HAMBOURG. 

Au  moment  de  mettre  sous  presse  cette  livraison,  s'ouvre  à  Hambourg  le 
XHP  Congrès  international  des  Orientalistes  auquel  nous  souhaitons  le  plus 
vif  succès.  Nous  en  rendrons  compte  dans  notre  prochain  numéro. 


LES  MARCHANDS  HANISTES  DE  CANTON 


PAR 


HENRI  CORDIER. 


On  désignait,  à  Canton,  sous  le  nom  de  ^,  Houg  ou  Häng,  les  HongonHang. 
maisons  de  commerce  et  en  particulier  celles  des  marchands  indigènes 
privilégiés,  intermédiaires  ou  garants  des  négociants  étrangers;  d'où  les 
expressions  de  Hong  merchants  ou  de  marchands  hanistes;  la  réunion 
de  ces  hanistes  était  appelée  Co-hong  ou  Co-hang.  Le  term e/ac/orm« 
désignait  plus  particulièrement  les  maisons  des  étrangers,  résidence 
et  bureaux;  les  hong  servaient  également  de  magasins. 

Les  réunions  des  hanistes  se  tenaient  sons  la  présidence  du  le  Uoppo. 
Hoppo  dans  un  bâtiment  appelé  ^  ^  Kong-sse,  'Compagnie'  d'où, 
avec  la  prononciation  locale,  Consoo,  et  Conaoo  House.  Le  Hoppo, 
que  Sonnerat  appelle  VOpeou  ')  et  Reuouard  de  Ste.  Croix  le  hau' 
poul  ^),  était  le  titre  donné  par  erreur  par  les  étrangers  an  haut 
fonctionnaire  placé  à  la  tête  des  douanes  maritimes  qui,  représentant 
le  ministère  des  finances,  Hou-Pou  ]ß  ^  ,  était  désigné  par  ce  nom 
déformé.  C'était  prendre  le  Pirée  pour  un  homme.  Le  Surintendant 
des  Douanes  est  appelé  Hai  Konan  Kien-toii  )^  [^  ^  ^ ,  mais 
à  Canton,  ce  fonctionnaire,  désigné  par  la  maison  impériale,  por- 
tait   le    titre    de    Tué  Hai  Kouan   Pou    ^  j^  Rn  in^  **    c'était    le 


1)  Voyage,  II,  p.  9. 

2)  Foi/,  aux  Indes  Orientales,  III,  p.  98. 

80 


282  HENRI    CORDIER. 

Hoppo  ^),  «terme,  dit  Mayers,  dont  l'origine  est  inconnue»;  on 
vient  de  voir  au  contraire  que  cette  origine  est  connue. 

Montigny  écrit  ^):  «Le  personnel  des  douanes  chinoises  auquel 
le  commerce  européen  a  affaire  dans  la  province  de  Canton  a  pour 
chef  le  hoppo,  ou  surintendant  des  douanes,  ofiScier  administratif  le 
plus  élevé  avec  lequel  le  commerce  soit  en  relation.  Cette  fonction 
est  toujours  remplie  par  un  Mantchou  tartare,  et  en  général  par 
un  membre  de  la  famille  impériale;  c'est  par  l'Empereur  lui-même 
qu'il  est  nommé  à  son  poste  de  surintendant  du  commerce  maritime 
de  la  province  de  Canton,  et,  comme  tel,  chargé  de  percevoir  les 
droits  de  douane  et  de  navigation.  Par  les  prérogatives  de  son 
emploi,  le  hoppo  se  trouve  assimilé  aux  plus  hauts  dignitaires  de 
l'Empire;  son  traitement  ofiBciel  est  de  2.500  taels,  soit  environ 
20.000  francs,  mais  il  s'accroissait  considérablement,  avant  le  nouveau 
tarif,  de  toutes  les  exactions  et  taxes  imposées  au  commerce  sous 
le  régime  des  marchands  hongs,  et  de  la  commission  qu'il  prélevait 
sur  les  rentrées  du  Trésor  impérial.  Depuis  la  destruction  du  mono- 
pole des  marchands  hongs,  cette  importante  partie  du  traitement  du 
hoppo  est  réduite  presque  à  rien,  par  suite  de  la  régularité  légale 
établie  dans  la  perception  des  droits». 

Voici  les  formalités,  le  village  de  Whampoa  ^  j^f^  une  fois 
atteint  par  les  vaisseaux  étrangers: 

«Dès  qu'on  est  mouillé  à  Vampou,  deux  bateaux  chinois  vien- 
nent s'amarrer  aux  deux  côtés  du  vaisseau,  avec  des  commis  de  la 
douane,  et  ne  le  quittent,  que  lorsqu'il  est  chargé,  et  qu'il  part. 
Comme  toutes  les  marchandises  paient  des  droits  d'entrée  et  de 
sortie,  et  qu'il  y  en  a  quelques-unes  de  prohibées,  telles  que  l'in- 
troduction de  l'opium  et  la  sortie  de  l'argent;  rien  ne  peut  débar- 
quer  du    vaisseau  sans  le  consentement  des  douaniers,  qui  donnent 


1)  Mayers,  Chinese  Government,  p.  40. 

2)  Manuel  du  négociant  français  en  Chine,  1846,  p.  324. 


LES    MARCHANDS    HANISTKS    DK    CANTON.  283 

UQ  passe-port.  On  est  obligé  de  le  faire  viser  par  les  commis  de 
quatre  autres  douanes,  situées  sur  la  rive  gauche  de  la  rivière 
pour  les  envoyer  à  Canton.  Il  y  a  trois  lieues  de  Varapou,  aux 
factoreries  européennes,  et  trente  lieues  de  la  ville  à  la  Bouche-du- 
Tigre  ').  Les  canots  qui  portent  le  pavillon  de  la  nation  européenne 
à  laquelle  ils  appartiennent,  sont  exempts  de  s'arrêter  aux  quatre 
douanes  dont  j'ai  parlé;  mais  un  douanier  vient  à  la  loge  faire  la 
visite  des  canots.  Il  n'y  a  que  les  capitaines  de  vaisseaux  et  les 
premiers  supercargues  qui  aient  le  droit  d'arborer  pavillon.  On  ne 
peut  rien  débarquer  que  le  haupou  ou  intendant  de  la  province 
n'ait  fait  sa  visite  à  bord.  Il  se  fait  toujours  annoncer.  Dès  qu'il 
paroit  dans  sa  galère,  qui  est  bien  accompagnée,  on  envoie  un 
oflBcier  au-devaut  de  lui,  on  le  salue  de  onze  coups  de  canon,  on 
le  reçoit  avec  beaucoup  de  cérémonies  et  de  distinction,  et  on  le 
régale.  Il  mesure  le  vaisseau  tant  en  longueur  qu'en  largeur,  pour 
fixer  les  droits  d'ancrage,  qui  sont  dus  à  l'Empereur.  Il  fait  ordi- 
nairement présent  au  vaisseau  de  deux  boeufs,  de  doux  sacs  de 
farine  et  de  quelques  pintes  de  Sams'ou.  C'est,  dit-on,  une  liqueur 
spiritueuse  d'une  odeur  forte  et  fétide,  extraite  du  riz  par  la  fer- 
mentation et  par  la  distillation.  Les  Chinois  en  boivent  et  nos 
matelots  finissent  par  s'y  accoutumer.  Quand  le  haupou  quitte  le 
vaisseau,  il  est  encore  salué  par  onze  coups  de  canon»  '). 

En    1702,  tout  le  commerce  des  étrangers  était  centralisé  entre  MarckanJ  d/- 

l'Empereur. 

les  mains  d'un  seul  marchand  chinois  désigné  sous  le  nom  de 
Marchand  de  l* Empereur;  les  abus  de  ce  personnage  et  aussi  la 
nécessité   de   créer  des  intermédiaires  plus  nombreux,  fit  choisir,  au 


1)  IIou-meuH    Js^   r^  ,   dont    les  Portiigtia  ont  fait   Boca   Tigrit,  et  les  Anglais   7ke 
Bogue,  embouchure  de  la  rivière  de  Canton. 

2)  Charpentier  Cossigny,   Voyage  à  Canton,  pp.  72 — 4.  —  Sonneraf,  11,  p.   Il,  donne 
les  mêmes  renseignements. 


284  II  KN  RI    CO  RDI  ER. 

détriment    du    petit    commerce    de    Canton,   un   certain    nombre  de 
marchands  privilégiés. 
Marchands         La    corporation    des  marchands  hanistes  (Co-hang)  fut  créée  en 
1720   ou    1722,   et  sauf  un   bref  espace  de  temps  avant  1725,  elle 
dura  jusqu'au  traité  de  Nan-King  en  1842. 

«La  position  de  Hong  Merchant»,  dit  M.  W.  C.  Hunter*), 
«s'obtenait  par  le  paiement  de  grosses  sommes  d'argent  à  Pé-King. 
J'ai  entendu  dire  200,000  taels,  c'est  à  dire  55,000  livres  sterling. 
Si  la  «licence»  ainsi  acquise  était  coûteuse,  elle  leur  assurait  des 
avantages  pécuniaires  ininterrompus  et  extraordinaires;  mais,  de 
l'autre  côté,  cela  les  soumettait  aux  demandes  ou  «squeezes»  de 
contributions  pour  des  travaux  publics  ou  de  bâtiments,  pour  le 
soulagement  de  districts  souffrant  de  la  rareté  du  riz,  aussi  bien 
que  pour  le  dommage  souvent  imaginaire  ou  estimé  plus  grand, 
causé  par  l'inondation  du  «Yang-tseu  Kian g»  ou  du  «Pleuve  Jaune». 
Lorsque  Sir  Hugh  Gough  parut  le  21  mai  1841  avec  les  troupes 
anglaises  devant  les  murs  de  Canton,  les  mandarins  payèrent  une 
rançon  de  6  millions  de  dollars  dont  les  hanistes  versèrent  2  millions: 
Pwankeiqua  260,000,  Howqua  1,100,000  et  les  autres  640,000  ^). 

«Le  haniste»,  dit  Renouard  de  Sainte  Croix  »),  «est  un  marchand  privilégié 
par  l'empereur  pour  faire  le  commerce  avec  les  Européens;  ce  haniste  demande 
l'agrément  du  /î-aMjaow/,  grand  mandarin  chargé  de  la  surveillance  des  douanes 
et  qui  a  l'inspection  sur  les  Européens.  Pour  obtenir  cette  c/ia/);3e  ou  permission, 
il  faut  donner  800  piastres  pour  un  bateau,  ou  champan  *),  qui  vous  transporte 
avec  vos  effets;  mais  si  vous  ne  portez  que  votre  lit  et  votre  malle,  on  vous 
donne  une  chappe  blanche,  ou  permission  pour  150  à  200  piastres,  et  dans  ces 
deux  sommes  sont  comprises  les  piastres  que  le  comprador  est  obligé  de  donner 
aux  douanes  qui  se  trouvent  sur  la  route,  et  qui  ne  laissent  pas  d'être  exces- 
sivement chères». 


1)  Fan  ktoae,  p.  36. 

2)  Fan  kicae,  p.  44. 

3)  Poy.   Commercial. . .  aux  Indes  Orientales,  III,  p.  83. 

*)     "~~.  ^(HX    Sampan;  en  chinois,  trois  planches;  probablement  d'origine  malaise. 


LES    MARCHANnS    HANISTES    DE    CANTON.  285 

Les    voyageurs    ont    vanté   rhonoêteté  des   marcbauds  hanistes,     Ilcnnétei, 

det  llaniitts. 

honnêteté    que   j'ai    eu    moi-même    souvent  le  plaisir  de  constater 
chez  les  uégociauts  cbiuois  des  ports  ouverts  par  traité. 

«On  a  beaucoup  déclamé  contre  le  goût  des  Chinois  pour  le  vol,  et  contre 
les  tromperies  des  marcliands  dans  les  qualités  et  dans  les  quantités  des  mar- 
chandises. Il  m'a  semblé  que  les  friponneries  n'y  étoient  pa«  plus  fréquentes 
qu'ailieui-s.  Les  n<''gocians  et  tous  les  gros  marchands  sont  fidèle»  dans  le  com- 
merce. On  a  même  vu  un  négociant  de  Canton  payer  une  somme  considérable 
à  un  armateur  français,  qui  avoit  été  volé,  à  roccasion  des  marchandises  qu'il 
lui  avoit  fournies,  quoiqu'il  n'eût  point  participé  au  vol.  Il  vouloit  obtenir,  par 
ce  sacrifice,  la  confiance  qu'il  méritoit.  Je  ne  sais  pas  si  parmi  les  Kiiropéens, 
on  en  trouveroit  beaucoup  d'aussi  nobles  et  d'aussi  délicats. 

«J'ai  connu  un  négociant  chinois,  très  âgé,  particulièreraent  attaché  à  la 
Nation  Française,  qui  avoit  acquis  une  grande  fortune,  par  un  commerce  loyal 
avec  elle,  et  qui,  par  reconnaissance,  fit  l'avance  à  la  Compagnie  des  Indes,  de 
deux  cargaisons,  dans  une  circonstance  où  ses  vaisseaux  roanquoient  de  fonds. 
Le  plus  fameux  négociant  de  l'Europe  auroit-il  eu  une  conduite  aussi  noble  et 
aussi  généreuse?  Que  l'on  fasse  attention  que  le  Chinois  ne  pouvoit  être  rem- 
boursé qu'au  bout  de  vingt  ou  vingt-quatre  mois,  au  plutôt»  '). 

Hunter  déclare  de  son  côté  que  comme  corporation  de  marchanda, 
il  a  trouvé  les  hanistes  honorables  et  exacts  dans  leurs  transactions, 
fidèles  à  leurs  engagements,  et  l'esprit  ouvert  *). 

Au  sujet  des  facilités  accordées  au  commerce,  l'ingénieur  Char-      Fadiitét 

dm  Commerce. 

pentier  Cossigny  nous  dit: 

«Les  lois  prohibitives  sont  en  très  petit  nombre;  elles  se  réduisent  à  dé- 
fendre l'importation  de  l'opium  dans  l'Empire,  l'entrée  et  la  sortie  du  verre, 
et  l'exportation  de  l'or,  de  l'argent  et  du  riz.  La  première  déniée  est  regardée 
comme  très-funeste,  et  propre  à  troubler  la  tranquillité  publique;  ainsi  la  po- 
litique et  l'humanité  ont  conseillé  ce  règlement  de  police.  Les  matières  d'or  et 
d'argent  sont  regardées  comme  nécessaires  à  l'Empii^e.  La  loi  qui  en  défend  la 
sortie  a  plus  en  vue  l'exportation  qu'en  pourraient  faire  les  émigrans,  que  celle 
du  commerce;  car  il  n'est  pas  difficile  aux  négocians  d'en  exporter.  Quant  au 
riz,  c'est  un  comestible  de  première  nécessité  dans  un  pays  exUvuioinent  peuplé. 


1)  Charpentier  Cossigny,  Voifoge  à  Camiom,  pp.  14S— 4. 

2)  Fan  kwae,  p.  40. 


286  HENRI    CORDIER. 

Toutes  les  autres  marchandises,  quelles  qu'elles  soient,  manufacturées  ou  non, 
sont  permises,  tant  à  l'entrée  qu'à  la  sortie.  Ainsi  les  raisons  d'Etat  qui,  dans 
d'autres  pays,  ont  mis  des  bornes  à  la  concurrence  ou  à  la  consommation  des 
marchandises  étrangères,  sont  ignorées  ou  dédaignées  à  la  Chine.  Plusieurs 
écrivains  ont,  de  nos  jours,  attaqué  le  principe  sur  lequel  elles  sont  établies. 
Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  d'entamer  cette  discussion.  Je  me  borne  comme  historien, 
à  raconter  un  fait  qui  me  paroit  digne  d'être  remarqué»  '). 

Établissement         Les   difficultés   de  toutes  sortes  suscitées  par  les  hauts  fonction- 

de  Ning-Po. 

naires  de  Cautou,  les  entraves  apportées  au  commerce,  les  demandes 
exagérées  d'argent,  poussaient  les  étrangers  à  s'établir  dans  des 
ports  plus  hospitaliers  que  ne  l'était  la  capitale  du  Kouang-Toung. 
Déjà  en  1727  et  en  1735,  quelques  négociants  étrangers  avaient 
songé  à  quitter  Canton  pour  Amoy. 

Eu  1755,  les  Anglais  voulurent  établir  leur  commerce  à  Ning- 
Po;  une  lettre  du  sieur  Dumont  adressée  à  la  Compagnie  des  Indes 
et  datée  de  Canton  le  28  novembre  1755  nous  renseigne  à  cet  égard: 

«Sur  le  nombre  des  vaiseaux  anglais  venus  cette  année  d'Europe,  le  premier 
arrivé  en  juin  n'a  fait  que  paraître  devant  Macao  pour  prendre  langue  et  a 
continué  sa  route  pour  Ning-Po,  ville  où  les  Anglais  ont  dessein  d'établir  leur 
commerce.  Il  avait  été  précédé  dès  le  mois  de  Mai  par  un  petit  vaisseau  por- 
tugais de  Macao  armé  par  les  supercargues  anglais  résidents  en  Chine  à  bord 
duquel  M.  Harrison,  premier  supercargue,  et  l'interpi-ète  anglais  Flint  se  sont 
embarqués:  voici  ce  que  j'ai  appris  concernant  cette  opération. 

«A  l'arrivée  du  vaisseau  armé  à  Macao,  les  mandarins  de  Ning-Po  surpris 
de  voir  un  vaisseau  européen  et  ignorant  ce  qu'il  venait  faire  ont  empêché  le 
débarquement  d'aucun  effet;  ils  ont  cependant  reçu  les  supercargues  avec  poli- 
te.sse  et  leur  ont  permis  de  descendre  à  terre,  mais  sans  faire  aucun  commerce 
jusqu'à  ce  qu'ils  eussent  reçu  des  ordres  de  l'Empereur  et  des  nouvelles  du 
Tsong-tou  de  cette  province  auquel  ils  avaient  envoyé  des  courriers  pour  leur 
apprendre  la  nouvelle  de  l'arrivée  de  ce  vaisseau  dans  leur  port.  Avant  le  retour 
des  dits  courriers  le  vaisseau  anglais  d'Europe  y  a  mouillé.  Les  supercargues 
ont  été  également  bien  reçus,  mais  ils  n'ont  pas  eu  plus  de  liberté  que  les  autres. 
A  la  fin  les  ordres  de  l'Empereur  sont  arrivés.  Comme  il  accorde  une  permission 
non  seulement  aux  Anglais,  mais  à  tous  autres  Européens  d'entrer  et  de  coni- 


1)  Charpentier  Cossigny,   Voy.  à  Canton,  p.  142 — 3. 


LBS    MARCHANDS    HANISTES    DE    CANTOW.  287 

mercer  dans  ses  ports,  le^  Anglais  en  ont  profité,  de  sorte  qu'ils  y  font  leur 
commerce  avec  avantage  pour  toutes  sortes  de  raisons. 

«La  première,  Ning-Po,  se  trouve  par  sa  situation,  pour  ainsi  dire,  dans 
le  centi'e  des  dilTérents  endroits  d'où  l'on  tire  les  marchandises  nécessaires  aux 
cargaisons  des  vaisseaux  européens.  La  seconde,  toutes  les  marchandises,  tant 
d'Europe,  que  de  la  côte,  comme  draps,  poivre,  kaolin,  etc.,  se  transportent 
ordinairement  dans  le  Nord,  Ning-Po  y  est  situé,  ainsi  tous  les  frais  de  trans- 
port de  Canton  dans  les  provinces  se  trouvent  éteints. 

«La  troisième,  les  Mandarins  du  pays  sont  infiniment  plus  abordables  que 
ceux  de  Canton  ;  quand  les  Anglais  ont  quelques  affaires  ils  s'adressent  directe- 
ment aux  Grands  auxquels  ils  expliquent  leurs  raisons  par  le  moyen  de  leur 
interprète  Flint,  ce  qu'il  est  impossible  de  faire  en  cette  ville. 

«Ce  projet  des  Anglais  a  terriblement  déconcerté  les  marchands  de  Canton  ; 
ils  ont  agi  auprès  du  Tsong-tou  et  du  Hou-pou  pour  les  engager  à  le  traverser; 
ceux-ci  y  ont  travaillé  de  toutes  leurs  forces  en  représentant  aux  Grands  de  la 
province  de  Tche-kiang  de  laquelle  Ning-Po  dépend  que  les  Européens  étaient 
gens  barbares,  capables  de  troubler  le  repos  public,  et  qui,  sous  prétexte  de 
leur  commerce,  ne  cherchaient  qu'à  reconnaître  le  pays,  ce  qui  pourrait  avoir 
des  suites  iïicheuses,  mais  malgré  tout  ce  qu'ils  ont  pu  faire,  les  Anglais  ont 
été  bien  reçus,  ils  ont  permission  de  bâtir  un  hong,  et  ils  comptent  que  l'année 
prochaine  il  ira  deux  de  leurs  vaisseaux.  On  présume  aussi  que  les  Hollandais 
pourront  fort  bien  y  en  envoyer  un»  '). 

Une  lettre  adressée  de  Canton,  le  31  décembre  1759,  à  son  père, 
par  le  sieur  St.  Martin,  nous  instruit  sur  les  entreprises  des 
Anglais  à  Ning-Po: 

«Vous  aurez  pu  entendre  parler  à  l'Hôtel  de  la  Compagnie  des  mouvements 
que  les  Anglais  se  sont  donnés  depuis  quatre  ans  pour  faire  leur  commerce  à 
Ning-Po.  Je  vais  vous  raconter  en  peu  de  mots  quel  a  été  le  fruit  de  leur  en- 
têtement. 

«La  première  année  qu'ils  y  furent,  on  les  admit  à  faire  leur  commerce, 
mais  avec  défense  d'y  revenir  l'année  d'ensuite.  La  Compagnie  anglaise  qui  ne 
prévoyait  point  aloi's  cette  défense,  continua  toujoui-s  à  y  envoyer,  pei*suadée 
que  si  elle  pouvait  parvenir  à  y  établir  un  commer-ce  suivi,  elle  aurait  en 
Europe  la  préférence  sur  les  autres  nations  par  le  bon  marché  et  la  qualité  de 
toutes  les  marchandises  que  l'on  exporte  d'ici.  M.  Flint,  supercague  interprète 
des   Anglais,    qui    est   ici  depuis  vingt-cinq  ans,  fut  l'homme  choisi  pour  faire 


1)  Archives  des  Colonies:  Ünmi,  1732—1766^  No.  10. 


288  HENRI    CORDIER. 

réussir  ce  projet.  En  conséquence,  il  est  expédié  de  Canton  dans  un  petit  bâti- 
ment anglais  le  il  de  juin,  se  rend  à  Ning-Po  et  chassé  de  ce  port,  il  va, 
suivant  ses  ordres,  dans  celui  de  Tien-tsin  qui  n'est  qu'à  deux  journées  de  Pé- 
King.  Il  trouve  moyen  de  faire  parvenir  une  chappe  ou  mémoire  en  langue 
chinoise  jusqu'à  l'Empereur.  Ce  raémoiie  contenait  toutes  les  vexations  commises 
par  les  mandarins  de  Canton  et  particulièrement  du  hou-pou,  qui  est  le  grand 
mandarin  de  toutes  les  douanes,  envers  les  étrangers  et  les  négociants.  Aussitôt 
l'Empereur  donna  ordre  au  tsiang-kiun  ')  du  Fou-kien  (mandarin  commandant 
toutes  les  troupes  tartares  dans  cette  province)  de  se  rendre  à  Canton,  et  il 
envoyé  en  même  temps  un  Commissaire  de  Pé-King  pour  se  joindre  à  ce  der- 
nier et  examiner  les  plaintes  des  Anglais;  aussitôt  l'arrivée  des  Commissaires, 
le  hou-pou  sur  qui  retombaient  toutes  les  plaintes  fut  déposé,  et  pour  ainsi 
dire  immolé  sans  examen  aux  cris  des  étrangers,  des  marchands  et  du  peuple. 
Nous  crûmes  tous  par  ce  début  que  les  nations  européennes  seraient  plus 
écoutées  à  l'avenir  et  qu'on  leur  rendrait  la  justice  qu'elles  demandoient  dans 
les  différentes  chappes  qu'on  avait  présentées  ci-devant  au  Tsong-tou,  gouver- 
neur 2)  de  la  Province;  mais  nous  n'eûmes  qu'une  fausse  lueur  d'espérance;  ce 
Tsong-tou  (car  quoiqu'il  fut  le  dernier  du  conseil  dans  cette  affaire),  plein  de 
haine  et  de  ressentiment  contre  les  Anglais,  ne  songea  plus  qu'au  moyen  de 
se  venger  d'eux.  Il  remua  tout  pour  parvenir  à  connaître  l'auteur  de  cette 
chappe  qui  contenait,  dit-on,  des  plaintes  injurieuses  contre  ce  mandarin,  et 
des  menaces  indiscrètes  contre  le  gouvernement;  tous  les  maîtres  de  langue 
furent  arrêtés  et  ceux  des  Anglais  mis  à  la  question;  les  marchands  sur  le 
moindre  soupçon  furent  inquiétés.  Nous  vîmes  le  moment  où  cette  affaire  allait 
avoir  des  suites  funestes  pour  eux,  lorsqu'enfin  on  trouva  un  homme  qui  con- 
vint qu'il  était  coupable;  dès  ce  moment,  les  Commissaires  rompirent  leurs 
conférences,  le  Tsiang-kiun  retourna  dans  le  Fou-kien  et  le  Ta-jen  •'')  (nom 
que  l'on  donne  à  un.  envoyé)  à  Pe-king,  le  Tsong-tou  resta  seul  chargé  de 
conclure  cette  affaire.  Les  Anglais  demandaient  une  décision  ;  ils  ne  l'attendirent 
pas  longtemps.  Quelques  jours  après  le  départ  des  Commissaires,  le  7  décembre, 
le  Tsong-tou,  ayant  reçu  la  réponse  et  les  ordres  delà  Cour,  fit  appeler  M.  Flint, 
l'interprète  des  Anglais.  Ceux-ci  ayant  répondu  ainsi  qu'ils  l'avaient  toujours 
fait,  qu'il  ne  pouvait  rien  dire  sans  eux  et  qu'en  leur  présence,  on  leur  permit 
de  l'accompagner.  Ils  vont  à  la  ville  comptant  y  être  reçus  comme  ils  l'avaient 
été  dans  les  visites  précédentes,  mais  à  peine  ont-ils  traversé  deux  cours  dans 
lesquelles  il  y  avait  plus  de  800  soldats  qu'ils  sont  saisis  chacun  par  quatre  ou 
cinq   hommes  des  plus  robustes.    On  commence  par  les  désarmer  et  après  leur 

2)  Gouverneur  général,  vice-roi,   ^j0  >^^  . 

3)  -^  yl  ,  Excellence. 


LKS    MARCHANDS    HAMISTE8    DE    CANTON.  289 

avoir  arraché  leurs  épées,  ne  pouvant  les  forcer  à  battre  la  t6te  *),  on  les  frappe, 
on  los  ternisse  et  on  les  foule  ignominieusement  aux  pieds.  Le  Tsong-tou  voyait 
cette  scène  d'un  oeil  sec  et  indifférent.  Quand  il  crut  les  avoir  assez  humiliés,- 
il  ordonna  do  finir  et  fit  avancer  M.  Flint  auquel  il  annonça  qu'il  était  exilé 
pour  trois  ans  à  Macao  et  que  le  terme  de  son  exil  expiré,  il  devait  retourner 
en  Europe  et  ne  jamais  remettre  les  pieds  à  la  Chine.  Après  avoir  prononcé 
cet  arr^t,  il  renvoya  les  Anglais  et  donna  des  ordres  pour  se  faire  obéir.  Dèi 
le  soir,  la  chappe  de  l'Empereur  fut  affichée  dans  Canton  même  à  la  porte  des 
Anglais.  Elle  portait  en  substance  que  M.  Flint,  homme  dangereux  et  qui  ca- 
chait quelque  mauvais  dessein,  était  exilé  pour  trois  ans  à  Macao  et  ensuite 
banni  de  l'Empire  à  perpétuité  pour  avoir  été  à  Ning-Po  contre  les  ordres  de 
l'Empereur,  et  que  le  Chinois  qui  avait  fait  la  chappe  des  Anglai.s,  serait  dé- 
capité pour  y  avoir  inséré  des  termes  insolents  et  séditieux.  Ce  qui  fut  exécuté. 
Enfin  on  y  condamnait  en  général  les  manœuvres  du  Hou-pou,  et  l'on  disait 
que  les  plaintes  des  Européens  à  cet  égard  étaient  justes,  et  qu'ils  pourraient 
continuer  leur  commerce  sans  crainte  s'ils  y  trouvaient  quelque  avantage. 

«Voilà  quelle  a  été  la  fin  de  cette  longue  querelle;  les  Anglais  pour  avoir 
voulu  s'établir  à  Ning-Po  ont  perdu  un  de  leurs  confrères,  l'outrage  qu'ils  ont 
essuyé  est  ineffaçable  et  les  Chinois  enhardis  par  leur  tranquillité  paraissent  ne 
les  plus  craindre.  Ils  ont  raison  j  les  engagements  par  lesquels  ceux-ci  sont  liés 
suffisent  pour  les  retenir.  Toutes  les  autres  nations  ont  joué  un  si  petit  rôle 
dans  cette  affaire  que  le  Gouvernement  n'en  a  pas  même  pris  connaissance. 

«Notre  zèle  nous  a  menés  aussi  loin  qu'il  étoit  -possible  d'aller  sans  se 
compromettre  et  nous  nous  sommes  arrêtés  quand  nous  avons  prévu  que  nos 
démarches  seraient  indiscrètes  ou  infructueuses»  '). 

Eu    1760,   les  autorités  de  Cauton  promulguèrent  un  règlement  Rîgiem*ni. 
en    huit    articles    pour    le    bon    fonctiouuement    du    commerce   des 
étrangers;  révisée  en   1810,  ces  règlements  furent  confirmés  eu  1819 
par  Kia-K'ing   ^  ^  : 

Art.  4".  —  Il  est  interdit  à  tous  les  navires  de  guerre  d'entrer  dans  Bocca 
Tigris.  Les  navires  de  guerre  agissant  comme  convoyeurs  de  vaisseaux  marchands 
devront  ancrer  en  dehors  en  mer  jusqu'à  ce  que  ceux-ci  soient  prêts  à  partir 
et  mettre  ensuite  à  la  voile  avec  eux. 


1)  Faire  le  K'o-feou. 

2)  Archives  de»  Colonies:  Chink,  1732 — 1766,  No.  10.  Montgomery  Martin  (C^ùw, 
1847,  II,  p.  14)  place  cette  affaire  en  1761  -,  évidemment  une  erreur,  car  il  ajoute  que 
Flint  a  été  retenu  prisonnier  trois  ans  jusqu'à  1762  et  qu'en  1760,  on  essaya  d'obtenir  sa 
mise  en  liberté. 


290  HENRI    CORDIER. 

Art.  2.  —  Aucune  femme,  aucun  canon,  aucune  lance,  ou  arme  d'aucun 
genre  ne  peuvent  être  amenés  aux  factoreries. 

Art.  3.  —  Tous  les  pilotes  de  rivière  et  compradores  de  vaisseaux  doivent 
être  enregistrés  à  l'office  du  «T'^oung-Tche»  ')  à  Macao.  Ce  fonctionnaire  leur 
fournira  à  chacun  une  permission,  ou  insigne,  qui  devra  être  porté  autour  de 
la  taille.  Ils  devront  le  produire  chaque  fois  qu'on  leur  demandera.  Aucun  autre 
batelier  ou  habitant  ne  doit  avoir  de  rapports  avec  les  étrangei-s,  à  moins  d'être 
sous  le  contrôle  immédiat  des  compradores  des  navires;  et  s'il  y  a  quelque  fraude, 
le  compradore  du  bateau  intéressé  sera  puni. 

Art.  4.  —  Chaque  factorerie  est  limitée  pour  son  service  à  8  Chinois 
(sans  égard  au  nombre  de  ses  occupants)  c'est  à  dire  à  2  porteurs,  4  porteurs 
d'eau,  1  personne  pour  prendre  soin  des  maichandises  ('godown  coolie')  et  4 
ma-chen  (pour  marchand)  qui  remplissait  à  l'origine  toutes  les  charges  du 
«Compradore  de  la  Maison»  comme  il  est  nommé  aujourd'hui. 

Art.  5.  —  Défend  aux  étrangers  d'errer  dans  la  rivière  sur  leurs  propres 
bateaux  pour  leur  «plaisir».  Les  8,  18,  et  28*  jours  de  la  lune,  «ils  peuvent 
prendre  l'air»  ainsi  qu'il  est  fixé  par  le  Gouvernement  dans  la  21*  année  de 
Kia-K'ing  (1819).  Toutes  les  chaloupes  passant  devant  les  Douanes  sur  la  rivière 
doivent  être  retenues  et  examinées,  pour  empêcher  qu'aucun  canon,  épées,  ou 
armes  à  feu  ne  soient  transportés,  en  cachette  sur  elles.  Les  8,  18,  et  28*  jours 
de  la  lune,  ces  barbares  étrangers  pourront  visiter  les  Jardins  à  fleui"s  et  le 
Honara  Joss-house  (un  temple  bouddhiste),  mais  pas  en  groupes  de  plus  de  dix 
à  la  fois.  Quand  ils  se  seront  «rafraîchis»,  ils  doivent  rentrer  aux  factoreries, 
n'étant  pas  autorisés  à  passer  la  nuit  dehors  ni  à  se  réunii*  pour  faire  des  orgies. 
S'ils  le  faisaient  ainsi,  ils  ne  seraient  pas  autorisés  à  sortir,  lors  de  la  prochaine 
'vacance'.  Si  les  dix  personnes  avaient  l'audace  de  pénétrer  dans  les  villages, 
dans  les  places  publiques  ou  les  bazars,  une  punition  serait  infligée  au  Lingfuisfe 
qui  les  accompagne. 

Art.  6.  —  Les  étrangers  ne  sont  pas  autorisés  à  pi'ésenter  des  pétitions. 
S'ils  ont  quelque  chose  à  représenter,  ce  doit  être  fait  par  les  marchands 
hanistes. 

Art.  7.  —  Les  marchands  hanistes  ne  doivent  pas  être  débiteui's  des 
étrangers.  La  contrebande  hors  et  dedans  la  ville  est  interdite. 

Art.  8.  —  Les  navires  étrangers  arrivant  avec  de  la  marchandise  ne  doi- 
vent pas  flâner  en  dehors  du  fleuve;  ils  doivent  venir  directement  à  Wampou. 
Ils  ne  doivent  pas  vagabonder  dans  les  baies  à  leur  fantaisie  et  vendre  à  des 
coquins  indigènes  des  marchandises  sujettes  aux  droits,  afin  que  ceux-ci  en  fas- 
sent la  contrebande  et  par  cela  fraudent  les  revenus  de  Sa  Majesté  Céleste. 

1)  H^. 


LKS    MARCHANDS    HANI8Ti£S    DE    CAVTÜN.  291 

TiiADUCTiON    de    la    Chappe    du    Tsong-tou    de   Canton   pour   la     Dettrvdion 

du  Co-htuig, 

destructiou  du  Co-hang. 

35*  année  de  l'Empereur  K'^en-Loung,  28*  jour,  12*  lune  =  12  février  1771. 

Avis  pour  la  destruction  du  Co-SJNG  et  pour  laisser  le  commerce  des 
Etrangers  sur  le  même  pied  qu'il  était  autrefois  avant  le  Co-haN6. 

Autrefois  les  Etrangers  qui  venaient  commercer  à  Canton  demeuraient  dans 
les  hong  des  Chinois;  dans  la  suite  certains  Chinois  avides  les  faisaient  loger 
chez  eux  pour  faire  le  commerce  en  secret  et  en  fraudant  les  droits  de  l'Empe- 
reur. J'en  fus  averti,  j'en  fis  mon  rapport  à  l'Empereur  la  24*  année  de  son 
règne  '),  et  je  suppliai  Sa  Majesté  de  faire  certains  rè>',lements  pour  obvier  aux 
désordres.  L'Empereur  me  l'accorda.  J'ordonnai  dès  lors  aux  hanistes  de  loger 
les  étrangers  dans  leurs  hong,  les  chargeant  d'en  avoir  soin  et  défendant  aux 
autres  Chinois  d'y  entrer.  De  plus,  j'ordonnai  encore  que  leurs  marchandises 
fussent  remises  entre  les  mains  de  certains  marchands  chinois.  Sur  ces  entre- 
faites, Pen  Thi-tchin  (c'est  à  dire  Pan  Ke-qua  en  patois)  et  ses  a.ssociés  me 
proposèrent  d'établir  ime  Compagnie  exclusive  à  tous  autres  mai'chands,  moyen- 
nant certaines  précautions  à  prendre  pour  retrancher  tous  les  désoi-dres.  Je 
donnai  pour  cela  mes  ordres  à  mes  subalternes;  mais,  depuis,  que  cette  com- 
pagnie, Pen  Thi-tchin  et  ses  associés  au  nombre  de  dix,  se  sont  aperçus  qu'il 
leur  était  difficile  d'observer  en  corps  les  règlements  établis,  et  qu'ils  se  dé- 
chargeaient les  uns  sur  les  autres  du  soin  d'obvier  aux  désordres,  aussi  des 
gens  rebelles  à  m.es  ordres  ont-ils  pris  de  là  occasion  de  se  mêler  parmi  les 
étrangers;  de  là  mille  inconvénients  fâcheux  qui  s'en  sont  suivis:  en  sorte  que 
cette  Compagnie  n'en  a  que  le  nom,  sans  pouvoir  faire  ce  qui  lui  a  été  imposé. 
Ceux  qui  la  composaient  ont  ensuite  partagé  entre  eux  le  soin  de  remédier  aux 
désordres.  Chacun  d'eux  était  obligé  d'avoir  soin  des  barques  placées  devant  les 
hong,  suivant  l'ordre  qu'on  gardait  autrefois  avant  l'établissement  de  la  Com- 
pagnie; heureusement,  ce  règlement  a  bien  réussi.  Sur  cela  on  m'a  demandé  la 
destruction  de  la  Compagnie,  je  ne  rapporte  pas  ici  la  réponse  que  j'ai  donnée. 
J'ai  tenu  conseil  avec  le  Hou-Pou  (intendant  de  la  province)  pour  la  destruction 
de  la  dite  Compagnie,  en  voici  le  résultat: 

La  Compagnie  exclusive  n'a  été  établie  que  parceque  les  Etrangers  arrivés 
à  Canton,  n'avaient  pas  de  demeure  fixe;  ce  qui  a  donné  occasi3n  aux  désordres 
et  je  ne  l'ai  permise  que  dans  l'espérance  que  les  marchands  chinois,  unis  en 
corps,  s'efforceraient  d'empêcher  les  commerces  secrets;  mais  depuis  plus  de  dix 
ans  que  ladite  Compagnie  a  été  formée,  bien  loin  d'être  utile  au  public,  elle 


1)  1760. 


292  HENRI    CORDIER. 

ne  sert  qu'à  donner  plus  de  moyens  aux  Chinois  avides  de  commercer  en  secret. 
Ceux  qui  la  composent  ne  sont  payés  que  de  belles  paroles,  sans  pouvoir  exé- 
cuter ce  dont  ils  se  sont  chargés.  C'est  pourquoi  suivant  les  raisons  ci- dessus 
rapportées,  je  donne  les  ordi-es  marqués  ci-dessous. 

J'avertis  tous  les  marchands  et  interprètes  que  désormais  les  marchands 
étrangers  arrivés  à  Canton,  logeront  dans  les  hong  ordinaires,  et  je  charge 
chacun  des  grands  marchands  chinois  d'obvier  aux  désordres,  le  tout  en  parti- 
culier, non  en  corps;  je  défends  en  même  temps  à  qui  que  ce  soit  de  conduii'e 
les  dits  étrangers  hors  de  leur  hong  pour  les  loger  parmi  les  Chinois,  afin  de 
commercer  en  secret.  Ainsi,  si  quelqu'un  ose  violer  mes  ordres,  il  sera  puni 
sévèrement  sans  aucune  grâce.  Pour  ce  qui  regarde  le  Co-hang,  je  le  déclare 
détruit.  Que  chacun  observe  mes  ordres:  c'est  pour  cela  expressément  que  je 
donne  cet  avertissement. 

Cet  édit  resta  lettre  morte. 

Les  hauistea  pressurés  par  les  hauts  fonctionnaires,  ne  pouvaient 
suffire  à  leurs  demandes.  Senqua,  le  premier  des  marchands  hanistes 
qui  ait  manqué  à  ses  engagements,  avait,  en  1774,  une  dette  de 
266.672  piastres  qui  fut  payée,  sans  intérêt,  en  dix  annuités  '). 
L'argent  dû  aux  négociants  anglais  par  les  hanistes  amena  en  1779 
l'intervention  du  Gouvernement  de  Madras. 
Missiondu  ^  Montgomery  Martin,  en  général  bien  renseigné,  raconte  ^) 
Fanion.     ^^^^^^  t^^  mission  du  Capitaine  Panton: 

«A.D.  1771.  Cette  année,  le  Co-hang,  ou  comité  pour  régler  et  fixer  les 
prix  auxquels  toutes  les  marchandises  doivent  être  vendues  et  acquises,  fut  aboli, 
aux  dépens  de  100,000  taëls  pour  la  Compagnie  des  Indes  Orientales. 

Cependant  nous  trouvons  qu'en  1779,  cet  instrument  d'extortion  opérait 
pleinement  sous  un  nouveau  nom,  Consoo  Fund,  dont  voicU'histoire  et  l'origine: 

L'énorme  somme  de  3,808,076  dollars  espagnols,  en  relativement  peu  de 
temps,  fut  due  aux  sujets  britanniques,  sans  aucun  espoir  de  pouvoir  en  recou- 
vrer l'équivalent. 

Tous  les  efforts  pour  recouvrer  une  partie  de  cette  juste  dette  ayant  échoué, 
le  cas  fut  soumis  au  gouvernement  de  Madras,  qui  dépêcha  le  Capitaine  Panton, 
sur  un  des  navires  de  Sa  Majesté,  pour  réclamer  le  paiement.  Le  Capitaine  avait 
des  instructions  de  l'Amiral  Sir  E,  Vernon,  pour  insister  et  obtenir  une  audience 
du  Vice-roi  de  Canton. 


1)  H.  Cordier,  La  France  en  Chine,  p.  BO.  2)   China,  1847,  II,  p.  16. 


LBS    IfARCHANDS    HANISTES    DE    CAItTOM.  293 

L'audience  fut  accordée,  mais  non  sans  menaces  de  la  part  du  commandant 
britannique.  L'arrangemont  qui  eut  lieu,  était  l'acceptation  de  dix  shillings  à  la 
livre  (sans  intérêt),  comme  composition  devant  ôtre  payée  en  dix  ans. 

Le  Capitaine  Panton  n'était  pas  pUit6t  parti,  que  le  Consoo  Fund  était 
établi.  Et  ainsi  cette  dette  légitime  ayant  été  d'abord  réduite  de  moitié,  le  fut 
encore  par  un  nouvel  impôt  sur  le  commerce  européen,  qui  fut  continué  jusqu'à 
une  période  récente». 

Traduction  d'un  Ecrit  du  Fou-yuen  Li  à  l'Empereur  K'ien-Loung, 
au  sujet  d'un  vaisseau  anglais  arrivé  à  Canton  en  1779,  commandé 

par  M.  Panton. 

Il  est  arrivé  en  1779  un  vaisseau  de  Madras  à  Canton,  commandé  par 
M'.  Panton  lequel  m'a  présenté  une  requête  dans  laquelle  il  était  dit  que  les 
hanistes  chinois  devaient  beaucoup  aux  Européens,  et  qu'ils  demandaient  à  êtie 
payés;  comme  dans  cette  requête,  il  n'y  avait  aucun  détail  des  sommes  dues, 
pas  même  les  noms  des  débiteurs  ni  des  créanciers,  j'ai  fait  rassembler  tous 
les  négociants  européens  ainsi  que  les  hanistes  chinoi.s  pour  qu'en  ma  présence 
ils  fassent  leuis  comptes.  Les  Messieurs  Hollandais,  Suédois,  Danois  et  Impériaux 
me  dirent  qu'ils  s'étaient  conformés  à  l'ordre  de  l'Empereur  venu  en  1759  et 
que  depuis  les  hanistes  chinois  ne  leur  devaient  rien,  parce  qu'ils  avaient  tou- 
jours soldé  leurs  comptes  avec  eux  chaque  année.  Le  chef  de  la  Compagnie 
anglaise,  nommé  M^  Fit/.  Hugh  avec  le  second,  appelé  M'.  Beavan  disent  aussi 
que  depuis  vingt  années  ils  s'étaient  conformés  aux  ordres  de  leur  Compagnie, 
qui  sont  conformes  à  ceux  de  l'Empereur  de  la  Chine;  qu'ils  avaient  soldé  leurs 
comptes  chaque  année  avec  les  hanistes  et  qu'ils  ne  leur  devaient  rien;  mais 
qu'il  se  pourrait  être  que  Messieurs  les  Particuliera  de  Côte  Anglais  ne  se 
soient  point  conformés  aux  lois  de  l'Empereur  de  la  Chine;  qu'ils  aient  fait 
une  importation  de  fonds  pour  les  placer  frauduleusement  à  intérêts  chez  les 
hanistes  chinois  à  Canton,  qu'il  n'y  aurait  rien  en  cela  de  surprenant,  parce 
que  ces  Messieurs  sont  sujets  à  ne  point  se  conformer  à  bien  des  règlements. 
Ils  me  proposèrent  de  faire  partir  M.  Panton  pour  retourner  à  Madras  prendre 
un  compte  exact  et  détaillé  des  créances  sur  les  hanistes  dans  lesquelles  les 
créanciers  et  débiteurs  seraient  nommés,  me  disant  que  dans  quelques  mois 
j'aurais  la  réponse  et  le  compte  suivant  mes  desii's.  Je  consentis  à  cette  propo- 
sition et  M'.  Panton  partit  en  conséquence. 

Pendant  l'absence  de  M^  Panton,  Intchia  vint  me  présenter  son  compte 
par  lequel  il  démontrait  qu'en  1757  et  1758,  après  avoir  payé  aux  Européens 
une  partie  do  ses  dettes,  il  leur  devait  encore  la  somme  de  165,600  piastres, 
et  que  pour  lors  en  1759  l'ordre  de  l'Empereur  est  venu  pour  défendre  d'em- 
prunter et  de  prêter  des  fonds  à  intérêts. 


294  HENRI    CORDIER. 

Intchia  ajouta  encore  que  ses  créanciers  européen^  n'osèrent  point  (eu 
égard  à  cet  ordre)  le  forcer  à  payer  par  le  moyen  de  la  justice,  mais  qu'ils 
ajoutaient  depuis  ce  temps  les  intérêts  avec  le  capital  et  faisaient  renouveler 
leurs  billets  chaque  année:  que  le  commerce  ne  lui  avait  point  été  lucratif  à 
commercer  depuis  cette  époque.  Je  lui  répondis  que  je  verrais  par  la  réponse 
que  j'attendais  de  Madras  si  ce  qu'il  me  disait  était  vrai. 

MM.  Fitz  Hugh  et  Beavan  vinrent  m'avertir  que  M.  Panton  était  de  retour, 
et  qu'il  donnait  pour  réponse  qu'à  Madras  on  ne  pouvait  donner  le  détail  de 
ce  compte,  mais  qu'il  y  avait  à  Macao  trois  Messieurs  anglais  appelés  Hutton, 
Smith,  Crichton,  qui  ont  le  détail  et  le  maniement  de  cette  affaire.  Je  fis  tout 
de  suite  venir  ces  Messieui's  à  Canton.  A  leur  arrivée,  je  rassemblai  tous  les 
hanistes,  pour  qu'ils  fissent  de  concert  avec  eux  leurs  comptes.  Suivant  ces 
susdits  Messieurs,  ils  étaient  onze  Messieurs  anglais  qui  avaient  leur  part  dans 
les  fonds  placés  à  intérêts.  Intchia  devait  capital  et  intérêts  1,354,000  piastres. 
Coccia  •)  devait  capital  et  intérêts  438,000  piastres.  Je  demandai  à  Intchia 
pourquoi  il  m'avait  trompé;  il  me  répondit  que  la  somme  de  165,600  piastres 
dont  il  m'avait  fait  ci-devant  mention  était  sa  seule  dette,  et  que  MM.  Fitz 
Hugh  et  Beavan  pour  lors  présents,  pouvaient  certifier  de  vive  voix;  que  la 
cause  que  le  montant  de  ses  dettes  était  monté  à  la  quantité  que  ces  Messieurs 
réclamaient,  provenait  de  ce  qu'ils  faisaient  renouveler  leurs  billets,  et  quand 
ils  retournaient  en  Europe  ne  pouvant  être  payés,  ils  établissaient  des  procu- 
reurs qui  renouvelaient  de  même  leurs  papiers  et  qu'ils  le  faisaient  avec  d'au- 
tant plus  de  facilités  qu'ils  y  étaient  intéressés.  Ces  Messieurs  Fitz  Hugh  et 
Beavan  répondirent  qu'ils  ne  connaissaient  rien  de  cette  affaire,  seulement 
qu'ils  souffraient  beaucoup  de  voir  une  si  mauvaise  conduite  qui  devenait  hon- 
teuse. Je  vis  clairement  que  tous  ces  contrats  étaient  contre  la  loi  venue  en 
1759,  mais  sachant  qu'ils  avaient  été  passés  en  1757  et  1758,  qui  sont  un  ou 
deux  ans  avant  la  publication  de  cette  loi,  j'ai  cru  agir  conformément  à  vos 
intentions  et  à  la  bienveillance  que  vous  accordez  aux  Européens,  en  faisant 
payer  aux  créanciers  européens  le  double  de  leur  premier  capital  placé  à 
l'origine:  parce  qu'il  eût  été  injuste  de  faire  payer  les  intérêts  surchargés  des 
capitaux  depuis  tant  d'années.   J'ai  ensuite  exilé  ces  deux  hanistes  pour  la  vie. 

Mon  jugement  porté,  les  tribunaux  de  Pe-King  l'ont  approuvé  d'après  les 
lois.  Ils  ont  vu  qu'effectivement  lorsqu'un  haniste  commerçant  avec  les  Euro- 
péens est  en  danger  de  banqueroute,  les  lois  sont  de  vendre  tous  ses  biens  et 
du  produit,  de  payer  les  droits  qu'il  doit  à  l'Empereur;' s'il  y  a  du  surplus, 
de  payer  un  à  compte  aux  créanciers  qui  diminueront  leurs  créances  d'autant; 
ensuite  de  faire  payer  le  solde  des  créances  par  dixième  en  dix  ans,  par  le 
restant   des   hanistes.   pour   que   dans  la  suite,  ils  ne  s'associent  point  avec  des 


1)  Coccia  fut  arrêté  au  mois  de  juillet  1781. 


LBS    MARCHANDS    HANISTR8    DB    CANTON.  295' 

coquins.  Les  tribunaux  m'ont  recommandé  de  dire  aux  chefs  des  nations  d'écnre 
en  Europe,  pour  donner  l'ordre  aux  Messieure  négociants,  européens  venant  ici, 
de  ne  point  placer  des  fonds  à  intéi'èts,  parce  que  si  cela  arrive  encore,  les 
fonds  -seront  confisqués  et  le  créancier  européen  renvoyé  pour  toujours  de 
l'Empire. 

Il  faudrait  que  les  hanistes  seuls  eussent  le  privilège  exclusif  de  ce  com- 
merce, et  qu'il  y  eût  un  tarif  fixé  à  perpiHuité  des  marchandises  d'importation 
et  d'exportation;  pour  lors  mettre  un  mandarin  demeurant  dans  la  pagode  de 
la  rue  de  la  Porcelaine  qui  serait  là  pour  recueillir  le  bénéfice  de  chaque  ha- 
niste;  de  ces  bénéfices  on  paierait  en  premier  les  droits  de  l'Empereur,  et  du 
restant  on  paierait  au  prorata  les  anciennes  dettes;  de  cette  manièi-e,  le  com- 
merce sera  chaque  année  soldé,  les  Européens  ne  pourront  prêter  de  fonds  à 
intérêts,  les  hanistes  ne  pourront  plus  manquer  à  leurs  devoii-s  et  les  droits  de 
l'Empereur  ne  manqueront  point  •). 

Traduction  de  la  réponse  des  Tribunaux  de  Pe-King  au  dernier 

article  ci-des8us,  prétendue  de  la  part  de  l'Empereur. 

Il  résulterait  beaucoup  d'autres  abus  de  la  part  de  ce  mandarin  que  vous 
projetez  de  mettre  à  la  tête  des  hanistes;  il  faut  que  vous  tachiez  absolument 
de  trouver  un  autre  remède. 

En  1780,  dans  le  mois  de  Juin. 

Je,  soussigné,  interpi'ète  pour  le  Roy  en  langue  chinoise,  certifie  la  tra- 
duction ci-dessus  fidèle,  traduite  verbo  ad  verbum  sur  l'original  déposé  aux 
Archives  de  la  Chancellerie. 

En  foi  de  quoi  j'ai  signé  le  présent  à  Canton,  le  cinq  janvier  mil  sept  cent 
quatre  vingt  un.  ^) 

Galbert.  ') 

Notre  Consul,  Vauquelin  *),  écrivait  de  Canton,  le  6  janfier  1781, 
à  M.  de  Sartine,  Ministre  et  Secrétaire  d'Etat: 


1)  Archives  des  Colonies:  Chinb.  1776—1782,  No.  13. 

2)  Archives  des  Colonies:  Chinb,  1776— 17S2,  No.   13. 

3)  Jean  Charles  François  Galbert,  chancelier  du  Consulat  de  Canton,  26  sept.  1782; 
démissionaire  en  faveur  de  Costar  en  décembre  1782,  conservant  le  poste  d'interprète  ;  il 
était  ne  en  1757  et  était  le  fils  d'un  ancien  subrécargue  de  la  Compagnie  des  Indes. 

4)  Pierre  Charles  François  Vauquelin,  ancien  subrécargue  des  vaisseaux  de  la  Compagnie 
des  Indes;  premier  consul  de  France  à  Canton,  nommé  le  20  octobre  1776;  "t*  à  Canton, 
le  23  sept.   1782. 


296  HENRI    CORDIER. 

«Par  mes  lettres  de  l'année  dernière,  j'ai  eu  l'honneui-  de  vous  donner  un 
précis  de  la  situation  de  la  place  de  Canton.  J'ai  eu  l'honneur  de  vous  observer 
combien  le  commerce  de  Chine  avait  dégénéré  de  son  antique  splendeur,  je 
vous  prédisais  en  partie  une  catastrophe  totale,  elle  me  paroissoit  inévitable, 
mais  je  la  croyais  plus  éloignée.  Je  n'aurais  pas  cru  pouvoir  vous  annoncer 
cette  année  l'accomplissement  de  mes  conjectures.  L'arrivée  de  la  frégate  ang- 
laise le  Sea  Horse  a  porté  le  dernier  coup  au  commerce  de  la  Chine,  les 
représentations  faites  à  l'Empereur  au  sujet  des  dettes  des  Chinois,  bien  loin 
de  produire  un  bon  effet  a  causé  la  ruine  de  deux  des  principaux  négociants 
de  Canton.  Le  mémoire  présenté  par  le  Fou-youen  ')  est  un  tissu  de  fausseté. 
J'ai  l'honneur  de  vous  en  remettre  çi-joint  une  copie;  vous  y  verrez.  Monseigneur, 
la  ruine  des  Européens  signée  d'une  manière  irrévocable.  La  requête  des  Euro- 
péens était  dirigée  contre  six  négociants  hanistes,  Yoqua  mort  depuis  quatre 
années,  Coqua,  détenu  depuis  deux  ans  dans  les  prisons,  délivré  après  avoir  été 
dépouillé  de  tous  ses  biens  et  richesses  que  les  mandarins  se  sont  arrogés, 
Sayonqua,  Intchia  et  Coccia  tenant  encore  leur  maison  lors  des  pi-emières 
plaintes  portées  contre  eux  ;  la  mort  de  Yoqua  l'a  sauvé,  Coqua  ruiné  par  les 
vexations  des  Mandarins  a  financé  pour  n'être  pas  compris  dans  la  chappe 
présentée  à  l'Empereur;  Sayonqua  a  suivi  la  même  méthode;  les  seuls  Intchia 
et  Coccia  ont  été  sacrifiés.  La  réponse  de  l'Empereur  est  arrivée  à  Canton  en 
juillet;  ces  deux  hanistes  ont  été  plongés  dans  les  prisons,  leurs  biens  confis- 
qués au  profit  de  l'Empereur  et  finalement  exilés  pour  la  vie  à  Ili,  petite  ville 
de  la  Corée  2).  En  novembre  dernier,  le  Fou-youen  a  donné  un  décret  par 
lequel  il  déclare  les  Européens  usuriers  pour  avoir  placé  des  fonds  à  1 8  et  20  Vo 
d'intérêt  annuel  chez  les  Chinois  sans  hypothèque  ni  autre  garantie  que  leur 
simple  parole  et  la  bonne  foi  qu'un  négociant  a  droit  d'attendre  d'un  autre, 
cependant.  Monseigneur,  les  lois  de  l'Empire  accordent  ju.squ'à  33%  avec  hy- 
pothèque, le  remboursement  fixé  à  trois  années  et  au  cas  de  non  paiement,  le 
prêteur  devient  propriétaire  des  biens  hypothéqués.  Les  dettes  des  Chinois 
peuvent  se  monter  vis-à-vis  des  Européens  seulement  à  six  millions  de  piastres, 
les  seuls  Anglais  y  sont  compris  pour  plus  de  quatre  millions;  cette  catastrophe 
a  empiré  les  affaires;  les  Mandarins  après  avoir  dépouillé  les  nommés  Intchia 
et  Coccia  se  sont  appliqués  leurs  biens,  ont  fait  un  compte  par  lequel  le  déficit 
était  de  175.000  taels  pour  solde  de  ce  qu'ils  dévoient  à  l'Empereur,  consé- 
quemment  que  suivant  les  lois  les  cinq  hanistes  encore  subsistant  auraient  à 
payer  cette  somme  sur  les  profits  de  leur  commerce,  que  les  Européens  ne 
pouvaient  rien  prétendre  puisque  liquidation  faite,  il  ne  restait  pas  a.ssez  pour 
acquitter  les  droits  impériaux.  Le  commerce  a  été  obligé  de  payer  cette  année 


^)  ift  1%'  gouverneur. 

2)  !  Je  n'ai  pas  besoin  de  faire  ressortir  l'ignorance  du  Consul  en  géographie. 


LES    HARCHANitS    HaNISTKS    DK    CANTON.  297 

de  vexations  extraordinaires  une  somme  de  175.000  taeis;  pour  y  réussir  les 
marchands  hanistes  soutenus  des  Mandarins  ont  fait  une  association  excluant 
tous  les  marchands  particuliers  qui  auraient  pu  entrer  en  concurrence avef; eux; 
les  Europ<''en8  ont  été  forcés  de  vendre  leui-s  marchandises  à  50  "/•  de  moins 
que  les  années  précédentes  et  d'acheter  les  marchandises  de  sortie  à  50  %  plus 
cher.  Cette  manoeuvre  quoique  préjudiciable  au  commerce  momentané  aurait 
pu  produire  un  bien  pour  l'avenir  si  eflectivement  les  profits  immenses  que  les 
hanistes  devaient  faire  fussent  restés  entre  leure  mains,  mais  la  vente  de» 
marchandises  faites,  les  contrats  de  retour  signés,  les  Mandarins  ont  pressuré 
les  hanistes  dans  une  proportion  supérieure  au  bénéfice  qu'ils  pouvaient  espérer; 
les  marchands  des  provinces  auxquels  on  avait  coupé  toute  communication  avec 
les  Européens  ont  tenu  leurs  marchandises  à  un  taux  proportionnel  à  l'accrois- 
sement du  prix  exigé  par  les  hanistes.  Il  y  a  plus,  Monseigneur,  les  nommés 
Intchia  et  Coccia  non  seulement  devaient  des  sommes  immenses  aux  Européens, 
mais  encore  à  leurs  fournisseurs  des  Provinces;  ceux-ci  enveloppés  dans  leur 
disgrâce  ont  signifié  aux  hanistes  qu'ils  ne  leur  fourniraient  rien  sans  ai'gent, 
qu'ils  ne  leur  feraient  plus  dorénavant  de  crédit,  qu'il  était  nécessaire  avant 
d'entamer  les  négociations  pour  cette  année  de  liquider  les  anciennes  dettes  et 
de  continuer  désormais  l'argent  à  la  main.  Voici,  Monseigneur,  le  tableau  fidèle 
de  la  situation  d'une  place  que  j'ai  vue  si  brillante;  elle  ne  présente  plus  que 
misère,  pauvreté,  mauvaise  foi,  perspective  peu  éloignée  d'une  banqueroute 
générale.  Je  pense,  Monseigneur,  vous  en  annoncer  deux  qui  si  elles  ne  s'effec- 
tuent pas  l'année  prochaine  ne  peuvent  manquer  de  se  déclarer  infailliblement 
dans  deux  années.  L'ouverture  du  commerce  promettait  mieux»  '). 

A  la  fin  de  l'année,  le  consul  de  France  écrit  au  Marquis  de 
Castries  (Canton,  31  Dec.  1781): 

«D'après  la  peinture  que  j'ai  eu  l'honneur  de  faire  l'an  dernier  à  Monseif(neur 
de  Sartine  de  la  triste  situation  du  commerce  de  Chine,  je  croyais  n'avoir  rien 
à  ajouter,  mais  il  en  est  autrement:  les  diflicultés  de  la  part  des  Chinois  aug- 
mentent de  jour  en  jour;  ils  sont  parvenus  à  restreindre  toute  négociation  à 
quatre  hanistes  auxquels  les  Mandarins  ont  accordé  le  privilège  exclusif  de 
commercer  avec  les  Européens,  cette  frauduleuse  association  ayant  détruit  toute 
concurrence.  Ils  ont  fixé  les  marchandises  d'importation  à  un  taux  si  bas  que 
les  vaisseaux  de  cote  ont  essuyé  une  perte  de  plus  de  40%;  les  marchandises 
d'exportation  ont  été  fixées  à  un  prix  si  haut  que  trois  capitaines  anglais  ont 
vendu  leurs  vaisseaux  aux  Portugais  de  Macao  pour  s'épargner  la  perte  évidente 
qui   les  attendait   supposé   leur  heureuse  arrivée  dans  les  différentes  parties  de 


1)  Archives  des  Colonies  >  Chine,  1776—1782,  No.  13. 

21 


298  HENRI    CORDIER. 

la  côte  de  l'Inde.  Les  hanistes  associés  favorisés  par  les  mandarins  ont  fait 
entourer  de  palissades  le  quai  assigné  pour  la  résidence  des  Européens  pour 
leur  couper  toute  communication  avec  la  rivière  et  fait  passer  des  corps  de 
garde  pour  épier  tous  les  mouvements  des  Européens»  '). 

Le  31  décembre  1782,  Ph.  Vieillard  ^),  vice-consul  à  Canton,  écrit: 

«La  guerre  a  occasionné  des  révolutions  qui  ont  contribué  à  porter  le  coup 
mortel  à  plusieurs  marchands  hanistes  de  façon  que  le  nombre  de  ces  marchands 
privilégiés  par  le  Gouvernement  pour  traiter  avec  les  Européens  était  réduit  à 
cinq  dont  deux  d'une  faiblesse  si  grande  qu'il  y  avait  tout  lieu  de  craindre  une 
banqueroute  totale.  Les  principaux  Mandarins  pour  pallier  le  mal  ont  augmenté 
le  nombre  de  ces  hanistes  jusqu'à  dix.  Ils  ont  eu  attention  de  choisir  cinq 
nouveaux  sujets  dont  la  plupart  sont  plus  connus  pour  leurs  richesses  que  pour 
leur  intelligence.  Le  commerce  se  fait  donc  avec  plus  de  sûreté,  plus  de  promp- 
titude que  les  années  précédentes;  mais,  Monseigneur,  les  Mandarins  n'ayant 
pas  renoncé  aux  extorsions  pour  lesquelles  ils  ont  un  goût  aussi  difficile  à 
décrire  qu'à  éteindre,  ce  remède  n'est  que  momentané,  et  il  y  a  tout  lieu  de 
craindre  pour  les  suites  les  mêmes  révolutions  que  le  commerce  a  déjà  éprouvées. 
L'avarice  insatiable  des  Mandarins  qui  exigent  des  marchands  les  mêmes  droits 
sur  14  vaisseaux  que  sur  30,  qui  arrachent  des  sommes  d'argent  pour  les  offrir 
à  l'Empereur,  pour  enrichir  leur  famille,  pour  acheter  leur  innocence,  la  Cour 
ne  manquant  pas  de  les  trouver  coupables  s'ils  sont  riches,  telle  a  été  jusqu'à 
ce  moment  la  cause  des  désastres  que  le  Commerce  de  Chine  a  éprouvés,  et  la 
cause  ne  cessant  pas,  il  y  a  tout  à  craindre  que  les  effets  ne  se  fassent  ressentir 
avant  peu,  surtout  si  les  vaisseaux  n'abondent  pas  plus  par  les  suites  que  cette 
année  et  l'an  dernier.  Pour  avoir  toujours  les  mêmes  sommes  à  offrir  à  l'Em- 
pereur, le  hou-pou  ou  Intendant  des  Douanes  de  Canton  a  exigé  des  marchands 
hanistes  une  somme  de  6.000  piastres  par  chacun  d'eux  et  a  doublé  les  droits 
d'entrée  et  de  sortie  sur  les  marchandises  importées  et  exportées  par  les  Euro- 
péens» 3). 

Se  référant  à  la  lettre  de  Vauquelin,  écrite  eu  1781,  ou  rappelle 
dans  une  note  (1783),  avaut  l'envoi  du  chevalier  d'Entrecasteaux  à 
Canton  : 


\)  Archives  des  Colonies:. Chine,  1776—1782,  No.  13. 

2)  Philippe  Vieillard,  fils  de  Louis  Alexandre  Vieillard,  Docteur  Régent  de  la  Faculté 
de  Médecine  en  l'Université  de  Paris  —  chancelier  à  la  fondation  du  consulat  de  Canton, 
1776;  vice-consul  et  gérant  du  consulat  à  la  mort  de  Vauquelin. 

8)  Archives  des  Colonies:  Chink,  1776-1782,  No.  13, 


LRS    MARCHANDS    HANISTRS    DE    CANTON.  299 

«Le  fou-yuon  Li  ordonnti  que  los  Hanistes  paieraient  seulement  ù  leurs 
cr(';anciers  le  double  du  premier  capital,  ce  qui  faisait 

Pour  Intchia 330.000  P. 

Et  pour  Coccia  par  une  réduction  proportionnelle.     .  107.000  » 

Total     ....  437.000  P. 

Les  tribunaux  de  Pe-King  confirmèrent  son  jugement  et  le  chargèrent  de 
notifier  aux  Européens  que  s'il  leur  arrivait  encore  de  placer  des  fonds  à  inté- 
rêts, ces  fonds  seraient  confisqués  et  le  créancier  européen  renvoyé  pour  toujours 
de  l'Empire.  Par  la  môme  décision  du  mois  de  juin  1780,  le  fou-yuen  Li  était 
chargé  d'indiquer  un  autre  moyen  que  celui  qu'il  avait  proposé  pour  consommer 
l'affaire. 

«Il  est  malheureux  qu'on  ne  puisse  ajouter  foi  à  des  faits  annoncés  d'une 
manière  aussi  authentique.  M.  Vauquelin  assure  dans  sa  lettre  d'envoi  que  le 
mémoire  du  fou-yuen  Li  était  un  tissu  de  faussetés;  de  ses  négociants  han- 
nistes  contre  lesquels  la  requête  des  Européens  pour  le  paiement  des  dettes 
était  dirigée,  Intchia  et  Coccia,  seules  victimes,  ont  perdu  leurs  biens  confisqués 
au  profit  de  l'Empereur,  oilt  été  plongés  dans  les  prisons  et  finalement  exilés. 
Les  autres  étaient  morts  ou  s'étaient  ruinés  par  les  sacrifices  qu'il.s  avaient  faits 
pour  n'être  pas  compris  dans  le  mémoire  du  fou-yuen  Li.  M.  Vauquelin  prétend 
que  les  dettes  des  Chinois  envers  les  Européens  seulement,  montaient  à  plus 
de  6  millions  de  piastres  dont  4  millions  pour  les  Anglais,  que  Intchia  et  Coccia 
dévoient  des  sommes  immenses  non  seulement  aux  Européens,  mais  encore  à 
leurs  fournisseurs  chinois»  '). 

Dans  une  autre  note  relative  à  la  mission  du  capitaine  Pauton, 
nous  lisons: 

«Le  fou-yuen  ou  gouverneur  de  Canton,  surpris  de  l'énormité  des  dettes 
réclamées,  ordonna  aux  Cohannistes,  marchands  qui  commercent  exclusivement 
avec  les  Européens,  de  les  liquider.  On  prétend  qu'elles  montèrent  à  2  millions 
de  piastres  ou  10.800.000  I.  tournois.  Il  fut  stipulé  que  le  paiement  en  serait 
fait  en  10  ans  et  que  le  premier  terme  sei'ait  acquitté  en  1780. 

«Cette  opération  fut  faite  secrètement  entre  les  subrécargues  anglais  et 
les  Cohannistes.  Il  parait  que  pour  effectuer  les  paiements  il  fut  convenu  que 
les  droits  d'entrée  et  de  sortie  sur  les  marchandises  seraient  augmentés  de  5  «/o 
et  que  le  produit  de  cette  augmentation  semit  versé  chaque  année  dans  la 
caisse  des  Anglais.  Ainsi  les  nations  étrangères  qui  font  la  moitié  du  commeixe 
de  Chine  (les  Anglais  faisant  seuls  le  surplus)  paient  dans  le  fait  la  moitié  des 
2    millions   de    piastres    dues   à   la   nation  anglaise.    On  prétend  même  que  les 


1)  Archives  des  Affaires  étrangères.  —  Henri  Cordier,  La  France  eu  CAime,  ff.  293 — 4. 


300  HENRI    CO  RDI  ER. 

nations  étrangères  paient  la  totalité,  en  ce  que  chaque  année  on  restitue  aux 
subrécargues  anglais  ce  qu'ils  n'ont  payé  que  fictivement  pour  les  5  '/o  d'aug- 
mentation, manoeuvre  secrète  que  M.  Haumont  du  Tertre  assure  avoir  été  dé- 
couverte par  le  S.  Febvre,  négociant  français»  '). 

En  1783,  il  était  dû  aux  Français,  suivant  l'état  de  notre 
vice-consul,  Vieillard,  617,480  piastres  qui  à  5  .8  faisaient  la  somme 
de  3.334.362^  ') 

Nous  imitâmes  les  Anglais  et  le  Capitaine  Pan  ton,  en  envoyant 
le  Chevalier  d'Entrecasteaux  à  Canton. 

Noie  sur  le  En    1779,    le    Commandant   d'une    frégate    anglaise    réclama,   au   nom  du 

ommeice  e  gouvernement  le  paiement  des  sommes  dues  aux  négocians  de  sa  nation.  Le 
gouvernement  de  Canton  ordonna  aux  Hanistes  de  liquider  leurs  comptes. 

Quelques  uns  assurent  qu'ils  se  trouvèrent  débiteurs  de  près  de  2  millions 
de  piastres  ou  10  millions  de  livres  tournois,  d'autres  ont  prétendu  qu'il  n'était 
dû  aux  Anglais  que  environ  440.000  piastres,  ou  2.370.000  livres.  Dans  tous 
les  cas,  il  parait  certain  qu'il  fut  convenu  que  la  dette  serait  acquittée  en  dix 
ans  et  on  croit  que  les  Chinois  emploient  à  cet  acquittement  le  produit  des 
impôts  qu'ils  lèvent  sur  les  marchandises  étrangères  et  dont  ils  ont  augmenté 
la  masse. 

A  la  fin  de  1784,  les  nations  se  sont  réunies  pour  faire  au  Gouvernement 
de  Canton  des  représentations  sur  les  vexations  que  le  commerce  éprouvait  et 
les  dettes  qui  n'étaient  point  acquittées.  Ce  gouvernement  a  fait  sur  l'article 
des  griefs  des  promesses  vagues  qui  n'ont  point  été  exécutées,  et  n'a  rien  ré- 
pondu sur  les  dettes. 

Un  état  que  le  Consul  de  France  a  envoyé  au  commencement  de  1785 
porte  à  617,480  piastres  ou  3,334,362  livres  tournois  les  sommes  dues  aux 
négociants  français. 

Il  a  paru  que  le  même  moyen  qui  a  procuré  aux  Anglais  la  liquidation 
et  le  recouvrement  des  sommes  qui  leur  étaient  dues  pourrait  être  utilement 
employé  pour  faire  rentrer  les  créances  des  négociants  français. 

M.  d'Entrecasteaux,  commandant  la  station  de  l'Inde,  pourrait  se  porter 
à  Canton  avec  un  vaisseau  et  une  corvette.  Il  prendrait  à  son  arrivée  des 
éclaircissements  précis  sur  ce  qui  s'est  passé  en  1779  entre  le  gouvernement 
chinois  et  le  commandant  de  la  frégate  anglaise.   Il  examinerait  les  titres  des 


1)  Archives  des  Affaires  étrangères.  —  Henri  Cordier,  La  France  en  CAine,]}T^.  281— 8. 

2)  La  France  en  Chine,  p.  289. 


1 


LKS    MAUCHANDS    HAN18TK8    DB    CANTON.  301 

créances  des  négociants  français  pour  vérifler  si  elles  sont  bien  exigibles,  ou  si 
ellçs  ne  sont  pas  formées  par  une  accumulation  d'intérêt  sans  mesure.  Il  con- 
sulterait les  personnes  désintéressées  sur  le  plus  ou  le  moins  de  possibilité 
d'amener  le  gouvernement  do  Canton  à  donner  des  ordres  efficaces  pour  la 
liquidation  et  le  paiement  de  ces  dettes,  ainsi  que  sur  les  moyens  les  plus 
convenables  pour  remplir  cet  objet.  Il  ne  ferait  surtout  aucune  démarche  d'éclat 
sans  une  sorte  de  certitude  de  succès.  Il  éviterait  particulièrement  tout  ce  qui 
pourrait  compromettre  le  pavillon  du  Roi  et  la  nation  en  général,  ou  mener  à 
une  interruption  de  commerce  dont  les  inconvénients  ne  pourraient  pas  être 
balancés  par  le  recouvrement  des  dettes  qui,  par  une  liquidation  raisonnable, 
éprouveront  sans  doute  une  grande  réduction. 

Indépendamment  du  recouvrement  des  dettes  considérables  que  réclament 
les  négociants  français,  l'apparition  du  pavillon  du  Roi  dans  ces  mers  ne  pourra 
qu'augmenter  la  considération  dont  la  nation  française  ne  jouit  peut-être  pas 
à  Canton  au  degré  qui  lui  est  dû.  A  cet  égard,  le  succès  dépendra  de  la  bonne 
conduite  de  M.  d'Entrecasteaux,  qui  devra  se  régler  sur  les  circonstances.  Ce 
commandant  mérite  par  sa  sagesse  et  par  ses  lumières  toute  la  confiance 
du  Roi. 

Cette  expédition  enfm  peut  être  très  utile  par  les  connaissances  nautiques 
que  M.  d'Entrecasteaux  pourra  se  procurer  en  suivant  des  instructions  particulières 
qui  lui  seront  données.  ') 

Je  reprendrai  quelque  jour  l'histoire  de  la  mission  du  chevalier 
d'Entrecasteaux. 

Canton,  6  Janvier  1781.  Exécution 

eTmm  Fiançait. 

Monseigneur  *) 

J'ai  l'honneur  de  vous  remettre  ci-joint  copie  de  la  sentence  de  mort  pro- 
noncée par  le  Fou-yucn  de  Canton,  contre  le  nommé  Louis,  matelot  déserteur 
du  service  de  France  depuis  quatre  années.  Ce  malheureux,  pour  se  soustraire 
au  service  des  Anglais,  avait  déserté  de  leiire  vaisseaux  et  s'était  réfugié  chez 
un  Chinois  chez  lequel  demeurait  le  supercargue  d'un  vaisseau  Portugais,  qui 
à  cette  époque  était  à  Macao.  Un  moine  portugais,  fugitif  de  Goa,  servait  sur 
le  même   vaisseau   anglais  en  qualité  de  matelot  depuis  plusieui*s  années.  Soit 


1)  Archives  des  CJolonies:  Chink,  1787—1803,  No.  16. 

2)  Monseigneur  de  Sartine,  Ministre  et  Secrétaire  d'Etat.  —  Antoine  R«imond  Jean 
Gualbert  Gabriel  de  Sartine,  né  à  Barcelone,  le  13  juillet  1729;  secretaire  d'£tat  au  dé- 
partement de  la  marine,  24  aoAt  1774;  ministre  d'Etat  en  1776;  f  à  Timgone,  7  sept 
1801. 


302  HENRI    CORDIER. 

.remords,  soit  désir  de  rejoindre  sa  patrie,  il  vint  se  présenter  chez  M.  Miranda 
pour  prendre  service  sur  son  vaisseau:  cet  homme  vint  sur  les  minuit  frapper 
à  la  porte  du  nommé  Louis,  qui  refusa  d'ouvrir  jusqu'à  ce  qu'il  y  fut  forcé 
par  le  bruit  redoublé  qui  ne  promettait  de  finir  qu'à  l'ouverture  de  sa  chambre; 
pour  lors,  le  moine  portugais  accablant  d'injures  le  nommé  Louis,  ce  dernier 
s'emporta,  menaça  le  Portugais  de  le  faire  sortir;  celui-ci,  armé  d'un  couteau, 
menace  Louis,  qui  faisant  peu  de  cas  de  ces  menaces,  voulait  se  contenter  de 
refermer  sa  porte.  Le  moine  fond  sur  Louis,  le  blesse  au  côté  et  au  visage, 
menaçant  de  le  tuer.  Louis  recourt  à  la  même  arme  et  tue  raide  le  Portugais. 
Le  Chinois,  propriétaire  de  la  maison,  chez  lequel  le  meurtre  s'était  passé, 
craignant  les  suites,  avertit  les  mandarins.  Le  Chinois  fut  au  préalable,  con- 
damné à  douze  mille  piastres  d'amende,  le  commerce  interdit  tant  pour  lui 
que  pour  le  vaisseau  portugais;  finalement,  les  Chinois,  après  avoir  tiré  du 
Chinois  trois  mille  piastres,  demandèrent  la  représentation  du  meurtrier,  qu'il 
soit  conduit  à  Macao  pour  être  remis  entre  les  mains  du  Sénat  qui  jugerait  de 
son  innocence  ou  de  son  crime.  Le  nommé  Louis  fut  remis  sur  la  parole  du 
lieutenant  de  police,  qu'il  le  ferait  partir  sous  deux  heures  pour  Macao:  celui-ci 
le  traduisit  devant  le  Fou-yuen,  homme  d'une  violence  enhardie  par  le  despo- 
tisme, qui,  autorisé  par  les  lois  de  ce  pays,  î'a  condamné  à  mort  et  fait  exé- 
cuter, alléguant  que  les  lois  de  l'Empire  ne  permettent  point  l'homicide,  pas 
même  pour  défendre  sa  vie. 

Je  ne  ferai  aucune  réflexion.  Monseigneur,  sur  un  jugement  aussi  barbare 
qu'absurde.  La  lecture  de  l'arrêt  est  plus  que  suffisante  pour  faire  voir  combien 
nous  avons  à  souffrir  d'une  nation,  que  quelques  enthousiastes  représentent 
comme  un  modèle  de  sagesse,  et  qui,  appréciée  par  des  hommes  plus  amateurs 
de  la  vérité  que  du  merveilleux,  n'est  qu'un  amas  d'esclaves  victimes  d'un 
despotisme  intolérable  à  moins  d'avoir  sucé  ses  principes  dès  la  plus  tendre 
enfance. 

Je  suis  avec  respect. 

Monseigneur, 
Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur 
Vauquelin.  >) 

Traduction  d'un  écrit  du  Tsong-tou  des  deux  provinces  Kouang- 
Toung  et  Kouang-Si,  appelé  Kio-lo-pa,  et  du  Fou-yuen  de  la  pro- 
vince de  Kouaug-Touug,  nommé  Li  (Il  Dec.   1780). 

La  position  de  Canton  facilitant  le  commerce  à  un  grand  nombre  de 
négociants  de  différentes  nations,  qui  viennent  conformément  aux  intentions  et 


1)  Archives  des  Colonies:  Chine,  1776—1782,  No.  13. 


J 


LBS    MARCHANDS    HANISIICS    DK    CANTON.  808 

à  hl  bienveillance  de  notre  Empereur,  il  s'ensuit  que  dans  cette  multitude 
d'Kuropéens,  il  se  trouve  des  hommes  de  tous  caractères,  et  il  est  immanquable 
qu'il  n'arrive  quelques  disputes  et  meurtres.  L'homicide  ne  se  pardonne  jamais. 
Si  un  Chinois  est  tué,  il  faut  que  le  meurtrier  subi.sse  la  punition  conforme 
aux  lois  de  notre  Souverain.  Pour  ce  qui  regarde  l'homicide  commis  d'Européen 
à  Européen,  nous  pourrions  ne  pas  nous  en  mMer;  mais  les  Européens  éloiRnés 
de  leur  patrie,  commeiçant  ici  sur  notre  terrain,  n'ont  point  le  pouvoir  de 
juger  et  remédier  à  de  pareils  cas.  Si  nous  consentons  à  vous  lais.ser  l'homicide 
pour  le  punir  ou  ne  pas  le  punir  à  son  arrivée  en  Europe,  c'est  dont  nous  ne 
.sommes  pas  certain;  dans  la  suite,  plusieurs  imiteront  la  même  action.  Les 
divers  Européens  étant  sur  notre  terrain,  pourront  opposer  la  force  à  ceux  qui 
en  manquent,  insulter  ceux  qui  sont  eu  petit  nombre,  abuser  de  la  position 
critique  d'un  chacun  et  causer  un  affreux  désordre;  vouk  autres,  Messieurs,  ne 
seriez  plus  sûrs  de  votre  personne,  et  seriez  toujours  inquiétés.  Notre  Empereur 
est  de  même  que  tous  les  autres  Souverains;  il  doit  et  veut  entretenir  le  bon 
ordre  et  la  tranquillité  parmi  vous.  C'est  la  raison  que  depuis  longtemps  les 
anciens  faits  par  nous  jugés  (au  sujet  des  Européens  qui  ont  commis  un  délit 
sur  notre  terrain)  l'ont  toujours  été  suivant  nos  lois.  Il  faut  que  les  Européens 
des  différentes  nations  craignent  dans  la  suite  à  commettre  un  délit.  Ceci  est 
dans  l'intention  d'agir  pour  le  bien  de  chacun.  Supposez  l'homicide  jugé  suivant 
les  lois  de  vos  royaumes,  il  serait  sûrement  puni  de  mort;  serait-il  possible 
qu'on  consente  et  qu'on  approuve  le  délit  de  se  nuire  et  de  s'entredétruire? 

Cette  année,  dans  la  dixième  lune  '),  un  matelot  français  nommé  Louis 
étant  dans  le  hang  Y-fhong  *)  a  eu  une  dispute  avec  un  matelot  portugais 
nommé  Âguiera  et  Ta  tué  avec  un  couteau.  Le  premier  supercargue  portugais 
a  ci-devant  présenté  requête  demandant  qu'on  lui  laisse  cet  homme  pour  le 
faire  juger  en  Europe.  Mais  moi,  Fou-yuen,  je  me  sers  de  mon  autorité  privi- 
légiée, je  ne  veux  point  consentir  à  ce  qu'il  retourne  en  Europe,  et  veux  qu'il 
soit  puni  sur  le  terrain  de  l'Empereur.  Le  nommé  Louis  étant  remis  au  lieu- 
tenant de  police,  pour  attendre  son  jugement,  je  conçois  que  vous  croyez  nos 
lois  justes.  Je  charge  le  lieutenant  de  police  de  se  conformer  à  nos  lois,  et  j'en 
avertis  l'Empereur.  Vous  voyez  mes  volontés  sur  ce  papier,  que  les  hanistes 
commerçant  avec  les  Européens,  avec  les  interprêtes,  doivent  vous  expliquer  et 
afficher  sur  le  terrain  de  l'Empereur  que  vous  habitez. 

Vous  venez  ici.  Messieurs,  de  loin  pour  commercer  et  tâcher  de  vous  faire 
un  bien-être;  les  gens  qui  vous  sont  subordonnés  et  les  hommes  à  gages  pour 
le  service  de  votre  commerce,  travaillent  aussi  pour  gagner  quelque  chose. 
Que  chacun  se  tienne  donc  suivant  son  rang  et  sa  qualité  ;  empêchez  et  mettez 


1)  Dans  le  mois  de  novembre  1780. 

2)  Maison  du  premier  supercargue  portugais. 


304  HENRI    CO  E  Ol  ER. 

ordre  à  ce  que  vos  matelots  et  tous  les  gens  à  gages  qui  vous  sont  subordonnés 
ne  s'écartent  pas  de  leur  devoir,  se  soûlent,  aillent  se  quereller  et  se  disputer. 
Les  lois  de  notre  Empereur  sont  très  sévères;  il  n'y  aura  point  de  grâce  pour 
l'homicide;  le  criminel  ne  pourra  ni  se  sauver  ni  i-etourner  dans  sa  patrie.  La 
volonté  de  l'Empei'eur  est  de  punir  ces  sortes  de  meurtriers  qui  troublent  la 
tranquillité  des  gens  de  bien.  Conformez-vous,  Messieurs  et  instruisez  les  gens 
qui  vous  sont  subordonnés,  des  lois  qui  sont  ci-dessus  mentionnées,  pour  que  à 
l'occasion,  ils  n'aient  point  à  prendre  une  cause  d'ignorance. 

Le  seize  de  la  onzième  lune  de  la  quarante  cinquième  année  du  règne  de 
l'Empereur  K'ien-Loung  qui  répond  à  la  date  du  onze  Décembre  mil  sept  cent 
quatre  vingt. 

Je,  soussigné.  Interprète  pour  le  Roi  en  langue  chinoise,  certifie  la  traduction 
çi-dessus  fidèle,  traduite  verbo  ad  verbum  sur  l'original  déposé  aux  Archives  de 
la  Chancellerie.  En  foi  de  quoi,  j'ai  signé  le  présent  à  Canton  en  Chine,  le  cinq 
janvier  mil  sept  cent  quatre  vingt  un. 

Galbert.  1) 

Conquêtes  de       C'est  par  l'intermédiaire   des  hanistes   que  la  gravure  des  seize 

Fien-Loung. 

dessins  du  frère  Attiret,  de  Jean  Damascene,  de  Joseph  Castiglione, 
d'Ignace  Sichelbarth,  représentant  les  conquêtes  de  l'Empereur 
K'ien-Loung,  envoyés  en  Europe  pour  être  gravés  sous  la  direction 
de  C.  N.  Cochin  fils,  par  Masquelier,  Aliamet,  Le  Bas,  Aug.  de  St. 
Aubin,  Née,  B.  L.  Prévost,  ChofiPard,  N.  de  Launay,  furent  payés 
ainsi  qu'en  témoigne  l'intéressant  document  suivant.  C'est  par  un 
décret  de  la  30^  année  de  son  règne,  daté  du  13  juillet  1765,  que 
K'ien-Loung  avait  donné  l'ordre  d'envoyer  les  dessins  en  Europe 
pour  être  gravés  par  les  plus  célèbres  artistes. 

Billet  d'obligation   ^^^   [Fö  taeu]  ^). 

P'an  T'oung-wen   et  autres,  marchands  hannistes  au  Kouang-Toung  3),  en 


1)  Archives  des  Colonies:  Chine,  1776—1782,  No,  13. 

2)  Ce  document  que  j'ai  examiné  a  été  traduit  et  m'a  été  communiqué  obligeamment 
par  M.  Maurice  Courant.  Il  porte  le  No.  5231  du  Nouveau  Fonds  chinois  dont  M.  Cou- 
rant dresse  le  catalogue  à  la  Bibliothèque  nationale. 

3)  ^    m^  yaÉ  '^    Kouang  Toung   Yang  Hang  ;    >f^ ,  Hong  en  cantonnais. 


LKS    MARCHANDS    HANISTES    DK    CANTON.  805 

s'engageant  publiquement  fait  une  commande  a  Kan-tché-li  ')  et  à  Wou-kia-lang  >), 
chefs  ')  pour  le  royaume  de  France. 

Nous  avons  reçu  de  LL.  EE.  le  vice-roi  et  le  surintondant  des  Douanes 
communication  d'un  ordre  impérial  prescrivant  de  transmettre,  pour  les  faire 
graver  sur  cuivre,  quatre  dessins  représentant  les  victoires  remportées  iora  de 
la  soumission  des  tribus  musulmanes  de  Dzoungarie.  Avec  bordereau  ont  été  en- 
voyés: le  camp  de  Ngai-yu-chi-tcha,  dessin  original  de  Lang  Chi-ning*),  1 
feuille;  A-eul-tch'ou-eul,  dessin  original  de  Wang  Tché-tch'eng »),  1  feuille;  le 
peuple  d'Ili  faisant  sa  soumission,  dessin  original  de  Ngai  K'i-mong'),  i  feuille; 
K'ou-eul-raan,  dessin  original  de  Ngan  Te-yi  '),  1  feuille.  En  mftme  temps  ont 
été  envoyés  deu.Y  papiers  en  caractères  barbares  (fan)  d'Italie  ^)  et  deux  papiers 
en  caractères  barbares  (fan)  ayant  coui*s  dans  tous  les  pays  d'Occident.  Ces 
diverses  pièces  sont  parvenues  à  notre  comptoir,  avec  l'ordre  transmis  par  les 
autorités  de  traiter  [cette  affaire]. 

Maintenant  nous  remettons  aux  chefs  Kau-tché-li  et  Wou-kia-lang  l'en- 
semble des  quatre  dessins  originaux  et  des  quatre  papiers  en  caractères  bar- 
bares, pour  que  le  tout  soit  porté  par  le  vaisseau  Po-yé  ')  en  Votre  pays  et 
qu'on  prenne  la  peine  de  le  remettre  à  la  Compagnie  '")  ;  celle-ci  confiera  les 
pièces  aux  Ministres  d'Etat  de  votre  pays  et  les  chargera  de  faire  graver  quatre 
planches  de  cuivre  avec  une  exactitude  respectueuse,  en  se  conformant  aux 
modèles  et  aux  instructions  contenues  dans  les  documents  en  caractères  bar- 
bares. La  gravure  étant  achevée,  pour  chaque  planche  on  tii-era  200  exemplaires 
sur  bon  papier  résistant;  soit  en  tout  800  feuilles,  qui^  avec  les  planches  de 
cuivre,  seront  divisées  [en  deux  lots]  et  chargées  sur  deux  vaisseaux  pour  être 
rapportées:  chaque  vaisseau  devra  porter  2  planches  de  cuivre  et  100  exemplaires 
de  chaque  gravure,  soit  en  tout,  400  feuilles.   Les  quatre  dessins  oiiginaux  en- 


1)  Pf '^Äffl- 

^)  ~rC  EfiE    Ta-jian,  chef;  en  pidgin-englùh,  /at-^a«,  nom  donné  au  chef  et  aux  associé« 
(l'uue  maison  de  commerce. 

'    ^)  P^  "jir  m.    Lan  Chi-ning,  Joseph  Castiglione. 

5)  J  ^  1^    }Fai,g  Tché-tcVeng. 

6)  }X  Jg^  ^^    Ngai  K'i-moug. 

10)  .^V  ^^  *^    Kong  pan  yi. 


806  H  EN  m    CORDIKR. 

voyés  d'ici  et  les  quatre  documents  en  caractères  barbares  seront  joints,  et  le 
tout  exactement  devra  arriver  au  Kouang-Toung  environ  dans  la  33^  année  *) 
pour  être  remis  aux  autorités. 

Maintenant  on  verse  à  l'avance  5000  taels  d'argent  hoâ-ptën^)  à  titre 
d'arrhes.  Si  pour  le  prix  du  travail  cela  n'est  pas  suffisant,  au  jour  de  l'arrivée 
des  planches  de  cuivre,  on  complétera  intégralement  le  prix.  S'il  y  a  quelque 
accident  de  mer,  le  prix  du  travail  et  le  fret  seront  portés  au  compte  de  notre 
comptoir. 

Ce  billet  d'obligation  est  dressé  en  deux  exemplaires  semblables,  l'un  est 
remis  au  chef  Kan-tché-li  qui  l'emportera  dans  son  pays  et  s'y  conformera, 
l'autre  est  rerais  au  chef  Wou-kia-lang  résidant  à  Canton  pour  qu'il  le  conserve 
comme  preuve.  Des  deux  parts,  il  n'y  aura  pas  de  négligence. 

Cela  est  une  affaire  importante  transmise  par  les  autorités  pour  être  traitée  ; 
il  faut  que  la  gravure  soit  très  fine  et  conforme  au  modèle.  Aussitôt  [le  travail] 
fait,  renvoyer  le  tout  dans  les  délais;  le  plus  tôt  sera  le  mieux. 

Ce  billet  d'obligation  est  remis  à  MM.  les  chefs  Kan-tché-li  et  Wou-kia-lang. 

K'ien-loung,  30^  année,  lune,  jour  1765. 

[Signé  par]  P'an  T'oung-wen    '^§   |^  ^. 
Yen  T'aï-houo  ^  ^  ^ . 
Tch'en  Kouang-chouen    J^  ^  j|^  . 
K'iEOU  Yi-foung    ^K  ^g  ^ä  . 
Ts-Âi  Tsiu-foung   ^  M  W- . 


Tch'en  Youen-ts'iuen   j®  jjB  ^  . 
Ts'ai  Fong-youen   ^  j^  yj^  . 
TcHANß  Kiai-youen    H^  ^^  »^  . 
Tch'en  Youen-lai   |J^  |§  ^. 
Ye  Kouang-youen    ^^  fê  Y© . 

Nombre  des        Le   nombre   des    marchands  hanistes   a   souvent  varié;  ou  vieut 

Ilanistes. 

de  voir  qu'il  était  de  dix  en  1765;  Souuerat  (Voy.,  II,  p.  10)  n'en 
comptait  que  sept. 

En  novembre  1807,  lors  de  la  visite  de  Renouard  de  Sainte-Croix, 
il  y  avait  à  Canton  douze  marchands  hanistes: 


1)  1769. 

2)  :fg  ^  ^    «a  milled  dollar"  (Williams). 


LES    MARCHANDS    HANISTKS    DE    CANTON.  807 

«1.  Panquekois:  mandarin  à  bouton  bleu  foncé.    Il  ne  fait  plu«  d'affaires; 
mais  il  a  toujours  deux  parts  dans  celles  de  la  compagnie  anglaise. 
2.  Maukois:  idem,  part  dan.s  la  compagnie  anglaise. 
3. '('uNsÉQUOi.s:  idem,  c'est  un  des  meilleurs. 

4.  NouYQU\:  mandarin  à  bouton  de  cristal. 

5.  Ponqua:  mandarin  à  bouton  bleu  clair;  fait  beaucoup  d'aflaires,  dans 
ce  moment  surtout,  avec  les  Américains. 

6.  Leyqua:  mandarin  à  bouton  de  cristal  de  roche. 

7.  Cheonqua  :  idem. 

8.  Honqua;  idem. 

9.  Puanqua:  idem. 

10.  Manhop:  mandarin  à  bouton  d'or;  il  était  autrefois  soldat  de  mandarin. 
H.  LoKQUA  :  mandarin  à  bouton  d'or. 

42.  Mansching:  idem.y>  ') 

La  onzième  année  Kia-K'ing  (1806),  le  Hoppo  Ti-Kiog  présenta 
au  Trône  un  mémoire  pour  demander  qu'un  premier  marchand  fut 
désigné  pour  diriger  les  affaires  des  hongs  et  qui  serait,  ainsi  que 
ses  collègues,  garant  des  nouveaux  hanistes  qui  pourraient  être 
nommés.  A  la  suite  d'un  mémoire  du  hoppo  Yen-loung  (9®  année 
Tao-Kouaug  =  1829)  le  chiffre  de  treize  hanistes  fut  atteint;  ce 
chiffre  fut  déclaré  définitif  par  un  mémoire  des  autorités  de  Canton, 
de  septembre  1837. 

D'après  The  Auglo-Chii\ese  Kalendar  de  1838  ^),  voici  la  liste  des 
hanistes  au  nombre  de  11: 

Noms  d'origine.  Noms  de  Hong.  Noms  officiels. 

Howqua.         Woohaou  kwan       Ewo  hong  Woo  Shaouyung 

MowQUA.         Loomow  kwan        Kwonglei  hong    Loo  Eekwang 
PoNKHEquA.    Pwan  Chinwei        Tuugfoo  hong      Pwan  Shaou  kwang 
GoQUA.  Seaygaou  kwan       Tung  hing  hong    Seay  Yewyin 

KiNGQUA  ')     Leangkiug  kwan     Teenpaou  hong    Leang  Ching-he 
MiNGQUA.        Pwanming  kwan     Chnngwo  hong    Pwan  Wan-taou 


1)  Voy.  aux  Indes  Orientais,  III,  p.  100. 

1)  Page  89.    . 

2)  t  1837. 


308  HENRI    CORDIER. 

Saüqua.  Ma-sew  kwan             Shuntae  hong      Ma  Tso-leang 

PüNHOYQUA.  Pwan  hae  kwan          Yunwo  hong        Pwau  Wan-hae 

Samqua.  Woo  Shwang-kwang  Tungshun  hong  Woo  Teeu-yuen 

Chingshing  or 

KWANQUA.  I 

TARquA.  Ganchang  hong  YungYew-kwang 


Footae  houg         E  Yuen-chang 


L'année  précédente,  1837,  il  y  avait  13  hanistes;  aux  précédents 
il  faut  ajouter; 

SuNSHiNG.  Hengtae  Hengtae  hong      Yen  Ke-chang 

LuHQUA.  Tungchang  hong  Lo  Fuh-tae 

En  1836,  il  n'y  avait  que  11  hanistes  comme  en   1838,  mais 
SuNSHiNG  existait  au  lieu  de  Takqua. 

En  1835   et  en  1834,  il  y  a  12  hanistes: 
En  plus 
Fatqua.  Le  fa  kwan  Man  une  hong     Le  Ying-kwei 

SuNSHING. 

PuKSUNE.  Fuktsune  hong     Wang  Ta-tung 

En  moins:  Chingshing  et  Takqua. 

Eu  1835,  Fat-qua  fut  déclaré  en  faillite;  il  devait  plus  de 
300.000  taels  au  gouvernement;  le  hong  de  Go-qua  qui  avait  été 
récemment  fermé,  fut  rouvert  sous  le  nom  de  Toung-hing,  au  lieu 
de  celui  de  Toung-yu;  Punhoy-qua  reprenait  les  affaires  qu'il  avait 
un  instant  abandonnées  *). 

Montigny  dans  son  Manuel  du  Négociant  français  en  Chine, 
publié  en  1846,  mais  rédigé  avec  des  documents  recueillis  pendant 
la  mission  de  M.  de  Lagrené,  ne  compte  que  les  dix  hanistes  sui- 
vants (p.  327): 


1)   Chinese  Repository,  III,  p.  577. 


,LKS    MARCHANDS    H.\NISTK8    DE    CANTON.  309 

HowQUA  Wû-liiiii-kwiin  J'ho-hiing  Wii-shâuyung. 

MowQUA  Lti-rnau-kwdn  Kwiingli-hilng  Lii-kikwang. 

PoNKHEQUA  Pwiin-cliingwei  Tung-fii-hiing  Pwan-Bhaukwslng. 

GoQUA  Sié-Ngiiu-kwdn  Tiing-liing-luing  Si<''-yiijin. 

KiNOQUA  Liang-king-kwin  Tien-pâii-hâng  Liang-chinghi 

MiNQQUA  Pwiin-ming-kwiin  Chnngho-hiing  Pwan-wantau. 

Saoqua  Mii-sew-kwan  Sliuntai-lidng  Ma-tsolidng. 

PuNHOYQUA  Pwdn-hai-kwdn  Jinho-hdng  Pwdn-wanhai. 

Samqua  Wii-shwdng-kwdn  Tiing-shun-lidng  Wutienyden. 

KwANSHiNG  Yih-kwdn-kwdn  Fiitdi-hdng  Yih-yiienchdng. 

A  la  fia  de  leur  privilege,  les  principaux  hanistes  étaient  Howqua, 
Mowqua  ')  et  Pwaukeiqua;  le  grand  père  de  ce  dernier  avait  été  chef  du 
co-bang  en  1785;  il  eut  pour  successeur  Paequa  qui  au  commencement 
du  XIX^  siècle  fut  remplacé  par  son  frère  Howqua  qui  resta  chef  jusqu'à 
la  fermeture  définitive  eu  1842. 

Le  privilège  commercial  de  l'East-India  Company  à  Canton  cessa  en 
1833;  la  plupart  des  employés  se  retirèrent  aux  Indes,  seuls  George 
Harvey  Astell  et  Henry  Matthew  Clarke  restèrent  jusqu'en  décembre 
1839  pour  liquider  les  afiarires  de  la  Compagnie. 

Après  le  départ  de  Canton  de  l'East-India  Company,  Howqua  s'oc- 
cupa exclusivement  des  affaires  de  la  maison  américaine  Russell  &  Co.;  il 
était  né  en  1769  et  il  mourut,  âgé  de  74  ans,  à  Ho-nam,  le  4  sept.  1843  *). 

Il  y  a  quelques  années  voulant  compléter  les  renseignements  que 
j'avais  recueillis  sur  les  hanistes,  je  priai  mon  ami,  M.  C.  Imbault-Huart, 
consul  de  France  à  Canton,  que  j'ai  eu  le  vif  regret  de  perdre  depuis, 
de  consulter  de  ma  part  le  descendant  de  Howqua  et  de  lui  demander 
ce  qu'il  savait  de  l'ancienne  corporation. 

M.  Imbault-Huart  eut  la  bonne  fortune  de  faire  la  connaissance  de 
ce  descendant,  Wou  Kin-tch'eug,  '^  ^  |fi  (  i^  ^^  >  H»o  Kouan, 
Howqua)  qui  habitait  à  Ho-Nam,  faubourg  de  Canton,  la  demeure  de  ses 
aacêtres.  Wou,  avec  la  plus  grande  obligeance  dressa  la  liste  suivante, 
en  exprimant  le  désir  qu'il  fut  fait  mention  que  c'était  grâce  à  lui  qu'on 
l'avait  obtenue. 


1)  Mowqua  moarat  à  Ho-Nam  le  7  mai  1836.  8)  Fankwae,  p.  60. 


310 


HENRI    CORDIER. 


1— «      1— '      1— l      1— l 
03t0i-'OcD00-<!05Üxrfi.C0bCI-' 

g         1  g  1  g  1  >-  f  1  1 

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Sl^^^'lffl%i^^#Slil^ 

«MWff«fi:^l>«ai*>4tfî>^* 

o 

ifiä^>4H^mBiS»Tttm^l 

a- 

Wou  Toun-youen 
P'an  Tchen-tch'eng 
Lu  Wen-weï 
Sie  Yéou-jen 
P'an  Kouô-young 
Wou  T'ien-t'an 
Yi  Youen-tch'aug 
Ma  Tsô-léang 
Léang  King-kouô 
Ts'aï  Tche-wen 
P'an  Tcheug-wei 
Leou  Kia-ts'oung 
Sié  Kia-wou 

famille  et  prénoms 
(postnom). 

M^âlMVflM-Èiil^^lilIii^ 

^  ^î^  >^  *  «  ^  t^  «  *  »  M  4^  ^ 

o 
3 

4^1  3î  zïî  ^i  zïî  z3î  4i  3^  ^^  3ï  4\  ^1  31 

ft) 

Y-ho  hang 
T'oung-fou  hang 
Kouang-li  hang 
Toung-chiug  hang 
Tchoung-ho  hang 
T'oung-chouen  hang 
Fou-t'aï  hang 
Chouen-t'aï  hang 
T'ien-paô  hang 
Wan-ho  hang 
T'oung-wen  hang 
Toung-cheng  hang 
Toung-yu  hang 

O 

D 

era 

a' 
v> 

3 

^l^^t)Slffl^<i5^SÄ^S^ 

BS*^H[-^HH)  11S«5S:^.5S  i 

53 

o 
3 

un}  un}  m}  ïïn}  ïïn}  un}  ^  un}  m}  im}  un}  us}  na}  i 

1 

te 

P- 
CD 

Wou  Haô-kouan 
P'an  Kou-kouan 
Lu  Mao-kouau 
Siè  Ao-kouan 
P'an  Ming-kouan 
Wou  San-kouan 
Yi  Fou-t'aï 
Ma  Cheou-kouan 
Léang  King-kouan 
Ts'aï  Wen-kouan 
P'an  Kou-kouan 
Leöu  Tchang-kouan 
Siè  Ao-kouan 

S" 

r»- 

M 

S 

-i    . 
3 
O 

5 

LES    MARCHANDS    HANI8TK8    DK    CANTON.  311 

Sur  les  treize  hanistes  cités,  douze  sont  de  familles  originaires 
de  lit  proviuce  du  Fou-kien,  d'où,  à  la  foukienoise,  leurs  surnoms 
se  terminent  par  la  syllabe  ^^  kouan  {qua)\  le  septième  de  la  liste 
est  le  seul  qui  soit  originaire  du  Kouang-Toung.  Il  est  à  remarquer 
qu'à  part  Howqua  et  un  ou  deux  autres  descendants  des  hanistes, 
tous  les  autres  sont  dans  la  plus  grande  misère:  les  grandes  fortunes 
amassées  par  leurs  ancêtres  ont  été  dissipées  ou  perdues  dans  de 
mauvaises  spéculations.  La  famille  Howqua  actuelle  est  bien  déchue 
de  son  ancienne  splendeur,  elle  ne  possède  guère  plus  aujourd'hui, 
dit-on,  que  cent  mille  dollars  environ. 

Samqua  a  été  depuis  tao-taï  à  Ghang-Haï  '). 

Les  hanistes  étaient  aidés  de  «linguistes»,  interprètes  désignés  lAngmutei. 
et  autorisés  par  le  hou-pou,  conformément  aux  ordres  de  Pe-King. 
Les  linguistes  ^  ^  t'oung  ché  étaient,  écrit  Montigny  *):  «les 
intermédiaires  obligés  entre  le  marchand  européen  et  la  douane.  Le 
linguiste  se  charge  d'obtenir  le  permis  d'embarquement  et  de  dé- 
barquement des  marchandises;  il  loue,  pour  Ces  opérations,  des 
allèges  et  embarcations,  surveille  le  transport  des  marchandises  du 
bord  à  terre  et  de  terre  à  bord,  etc.  En  un  mot,  l'habitude  des 
affaires,  que  possèdent  les  linguistes,  les  rend  fort  utiles  aux  Euro- 
péens; on  peut  même  généralement  se  fier  à  leur  bonne  foi,  lors- 
qu'ils ne  sont  pas  eux-mêmes  personnellement  intéressés  dans  les 
affaires  qu'ils  traitent  avec  le  commerce.  Depuis  qu'il  n'existe  plus 
de  monopole  eu  Chine,  le  négociant  européen  a  le  droit  de  louer 
lui-même  toutes  les  embarcations  ou  allèges  qu'il  désire;  mais,  dans 
son  intérêt,  il  doit  laisser  ce  soin  à  un  linguiste,  parceque  celui-ci 
ne  prendra  pas  plus  cher  et  sera  responsable  des  marchandises, 
qu'il  surveillera  d'ailleurs  avec  bien  plus  de  soin  que  si  elles  étaient 
confiées  à  des  bateliers  inconnus». 


1)  Voir  mon  Eût.  du  Relation»  de  la  Chine,  I,  p.  159. 

2)  Mannel  du  Négociant  françait,  p.  397. 


312  HENRI    CORDIEK. 

En   1834,  il  y  avait  six  linguistes;  *) 

Désignation  ordinaire.  Nom  de  hong.  Nom  officiel. 

Atom  Foonwo  Tsae-mow 

Atung  Uetloy  Ho-hwuy 

Akong,  ou  Young  Tom       Woshang  Paou-leäng 

Alantsei  Chengwo  Woo-tseäng 

Aheen  Unefoo  Ho-pin 

AcHow  Cheongtoy  Too-ching 

En  1838,  les  deux  derniers  ont  disparu  et 

Young  Aheen  ,     Shun  wo  Tsoytsung 

figure  dans  V Anglo-Chinese  Kalendar  de  cette  année. 

En  1845,   Montigny  donne  une  liste  de  5  linguistes  ^)  compre- 
nant Foonwo,  Woshang,  Chengwo,  Shunwo,  et 

Apooy  Tai-wo  Liù-yung 

Compradore.  Le  principal  agent  ou  employé  de  la  factorerie  était  le  compradore, 
du  portugais  comprar,  comprador,  acheter,  acheteur;  en  chinois 
^  ^  Mai  pan.  «Le  compradore  d'une  maison  se  charge  de  pro- 
curer tous  les  autres  domestiques  et  répond  de  leur  conduite;  il 
achète  tous  les  approvisionnements,  se  charge  des  petites  dépenses 
de  ménage,  et  fait,  sous  sa  responsabilité,  les  paiemens  et  en- 
caissemens»  '). 

Factoreries.  Au  sud  de  faubourgs  trop  peuplés,  les  factoreries  au  nombre  de 
treize,  Che-san  hang,  -|-  ^  ^ ,  étaient  rangées,  avec  leurs  façades 
tournées  vers  le  sud,  dans  l'ordre  suivant,  sur  la  rive  gauche  du 
Ïchou-Kiang,  en  face  de  l'île  de  Ho-nam,  |^  ^ ,  sur  une  longueur 
d'environ  350  mètres: 


1)  The  Angh-Chinese  Kalendar  for.  . .  1834,  p.  36. 

2)  P.  328. 

3)  Montigny,  p.  328. 


LBS    MARCHANDS    HANI8TBB    DB    CANTOK.  *   dl9 

La  première,  ù  l'ouest,  était  la  factorerie  danoiêe  léparée  de 
New  China  Street  par  des  boutiques  chinoises;  de  l'autre  côté  de  la 
rue  se  trouvait  la  factorerie  espagnole^  puis  la  factorerie  française 
lioiitrophe  du  liatig  de  Tchoung  qua  en  bordure  de  Old  China  Street; 
en  face,  sur  cette  même  rue  la  factorerie  américaine  {Kouang-t/ouen' 
hang)  au  coin  de  laquelle  était  un  corps  de  garde  avec  une  douzaine 
de  soldats  chiuois,  puis  venaient  les  hang  Paou-shan,  Impérial 
{Ma-ying  hang),  Suédois  {Sut  hang),  la  vieille  factorerie  anglaiie 
{Lung-shun  hang)  et  Chow  Chow  (Mélangée,  Fung^tae  hang)  séparée 
par  une  étroite  ruelle,  Hog  Lane,  bien  nommée,  des  hautes  murailles 
de  la  nouvelle  factorerie  anglaise  (Paou-ho  hang)  reconstruite  après 
l'incendie  de  1822  qui  détruisit  presque  toutes  les  factoreries, 
voisine  de  la  factorerie  hollandaise  {Tseih-e  hang)  et  de  la  Criqité 
{Creek  ')  factory,  E-ho  hang)  ainsi  nommée  d'après  une  crique  qui 
longeait  les  murs  de  la  ville  dont  elle  formait  jadis  le  fossé  ouest 
et  qui  déversait  à  cet  endroit  ses  eaux  dans  la  rivière.  En  tout  18 
factoreries  formant  un  square  et  derrière  lesquelles  courait  de  l'est 
à  l'ouest  la  Rue  des  Treize  factoreries  {Thirteen  factory  Street). 
Devant  la  nouvelle  factorerie  anglaise  et  devant  la  factorerie  hol- 
landaise se  trouvaient  des  terrasses  dont  les  colonnes  portaient  pour  la 
première  Pro  Rege  et  Seuatu  Angliae  et  la  seconde  Je  maintiendrai. 

A  l'extrémité  nord  de  Old  China  Street,  s'élevaient  sur  la  Rue 
des  Factoreries  les  beaux  bâtiments  d'architecture  chinoise  du 
«Conseil  des  Factoreries  étrangères»  {Consoo  House),  propriété  de 
la  collectivité  des  marchands  hauistes  qui  étaient  d'ailleurs  proprié- 
taires, principalement  Howqua  et  Pouan  Keiqua,  des  factoreries 
qu'ils  louaient  aux  étrangers  à  un  prix  modéré  payable  une  fois 
l'an;  on  pénétrait  dans  la  Maison  du  Conseil  par  un  escalier  de 
larges  marches  en  granit  et  par  de  grandes  portes  eu  bois  de  teck. 


1)  Montigoy  (p.  474)  qui  a  »ans  doate  la  Oreti,  dit  qoe  «lea  Strängen  rappellent  la 
factorerie  preegw^A 

28 


314  '  HE^RI    CO  II  DIB«. 

«En  payant  une  somme  considérable»,  écrit  Sonnerat,  II,  p.  15, 
«il  leur  fut  permis  [aux  étrangers]  de  bâtir  la  façade  [de  leurs  hangs] 
à  leur  manière,  pourvu  que  l'intérieur  fut  à  la  Chinoise,  comme  il 
l'est  effectivement;  chaque  Nation  a  son  pavillon  devant  sa  loge, 
non  pas  comme  une  marque  de  considération,  mais  comme  une 
enseigne  qui  la  distingue  des  autres».  En  1825,  les  pavillons 
anglais,  hollandais,  américain  et  espagnol,  étaient  hissés  tous  les 
jours  devant  les  factoreries;  le  pavillon  français,  absent  depuis 
trente  ans,  fut  hissé  le  13  déc.  1832,  pour  marquer  la  résidence  de 
notre  consul;  notre  commerce  était  alors  insignifiant;  la  Suéde,  le 
Danemark  et  l'Empire  (Autriche)  avaient  cessé  tout  commerce  direct 
avec  Canton  *). 

Chaque  factorerie  se  composait  d'une  série  de  bâtiments  presque 
tous  de  trois  étages,  placés  les  uns  derrière  les  autres,  séparés  par 
des  cours,  et  numérotés  1,  2,  3,  etc.;  le  rez-de-chaussée  était  con- 
sacré aux  bureaux,  le  premier  aux  salons  de  réception  et  le  second 
aux  appartements  privés. 

Le  Vendredi  soir,  l®'"  novembre  1822,  à  9  heures,  un  terrible 
incendie  détruisit  avec  un  grand  nombre  de  maisons  indigènes  les 
hongs  de  Fatqua,  Chunqua  et  Punkhequa  ainsi  que  toutes  les 
factoreries  étrangères  à  l'exception  de  celles  du  consul  américain 
(Wilcock),  de  M.  Berry  et  d'une  partie  de  celle  de  M.  Magniac. 
A  la  suite  de  l'attaque  des  forts  de  Canton  par  l'amiral  anglais 
Sir  Michael  Seymour,  les  Chinois,  exaspérés,  brûlèrent  les  factoreries 
étrangères  le  14  décembre  1856,  à  onze  heures  du  soir;  toutes  fu- 
rent détruites,  sauf  l'établissement  anglais  qui  échappa  à  la  ruine 
commune. 


Abolition  du       Le  privilège  des  marchands  hanistes  fut  définitivement  aboli  par 

•ivilége. 

l'article  V  du  Traité  signé  par  l'Angleterre  à  Nan-King,  le  29  août  1842  : 


1)   Fan-kwae,  p.  22. 


LBfl    MARCHANDS    HANTOTES    OB   OANTOIf.  815 

«The  Government  of  China  having  compelled  the  British  merchants  tfoding 
at  Canton  to  deal  exclnsivoly  witli  certain  Chinese  Merchants,  called  Ilong- 
merchiints  (or  Co-hong),  who  had  been  licensed  by  the  Chinese  Government 
for  that  purpose,  the  Emperor  of  China  agrees  to  abolish  that  practice  in 
future  at  ail  ports  where  British  merchants  may  reside,  and  to  permit  them 
to  carry  on  their  mercantile  transactions  with  whatever  persons  they  please; 
and  His  Imperial  Majesty  further  agrees  to  pay  to  the  British  Government  the 
sum  of  Three  Millions  of  Dollars,  on  account  of  debts  due  to  British  subjects 
by  some  of  the  said  Hong-merchants,  or  Co-hong,  who  have  become  insolvent, 
and  who  owe  very  large  sums  of  money  to  subjects  of  Her  Britannic  Majesty.» 


VARIÉTÉS. 


— >-«3aa(XVK2>»  — 


XIIP  CONGRÈS  INTERNATIONAL  DES  ORIENTALISTES 


HAMBOURG  (4— 10  SEPT.  1902). 


Lors  du  Congrès  de  Rome  en  1899, 
Hambourg  avait  été  choisi  comme  le  lieu 
de  la  pi'ochaine  réunion  ;  on  pouvait  se 
demander  ce  que  serait  un  congrès  scien- 
tifique dans  un  grand  port  de  commerce, 
n'ayant  pas  d'université,  et  n'ayant  au- 
cun Orientaliste  dont  le  renom  devait 
nécessairement  faire  graviter  de  nom- 
breux disciples  autour  de  lui.  L'expérience 
a  été  faite  et  elle  a  pleinement  réu.ssi  : 
le  Congrès  de  Hambourg  a  eu  le  plus  vif 
succès,  grâce  à  ses  deux  bourgmestres, 
les  Drs.  Mönckeberg  et  Burchard,  à  son 
Président,  M.  le  Dr.  Senior  D.  Behrmann, 
pasteur  de  l'Eglise  St.  Michel,  à  son 
Secrétaire-général,  M.  leDr.F.SiEVEKiNG, 
et  aux  membres  de  son  Comité  d'Organi- 
sation, MM.  les  Drs.  Ch.  Bottler  et  Max 
Schramm,  en  particulier. 

Des  délégués  avaient  été  envoyés  par 
presque  tous  les  gouvernements  étrangers 
et  par  un  grand  nombre  de  sociétés  sa- 
vantes. J'avais  l'honneur  de  repré.senter 
le  Ministère  de  l'Instruction  Publique  et 
des  Beaux- Arts  et  la  Société  de  Géogra- 
phie; M.  Jules  Oppert  avait  été  délégué 
par  la  Société  Asiatique,  et  mon  collègue, 
M.  Clément  Huart,  par  l'Ecole  des  Lan- 
gues Orientales.  On  retrouvait  les  figures 
amies  ou  familières  de  MM.  Vilh.  Thom- 
sen  et  Valdemar  Schmidt,  de  Copenhague; 
le  Comte  Carlo  Landberg,  de  Suède;  le 
Prof.  Radlolf,  de  St.  Pétersbourg,  tou- 
jours actif;  le  Prof  0.  Donner,  de 
Helsingfors;  le  Prof  M.  J.  de  Goeje,  de 
Leyde;  les  Prof  Leo  Rheinisch,  Jo-sef 
Karaba6ek  et  Leopold  von  Schroeder,  de 
Vienne;  les  Prof  E.  G.  Browne,  Cecil 
Bendall  et  H.  A.  Giles,  de  Cambridge; 


le  Prof  A.  A.  Macdonnell,  d'Oxford  ;  Sir 
Raymond  West,  le  Prof  T.  W.  Rhys 
Davids,  le  Dr.  Gaster,  de  la  Royal  Asiatic 
Society  ;  le  Dr.  James  Burgess,  d'Edim- 
bourg; le  Prof  R.  K.  Douglas,  de  l'Uni- 
versité de  Londres  et  du  British  Museum; 
Sir  Charles  J.  Lyall,  de  l'Inde;  Dr.  M.  A. 
Stein,  de  l'Indian  Educational  Service; 
M.  René  Basset,  d'Alger;  les  Prof  Angelo 
de  Gubernatis,  Comte  F.  Lorenzo  Pullé, 
et  I.  Guidi,  MM.  Edouard  Naville  et 
Montet,  de  Genève;  M.  Arthur  Diôsy, 
de  la  Japan  Society  ;  les  Prof  Emil 
Kautz.sch,  de  Halle,  Kuhn,  Krumbacher 
et  Hirth,  de  Munich,  Windisch,  de  la 
Deutsche  Morg.  Gesellschaft,  le  Conseiller 
de  Légation,  Dr.  G.  Rosen,  le  vétéran  de 
Strasbourg,  le  Prof  Nöldeke;  le  Prof 
J.  Lieblein,  de  Christiania  ;  M.  Francisco 
del  Paso  y  Troncoso,  conservateur  du 
Musée  de  Mexico;  M.  A.  Foucher,  de 
l'Ecole  des  Hautes  Etudes,  de  Paris,  et 
M.  Victor  Loret,  de  l'Université  de  Lyon; 
les  Prof  I.  Goldzilier,  de  Budapest  ;  C. 
Solemann,  de  St.  Pétersbourg:  Miss  Eliza 
Seid  more,  de  Washington;  le  Prof  A.  V. 
Williams  Jackson,  de  l'American  Oriental 
Society,  etc ,  etc. 

M.  le  Dr.  Senior  D.  Behrmann  a  publié 
à  l'occasion  du  congrès  un  petit  livre 
Hamburgs  Orientalisten  d'où  il  ressort 
que  le  grand  port  allemand  a  eu  sa  part 
dans  le  mouvement  des  études  orientales. 

Diverses  brochures  étaient  remises  aux 
Congressistes  à  leur  arrivée:  Un  Guide 
de  Hambourg,  dédié  au  Public  voyageur 
par  la  Verein  zur  Förderung  des  Frem- 
den-Verkers  in  Hamburg:  de  son  côté, 
l'impriraerieorientaledeM.W.DRUQULiN, 


Varietes. 


317 


à  Leipzip,  avait  olVeit  uii  élépant  Vade- 
mecurn  à  Ilambuurg.  —  Les  Dames 
recevaient  un  carnet  indiquant  les  diti- 
tractions  oif?anisées  pour  elles  (tendant 
les  s(^anc.es.  —  Et  comme  un  praiid  port 
ne  perd  jamais  ses  droits,  notons  iiiiejolie 
brocliure  illustrée  Hambur(fs  Ithcderei 
und  die  Levante  im  19.  Jahrhundert. 

*  # 
A  l'occasion  du  Congrès,  la  Bibliothè- 
que de  la  Ville  avait  organisé  une  expo- 
sition et  autographié  un  catalogue  dont 
nous  tirons  les  renseignements  suivants: 
Les  manuscrits  orientaux  de  la  Biblio- 
thèque de  la  Ville  de  Hambourg,  dont  un 
certain  nombre  a  été  exposé  à  l'occasion 
du  Congrès  international  des  Orientalis- 
tes, se  composent  de  330  numéros,  sans 
parler  des  355  appartenant  au  domaine 
de  la  philologie  hébraïque  dont  le  cata- 
logue a  paru  en  1878.  Sur  ces  330  numé- 
l'os,  la  moitié  est  arabe,  un  quart  per.san, 
un  dixième  turc,  le  reste  comprend  les 
manuscrits  divers  en  plusde  vingt  langues 
différentes. 

Les  deux  tiers  de  cette  collection  pro 
viennent     avant    tout    d'une    ancienne 
bibliothèque  unique,  celle  des  deux  frères 
Wolf. 

Le  frère  aine  était  le  célèbre  orient- 
aliste Jean  Christophe  Wolf,  né  le  21  Fé- 
vrier 1683  à  Vernigerode,  nommé  en 
1712  professeur  des  langues  orientales 
au  Gymnase  Académique  de  Hambourg, 
qui  fut  choisi  en  1716  comme  pasteur  en 
chef  de  Sainte  Catherine  et  mourut  le 
25  Juillet  1739.  Le  plus  jeune,  né  le  10 
avril  1689,  était  professeur  de  physique 
et  de  poésie  au  Gymnase  Académique  ; 
devenu  en  1716  administrateur  de  la 
Bibliothèque  de  la  Ville,  il  s'éteignit  le 
9  février  1770.  Tous  deux  ont  laissé  à 
cette  môme  Bibliothèque  leurs  collections 
considérables. 

Jean  Christophe  Wolf  avait  acquis  ses 
manuscrits  orientaux  presque  tous  hé- 
braïques d'une  seule  source,  il  avait 
acheté  en  1732  la  collection  de  plus  de 
150  pièces  la  plupait  arabes  et  persanes, 
qui  avaient  appartenu  à  Joachim  Mor- 
genweg et  avant  lui  à  Abraham  Hinckel- 
mann. 

Abraham  Hinckelmann,  né  le  2  Mai 
1652  à  Döbeln,  en  Saxe,  était  en  1688 
pasteur  en  chef  de  Ste  Catherine  et 
mourut  le  11  Février  1695.  Son  riche 
trésor  de  manuscrits  lui  était  venu  de 
plusieurs  côtés;  il  Tavaitacquis,  à  diffé- 


rentes reprises,  —  ainKÏ  qu'on  |ieuts'en 
rendre  compte  par  dos  note»  marnes  dans 
ces  nmnu.scrits  —  de  ilolhindaiK.  qui  eux» 
mômes  les  avaient  rapportés  d'Orient. 
Joachim  Morgenweg,  pasteur  de  l'or- 
phelinat de  Hambourg,  mort  en  1730, 
avait  encore  augmenté  la  collection  de 
Hinckelmann  de  quelques  numéros. 

Au  legs  de  son  frère,  le  plus  jeune 
Wolf  avait  ajouté  environ  50  manuscrits 
orientaux,  dunt  il  s'était  rendu  acquéreur 
en  1749  de  l'héritage  du  bibliophile 
Zacharie  Conrad  de  Offenbach,  mort  à 
Francfort  en  1734. 

Auprès  du  contingent  laissé  par  les 
frères  Wolf,  les  contributions  des  autres 
donateurs  sont  très  faibles  en  proportion  ; 
il  faut  cependant  nommer  Jean  Frédéric 
Winckler  qui  mourut  en  1738,  pasteur 
en  chef  de  St.  Nicolai.  Il  avait  possédé 
un  certain  nombre  de  manuscrits  arabes, 
persans,  turcs  et  éthiopiens;  mais  ceux- 
ci,  qui  lui  venaient  de  Job  Ludolf,  il  les 
avait  laissés  à  Morgenweg. 

La  Bibliothèque  hérita  également  de 
quelques  manuscrits  do  Paul  Schaflhau 
sen,  mort  en  1761  professeur  au  Gym- 
nase Académique  et  second  bibliothécaire, 
et  en  1871  de  quelques-uns  venant  du 
Surintendant  général  Adler,  du  Slesvig. 

En  1885,  il  lui  futremi8l5 manuscrits, 
dont  onze  sont  tmcs,  provenant  de  l'héri- 
tage du  Dr.  Andreas  David  Mordtmann, 
le  même  qui  en  1841,  avait  fait  le  cata- 
logue des  manuscrits  orientaux,  encore 
en  usage  à  la  Bibliothèque  de  la  Ville  de 
Hambourg.  Les  numéros  280  et  281  du 
catalogue  Mordtmann  ont  été  décrits  en 
1851  d'une  façon  plus  exacte  par  le  prof. 
Théodore  Aufrecht. 

•  * 
Parmi  les  ouvrages  présentés  au  Con- 
grès, notons  :  le  3*  fascicule  du  Vol.  I, 
El  Teatro  de  la  Bibliofheat  Nàuatl  qui 
renferme  la  Comedia  de  los  Reyes,  écrite 
en  mexicain  au  commencement  du  XVII* 
siècle  par  Agustin  de  la  Fuente  et  tra- 
duite de  l'espagnol  par  le  savant  direc- 
teur du  Musée  National  de  Mexico,  Don 
Francisco  del  Paso  y  Tronco.*^o;  le4'làsr. 
l'enfermera  la  Deslrucciôn  de  Jerusalén 
et  le  5*,  la  deuxième  édition  de  la 
Invenciôn  de  la  Santa  Cruz  por  Santa 
Elena,  dont  la  première  édition  publiée 
il  y  a  douze  ans  par  Don  Francisco  n'a 
été  tirée  qu  à  50  exemplaires.  —  Une 
brochure  publiée  à  l'occasion  du  Conines 
;  par  la  Deutach-japaniacher  Gexlbchaß 


318 


VARIETES. 


(Wa-Doku-Kai)  de  Berlin;  elle  con- 
tient les  travaux  suivants:  Schun-izu's 

(  ^i  -^  )  Stellung  in  der  Geschichte 

der  chinesischen  Philosophie  par  le 
Prof.  U.  Hattori;  une  lettre  (en  portu- 
gais) de  Fernao  Mendez  Pinto,  publiée 
par  le  Dr.  0.  Nachod  ;  Recht  und  Sprache 
in  Japan,  par  le  Dr.  en  droit  Paul  Brtjun; 
Traumdeutung  in  Japan,  par  S.  Iwaya 
de  Tokio.  —  La  Revue  orientale  {Keleti 
Szemle)  rédigée  à  Budapest  par  les  Drs. 
Igndcz  Ki'iNOS  et  Bernât  MuNKacsi  a 
imprimé  d'avance  dans  son  no.  2 — 3  de 
4902  la  communication  faite  au  Congrès 
par  le  Dr.  Kurakichi  Shiratori,  Prof,  à 
Tokio  :  Beitrag  zur  Geschichte  und 
Sprache  des  Centralasiatischen  Wusun- 
Stammes.  —  Signaions  aussi  la  revue 
publiée  à  Helsingfors  par  les  Prof.  E.  N. 
SETäLä  et  Kaarle  Krohn,  Fimiisch- 
Ugrische  Forschungen,  qui  a  débuté  en 
1901.  —  Beschreibung  einiger  Schädel 
aus  Turkestan,  par  M.  G.  Retzius,  de 
Stockholm,  qui  est  un  tirage  à  part  de 
AlterfhiJmer  aus  dem  Thaïe  des  Talas 
in  Turkestan,  publication  de  la  Société 
Finno-Ougrienne,  de  Helsingfors.  — 
Ost-Asien,  la  première  revue  mensuelle 
publiée  en  Europe  (Berlin)  par  les  Japo- 
nais ;  en  sept.  1902,  paraissait  son  no.  54; 
rédigée  en  allemand,  elle  est  dans  la 
cinquième  année  de  son  existence.  — 
Le  Dr.  Fried.  Hirth  a  distribué  son 
système  de  transcription  du  chinois  : 
Tabelle  für  die  Umschreibung  chinesi- 
scher Schriftzeichen  in  dem  für  Schrift- 
zwecke modifizierten  Dialekt  vonPeking; 
nous  y  reviendrons  dansnotre 'Sommaire 
des  Etudes  chinoises'.  —  Miss  Eliza  Ru- 
hamah  Scidmore  a  distribué  un  char- 
mant guide  illustré  dont  elle  est  l'auteur, 
Westward  to  the  Far  Fast,  publié  par  la 
'Canadian  Pacific  Railway  Co. 'qui  a  at- 
teint sa  dixième  édition  en  1902. 

M.  le  Dr.  Justus  Brinkmann  a  fait 
distribuer  le  catalogue  rédigé  par  M. 
Shinkichi  Hara  de  la  belle  collection  des 
objets  d'arts  japonais  du  Hamburgisches 
Museum  für  Kunst  und  Geioerbe:  Die 
Meisler  der  Japanischen  Schwertziera- 
thcn  von  Shinkichi  Hara  Fingeleilcl  von 
Justus  Br.iNCKMANN,  Hamburg,  1902. 
Nous  en  extrayons  les  renseignements 
suivants  sur  l'origine  de  cette  collection  : 
L'Exposition  universelle  de  Vienne  en 
1873,  sur  laquelle  les  Hambourgeois 
comptaient   pour   fonder   la   collection 


japonaise  de  leur  Musée  des  Arts  et 
Métiers,  ne  leur  donna  aucune  occasion 
d'acheter  des  gardes  et  des  ornements 
d'épée  japonais.  Ce  ne  fut  qu'après  1876, 
époque  à  laquelle  défense  fut  faite  de 
porter  l'épée,  que  les  épées  japonaises  et 
leurs  accessoires  ai-rivèrent  en  grand 
nombre  en  Europe.  Les  premiers  achats 
se  firent  au  début  de  1880  par  l'inter- 
médiaire du  magasin  d'objets  d'art,  R. 
Wagner,  de  Berlin,  dont  le  propriétaire, 
M.  Hermann  Paechter,  mort  depuis  peu, 
eut  dans  la  suite  le  grand  mérite  de 
fournir  aux  collections  allemandes  les 
antiquités  japonaises.  Un  séjour  du  Di- 
recteur du  Musée  à  Paris  lui  ouvrit,  dans 
l'automne  de  l'année  1883,  le  marché 
jusqu'alors  le  plus  considérable  des  objets 
d'art  japonais.  L'établissement  de  M. 
Bing  offrait,  à  côté  d'autres  branches  de 
commerce,  un  choix  immensément  riche 
d'ornements  d'épées.  La  collection  per- 
sonnelle de  M.  Bing  facilitait  l'étude  de 
ces  derniers,  alors  que  les  Musées  publics 
de  Paris  ne  collectionnaient  pas  encore 
d'antiquités  japonaises.  Dans  cette  cir- 
constance, M.  Tadamasa  Hayashi  se 
révéla  comme  un  conseiller  expert  pour 
le  déchiffrement  du  nom  des  artistes  et 
l'explication  des  descriptions  sur  les  gar- 
des d'épée,  le  même,  qui  plus  tard,  lors- 
que M.  Bing  quitta  son  commerce  japo- 
nais, pour  se  consacrer  entièrement  à 
«l'Art  nouveau»  devint  le  conseiller  du 
collectionneur  parisien,  et  termina  bril- 
lamment sa  carrière  en  France  comme 
Commissaire  général  du  Gouvernement 

Impérial  Japonais  à  l'Exposition  de  1900. 
* 

*  * 
Une  réunion  préliminaire  du  Congrès 

a  eu  lieu  le  jeudi  soir  4  sept,  dans  le 
'Concerthaus  Hamburg'  (jadis  Ludwig) 
St.  Pauli,  où  sesont  d'ailleurs  tenues  les 
séances  d'ouverture  et  de  clôture.  Le 
congrès  a  été  ouvert  solennellement  le 
vendredi  matin  5,  à  10  h.  Notons  le  soir 
du  même  jour,  une  splendide  réception 
dans  le  nouvel  et  somptueux  hôtel  de  ville 
où  les  deux  bourgmestres  ont  rivalisé 
d'amabilité;  le  samedi  soir,  une  repré- 
sentation de  gala  a  été  donnée  au  Stadt- 
Theater;  on  a  joué  la  Valkyrie.  Le  di- 
manche, nous  nous  sommes  rendus  à  Cux- 
haven, à  l'embouchure  de  l'Elbe,  point 
de  départ  des  grands  transatlantiques. 
Le  mardi,  9,  une  fête  vénitienne  splendide 
a  eu  lieu  sur  les  bassins  de  l'Alster.  — 
Un  banquet  d'environ  700  couverts  a  clos 


VMlll-rTKS. 


319 


le  Congrès;  il  a  eu  lieu  le  Meicredi  10 
sept,  dans  la  jurande  salle  du  Jardin 
Zooloj^ique,  kous  la  présidoiiccidn  [nvuiier 
Mourjîrnestie ;  do  nombreux  <liscours ont 
été  iirononcés,  et  M.  ReneJUssKT  a  invité 
les  personnes  présentes  à  assister  au  1-i» 
Congrès  des  Orientalistes  qui  aura  lieu  à 
Alger  en  1905. 

Cette  tête  a  terminé  brillamment  une 
réunion  scientifique  qui  a  eu,  grùce  à  ses 
organisateurs,  le  plus  vif  succès. 
# 
*  * 

L'Asie  centrale  et  orientale  qui  for- 
mait la  4*  section  a  composé  son  bureau 
de  la  manière  suivante:  Présidents:  M. 
le  Dr.  Friedrich  IIirth,  de  Munich,  et 
M.  le  Dr.  Vilh.  Thomsen,  de  Copenhague: 
Vice-Présidents:  MM.  Henri  Cordier,  de 
Paris,  Herbert  A.  Giles,  de  Cambridge, 
et  Robert  K.  Dougî-as,  de  Londres; 
Secrétaires:  MM.  le  Dr.  0.  Franke,  de 
Dresde,  le  Dr.  L  KiîNos,  de  Hudapest, 
le  Prof  Shiratori  et  Miss  R.  Sciumore. 

Dans  la  séance  de  l'après-midi  du  5 
sept.,  M.  le  Dr.  Hirth  dépose  la  Table  de 
son  système  de  tran.scription  allemande 
pour  les  mots  chinois  dans  le  dialecte  de 
Pé-King  et  l'explique  (voir  çi-de.ssus). 

Dans  cette  séance  du  5  Septeujbre, 
malgré  l'opposition  de  MM.  H.  A  Giles 
et  Henri  Cordier,  M.  Martin-Fortris 
avait  fait  adopter  par  la  4*  section,  Asie 
centrale  et  OnVutoic,  la  proposition  sui- 
vante relative  à  la  transcription  des  sons 
chinois  : 

«Le  Xni*  Congrès  des  Orientalistes  a  dans 
sa  séance  de  clôture  adopté  le  voeu  suivant  : 

La  4«  Section  (Chine,  Japon  et  Corée)  du 
Xin®  Congrès  international  des  Orientalistes 
émet  le  voeu  que  chaque  pays  fixe  un  système 
unique  et  oflioiel  de  transcriptions  de»  bods 
chinois,  ces  différentes  transcriptions  seront 
recueillies  dans  un  manuel  international. 

Afin  que  ce  voeu  ne  restftt  pas  stérile,  le 
comité  organisateur  du  Congrès  de  Hambourg 
a  fait  imprimer  en  même  temps  que  le  Bulletin 
No.  4,  le  Tableau  des  sons  mandarins  des 
caractères  chinois. 

Ce  tableau  comprend  trois  colonnes: 

La  1*"  est  affectée  am  sons  mandarins  tels 
que  Wells  Williams  les  écrit;  la  2*"'  aux 
mêmes  sons  orthogra|)hids  suivant  le  système 
de  la  Commission  internationale  de  1S97;  la 
'i''""  enfin,  laissée  en  blanc,  est  destinée  à 
recevoir  les  équivalents  officiels  dont  chaque 
Gouvernement  aura  fait  choix  pour  représenter 


let  toni  mentionné«  dam  le«  deui  autre»  oo> 
lonnea. 

Il  appartient  maintenant  à  la  4*  «ection  de 
décider  s'il  convient  de  permettre  au  Comité' 
de  poursuivre  l'exécution  de  l'oeuvre  commen- 
cée en  lui  donnant  mandat  d'adresser  à  chacun 
de«  Gouvernements  intéressés  un  exemplaire 
du  Tableau  qu'il  a  fait  imprimer  avec  prière 
d  en  remplir  la  3"  colonne  et  de  le  retourner 
ensuite  au  Secrétaire  de  la  Commission  inter- 
nationale». 

Sur  les  observations  de  M.  W.  Radloff, 
fa  commission  supérieure  du  Congrès  a 
écarté  cette  proposition  par  i'À  voix 
contre  10.  Les  gouvernements  ont  déjà 
été  avisés  de  la  première  proposition 
faite  à  Rome;  il  était  donc  {»rfuitoment 
inutile  de  les  déranger  une  seconde  fois 
pour  une  question  d'ordre  scientiflque. 

Le  6  sept.,  dans  la  deuxième  séance 
de  la  section,  les  mémoires  suivants  ont 
été  lus:  liber  den  Rhythmus  der  türki' 
sehen  Spracheti^  par  le  Prof  KÜNOs,  de 
Budapest;  Über  die  Hunnen frar/e,  par 
le  Prof  RâLiNT,  de  Klausenburg;  une 
discu.5sion  a  eu  lieu  à  la  suite  de  cette 
dernière  lecture  entre  le  Prof  Bälint  et 
le  Prof  HiRTH,  dont  on  connaît  le  beau 
travail  sur  la  langue  d'Attila;  Über  die 
wichtir/sten  chinesischen  Beformachrif- 
ten  vom  Ende  des  19.  Jahrhunderts,  par 
le  Dr.  0.  Franke^  de  Dresde;  à  la  suite 
d'une  discussion  à  laquelle  prennent  part 
le  Prof  Hirth  et  M.  A.  Diôsv,  la  résolu- 
tion suivante  est  adoptée: 

En  considération  de  l'importance  actuelle  da 
Mémoire  de  M.  le  Dr.  Franke,  une  rapide  im- 
pression de  ce  dernier  est  souhaitée. 

Dans  la  séance  de  l'après-midi  du  8 
Septembre  les  trois  mémoires  suivants 
ont  été  lus:  On  a  recent  attempt  for 
oriental  researches  in  Japan  par  le  Dr. 
Sawayanagi,  de  Tokio;  On  the  Historio- 
graphical  Institute  in  the  Imperial 
University  of  Tokyo;  with  explanations 
of  some  typical  materials,  l>oth  oriyinal 
and  p/jo/o</rop/iic,parleProf  8.  MiKAMi, 
de  Tokio  ;  Les  Saintes  instructions  de 
l'KmiH'reur  Homf-ou  (1368—1398)  du 
Prof  E.  Chavannes,  de  Paris,  lu  par 
M.  A.  Fouchek. 

Nous  croyons  utile  de  donner  le  pros- 
pectus des  ouvrages  japonais  suivants  : 


320 


VARIETES. 


NOTIFICATION. 


Depuis  plusieurs  années,  l'Université  impériale  de  Tokyo,  Japon,  s'est  occupée 
de  ramasser  et  de  compiler  des  matériaux,  dans  le  but  de  publier  deux  ouvrages 
d'importance:  le  Dai-Nippon  Komonjo^  ou  «Documents  de  l'Empire  du  Japon», 
et  le  Dai-Nippon  Shiryd,  ou  «Matériaux  relatifs  à  l'histoire  du  Japon».  A  pré- 
sent, l'Université  est  à  même  d'annoncer  que  ces  deux  ouvrages  sont  en  cours 
de  publication.  Les  remarques  suivantes  permettront  de  se  faire  une  idée  de 
leur  contenu  et  de  la  valeur  que  les  historiens  pourront  leur  attribuer. 

I.    DAI-NfPPON   KOMONJO. 

Cet  ouvrage  offre  la  collection  complète  des  documents  les  plus  divers  actuelle- 
ment possédés  par  l'Empire  du  Japon,  depuis  les  décrets  impériaux  jusqu'aux 
simples  certificats  et  aux  lettres  privées  Les  documents  les  plus  anciens  datent 
du  huitième  siècle  de  l'ère  chrétienne,  et  les  plus  récents,  du  milieu  du  dix- 
neuvième.  Tous  ces  documents  ont  été  rangés  dans  l'ordre  chronologique.  Ils 
seront  reproduits  à  l'aide  des  caractères  ordinaires  d'imprimerie,  à  l'exception 
toutefois  de  quelques  documents  plus  importants  et  particulièrement  intéressants 
qui  seront  reproduits  en  fac-similé  lithographiques,  avec  une  légère  réduction 
de  l'original  pour  quelques-uns. 

L'ouvrage  complet  se  composera  d'environ  200  volumes  dont  chacun  com- 
prendra environ  600  pages;  on  publiera  chaque  année  de  2  à  5  volumes.  Le  prix 
de  chaque  volume  sera  de  3  yen  (=   7  fr.  65  c),  frais  de  poste  non  compris. 

II.   DAI-NIPPON  SHIRYÔ. 

Cet  ouvi'age  contiendra  une  gi'ande  variété  de  matériaux  l'elatifs  à  l'histoire 
de  l'Empire  du  Japon,  archives  de  tous  genres,  agendas,  documents  civils  et  autres, 
embrassant  une  période  de  neuf  cent  quatre-vingt  et  une  années,  de  887  a.D. 
à  1868,  époque  de  la  Restauration.  Tous  les  matériaux  seront  disposés  dans 
l'ordre  chronologique,  suivant  un  plan  très  simple  et  tiès  commode.  Chaque 
événement  important  s'y  trouvera  raconté  brièvement  à  la  date  où  il  s'est 
produit,  et  immédiatement  après,  on  donneia  groupés  par  ordre,  tous  les  ma- 
tériaux relatifs  à  cet  événement. 

L'ouvrage  complet  se  composera  d'environ  300  volumes  dont  chacun  com- 
prendra environ  1000  pages;  on  publiera  chaque  année  de  4  à  10  volumes.  Le 
prix  de  chaque  volume  sera  de  4  yen  (=  10  fr.  20  c.)  frais  de  poste  non  compris. 

Les  amateurs  sont  priés  d'adresser  leurs  demandes,  jusqu'à  la  fin  de  décembre 
1902,  et  ensuite  leurs  souscriptions  à  M. 

H.   YOSHIKAWA.  \ 

Dai-Nippon  Tosho  Kwaisha.  |  Éditeurs. 

FUSANBO.  ' 

Tokyo,  Japon. 

Mars,  1901. 


La  séance  de  la  Section  de  l'Inde  à  la- 
quelle s'était  jointe  la  section  de  l'Asie 
centrale  et  orientale  a  été  particulière- 
ment intéressante  le  6  septembre. 

Après  que  M.  A.  Foucher  eut  fait 
une  communication  sur  l'Ecole  française 


«Der  XIII.  Internationale  Orientalisten- 
Koiigress  gestattet  sich,  der  Regierung  von 
Indochina  seinen  ehrerbietigen  Dank  für  die 
Förderung  auszusprechen,  welche  die  Regie-, 
rang  durch  die  Begründung  der  Ecole  d'Ex- 
trême Orient  den  orientalischen  Studien  hat 
Zuteil  werden  lassen.  Der  Kongress  hat  die 
Ehre,  die  Regierung  zu  den  schon  erreichten 


d'Extrême-Orient  dont  il  est  Directeur-     wichtigen  Erfolgen  jener  Anstalt  angelegent- 
adjoint,   M.    le    Prof.  Oldenberg  fit  la  |  ^'"^^^  ^"^  beglückwünschen», 
proposition  suivante  appuyée  par  M.  le  '       La  communication  la  plus  importante 
Prof.  Rhys  Davids:  ,  qui  ait  été  faite  au  Congrès  est  celle  du 


J 


VARIKTKS. 


821 


Dr.  M..  A.  3tk!N  devant  los  sections  de 
l'Inde  et  de  l'Extrôtne-Orient.  Cliar^é  en 
juin  1900,  pur  le  Gouvernement  de  l'Inde, 
de  faire  pondant  un  an  des  recherches 
archéulogiquas  dans  leTurkestan  Chinois 
et  en  particulier  dans  la  région  de  Khotan, 
le  Dr.  Stein  a  raconté  son  voyage  et  ex- 
posé ses  découvertes  lemarquables.  Nous 
renvoyons  en  attendant  la  publication 
en  volume  de  ses  explorations  à  son 
Preliminary  Report  on  a  Journey  of 
Arc hœo logical  and  Topographical  Ex- 
ploration in  Chinese  Turkestan,  London, 
1901,  in-4. 

Après  cette  importantecommunication, 
M.  Henri  Cordier  fit  ressortir  les  mérites 
du  Dl'.  M.  A.  Stein  comme  archéologue  et 
comme  explorateur  et  fit  la  proposition 
suivante  appuyée  par  M.  le  Prof.  A.  A. 
Macdonnell,  d'Oxford  : 

«The  Combined  Indian,  Central  Asian,  and 
Far  Eastern  sections  of  the  Xlllth  Inter- 
national Congress  of  Orientalists  held  at  Ham- 
burg beg  to  express  their  thanks  to  His  Ex- 
cellency the  Viceroy  and  the  Government  of 
India  for  the  great  encouragement  they  have 
extended  to  Oriental  learning  and  research  by 
granting  to  Dr.  M.  A.  Stein  the  necessary 
leisure  and  means  for  the  prosecution  of  hit 
.  recent  expirations  in  Eastern  Turkestan.  The 
thanks  of  the  Xlllth  International  Congress 
of  Orientalists  are  equally  to  be  conveyed  to 
Mr.  G.  Macartney,  C.  L.  E.,  the  political 
representative  of  the  Government  of  India  at 
Kashgar,  and  to  the  Mandarins  Pan-Dauin 
and  Kuan  Ualoi,  of  the  Provincial  Govern- 
ment of  Chinese  Turkestan,  for  the  very 
effective  help  they  had  given  to  Dr  Stein  in  the 
coarse  of  his  archaeological  and  geographical 
explorations  about  Khotan^  as  well  as  to  Mr. 
Petbovsky,  the  Imperial  Consul-General  of 
Russia,  at  Kashgar  for  the  valuable  assistance 
rendered  by  him  towards  the  safe  transport 
of  Dr.  Stein's  collection  of  antiquities  from 
Turkestan  to  Europe.  They  desire  at  the  same 
time  to  express  their  appreciation  of  the  highly 
important  results  which  have  rewarded  the 
labours  of  the  scholar  selected  by  the  Govern- 
ment of  India  and  which  represent  an  ample 
return  for  the  outlay  incurred,  owing  to  the 
practical  nature  of  the  operations  conducted 
by  him.  They  would  also  venture  to  express 
the  hope  that  facilities  will  be  given  to  him 
for  completing  the  publication  and  elaboration 
of  the  results  obtained,  and  that  the  Govern- 
ment will  be  pleased  to  sanction  any  necessary 
extension  for  this  purpose  of  Dr.  STtin's  present 
deputation.  Finnlly  they  venture  to  express  the 
hope  that,  when  circumstances  permit,  the 
interests  of  archaeological  research  will  be 
allowed  to  benefit  by  Dr.  Stkin's  special 
experience  aud  previous  knowledge,  which  are 


likely  to  facilitate  considerably  the  farther 
explorations  which  it  it  do»irable  should  be 
entrusted  to  him  in  the  interests  of  India». 

Les  propositions  des  Prof.  Oldenberg 
et  Cordier  ont  été  également  adoptées  en 
séance  plénière  du  Congrès. 


Après  des  débats  fort  animés,  la  pro- 
position suivante  de  M.  Edouard  Navii.i.e, 
de  Genève,  relative  à  la  ptiblication  future 
des  Actes  des  Congrès  des  Orientalistes, 
a  été  adoptée  à  une  grande  majorit«'- 
dans  la  séance  plénière  du  mercredi  10 
septembre;  ceux  qui  ont  eu  la  tâche  de 
publier  ces  Actes  dans  les  Congrès  précé- 
dents apprécieront  toute  l'iroporlance  de 
la  proposition: 

«Considérant  en  première  ligne, qu'il  résulte 
de  l'expe'rience  des  congrès  précédents  que  la 
publication  in  extenso  des  travaux  présentés  ne 
peut  avoir  lieu  qu'après  un  délai  prolongé, 
au  point  que  dans  l'intervalle  le  contenu  de 
plusieurs  travaux  a  été  dépassé  par  les  progrès 
de  la  science. 

Considérant  en  outre,  qu'il  n'est  pas  difficile 
de  trouver  pour  l'impression  de  chaque  tr::vail 
une  revue  spéciale  on  tel  autre  organe  de 
publication  où  il  sera  accessible  aux  personnes 
que  ce  travail  intéresse, 

La  Réunion  plénière  du  X 111«  Congrès  des 
Orientalistes  décide  de  renoncer  à  la  publication 
in  extenso  des  travaux  présentés  an  Congres. 

Le  comité  directeur  de  Hambourg  est 
chargé  de  publier  dans  le  délai  de  six 
mois  la  substance  d<!S  mémoires  et 
communications  verbales  dont  an  ré- 
sumé aura  été  envoyé  au  secrétaire 
général  dans  le  délai  d'un  mois  après 
la  clôture  du  Congrès.  La  longueur 
moyenne  de  ces  résumés  doit  être 
autant  que  possible  d'une  on  deux  pages 
imprimées  du  format  des  bulletins. 
Le  Congrès  prie  le  bureau  de  la  Société 
Orientale  allemande  de  prêter  son  con- 
cours au  Comité  de  Hambourg  pour 
cette  publication». 


Sur  la  proposition  de  M.  le  Comte 
Angelo  de  Gubernatis  il  a  été  décidé 
qu'il  serait  C\éé  un  Bureau  central  per- 
manent du  Congre:},  dont  le  siège  serait 
à  Londies  dans  les  bureaux  de  la  Royal 
Asiatic  Society  qui  recevrait  les  Archives: 
M.  le  Prof.  Rhys  Davids,  Secrétaire  de 
cette  Société,  demandera  à  son  Conseil 
l'autorisation  nécessaire. 


322 


VA  KI  ETES. 


Lors  du  Congrès  de  Rome  en  1899, 
une  commission  internationale  avait  été 
désignée  pour  constituer  une  société 
pour  l'exploration  de  l'Asie  Centrale 
et  Orientale;  St.  Pétersbourg  avait  été 
choisi  comme  siège  central  de  l'Asfjo- 
ciation  sous  la  direction  de  MM.  Radloff 


et  Oldenburg.   (Voir  T'^oung-Pao,  Dec. 
4899,  p.  480). 

A  la  suite  d'une  réunion  préparatoire, 
le  projet  suivant  de  M.  Radloff  a  été 
adopté  à  la  séance  plénière  de  10  septem- 
bre 1902: 


PROJET 

DE   L'aS.SOCIATION   INTERNATIONALE 

pour  l'Exploration  historique,  archéologique,  linguistique  et  ethno- 
graphique de  l'Asie  Centrale  et  de  l'Extrême  Orient. 


II. 


I.  Conformément  à  la  décision  du  XII*  Congrès  International  des  Orientalistes, 
il  sera   fondé  une  association  internationale  qui  auia  pour  but  d'explorer 
l'Asie  Centrale    et    l'Exti'ême  Orient    au    point  de   vue  de  l'Histoire,  de 
l'Archéologie,  de  la  Linguistique  et  de  l'Ethnographie  de  ces  contrées. 
L'Association  aura  pour  but: 

a)  de  travailler  autant  que  possible  à  l'exploration  des  monuments  maté- 
riels ainsi  qu'à  la  recherche  et  à  l'étude  des  documents  d'ordre  scien- 
tifique conservés  jusqu'à  présent  dans  ces  pays. 

b)  de  décider  par  des  efforts  communs  et  par  voie  de  communications 
constantes  avec  les  personnes  compétentes  demeurant  dans  ces  contrées 
et  avec  les  établissements  scientifiques,  quels  sont  les  monuments  qu'il 
importe  d'examiner  en  premier  et  de  déterminer  quelles  sont  les  peu- 
plades qui  demandent  au  point  de  vue  de  l'Ethnographie  et  de  la 
Linguistique  une  enquête  immédiate  pour  être  conservées  à  |a  science. 

c)  de  faire  des  démarches  auprès  des  Gouvernements  intéressés  pour  at- 
tirer leur  bienveillante  attention  sur  la  conservation  des  monuments 
qui  sont  menacés  d'une  disparition  imminente,  soit  par  le  temps,  soit 
par  la  main  de  l'homme. 

d)  de  joindre  à  l'examen  des  monuments  et  des  races,  des  projets  pour 
une  exploration  consciencieuse  et  pour  l'étude  des  questions  relatives  à 
l'ensemble  de  ces  peuples. 

e)  de  faciliter  aux  savants  de  toutes  les  nationalités  les  moyens  de  parti- 
ciper à  ces  travaux. 

III.  Pour  atteindre  ce  but,  des  comités  indépendants  Seront  formés  dans  tous 
les  pays  qui  feront  partie  de  l'Association. 

IV.  Jusqu'à  la  fondation  de  ces  comités  nationaux,  le  Congrès  désignera  des 
personnes  qui  pourront  être  considérées  comme  les  représentants  de  ces 
divers  pays  et  auxquelles  sera  confié  le  soin  de  former  les  comités  locaux. 

V.  Le  Comité  Central  de  l'Association  sera  le  Comité  Russe,  siégeant  à  Saint- 
Pétersbourg.  Les  Comités  locaux  ou  les  personnes  désignées  à  cet  effet  seront 
de  droit  membres  correspondants  du  Comité  Central,  et  pourront  assister 
à  ses  déhbérations  pendant  leurs  séjours  à  Saint-Pétersbourg. 
La  Composition  du  Comité  Central  et  son  Organisation  devront  être  con- 
firmées par  une  décision  Impériale. 
Les  attributions  du  Comité  Central  sont  les  suivantes: 

a)  Rester  en  communication  constante  avec  les  savants  résidant  dans  les 
pays  appartenant  à  la  sphère  des  études  de  l'Association,  ainsi  qu'avec 
les  établissements  scientifiques,  de  façon  à  former  ainsi  un  centre  de 
tous  les  renseignements  qui  intéressent  l'Association. 

b)  Servir  d'intermédiaire  entre  les  Gouvernements  intéressés  et  les  érudits 
des  différents  pays  pour  obtenir  toutes  les  autorisations  ou  facilités  né- 
cessaires aux  explorations  scientifiques  et  à  l'exécution  de  fouilles  sur 
les  territoires  des  différents  pays. 


VI 


VII 


VARIETES. 


828 


(•)  Recommander  les  hommes  spéciaux  pour  les  expéditionn,  quand  une 
demande  à  cet  el!et  lui  sera  adressée, 

d)  S'occuper  tie  l'or^^anisation  des  expéditions,  ainsi  que  des  néROciations 
avec  les  divers  Gouvernements  et  avec  les  savants,  si  ces  expéditions 
sont  nécessaiieinent  communes  à  plusieurs  pays. 

e)  Publier,  en  langue  française,  les  comtnunications,  émanant  des  comités 
locaux,  sur  toutes  les  expéditions  nouvelles  envoyées  dans  divers  pays 
et  faire  des  communications  aux  comités  locaux,  en  langues  française, 
anglaise,  allemande,  italienne,  russe  ou  latine. 

f)  Faire  parvenir  aux  comités  nationaux  les  publications  qui  lui  seront 
adressées  dans  ce  but. 

VIII.  La  propriété  des  objets  découverts  sera  réglée  de  la  manière  suivante: 

a)  Les  monuments  découverts  par  les  fouilles  seront  considérés  comme  la 
propriétt'^  des  pays  où  ils  seront  trouvés.  Les  monuments  découverts 
dans  les  pays  non  représentés  dans  l'Âcsociation  seront  traités  d'après 
les  conventions  spéciales  internationales. 

b)  Celui  qui  aura  découvert  un  monument  jouira  pendant  cinq  ans  du  droit 
de  priorité  de  la  publication.  Si  après  un  délai  de  cinq  ans  la  publi- 
cation n'est  pas  terminée,  les  comités  locaux  pourront  décider  que  le 
droit  de  publication  tombera  dans  le  domaine  public. 


Les  savants  suivants  ont  été  désignés 
pour  organiser  les  comités  locaux  : 

France:  MM.  Henri  Cordier,  Emile Se- 
nart,  et  A.  Foucher  ;  Grande-Bretagne  : 
Lord  Reay,  le  Prof.  W.  T.  Rhys-Davids, 
et  le  Dr.  M.  A.  Stein;  Allemagne  :  ]eH 
Prof.  R.  Pischel,  Grünwedel,  E.  Kuhn  et 
E.  Leumann  ;  Pays-Bas:  les  Prpf.  H. 
Kern,  M.  J.  de  Goeje,  et  J.  J.  M.  deGroot: 


Danemark  :  le  Prof.  V.  Thomson  :  Suède: 
le  Prof.  D.  Montelius;  A'o/vV'f/f.' le  Prof. 
J.  Lieblein  ;  Finlande:  le Piof. 0.  Donner. 
Autriche:  les  Prof.  J.  v.  Kaiabacek  et 
L.  V.  Schroeder;  Hongrie:  les  Prof. 
Vambéry  et  Hermann;  Suisse:  le  Prof. 
Edouard  Naville;  Italie:  le  Prof.  L.  No- 
centini;  Etats-Unis:  le  Dr.  Fried,  llirth. 
H.  C. 


CONGRÈS  INTERNATIONAL  DES  ORIENTALISTES  DE  HANOÏ". 


Le  Congrès  de  Hanoï  s'ouvrira  le  3 
Décembre  prochain. 

Les  Délégués  suivants  sont  partis  de 
Marseille  le  2  novembre  dernier  par  le 
paquebot  des  Messageries  Maritimes: 

MM.  L.  NocENTiNi,  Prof,  à  l'Université 
de  Rome  (Gouvernement  italien):  le 
Comte  F.  L.  Pullé  {Gouvernement  ita- 
lien et  Univei'sité  de  Bologne);  Liebi.ein 
(Académie  des  Sciences  de  Christianin); 
.lean  DuPUiS  (Société  des  Etudes  Mariti- 
mes et  Coloniales):  Dr.  H.  Stönner 
(K.  Museum  f.  Völkerkunde,  Herlin); 
D.  Mois  (Muséum  d'Histoire  naturelle 
de  Paris)  :  Franz  Heger  {Soc.  d'Anthro- 
pologie, Museum  d'Histoire  naturelle, 
Vienne)  ;  Pierre  Lekè vre- Ponta lis  (Co- 
mité  de   l'Asie   française):    H.  Huber 


(Ecole  des  Hautes  Etudes,  Sciences  re- 
ligieuses); le  Meut.  Jacques  Garnier 
(Société  de  Géographie  de  Paris). 

M.  Claudius  Madrolle  (Société  Asiati- 
que) est  parti  par  un  paquebot  précédent. 
Notons  encore  les  délégués  suivants: 
MM.  le  Dr.  J.  Ph.  Vooel,  de  Lahore 
(Académie  des  Sciences  d'Amstcniam); 
le  lient  -col.  Gerini,  de  Bangkok  (Gou- 
vernement Siamois):  le  Prof.  Chas.  S. 
Leavenworth,  de  Nan-yang  College, 
Chang-Ilaï  (l'niversily  de  Yalé). 

M.  Patd  d'ENJOY  (Société  d'Anthropo- 
logie, Paris)  ne  pourra  se  rendre  à  Hanoï; 
il  a  envoyé  un  mémoire  :  Du  rôle  de  In 
femme  dans  la  Société  annamite  {Jille, 
épouse^  mère;  divorcée,  veuve,  morte). 


DOCUMENTS  OFFICIELS. 


ANGLO-CHINESE  TREATY. 


(Shang-Haï,  5th  Sept.  1902). 


His  Majesty  the  King  of  the  United 
Kingdom  of  Great  Britain  and  Ireland 
and  of  the  british  dominions  beyond 
THE  Seas,  Emperor  of  India,  and  His 
Majesty  the  Emperor  of  China,  having 
resolved  to  enter  into  negotiations  with 
a  view  to  carrying  out  the  provision 
contained  in  Article  XI  of  the  Final 
Protocol  signed  àt  Peking  on  Sept.  7, 
1901,  under  which  the  Chinese  Govern- 
ment agreed  to  negotiate  the  amend- 
ments deemed  useful  by  the  Foreign 
Governments  to  the  Treaties  of  Com- 
merce and  Navigation  and  other  subjects 
concerning  commercial  relations  with 
the  object  of  facilitating  them,  have  for 
that  purpose  named  as  their  Plenipoten- 
tiaries that  is  to  say. 

His  Majesty  the  King  of  Great 
Britain  and  Ireland,  His  Majesty's 
Special  Commissioner,  Sir  James 
Lyle  Mackay,  Knight  Commander 
of  the  Most  Eminent  Order  of  the 
Indian  Empire,  a  member  of  the 
Council  of  the  Secretary  of  State 
for  India,  &c.  And  His  Majesty  the 
Emperor  of  China,  the  Imperial 
Commissioners  Lu  Hai-huan,  Presi- 
dent of  the  Board  of  Public  Works, 
&c.,  and  Shèng  Hsüan-huai,  .lunior 
Guardian  of  the  Heir  Apparent. 
Senior  Vice-President  of  the  Board 
of  Public  Works,  &c. 

Who  having  communicated  to 
each  other  their  respective  Full 
Powers,  and  found  them  to  be  in 
good  and  due  form  have  agreed 
upon  and  concluded  the  following 
Articles  : 


Article  I. 

Delay  having  occurred  in  the  past 
in  the  issue  of  Di'awback  Certificates 
owing  to  the  fact  that  those  documents 
have  to  be  dealt  with  by  the  Super- 
intendent of  Customs  at  a  distance  from 
the  Customs  Office,  it  is  now  agreed 
that  Drawback  Certificates  shall  here- 
after in  all  cases  be  issued  by  the  Imperial 
Maritime  Customs  within  three  weeks 
of  the  presentation  to  the  Customs  ot 
the  papers  entitling  the  apphcant  to 
receive  such  Drawback  Certificates. 

These  Certificates  shall  be  valid  tender 
to  the  Customs  Authorities  inpayment 
of  any  duty  upon  goods  imported  or 
exported  (transit  dues  excepted),  or  shall, 
in  the  case  of  Drawbacks  on  foreign 
goods  re-exported  abroad  within  three 
years  from  the  date  of  importation,  be 
payable  in  cash  without  deduction  by 
the  Customs  Bank  at  the  place  where 
the  import  duty  was  paid. 

But  if,  in  connection  with  any  ap- 
plication for  a  Drawback  Certificate, 
the  Customs  Authorities  discover  an 
attempt  to  defraud  the  revenue,  the 
applicant  shall  be  liable  to  a  fine  not 
exceeding  five  times  the  amount  of  the 
duty  whereof  he  attempted  to  defraud 
the  Customs,  or  to  a  confiscation  of 
the  goods. 

Article  II. 

China  agrees  t©  take  the  necessary 
steps  to  provide  for  a  uniform  national 
coinage  which  shall  be  legal  tender  in 


DOCUMENTS    OfflCIKLS. 


825 


payment  of  all  duties,  taxes  and  other 
oblip;ation8  throupthout  the  Empiro  by 
British  as  well  as  Chinese  suhjects. 

Article  III. 

China  agrees  that  the  duties  and 
Ickin  combined  levied  on  goods  carried 
by  junks  from  Hong  Kong  to  the  Treaty 
Ports  in  the  Canton  Province  and  vice 
versa,  shall  together  not  be  less  than 
the  duties  charged  by  the  Imperial 
Maritime  Customs  on  similar  goods  car- 
ried by  steamer. 

Article  IV. 

Whereas  questions  have  arisen  in  the 
past  concerning  the  right  of  Chinese 
subjects  to  invest  money  in  non-Chinese 
enterprises  and  companies,  and  whereas 
it  is  a  matter  of  common  knowledge 
that  large  sums  of  Chinese  capital  are 
so  invested,  China  hereby  agrees  to 
recognise  the  legality  of  all  such  in- 
vestments past,  present,  and  future. 

It  being,  moreover,  of  the  utmost 
importance  that  all  shareholders  in  a 
Joint  Stock  Company  should  stand  on 
a  footing  of  perfect  equality  as  far  as 
mutual  obligations  are  concerned,  China 
further  agrees  that  Chinese  subjects 
who  have  or  may  become  shareholders 
in  any  British  Joint  Stock  Company 
shall  be  held  to  have  accepted,  by  the 
very  act  of  becoming  shareholdei's,  the 
Charter  of  Incorporation  or  Memoran- 
dum and  Articles  of  Association  of  such 
Company  and  regulations  framed  there- 
under as  interpreted  by  British  Courts 
and  that  Chinese  Courts  shall  enforce 
compliance  therewith  by  such  Chinese 
shareholders,  if  a  suit  to  that  effect  be 
entered,  provided  always  that  their 
liability  shall  not  be  other  or  greater 
than  that  of  British  shareholders  in 
the  same  Company. 

Similarly  the  British  Government 
agree  that  British  subjects  investing  in 
Chinese  Companies  shall  be  under  the 
same  obligations  as  the  Chinese  share- 
holders in  such  companies. 

The  foregoing  shall  not  apply  to  cases 
which  have  already  been  before  the 
Courts  and  been  dismissed. 


Article  V. 

The  Chinese  Government  undertake 
to  remove  within  the  next  two  years 
the  artificial  obstructions  to  navigation 
in  the  Canton  River.  The  Chinese 
Government  also  agree  to  improve  the 
accommodation  for  shipping  in  the  har- 
bour of  Civ^ton  and  to  take  the  neces- 
sary steps  to  maintain  that  improvenient 
such  work  to  be  carried  out  by  the 
Imperial  Maritime  Customs  and  the  cost 
thei'eof  to  be  defrayed  by  a  tax  on  goods 
landed  and  shipped  by  British  and 
Chinese  alike  according  to  a  scale  to 
be  arranged  between  the  merchants 
and  Customs. 

The  Chinese  Government  are  aware 
of  the  desirability  of  improving  the 
navigability  by  steamer  of  the  waterway 
between  Ichang  and  Chungking,  but 
are  also  fully  aware  that  such  improve- 
ment might  involve  heavy  expense  and 
would  affect  the  interests  of  the  popu- 
lation of  the  provinces  of  Szechuan, 
Hunan,  and  Hupeh.  It  is.  therefore, 
mutually  agreed  that  until  improve- 
ments can  be  carried  out,  steamship 
owners  shall  be  allowed,  subject  to 
approval  by  the  Imperial  Maritime 
Customs,  to  erect,  at  their  own  expense, 
appliance  for  haujing  through  the  rapids. 
Such  appliances  shall  be  at  the  disposal 
of  all  vessels,  both  steamers  and  junks, 
I  subject  to  regulations  to  be  drawn  up 
by  the  Imperial  Maritime  Customs.  T hase 
appliances  shall  not  obstruct  the  water- 
way, or  interfere  with  the  free  passage 
'  of  junks.  Signal  sUitions  and  channel 
i  marks,  where  and  when  necessary,  shall 
I  be  erected  by  the  Imperial  Maritime 
I  Customs.  Should  any  practical  scheme 
be  presented  for  improving  the  water- 
way, and  assisting  navigation  without 
injury  to  the  local  population  or  cost 
to  the  Chinese  Government,  it  shall  be 
considered  by  the  latter  in  a  friendly 
spirit. 

Article  VI. 

The  Chinese  Government  agree  to 
make  arrangements  to  give  increased 
facilities  at  the  open  ports  for  bonding 
and  for  repacking  merchandi.se  in  bond, 
and,  on  official  representation  being 
made  by  the  Bntish  Authorities,  to 
grant  the  piivilegee  of  a  bonded  ware- 


326 


ÜOCTJMÜISTS    OFFICIEL». 


house  to  any  warehouse  which  it  is 
estabhshed  to  the  satisfaction  of  the 
Customs  Authorities  alTords  the  neces- 
sary security  to  the  revenue. 

Such  warehouses  will  be  subject  to 
regulations,  including;  a  scale  of  fees 
according  to  commodities,  distance  from 
Custom  House  and  hours  of  working, 
to  be  drawn  up  by  the  Custojns  Authori- 
ties who  will  meet  the  convenience  of 
merchants  so  far  as  is  compatible  with 
the  pi^otection  of  the  revenue. 

Article  VII. 

Inasmuch  as  the  British  Government 
afford  protection  to  the  Chinese  trade- 
marks against  infringement,  imitation 
or  colourable  imitation  by  British  sub- 
jects, the  Chinese  Government  undertake 
to  aiïord  protection  to  British  trade- 
marks against  infringement,  imitation  or 
colourable  imitation  by  Chinese  subjects. 

The  Chinese  Government  further  un- 
dertake that  the  Superintendents  of 
Northern  and  Southern  trade  shall 
establish  offices  within  their  respective 
jurisdictions  under  control  of  the  Im- 
perial Maritime  Customs  where  foreign 
trade-marks  may  be  registei-ed  on  pay- 
ment of  a  reasonable  fee. 

Article  VIII. 

The  Chinese  Government,  recognising 
that  the  system  of  levying  lekin  and 
other  dues  on  goods  at  the  place  of 
production,  in  transit,  and  at  destination, 
impedes  the  free  circulation  of  commo- 
dities and  injures  the  interests  of  trade, 
hereby  undertake  to  discard  completely 
those  means  of  raising  revenue  with  the 
limitation  mentioned  in  Section  8. 

The  British  Government,  in  return, 
consent  to  allow  a  surtax,  in  excess  of 
the  Treaty  Tariff'  rates  at  present  in 
force,  to  be  imposed  on  foreign  goods 
imported  by  British  subjects  and  Chinese 
produce,  destined  for  export  abroad  or 
coastwise. 

It  is  clearly  understood  that,  after 
lekin  barriers  and  other  stations  for 
taxing  goods  in  transit  have  been 
removed,  no  attempt  shall  be  made  to 
revive  them  in  any  form  or  under  any 
pretext  whatsoever;  that  in  no  case  shall 
the  surtax  on  foreign  imports  exceed  the 
equivalent  of  one  and  a  half  times  the 


import  duty  leviable  in  terms  of  the 
Final  Protocol  signed  by  China  and  the 
Powers  on  Sept.  7,  1901;  that  the  pay- 
ment of  the  import  duty  and  surtax  shall 
secure  for  foreign  imports,  whether  in 
the  hands  of  Chine.se  or  non-Chinese 
subjects,  in  original  packages  or  other- 
wise, complete  immunity  from  all  other 
taxation,  examination,  or  delay;  that 
the  total  amount  of  taxation  leviable  on 
native  produce  for  export  abroad  .shall, 
under  no  circumstances,  exceed  7^  per 
cent,  ad  valorem.  Keeping  these  funda- 
mental principles  steadily  in  view,  the 
High  Contracting  Parties  have  agreed 
upon  the  following  methods  of  procedure. 

1.  The  Chinese  Government  undertake 
that  all  barriers  of  whatsoever  kind 
collecting  lekin  or  such  like  dues  or 
duties  shall  be  permanently  abolished  on 
all  roads,  railways,  and  waterways  in 
the  18  provinces  of  China  and  the  three 
Eastern  provinces.  This  provision  does 
not  apply  to  the  Native  Custom  Houses 
at  present  in  existence  on  the  seaboard 
or  waterways,  at  treaty  ports,  on  land 
routes  and  on  land  frontiers  of  China. 

2.  The  British  Government  agree  that 
foreign  goods  on  importation,  in  addition 
to  the  effective  5  per  cent,  import  duty 
as  provided  for  in  the  Protocol  of  1901, 
shall  pay  a  special  surtax  equivalent  to 
one-and-a-half  times  the  said  duty  to 
compensate  for  the  abolition  of  lekin., 
of  transit  dues  in  lieu  oHekin,  and  of  all 
other  taxation  on  foreign  goods  and 
in  consideration  of  the  other  reforms 
provided  for  in  this  Article:  but  this 
pi'ovision  shall  not  impair  the  right  of 
China  to  tax  salt,  native  opium,  and 
native  produce  as  provided  for  in  Sections 
3,  5, 6,  and  8.  The  same  amount  of  surtax 
shall  be  levied  on  goods  imported  into 
China  across  land  frontiers  as  on  goods 
entering  China  by  sea. 

3.  All  Native  Custom  Houses  now 
existing,  whether  at  the  treaty  ports,  on 
the  seaboard,  on  rivers,  inland  water- 
ways, land  routes,  or  land  frontiers,  as 
enumerated  in  the  Hu  Pu  and  Kung  Pu 
Tse  Li  (Regulations  of  the  Boards  of 
Revenue  and  Works)  and  Ta  Ch'ing  Hui 
Tien  (Dynastic  Institutes),  may  remain  ; 
a  list  of  the  same,  with  their  location, 
shall  be  furnished  to  the  British  Govern- 
ment for  purposes  of  record. 

Wherever  there  are  Imperial  Maritime 
Custom  Houses,  or  wherever  such  may 


t»OCUMBNTa    OKKICIBIA. 


827 


be  liei'eafter  placed,  Native  Custom 
Houses  nuiy  bo  also  ustablùshed,  u»  well 
as  at  any  points  on  the  seaboard  or  land 
frontiers.  The  loaition  of  Native  C!nstom 
Houses  in  the  interior  may  be  changed 
as  the  circumstances  of  trade  seem  to 
require,  but  any  change  must  be  com- 
municated to  the  British  Government, 
that  the  list  may  be  corrected;  the 
originally  stated  number  of  them  shall 
not,  however,  be  exceeded. 

Goods  carried  by  junks  or  sailing 
vessels  trading  to  and  from  open  ports 
shall  not  pay  lower  duties  than  the 
combined  duties  and  surtax  on  similar 
cargo  carried  by  steamers.  Native  pro- 
duce, when  transported  from  one  place 
to  another  in  the  interior,  shall,  on 
arrival  at  the  first  Custom  House  after 
leaving  the  place  of  production,  pay 
duty  equivalent  to  the  export  surtax 
mentioned  in  Section  7.  When  this  duty 
has  been  paid  a  certificate  shall  be 
given,  which  shall  describe  the  nature 
of  the  goods,  weight,  number  of  pac- 
kages, &c.,  amount  of  duty  paid,  and 
intended  destination.  This  certificate, 
which  shall  be  valid  for  a  fixed  period 
of  not  less  than  one  year  from  date 
of  payment  ot  duty,  shall  free  the  goods 
from  all  taxation,  examination,  delay, 
or  stoppage  at  any  other  Native  Custom 
Houses  passed  en  route. 

If  the  goods  are  taken  to  a  place 
not  in  the  foreign  settlements  or  con- 
cessions of  an  open  port,  for  local  use, 
they  become  there  liable  to  the  con- 
sumption tax  described  in  Section  8. 
If  the  goods  are  shipped  from  an  open 
port,  the  certificate  is  to  be  accepted 
by  the  Customhouse  concerned  in  lieu 
of  the  export  surtax  mentioned  in  Sec- 
tion 7.  Junks,  boats,  or  carts  shall  not 
be  subjected  to  any  taxation  beyond  a 
small  and  reasonable  charge,  paid  perio- 
dically at  a  fixed  annual  rate.  This 
does  not  exclude  the  right  to  levy,  as 
at  present,  tonnage  (Chuan  Chao)  and 
port  dues  (Chuan  Liao)  on  junks. 

4.  Foreign  opium  duty  and  present 
lekin  —  which  latter  will  now  become 
a  surtax  in  lieu  o( lekin  —  shall  remain 
as  provided  for  by  existing  treaties. 

5.  The  British  Government  have  no 
intention  whatever  of  interfering  with 
China's  right  to  tax  native  opium,  but 
it  is  essential  to  declai-o  that,  in  her 
ari-angements  for  levying  such  taxation, 


China  will  not  subject  other  good«  to 
taxation,  <lelay,  or  Hto|>page.  China  in 
free  to  retain  at  important  points  on 
the  borders  of  each  province  —  eithqr 
on  land  or  water  —  nfiiccs  for  collecting 
duty  on  native  opium  where  duties  or 
contributions  leviable  shall  be  paid  in 
one  lump  sum,  which  payment  shall 
cover  taxation  of  all  kinds  within  that 
province.  Each  cake  of  opium  will  have 
a  stamp  affixed  as  evidence  of  duty 
payment.  Kxcise  officers  and  police  may 
be  employed  in  connection  with  these 
offices;  but  no  barriers  or  other  obstruc- 
tions a"e  to  be  erected,  and  the  Excise 
officers  or  police  of  these  ofïlces  shall 
not  stop  or  molest  any  other  kinds  ot 
goods,  or  collect  taxes  thereon.  A.  list 
of  these  offices  shall  be  made  and  presen- 
ted to  the  British  Government  for  record. 

6.  Lekin  on  Salt  is  liereby  abolished, 
and  the  amount  of  the  said  lekin  and 
of  other  taxes  and  contributions  shall 
be  added  to  the  salt  duty,  which  shall 
be  collected  at  place  of  production  or 
at  first  station  after  entering  the  pro- 
vince where  it  is  to  be  consumed.  The 
Chinese  Government  shall  be  at  liberty 
to  establish  salt  reporting  offices,  at 
which  boats  conveying  salt  which  is 
being  moved  under  salt  passes  or  cer- 
tificates may  be  required  to  stop  for 
purposes  of  examination,  and  to  have 
their  certificat&s  vised;  but  at  such 
offices  no  lekin  or  ti-ansit  taxation  shall 
be  levied,  and  no  barriei-s  or  obstructions 
of  any  kind  shall  be  erected. 

7.  The  Chinese  Government  may  recast 
the  foreign  export  tariff  with  specific 
duties,  as  far  as  practicable,  on  a  scale 
not  exceeding  5  per  cent  ad  valorem; 
but  existing  export  duties  shall  not  be 
raised  until  at  least  six  months'  notice 
has  been  given.  In  cases  where  existing 
export  duties  are  above  5  per  cent  they 
shall  be  reduced  to  not  more  than 
that  rate. 

An  additional  special  surtax  of  one- 
half  the  export  duty  payable  for  the 
time  being,  in  lieu  of  internal  taxation 
and  lekin,  may  be  levied  at  time  of 
export  on  goods  exported  either  to 
foreign  countries  or  coastwise. 

In  the  case  of  silk,  whether  hand  or 
filature  reeled,  the  total  export  duty 
shall  not  exceed  a  specific  rate  equivalent 
to  not  more  than  ô  per  cent,  ad  valorem. 
Half  of  this  specific  duty  may  be  levied 


328 


DOCUMENTS    OFFICIELS. 


at  the  first  native  Custom-house  in  the 
interior  which  the  silk  may  pass,  and 
in  such  case  a  certificate  shall  be  given, 
as  provided  tor  in  Section  3,  and  will 
be  accepted  by  the  Custom-house  con- 
cerned at  place  of  export  in  lieu  of 
half  the  export  duty.  Cocoons  passing 
native  Custom-houses  shall  be  liable  to 
no  taxation  whatever.  Silk  not  exported 
but  consumed  in  China  is  liable  to  the 
consumption  tax  mentioned,  and  under 
conditions  mentioned  in  Section  8. 

8.  The  abolition  of  the  lekin  system 
in  China  and  the  abandonment  of  all 
other  kinds  of  internal  taxation  on 
foreign  goods  imported  and  on  exports 
will  diminish  the  revenue  materially. 
The  surtax  on  foreign  imports  and  ex- 
ports and  on  coastwise  exports  is  in- 
tended to  compensate  in  a  measure  for 
this  loss  of  revenue,  but  there  remains 
the  loss  of  lekin  revenue  on  internal 
trade  to  be  inet,  and  it  is  therefore 
agreed  that  the  Chinese  Government  is 
at  liberty  to  impose  a  consumption  tax 
on  articles  of  Chinese  origin  not  intended 
for  export. 

This  tax  shall  be  levied  only  at  places 
of  consumption,  and  not  on  goods  while 
in  transit,  and  the  Chinese  Government 
solemnly  undertake  that  the  arrange- 
ments which  they  may  make  for  its 
collection  shall  in  no  way  interfere  with 
foreign  goods  or  native  goods  for  export. 
The  fact  of  goods  being  of  foreign  origin 
shall  of  itself  free  them  from  all  taxation, 
delay  or  stoppage  after  having  passed 
the  (Custom  House.  Foreign  goods  which 
bear  a  similarity  to  native  goods  shall 
be  furnished  by  the  Custom  House,  if 
required  by  the  owner,  with  a  protective 
certificate  for  each  package,  on  payment 
of  import  duty  and  surtax,  to  prevent 
the  risk  of  any  dispute  in  the  interior. 
Native  goods  brought  by  junks  to  open 
ports,  if  intended  for  local  consumption, 
iriespective  of  the  nationality  of  the 
owner  of  the  goods,  shall  be  reported 
at  the  native  Custom  House  only,  where 
the  consumption  tax  may  be  levied. 

China  is  at  liberty  to  fix  the  amount 
of  this  (consumption)  tax,  which  may 
vary  according  to  the  nature  of  the 
merchandise  concerned  —  that  is  to 
say,  accx)rding  as  the  articles  are  neces- 
saries of  life  or  luxuries;  but  it  shall 
be  levied  at  a  uniform  rate  on  goods  of 
the  same  description,  no  matter  whether 


carried  by  junk,  sailing  vessel,  or  steamer. 
As  mentioned  in  Section  3,  the  Con- 
sumption Tax  is  not  to  be  levied  within 
foreign  settlements  or  concessions. 

9.  An  Excise  equivalent  to  double  the 
import  duty  as  laid  down  in  the  Protocol 
of  1901  is  to  be  charged  on  all  machine- 
made  yarn  and  cloth  manufactured  in 
China,  whether  by  foreigners  at  the 
treaty  ports  or  by  Chinese  anywhere 
in  China.  A  rebate  of  the  import  duty 
and  two-thirds  of  the  import  surtax  is 
to  be  given  on  raw  cotton  imported  from 
foreign  countries,  and  of  all  duties,  in- 
cluding consumption  tax,  paid  on  Chinese 
raw  cotton  used  in  mills  in  China.  Chinese 
machine-made  yarn  or  cloth  having  paid 
Excise  is  to  be  free  of  export  duty,  coast 
trade  duty,  export  surtax,  and  consump- 
tion duty.  This  Excise  is  to  be  collected 
through  the  Imperial  Maritime  Customs. 

The  same  principle  and  procedure  to 
be  applied  to  all  other  products  of  foreign 
type  turned  out  by  machinery,  whether 
by  foreigners  at  the  treaty  ports  or  by 
Chinese  anywhere  in  China.  This  stipula- 
tion is  not  to  apply  to  the  outturn  of  the 
Hanyang  and  Ta  Yeh  Iionworks  in 
Hupeh  and  othersimilar  existing  Govern- 
ment woi'ks  at  present  exempt  from 
taxation,  or  to  that  of  arsenals.  Govern- 
ment dockyards,  or  establishments  of 
that  nature  for  Government  purposes 
which  may  hereafter  be  erected. 

10.  A  member  or  members  of  the 
Imperial  Mai'itime  Customs  foreign  staff 
shall  be  selected  by  the  Governors- 
General  and  Governors,  and  appointed  in 
consultation  with  the  Inspector- General 
of  Imperial  Maritime  Customs,  for  duty 
in  connection  with  native  customs  affairs, 
consumption  tax,  salt  and  native  opium 
taxes.  These  officers  shall  exercise  an 
efficient  supervision  of  the  working  of 
these  departments,  and  in  the  event  of 
theii"  reporting  any  case  of  abuse,  illegal 
exaction,  obstruction  to  the  movement 
of  goods,  or  other  cause  of  complaint, 
the  Governor-General  or  Governor  con- 
cerned will  take  immediate  steps  to  put 
an  end  to  same. 

11.  Cases  where  illegal  action  is  com- 
plained of  shall  be  promptly  investigated 
by  an  officer  of  the  Chinese  Government 
of  sufficiently  high  rank,  in  conjimction 
with,  a  Bi'itish  officer  and  an  officer  of 
the  Imperial  Maritime  Customs,  each  of 
sufficient  standing;  and  in  the  event  of 


D0CUMISNT8    OFFICIELS. 


320 


its  being  found  by  the  investigating 
oflicei-s  that  the  coinphiint  is  well- 
founded  and  losa  has  been  incurred,  due 
compensation  is  to  be  })aid  from  the 
surtax  funds,  through  the  Imperial 
Maritime  Customs.  The  high  provincial 
officials  are  to  be  held  responsible  that 
the  oflicer  guilty  of  the  illegal  action 
shall  be  severely  [lunished  and  lemoved 
from  his  post.  11  the  complaint  turns  out 
to  be  without  foundation,  complainant 
shall  be  held  responsible  for  the  expenses 
of  the  investigation.  His  Ih'itannic  Ma- 
jesty's Minister  will  have  the  right  to 
demand  investigation  where  from  the 
evidence  before  him  he  is  satisfied  that 
illegal  exactions  or  obstructions  have 
occurred. 

42.  The  Chinese  Government  agrees  to 
open  to  foreign  trade  on  the  same  footing 
as  the  places  opened  to  foi'eign  trade  by 
the  Treaties  of  Nanking  and  Tientsin  the 
following  places,  namely:  Ch'angsha  in 
Hunan,  Wanlisien  in  Szechuan,  Ngan- 
king  in  Anhui,  Waichow  in  Kuangtung, 
and  Kongmoon  in  Kwangtung.  Foreign- 
ers residing  in  these  open  ports  are  to 
observe  the  municipal  regulations  and 
police  regulations  on  the  same  footing  as 
Chinese  residents,  and  they  are  not  to  be 
entitled  to  establish  municipalities  and 
police  of  their  own  within  the  limits 
of  these  Tieaty  ports  except  with  the 
consent  of  the  Chinese  authorities.  If 
this  article,  as  a  whole,  is  not  accepted 
by  the  British  Government  and  the 
other  Treaty  Towers,  they  shall  not 
have  the  right  to  demand  the  opening 
of  these  ports  —  with  the  exception 
of  Kongmoon,  which  is  provided  for  in 
Article  10. 

13.  Subject  to  the  provisions  of  section 
44,  the  arrangements  provided  lor  in 
this  article  are  to  come  into  force  on 
Jan.  1,  1904.  Hy  that  date  all  lekin 
barriers  shall  be  i-en)oved  and  officials 
employed  in  the  collection  of  taxes  and 
dues  prohibited  by  this  Treaty  shall 
be  removed  fiom  their  posts. 

14.  The  condition  on  which  the  Chi- 
nese Government  enter  into  the  present 
engagement  is  that  all  Powers  entitled 
to  most-favoured  nation  treatment  in 
China  enter  into  the  same  engagements 
as  Great  Britain  with  regard  to  the 
payment  of  surtaxes  and  other  obliga- 
tions imposed  by  this  Article  on  His 
Britannic   Majesty's   Government.    The 


conditions  on  wliich  His Majeety's Govern- 
ment enter  into  the  present  engage- 
ment are: 

(1).  That  ^11  Powers  who  are  now 
or  who  may  hereafter  liecome  entitled 
to  most-favoured-nation  treatment  in 
China  entei*  into  the  same  engagements; 

(2).  And  that  their  assent  in  neither 
directly  nor  indirectly  made  dependent 
on  the  granting  by  China  of  any  |M)litical 
concession,  or  of  any  exclusive  commer- 
cial concession. 

15.  Should  the  Powers  entitled  to 
most-favoured-nation  treatment  by  Chi- 
na have  failed  to  agree  to  enter  into 
the  engagements  undertaken  by  (îrcat 
Britain  under  this  Article  by  Jan.  I, 
1904,  then  the  provisions  of  the  .\rticle 
shall  only  come  into  force  when  all  the 
Puwei*s  have  signified  their  acceptance 
of  these  engagements. 

10.  When  the  abolition  of  lekiu  and 
other  forms  of  internal  taxation  as  pro- 
vided for  in  this  Article  has  been  decided 
upon  and  sanctioned,  an  Imperial  Edict 
.shall  be  published  in  due  form  on  yellow 
paper  and  circulated,  setting  forth  the 
aboliti(>n  of  all  lekin  taxation,  lekin 
barriers,  and  all  descriptions  of  internal 
taxation  on  goods,  except  as  provided 
for  in  this  Article.  The  Edict  shall  state 
that  the  Provincial  High  Authorities 
are  responsible  that  any  oflicial  disre- 
garding the  letter  or  the  spirit  of  its 
injunction  shall  be  severely  punished 
and  removed  from  his  post. 

Article  IX. 

The  Chinese  Government,  recognising 
that  it  is  advantageous  for  the  country 
to  develop  Us  mineral  resource«,  and 
that  it  is  desiiable  to  attract  foreign 
as  well  as  Chinese  capital  to  embark. 
in  mining  enterprises,  agree  within  one 
year  from  the  signing  of  this  Treaty 
to  initiate  and  conclude  the  revision  of 
the  existing  Mining  Regulations.  China 
will,  with  all  expedition  and  earnestness, 
go  into  the  whole  question  of  Mining 
Rules  and,  selecting  from  the  rules  of 
Great  Britain.  India  and  other  countries, 
regulations  which  seem  applicable  to 
the  condition  of  China,  she  will  recast 
her  piesent  Mining  Rules  in  such  a 
way  as.  while  promoting  the  interests 
of  Chinese  subjects  and  not  injuring 
in  any  way  the  sovereign  rigiits  of  China, 

id 


330 


DOCUMENTS    OFFICIELS. 


shall  oßei'  no  impediment  to  the  attrac- 
tion of  foreign  capital  or  place  foreign 
capitalists  at  a  greater  disadvantage  than 
they  would  be  under  genej'ally  accepted 
foreign  regulations. 

Any  mining  concession  granted  after 
the  publication  of  these  new  Rules  shall 
be  subject  to  their  provisions. 

Article  X. 

Whereas  in  the  year  1898  the  Inland 
Waters  of  China  were  opened  to  all 
such  steam  vessels,  native  or  foreign, 
as  might  be  especially  registered  for 
that  trade  at  the  Treaty  Ports,  and 
whereas  the  Regulations  dated  July  28, 
1898,  and  Supplementary  Rules  dated 
September,  1898,  have  been  found  in 
some  respects  inconvenient  in  working, 
it  is  now  mutually  agreed  to  amend 
them  and  to  annex  such  new  Rules  to 
this  Treaty.  These  Rules  shall  remain 
in  force  until  altered  by  mutual  consent. 

It  is  further  agreed  that  Kongmoon 
shall  be  opened  as  a  Treaty  Port,  and 
that,  in  addition  to  the  places  named  in 
the  special  Article  of  the  Burmah  Con- 
vention of  Feb.  4, 1897,  British  steamers 
shall  be  allowed  to  land  or  ship  cargo 
and  passengers,  under  the  same  regula- 
tions as  apply  to  the  "Ports  of  Call"  on 
the  Yangtsze  River,  at  the  following 
"Ports  of  Call":  Pak  Tau  Hau  (Pai-t'u 
k'ou),  Lo  Ting  Hau  (Lo-ting  k'ou),  and 
Do  Sing  (Tou-ch'êng)  ;  and  to  land  or 
discharge  passengers  at  the  following 
ten  passenger  landing  stages  on  the 
West  River:  Yung  Ki  (Jung-chi),  Mah 
Ning(Ma-ning),KauKong(Chiu-chiang), 
Kulow  (Ku-lao),  Wing  On  (Yung-an), 
How  Lik  (Hou-li),  Luk  Pu  (Lu-pu),  Yuet 
Sing  (Yüeh-ch'eng),  Luk  To  (Lu-tu),  and 
Fung  Chuen  (Fêng-ch'uan). 

Article  XI. 

His  Britannic  Majesty's  Government 
agree  to  the  prohibition  of  the  general 
importation  of  morphia  into  China,  on 
condition,  however,  that  the  Chinese 
Government  will  allow ofits importation, 
on  payment  of  the  Tarif!  import  duty  and 
under  special  permit,  by  duly  qualified 
British  medical  practitioners  and  for  the 
use  of  hospitals,  or  by  British  chemists 
and  druggists  who  shall  only  be  per- 
mitted to  sell  it  in  small  quantities  and 


on  receipt  of  a  requisition  signed  by  a  duly 
qualified  foreign  medical  practitioner. 

The  special  permits  above  referred  to 
will  be  granted  to  an  intending  importer 
on  his  signing  a  bond  before  a  British 
Consul  guaranteeing  the  fulfilment  of 
these  conditions.  Should  an  importer  be 
found  guilty  before  a  British  Consul  of  a 
breach  of  his  bond  he  will  not  be  entitled 
to  take  out  another  permit.  Any  British 
subject  importing  morphia  without  a 
permit  shall  be  liable  to  have  such 
morphia  confiscated. 

This  Article  will  come  into  operation 
on  all  other  Treaty  Powers  agreeing  to 
its  conditions,  but  any  morphia  actually 
shipped  before  that  date  will  not  be 
affected  by  this  prohibition. 

The  Chinese  Government  on  their  side 
undertake  to  adopt  measures  at  once  to 
prevent  the  manufactui-e  of  morphia  in 
China. 

Article  XII. 

China  having  expressed  a  strong  desire 
to  reform  her  judicial  system  and  to 
bring  it  into  accord  with  that  of  Western 
nations,  Great  Britain  agrees  to  give 
every  assistance  to  such  reform,  and  she 
will  also  be  prepared  to  relinquish  her 
extra-territorial  rights  when  she  is 
satisfied  that  the  state  of  the  Chinese 
laws,  the  arrangement  for  their  ad- 
ministration, and  other  considerations 
warrant  her  in  so  doing. 

Article  XIII. 

The  missionary  question  in  China 
being,  in  the  opinion  of  the  Chinese 
Government,  one  requiring  careful  con- 
sideration, so  that,  if  possible,  troubles 
such  as  have  occurred  in  the  past  may 
be  averted  in  the  future.  Great  Britain 
agrees  to  join  in  a  Commission  to  investi- 
gate this  question,  and  if  possible,  to 
devise  means  for  securing  permanent 
peace  between  converts  and  non-converts, 
should  such  a  Commission  be  formed  by 
China  and  the  Treaty  Powers  interested. 

Article  XIV. 

Whereas  under  Rule  V.  appended  to 
the  Treaty  of  Tientsin  of  1858,  British 
merchants  are  permitted  to  export  rice 
and   all   other  giain  from  one  port  of 


DOCUMENTS    OFFICIELS. 


881 


China  to  another  under  tlie  same  con- 
ditions in  respect  ut'  security  as  cupper 
"cash",  it  is  now  agreed  that  in  cases  of 
expected  scarcity  or  famine  from  what- 
soever cause  in  any  district,  tlie  Chinese 
Government  shall,  on  giving  '21  days' 
notice,  he  at  liberty  to  prohibit  the 
shipment  of  rice  and  other  grain  from 
such  district. 

Should  any  vessel  specially  chartered 
to  load  rice  or  grain  previously  contracted 
for,  have  arrived  at  her  loading  port 
prior  to  or  on  the  day  when  a  notice 
of  prohibition  to  export  comes  into  force 
she  shall  be  allowed  an  extra  week  in 
which  to  ship  her  cargo. 

If,  during  the  existence  of  this  pro- 
liibition,  any  shipment  of  rice  or  grain  is 
allowed  by  the  authorities,  the  pro- 
hibition shall,  ipso  facto,  be  considered 
cancelled  and  shall  not  be  re-imposed 
until  six  weeks'  notice  has  been  given 

When  a  prohibition  is  notified,  it  will 
be  stated  whether  the  Government  have 
any  Tribute  or  Army  Rice  which  they 
intend  to  ship  during  the  time  of  pro- 
hibition, and  if  so,  the  quantity  shall  be 
named. 

Such  rice  shall  not  be  included  in  the 
prohibition,  and  the  Customs  shall  keep 
a  record  of  any  Tribute  or  Army  Rice  so 
shipped  or  landed. 

The  Chinese  Government  undertake 
that  no  rice,  other  than  Tribute  or  Army 
Rice  belonging  to  the  Government,  shall 
be  shipped  during  the  period  of  pro- 
hibition. 

Notifications  of  prohibitions,  and  of 
the  quantities  of  Army  or  Tribute  Rice 
for  shipment  shall  be  made  by  the 
Governors  of  the  Provinces  concerned. 

Similarly,  notifications  of  the  removals 
of  prohibitions  shall  be  made  by  the  same 
authorities. 

The  export  of  rice  and  other  grain  to 
foreign  countries  remains  prohibited. 

Article  XV. 

It  is  agreed  that  either  of  the  High 
Contracting  Pai-ties  to  this  Treaty  may 
demand  a  revision  of  the  Tariff  at  the 
end  of  10  years;  but  if  no  demand  be 
made  on  either  side  within  six  months 
after  the  end  of  the  first  10  yeai*s,  then 
the  Tarilï  shall  remain  in  force  for  10 
years  more,  reckoned  from  the  end  of 
the  preceding  10  years;  and  so  it  shall  be 


at  the  end  of  each  Huccewive  10  years. 

Any  Tarill  concession  which  China 
may  hereafter  accord  to  articles  of  the 
I)roduce  or  manufacture  of  any  other 
State  shall  immediately  be  extended  to 
similar  articles  of  the  produce  or  manu- 
facture of  His  Hritannic  Majesty's  Do- 
minions by  whomsoever  imported. 

Treaties  already  existing  between  the 
United  Kingdom  and  China  shall  con- 
tinue in  force  in  so  far  as  they  are  not 
abrogated  or  modified  by  stipulations  of 
the  present  Treaty. 

Article  XVI. 

The  English  and  Chinese  Texts  of  the 
present  Treaty  have  been  carefully  com- 
pared, but  in  the  event  of  there  being 
any  diflerencf;  of  meaning  between  them, 
the  sense  as  expressed  in  the  English  text 
shall  be  held  to  be  the  correct  sense. 
The  mtifications  of  this  Treaty,  under 
the  hand  of  His  Majesty  the  King  of 
Great  Britain  and  Ireland,  and  of 
His  Majesty  the  Emperor  of  China 
respectively,  shall  be  exclianged  at 
Peking  within  a  year  from  this  day 
of  signature. 
In  token  whereof  the  respective  Pleni- 
potentiaries have  signed  and  sealed  this 
Treaty,  two  copies  in  English  and  two  in 
Chinese. 

Done  at  Shanghai  this  fifth  day  of 
September  in  the  year  of  our  Lord,  1902; 
corresponding  with  the  Chinese  date,  the 
fourth  day  of  the  eight  moon  of  the 
twenty-eight  year  of  Kwang  Ilsü. 
[L.S.]  Jas.  L.  Mackay. 


Signatare  of 

Hit  Kxeelleney 

Shèng  ntôan-liiui. 


Signature  of 
Hit  Excellency 
Lfi-Hai-hoan. 


Seal  of  the 

Chinese 

Plenipotentiariei 


332 


DOCUMENTS    OFFICIELS. 


Annex  A 


(n 


(^Translation.) 

Lii,  President  of  Works; 
SnÊNG,  Junior  Guardian  of  the  Heir 
Apparent,  Vice-President  of  the  Board 
of  Works; 

Imperial  Chinese  Commissioners,  for 

dealing  with  questions  connected 

with  the  Commercial  Ti'eaties,  to 

Sir   James    Mackay,    His    Britannic 

Majesty's  Special  Commissioner  for  the 

discussion  of  Treaty  matters. 

Shanghai:  K.  H.  XXVHI.,  7th  moon, 
11 th  day. 

(Received  August  15,  1902.) 

We  have  the  honour  to  inform  you 
that  we  have  received  the  following  tele- 
gram from  His  Excellency  Liu,  Governor- 
General  of  the  Liang  Chiang,  on  the 
subject  of  Clause  H.  mutually  agreed 
upon  by  us: 

"As  regards  this  clause,  it  is  necessary 
to  insert  therein  a  clear  stipulation,  to 
the  effect  that  no  matter  what  changes 
may  take  place  in  the  future,  all  Customs' 
duties  must  continue  to  be  calculated  on 
the  basis  of  the  existing  higher  rate  of 
the  Haikwan  Tael  over  the  Treasury 
Taei,  and  that  'the  touch'  and  weight 
of  the  former  must  be  made  good". 

As  we  have  already  arranged  with 
you  that  a  declaration  of  this  kind  should 
be  embodied  in  an  official  note,  and  form 
an  Annex  to  the  present  Treaty  for  pur- 
poses of  record,  we  hereby  do  ourselves 
the  honour  to  make  this  communication. 


Annex  A 


(2). 


Shanghai,  Aug.  18.  1902. 

Gentlemen,  —  I  have  the  honour  to 
acknowledge  the  receipt  of  your  despatch 
of  the  14th  inst.  forwarding  copy  of 
a  telegram  from  his  Excellency  Liu, 
Governor-General  of  the  Liang  Chiang, 
on  the  subject  of  Article  IL  of  the  new 
Treaty,  and  in  reply  I  have  the  honour 
to  state  that  his  Excellency's  under- 
standing of  the-  Article  is  perfectly 
correct. 

I  presume  the  Chinese  Government 
will  make  arrangements  for  the  coinage 
of  a  national  silver  coin  of  such  weight 
and  touch  as  may  be  decided  upon  by 
them.  These  coins  will  be  made  available 
to  the  public  in  return  for  a  quantity  of 


silver  bullion  of  equivalent  weight  and 
fineness  plus  the  usual  mintage  charge. 

The  coins  which  will  become  the 
national  coinage  of  China  will  be  declared 
by  the  Chinese  Government  to  be  legal 
tender  in  payment  of  Customs  duty  and 
in  discharge  of  obligations  contracted  in 
Haikwan  taels,  but  only  at  their  pro- 
portionate value  to  the  Kaikwan  tael, 
whatever  that  may  be.  —  I  have,  &c. 
(Signed)  Jas.  L.  Mackay. 

Their  Excellencies 
Lii  Hai-huan  and  Shêng  Hsuan-huai. 
&c.  &c.  &c. 


Annex  B  —  (1). 

{Translation.) 

Lii,  President  of  the  Board  of  Works  ; 
Shêng,  Junior  Guardian  of  the  Heir 
Apparent,  Vice-President  of  the  Board 
of  Works 

ItFiperial  Chinese  Commissioners  for 

dealing  with  questions  connected 

with  the  Commercial  Treaties,  to 

Sir  James  L.  Mackay,  His  Britannic 

Majesty's  Special  Commissioner. 

Shanghai,  Sept.  2,  1902. 

We  have  the  honour  to  inform  you 
that  on  Aug.  22  we,  in  conjunction  with 
the  Governors-General  of  the  Liang 
Chiang  and  the  Hukuang  Provinces, 
Their  Excellencies  Liu  and  Chang,  ad- 
dressed the  following  telegraphic  Me- 
morial to  the  Throne: 

"Of  the  revenue  of  the  different  Pro- 
vinces derived  from  lekin  of  all  kinds,  a 
portion  is  appropriated  for  the  service  of 
the  foreign  loans,  a  portion  for  the  Peking 
Government,  and  the  balance  is  reserved 
for  the  local  expenditure  of  the  Provinces 
concerned. 

"In  the  negotiations  now  being  con- 
ducted with  Great  Britain  for  the 
amendment  of  the  Commercial  Treaties, 
a  mutual  arrangement  has  been  come  to 
providing  for  the  imposition  of  additional 
taxes,  in  compensation  for  the  abolition 
of  all  kinds  oïlehin  and  other  imposts  on 
goods,  prohibited  by  article  VIII.  After 
payment  of  interest  and  sinking  fund  on 
the  existing  foreign  loan,  to  the  extent 
to  which  lekin  is  thereto  pledged,  these 
additional  taxes  shall  be  allocated  to  the 
various  Provinces  to  make  up  deficiencies 
and  replace  revenue,  in  order  that  no 
hardships    may    be   entailed    on  them. 


ÜOCUMüm'S    OFFlCIKI-8. 


388 


With  a  view  to  preserving  the  original 
intention  underlying  the  proposal  to  in- 
crease the  tliitics  ill  compciii>ution  for  the 
loss  of  revenue  derived  frojn  Ickin  and 
other .  imposts  on  goods,  it  is  further 
stipulated  that  the  surtaxes  shall  not  be 
apj)ropriated  for  other  [»urposes,  shall 
not  form  part  of  the  Imperial  Maritime 
Customs  revenue  proper,  and  shall  in  no 
case  be  pledged  as  security  for  any  new 
foreign  loan. 

"It  is  therefore  necessary  to  memoitilise 
for  the  issue  of  an  Edict,  giving  effect  to 
the  above  stipulations  and  directing  the 
Board  of  Revenue  to  find  out  what 
proportion  of  the  provincial  revenues 
derived  from  lekin  of  all  kinds,  now 
about  to  be  abolished,  each  Province  has 
hitherto  had  to  remit,  and  what  propor- 
tion it  has  been  entitled  to  retain,  so 
that,  when  the  Article  comes  into 
aperation,  due  apportionment  may  be 
made  accordingly,  thus  providing  the 
Provinces  with  funds  available  for  local 
expenditure,  and  displaying  equitable 
and  just  treatment  towards  all". 

On  ist  inst,  an  Imperial  Decree  "Let 
action,  as  requested,  be  taken"  was 
issued,  and  we  now  do  ourselves  the 
honour  reverently  to  transcribe  the 
same  for  your  infoiination. 

Annex  B  —  (2). 
Shanghai,  Sept.  5,  1902. 

Gentlemen,  I  have  the  honour  to 
acknowledge  the  receipt  of  your  des- 
patch of  the  2nd  inst.  forwarding  the 
text  of  the  Memorial  and  Decree  dealing 
with  the  disposal  of  the  surtaxes. 

I  understand  that  the  surtaxes  in 
addition  to  not  being  pledged  for  any 
new  foreign  loan  are  not  to  be  pledged 
to,  or  held  to  be  security  for,  liabilities 
already  contracted  by  China  except  in  so 
far  as  lekiti  revenue  has  already  been 
pledged  to  an  existing  loan. 

I  also  understand  from  the  Memoiial 
that  the  whole  of  the  surtaxes  provided 
by  Article  VIIT.  of  the  New  Treaty  goes 
to  the  Provinces  in  proportions  to  be 
agreed  u})on  between  them  and  the 
Board  of  Revenue,  but  that  out  of  these 
surtaxes  each  Province  is  obliged  to 
remit  to  Peking  the  same  contribution 
as  that  which  it  has  hitherto  remitted 
out  of  its  Ickin  collections,  and  that  the 
Provinces  also  provide  as  hitherto  out 
of  these  surtax  funds  whatever  may  be 


nec^CHsary  for  the  service  of  the  foreign 
loan  to  which  Ickin  is  partlypledged. 

I  hope  Your  Excellencies  will  send  me 
a  reply  to  this  despatcli  and  tliat  you 
will  agree  to  this  correspondence  forming 
part  of  the  Treaty  as  an  Annex,  —  I 
have,  &c.    (Signed)  .Ias.  L.  Mackay. 

Their  Excellencies, 
Lu  Hai-IIuan  and  Sh£no  Hsuan-Huai. 

CC  iSC  oC 

Annex  B  —  (3). 
(  'I'ranslntiun.) 

Lu,  President  of  the  Roard  of  Works; 

Shëno,  Junior  Guardian  of  the  Heir 
Apparent,  Vice-President  of  the  Board 
of  Works; 

Imperial  Chinese  Commissioners  for 
dealing  with  questions  connected 
with  the  Commercial  Treaties,  to 

Sir  .Iames  L.  Mackay,  His  liritannic 
Majesty's  Special  Commisfioner. 

Shanghai,  Sept.  5,  1902. 

We  have  the  honour  to  acknowledge 
the  receipt  of  your  communication  of  to- 
day's date  with  regard  to  the  allocation 
of  the  surtax  funds  allotted  to  the  Pro- 
vinces, and  to  inform  you  that  the  views 
therein  expressed  are  the  same  as  our 
own. 

We  would,  however,  wish  to  point  out 
that,  were  the^  whole  amount  of  the 
allocation  due  paid  over  to  the  Provinces, 
unnecessary  expense  would  be  incurred 
in  the  retransmission  by  them  of  such 
portions  thereof  as  would  have  to  be 
remitted  to  Peking  in  place  of  the  con- 
tributions hitherto  payable  out  of  lekin 
revenue.  The  amount,  therefore,  of  the 
allocation  due  to  the  Provinces,arranged 
between  them  and  Board  of  Revenue, 
will  be  retained  in  the  hands  of  the 
Maritime  Customs,  who  will  await  the 
instructions  of  the  Provinces  in  regaixi 
to  the  remittance  of  such  portion  thereof 
as  may  be  necessary  to  fulfil  their 
obligations,  and  (on  receipt  of  these 
insti'uctions)  wilt  send  forwaiii  the 
amount  direct.  The  balance  will  be  held 
to  the  order  of  the  Provinces. 

In  so  far  as  lekin  is  pledged  to  the 
service  of  the  1898  loan,  a  similar  method 
of  procedure  will  be  adopted. 

As  you  reqtiest  that  thiscorrespondeoce 
be  annexed  to  the  Treaty,  we  have  the 
honour  to  state  that  we  see  no  objection 
to  this  being  done. 


334 


DOCUMENTS    OFFICIELS. 


Annex  (C). 

INLAND  WATERS  STEAM  NAVIGATION. 

ADDITIONAL   RULES. 

1.  British  steamship  owners  are  at 
liberty  to  leare  warehouses  and  jetties 
on  the  banks  of  waterways  from  Chinese 
subjects  for  a  term  not  exceeding  25 
years,  with  option  of  renewal  on  terms 
to  be  mutually  arranged.  In  cases  where 
British  merchants  are  unable  to  secure 
warehouses  and  jetties  from  Chinese 
subjects  on  satisfactory  terms,  the  local 
officials,  after  consultation  with  the 
Minister  of  Commerce,  shall  arrange  to 
provide  these  on  renewable  lease  as 
above  mentioned  at  current  equitable 
rates. 

2.  Jetties  shall  only  be  erected  in  such 
positions  that  they  will  not  obstruct  the 
inland  waterway  or  interfere  with  na- 
vigation, and  with  the  sanction  of  the 
nearest  Commissioner  of  Customs;  such 
sanction,  however,  shall  not  be  arbitrarily 
withheld. 

3.  British  merchants  shall  pay  taxes 
and  contributions  on  these  warehouses 
and  jetties  on  the  same  footing  as 
Chinese  proprietors  of  similar  properties 
in  the  neighbourhood.  British  merchants 
may  only  employ  Chinese  agents  and 
staff  to  reside  in  warehouses  so  leased  at 
places  touched  at  by  steamers  engaged 
in  inland  traffic  to  carry  on  their 
business;  but  British  merchants  may 
visit  these  places  from  time  to  time  to 
look  after  their  affairs.  The  existing 
rights  of  Chinese  jurisdiction  over  Chinese 
subjects  shall  not  by  reason  of  this  clause 
be  diminished  or  interfered  with  in  any 
way. 

4.  Steam  vessels  navigation  the  inland 
waterways  of  China  shall  be  responsible 
for  loss  caused  to  riparian  proprietors  by 
damage  which  they  may  do  to  the  banks 
or  works  on  them  and  for  the  loss  which 
may  be  caused  by  such  damage.  In  the 
event  of  China  desii'ing  to  prohibit  the 
use  of  some  particular  shallow  waterway 
by  launches,  because  there  is  reason  to 
fear  that  the  use  of  it  by  thetn  would  be 
likely  to  injure  the  banks  and  cause 
damage  to  the  adjoining  country,  the 
British  authorities,  when  appealed  to, 
shall,  if  satisfied  of  the  validity  of  the 
objection,  prohibit  the  use  ofthat  water- 
way by  British  launches,  provided  that 


Chinese    launches    are    also   prohibited 
from  using  it. 

Both  Foreign  and  Chinese  launches 
are  prohibited  from  crossing  dams  and 
weirs  at  present  in  existence  on  inland 
waterways  where  they  are  likely  to 
cause  injury  to  such  works,  which  would 
be  detrimental  to  the  water  service  of 
the  local  people. 

5.  The  main  object  of  the  British 
Government  in  desiring  to  see  the  inland 
waterways  of  China  opened  to  steam 
navigation  being  to  afford  facilities  for 
the  rapid  transport  of  both  foreign  and 
native  merchandise,  they  undertake  to 
offer  no  impediment  to  the  transfer  to  a 
Chinese  company  and  the  Chinese  flag 
of  any  British  steamer  which  may  now 
or  hereafter  be  employed  on  the  inland 
waters  of  China,  should  the  owner  be 
willing  to  make  the  transfer. 

In  event  of  a  Chinese  company 
registered  under  Chinese  law  being 
formed  to  run  steamers  on  the  inland 
waters  of  China  the  fact  of  British  sub- 
jects holding  shares  in  such  a  company 
shall  not  entitle  the  steamers  to  fly  the 
British  flag. 

6.  Registered  steamers  and  their  tows 
are  forbidden,  just  as  junks  have  always 
been  forbidden,  to  carry  contraband 
goods.  Infraction  of  this  rule  will  entail 
the  penalties  prescribed  in  the  treaties 
for  such  an  offence  and  cancellation  of 
the  Inland  Waters  Navigation  Certificate 
carried  by  the  vessels,  which  will  be 
prohibited  from  thereafter  plying  on  in- 
land waters. 

7.  As  it  is  desirable  that  the  people 
living  inland  should  be  disturbed  as  little 
as  possible  by  the  advent  of  steam  vessels 
to  which  they  are  not  accustomed,  inland 
waters  not  hitherto  frequented  by 
steamers  shall  be  opened  as  gradually 
as  may  be  convenient  to  merchants  and 
only  as  the  owners  of  steamers  may  see 
prospect  of  remunerative  trade. 

In  cases  where  it  is  intended  to  run 
steam  vessels  on  waterways  on  which 
such  vessels  have  not  hitherto  run, 
intimation  shall  be  made  to  the  Com- 
mis.sioner  of  Customs  at  the  nearest  open 
port  who  shall  report  the  matter  to  the 
Ministers  of  Commerce.  The  latter  in 
conjunction  with  the  Governor-General 
orGovernor  of  the  Province,  after  careful 
consideration  of  all  the  circumstances  of 
the  case,  shall  at  once  give  their  approval. 


UOCUMÜNTS   OVKICIKI^S. 


385 


8.  A  registered  steamer  may  ply  I 
within  the  waters  of"  a  port,  or  from 
one  open  port  or  ports  to  another  open 
port  or  ports,  oi-  from  one  open  port  or 
ports  to  places  inland,  and  thence  back 
to  such  port  or  ports.  She  may,  on 
making  due  report  to  tho  Customs,  land 
or  ship  passengers  or  cargo  at  any 
recognised  places  of  trade  passed  in  the 
course  of  the  voyage;  but  may  not  ply 
between  inland  places  exclusively  except 
with  the  consent  of  the  Chinese  Govern- 
ment. 

9.  Any  cargo  and  passenger  boats  may 
be  towed  by  steamers.  The  helmsman 
and  crew  of  any  boat  towed  shall  be 
Chinese.  All  boats,  irrespective  of  owner- 
ship, must  be  registered  before  they  can 
proceed  inland. 

iO.  These  Rules  are  supplementary  to 
the  Inland  Steam  Navigation  Regulations 
of  July  and  September,  1898.  The  latter, 
where  untouched  by  the  pre.sent  Rules, 
remain  in  full  force  and  effect;  but  the 
present  Rules  hold  in  the  case  of  such 
of  the  former  Regulations  as  the  present 
Rules  affect.  The  present  Rules,  and  the 


Regulations  of  July  and  September,  1898, 
to  which  they  are  supplementary,  are 
provisional,  and  may  be  modified,  a8 
circumstances  require,  by  mutual  con- 
sent. 

Done  at  Shanghai  this  fifth  day  of 
September  in  the  y  ear  of  Our  Lord,  19(W; 
corresponding  with  the  Chinese  date,  the 
fourth  day  of  the  eighth  moon  of  the 
twenty  eighth  year  of  Kwang  Hsu. 

[L.S.]  Jas.  L.  Maokay. 


Signature  of 

Hii  Excelleocy 

Shêng  Hfüan-hnai 


Signatare  of 
Hif  Ezcelleney 
Li  Hai-hnam. 


Seal  of  the 

Chineae 

Plenipotentiariea. 


CONVENTION  ENTRE  LA  FRANCE  ET  LE  SIAM. 
(Paris,  7  octobre  1902.) 


Le  président  de  la  République  française  I 
et  S.  M.  le  roi  de  Siam,  désireux  de  rendre 
plus  étroites  et  plus  confiantes  les  rela- 
tions d'amitié  qui  existent  entre  leurs 
deux  pays  et  de  régler  certaines  diffi- 
cultés qui  s'étaient  élevées  sur  l'inter- 
prétation du  traité  et  de  la  convention 
du  3  octobre  1893,  ont  décidé  de  conclure 
une  nouvelle  convention  et  ont  nommé 
à  cet  effet  pour  leurs  plénipotentiaires, 
savoir  : 

Le  président  de  la  République  fran- 
çaise, M.  Théophile  Delcassé,  député, 
ministie  des  Affaires  étrangères,  etc.,  et 
Sa  Majesté  le  roi  de  Siam,  PhyaSuriya 
Nuvatr,  son  envoyé  extraordinaire  et 
ministre  plénipotentiaire  près  le  prési- 
dent de  la  République  française,  décoré 
de  la  1"  classe  de  l'Ordre  royal  de  la 
Couronne  de  Siam,  grand  Officier  de 
l'Ordre  national  de  la  Légion  d'honneur, 
etc. 


Lesquels,  après  s'être  communiqué 
leurs  pleins  pouvoirs,  trouvés  en  bonne 
et  due  forme,  sont  convenus  des  dis- 
positions suivantes: 

Article  premier. 

§.  1 .  —  La  frontière  entre  le  Siam  et 
le  Cambodge  part,  sur  la  rive  gauche  du 
Grand  Lac,  de  l'embouchure  de  la  rivière 
Stung-Roluos;  elle  suit  le  parallèle  de  ce 
point  dans  la  direction  de  l'Est  jusqu'à 
la  rencontre  de  la  rivière  Piék-kompong- 
tiam,  puis,  remontant  vei-s  le  Nord,  elle 
se  confond  avec  le  méridien  de  ce  point 
de  rencontre  jusqu'à  la  chaîne  de  mon- 
tagnes Pnora-dang-rek.  De  là  elle  suit  la 
ligne  do  partage  des  eaux  entre  les 
bassins  du  Nam  Sen  et  du  Mékong  d'une 
part  et  du  Nam-moun  d'autre  part,  et 
rejoint  la  chaîne  Pnom-padang  dont  elle 
suit  la  crête  vers  l'Est  jusqu'au  Mékong. 


336 


DOCUMENTS    OFFICTKI.S. 


En  amont  de  ce  point,  le  Mékong  reste 
la  frontière  du  royaume  du  Siam,  con- 
formément à  l'article  premier  du  traité 
du  3  octobre  1893. 

§  2.  —  Quant  à  la  frontière  entre  le 
Luang-prabang,  rive  droite,  et  les  pro- 
vinces de  Muang-phichaï  et  Muang-nan, 
elle  part  du  Mékong  à  son  confluent  avec 
le  Nam-huong  et,  suivant  la  crête  des 
montagnes  qui  sépare  les  vallées  du 
Nam-huong  et  du  Mékong,  elle  se  dirige 
vers  l'Ouest  jusqu'à  la  rencontre  de  la 
ligne  de  partage  des  eaux  entre  le  bassin 
du  Mékong  et  celui  du  Mé-nam.  Tour- 
nant vers  le  Nord  à  partir  de  ce  point, 
elle  suit  la  ligne  de  faîte  entre  ces  deux 
bassins  Jusqu'à  la  source  de  la  riviètequi, 
venant  du  Sud-Est,  se  jette  dans  le  Nam- 
ngoum,  puis  le  cours  de  cette  rivière  et  le 
Nam-ngoum  lui-même  jusqu'à  son  con- 
fluent avec  la  rivière  de  Ban-luak.  La 
frontière  revient  ensuite,  en  remontant 
cette  rivière,  à  la  ligne  de  faîte  entre  les 
bassins  du  Mé-nam  et  du  Mékong  et  suit 
cette  ligne  à  l'Ouest  jusqu'à  la  rivière 
de  Nam-kop  dont  elle  descend  le  cours 
jusqu'au  Mékong. 

§  3.  —  Il  est  bien  entendu  toutefois 
que  la  présente  Convention,  pas  plus  que 
le  Traité  et  la  Convention  de  1893,  ne 
change  rien  aux  rapports  traditionnels 
entre  Sa  Majesté  le  roi  de  Siam  et  la 
partie  du  Luang-prabang  située  sur  la 
rive  droite  du  Mékong. 

Article  II. 

En  même  temps  que  les  provinces  de 
Melou-prey,  ^e  Bassac  (et  généralement 
les  teri'itoires  situés  à  l'est  de  la  frontière 
indiquée  à  l'article  1^"',  §  1^'')  seront  re- 
mises par  le  Gouvernement  siamois  aux 
autorités  françaises,  les  troupes  françaises 
quitteront  la  ville  de  Chantaboun  qu'elles 
occupent  provisoirement  en  vertu  de 
l'article  6  de  la  Convention  du  3  octobre 
1893. 

Article  III. 

Les  différentes  restiictions  visées  aux 
articles  3  et  4  du  traité  du  3  octobre  1 893 
sont  supprimées.  Toutefois,  S.  M.  le  roi  de 
Siam  prend  l'engagement  que  les  troupes, 
qu'Elle  enverra  ou  entretiendra  dans  tout 
le  Massin  siamois  du  Mékong,  seront  tou- 
jours des  troupes  de  nationalité  siamoise, 
commandées   par  des  officiers  de  cette 


nationalité.  Il  n'est  fait  exception  à  cette 
règle  qu'en  faveur  do  la  gendarmerie 
siamoise,  actuellement  commandée  par 
des  officiers  danois.  Dans  le  cas  où  le 
gouvernement  siamois  voudrait  substi- 
tuer à  ces  officiers  des  officiers  étrangers 
appartenant  à  une  autre  nationalité,  il 
devrait  s'entendre  au  préalable  avec  le 
Gouvernement  français. 

Article  IV. 

A  l'avenir,  dans  la  partie  siamoise  du 
bassin  du  Mékong,leGouvernement  royal, 
s'il  désire  exécuter  des  ports,  canaux, 
chemins  de  fer  (notamment  les  chemins 
de  fer  destinés  à  relier  la  capitale  à  un 
point  quelconque  de  ce  bassin)  se  mettra 
d'accord,  avec  le  Gouvernement  français, 
dans  le  cas  où  ces  travaux  ne  pourraient 
être  exécutés  exclusivement  par  un  per- 
sonnel et  avec  des  capitaux  siamois. 

En  ce  qui  concerne  l'usage  des  ports, 
canaux,  chemins  de  fer  aussi  bien  dans  la 
partie  siamoise  du  bassin  du  Mékong  que 
dans  le  reste  du  royaume,  il  est  entendu 
qu'aucun  droit  différentiel  ne  pourra  être 
établi  contrairement  au  principe  de 
l'égalité  commerciale  inscrite  dans  les 
traités  signés  par  le  Siam. 

Article  V. 

Les  personnes  d'origine  asiatique  nées 
sur  un  territoire  soumis  à  la  domination 
directe  ou  placé  sous  le  protectorat  de  la 
France,  sauf  celles  qui  ont  fixé  leur  rési- 
dence au  Siam  avant  l'époque  où  le  terri- 
toire dont  elles  sont  originaires  a  été 
placé  sous  cette  domination  ou  sous  ce 
protectorat,  ont  droit  à  la  protection 
française  et  pourront  se  faire  inscrire 
comme  ressortissants  français  à  la  Léga- 
tion ou  aux  Consulats  et  Vice-consulats 
de  la  République  dans  le  royaume  de 
Siam.  La  protection  française  sera  accor- 
dée aux  enfants  de  ces  personnes,  mais 
ne  s'étendra  pas  à  leurs  petits-enfants. 

Les  Cambodgiens  au  Siam  continue- 
ront à  être  régis  par  l'article  V  du  traité 
du  15  juillet  1867. 

Article  VI. 

§  1 .  —  Les  listes  des  protégés  actuelle- 
ment existantes  seront  revisées  par  les 
autorités  consulaires  françaises,  confor- 
mément   aux  règles  établies  à  l'article 


i 


DOCUMENTS    0KFICIBL8. 


337 


précédent,  et  seront  (communiquées  au 
gouvernement  siamois  qui  pourra  pré- 
senter (les  observations  contre  les  in- 
scriptions à  son  sens  injustifiées.  Les 
apents  français  soumettront  alors  à  un 
nouvel  examen  les  cas  qui  leur  seraient 
ainsi  signalés. 

§  2.  —  Los  Chinois  actuellement  in« 
scrits  sur  les  listes  susmentionnées  à  la 
Légation  ou  dans  un  Consulat  français 
au  Siam  continueront  à  jouir  de  la  pro- 
tection française. 

Au  point  de  vue  de  la  juridiction,  ils 
seront  soumis  à  la  loi  siamoise  et  jugés 
par  les  tribunaux  siamois.  Toutefois,  un 
représentant  de  la  Légation  ou  d'un 
Consulat  de  France  aura  le  droit  d'avoir 
communication  des  piècesde  l'instruction 
et  d'assister  aux  audiences  du  tribunal 
qui  les  jugera. 

Article  VII. 

En  ce  qui  concerne  l'admission  à  la 
protection  française  des  Asiatiques  qui 
ne  sont  pas  nés  sur  un  territoire  soumis 
à  l'autorité  directe  ou  au  protectorat  de 
la  France,  le  gouvernement  de  la  Répu- 
blique jouira  de  droits  égaux  à  ceux  que 
le  Siam  accorderait  à  l'avenir  à  toute 
autre  puissance. 


Article  VIII. 

Les  dispositions  des  anciens  traités, 
accords  et  conventions  entre  la  France  et 
le  Siam,  non  modifiées  par  la  présente 
convention,  restent  en  pleine  vigueur. 

Article  I"^. 

En  cas  de  difficultés  d'interprétation 
de  la  présente  Convention,  rédigée  en 
français  et  en  siamois,  le  texte  français 
fera  .seul  foi. 

Article  X. 

La  présente  convention  sera  ratifiée 

dans  un  délai  de  quatre  mois  à  partir 
du  jour  de  la  signature,  ou  plus  tôt  si 
faire  se  peut. 

En  foi  de  quoi  les  plénipotentiaires 
respectifs  ont  signé  la  présente  conven- 
tion et  y  ont  apposé  leurs  cachets. 

Fait  à  Paris,  en  double  exemplaire,  le 
7  octobre  1902. 

L.S.  Signé:  Delcassé. 
L.S.  Signé:  Phya  Suriva. 


NÉCROLOGIE. 


ALEXANDRE  MICHIE. 

M.  Michie  est  mort  à  l'âge  de  69  ans  le  7  août  1902  à  l'Hôtel  Cecil,  Londres. 
Né  en  1833  à  Earlferry,  Fifeshire,  il  partit  en  1853  pour  Hongkong  où  il  entm 
dans  la  maison  Lindsay  &  Cie.  dont  il  devint  l'associé  et  le  représentant  à 
Chang- Haï.  Rentré  en  Angleterre,  il  retourna  en  1883  en  Chine  et  s'établit  à 
Tien-tsin  où  il  a  été  correspondant  du  Times. 

Outre  un  grand  nombre  d'articles  de  journaux  et  de  revues,  il  a  publié  un 
certain  nombre  d'ouvrages  ').  H.  G. 

JONATHAN  LEES   ^  — '  jjü   ^^  Yi-shé. 

Le  Rev.  J.  Lees  qui  est  mort  cette  année,  était  né  à  Manchester  le  7  août 
1835.  Il  fut  envoyé  en  Chine  par  la  London  Missionary  Society  et  il  arriva  à 
Chang-Hai  le  21  février  1862  d'où  il  partit  le  mois  suivant  pour  Tien-tsin;  en 
différentes  circonstances,  il  a  joué  un  rôle  fort  actif  dans  la  défense  des  intérêts 
anglais  et  protestants  ').  H.  C. 


1)  Report  of  the  Delegates  of  the  Shanghai  General  Chamber  of  Commerce  on  the  trade 
of  the  Upper  Yangtsze  and  Report  of  the  Naval  Surveyors  on  the  River  above  Hankow. 
Shanghai:  Printed  at  the  "Shanghai  Recorder"  OfiBce.  MDCCCIJX,  in-fol.  pp.  51. 

Reimp.  à  Londres  et  forme  le  "Blue  Book"  suivant: 

—  China.  N°.  8  (1870)  Report  of  the  Delegates  of  the  Shanghai  General  Chamber  of 
Commerce  on  the  trade  of  the  Upper  Yangtsze  River.  (Presented  to  Parliament  by  Her 
Majesty's  Command.)  In-fol.,  pp    67. 

—  The  Siberian  Overland  Route  from  Peking  to  Petersburg,  through  the  deserts  and 
steppes  of  Mongolia,  Tartary,  &c.  London:  John  Murray,  1864,  in-8,  pp.  xiii — 402,  grav. 
et  cartes. 

—  The  Englishman  in  China,  during  the  Victorian  Era,  as  illustrated  in  the  career  of 
Sir  Rutherford  Alcock.  London  and  Edinburgh,  A.  Michie,  1900,  2  vol.  in-8. 

2)  Sacred  Songs  for  Home  and  School.  Manchester,  1858. 

Recueil    de   253   hymnes,  en  partie  originaux.  —  Une  quatrième  édition  parue  à 
Manchester  en  1863,  in-12,  pp.  145,  contient  75  nouveaux  hymnes 

—  Union  in  Bible  and  Tract  Work.  By  Rev.  Jonathan  Lees,  L.M.S.  {Chinese  Recorder^ 
Sept.  1892,  pp.  412—415.) 


MÉCROLOGIK.  889 

JAMES  H.  HABT. 

Mr.  Hart,  frère  cadet  de  Sir  Robert  Hart,  est  mort  à  Hove,  Brighton,  le  13 
nov.  1902,  à  l'fige  de  55  ans;  il  était  entré  dans  les  Douanes  chinoises  en  août 
1807  et  il  était  Commissaire  depuis  octobre  1872.  Il  avait  pris  part  à  la  déli- 
mitation de  la  frontière  de  la  Chine  et  du  Tong-king  et  aux  n/'gociation«  de 
la  Convention  entre  la  Chine  et  l'Angleterre  au  sujet  du  Sikkim.  Il  était  décoré 
du  Double  Dragon,  deuxième  division,  première  classe;  officier  de  la  Légion 
d'Honneur  (1878);  chevalier  de  l'Ordre  de  François-Joseph  (1873);  il  avait  reçu 
la  plume  de  Paon  (31  mai  1890)  et  le  globule  de  première  classe  (1894); 
une  médaille  de  bronze  lui  avait  été  décernée  à  l'Exposition  de  Philadelphie 
en  1870.  H.  C. 

ANGELO  ZOTTOLI,  S.  J.,    ^  ^  ^    Tch'ao  Té-li. 

Nous  avons  le  regret  de  recevoir  la  nouvelle  arrivée  par  le  télégraphe  de  la 
mort  le  9  du  mois  de  novembre  du  R.  P.  Zottoli.  Le  P.  Zottoli  était  né  à  Naples 
le  21  juin  1820;  il  était  entré  le  2  mai  1843,  dans  la  Compagnie  de  Jt'-su.s,  et 
il  était  arrivé  dans  la  mission  du  Kiang  Nan,  le  27  sept.  1848,  avec  les  PP. 
Adinolfi,  Catte,  délia  Corte,  Ducis  et  L.  de  Massa,  tous  italiens,  sauf  l'avant- 
dernier.  Il  est  mort  avant  d'avoir  vu  l'impression  du  Dictionnaire  qui  devait 
couronner  son  grand  ouvrage  Cursus  litteraturae  sinicae  neo-miiisionnariis 
accommodatus  paru  en  cinq  volumes  depuis  1878;  le  P.  Charles  de  Hussy  qui 
avait  traduit  en  français  le  premier  volume  du  Cursus  j(^\S9i)  avait  précédé  le 
P.  Zottoli  dans  la  tombe.  Outre  le  Cursus,  le  P.  Z.  a  laissé  des  ouvrages  dont 
nous  donnons  la  liste  sommaire  ').  H.  C. 

LIEOU  K'OUEN-YI  ^  i^  — • . 

Nous  nous  bornons  à  enregistrer  la  mort  à  la  suite  d'une  attaque  de  dyssenterie 
du  vieux  vice-roi  des  Deux-Kiang  qui  a  rendu  le  dernier  soupir  à  Nan-King,  le 
0  octobre  1902.  Lieou  était  né  le  21  janvier  1830,  à  Ilèng-yang,  dans  le  Hou- 
Nan.  On  trouvera  le  détail  de  sa  carrière  dans  mon  Hisloirc  des  liclations 
de  la  Chine. 

Le  vice-roi  des  deux  Hou,  Tchang  Tchi-toung,  B^  ^  *^  ,  remplace  Lieoa 
à  Nan-King  temporairement.  H.  C. 


1)  Ascetica  nommclaiio.  Kes  spirituales  librom  exercitioram,  res  Soeietati«,  Perfectionem 
religiosara  coraplectens.  Chang-hai.  1877,  in-8,  pp.  12  autog. 

—  Tractatus  de  Indal(;entii8.  —  Mensis  Marianus.  —  Mensis  SS.  Cordis  Jeao.  — 
Mensis  S.  .losephi.  —  Catechismi  historici  et  dogmatici  mnemosynon.  —  Catechisnos 
comparationibus  exemplisque  adornatus.  —  Tractatus  de  vera  Religione.  —  Emmanuelis 
Alvarez  institutio  grammatica  ad  sinenses  alnmnos  accommodata. 


BULLETIN  CRITIQUE. 


Notes  on  Chinese  Literature: 
with  Introductory  Remarks  on  the 
Progressive  Advancement  of  the  Art; 
and  a  List  of  Translations  from 
the  Chinese  into  various  european 
Languages  —  By  A.  Wylib,  Agent 
of  the  British  and  Foreign  Bible 
Society  in  China.  —  New  edition.  — 
Shanghai:  Printed  at  the  American 
Presbyterian  Mission  Press.  — 
1901,  in-8,  pp.  XXXIX- 307. 

L'ouvrage  de  Wylie  paru  en 
1867  est  depuis  longtemps  épuisé; 
son  prix  de  vente  a  considérable- 
ment augmenté  et  son  utilité  étant 
toujours  grande,  une  nouvelle 
édition  paraissait  nécessaire.  Les 
Notes  de  Wylie,  très  remarquables 
pour  l'époque  à  laquelle  elles  ont 
été  données,  avaient  comme  tout 
livre  subi  l'épreuve  du  temps  et  de 


la  critique,  et  ses  défauts  avaient 
été  relevés  par  ceux-mêmes  qui  les 
estiment  le  plus  justement.  La 
nouvelle  impression  devait  donc 
comprendre  une  revision  complète 
du  texte,  revision  d'autant  plus 
nécessaire  que  ce  texte  avait  été 
réimprimé  une  première  fois  sans 
le  concours  de  Wylie,  quoique  rien 
n'indique  ce  fait  qui  m'a  été  révélé 
par  l'auteur  lui-même.  Il  y  avait 
lieu  aussi  de  mettre  au  point  la 
bibliographie  européenne  placée 
en  tête  du  volume. 

Rien  de  la  sorte  n'a  été  fait; 
la  présente  édition  n'est  qu'une 
reproduction  verbatim  de  la  pre- 
mière; elle  n'est  pas  photographi- 
que comme  certaines  contrefaçons 
japonaises;  elle  est  in-8  au  lieu 
d'être  in-4  et  elle  comprend  307 
pages   au    lieu  des  260  pages  de 


BULMJTIN    CRITiqUE. 


341 


Torigiual.  Je  ne  puis  donc  qu'ex-  !  pressiou  est  aussi  sotte  que  celle 


primer  mes  regrets  qu'une  sem- 
blable occasion  ait  été  perdue  de 
nous  donner  un  Wylie  au  courant 
do  la  science  actuelle.  Cette  réira- 


qui  a  été  faite  de  la  Notitia  de  Pré- 
mare par  les  Missions  Etrangères 
à  Hongkong  en   1893. 

H.  C. 


BIBLIOGRAPHIE. 


LIVRES  NOUVEAUX. 

M.  Henri  Cordibr  espère  pouvoir  commencer  l'impression  de  la 
deuxième  édition  revue  et  augmentée  de  la  Bibliotheca  Sinica  en 
janvier  1903;  il  sera  reconnaissant  à  tous  ceux  qui  voudront  bien 
lui  signaler  les  erreurs  et  les  omissions  de  la  première  édition. 


Avec  le  volume  de  Papers  relating  to  the  Foreign  Relations  of 
the  United  States,  December  3,  1901,  qui  vient  de  paraître,  un  ap- 
pendice est  publié;  il  renferme  le  rapport  de  l'Hon.  William  W. 
RoCKHiLL,  commissaire  des  Etats-Unis  eu  Chine,  à  la  suite  des 
événements  de  1900,  iu-8,  pp.  391. 


Le  troisième  fascicule  qui  termine  le  premier  volume  du  Cata- 
logue des  Livres  chinois,  coréens,  japonais,  etc.  de  la  Bibliothèque 
nationale  par  M.  Maurice  Courant  a  paru  chez  Ernest  Leroux.  Il 
comprend  les  N°*  3470 — 4423  et  il  renferme  les  chapitres  suivants: 
Chapitre  VI:  Littérature  —  Première  Section:  Anciens  Classiques 
ou  Sages  (Tseu),  3470—3555  —  Deuxième  Section:  Recueils  collectifs, 
3556—3692  —  Troisième  Section-.  Recueils  itidividuels,SQ9S  —  SSSd  — 
Quatrième  Section:  Oeuvres  diverses,  3834  —  3878  —  Cinquième  Section  : 
Traités  didactiques  et  modèles,  3879—3939.  —  Chap.  VII:  Oeuvres 
d'Imagination  —  Première  Section:  Romans,  3940  —  4245  — 
Deuxième  Section:  Recueils  de  Nouvelles,  4246-4291    —  Troisième 


BIBl.IOORAPHIB.  848 

Section:  Oeuvres  diverses,  4292—4328  —  Quatrième  Sectioa:  Tkéâtre^ 
4329-4423. 


L'excellent  ouvrage  de  M.  W.  G.  Abtgn  sur  la  Littérature  japonaise 
a  été  traduite  en  français  par  M.  Henry  D.  Davkay  dans  la  collec- 
tion des  Histoires  des  Littératures  publiée  par  la  librairie  Armand 
Colin.  Une  bonne  note  bibliographique  due  à  M.  Maurice  Courant 
a  été  placée  en  tête  du  volume  pour  remplacer  celle  qui  avait  été 
rédigée  pour  l'original  en  vue  des  lecteurs  anglais. 


M.  A.  VissiÈRE  vient  de  donner  une  deuxième  livraison  de  son 
Recueil  de  textes  chinois  à  Vusage  des  élèves  de  l'Ecole  spéciale  des 
Langues  Orientales]  ces  textes  comprennent  des  extraits  de  journaux, 
des  pièces  administratives  et  commerciales,  des  documents  officiels, 
etc.;  cette  livraison  comprend  les  pages  17—32  et  les  pièces 
numérotées  13  à  51. 


La  librairie  C.  F.  Amelang,  de  Leipzig,  a  entrepris  une  collec- 
tion d'Histoires  des  Littératures  {Litteratureu  des  Ostens  in  eimel" 
darstellungen)  qui  comprend  une  Geschichte  der  Japanischen  Litteratur 
von  Dr.  K.  Florenz,  Professeur  à  l'Université  de  Tokio,  et  ö«- 
schichte  der  chinesischen  Litteratur  von  Prof.  Dr.  Wilhelm  Grubb, 
de  Berlin;  ces  vol.  sont  les  10®  et  8®  de  la  collection. 


M.  Félix  RÉGAMEY,  chargé  le  15  novembre  1898,  parle  Ministre 
de  l'Instruction  Publique  et  des  Beaux-Arts,  d'une  mission:  «Enquête 
sur  l'Enseignement  des  Beaux-Arts  au  Japon,  et  les  résultats  obtenus 
dans  les  Ecoles  japonaises  par  l'application  de  nos  méthodes»,  vient 
d'imprimer  son  rapport  eu  un  volume  gr.  in-4,  orné  de  dessina 
d'artistes  japonais  et  de  ses  propres  croquis. 


344  BIBLIOGRAPHIE. 

Le  Vol.  V  de  la  Mission  Pavie,  Indo-Chine  1879  —  1895  vient 
de  paraître;  il  renferme  les  Voyages  dans  le  Haut  Laos  et  sur  les 
frontières  de  Chine  et  de  Birmanie  par  Pierre  Lefèvre-Pontalis;  il 
est  le  plus  intéressant  des  volumes  publiés  jusqu'à  ce  jour. 


M.  le  Baron  de  Contenson  a  publié  dans  V  Université  Catholique 
de  Lyon  un  article  intitulé  VAvenir  de  noire  Démocratie  égalitaire 
d'après  la  Chine. 


PUBLICATIONS  PERIODIQUES. 

Le  no.  3  du  Tome  II  (Juillet-Septembre  1902)  du  Bulletin  de 
C École  Française  d'Extrême-Orient  renferme  les  articles  suivants: 
I.  Stèle  de  Vat  Phou  près  de  Bassac  (Laos)  par  M.  A.  Barth 
[«Le  plus  vieux  document  fourni  par  les  environs  de  Bassac  était 
jusqu'ici  l'inscription  digrapbique  de  Yaço  varman  à  Houé  Tamoh, 
datée  de  çaka  811  =  889  A.D.  La  nouvelle  stèle  de  Vat  Phou 
nous  fait  remonter  de  deux  cents  ans  plus  haut.  Bien  qu'elle  ne  soit 
pas  datée,  le  Jayavarman  dont  elle  émane  est,  en  effet,  le  roi  de 
ce  nom  appartenant  à  la  plus  ancienne  dynastie  directement  docu- 
mentée, celui  que,  provisoirement,  nous  appelons  Jayavarman  P*^, 
et  dont  nous  avons  déjà  deux  inscriptions  datées  de  çaka  586  et 
589  -  664  et  667  A.D.  L'inspection  des  caractères  ne  laisse  aucun 
doute  à  cet  égard.  La  stèle  nous  montre  donc  que,  dès  le  VIP  siècle 
çaka,  l'empire  khmer  avait  atteint  de  ce  côté  la  limite  qu'il  ne 
parait  plus  avoir  beaucoup  dépassée,  même  à  l'époque  de  son  apogée. 
Elle  nous  apprend  de  plus  que  l'art  khmer  n'est  pas  né  subitement 
avec  les  grands  monuments  de  la  plaine  d'Angkor»].  —  IL  Vat 
Phou  par  M.  L.  Fingt  j  «Le  monument  de  Vat  Phou  est  situé  à 
7  ou  8  kilomètres  au  S.-O.  de  Bassac,  au  pied  des  hauteurs  de 
Phou    Bassac.   Il   est   construit,   suivant  l'orientation  Est-Ouest,  sur 


BIBUOOKAPHIR.  845 

une  pente  qui  s'élève  de  la  pltiine  jusqu'à  une  hauteur  do  90  mètres 
environ,  où  elle  est  brusquement  coupée  par  une  muraille  de  rocher 
à  pic»].  —  III.  Noies  chinoises  snr  VInde  par  M.  Sylvain  LÉvi. 
[I.  IJécritnre  Kharoçtri  et  son  bercoan.  —  II.  Une  veraiun  ehinoine 
du  Bodhicaryavatîlra].  —  IV.  L'Itinéraire  du  Pèlerin  Ki  ye  ^là  ^ 
dans  VInde  par  M.  Edouard  Huber.  [Contenu  dans  le  Wou-tch'ouan- 
lou  ^  Äß  ^  do  Fan  tch'eng  ta  ^  J^  ;;Ac  •  -  Cf.  G.  Schlegel, 
Mém.  du  Comité  Sinico-japonais,  XXI,  1893,  pp.  35  —  64;  il  a  été 
fait  uu  tirage  à  part  de  25  exemplaires].  —  V.  Les  Ruines  'de 
Bassac  (Cambodge)  par  M.  J.  Comma ille.  [«Les  ruines  de  Bassac 
(province  de  Romduol,  résidence  de  Svai-rieng)  sont  situées  à  6 
kilomètres  environ  de  la  Résidence  de  Svai-rieng,  derrière  un  petit 
village  annamite  qui  a  pris  le  nom  du  vieux  temple  (Batac,  pro- 
nonciation annamite  de  Bassac),  et  à  deux  minutes  de  la  berge  du 
fleuve»].  —  VI.  Contes  populaires  des  Mans  du  Tonkin  par  M.  A. 
BoNiFACY.   —   Enfin  des  Notes  et  Mélanges. 


Le  premier  fascicule.  Ostasiatische  Studien,  de  la  5®  année  des 
Mittheilungen  des  Seminars  für  Orientalische  Sprachen  qui  vient  de 
paraître  renferme:  La  chronique  du  Séminaire  pour  l'année  scolaire 
1901  — 1902.  —  Alphabetisches  Verzeichniss  japanischer  Frauen-namen^ 
von  R.  Lange.  —  Zur  volksthûmlichen  japanischen  Lyrik,  \or\  K.  Kunzk 
(Sendai),  —  Die  Gaku  in  meinem  Hause,  von  Dr.  Geamatzky  — 
Yamagucbi.  —  Bataksche  Umpana,  von  J.  G.  Warnbck.  —  Über 
das  Muschelgeld  (a  tabu)  auf  Neu-Pommern,  Bismarck' Archipel 
{Deutsch- Neu- Guinea),  von  Missionar  Taufa.  —  Is  there  Religious 
Liberty  in  Chinai  By  J.  J.  M.  Db  Groot.  —  Eine  wissenschaftliche 
Gesellschaft  in  Taiwan  (Formosa),  von  R.  Lanok.  [Banjo  kenkyü 
k(w)ai  ^MM^#'  à  Tamsui  j^  i^^l  -  Un  aperçu  des 
travaux  russes  sur  l'Asie  orientale  pour  l'année  1901,  par  M.  W. 
Bartuolü.   —   Eine  chinesische  Hochschule  in  Tsinanfu.   —  Enfin  une 


346  BIBLIOGRAPHIE. 

notice  nécrologique  sur  le  regretté  professeur  Cari  Arendt,  né  le 
l^''  (léc.  1838  à  Berlin,  mort  dans  la  nuit  du  29  au  30  janvier  1902, 
après  une  courte  maladie,  par  le  Dr.  Mbrklinghaus;  cette  notice 
est  suivie  de  quelques  souvenirs  sur  la  personnalité  de  Cari  Arendt, 
par  Karl  Foy. 


Le  No.  6  du  Vol.  II  de  The  Korea  Revîeio  continue  The  History 
of  Korea  de  1389  à  1420;  il  renferme  également  des  articles  sur 
Burial  Customs^  The  Wreck  of  the  Kuma-gawa  Maru;  Japanese 
Banking  in  Korea;  il  contient  une  notice  nécrologique  sur  le  Rév. 
Henry  G.  Appenzeller,  l'un  des  deux  fondateurs  de  la  Mission  de 
l'Eglise  méthodiste  épiscopale  eu  Corée,  né  à  Sonderton,  Pennsyl- 
vania, le  6  février  1858. 

Le  No.  7  du  Vol.  II  de  The  Korea  Review  continue  The  History 
of  Korea  de  1420  à  1478;  il  renferme  également  des  articles  sur 
Korean    Fiction,  la  suite  des  Burial  Customs,  Korean   Products,  etc. 

Le  No.  8  du  Vol.  II  de  The  Korea  Review  continue  The  History 
of  Korea  de  1482  à  1556,  ainsi  que  l'article  sur  les  Ä'orm??  ProtZwc/s; 
notons  encore  le  commencement  d'un  article  sur  la  Korean  Currency. 

Le  No.  9  du  Vol.  II  de  The  Korea  Review  continue  Tlie  History 
of  Korea  de  1568  à  1592;  il  donne  la  suite  de  l'article  sur  les 
Korean  Products',  ainsi  que  les  articles  suivants:  The  Treasures  of 
Kyorig-ju,    Korean   Cm^rency,   Telegraph  and.  Postal  Services. 


Nous  apprenons  que  la  China  Review  a  été  achetée  par  MM. 
Kelly  &  Walsh  et  que,  temporairement,  elle  cessera  de  paraître. 
Son  dernier  numéro  est  le  No.  VI,  June  and  July  1901,  du  Vol.  XXV. 


CHRONIQUE. 


ALLEMAGNE  ET  AUTRICHE. 

M.  le  Dr.  Fried.  Hirth  a  quitté  Cuxhaven  sur  le  Columbia  le  13  octobre 
pour  se  rendre  à  New- York  où  il  occupera  à  Columbia  Univei-sity  la  chaire  de 
chinois  inaugurée  cet  hiver  par  M.  le  Professeur  Herbert  A.  Giles.  Le  départ 
du  Dr.  Hirth  est  une  grande  perte  pour  l'Allemagne,  car  la  chaire  de  chinois 
de  Berlin  reste  toujours  vacante,  M.  le  Dr.  J.  J.  M.  de  Groot  l'ayant  refusée 
pour  rester  à  Leyde. 

ASIE  CENTRALE. 

Simla,  26  septembre  (par  service  spécial).  —  Une  dt^pêche  confirme  qn'tin 
violent  tremblement  de  terre  s'est  produit  le  22  août,  à  8  h.  du  matin,  à 
Kachgar.  Un  grand  nombre  de  maisons  se  sont  écroulées  et  le  résident  bri- 
tannique a  failli  périr.  Le  gros  bourg  d'Artush,  dans  le  voisinage  de  Kachgar, 
a  été  détruit.  667  personnes  ont  succombé  dans  le  district,  et  plus  d'un  millier 
ont  (Hé  blessées.  La  chaleur  devint  intense,  et  pendant  cinq  jours  l'on  a  res- 
senti de  nouvelles  secousses  plus  faibles.  Aucun  Européen  n'a  péri. 

A  la  séance  de  la  Société  de  Géographie,  de  Paris,  du  7  nov.  1902: 
La  séance  a  été  consacrée  à  une  intéressante  conférence  de  M.  Levât,  ingénieur 
des  mines,  sur  la  mission  qu'il  a  accomplie  en  1902  en  Turkestan  et  en  Houkharie 
en  compagnie  de  M.  André  Petit,  ingénieur  des  manufactures.  Après  avoir  étudié 
le  régime  des  eaux  de  l'Amou-Daria  et  séjourné  dans  le  Darvat  et  le  Karathé- 
gine  pour  en  étudier  les  ressources  minières  et  géologiques,  la  mission  gagnait, 
au  commencement  du  mois  de  juillet,  la  vallée  du  Sourk-Ob,  pour  franchir  la 
chaîne  des  monts  Alaï.  M.  Levât  se  décida  à  tenter  ce  passage  par  le  col  de 
Karagouchkana,  porté  sur  les  cartes  russes  de  la  contrée  comme  encore  inconnu. 
En  vue  des  difficultés  do  ce  passage,  l'expt'dition  française  avait  été  l'éduite  à 
douze  hommes  et  autant  de  chevaux.  Partie  le  7  juillet  du  village  de  Yarkhitch, 
elle  passait   le  col   le  8  à  l'altitude  de  4,180  mètres  et  i-edescendait  de  là,  an 


348  CHRONIQUE. 

village  de  Sokh,  dans  la  vallée  de  môme  nom,  qui  aboutit  à  Khokand,  grande 
ville  du  Ferganah,  sur  le  chemin  de  fer  russe  de  l'Asie  centrale.  La  découverte 
de  ce  passage  abrèie  la  route  ordinaire  de  quatre  jours.  Indépendamment  de 
ces  résultats  purement  géographiques,  la  mission  a  rapporté  d'abondants  maté- 
l'iaux  relatifs  à  la  géologie  de  la  Boukharie  et  du  Turkestan. 

M.  Paul  Labbé.  retour  de  la  mission  en  Extrême-Orient  que  lui  avait  confiée 
le  ministère  de  l'instruction  publique  pour  le  Muséum  de  Paris,  a  fait  le  21  nov. 
à  la  Société  de  géographie  une  fort  intéressante  conférence  avec  projections 
électriques  sur  le  Japon,  la  Sibérie  et  la  Mandchourie.  —  Le  ministère  de  l'in- 
struction publique  était  représenté  par  M.  Germain,  attaché  au  cabinet  de  M. 
Chauraié,  et  le  gouvernement  russe  par  M.  Arthur  Raffalovich,  conseiller  d'Etat 
actuel,  agent  commercial  de  Russie  à  Paris. 

GRANDE-BRETAGNE. 

Les   nominations   suivantes   (Sept.    1902)   ont  été  faites  par  le  Foreign  Office 
dans  le  service  consulaire  de  Chine: 
MM.    A.  HosiE,  consul-général  pour  le  Se-Tch'ouan  ; 

J.  Scott,   consul-général    pour   le    Kouang-Toung   et   le   Kouang-Si,   avec 

Canton  comme  résidence; 
W.  H.  Wilkinson,  consul-général  pour  le  Yun-Nan  et  le  Kouei-tcheou  ; 
E.  F.  Bennett,  consul  à  I-tchang; 
W.  Holland,  consul  à  SwatoW; 
R;  h,  Mortimore,  consul  à  Ning-Po; 
P.   E.   O'Brien   Butler,   consul    pour   le   Tche-Kiang,   avec   Hang-tcheou 

comme  résidence; 
W.  P.  Ker,  consul  à  Wou-hou; 
W.  J.  Clennell,  consul  à  Kieou-kiang; 
H.  A.  Little,  consul  à  Pak-hoi. 
La  création  des  postes  du  Se-tch'ouan  et  du  Yun-Nan  porte  à  cinq  (Chang- 
Haï,  Canton,  Tien-tsin)  le  nombre  des  consulats  généraux  anglais  en  Chine. 

CHINE. 

Pe-king,  2  novembre.  —  La  Chine  a  cédé  à  la  requête  du  ministre  de  Grande- 
Bretagne  qui  a  demandé  que  les  six  fonctionnaires  responsables  du  meurtre  des 
deux  missionnaires  anglais  à  Tchen-Tchéou,  dans  le  Hou-Nan,  reçoivent  un 
châtiment  rigoureux.  Un  décret  impérial  condamne  à  la  décapitation  immédiate 
le  fonctionnaire  militaire  qui  a  fermé  la  porte  de  son  yamen  au  missionnaire 
qui  voulait  s'y  réfugier.  L'autre  fonctionnaire  militaire  est  condamné  à  être 
décapité  après  emprisonnement.  Le  préfet  de  la  ville  est  condamné  à  cinq  ans 
d'exil  et  ne  devra  plus  remplir  de  fonctions  officielles.  Les  autres  fonctionnaires 


CHROMIQUE.  849 

ont  été  condamnés  à  la  peine  de  bannJHsoment  pour  des  périodes  de  diverse 
durée.  La  Cliine  payera  une  indemnité  en  argent  à  titre  de  compeniuition,  et 
fera  ériger  un  monument  commémoratif  sur  les  lieux  du  crime.  L'édit,  qui  est 
conçu  en  termes  corrects,  est  considéré  comme  satisfaisant.  {Times.) 

Peking,  18  novembre.  —  Lieou  Han-yeou,  le  mandarin  roRponsable  du  meurtre 
des  deux  missionnaires  anglais,  MM.  Bruce  et  Lewis,  qu'on  disait  s'être  vauvé, 
a  t'té  ext'-cuté  hier  à  Tchang-Cha,  capitale  du  Hou-Nan,  en  présence  du  repré- 
sentant consulaire  anglais.  {Laffan.) 

Le  fonctionnaire  responsable  du  meurtre  de  deux  missionnaires  anglais  dans 
le  Hou-Nan,  a  été  exécuté  le  17  novembre,  à  Tchang-Cha,  capitale  de  la  pro- 
vince, en  face  d'un  représentant  consulaire  britannique. 

On  annonce  qu'un  contrat  relatif  t\  la  construction  de  la  ligne  du  Chan-Si 
est  à  la  veille  d'être  signé  entre  la  Banque  russo-chinoise  et  le  gouvernement 
chinois.  La  nouvelle  ligne  doit  partir  de  Tcheng-Ting-Fou  sur  la  ligne  Hankéou- 
Peking  et.  aboutir  à  T'aï-Youen-Fou,  capitale  du  Chan-Si.  C'est  l'amorce  de  la 
future  grande  ligne  de  pénétration  vers  l'intérieur  par  le  Chan-Si  et  le  Chen-Si. 

Chang-hai,  16  novembre  {par  service  spécial).  —  Les  funérailles  du  vice-roi 
Lieou  K'ouen-yi,  à  Nan-king  ont  donné  lieu  à  des  démonstrations  sans  précédents 
de  la  part  des  représentants  étrangers.  Dans  la  matinée  de  samedi,  les  officiers 
des  navires  de  guerre  étrangers  se  sont  rendus  à  Nanking  auprès  de  Tchang 
Tche-tong,  le  nouveau  vice-roi.  Us  ont  été  suivis  par  les  membres  du  corps 
consulaire.  Le  vice-roi  leur  a  ensuite  rendu  visite  et  a  tenu  une  réception  dans 
l'après-midi.  Tous  les  représentants  ou  les  lésidents  étrangers  y  assistaient.  I^e 
vice-roi  a  donné  dans  la  soirée  un  banquet  de  80  couverts.  Les  places  d'honneur 
étaient  occupées  par  l'amiral  anglais  et  par  le  consul  général  d'Alienmgne  à 
Chang-hai.  Le  \ice-roi  a  porté  des  toasts  à  l'impératrice  douairière,  à  l'empereur, 
aux  souverains  étrangers  et  aux  présidents  de  Républiques,  L'amiral  anglais  a 
répondu.  Ce  matin,  les  fonctionnaires  étrangers  ont  rendu  visite  au  fils  du  dé- 
funt dans  son  yamen.  Les  funérailles  se  sont  déroulées  au  milieu  d'une  pompe 
toute  impériale.  Le  cercueil  était  suivi  de  l'amiral  anglais  entouré  de  son  état- 
major,  par  les  consuls  étrangers  et  par  un  grand  nombre  de  dignitaires  chinois. 
Une  foule  énorme,  évaluée  à  '250,000  personnes,  se  tenait  le  long  de  la  route 
suivie  par  le  cortège.  Les  navires  de  guerre  étrangère  tiraient  des  salves  de 
minute  en  minute,  tandis  que  la  procession  venait  et  se  dirigeait  vers  la  jetée, 
où  un  croiseur  chinois  attendait  le  cercueil  pour  le  transporter  dans  la  province 
de  Hou-Nan. 

Recensement  de    la    Cliitu:   —  M.   Casenave,  chargé  d'aflaii-es  de  France  à 
Pe-king,    communique,    pai-    l'entremise    de    M.  Delcass«»,    ministre  des  Affaires 


350 


CHRONIQUE. 


Etrangères,  la  note  suivante  sur  le  dernier  recensement  officiel  des  habitants  de 
l'Empire  chinois  par  provinces: 

«Le  recens>ement,  qui  vient  d'être  publié  par  les  journaux  chinois  quoique 
sujet  à  caution,  doit  probablement  fournir  une  approximation  assez  approchée 
dans  son  ensemble.  Les  opérations  ont  été  faites,  dans  chaque  sous-préfecture, 
par  les  sous-préfets  aidés  des  autres  mandarins  locaux  et  des  notables,  les  ré- 
sultats concentrés  dans  les  capitales  des  provinces  par  les  gouverneurs  et  finale- 
ment expédiés  à  Pe-king,  au  ministre  des  Finances. 


Nombre  des 

Superficie  ') 

Nombre  d'hab, 

habitants. 

en  K.  c. 

par  K.  c. 

Tche-li 

20,930,000 

300,000 

70 

Chan-si 

12,200,450 

212,000 

57 

Chan-toung 

38,247,900 

145,000 

264 

Ho-nan 

25,316,820 

176,000 

201 

Kiang-sou 

23,980,230 

100,000 

240 

Ngan-houei 

23,672,300 

142,000 

167 

Kiang-si 

26,532,000 

180,000 

148 

Tche-kiang 

11,580,000 

95,000 

122 

Fou-kien 

22,870,000 

120,000 

191 

Hou-pé 

35,280,000 

185,000 

191 

Hou-nan 

22,169,000 

216,000 

103 

Ch  en-si 

8,450,000 

195,000 

43 

Kan-sou 

10,386,000 

325,000 

32 

Seu-tch'ouan 

68,724,800 

566,000 

121 

Kouang-toung 

31,865,200 

259,000 

123 

Kouang-si 

5,142.000 

200,000 

26 

Kouei-Tcheou 

7,650,000 

174,000 

44 

Yun-nan 

12,721,500 

380,000 

34 

Mongolie 

2,580,000 

3,543,000 

0,7 

Thibet 

6,430,000 

1,200,000 

5 

Sin-kiang  (Turkestan  chinois) 

1,200,000 

1,426,000 

0,8 

Mandchourie 

8,500,000 

942,000 

9 

Soit,  en  tout,  environ  425 

millions  d'habitants 

1)  Les  superficies  et  le  pourcentage  par  Kilomètre  carré  sont  empruntés  au  supplément 
du  London  and  China  Telegraph,  Londres,  no.  du  22  sept.  1902.  Les  chiifres  de  la  popu- 
lation donnés  par  M.  Casenave  diffèrent  à&caux\nà\ç\\iu&^9,x\t  London  and  China  Telegraph; 
il  en  résulte  que  le  chiffre  de  la  population  de  l'Empire  chinois  fourni  par  ce  périodique 
dépasse  de  1,400,000  celui  indiqué  dans  la  dépêche  de  M.  Casenave.  {Note  du  Secrétaire 
de  la  Rédaction).  {La  Géographie,  VI,  No.  5,  15  novembre  1902,  p.  840). 


CHRONIQÜB.  351 

lierlin,  24  septembre.  —  On  télégraphie  de  Pe-king,  le  23  septembre: 
«Le  contre-amiral  Geissier,  commandant  de  l'escadre  de  croisière  allemande, 
et  le  baron  Von  der  Goltz,  chargé  d'aflaires  d'Allemagne,  ont  été  reçus  au- 
jourd'hui au  Palais  d'Été  par  l'empereur  et  l'impératrice  régente.  L'andienee 
a  eu  un  caractère  très  satisfaisant.  Au  cours  de  l'entretien,  qui  a  été  assez 
long,  l'impératrice  régente  a  exprimé  le  désir  d'entretenir  de  bonnes  relations 
avec  l'empereur  d'Allemagne». 

M.  W.  H.  Pethick,  de  Tien-tsin,  mort  cette  année,  avait  écrit  une  biographie 
de  Li  Houng-tchang  dont  il  fut  un  des  conseillers  les  plus  intimes.  Son  ma- 
nuscrit a  disparu. 

FRANCE. 

Le  ministi'e  des  affaires  étrangères  tient  de  décider  la  création  de  nouveaux 
postes  diplomatiques  et  consulaires  en  Extrême-Orient,  en  A.sie-Mineure  et  on 
Ethiopie.  De  plus  les  modifications  récentes  apportées  au  régime  politique  de 
l'île  de  Cuba  ont  nécessité  l'installation  d'une  légation  près  la  Rt'publique  cubaine. 
Voici  le  détail  des  nouveaux  postes  dont  le  ministre  estime  la  création  nécessaire 
en  Chine  pour  la  surveillance  de  nos  intérêts. 

En  Chine,  un  vice-consulat  serait  créé  à  Swatow. 

Déjà  en  1900,  le  consul  de  France  à  Canton  recommandait  l'établissement 
d'un  poste  consulaire  à  Swatow.  L'éloignement  de  cette  ville  de  la  capitale  du 
Kouang-Toung  rend  en  effet  difficiles  les  relations,  au  point  que  notre  consul 
à  Canton  s'est  vu  à  plusieurs  reprises  dans  l'obligation  de  confier  des  missions 
auprès  du  taotaï  de  Tchao-Tchéou  à  des  Français  qui  ne  pouvaient,  d'ailleurs, 
assumer  la  responsabilité  d'une  représentation  permanente.  D'autre  part,  le  port 
de  Swatow  est  devenu  en  ces  dernières  années  un  des  plus  importants  de  la 
Chine;  l'Angleterre,  l'Allemagne,  les  Pays-Bas,  la  Suède  et  la  Norvège  y  ont 
créé  des  consulats  et  la  France  est  plus  intéres.«iée  encore  que  ces  puissances 
en  raison  des  rapport.s  constants  existant  entre  Swatow  et  l'Indo-Chine. 

D'autre  part,  le  nombre  des  élèves  interprètes  en  Chine  serait  notablement 
augmenté. 

Cette  mesure,  dont  la  nécessité  a  été  signalée  par  notre  ministre  à  Pe-king, 
ne  répondrait  pas  seulement  aux  besoins  immédiats  de  notre  légation  dans  la 
capitale  de  l'empire  chinois;  elle  permettrait  en  outre  au  ministère  des  afTaires 
étrangères  de  trouver  sur  place  un  personnel  pouvant,  en  cas  de  vacances  de 
certains  postes  d'Extrême-Orient,  remplacer  les  titulaii'es  absents,  tout  en  éco- 
nomisant des  déplacements  onéreux.  D'ailleurs,  l'application  des  derniers  accords 
avec  la  Chine  entraîne  pour  nos  agents  dans  ce  pays,  et  surtout  pour  le  corps 
des  interprètes,  des  travaux  plus  considérables  que  par  le  passé.  Enfin,  il  est 
prudent  d'assurer  le  recrutement  des  interprètes-chanceliers  et  des  vice-consuls 
en  Chine  dont  le  nombre  a  été  augmenté  dans  ces  dernières  années. 


352 


CHRONIQUE. 


Le  Ministre  de  l'Instruction  Publique  et  des  Beaux- Arts  a  nommé  Corres- 
pondants du  Ministère,  en  Chine:  M.  Joseph  Beauvais,  interprète  de  l''*  classe, 
à  Yun-Nan  Sen;  le  Rév.  P.  Henri  Boucher,  recteur  de  l'Etablissement  de  Zi- 
ka-wei,  près  Chang-Haï;  en  Indo-Chine,  en  plus  de  M.  Dumoutier,  M.  Louis 
FiNOT,  Directeur  de  l'Ecole  d'Extrême-Orient. 

A 'la  séance  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres  du  19  septembre 
1902,  M.  H.  Dufour,  architecte  diplômé  par  le  gouvernement,  a  rendu  compte 
des  éléments  qui  lui  ont  servi  pour  faire  une  étude  précise  des  bas-reliefs  du 
Bayôn,  dans  l'ancienne  ville  khmère  d'Angkor-Thôra,  dont  l'avait  chargé  le  di- 
recteur de  l'Ecole  française  d'Extrême-Orient.  M.  Dufour  a  fait  circuler  un  al- 
bum de  photographies  reproduisant  la  suite  des  bas-reliefs  qui  se  développent 
sur  la  face  Est  de  la  deuxième  enceinte  du  monument,  et  un  plan  permettant 
de  se  rendre  compte  de  leurs  emplacements.  Ces  photographies  ont  pu  être 
prises  par  M.  Carpeaux,  compagnon  de  M.  Dufour,  après  des  travaux  assez 
considérables  de  défrichement  et  de  déblaiement  nécessités  par  la  végétation 
envahissante  et  par  l'obstruction  des  matériaux  provenant  de  l'écroulement  des 
voûtes  en  différents  endroits.  Jusqu'à  présent  on  ne  connaissait  de  ces  bas-reliefs 
qu'une  description  assez  sommaire  publiée  dans  la  relation  de  la  mission  Dela- 
porte,  en  1894.  L'école  française  d'Extrême-Orient  est  maintenant  en  possession 
de  la  documentation  photographique  complète  de  ces  bas-reliefs  de  la  deuxième 
enceinte.  Dans  la  partie  où  la  muraille  qui  les  porte  est  entièrement  écroulée, 
particulièrement  dans  la  galerie  nord  face  ouest,  tous  les  fragments  sculptés 
ont  été  retrouvés  dans  les  décombres  et  estampés;  les  scènes  qu'ils  représentent 
seront  rétablies  et  ainsi  conservées  au  patrimoine  archéologique. 

Un  Comité  s'est  constitué  pour  élever  un  monument  à  la  mémoire  du  Prince 
Henri  d'ORLÉANS  au  Cap  Saint-Jacques  (Cochinchine).  Il  a  pour  Président  d'hon- 
neur, M.  Paul  DüUMER,  ancien  Gouverneur  Général  de  l'Indo-Chine,  pour  Prési- 
dent, le  Prince  Roland  Bonaparte,  pour  Secrétaire-Trésorier,  le  Comte  Réoopé 
qui  reçoit  les  souscriptions,  H  Avenue  d'Iéna,  Paris.  Le  monument  en  marbre 
blanc,  dépassera  12  mètres  et  son  prix  atteindra  100.000  francs  environ  ;  il  sera 
exécuté  par  le  sculpteur  Raoul  Verlet,  et  l'architecte  Deglane. 

INDO-CHINE  FRANÇAISE. 

M.  Bérard,  sous-secrétaire  d'Etat  aux  postes  et  télégraphes,  fait  étudier  en 
ce  moment  la  possibilité  de  se  servir  du  chemin  de  fer  transsibérien  pour  le 
transport  des  dépêches.  Cette  voie  étant  définitivement  ouverte  et  parcourue 
par  les  trains  réguliers  lui  a  semblé  tout  indiquée  pour  assurer  le  transport  du 
courrier  vers  la  Chine,  la  Cochinchine  et  le  Japon. 

L'économie  de  temps  que  l'on  pourrait  ainsi  réaliser  sur  la  durée  des  parcours 
maritimes  serait  considérable,  attendu  qu'actuellement  les  dépêches  envoyées  de 


CHRONIQUE.  858 

Pans  via  Marseille  à  Port- Arthur,  n'arrivent  à  destination  qu'au  bout  de  37  jouri. 
Si    l'on   se    rend   compte  que  par  ce  nouveau  mode  de  transport  le  courrier 
serait  distribua  environ   15  jours  après  son  expédition,  il  est  indiscutable  que  le 
projet  de  M.  Bémrd  est  appelé  à  rendre  les  plus  grands  services. 

Une  trombe  d'eau  d'une  violence  presque  sans  précédent  et  provenant  d'un 
typhon  qui  venait  de  la  direction  de  Manille,  s'est  abattuu  sur  Hanoi  dans  la 
journée  du  12  juillet.  La  quantili''  d'eau  tombée  en  vingt  heures  et  enregistrée 
IUI  pluviomètre  a  »Hé  de  55  centimèties,  niveau  qui  n'avait  jamais  été  constaté 
au  Tong-king  jusqu'à  ce  jour,  ni  probablement  dans  aucune  contrée  pour  une 
pareille  période  de  temps.  Les  principales  rues  de  la  ville  ont  été  transformées 
en  neuves.  Des  sampans  y  circulaient. 

Le  lac  ayant  débordé,  on  péchait  couramment  des  poissons  sur  les  plus  fré- 
quentés des  boulevards  du  centre.  Les  dégâts  ont  été  considérables.  Un  grand 
nombre  de  maisons  en  construction  se  sont  écroulées.  Des  égouts  tout  récem- 
ment construits  se  sont  effrondrés  sous  l'action  et  le  poids  des  eaux.  Devant  la 
gare  du  boulevard  Garabetta  il  y  avait  un  mètra  et  demi  d'eau.  Les  chantiers 
de  l'Exposition  ont  été  complètement  noyés  et  ne  sont  pas  encore  dégagés.  On 
a  eu  de  fortes  craintes,  un  instant,  pour  les  pavillons  dont  quelques-uns  -vien- 
nent à  peine  d'êtie  couverts.  Mais  ces  constructions,  d'une  élégance  si  légère 
d'apparence,  se  sont  vaillamment  comportées  et  ont  fait  leui-s  preuves. 

La  ligne  du  chemin  de  fer  a  été  coupée  sur  trois  points,  à  Gia-Lam  et  sur 
le  grand  viaduc  qui  traverse  la  ville.  La  circulation  est  aujourd'hui  rétablie. 
Mais  la  fête  du  14  juillet,  encore  à  demi  noyée  d'eau,'' s'est  ressentie  des  dés- 
astres de  la  veille.  Elle  a  été  fort  morose.  Illuminations  et  drapeaux  n'ont  pu 
lutter  longtemps  contre  les  derniers  souffles  du  typhon  qui  balayaient  Hanoï. 

M.  Beau,  gouverneur  général  de  l'Indo-Chine,  est  arrivé  à  Saigon  le  15  octobre. 
Le  nouveau  chef  de  la  colonie  a  été  reçu  par  tous  les  chefs  de  service  et  les 
notabilités  de  la  ville.  Répondant  aux  souhaits  de  bienvenue  qui  lui  étaient 
adressés,  M.  Beau  a  déclaré  qu'il  comptait  sur  le  concoura  de  tous  pour  con- 
tinuer l'œuvre  commencée  par  son  eminent  prédécesseur.  Cette  déclaration  de 
M.  Beau  a  été  accueillie  avec  une  grande  faveur.  On  comprend  en  eflet,  en 
Indo-Chine,  que  l'avenir  de  la  colonie  est  étroitement  lié  à  la  continuation  des 
pi-ojets  dont  la  réalisation  a  été  si  largement  entamée  déjà  par  M.  Doumer. 

JAPON. 

Tokio,  17  septembre.  —  Il  résulte  de  la  statistique  officielle  de  l'année  finan- 
cière échue  au  31  mars  que  les  revenus  du  Japon  se  sont  élevés  à  267,100,(K)t) 
yen,  le  montant  des  dépenses  étant  de  266,800,000  yen,  dont  10,200,000  yen 
atlectés  à  l'amortissement  de  la  dette  publique.  —  Les  pluies  abondantes  de  cet 
été   ont    endommagé   les    récoltes  de  ria,  qui  donneront  vraisemblablement  des 


354  CHRONIQUE. 

résultats   moins   satisfaisants   qu'à  l'ordinaire.  —  D'autre  part,  le  commerce  de 
la  soie  est  très  prospère.  (Times.) 

Le  courrier  d'Haïphong,  parvenu  le  14  nov.  au  matin  à  Marseille,  annonce 
que  la  petite  île  de  Tori-Shima,  qui  fait  partie  d'un  petit  gi'oupe  d'îles  s'éten- 
dant  entre  les  îles  Bonin  et  le  Japon,  a  été  anéantie  par  une  éruption  volcani- 
que qui  s'est  produite  entre  le  13  et  le  15  août.  Il  y  avait  150  habitants  dont 
on  ne  trouve  pas  la  moindre  trace.  Il  ne  fait  aucun  doute  que  toute  la  popu- 
lation de  l'île  ait  disparu.  L'île  est  couverte  de  débris  volcaniques  et  toutes  les 
maisons  sont  détruites;  l'éruption  continue  toujours  en  même  temps  qu'une 
éruption  sous-marine.  Il  est  encore  impossible  d'aborder  dans  l'île  et  ces  parages 
offrent  les  plus  grands  dangers  pour  la  navigation. 

Il  est  peu  de  voyageurs  qui,  passant  au  Japon  et  ayant  vu  Tokio,  ne  soient 
pas  allés  jusqu'au  merveilleux  site  de  Nikko,  environ  soixante  milles  au  nord 
de  la  capitale.  —  Nikko  est  renommé  dans  tout  le  Japon  comme  un  des 
exemples  les  plus  parfaits  de  grâce  et  de  beauté.  C'est  là  qu'étaient  enterrés 
les  anciens  Shogouns  et  l'art  japonais  s'y  était  donné  libre  carrière  au  milieu 
d'un  décor  naturel  en  soi-même  enchanteur.  Un  proverbe  populaire  dit  que 
«quiconque  n'a  pas  vu  Nikko  n'a  pas  encore  le  droit  de  prononcer  le  mot 
«kekko»  c'est-à-dire  «beau».  —  Cette  féeiùe  de  montagnes,  de  lacs,  de  ruisseaux, 
de  ponts  laqués,  de  temples  blancs,  de  statues,  d'avenues,  vient  d'être  ravagée 
par  un  cataclysme.  Après  quatre  jours  de  pluie  continuelle,  la  montagne  Nan- 
taïsan,  qui  surmontait  l'un  des  lacs  de  cette  Arcadie,  s'est  effondrée  dans  les 
eaux  du  lac.  Celui-ci  a  débordé,  -ransformant  aussitôt  la  rivière  qui  en  sort  en 
torrent  irrésistible.  Toute  la  vallée  fut  balayée.  Deux  cents  maisons  sont  dé- 
truites. Les  délicieux  ponts  couverts  de  laque  rouge,  dont  les  photographies 
sont  connues  partout,  le  vieux  pont  Mi,  conservé  depuis  trois  cents  ans  et  trop 
sacré  pour  que  les  pas  d'un  mortel  y  puissent  retentir,  les  énormes  statues 
bouddhistes  qui  bordaient  les  avenues,  tout  cela  vient  de  disparaître  en  un 
instant.  C'est  comme  si  Paris  avait  perdu  Ver.sailles.  C'est  pour  le  Japon  un 
malheur  comparable  à  celui  de  la  chute  du  campanile  pour  Venise. 

De  la  France  Automobile  : 

La  plus  grande  avenue  du  monde,  c'est  au  Japon  qu'il  faut  l'allei'  chercher. 
Dans  l'empire  du  Soleil-Levant,  entre  les  villes  de  Namada  et  de  Nikko,  s'étend 
une  route  parfaitement  droite  qui  n'a  pas  moins  de  82  kilomètres  d'une  ex- 
trémité à  l'autre:  un  joli  bout  de  chemin,  comme  l'on  voit.  Cette  avenue,  de 
8  mètres  de  large,  est  bordée  tout  du  long  par  des  cryptomerias,  un  arbre 
magnifique  de  la  famille  des  cyprès,  dont  les  branches  stipérieures  atteignent 
la  hauteur  de  40  à  45  mètres  et  dont  le  tronc  mesuie  4  on  5  mèties  de  cir- 
conférence.   Leurs    rameaux    inclinés    vei's  lu  terre  et  leur  feuillage,  touffu,  en 


CHRONIQUE.  355 

forme  de  fer  de  lance,  répandent  une  ombre  bienfaisante  8ur  cette  immense 
allée,  une  des  curiosités  du  pays  de  Mme  Chrysanthème.  Quelle  roule  à  records 
et  quelle  piteuse  mine  feraient  auprès  d'elle  les  trois  kilomètres  de  Dourdan! 

PAYS-HAS  ET  COLONIES  NÉERLANDAISES. 

M.  J.  VAN  DER  Spek,  docteur  en  médecine  à  Amsterdam,  vient  de  décéder  à 
ITige  de  45  ans. 

En  1880  il  fut  nommé  Intei-prète  pour  la  langue  chinoise  dans  les  Colonies 
néerlandaises,  après  avoir  fait  ses  études,  premièrement  à  Dcift,  son  lieu  de 
naissance,  et  ensuite  à  Leide,  sous  les  auspicec  de  M.  G.  Schlegel,  professeur  à 
l'Université. 

Ayant  donné  en  1885  sa  démission  au  Gouverneur  néerlandais,  pour  se 
fiiii-e  inscrire  comme  étudiant  à  l'Université  d'Amsterdam,  il  passait  en  1890 
son  examen  comme  médecin. 

«Les  maladies  de  la  peau»  avaient  depuis  lors  été  l'objet  de  ses  recherches. 
Il  se  rendit  à  l'étranger,  y  visita  plusieurs  cliniques  dermatologiques,  et  fut  reçu 
docteur  en  médecine  en  1891  sur  une  thèse:  Pemphigus  und  andere  bullöse 
Hautkrankheiten. 

Plusieurs  écrits  scientifiques  parurent  ensuite  de  sa  main.  Hélas,  il  ne  lui  a 
pas  été  permis  de  voir  paraître  son  dernier  livre  (d'après  Mracék,  Hautkrayxh' 
heiten),  qu'on  publiera  bientôt. 

RUSSIE. 

Saint-Pétersbourg,  4  novembre.  —  Le  Novaie  Vremya  publie  un  intéressant 
compte  rendu  de  la  visite  faite  à  Vladivostok  il  y  a  quinze  jours  par  M.  Witte, 
ministre  des  finances  de  Russie.  Des  représentants  de  la  guilde  des  commerçants, 
du  conseil  municipal,  de  la  Boni'se,  et  de  nombreux  particuliers  ont  été  reçus 
par  le  ministre  et  lui  ont  remis  un  certain  nombre  de  plaintes  et  de  pétitions. 
Le  ministre  a  présidé  ensuite  une  réunion  qui  a  eu  lieu  dans  l'hôtel  du  gou- 
verneur militaire.  Cette  réunion  avait  pour  but  d'examiner  quelles  mesures 
devraient  être  prises  pour  le  développement  du  commerce  de  Vladivostok.  Le 
correspondant  du  Novoie  Vremya  annonce  que  M.  Witte  a  donné  son  assenti- 
ment pour  les  réformes  suivantes:  un  port  libi-e  pour  les  navii-es  sera  ouvert 
dans  la  baie  de  Vladivostok  :  les  marchandises  importées  de  Chine,  soit  par 
terre,  soit  par  mer,  y  compris  toutes  les  sortes  de  soies,  ne  paieront  pas  de 
droits  d'entrée;  une  école  commerciale  et  des  cours  de  navigation  seront  ouveru 
à  Vladivostok;  la  permission  sera  donnée  de  transborder  les  marchandises  im- 
portées dans  des  vaisseaux  étrangers  sans  un  examen  des  douanes,  et  fniale- 
ment  un  certain  nombre  de  formalités  des  douanes,  peu  importantes  mais  très 
ennuyeuses,  ont  été  supprimées.  {Times.) 


356  CHRONIQUE. 

Pe-king,  4  novembre.  —  Les  annonces  parues  dans  les  journaux  d'Extrême- 
Orient  font  savoir  que  le  14  novembre  prochain  quarante-neuf  lots  de  terrain 
seront  vendus  aux  enchères  à  Dalny,  aux  acheteurs  de  n'importe  quelle  natio- 
nalité. Dalny  possède  un  port  magnifique  jouissant  de  tous  les  avantages  natu- 
rels, et  pour  l'amélioration  duquel  on  a  consenti  des  dépenses  très  importantes. 
Aux  mains  d'une  nation  commerciale,  ce  port  deviendrait  l'un  des  ports  les  plus 
prospèi'es  de  l'Asie.  Malheureusement,  les  négociants  étrangers,  se  rappelant  la 
façon  dont  ils  ont  été  traités  à  Vladivostok,  n'ajoutent  guère  foi  aux  assurances 
de  la  Russie  d'après  lesquelles  le  port  de  Dalny  sera  placé  dans  des  conditions 
différentes  de  celles  d'aucun  autre  port  de  l'empire  russe.  A  l'heure  actuelle, 
pendant  la  construction  du  chemin  de  fer  mandchourien,  qui  doit  l'elier  Vladi- 
vostok à  Port-Arthur,  le  chemin  de  fer,  aussi  bien  que  le  port  de  Dalny  sont 
soumis  à  la  direction  civile.  Cependant  le  chemin  de  fer  ne  tardera  pas  à  être 
achevé  et  l'on  transférera  ensuite  la  direction  aux  autorités  militaires.  Le  gé- 
néral Houvat,  directeur  militaire  du  Chemin  de  fer  transcaspien,  a  été  nommé 
en  remplacement  de  l'ingénieur  en  chef  M.  Jougovitch.  En  môme  temps  le 
personnel  civil  sera  remplacé  par  un  personnel  militaire;  neuf  «bataillons  des 
chemins  de  fer»  doivent  arriver  au  printemps  prochain  en  Mandchourie.  Il  en 
est  de  même  de  Dalny.  Le  gouverneur  actuel,  M.  Sakharoff,  ingénieur,  sera 
remplacé  sans  doute  par  un  gouverneur  militaire;  ensuite,  on  se  préoccupera 
de  la  question  de  savoir  à  quelle  époque  il  conviendra  de  créer  à  Dalny  les 
droits  élevés  qui  ont  porté  en  deux  ans  un  si  grand  préjudice  au  poi't  de 
Vladivostok.  La  brochure  qui  expose  les  conditions  de  la  vente  à  Dalny  déclare, 
en  effet,  que  ces  conditions  n'ont  qu'un  caractère  provisoire.  (Tithes.) 

D'après  le  numéro  d'octobre  1902  du  Bulletin  des  Transports  internationaux 
par  chemins  de  fer,  le  directeui'-gérant  des  services  internationaux  des  chemins 
de  fer  russes  a  adressé  la  circulaire  suivante,  à  la  date  du  21  août— 3  sep- 
tembre 1901,  aux  administrations  de  chemins  de  fer  les  plus  importantes  d'Alle- 
magne, d'Autriche,  de  Hongrie,  de  Belgique,  de  France,  d'Italie,  des  Pays-Bas, 
de  Suéde,  du  Danemark  et  de  Turquie: 

«Au  commencement  de  l'année  prochaine,  le  chemin  de  fer  de  l'Est  chinois 
sera  mis  en  exploitation  régulière  sur  tout  son  parcours.  Par  l'ouverture  dudit 
chemin  de  fer  qui  est  le  prolongement  de  la  ligne  Transsibérienne  sera  établie 
une  voie  ferrée  continue  reliant  l'Europe  Occidentale  à  l'Exti-ême-Orient. 

«Cette  nouvelle  ligne  acquiert  une  importance  toute  particulière,  si  l'on  prend 
en  considération  que  le  développement  progressif  des  intérêts  économiques  réunit 
toujours  plus  étroitement  l'industrie  et  le  commeice  de  l'Europe  à  ceux  de  la 
Chine  et  du  Japon,  et  que  le  service  direct  avec  l'Extrême-Orient  exercera,  en 
premier  lieu,  une  influence  très  sensible  sur  le  mouvement  des  voyageurs. 

«Comparé  à  la  voie  maritime,  le  nouveau  service  offi'ira  tous  les  avantages; 
sous  le  rapport  du  comfort,  de  la  vitesse  et  des  pri.x  de  transport. 


CHROWIQTJB. 


857 


«En  ce  qui  concerne  la  rapidité  du  trajet,  il  est  &  remarquer  que  In  parcours 
de.s  principales  villes  de  l'Europe  Occidentale  aux  stations  fruntièi'es  rosîtes 
d'Alexandiovo  et  de  Virballon  jusqu'à  Port-Arthur  (Dalny)  15  joui*«  •/«  «t 
enflUr  des  mêmes  stations  frontières  à  Peking,  via  Inkow,  par  le  chemin  de  fer 
du  Nord  Chinois,  10  jours 

aDe  Port-Arthur  (Dalny)  à  Chang-hai  ou  Nagasaki,  par  voie  matitime,  la  durée 
du  voyage  est  de  2  à  3  jours. 

«Depuis  les  ports  anglais  et  celui  de  Hambourg  le  trajet  par  mer  s'eflectue: 


Jusqu'aux  ports  de: 


Via  Canada-Québec 
Vancouver 
Jours 
31—33 
29—30 
33—35 
26—27 


Via  Brindisi  ou 

Naples-Canal  de  Suez 

Jours 

Chang-hai 31—32 

Nagasaki 32—34 

Hong-Kong 29—30 

Yokohama 35—36 

«Il  en  résulte  que  la  durée  du  trajet  par  voie  de  terre  est  diminuée  de  13 
à  15  jours  dans  une  direction,  ce  qui  fait  environ  un  mois  pour  l'aller  et  le 
retour. 

«Outre  l'économie  de  temps,  la  nouvelle  route  présentera  encore  d'autres 
avantages.  En  1900,  les  travaux  entrepris  sur  le  chemin  de  fer  Transsibérien 
dans  le  but  d'accélérer  la  vitesse  des  trains  seront  terminés  et  la  ligne  de 
Saint-Pétersbourg- Viatka,  .  actuellement  en  construction,  pourra  être  mise  en 
exploitation,  de  sorte  que  la  durée  du  trajet  précité  se,  trouvera  abrégée  encore 
de  3  joui-s. 

«Les  prix  de  transport,  actuellement  perçus  pour  les  voyages  par  l'Amérique 
ou  le  canal  de  Suez,  s'élèvent,  depuis  Londres  ou  Hambourg,  nourriture  comprise: 

Via  Amérique 


Jusqu'aux  ports  de  : 
Chang-hai,  Nagasaki  et 
Yokohama  .... 


Ire  Classe. 


635—700  roubles. 
1.694-1.867  francs. 


2e  Classe. 


400—460  roubles. 
1.069—1.227  francs. 


Via  Suez 


Ire  Classe. 


2e  Classe. 


Jusqu'aux  ports  de: 
Chang-hai,  Nagasaki  et 
Yokohama  .... 


410^445  roubles. 
1.094—1.187  francs. 


.  740—780  roubles. 

1.974—2.081  francs. 
«Par    voie    de   terre,   à   travers  la  Sibérie,  les  prix  de  transport,  d'après  les 
tarifs  actuellement  en  vigueur  sont,  y  compris  5  roubles  (14  fr.)  pour  la  nourri- 
ture   par    voyageur    et   par  jour  et  les  suppléments  pour  les  trains  de  grande 


358  CHRONIQUE. 

vitesse,  de  400  roubles  environ  (1.067  fr.)  en  première  classe  et  de  330  roubles 
environ  (884  fr.)  en  deuxième  classe,  Les  différences  moyennes  en  faveur  de  la 
voie  de  terre  seront,  par  conséquent,  en  première  classe  260  roubles  (694  fr.)  et 
en  deuxième  classe  100  roubles  (267  fr.),  ou  le  double  de  ces  chiffres  pour  l'aller 
et  le  retour. 

«La  nouvelle  ligne  profitera  également  d'une  manière  sensible  aux  voyageurs 
de  troisième  classe,  puisque  le  trajet  de  Hamboui'g  à  Chang-hai  par  la  voie 
maritime  coûte  environ  225  roubles  (601  fr.)  tandis  que  le  voyage,  par  la  Sibérie, 
ne  revient  qu'à  100  roubles  (257  fr.)  environ. 

«Pour  suffire  aux  besoins  de  confort  des  voyageurs  qui  entrependront  un 
aussi  long  voyage,  il  sera  nécessaire  d'organiser  des  trains  express  comportant 
des  wagons-lits  et  des  wagons-restaurants.  Il  faudra  donc  créer  un  service  direct 
et  rapide,  entre  les  ports  et  principales  villes  de  l'Europe  Occidentale  jusqu'aux 
stations  frontières  russes  d'Alexandrovo  et  de  Virballen, 

«Les  stations  frontières  sus-indiquées  commenceront  par  expédier  trois  fois 
par  semaine,  à  la  frontière  chinoise  et  au  delà  jusqu'à  Port-Arthur  (Dalny)  et 
Peking,  via  Moscou-Irkoutsk,  des  trains  rapides,  mis  en  circulation  par  les  ad- 
ministrations des  chemins  de  fer  étrangers.  Les  trains  en  question  seront  en 
correspondance  directe  avec  les  bateaux  à  vapeur  du  chemin  de  fer  de  l'Est 
Chinois  qui  desserviront  une  fois  au  moins  par  semaine  Chang-hai  et  Nagasaki. 
Ces  bateaux  de  construction  la  plus  moderne  satisferont  par  leur  confort  à 
toutes  les  exigences. 

«Les  voyageurs  désireux  de  se  reposer  après  les  fatigues  d'un  voyage  aussi 
prolongé,  trouveront  à  [nkow  et  Dalny  des  hôtels  confortables,  construits  par 
la  compagnie  du  chemin  de  fer  de  l'Est-Chinois. 

«Tous  les  faits  précités  imposent  la  nécessité  d'organiser  un  service  direct 
des  voyageurs  par  la  Sibérie  entre  les  principales  villes  et  les  grands  ports  de 
l'Europe,  d'une  part,  et  certaines  stations  sibériennes,  ainsi  que  les  principales 
villes  de  la  Chine  et  du  Japon,  d'autre  part». 

Dans  ce  but,  le  directeur  des  services  internationaux  des  chemins  de  fer 
russes  (M.  D.  de  Perl,  conseiller  d'Etat  actuel  à  Saint-Pétersbourg)  a  invité  les 
administrations  de  chemins  de  fer  mentionnées  plus  haut  à  prendre  part  à  une 
conférence  qui  a  été  convoquée  le  9  octobre,  à  Paris. 

Saint-Pétersbourg,  19  novembre.  Unegrandeaffaireindustriellerusso-japonai.se, 
dont  les  statuts  sont  complètement  arrêtés,  s'organise  à  Moscou.  Cette  com- 
pagnie s'est  constituée  avec  une  grande  fabrique  de  soieries  de  Yokohama  et 
plusieurs  importantes  maisons  de  commerce  de  Moscou,  russes  et  étrangères. 
Elle  se  propose  de  construire  à  Slomine  une  fabrique  pour  le  travail  des  soies 
brutes  du  Japon;  en  outi'e,  elle  importera  au  Japon  du  pétrole,  du  sucre,  du 
blé  et  des  produits  chinois. 


INDEX  ALPHABÉTIQUE. 


A. 

Page 
Anglo-Chinese  Treaty 324 

Annamites,  Coloration  dentaire  des,  par  Paul  d'Enjoy 184 

Arendt,  Cari.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 37 

—  Listes  chronologiques  des  souverains  chinois 142 

—  Nécrologie  par  le  Dr.  Merklingliaus 346 

Art  Japonais,  une  histoire  de  1'.  Collection  Ilayashi  par  Thiébauit-Oisson     33 

Asie  centrale,  Association  internationale 322 

Aston,  W.  G.  Littérature  japonaise 343 

Avenir  de  notre  Démocratie  égalitaire  d'après  la  Chine 344 

B. 

Barth,  Notes  sur  Çanf  et  Campa 199 

—,  A.  Stèle  de  Vat  Phou " 344 

Barthold,  W.  Revue  des  ouvrages  russes  sur  l'Asie  Orientale 142 

—  Aperçu  des  travaux  russes  sur  l'Asie  Orientale  en  1901 345 

Bassac,  ruines 345 

Beau,  nommé  gouverneur-général  de  l'Indo-Chine  française 266 

—  Arrivée  à  Saigon 353 

Beauvais,  J.  Kouang-si,  Traduction  de  document^ 12,  59,  145 

— ,  nommé  correspondant  du  Ministère  de  l'Instr.  PubI 352 

Behrmann,  Dr.  Senior  D.  Hamburgs  Orientalisten 316 

Bénazet,  Alexandre.  Le  Théâtre  au  Japon 140 

Bennett,  E.  F.,  nommé  consul  à  1-tchang 348 

Berlin,  Séminaire  des  Langues  Orientales 49 

—  Seminar  für  orientalischen  Sprachen,  Mittheilungen 142,  345 

Bibliographie  des  ouvrages  publiés  en  Chine par  Henri  Cordier    .    .  140 

—  coréenne,  supplément,  par  Maurice  Courant 141 

Bibliotheca  Sinica,  2"  édition,  par  Henri  Cordier 342 

Bolletino  Italian©,  de  Tien-tsin 264 

Bonifaoy,  A.  Contes  populaires  des  Mans  du  Tonkin '^Aï^ 

Bons  d'Anty,  Yang-tseu  Kiang 52 


360  IITÜEX    ALPHABÉTIQUK. 

Page 
Boucher,  R.  P.  Henri,   recteur   de   l'Etablissement   de   Zi-ka-wei,  nommé 

correspondant  du  Ministère  de  l'instr.  Pub! 352 

Brinkmann,  Dr.  Justus.  Collection  japonaise  de  Hambourg 318 

Buhle,  Heinrich.  Chinesische  und  Griechische  Kunst by  G.  Schlegel.     .  477 

Buissonnet,  Eugene.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 248 

Bulletin  de  l'Ecole  Française  d'Extrême-Orient 344 

Butler,  P.  E.  O'Brien,  nommé  consul  à  Hang-tcheou 348 

c. 

Cabaton,  A.  Nouvelles  Etudes  sur  les  Chams,  revue  par  Henri  Cordier  187,  489 
Cadière,  Phonétique  annamite,  revue  par  Henri  Cordier     ....    187,  190 

— ,  le  R.  P.  L.,  S.  J.  Géographie  historique  du  Quang  Binh 199 

Camphre  de  Forraose 276 

Casenave,  Recensement  de  la  Chine 350 

Catalogue   des  livres   chinois,   coréens,  japonais,   etc.,   de  la  Bibliothèque 

Nationale,  par  Maurice  Courant 342 

Central  Asian  Society  fondation  de...  à  Londres 49 

Chemin  de  fer  de  Chan-toung,  Compagnie 265 

—  transsibérien.  Courrier  de  Chine  et  d'Extrême-Orient 352 

—  de  l'Est  chinois  exploitation 356 

China  Branch  Royal  Asiatic  Society;  45®  anniversaire 264 

—  Review 346 

Chine,  nomination  par  l'Impératrice  de  nouveaux  ministres  plénipotentiaires  266 

—  Album  de  la  campagne  de 271 

—  recensement 350 

Chinois,  Cours  de,  à  Owens  College,  Manchester 264 

Clavery,  Edouard.  Relations  économiques  de  l'Angleterre  avec  l'Extrême- 
Orient;  revue  par  Henri  Cordier 251 

Clennell,  W.  J.,  nommé  consul  à  Kieou-kiang 348 

Commaille,  J.  Ruines  de  Bassac 345 

Congrès  int.  d'Anthropologie  de  Paris 261 

—  des  Orientalistes,  Hambourg 35,  264,  280,  316 

—  des  Orientalistes,  Hanoï 57,  183,  323 

Contenson,  baron  de.  Avenir  de  notre  Démocratie  égalitaire  d'après  la  Chine  344 

Convention  entre  la  France  et  le  Siam 335 

Cordier,  Henri.  Nécrologie:  Professor  Carl  Arendt 37 

—  Nécrologie:  Pierre  Heude 38 

—  Abel-Rémusat,  bibliographe 109 

—  Bibliographie  des  ouvrages  publiés  en  Chine  par  les  Européens  au  XVU^ 

et  XVIIP  siècle 140 

—  Revue  de  Numismatique  annamite  par  Désiré  Lacroix 187 

—  Revue  sur  Nouvelles  Recherches  sur  les  Chams,  par  Antoine  Cabaton  .  189 


TVmtX     AI.PM  M«r  riiJlîK.  3öl 

P»ge 
Cordier,  llonri.  Revue  sur  I'lioiifiuiut!  aniiainiii)  de  L.  (Jadière  ....  490 

—  Revue  sur  Atlas  archéologique  de  i'Iiidu-Cliiue  du  Cap,  de  Lajonquière  191 

—  Les  douanes  impériales  maritimes  chinoises '■l'I^l 

—  Nécrologie  du  Marquis  Saigo ^248 

—  —  de  Robert  James  Forrest '2i8 

Eugène  Buissonnet 248 

—  —  de  Mary  Summer 240 

Léon  Feer 249 

—  Revue  de:  Relations  économiques  de  l'Angleterre  avec  rExtrAme>Orient 
par  Edouard  Clavery • 251 

—  Revue:  Les  Douanes  Impériales  chinoises  par  Philippe  Delmas.     .     .     .  252 

—  Histoire  des  Relations  de  la  Chine  avec  les  Puissances  Occidentales  255,  263 

—  Troisième  édition  du  Marco  Polo,  de  Yule 263 

—  Marchands  hanistes  de  Canton 2S1 

—  Nécrologie  d'Alexandi-e  Michie 338 

de  Jonathan  Lees 338 

de  James  H.  Hart 339 

d'Angelo  Zottoli 339 

de  Lieou  K'ouen-yi 3.39 

—  Notice  sur  Notes  on  Chinese  Literature  d'A.  Wylie IVtO 

—  Bibliotheca  Sinica  Q'  édition 34îi 

Courant,  Maurice.  Deux  prononciations  pour  certains  caractères  chinois    .     54 

—  Bibliographie  coréenne,  supplément 141 

—  Catalogue  des  livres  chinois,  coréens,  japonais,  etc.  '' 342 

—  Note  bibliographique  de  la  Littérature  Japonaise  de  W.  6.  Aston,  traduite 

par  Henry  D.  Davray 343 

D. 

Dalny,  port  de 356 

Davray,  Henry  D.  Traduction  de  la  Littérature  Japonaise  de  W.  G.  Aston  343 
De  Groot,  J.  J.  M.  The  religious  system  of  China:  Review  by  Q.  Schlegel     41 

—  Is  there  Religious  Liberty  in  China? 345 

Delmas,  Philippe.  Les  Douanes  impériales  chinoises,  ravue  par  Henri  Cordier  252 
Deshayes,  ¥j.  Conférences  au  Musée  Guimet 54 

—  (inference  sur  les  Animaux  fantastiques  de  l'ancien  art  chinois  .     .    .  144 

—  Conférence  sur  un  tissu  du  VU'  siècle  du  temple  de  Hariowji  à  Narm  .  144 

Devéria,  Gabriel.  Musulmans  et  les  Manichéens  chinois 261 

Douanes  impériales  maritimes  chinoises,  par  Henri  Cordier 223 

Doumer,  Paul.  Rapport  sur  la  situation  de  l'Indo-Chine 122 

Dubail,  nommé  ministre  de  France  à  Peking ....  '2^7 

—  Lettre  de  Tokio 274 

Du  Chaylard,  Comte,  nommé  ministre  de  France  à  Montevideo  .     .  267 


3G2  INDKX    ALPHABÉTIQUE. 

Page 

Dufour,  H.  Etude  des  bas-reliefs  de  Bayon 352 

Dumoutier,  G.  Note  de  paléoethnologie,  etc 261 

Duysberg,  W.  J.  van,  nommé  chevalier  de  la  «Militaire  Willemsorde»     .  278 

E. 

Ecole  française  d'Extrême-Orient,  Bulletin  N«.  4 55 

Bulletin  N«.  1,  4902 199 

—  —  —  Publications 187 

Enjoy,  Paul  d'.  Coloration  dentaire  des  Annamites 184 

P. 

Fedtschenko,  Boris.  Mission  scientifique  russe  au  Pamir,  conférence  à  la 

Société  de  Géographie  de  Paiis 270 

Feer,  Léon.  Nécrologie  par  Heni-i  Cordier 249 

Finot,  Louis.  Transciiption  adoptée  pour  le  Cambodgien 199 

—  Vat  Phou 344 

—  Directeur  de  l'Ecole  d'Extrême-Orient,  nommé  correspondant  du  Ministère 

de  l'Instr.  Publ 352 

Finzag,  Un  train  impérial 134 

Fire-arms  and  Gunpowder  in  China,  ....  by  G.  Schlegel 1 

Florenz,  Dr.  K.  Neue  Bewegungen  zur  Japanischen  Schriftreform    .     .     .198 

—  Geschichte  der  Japanischen  Litteratur 343 

Forke,  A.  Recherches  sur  l'état  financier  en  Chine 142 

Formose,  Camphre 276 

Forrest,  Robert  James.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 248 

Foucher,  A.  Notes  sur  la  géographie  ancienne  du  Gandhâra 56 

Foy,  Karl.  Souvenirs  sur  Cari  Arendt 346 

G. 

Gallina,  ministre  d'Italie,  présente  ses  lettres  de  créance  à  Kouang-Siu    .  264 

G-eissler,  contre-amiral  allemand,  réception  au  Palais  d'Eté 351 

Geschichte  der  Chinesischen  Litteratur  par  le  Dr.  Wilhelm  Grube  .  343 

—  der  Japanischen  Litteratur  par  le  Dr.  K.  Florenz 343 

Giles,  Herbert  A.  Chaire  de  Columbia  College 52 

Goltz,  von  der.  Charge  d'affaires  d'Allemagne,  réception  au  Palais  d'Eté  .  351 
Gramatzky,  Dr.  Shichi  ko  Zoshikwan  no  uta 30 

—  Die  Gaku  in  meinem  Hause 345 

Grube,  Dr.  Wilhelm.  Geschichte  der  chinesischen  Litteratur 343 

H. 

Hambourg,  XIII«  Congrès  des  Orientalistes 35,  264,  280,  316 

Hanoi,  Congrès  international  des  Oi'ientalistes 57,  183,  323 


I 


INÜKX    AI.PJlABKTiqilK.  363 

Hanoï,  Typlion  du  12  juillet 353 

Hart,  Jarnos  H.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 339 

Hayashi,  Collection .33 

Hondo,  Pierre.  Nécrologie  par  Henri  Cordier    ...  :{8 

Hirth,  Friedrich.  China  im  Zeichen  des  Fortschrittes r»4 

—  Chinesische  Malereien  auf  Papier  und  Seide by  tl.  Schlegel     .     .     .177 

— ,  nommé  professeur  de  chinois  à  Columbia  University,  New- York  .    192.  347 

Histoire  des  Littératures  publiée  par  Armand  Colin 343 

Holland,  W.,  nommé  consul  à  Swatow 348 

Hosie,  nommé  consul-général  au  Se-Tch'ouan 348 

Huart,  Clément.  Texte  turc-oriental  de  la  stèle  de  la  mosquée  de  Peking  2G1 

Huber,  Edouard.  Itinéraire  du  Pèlerin  Ki-ye 345 

Huile  de  chanvre,  première  expédition  de  Kharbin  à  Odessa 265 

Huth,  Dr,  George.  Rapport  de  son  voyage  aux  Toungouse« ."»5 

I. 

Indo>Chine,  situation  de  1',  rapport  de  M.  Doumer 122 

J. 

Japanese,  Want  of  ear-laps 143 

Japon,  peinture  au Itw 

—  état  de  la  flotte  de  guerre 197 

—  statistique  financière »     .     .^ .353 

K. 

Kachgar,  Tremblement  de  terre 347 

Ker,  W.  P.,  nommé  consul  à  Wou-hoii :<'i*^ 

Kharbine,  transfert  du  gouvernement  général  de  la  c6te  sibérienne 

Ki  ye,  pèlerin Mb 

Klobukowski,  rapport  sur  le  Commerce  du  Siara  en  lî^OI 207 

Kouang-si,  traduction  de  documents,  par  J.  lieauvais    .     .     .     .12,  59,  145 

Korea  Review 262,  ;i46 

Kunze,  II.  Zur  volksthümliche  japanischen  Lyrik Mrt 

L. 

Labadie-Lagrave,  G.  Le  roi  Tchoulalonkorn 179 

Labbé,  Paul.  Conférence  à  Paris  sur  le  Japon,  la  Sibérie  et  la  Mandchourie  348 
Lacroix,  Cap.  Désiré,  Numismatique  annamite,  revue  par  H.  Coixlier  . 
Lajonquiere,  Cap.  E.  Lunet  de,  Atlas  archéologique  de  l'Indo-Chine,  revue 

par  Henri  Cordier 187,  191 

Lange,  R.  Noms  de  femme  japonais 142 

—  Alphabetische  Verzeichniss  japanischer  Frauen-namen 


364  INDEX    ALPHABETIQUE. 

Page 

Lange,  R.  Eine  wissenschaftliche  Gesellschaft  in  Taiwan 345 

Laos  Siamois 240 

Lavallee,  A.    Notes   ethnographiques   sur   diverses   tribus   du  Sud-Est  de 

l'Indo-Chine 55 

Lees,  Jonathan.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 338 

Lefévre-Pontalis,  Pierre.  Voyages  dans  le  Haut  Laos  etc 344 

Levât,  Daniel.  Conféi-ence  à  Paris  sur  le  Turkestan  et  la  Bonkharie    .     .  347 

Levi,  Sylvain.  Notes  chinoises  sur  l'Inde 344 

Levy,  Raphaël-Georges.  Les  Finances  du  Japon 261 

Lieou  Han-yeou,  mandarin  responsable  du  meurtre  de  deux  missionnaires 

anglais  dans  le  Hou-nan , 348 

—  K'ouen-yi.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 339 

Funérailles 349 

Li  Houng-tchang,  titre  posthume 50 

Littérature  japonaise  de  W.  G.  Aston 343 

Litteraturea  des  Ostens  in  einzeldarstellungen  publiées  par  C.  F.  Amelang  343 
Little,  A.  J.,  remonte  à  Tchoung-king 52 

—  H.  A.,  nommé  consul  à  Pak-hoi 348 

Lob-nor,  déplacement  du 143 

LomuUer,  le  P.,  S.  J.  Assassiné  à  Wei  Hien 193 

Londres,  School  of  Modem  Oriental  Studies 49 

Luoy-Possarieu,  Etiquettes  du  commerce  de  vins  au  Japon 275 

M. 

Macklin,  Rev.  W.  E.  Mencius  and  other  Refoi-mers  of  China  ....  262 
MadroUe,  Claudius.  Les  premiers  voyages  français  à  la  Chine;  revue  par 

Gabriel  Marcel 252 

Mans  du  Tonkin,  Contes  populaires 345 

Marcel,  Gabriel.  Revue  de  Les  premiers  voyages  français  à  la  Chine...  de 

Cl.  Madrolle 252 

Marchands  hanistes  de  Canton  par  Henri  Cordier 281 

Marolles,  Commandant  de,  Souvenirs  de  la  révolte  des  T'aï-P'ing  .     .     .  201 

Martin,  W.  A.  P.  Arrive  dans  la  Colombie  britannique 138 

Merklinghaus,  le  Dr.  P.,  nommé  à  la  chaire  de  chinois  à  Berlin  ...     49 

—  Nécrologie  du  prof.  Cari  Arendt 346 

Michie,  Alexandre.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 338 

Monbel,  de.  Lettre  au  sujet  de  la  création  d'une  ligne  Java — Chine — Japon  279 

Mortimore,  R,  H.,  nommé  consul  à  Ning-Po 348 

Muramats,  Meiji  Kaiwahen 56 

N. 
Wew-York,  Columbia  College;  inauguration  de  la  chaire  de  chinois     .     .     52 


IWDKX    ALPHABmQUK.  365 

Nikko,  Cataclysme  de 354 

Nooentini,  Lndovico.  Etudes  sur  lu  Corée 52 

o. 

Odend'hal,  note  sur  l'existence  de  ntines  à  Giam-Biftu 499 

Orléans,  Henri  prince  d',  Monument  au  cap.  St.  .lacques 352 

Ox,  Dr.  Uemèdes  tonkinois 132 

P. 

Parker,  E.  il.  Coui-s  de  chinois  de...  ä  Owens  College,  Manchester.     .     .  2()4 

Parmentier,  Description  du  sanctuaire  de  Po-Nagar  à  Nha-trang  .     .     .  1î)9 

—  Note  sur  l'exécution  de  fouilles 199 

Pavie,  Indo-Chine,  Mission 343 

Peking,  conférence  sur,  faite  par  M.  Charles  Vapereau 52 

—  Mosquée  de 261 

Pelliot,  Bibliographie 199 

Pethiok,  W.  H.  Biographie  de  Li  Houng-tchang 351 

Phonetics,  ancient  Chinese,  by  S.  A.  Schaank 106 

Ports  ouverts  au  commerce  étranger 235 

Pullé,  Comte  Francesco  L.   Mémoire  sur  la  géographie  et  la  cartographie 

anciennes  de  l'Inde 263 

R. 

Beboul,  Dr.  Henri.  Etude  sur  le  plateau  de  L«ng-Sa 139 

Recueil  de  textes  chinois,  par  A.  Vissière 343 

B.égamey,  Félix.  Rapport  sur  sa  mission  au  Japon 343 

Remèdes  tonkinois  par  le  Dr.  Ox 132 

Àbel-Rémusat,  bibliographe  par  Henri  Cordier 109 

Riess,  Dr.  L.  William  Adam  and  his  Gi-ave  in  Hemimura 198 

Rocher,  Emile.  Mission  au  Yun-nan .  265 

Rockhill,  William  W.  Rapport  dans  Papers  ralating  to  the  Foreign  Relations 

of  the  United  States,  December  3,  1901 342 

Romaji-kwai 198 

s. 

Saigo,  Marquis.  Nécrologie  par  Henii  Cordier 248 

Sarasin,  frères  P.  et  F.,  Voyages  des 139 

Saugy,  Louis  de,  Etude  sur  les  gisements  miniers  de  Van-Say    ....  112 

Schaank,  S.  H.,  Ancient  Chinese  Phonetics 106 

Schiller,  E.,  Japanische  Geschenksitten 198 

Schlegel,  G.,   Invention  and  Use  of  Fire-Arms  and  Gunpowder  in  China, 

prior  to  the  Arrival  of  Europeans I 


366  INDEX    ALPHABÉTIQUE. 

Page 
Schlegel,  G.,  Nécrologie:  Cornells  Petrus  Tiele 39 

—  Review  of  J.  J.  M.  de  Groot's  Religious  System  of  China,  Vol.  IV,  Book  II     41 

—  Want  of  ear-laps  with  the  Japanese i  43 

—  Chinese  pictorial  art 177 

Scott,  J.,  nommé  consul-général  à  Canton 348 

Seidel,  A.,  Grammaire  de  langue  japonaise  parlée 56 

—  Vocabulaire  systématique  de  langue  vulgaire  chinoise  du  Nord     ...     56 

Service  postal  entre  le  Tong-King  et  Tchoung-King 137 

Shichi   ko   Zöshikwan  no  uta.    Lied  der  Daishichi  Kötögakko  Zöshi-kwan. 

Par  le  Dr.  Gramatzky 30 

Siam,  rapport  de  M.  Klobukowski .' 267 

—  Convention  entre  la  France  et  le 335 

Silvestre,  J.  La  France  à  Kouang  Tcheou-wan 261 

Sixte«  Quint,  Lettre  du  Pape  à  l'Empereur  de  la  Chine 141 

Specht,  Edouard.  Note  sur  le  déchiffrement  des  monnaies  Sindo-ephtalites     55 

Spek,  J.  van  der,  Décès  de 355 

Summer,  Mary.  Nécrologie  par  Henri  Coidier 249 

Suzor,  Région  de  Xieng-mai 240 

Swatow,  Création  d'un  poste  consulaire  français 351 

Sweerts  de  Laudas  Wyborgh,  nommé  ministre  des  Pays-Bas  au  Japon    53 

T. 

Taigny,  Collection  Edmond 107 

T'aï-P'ing,  Souvenirs  de  la  révolte  des...  par  le  Comm.  de  Marolles    .     .  201 

Taufa,  Über  das  Muschelgeld 345 

Tchang,  R.  P.  Mathias,  S.  J.  Tableau  des  souverains  du  Nan-tchao     .     .     56 

Thiébault-Sisson,  Collection  Hayashi 33 

Tiele,  Cornelis  Petrus.  Nécrologie  par  G.  Schlegel 39 

Tokio,  Association  russo-japonaise 277 

—  Académie  navale 278 

Tori-Shima,  île  de.  Destruction  par  éruption  volcanique 354 

Traité  anglo-japonais 32 

—  russo-chinois  sur  la  Mandchourie 119 

Treaty,  Anglo-Chinese 324 

Troncoso,  F.  del  Paso  y,  Comedia  de  los  Reyes 317 

Tseng,  Marquis.  Audience  de  congé  du  Marquis  à  Peking 262 

Tsinanfu,  Chinesische  Hofschule  in 345 

V. 

Vapereau,  Charles.  Conférence  sur  Peking 52 

Vat  Phou 344 

Vissiére,  A.  Tiaité  des  caractères  chinois  que  l'on  évite  par  respect    .     .  56 


IUDEX    ALPHVBKTiqUB.  367 

Pa«« 
Vissiére,  A.  Tables  de  transcription  française  de«  gons  chinois    .     .     .     .196 

—  Audience  de  congé  du  Marquis  Tseng '262 

—  Recueil  de  textes  chinois 343 

Voyages  duns  le  Haut  Laos  etc.  par  Pierre  Lefèvre-Pontalis 344 

w. 

Wai-wou  pou,  nainistèi-e  des  Âflaires  Etrangères  en  Chine 50 

Walshe,  Rev.  W.  Gilbert.  The  ancient  City  of  Shaohing 262 

Warneck,  ,F.  G.  Hatakscho  Umpana     .     .     .    • 345 

Wilkinson,  W.  il.,  nommé  con»ul-gén.  pour  le  Yun-nan  et  Kouei-tcheou  348 

Witte,  Compte  rendu  de  sa  visite  à  Vladivostok 355 

Woermann,  K.    Austeilung  der  llirthschen  Sammlung  chinesischer  Male- 
reien... by  G.  Schlegel ,     .     .     .  177 

Wolf,  Jean  Christophe,  Orientaliste 316 

Wylie,  A.  Notes  on  Chinese  Literature 340 

Y. 

Yang  Tseu  Klang,  navigation  sur  le...  conférence  de  M.  Bons  d'Anty    .    52 
Yule,  Henry.  Marco  Polo,  troisième  édition  par  Henri  Cordier     ....  263 
Yunnan,  la  Mission  du  ...  et  les  Chemins  de  fer  de  pénétration  en  Chine, 
par  G.  L 50 

—  Concession  minière 265 

Yun-Nan-Seng,  Ecole  française 137 

z. 

Zottoli,  Angelo,  S.  J.  Nécrologie  par  Henri  Cordier 339 


DS 

501 

T45 

sér.2 

V.3 


T'oung  pao 


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